DOCUMENT 12
Transformations z → az + b, a 6= 0. Applications.
On a d´ej`a d´etermin´e l’interpr´etation g´eom´etrique des applications z → z + b et z → az.
Dans ce document on va ´etudier plus g´en´eralement les application z → az + b, a 6= 0, ce qui permet d’introduire `a partir des nombres complexes les similitudes planes directes.
On suppose connu la structure de plan affine euclidien de C.
1. G´en´eralit´es sur les transformations z → az + b, a 6= 0.
Pour tout couple (a, b) de nombres complexes, avec a 6= 0, on d´esigne par fa,b l’application de C dans C d´efinie par fa,b(z) = az + b. Si P est un plan affine euclidien (orient´e si n´ecessaire) muni d’un rep`ere orthonorm´e (direct si n´ecessaire) (O, ~u, ~v), on note Fa,bl’application de P dans P qui au point M d’affixe z fait correspondre le point Fa,b(M ) d’affixe fa,b(z).
Pour tout couple (z1, z2) de nombres complexes,
fa,b(z1) − fa,b(z2) = a(z1− z2), |fa,b(z1) − fa,b(z2)| = |a||z1− z2|
ce qui montre que l’application fa,b est affine, injective et multiplie les distances par |a|. Il en est de mˆeme pour les applications Fa,b.
Pour tout z ∈ C, fa,b(z) = z0 ´equivaut `a z0 = (1/a)(z − b) et donc fa,b est bijective avec fa,b−1= f1
a,−ba .
Consid`erons maintenant deux ´el´ements (a, b) et (c, d) de C∗× C. On v´erifie que fa,b◦ fc,d= fac,ad+b d’o`u la conclusion :
Proposition 12.1. L’ensemble Σ = {fa,b|(a, b) ∈ C∗× C} est un sous-groupe du groupe des bijections de C dans C et Σ(P ) = {Fa,b|(a, b) ∈ C∗× C} est un sous-groupe du groupe des bijections de P dans P . Tout ´el´ement fa,b ou Fa,bde ces sous-groupes multiplie les distances par
|a|.
Points fixes de fa,b.
On a fa,b(z) = z si et seulement si (1 − a)z = b donc
• si a 6= 1, fa,bposs`ede un unique point fixe z0= b 1 − a,
• si a = 1, fa,b ne poss`ede aucun point fixe si b 6= 0 et tout point est fixe si b = 0 (fa,b
est alors l’application identique de C).
2. Propri´et´es g´eom´etriques des applications z → az + b, a 6= 0.
Nous allons maintenant ´etudier plus pr´ecisemment les propri´et´es g´eom´etriques des applica- tions fa,b en commen¸cant par deux cas particuliers remarquables, a ∈ R∗et |a| = 1.
fa,bavec a ∈ R∗
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130 12. TRANSFORMATIONS z → az + b, a 6= 0. APPLICATIONS
On a d´ej`a remarqu´e que f1,0 est l’application identique de C et, pour b 6= 0, f1,b est la translation de C d´efinie par b. De mˆeme, F1,b est la translation de P d´efinie par le vecteur qui est l’image de b. Toute translation de P est de la forme F1,b.
Si a 6= 1 alors z0 = b
1 − a est l’unique point fixe de fa,bet
fa,b(z) − z0= fa,b(z) − fa,b(z0) = a(z − z0) (1)
ce qui montre que fa,b , a ∈ R∗, a 6= 1, est l’homoth´etie de C de centre z0 et de rapport a.
R´eciproquement, si h est l’homoth´etie de C de centre z0 et de rapport k 6= 1 alors, pour tout z ∈ C, h(z) − z0 = k(z − z0) d’o`u h(z) = kz + (1 − k)z0 et donc h = fk,(1−k)z0.
Dans le plan P , si les points M et M0 sont d’affixes z et z0 alors l’´egalit´e (1) ´equivaut `a
−−−−−−−−→
M0Fa,b(M ) = aM~0M et Fa,b est l’homoth´etie de centre M0, image de z0, et de rapport a. Toute homoth´etie de P est de la forme Fa,b, a ∈ R∗. On a donc d´emontr´e :
Proposition 12.2. L’ensemble {fa,b|(a, b) ∈ R∗×C} est le groupe des homoth´eties-translations de l’espace affine C et {Fa,b|(a, b) ∈ R∗×C} est le groupe des homoth´eties-translations de l’espace affine P .
Notons que l’application fa,b → Fa,b est un isomorphisme entre le groupe des homoth´eties- translations de C et celui de P .
fa,b avec |a| = 1
On sait d´ej`a que si a = 1, fa,b est la translation d´efinie par le vecteur b. Si a 6= 1 alors fa,b poss`ede un unique point fixe z0et fa,b(z) − z0 = fa,b(z) − fa,b(z0) = a(z − z0) d’o`u |fa,b(z) − z0| =
|z − z0| et argfa,b(z) − (z0)
z − z0 = arg a ce qui montre que fa,best la rotation de centre z0 et dont la mesure de l’angle est arg a. On peut aussi prouver cela en disant que fa,bconserve les distances du plan affine C : c’est donc un d´eplacement ou un antid´eplacement. Comme fa,b poss`ede un unique point fixe, c’est une rotation (car les antid´eplacements d’un plan affine ont soit aucun point fixe, soit un ensemble de points fixes formant une droite et les translations n’ont aucun point fixe).
R´eciproquement, soit r la rotation de C de centre z0 et dont la mesure de l’angle est θ + 2πZ.
Si z 6= z0 alors |r(z) − z0
z − z0
| = 1 et arg r(z) − z0
z − z0 = θ + 2πZ d’o`u, en posant a = eiθ, r(z) − z0
z − z0
= a et r(z) = az + z0(1 − a) = fa,z0(1−a)(z) d’o`u r = fa,z0(1−a).
En utilisant l’interpr´etation dans P de la relation fa,b(z) − z0= a(z − z0) et l’´etude des fa,b avec a = 1 on a donc :
Proposition 12.3. L’ensemble {fa,b|(a, b) ∈ C∗×C, |a| = 1} est le groupe des d´eplacements du plan affine C et {Fa,b|(a, b) ∈ C∗× C, |a| = 1} est le groupe des d´eplacements du plan affine P .
fa,b: le cas g´en´eral En g´en´eral,
az + b = |a|( a
|a|z + b
|a|)
et donc
fa,b= f|a|,0◦ f a
|a|, b
|a]
L’application fa,b est donc compos´e d’une homoth´etie de rapport > 0 et d’un d´eplacement.
C’est en particulier une application affine. Le paragraphe suivant est consacr´e `a l’´etude des applications de ce type.
3. Les similitudes directes
D´efinition 12.1. On appelle similitude directe d’un espace affine euclidien E , toute appli- cation de E dans E compos´ee d’un d´eplacement et d’une homoth´etie de rapport > 0.
Si une similitude directe est de la forme s = h ◦ r, o`u h est une homoth´etie de rapport λ > 0, r un d´eplacement, alors s est une application affine (car compos´ee de deux applications affines) et s multiplie les distances par λ. Ce nombre r´eel strictement positif est appel´e le rapport de la similitude s. Si s = h0◦ r0 ou s = r0◦ h0, o`u h0 est une homoth´etie de rapport > 0 et r0 est un d´eplacement alors le rapport de l’homoth´etie h0 est λ.
D´esignons par Sim+(E) l’ensemble des similitudes directes de E.
Proposition 12.4. On a Sim+(C) = {fa,b|(a, b) ∈ C∗× C} et Sim+(C) est un sous-groupe du groupe affine de C.
On a vu que Σ ⊂ Sim+(C). Soit s ∈ Sim+(C). Par d´efinition, s = h ◦ r o`u h est une homoth´etie de rapport > 0 et r est un d´eplacement. On a montr´e que h ∈ Σ et r ∈ Σ d’o`u s ∈ Σ car Σ est un groupe. Finalement Σ = Sim+(C). La proposition 12.1 entraine que Sim+(C) est un sous-groupe du groupe des bijections affines de C.
Plus g´en´eralement, Sim+(P ) est un sous-groupe des bijections affines du plan euclidien P . Proposition 12.5. (Classification des similitudes directes de C).
Soit fa,b∈ Sim+(C).
(1) |a| = 1.
• a = 1 : l’application f1,b est la translation de vecteur b.
• a 6= 1 : L’application fa,b est la rotation de centre z0 = b
1 − a et dont la mesure de l’angle est arg a.
(2) |a| 6= 1
• a ∈ R∗+ : l’application fa,b est l’homoth´etie de centre z0 = b
1 − a et de rapport positif a.
• a 6∈ R∗+ : l’application fa,b est compos´e dans un ordre quelconque de l’homoth´etie h de centre z0= b
1 − a, de rapport |a| > 0 et de la rotation r de centre z0 et dont la mesure de l’angle est arg a. Cette d´ecomposition est unique : si fa,b= r1◦ h1 = h1◦ r1 o`u h1 est une homoth´etie de rapport > 0 et r1 une rotation alors r = r1 et h = h1.
132 12. TRANSFORMATIONS z → az + b, a 6= 0. APPLICATIONS
Preuve. Un d´emonstration est n´ecessire seulement dans le cas |a| 6= 1 et a 6∈ R∗+. Comme a 6= 1 le point z0 est l’unique point fixe de fa,b et
az + b = az + b + z0− az0− b = a(z − z0) + z0
= a
|a|[|a|(z − z0) + z0− z0] + z0.
L’application h d´efinie par h(z) = |a|(z − z0) + z0 est l’homoth´etie de centre z0 et de rapport strictement positif |a| et l’application r d´efinie par r(z) = a
|a|(z − z0) + z0 est la rotation de centre z0 et dont la mesure de l’angle est arg a
|a| = arg a. Il est clair que fa,b = r ◦ h. Pour
´
etablir r ◦ h = h ◦ r, montrons d’abord un lemme qui a son propre int´erˆet.
Lemme 12.1. Soit ρ une rotation de centre z1, dont la mesure de l’angle est arg α et k une homoth´etie de centre z2, de rapport λ. On a ρ ◦ k = k ◦ ρ si et seulement si on est dans l’un des cas suivants :
• z1 = z2 (ρ et k ont le mˆeme centre) ;
• α = 1 (ρ est l’application identique) ;
• λ = 1 (k est l’application identique).
Preuve. On a k(z) = λ(z − z2) + z2 et, en supposant |α| = 1, ρ(z) = α(z − z1) + z1. L’´egalit´e ρ ◦ k = k ◦ ρ ´equivaut `a :
α(λ(z − z2) + z2− z1) + z1 = λ(α(z − z1) + z1− z2) + z2 ce qui ´equivaut encore `a (z1− z2)(λ − 1)(α − 1) = 0 d’o`u le r´esultat cherch´e.
Revenons `a la preuve de la proposition. Le lemme entraine que h ◦ r = r ◦ h car h et r ont le mˆeme centre.
Comme fa,b = r1◦ h1 = h1◦ r1, h1 et r1 ont le mˆeme centre. Ce centre ´etant fixe par fa,b, c’est z0. L’´egalit´e fa,b = r1◦ h1 entraine que le rapport de h1 est |a| et donc h1 = h. L’´egalit´e h ◦ r = h ◦ r1 entraine r = r1.
4. Applications
4.1. Applications aux similitudes directes d’un plan affine euclidien. On a d´efini les similitudes d’un plan affine euclidien P comme ´etant les applications affines compos´ees d’un d´eplacement et d’une homoth´etie de rapport > 0. Ces similitudes sont les applications Fa,b, (a, b) ∈ C∗× C, et celles qui sont distinctes d’une translation ont un unique point fixe d’affixe z0 = b
1 − a appel´e leur centre. A l’aide de la proposition 12.5, on obtient un th´eor`eme de d´ecomposition de ces similitudes.
Proposition 12.6. Soit s une similitude directe d’un plan affine euclidien P de rapport λ. Si s n’est pas une translation alors s poss`ede un unique point fixe Ω appel´e son centre.
L’application s est une rotation ou une homoth´etie de rapport > 0 (´egal `a λ) ou est compos´e dans un ordre quelconque d’une rotation r de centre Ω et d’une homoth´etie h de centre Ω et de rapport λ. Dans ce cas, si l’on a s = h1◦ r1= r1◦ h1, o`u h1 est une homoth´etie de rapport > 0 et r1 une rotation alors r = r1 et h = h1.
L’angle de la rotation r de la proposition pr´ec´edente est appel´e l’angle de la similitude s. Si le plan est orient´e et si le rep`ere (O, ~u, ~v) est direct alors la mesure de l’angle de s = Fa,b
est arg a. Notons qu’une similitude directe, qui n’est pas une translation, est enti`erement d´etermin´ee par son rapport, son centre et son angle.
Remarque. Soit h une homoth´etie de rapport λ et de centre Ω. La transformation h est une similitude directe mais, avec notre termininologie, son rapport de similitude est |λ| et, si λ < 0, sa d´ecomposition donn´ee par la proposition pr´ec´edente est h = h0◦ r = r ◦ h0 o`u h0 est l’
homoth´etie de rapport positif −λ, de centre Ω, et r la rotation de centre Ω et dont une mesure de l’angle est π + 2πZ (r est la sym´etrie centrale de centre Ω).
Exercice. SoitA, B, A0, B0 quatre points d’un plan affine euclidien avec A 6= B et A0 6= B0. Montrer qu’il existe une unique similitude directe s de P telle que s(A) = A0 et s(B) = B0. Montrer que si A 6= A0, B 6= B0 et si s poss`ede un centre alors c’est aussi le centre de la simili- tude σ telle que σ(A) = B et σ(A0) = B0.
Solution. Soit (O, ~u, ~v) une rep`ere orthonorm´e de P et a, b, a0, b0 les affixes de A, B, A0, B0. Il existe une similitude directe s de P telle que s(A) = A0 et s(B) = B0 si et seulement si il existe (α, β) ∈ C∗× C tel que fα,β(a) = a0 et fα,β(b) = b0. On doit donc r´esoudre le syst`eme :
xa + y = a0 xb + y = b0
Comme a 6= b, ce syst`eme poss`ede une unique solution α = a0− b0
a − b, β = ab0− ba0
a − b . De A0 6= B0, on d´eduit α 6= 0 et fα,β est l’unique similitude directe de C tel que fα,β(a) = a0 et fα,β(b) = b0. Il en r´esulte que s = Fα,β est l’unique similitude directe de P telle que s(A) = A0 et s(B) = B0. La similitude fα,β poss`ede un point fixe si et seulement si α 6= 1 ce qui ´equivaut `a ~AB 6=A~0B0. Supposons cette condition r´ealis´ee. Le point fixe de fα,β est z0 = α
1 − β = ab0− ba0 (a − b) − (a0− b0). Si ~AB 6= A~0B0 alors AA~ 0 6= BB~ 0 et la similitude directe σ telle que σ(A) = B et σ(A0) = B0 poss`ede un centre d’affixe z1 = ab0− a0b
(a − a0) − (b − b0) (on permute a0 et b dans z0). On a z0 = z1 et donc s et σ ont le mˆeme centre.
4.2. Les similitudes indirectes (ou n´egatives). On a vu que les similitudes directes de C multiplient les distances par une constante appel´ee leur rapport. On peut plus g´en´eralement consid´erer l’ensemble S des applications f de C dans C pour lesquelles il existe une constante k > 0 (d´ependant de f ) telle que
|f (z) − f (z0)| = k|z − z0|.
On a Sim+(C) ⊂ S. Soit f un ´el´ement de S. L’application g = f ◦ f1
k,0 est une isom´etrie affine donc f = g ◦ fk,0 est une application affine. On distingue deux cas suivant la nature de l’isom´etrie g.
• g est un d´eplacement et f = g ◦ fk,0 entraine que f est une similitude directe. Il existe (a, b) ∈ C∗× C tel que f = fa,b.
• g est un antid´eplacement. Soit γ l’application de C dans C d´efinie par γ(z) = z. On sait que γ est la r´eflexion par rapport `a l’axe r´eel. L’application g ◦ γ est donc un d´eplacement: il existe (a, b) ∈ C∗ × C avec |a| = 1 tel que g ◦ γ(z) = az + b d’o`u g(z) = az + b. Finalement f (z) = g ◦ fk,0(z) = akz + b. L’application f est donc du
134 12. TRANSFORMATIONS z → az + b, a 6= 0. APPLICATIONS
type z → αz + β avec (α, β) ∈ C∗× C. Comme il est clair que toute application de ce type est dans S, on a montr´e :
S = {z → az + b|(a, b) ∈ C∗× C} ∪ {z → az + b|(a, b) ∈ C∗× C}.
Cette ´etude nous conduit `a la d´efinition suivante.
D´efinition 12.2. On appelle similitude indirecte d’un espace affine euclidien E toute appli- cation de E dans E compos´ee d’un antid´eplacement et d’une homoth´etie de rapport > 0.
On d´esigne par Sim−(E) l’ensemble des similitudes indirectes de E et on pose Sim(E) = Sim+(E) ∪ Sim−(E). Un ´el´ement de Sim(E) est appel´e une similitude de E. C’est une application affine compos´ee d’une isom´etrie affine et d’une homoth´etie de rapport > 0.
A partir de l’´etude pr´ec´edente on voit que S = Sim(C) et Sim−(C) = {z → az + b|(a, b) ∈ C∗× C}.
Remarque. Il y a d’autres d´efinitions ´equivalentes des similitudes d’un espace affine eucli- dien E. On peut dire que ce sont les applications f : E → E pour lesquelles il existe k > 0 v´erifiant, pour tout (M, N ) ∈ E2, ||f (M )f (N )|| = k|| ~~ M N ||. On peut aussi dire que ce sont les applications f : E → E qui conservent le rapport des distances : ||f (A)f (B)||
||AB|| = ||f (C)f (D)||
||CD|
pour tous points A, B, C, D avec A 6= B et C 6= D. Dans le cas d’un plan affine euclidien, les similitudes directes peuvent alors ˆetre d´efinies comme ´etant celles qui en plus conservent les angles orient´es de vecteurs.
Exercice. SoitA, B, A0, B0 quatre points d’un plan affine euclidien avec A 6= B et A0 6= B0. Montrer qu’il existe une unique similitude indirecte s de P telle que s(A) = A0 et s(B) = B0.
5. Compl´ements
5.1. Etude des applications ga,b : z 7→ az + b, a 6= 0.. Dans ce paragraphe on suppose connu les d´eplacements et les antid´eplacements d’un plan affine euclidien et donc en particulier de C.
Toute application ga,b est une bijection affine compos´ee d’un antid´eplacement et d’une ho- moth´eties de rapprt positif. Plus pr´ecis´ement, l’application ga,b est compos´ee des quatre appli- cations g1 : z 7→ |a|z, g2: z 7→ a
|a|z, γ : z 7→ z et tb: z 7→ z + b.
On a −→ga,b(z) = az et −→ga,b= g1◦ g2◦ γ. L’application g2◦ γ, compos´ee d’une rotation et d’une sym´etrie, est la sym´etrie s−→∆ par rapport `a une droite−→
∆. Posons a = eiθ. La mesure de l ’angle de −→
∆ avec l’axe r´eel, qui est aussi l’axe de la sym´etrie γ, est θ
2+ πZ 1.
L’application g−a,b→= g1◦ g2◦ γ est donc compos´ee dans un ordre quelconque de l’homoth´etie de rapport |a| et de la sym´etrie −s→∆. Cela termine l’´etude si b = 0 car alors ga,b= −→ga,b.
Pour pousuivre l’´etude dans le cas g´en´eral et la ramener au cas b = 0, cherchons les points fixes de ga,b. Le point z0 est fixe si et seulement si az0+ b = z0 ce qui ´equivaut `a az0+ b = z0 1Soit sD et sD0 deux sym´etries par rapport aux droites D et D0. Si mes(\D, D0) = α + πZ, α 6∈ πZ, alors le compos´e r = sD◦ sD0 est une rotation dont la mesure de l’angle est 2α + 2πZ. Remarquons que l’on a aussi sD= r ◦ sD0.
et az0+ b = z0. En multipliant cette derni`ere ´egalit´e par a, on a (1 − |a|2)z0 = b + ab d’o`u les deux cas :
• |a| 6= 1. On a z0 = b + ab
1 − |a|2 et on v´erifie que z0 est bien un point fixe. L’application ga,b poss`ede un unique point fixe z0.
• |a| = 1. Si b + ab 6= 0 alors ga,b ne poss`ede aucun point fixe et si b + ab = 0 alors
ga,b(b 2) = ab
2 + b = ab + b 2 + b
2 = b 2 et z0 = b
2 est donc un point fixe. On verra qu’il n’est pas unique.
Dans les deux cas o`u ga,bposs`ede un point fixe z0 alors ga,b− z0 = a(z − z0). Si l’on prend pour nouvelle origine du rep`ere le point z0 alors, par rapport `a ce nouveau rep´ere, ga,b s’interpr`ete g´eom´etriquement 2 par la composition de l’homoth´etie de centre z0 et de rapport |a| avec la sym´etrie par rapport `a la droite passant par z0 et parall`ele `a−→
∆.
Si |a| = 1 et ab + b 6= 0 alors ga,b est une isom´etrie n´egative sans point fixe. C’est donc une pseudosym´etrie qui se d´ecompose sous la forme sD ◦ tc = tc ◦ sD o`u sD est une r´eflexion par rapport `a une droite D et tc est une translation, le vecteur de translation appartenant `a la direction de l’axe de la r´eflexion. Dans le cas |a| = 1, on a −→ga,b = s−→∆ et la direction de D est donc−→
∆ . On a ga,b(0) = b et donc b
2 ∈ ∆ (Faire une figure). Il en r´esulte que ga,b(b 2) = b
2 + c c’est-`a-dire ab
2 + b = b
2+ c d’o`u c = ab + b 2 . R´esumons cela dans une proposition.
Proposition 12.7. Soit ga,b , 0 6= a = eiθ, l’application de C dans C d´efinie par ga,b(z) = az + b.
Cette application est une similitude indirecte du plan affine euclidien C dont la d´ecomposition canonique d´epend de |a| et ab + b.
• |a| 6= 1 . L’application ga,b multiplie des distances par |a| et poss`ede un unique point fixe z0 = ab + b
1 − |a|2. Elle est compos´ee de l’homoth´etie de centre z0 et de rapport 1 − |a|2 avec la reflexion dont l’axe est la droite ∆ passant par le point b
2 et faisant avec l’axe r´eel un angle de mesure θ
2 + πZ.
• |a| = 1 . L’application ga,b est un antid´eplacement.
2Lorsque l’on interpr`ete g´eom´etriquement les nombres complexes par des points d’un plan affine euclidien P cette interpr´etation est li´ee au choix d’un rep`ere de P . En particulier si P = C et si on consid`ere le rep`ere (z0, 1, i) alors l’affixe d’un point z est z − z0 et l’image du nombre complexe z est z + z0. Il n’y a que lorsque z0= 0 que l’affixe et l’image co¨ıncident.
136 12. TRANSFORMATIONS z → az + b, a 6= 0. APPLICATIONS
– ab + b 6= 0. L’application ga,b ne poss`ede aucun point fixe et est la pseudosym´etrie compos´ee de la r´eflexion par rapport `a la droite ∆ avec la translation d´efinie par le vecteur ab + b
2 .
– ab + b = 0. L’application ga,b est la r´eflexion par rapport `a la droite ∆.
Pour toute similitude indirecte g de C, il existe (a, b) ∈ C∗× C tel que g(z) = az + b.
5.2. Les endomorphismes du R-espace vectoriel C. Soit f un endomorphisme du R- espace vectoriel C. Comme (1, i) forme une base, l’application f est enti`erement d´etermin´ee par f (1) et f (i). Si z = x + iy, avec x, y ∈ R, alors
f (z) = xf (1) + yf (i) == z + z
2 f (1) +z − z
2i f (i) = (f (1)
2 +f (i)
2i )z + (f (1)
2 −f (i) 2i )z.
Si l’on pose a = f (1) 2 +f (i)
2i et b = f (1) 2 −f (i)
2i (Attention ! a et b ne sont pas conjugu´es) alors f (z) = az + bz
On montre facilement que l’´ecriture pr´ec´edente est unique et que toute application de la forme z 7→ az + bz est R-lin´eaire.
La matrice M de l’endomorphisme f dans la base (1, i) est M =
<(a) + <(b) −=(a) + =(b)
=(a) + =(b) <(a) − <(b)
Il en r´esulte que la trace de f est T r(f ) = 2<(a) = a + a et le d´eterminant de f est det(f ) = (<(a) + <(b))(<(a) − <(b)) + (=(a) − =(b))(=(a) + =(b))
= <(a)2+ =(a)2− <(b)2− =(b)2 = |a|2− |b|2.
Soit f1 : z 7→ az et f2 : z 7→ bz. L’applications f1 est une similitude directe vectorielle, l’application f2 est une similitude indirecte et f = f1 + f2. Tout endomorphisme d’un plan euclidien est donc la somme d’une similitude directe et d’une similitude indirecte.
Si l’on consid`ere maintenant la structure de plan affine euclidien sur C alors, pour toute application affine g de C dans C, il existe a, b, c uniques tels que
g(z) = az + bz + c . Remarques.
1) Il ne faut pas confondre les endomorphismes du R-espace vectoriel C et ceux du C-espace vectoriel C. Ce dernier ´etant de dimension 1, ses endomorphismes sont les applications z 7→ az, a ∈ C.
2) Les formes lin´eaires sur le R-espace vectoriel C sont les combinaisons lin´eaires `a coefficients dans R des deux formes z 7→ <(z) et z 7→ =(z) qui constituent une base du dual de C (Ce sont les formes coordonn´ees.). Si f est une forme lin´eaire, il existe donc λ, µ ∈ R tels que
f (z) = λ<(z) + µ=(z) = λz + z
2 + µz − z 2i = (λ
2 + µ
2i)z + (λ 2 − µ
2i)z.
Si l’on pose α = λ 2 + µ
2i on a :
f (z) = αz + α z =< α|z > .
(Cette formule est ´evidente si on connait l’expression g´en´erale d’une forme lin´eaire sur un espace euclidien.)
Toute application de ce type est une forme lin´eaire et cette formule est ´evidemment `a rap- procher de l’´equation complexe d’une droite.
138 12. TRANSFORMATIONS z → az + b, a 6= 0. APPLICATIONS