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La dualité en programmation linéaire.

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

La dualité en programmation linéaire.

Rémi Lajugie

On se place dans Rn.

Définition 1 Soit A une matrice de taille m×n, b, c ∈ Rn, c 6= 0. On appelle programme linéaire sous forme standard le problème d’optimisation suivant :

inf. c>x (1)

s.c Ax=b (2)

x≥0. (3)

On le note (Ps).

Définition 2 Soit A une matrice de taille m×n, b, c ∈ Rn, c 6= 0. On appelle programme linéaire sous inégalités le problème d’optimisation suivant :

inf. c>x (4)

s.c Axb. (5)

(6) On le note (Pi).

Définition 3 On dit qu’un problème d’optimisation est faisable s’il existe un élément x satisfaisant les contraintes.

Définition 4 Un problème d’optimisation faisable est dit réalisable si l’infimum du problème est fini.

Proposition 1 Si un problème d’optimisation linéaire est réalisable de valeur optimale p alors il existe x tel que c>x =p.

Preuve de la proposition :

Sans perte de généralité, on peut supposer que 0 est dans l’ensemble de contraintes (quitte à changer de variable). Comme le problème est réalisable, il existe une suite minimisante (xi)i∈N.

Cas 1 : cette suite est bornée, donc, comme l’ensemble des contraintes est fermé, à valeur dans un compact. Quitte à extraire, on peut supposer que cette suite converge, et la limite vérifie bien cTx=p.

Cas 2 : la suite n’est pas bornée. Comme l’ensemble des contraintes C est un convexe contenant 0, il est étoilé par rapport à 0. Donc la suite des yi = kxxi

ik est une suite bornée à valeur dans C qui est fermée. Quitte à extraire, on suppose que la suite des yi converge vers y et on note l =cTy. On a alors kyikc>yi qui est équivalente à kyikl. Comme le problème est réalisable on a forcémentl = 0. Ainsi x = 0 est optimal.

1

(2)

Définition 5 Soit A ∈ Rm×n, B ∈ Rm

0×n, b ∈ Rm, c ∈ Rm

0. On appelle fonction duale de Lagrange associée au problème infx,Ax≤b,Bx=cf(x) la fonction à valeurs dans R suivante : g(λ, µ) = infx∈Rnf(x) + λ>(Ax−b) +µ>(Bx−c).

On appelle problème d’optimisation dual, le problème :

sup g(λ, µ) (7)

s.c λ ≥0. (8)

Exemple : La fonction duale de Lagrange du problème Pi vaut b>λ si A>λ = −c et −∞ sinon. On appelle problème dual le problème d’optimisation

sup b>λ (9)

s.c A>λ =−c, (10)

λ ≥0. (11)

Proposition 2 Dualité faible. On a toujours supλ≥0g(λ, µ)≤infx,Ax≤b,Bx=cf(x).

Théorème 1 Si le problème Pi est réalisable de valeur optimale p, alors on a dualité forte, c’est à dire que ∃z ∈Rm tel que la fonction duale de Lagrange g(z) = p.

Preuve

Soit x un point satisfaisant les contraintes qui soit optimal.

On pose alors I = {i∈ 1, . . . , m(Ax)i =bi} l’ensemble des contraintes saturées. Si cet ensemble est vide alors il existe un voisinage ouvert de x qui satisfait les contraintes mais alors cTx est nul dans toutes les directions (vux optimal, une direction de valeur non nulle donnerait une direction de montée) donc on serait dans le cas c= 0 que nous excluons.

On note ai la ième ligne de A. On pose B =x,∃z ≥0,Pi∈Iziai =x.

Nous admettons que c’est un cône convexe fermé (c’est la fermeture qui n’est pas évidente mais qui peut se faire par une sorte de récurrence). Etape 1 : on montre que −c∈B

Supposons que ce ne soit pas le cas, on peut alors trouver un hyperplan séparateur strict entre −cet B donc il existe α, β tels que−cTα+β <0 et ∀z ∈B, zTα+β >0.Comme 0∈B, β >0 Fixons zB, comme B est un cône, on a en fait ∀λ >0, zTα > β/lambda donc zTα ≥0 en passant à la limite.

Commeβ > 0, il vient quecTα > 0. Ainsi on peut considérer x =xα. PouriI, on remarque que (Ax)ibi et si iI, la contrainte n’était pas saturée, donc pour <mini /∈I(biAx) on a que la contrainte n’est pas saturée. On en déduit alors que x ne serait pas optimal. ce qui est contradictoire.

Donc −c∈B,−c=ATλ avecλ ≥0 et λi = 0∀i /∈I.

Etape 2 : vérifins que λ convient

par définition de la saturation il vient queλTb =cTx et on voit queλ est faisable.

Références

— Boyd.

— Ciarlet.

— In your head.

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