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Texte intégral

(1)

SESSION 2010

CONCOURS COMMUN POLYTECHNIQUE (ENSI) FILIERE PSI

MATHEMATIQUES 2

PARTIE I

I.1. I.1.1 χl=X2−2cosθX+1= (X−e)(X−e−iθ). Donc Sp(l) = (e, e−iθ).

I.1.2Puisque la base(ε1, ε2)est orthonormée,

kvk2=kx1v1+x2v2k2=k(x1+x2cos(θ))ε1+x2sin(θ)ε2k2= (x1+x2cos(θ))2+x22sin2(θ)

=x21+x22+2x1x2cos(θ), et

kl(v)k2=kx1v2+x2(−v1+2cos(θ)v2)k2=k(x1cos(θ) −x2+2x2cos2(θ))ε1+ (x1sin(θ) +2x2cos(θ)sin(θ))ε2k2

= (x1cos(θ) +x2cos(2θ))2+ (x1sin(θ) +x2sin(2θ))2=x21+x22+2x1x2(cos(2θ)cos(θ) +sin(2θ)sin(θ))

=x21+x22+2x1x2cos(θ).

Donc, pour toutv∈R2,kl(v)k=kvk et on sait que

l∈O(R2).

I.1.3P=

1 cos(θ) 0 sin(θ)

puisP−1= 1 sin(θ)

sin(θ) −cos(θ)

0 1

=

1 −cos(θ) sin(θ)

0 1

sin(θ)

. Par suite,

M=PMP−1=

1 cos(θ) 0 sin(θ)

0 −1

1 2cos(θ)

1 −cos(θ) sin(θ)

0 1

sin(θ)

=

cos(θ) −1+2cos2(θ) sin(θ) 2sin(θ)cos(θ)

1 −cos(θ) sin(θ)

0 1

sin(θ)

=

 cos(θ) −1+cos2(θ) sin(θ) sin(θ) cos(θ)

=

cos(θ) −sin(θ) sin(θ) cos(θ)

.

Puisque la base(ε1, ε2)est orthonormée directe,

l est la rotation d’angleθ.

I.1.4 I.1.4.1Soitk∈N. D’après la question I.A.1,kvkk2=a2k+b2k+2akbkcos(θ). Mais puisquel conserve la norme, on a aussikvkk2=klk−1(v1)k2=kv1k2=kε1k2=1. Donc

∀k∈N, a2k+b2k+2akbkcos(θ) =1.

I.1.4.2Soitk∈N. Puisque lest la rotation d’angleθet que la base(ε1, ε2)est orthonormée, (v1|vk) = ε1|lk−11)

= (ε1|cos((k−1)θ)ε1+sin((k−1)θ)ε2) =cos((k−1)θ).

Soitk>2. Puisque lconserve le produit scalaire,

(v2|vk) = (l(v1), l(vk−1)) = (v1, vk−1) =cos((k−2)θ), ce qui reste vrai quandk=1car(v1|v2) =cos(θ).

∀k∈N,(v1|vk) =cos((k−1)θ)et(v2|vk) =cos((k−2)θ).

http ://www.maths-france.fr 1 c Jean-Louis Rouget, 2010. Tous droits réservés.

(2)

I.1.4.3Soitk∈N. cos((k−1)θ) = (v1|vk) =ak(v1|v1) +bk(v1|v2) =ak+bkcos(θ).

De même, cos((k−2)θ) = (v2|vk) =ak(v1|v2) +bk(v2|v2) =akcos(θ) +bk. Doncaket bk vérifient ak+bkcos(θ) =cos((k−1)θ)

akcos(θ) +bk=cos((k−2)θ) .

Le déterminant de ce système est1−cos2(θ) =sin2(θ)6=0. Les formules deCramer fournissent

ak= 1 sin2(θ)

cos((k−1)θ) cos(θ) cos((k−2)θ) 1

= cos((k−1)θ) −cos(θ)cos((k−2)θ) sin2(θ)

= cos((k−2)θ)cos(θ) −sin(k−2)θ)sin(θ) −cos(θ)cos((k−2)θ)

sin2(θ) = −sin((k−2)θ)

sin(θ) , et

bk= 1 sin2(θ)

1 cos((k−1)θ) cos(θ) cos((k−2)θ)

= cos((k−2)θ) −cos(θ)cos((k−1)θ) sin2(θ)

= cos((k−1)θ)cos(θ) +sin(k−1)θ)sin(θ) −cos(θ)cos((k−1)θ)

sin2(θ) = sin((k−1)θ)

sin(θ) ,

∀k∈N,ak= −sin((k−2)θ)

sin(θ) et bk= sin((k−1)θ) sin(θ) .

I.2. Dans le repère R, les coordonnées de A1 sont (a1, b1) = (1, 0), celles deA2 sont(a2, b2) = (0, 1) et celles deA3

sont(a3, b3) = (−1, 2cos(θ)).

•pa21+qa1b1+rb21=1⇔p=1.

•pa22+qa2b2+rb22=1⇔r=1.

•pa23+qa3b3+rb23=1⇔1−2qcos(θ) +4cos2(θ) =1⇔q=2cos(θ)(car cos(θ)6=0).

Maintenant, d’après la question I.1.4.1,∀k∈N,a2k+2cos(θ)akbk+b2k=1et donc

t∀k∈N,Ak appartient à la conique(Γ)d’équationx2+2xycos(θ) +y2=1 dans le repèreR.

I.2.2SoitMla matrice de la forme quadratique(x, y)7→x2+2xycos(θ)+y2dans la base(v1, v1).M=

1 cos(θ)

cos(θ) 1

puisχM = X2−2X+sin2(θ) = (X−1)2−cos2(θ) = (X−1−cos(θ))(X−1+cos(θ)). Les valeurs propres de Msont λ=1−cos(θ)> 0et λ2=1+cos(θ)> 0. Donc(Γ)est une conique du genre ellipse c’est-à-dire une ellipse, un cercle, un point ou vide.

(Γ)n’est ni vide ni réduite à un point carA1etA2sont deux points distincts de(Γ).(Γ)n’est pas un cercle car en repère orthonormé, une équation de cercle ne comporte pas de terme enxyet car cos(θ)6=0. Finalement,

La courbe d’équationx2+2xycos(θ) +y2=1dansRest une ellipse.

Siθ= π

3, une équation de(Γ)dans le repèreRestx2+xy+y2=1. On tourne de π

4 ce qui correspond aux formules de changement de repère





x= 1

√2(x−y) y= 1

√2(x+y) .

Dans le nouveau repère ainsi défini, une équation de(Γ)est 1

2(x−y)2+1

2(x−y)(x+y) +1

2(x+y)2=1ou encore 3x′2+y′2=2ou enfin

x′2 r2

3

!2 + y′2

22 =1.

(3)

a= 2

√3 <√

2=bet donc l’axe focal de l’ellipse est dirigé par le vecteur de coordonnées

−sinπ 4

,cosπ 4

dans le repèreR ou aussi par le vecteur de coordonnées(1,−1).

Tracé de l’ellipse d’équationx2+xy+y2=1 dans le repère R

1 2

−1

−2

1

−1

PARTIE II

II.1. II.1.1 Le cardinal d’une famille libre est inférieur ou égal à la dimension de E. Donc la famille(lp(u))06p6n est liée. Ceci montre queA={k∈N, (lp(u))06p6n liée}est une partie non vide deNet on sait alors queAadmet un plus petit élément que l’on noter(l, u).

II.1.2Puisque u6=0, la famille(lp(u))06p60 est libre et doncr(l, u)>1. D’autre part, la famille(lp(u))06p6n est liée et doncr(l, u)6n.

II.1.3Puisqueu6=0,

r(l, u) =1⇔(u, l(u))liée⇔l(u)∈Vect(u)⇔uvecteur propre del.

Puisquer(u, l)6net que toute sous-famille d’une famille libre est libre,

(lp(u))06p6n−1 base deE⇔(lp(u))06p6n−1 libre⇔r(l, u) =n.

II.2. Tr(f) =1−2+4+3=6puis

det(f) =

1 2 0 −1

1 −2 1 1

1 −6 4 1

1 −8 3 3

=

1 2 0 −1

0 −4 1 2

0 −8 4 2

0 −10 3 4

(∀i∈{2, 3, 4}, Li←Li−L1)

=

−4 1 2

−8 4 2

−10 3 4

= −4

−2 1 1

−4 4 1

−5 3 2

= −4(−10−4+15) = −4.

Ensuite,(MatB(f))2=

1 2 0 −1

1 −2 1 1

1 −6 4 1

1 −8 3 3

1 2 0 −1

1 −2 1 1

1 −6 4 1

1 −8 3 3

=

2 6 −1 −2

1 −8 5 1

0 −18 13 0

−1 −24 13 −3

 .

La matrice de la famille (e1, f(e1), f2(e1))dans la base (e1, e2, e3, e4) est donc

1 1 2

0 1 1

0 1 0

0 1 −1

. Cette matrice a même

rang que la matrice

1 1 2

0 1 1

0 0 −1 0 0 −2

(L3←L3−L2etL4←L4−L2) puis que la matrice

1 1 2

0 1 1

0 0 −1

(carL4=2L3).

Cette dernière matrice est de rang3 car carrée et de déterminant égal à−16=0. Donc la famille (e1, f(e1), f2(e1))est de rang3ce qui montre que

la famille(e1, f(e1), f2(e1))est libre.

(4)

(MatB(f))3=

1 2 0 −1

1 −2 1 1

1 −6 4 1

1 −8 3 3

2 6 −1 −2

1 −8 5 1

0 −18 13 0

−1 −24 13 −3

=

5 × × ×

−1 × × ×

−5 × × ×

−9 × × ×

 puis

f3(e1) =xe1+yf(e1) +zf2(e1)⇔







x+y+2z=5 y+z= −1 y= −5 y−z= −9



y= −5 z=4 x=2

.

Ainsi,f3(e1) =2e1−5f(e1) +4f2(e1)et la famille(e1, f(e1), f2(e1), f3(e1))est liée. Finalement r(f, e1) =3.

II.3. II.3.1MatB(u)(l) =

0 . . . 0 a0

1 . .. ... a1

0 . .. ... ...

... . .. ... ... ...

... . .. ... 0 ... 0 . . . 0 1 an−1

. Donc Tr(l) =an−1puis en développant suivant la dernière

colonne, on obtient det(l) = (−1)n+1a0

II.3.2On effectue la transformationL1←L1+ Xn

i=2

λi−1Li. En posantP=Xn

n−1X

k=0

akXk, on obtient

χl(λ) =

−λ 0 . . . 0 a0

1 . .. ... ... a1

0 . .. ... ... ... ... ... . .. ... ... 0

... . .. ... −λ ... 0 . . . 0 1 an−1−λ

=

0 0 . . . 0 −P(λ) 1 −λ 0 . . . 0 a1

0 . .. ... ... ... ... ... . .. ... ... 0

... . .. ... −λ ... 0 . . . 0 1 an−1−λ

= −(−1)n+1P(λ) = (−1)nP(λ).

det(l−λid) = (−1)n λn

n−1X

k=0

akλk

! .

II.4. II.4.1 •Le polynôme nul est dans I(l, u). Soient(P, Q)∈(I(l, u))2. Alors(P−Q)(l)(u) =P(l)(u) −Q(l)(u) =0 et doncP−Q∈I(l, u).

•SoientP∈K[X] etQ∈I(l, u).PQ(l)(u) = (P(l)◦Q(l))(u) =P(l)(Q(l)(u)) =P(l)(0) =0et doncPQ∈I(l, u).

On a montré que

I(l, u)est un idéal de l’anneau(K[X],+,×).

D’après le théorème deCayley-Hamilton, le polynôme caractéristiqueχldelvérifieχl(l) =0et en particulierχl(l)(u) = 0.

Doncχl est un élément non nul de I(l, u). On sait que l’anneau(K[X],+,×)est principal et donc, puisque I(l, u)est un idéal non réduit à{0}de cet anneau, on sait qu’il existe un unique polynôme unitaire que l’on noteG(l, u)tel queI(l, u) est constitué des multiples deG(l, u).

II.4.2D’après ce qui précède,χl∈I(l, u) =G(l, u)×K[X] et doncG(l, u)divise χl. Soitr le degré du polynôme non nulG(l, u). Il est clair quer∈N.

L’égalitéG(l, u)(u) =0 montre que la famille (u, l(u), . . . , lr(u))est liée car les coefficients de G(l, u)ne sont pas tous nuls. Doncr(l, u)6r.

Soientk6r−1puis(a0, . . . , ak)∈Kk+1. Sia0u+. . .+aklk(u) =0, le polynôme Xk

aiXiest dansI(l, u)et a un degré

(5)

strictement inférieur au degré deG(l, u). On en déduit que Xk

i=0

aiXi=0puis que∀i∈J0, kK,ai=0. Ainsi,∀k∈J0, r−1K, la famille(u, l(u), . . . , lk(u)est libre et doncr(l, u)>r.

On a montré que

deg(G(l, u)) =r(l, u).

II.4.3On a vu quer(f, e1) =3et que le polynômeP=X3−4X2+5X−2est un élément deI(f, e1). PuisquePest unitaire de degré3,

G(f, e1) =X3−4X2+5X−2.

Le polynôme caractéristique defest un multiple de G(f, e1)de degré3 et de coefficient dominant(−1)3= −1. Donc χf= −X3+4X2−5X+2= (1−X)(X2−3X+2) = −(X−1)2(X−2).

Ainsi, Sp(f) = (1, 1, 2). Supposons alorsfdiagonalisable. Dans ce cas, le polynôme minimal defdoit être(X−1)(X−2) = X2−3X+2. En particulier, on doit avoirf2(e1) −3f(e1) +2e1 =0ce qui est impossible car la famille (e1, f(e1, f2(e1)) est libre. Donc

f n’est pas diagonalisable.

II.4.4Le polynômeP=Xn

n−1X

k=0

akXk vérifieP(l)(u) =0. DoncP∈I(l, u) =G(l, u)×K[X]. De plus,Pest unitaire de

degrér(l, u)qui est aussi le degré deG(l, u). DoncG(l, u) =P=Xn

n−1X

k=0

akXk.

Le polynôme caractéristiqueχl de l est un multiple de G(l, u) de même degré et de coefficient dominant (−1)n. Donc χl= (−1)nG(l, u).

G(l, u) =Xn

n−1X

k=0

akXk et χl= (−1)nG(l, u).

II.5. II.5.1 Les « valeurs propres dans C» de l sont à choisir parmi les racines du polynôme annulateur Xp. Donc l admet0 pour unique valeur propre et on en déduit que

χl= (−X)n.

II.5.2(2)⇒(1). Siln−16=0, il existeu∈Etel que ln−1(u)6=0. Le polynômeXpest dans I(l, u)et doncG(l, u)est un multiple unitaire de ce polynôme et aussi un diviseur deχl. DoncG(l, u)est de la forme Xqavecp6q6n. On ne peut avoirq6n−1car alorsln−1(u) =0ce qui n’est pas. DoncG(l, u) =Xn puisr(l, u) =n.

(1)⇒ (2). Siln−1 = 0, pour tout u∈ E\ {0}, Xn−1 ∈ I(l, u) et en particulier,r(l, u)6 n−1. Par contraposition, s’il existeu∈E\ {0}tel quer(l, u) =nalorsln−16=0.

II.6. II.6.1 Pour toutp∈J0, n−1K,lp(u) = Xn

k=1

xkλpwk. Donc

MatW(B(u)) =

x1 λ1x1 . . . λn−11 x1

x2 λ2x2 λn−12 x2

... ... ... xn λnxn . . . λn−1n xn

 .

Si l admet deux valeurs propres égales, alors deux des lignes de la matrice précédente sont identiques et cette matrice n’est pas inversible. Ceci contredit le fait queB(u)est une base deE. On a donc montré que les valeurs propres delsont deux à deux distinctes.

(6)

II.6.2 I.6.2.1Le vecteur colonneACest le vecteur(P(λk))16k6n. SiAC=0, alors∀k∈J1, nK, P(αk) =0. Par suite, le polynômeP, de degré au plusn−1, admet au moins nracines deux à deux distinctes. On en déduit queP=0 puis que C=0.

Ce qui précède montre que Ker(A) ={0}et doncAest inversible.

I.6.2.2Soitu=w1+w2+. . .+wn. La matrice de la famille B(u)dans la base W est

1 λ1 . . . λn−11 1 λ2 λn−12 ... ... ... 1 λn . . . λn−1n

= A.

D’après la question précédente,Aest inversible et donc la familleB(u)est une base de E. D’après la question II.1.3, on ar(l, u) =n.

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