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C. R. Acad. Sci. Paris, Ser. I
www.sciencedirect.com
Analyse fonctionnelle
Convexité uniforme faible dans les espaces d’interpolation
Weak uniform convexity in interpolation spaces
Daher Mohammad
16,squareAlbert-Schweitzer,77350LeMée-sur-Seine,France
i nf o a rt i c l e ré s u m é
Historiquedel’article : Reçule12février2016
Acceptéaprèsrévisionle12septembre 2016
DisponiblesurInternetle19septembre 2016
Présentéparlecomitéderédaction
Soit(A0,A1)uncoupled’interpolation.Onmontreque,siA0estunespaceW U R,Aθ l’est aussi.SiA∗0estunespacefaiblementLU R,alors(Aθ)∗l’estaussi,pourtoutθ∈ ]0,1[.
©2016Académiedessciences.PubliéparElsevierMassonSAS.Tousdroitsréservés.
a b s t ra c t
Let(A0,A1) beacomplexinterpolationcouple.Weshow that,if A0 isW U R,sois Aθ, θ∈ ]0,1[.Similarly,ifA∗0isweaklyLU R,sois(Aθ)∗.
©2016Académiedessciences.PubliéparElsevierMassonSAS.Tousdroitsréservés.
1. Introduction
Soit B
= (
B0,
B1)
uncoupled’interpolation.Lesinterpolés Bθ,θ ∈ ]
0,
1[
,conservent-ilsunepropriétégéométriquedon- néede B0 (on ditalorsquecettepropriété s’interpole) ?Laréflexivité, laséparabilité,laconvexitéuniformes’interpolent.On montredans ce travailque la convexité uniformefaible, notée W U R, s’interpole. La question reste ouverte entoute généralitépourlapropriété« faiblementlocalementuniformémentconvexe » (notéeLU R),maisonmontreque,siB∗0estun espaceLU R,alorslesespaces
(
Bθ)
∗ lesontaussi.Lapreuvedansledeuxièmecasestenpartieanalogueàcelledupremier, maisplusélaborée.2. Définitionsetrappels
Soit B
= (
B0,
B1)
uncoupled’interpolationausensde[2,chap. II].NotonsS= {
z∈
C; 0≤
Re(
z) ≤
1}
etS0 sonintérieur.Désignonspar F(B
)
l’espacedesfonctions F à valeursdans B0+
B1,continuesbornéessur S,holomorphessur S0,telles quelesapplicationsτ →
F(
j+
iτ )
sontdansC0(R,
Bj)
, j∈ {
0,
1}
.Onlemunitdelanorme FF(B)=
max{
supτ∈RF(
iτ )
B0,
supτ∈RF(
1+
iτ )
B1}.
Soit
θ ∈ ]
0,
1[
.L’espace(
B0,
B1)
θ=
Bθ=
F
(θ ) ;
F∈
F(
B)
estdeBanach[2,Th. 4.1.2]pourlanormedéfiniepar
Adressee-mail :[email protected].
http://dx.doi.org/10.1016/j.crma.2016.09.006
1631-073X/©2016Académiedessciences.PubliéparElsevierMassonSAS.Tousdroitsréservés.
=
inf FF(B);
F(θ ) =
a.
Toute F
∈
F(
B)
estreprésentée à partir de sesvaleurs au bordgrâceà la mesure harmonique [2,Sections 4.3, 4.5] : si z= θ +
it, Q10−(zθ,·) et Q1(θz,·) sontdesdensitésdeprobabilitésurRetF
(
z) =
R
F
(
iτ )
Q0(
z, τ )
dτ +
R
F
(
1+
iτ )
Q1(
z, τ )
dτ ,
z∈
S0.
(2.1)NotonsG
(
B)
l’espacedesfonctions gàvaleursdansB0+
B1,continuessur S,holomorphesàl’intérieurde S,tellesque (i) supz∈S g((z1)+|Bz0+B|) 1< ∞
,(ii) g
(
j+
iτ ) −
g(
j+
iτ
) ∈
Bj,∀ τ , τ
∈
R, j∈ {
0,
1}
etlaquantitésuivanteestfinie : g.QG(B)=
max supτ=τ∈R(
g(
iτ ) −
g(
iτ
)
B0/| τ − τ
|),
supτ=τ∈R(
g(
1+
iτ ) −
g(
1+
iτ
)
B1/| τ − τ
|)
.
Ceci définit unenorme sur l’espace QG(B
)
quotientde G(B)
par les applications constantesà valeurs dans B0+
B1 [2, Lemma4.1.3].L’espace(
B0,
B1)
θ=
Bθ=
g
(θ );
g∈
G(B)
estdeBanach[2,Th. 4.1.4]pourlanorme
aBθ=
inf g.QG(B);
g(θ ) =
a.
Onnote H(B0
,
B1)
l’espacedesfonctions F:
S→
B0+
B1,holomorphessur S0,tellesqueτ →
F(
j+
iτ )
estfortement mesurableàvaleursdansBj(ausensde[5,chap.2]), j∈ {
0,
1}
.Pour1
≤
p≤ ∞
etθ ∈ ]
0,
1[
,Fθp(
B0,
B1)
désignelesous-espacedeH(
B0,
B1)
desfonctionsvérifiant(2.1)ettellesque, sip= +∞
, FFθ∞(B0,B1)=
max{
F(
i· )
L∞(Q0(θ,·)dτ,B0),
F(
1+
i· )
L∞(Q1(θ,·)dτ,B1)} ,
ou,si p
< +∞
, FFppθ(B0,B1)
=
R
F(
iτ )
pB0Q0(θ, τ )
dτ +
R
F(
1+
iτ )
pB1Q1(θ, τ )
dτ
soientfinies.Fθ∞
(
B0,
B1)
nedépendpasdeθ
,car Q0(θ, .)
et Q1(θ, .)
sontcontinuesstrictementpositivessurR.Comme Fθ∞(
B0,
B1) =
Fθ∞(
B0,
B1)
isométriquement,onnoteraparfoisFθ∞(
B0,
B1) =
F∞(
B0,
B1)
.F(B0,
B1)
estisométriquement unsous-espacedeF∞(
B0,
B1)
.Rappelonsque
(
B0,
B1)
estuncoupleréguliersiB0∩
B1 estdensedansB0 etB1. Onutilisera,entreautres,lespropriétéssuivantes :1) si
(
B0,
B1)
estuncouplerégulier,ledualde(
B0,
B1)
θ est(
B∗0,
B∗1)
θ [2,Th. 4.5.1]; 2) d’après(2.1),pourtouteF∈
F(
B0,
B1)
,ona F(θ )
(B0,B1)θ≤
FF1θ(B)
≤
FF2θ(B)
;
(2.2)3) pour
θ ∈ ]
0,
1[
notons B∞θ=
F
(θ );
F∈
Fθ∞(
B0,
B1)
,munidelanorme
bB∞θ=
inf{
FFθ∞(B0,B1); F(θ ) =
b}
.D’après [3,Prop. 2]Bθ=
B∞θ isométriquement,doncb(B0,B1)θ≤
FFθ∞(B0,B1)pourtouteF∈
Fθ∞(
B0,
B1)
tellequeF(θ ) =
b.Comme(2.1)restevalablepardéfinitionpourF
∈
Fθ∞(
B0,
B1)
,(2.2)restevalablepourunetelle F;3bis)labouleunitédeF(B0
,
B1)
estdensedanscelledeFθ∞(
B0,
B1)
pourlanormede Fθ2(
B0,
B1)
.Celarésultedela preuvede[3,Prop. 2].Définition2.1.Soit X un espace de Banach. C’est un espace faiblement unifomément convexe(W U R) (resp. faiblement localement uniformément convexe(faiblement LU R)) si,pour toutes suites
(
xn)
n≥0,(
yn)
n≥0 bornéesdans X (resp.pour toutesuite(
xn)
n≥0 bornéedansX ettoutx∈
X)tellesque xn2+
yn22
−
xn
+
yn2
2
→
n→+∞0(resp. xn22+x2
−
xn2+x 2→
n→+∞0),alorsxn−
yn→
n→+∞0 (resp.xn−
x→
n→+∞0)faiblementdans X.LapropriétéW U Rentraîneévidemmentlapropriété« faiblement LU R».
3. Préliminaires
Lelemme 3.2(conséquencedulemme 3.1)serautilisédanslespreuvesdesthéorèmes 4.1et5.3ci-dessous.
Lemme3.1.Soit
(
B0,
B1)
uncoupleréguliertelquelesBjsontséparables,j∈ {
0,
1}
etsoitG∈
G(B∗0,
B∗1)
.Alorsa)[4,Lemme 3.10]ilexistedesfonctionsbornées :
τ →
Uj( τ )
,j∈ {
0,
1}
,R→
B∗j,mesurablespourσ (
B∗j,
Bj)
,tellesqueG(
z) →
Uj( τ )
pourσ (
B∗0+
B∗1,
B0∩
B1)
lorsquez→
j+
iτ
nontangentiellement ;b) si F
∈
F∞(
B0,
B1)
,lafonctionτ →
(
F(
j+
iτ ),
Uj( τ )
estmesurableetl’expression
F
(θ ),
G(θ )
,
θ ∈ ]
0,
1[
,estdéfinie.De plus F(θ ),
G(θ ) ≤
⎡
⎣
R
|
F(
iτ ),
U0( τ ) |
Q0(θ, τ )
1− θ
dτ
⎤
⎦
1−θ
⎡
⎣
R
|
F(
1+
iτ ),
U1( τ ) |
Q1(θ, τ )
θ
dτ
⎤
⎦
θ
.
(3.1)Démonstration. b 1)Considéronsd’abord F
∈
F(B0,
B1)
.AlorsF
(θ ),
G(θ )
estbiendéfinid’aprèslerappel1)etlesfonc- tions
τ →
F(
j+
iτ ),
Uj( τ )
sont bornées d’après a). L’inégalité (3.1) est démontrée dans [4, Lemme 3.10, (3.13)] pour F
∈
F0(
B0,
B1)
, définidans[2,Lemme 4.2.3].Les élémentsde F0(
B0,
B1)
sont,enparticulier, descombinaisonslinéaires finies d’atomes f⊗
b, b∈
B0∩
B1, f:
C→
Cholomorphe ; la mesurabilité des fonctionsF
(
j+
i· ),
Uj(.)
est alors évi- dente. Comme F0
(
B0,
B1)
est densedans F(B0,
B1)
d’après[2,Lemme4.2.3],lamesurabilité deF
(
j+
i·),
Uj(·)
lorsque F∈
F(B0,
B1)
etlepassageàlalimitedans(3.1)sontimmédiats.b 2) Soit F
∈
F∞(
B0,
B1) =
Fθ∞(
B0,
B1)
.D’après le rappel 3, F(θ ) ∈
Bθ, doncF
(θ ),
G(θ )
est bien défini. D’après le rappel 3 bis,il existe unesuite bornée
(
Fn)
n≥0 dans F(
B0,
B1)
, convergeant vers F dans Fθ2(
B0,
B1)
. D’après la fin du rappel 3, Fn(θ ) −
F(θ )
Bθ→
n→+∞0 ; enparticulier,Fn
(θ ) −
F(θ ),
G(θ )
→
n→∞0. Parailleurs, il existe une sous-suite(
Fnk)
k≥0tellequep.s. Fnk(
j+
i· ) −
F(
j+
i· )
Bj
→
k→+∞0, j∈ {
0,
1}
;enparticulier,Fnk
(
j+
i· ) −
F(
j+
i· ),
Uj( · )
→
k→∞0, p.s.L’inégalité (3.1)étantvraiepour Fnk,lepassageàlalimiteestimmédiat,enappliquantdeuxfoisàdroitelethéorème deconvergencedominée. 2Lemme 3.2.Soient
(
B0,
B1)
un couple d’interpolation,θ ∈ ]
0,
1[
et(
Fn)
n≥1 une suite bornée dans Fθ∞(
B0,
B1)
. Si p.s.Fn
(
i·) →
n→+∞0,faiblementdansB0,alorsFn(θ ) →
n→+∞0faiblementdansBθ.Démonstration. a) Réduction : on peut supposer les Bj séparables. En effet, les Fn
(
j+
i· )
sont p.s. à valeurs dans un sous-espace fermé séparable Bj⊂
Bj, j∈ {
0,
1}
etFθ∞(
B0,
B1)
estisométriquement un sous-espace de Fθ∞(
B0,
B1)
.Par ailleurs, l’identité :(
B0,
B1)
θ→
Bθ étantcontractante,laconvergencefaibledans(
B0,
B1)
θ impliquelaconvergencefaible dans Bθ.Soit Bjl’adhérencede B0
∩
B1 dans Bj, j∈ {
0,
1}
.D’après[2,Th. 4.2.3]F(B0,
B1) =
F(B0,
B1)
.Vérifionsque,isométri- quement,Fθ∞
(
B0,
B1) =
Fθ∞(
B0,
B1).
Il estclairqueFθ∞
(
B0,
B1)
estisométriquementunsous-espacedeFθ∞(
B0,
B1)
.IlsuffitdoncdevoirqueFθ∞(
B0,
B1)
est un sous-ensembledeFθ2(
B0,
B1)
.Parlerappel 3bis,F(
B0,
B1)
estdensedansFθ∞(
B0,
B1)
pourlanormedeFθ2(
B0,
B1)
. Or,l’adhérencedeF(
B0,
B1) =
F(
B0,
B1)
dansFθ2(
B0,
B1)
estenfaitdansFθ2(
B0,
B1)
.SilesBjsontséparables,lesBjaussi.Onpeutdoncsupposerque
(
B0,
B1)
estuncouplerégulierd’espacesséparables.b) Supposons que
(
B0,
B1)
est un couple régulier d’espaces séparables. Soit a∗∈ (
Bθ)
∗. D’après le rappel 1,il existe G∈
G(B∗0,
B∗1)
tellequea∗=
G(θ )
.D’aprèslelemme 3.1,ilexisteunefonctionU0(
i·)
,bornéeàvaleursdansB∗0,telleque Fn(θ ),
a∗≤
C(θ )
⎡
⎣
R
|
Fn(
iτ ),
U0(
iτ )|
Q0(θ, τ )
1− θ
dτ
⎤
⎦
1−θ
.
(3.2)Parhypothèse,onap.s.
Fn(
i·),
U0(
i·) →
n→+∞0.Parlethéorème deconvergencedominée,letermede droitedans(3.2) tendvers0 lorsquen→ ∞
.DoncFn(θ ),
a∗→
n→∞0. 24. LapropriétéWUR
Théorème4.1.SoientA
= (
A0,
A1)
uncoupled’interpolationetθ ∈ ]
0,
1[
.SiA0estfaiblementunifomémentconvexe(WUR),Aθl’est aussi.Démonstration. Soient
(
an)
n≥1, (
bn)
n≥1 deuxsuitesbornéesdans Aθ.Pourtoutnilexiste Fn,
Hn∈
F(A)
vérifiantFn(θ ) =
an,
Hn(θ ) =
bn,an2Aθ≥
Fn2F(A)−
1n,bn2Aθ≥
Hn2F(A)−
1n.Notons,pour j∈ {
0,
1}
,0
≤
Sn(
j, τ ) =
Fn(
j+
iτ )
2Aj+
Hn(
j+
iτ )
2Aj2
−
Fn
(
j+
iτ ) +
Hn(
j+
iτ )
22
Aj
.
D’après(2.2), Fn+Hn 2
Fθ2(A)
≥
Fn+Hn 2(θ )
Aθ
=
an+bn 2Aθ.Donc
R
Sn
(
0, τ )
Q0(θ, τ )
dτ +
R
Sn
(
1, τ )
Q1(θ, τ )
dτ
=
Fn2F2θ(A)
+
Hn2F2 θ(A)2
−
Fn
+
Hn2
2
Fθ2(A)
≤
Fn2F(A)+
Hn2F(A)2
−
Fn
+
Hn2
2F2
θ(A)
≤
1n
+
an2Aθ+
bn2Aθ2
−
an
+
bn2
2
Aθ
.
Supposons que an
2 Aθ+bn2Aθ
2
−
an+bn 2 2Aθ
→
n→∞0. Comme Sn(
j, τ ) ≥
0,on déduitqueR
Sn
(
0, τ )
Q0(θ, τ )
dτ →
n→∞0.Il existedoncunesous-suitetellequep.s.Snk
(
0, · ) →
n→∞0.L’espace A0 étant W U R,p.s. Fnk
(
i·) −
Hnk(
i·) →
k→∞0, faiblementdans A0.D’après lelemme 3.2, ank−
bnk→
k→∞0, faiblementdans Aθ.Parunargumentstandard,an−
bnn→∞→
0,faiblementdansAθ,donc Aθ estWUR. 25. LapropriétéfaiblementLUR
L’énoncéduthéorème 4.1reste-t-ilvraisionyremplace« WUR » par« faiblementLUR » ?Leproblèmeestd’obtenirpour a
∈
Aθ unefonctionH∈
Fθ∞(
A0,
A1)
tellequeH(θ ) =
aetHFθ∞(A0,A1)=
aAθ,aulieud’unesuitedansF(A0,
A1)
.Grâce auxlemmes 5.1et5.2,onpeutlefairedanslesespacesduaux,d’oùlecadreduthéorème 5.3ci-dessous.Lemme5.1.Soit
(
B0,
B1)
uncoupled’interpolationréguliertelque B0, B1 sontséparablesetB∗0,B∗1 ontlapropriétédeRadon–Nikodym.Soient
θ ∈ ]
0,
1[
etb∗∈ (
B∗0,
B∗1)
θ.Alors,ilexisteH∈
F∞(
B∗0,
B∗1)
tellequeH(θ ) =
b∗etb∗(B∗0,B∗1)θ=
HF∞(B∗0,B∗1).Démonstration. a)Soit X
=
L1(
R,
dτ ,
B0) ⊕
1L1(
R,
dτ ,
B1)
.Comme B∗0,
B∗1 ontlapropriétédeRadon–Nikodym,ona,d’a- près[5,Th. 1,chap. IV],X∗
=
L∞(
dτ ,
B∗0) ⊕
∞L∞(
dτ ,
B∗1).
Comme B0
,
B1 sontséparables, X l’est aussi ;la boule unitéde X∗ est doncmétrisable (et compacte)pour latopologie préfaible.Soit J:F∞
(
B∗0,
B∗1) →
X∗l’applicationqui,àunefonctiondeF∞(
B∗0,
B∗1)
,associesarestrictionauborddeS.Pardéfini- tion, J estuneisométriesursonimage.Vérifionsquelabouleunitéde J(F
∞(
B∗0,
B∗1))
estséquentiellementpréfaiblement ferméedans X∗.Soitdoncunesuite
(
Fn)
n≥1 de norme≤
1 dans F∞(
B∗0,
B∗1)
,telleque(
J(
Fn))
n≥1 convergepourlatopologiepréfaible de X∗ versF∈
X∗, vuecomme fonctiondéfinie sur lebord de S.Par laformule(2.1),on peut prolongerF enfonction bornéesur S0;onnote F lafonctionainsidéfiniesur S.Comme(
B0,
B1)
estrégulier, B∗0+
B∗1 estledualde B0∩
B1.Par (2.1)etlethéorème deconvergencedominée,pourtout z∈
S0, Fn(
z) →
n→∞F(
z)
pourlatopologiepréfaiblede B∗0+
B∗1. On saitalors que F,
b est holomorphe sur S0, pour toutb∈
B0∩
B1. Donc, dans un voisinage convenable de z0∈
S0, F(
z),
b=
k≥0
α
k(
b)(
z−
z0)
ketFn(
z),
b=
k≥0
ak,n
,
b(
z−
z0)
k.Pardéfinitionetlethéorèmedeconvergencedominée,α
k(
b) =
limnak,n
,
b, d’où l’existence de ak dans la boule unité de B∗0
+
B∗1, tel queα
k(
b) =
ak,
b, k≥
0. Donc F est holomorphe :S0→
B∗0+
B∗1.Alors F estdansF∞(
B∗0,
B∗1)
,doncF=
J(
F)
estdans J(F
∞(
B∗0,
B∗1))
.b) Soit b∗
∈ (
B∗0,
B∗1)
θ. Il existe une suite Hn∈
F(
B∗0,
B∗1)
telle que Hn(θ ) =
b∗ et b∗(B∗0,B∗1)θ≤
HnF(B∗0,B∗1)<
b∗(B∗0,B∗1)θ+
1/
n. D’après a) une sous-suite de(
J(
Hn))
n≥1 converge pourσ (
X∗,
X)
et il existe H∈
F∞(
B∗0,
B∗1)
, telle queHF∞(B∗0,B∗1)≤
b∗(B∗0,B∗1)θ etb∗=
H(θ )
.D’aprèslerappel 3,b∗(B∗0,B∗1)θ≤
HFθ∞(B∗0,B∗1),cequiachèvelapreuve. 2Pourpouvoirappliquerlelemme 5.1danslapreuveduthéorème 5.3onutiliseralelemmesuivant.
Lemme5.2.SoitX unespacedeBanach.Lesassertionssuivantessontéquivalentes : a) X∗estfaiblement LU R ;
b) pourtoutsous-espaceferméséparableY de X ,Y∗estfaiblementLU R ;
c) pourtoutsous-espaceferméséparableY deX ,ilexisteunsous-espaceferméséparableZ contenantY telque Z∗estfaible- ment LU R.
Démonstration. a)
=⇒
b) : Soient(
a∗n)
n≥0 une suite dans Y∗ et a∈
Y∗ tels que a∗n 2Y∗+2 a∗ 2Y∗−
a∗n+a∗ 2 2Y∗
→
n→+∞0.D’après lethéorèmede Hahn–Banach,ilexisteb∗n,b∗
∈
X∗,dontlesimagescanoniquesdans Y∗ sontrespectivementa∗n,
a, telsque b∗n X∗=
a∗n Y∗,n≥
1,etb∗X∗=
a∗Y∗.Comme0
≤
b∗n2
X∗
+
b∗2X∗2
−
b∗n
+
b∗ 22
X∗
≤
a∗n2
Y∗
+
a∗2Y∗2
−
a∗n
+
a∗ 2Y∗
,
letermedumilieutendvers0.Comme X∗estfaiblementLU R,b∗n
→
n→+∞b∗faiblementdansX∗,donca∗n→
a∗faiblement dansY∗.b)
=⇒
c) estévident.c)
=⇒
a) :soient(
b∗n)
n≥0 unesuitedans X∗ etb∗∈
X∗.Soit E lesous-espace ferméséparablede X∗ engendrépar les b∗n etb∗. Ilexiste unsous-espace fermé séparableY⊂
X telque E seplongeisométriquement dans Y∗. Parhypothèseil existeun sous-espaceferméséparable Z,telque Y⊂
Z⊂
X ettelque Z∗ soitfaiblement LU R.Notonsc∗n,
c∗ (resp.a∗n,
a∗) lesrestrictionsdebn∗,
b∗à Z (resp.Y),d’où0
≤
cn∗2
Z∗
+
c∗2Z∗2
−
c∗n
+
c∗ 22
Z∗
≤
bn∗2
X∗
+
b∗2X∗2
−
an∗
+
a∗ 22
Y∗
=
b∗n2
X∗
+
b∗2X∗2
−
b∗n
+
b∗ 22
X∗
.
Siletermede droitetendvers0 lorsquen
→ ∞
,c∗n−
c∗→
n→+∞0 faiblementdans Z∗,puisque Z∗ estfaiblement LU R.Pardéfinition,b∗n
−
b∗→
n→+∞0 faiblementdans E etdoncfaiblementdans X∗. 2Théorème5.3.SoientA
= (
A0,
A1)
uncoupled’interpolationetθ ∈ ]
0,
1[
.SiA∗0estfaiblementLU R,alors(
Aθ)
∗l’estaussi.Remarque.Ce théorème est bien l’analogue du théorème 4.1 si A est un couple régulier. En effet, on a alors
(
Aθ)
∗= (
A∗0,
A∗1)
θ parlerappel1.Or(
A∗0,
A∗1)
θ esttoujoursunsous-espaceferméde(
A∗0,
A∗1)
θ [1].Démonstration. a)Réduction :d’aprèslelemme 5.2c)
⇒
a) appliquéà X=
Aθ,ilsuffitdedémontrerlapropriétéc).SoientY un sous-espaceferméséparablede Aθ et
(
dn)
n≥0 unesuitedensedans Y.Pour tousm,
n≥
0,ilexiste Fm,n∈
F(
A0,
A1)
telqueFm,n(θ ) =
dnet Fm,nF(A0,A1)
<
dnAθ+
1/
m.CommelesFm,n(
j+
i· )
sontàvaleursdansunsous-espace fermé séparableBj de Aj, j∈ {
0,
1}
,Y seplongeisométriquementdans Z= (
B0,
B1)
θ.SoitBjlesous-espacefermé (donc séparable) de Bj engendrépar B0∩
B1.(
B0,
B1)
estdoncuncoupled’interpolation régulierd’espacesséparables.D’après [2,Th. 4.2.2] Z= (
B0,
B1)
θ= (
B0,
B1)
θ.D’aprèslerappel 1,pourtoutα ∈ ]
0,
1[
,(
Bα)
∗= (
B∗0,
B∗1)
α.
Onmontreraenb)que Z∗
= (
Bθ)
∗ estfaiblement LU R,cequiachèveraladémonstration.D’après l’hypothèse etle lemme 5.2 a)
⇒
b), B∗0 estfaiblement LU R. D’après [6], B∗0 a donc lapropriété de Radon–Nikodym. Alors,d’unepart,B∗0 estséparable[5,Corol. 8Chap. VII-2]et,parconséquent,
(
B∗0,
B∗1)
α estséparablepourtoutα ∈ ]
0,
1[
(voirparexemple[4,Rappel2-c]).D’autrepart,lesfonctionslipschitziennes :R→
B∗0 sontp.s.différentiables[5, chap. IV,th. 2,p. 107].Alors,(
B∗0,
B∗1)
α= (
B∗0,
B∗1)
α pourtoutα ∈ ]
0,
1[
[2,lemma4.3.3].Ilenrésulteque(
Bα)
∗estundual séparablepourtoutα ∈ ]
0,
1[
,enparticulier(
B∗0,
B∗1)
α alapropriétédeRadon–Nikodym.D’aprèslethéorèmederéitération[2,Th. 4.6.1],si
θ < α <
1,pourunevaleurdeη
convenable,(
B∗0,
B∗1)
θ= (
B∗0, (
B∗0,
B∗1)
α)
η (5.1)Donc,isométriquement,
Z∗
= (
Bθ)
∗= (
B∗0,
B∗1)
θ= (
B∗0,
B∗1)
θ= (
B∗0, (
Bα)
∗)
ηet
(
B0,
Bα)
estuncouplerégulierd’espacesséparablesdontlesduauxontlapropriétédeRadon–Nikodym.b) Soient a∗ et une suite bornée
(
a∗n)
n≥0 dans Z∗= (
B∗0,
B∗1)
θ, soitη
défini comme en (5.1). D’après le lemme 5.1, il existe H∈
F∞(
B∗0, (
Bα)
∗)
telle que H( η ) =
a∗ et HF∞(B∗0,(Bα)∗))=
a∗(B∗0,(Bα)∗)η. Soit Fn∈
F(
B∗0, (
Bα)
∗)
telle que Fn2F(B∗0,(Bα)∗))
≤
an∗ 2(B∗0,(Bα)∗)η