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Article pp.53-54 du Vol.23 n°249 (2004)

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BIOFUTUR 249 • NOVEMBRE 200453

quelques pages

Des robots doués de vie ? A. Guillot, J.-A. Meyer, 2004 Éditions Le Pommier ISBN 2-7465-0172-4

4 €

Aussi dans cette collection, Les Petites Pommes du Savoir : Sommes-nous dépendants de nos hormones ? Peut-on vaincre le cancer ? etc.

Les ordinateurs de demain

Éditions Le Pommier Alain Schuhl, 2004 ISBN 2-7465-0183-X

4 €

Aussi dans cette collection, Le collège de la cité : Climat : chronique d’un bouleversement annoncé, Les origines de la culture. etc.

par Maël Knoll [email protected]

Les Éditions Le Pommier nous livrent chaque mois, à côté d’autres collections substantielles de leur catalogue, leur production constante de « mini-mises à niveau » de qualité sur presque tous les domaines technologiques et scientifiques : Les Petites Pommes du Savoir.

Autre type de publications, en collaboration avec la Cité des Sciences,

Le Collège de la Cité

s’inspire du programme du Collège qui, sous forme de manifestations, donne la parole aux chercheurs, prolongeant ensuite leurs interventions publiques en petits abrégés solides mais accessibles et rythmés sur l’actualité.

Des robots doués de vie ?

Les ordinateurs de demain

Alain Schuhl, professeur de physique à l’Université Henri-Poincaré de Nancy, spécialisé dans les nano- sciences s’est chargé de celui-ci.

Le silicium, composant de l’ordinateur est apparu en 1954. À partir de la fin des années 1960, par le biais du nouveau procédé de photolithographie (faisceau

de lumière à travers un masque), on fabriqua les transistors à partir de ce matériau semi-conducteur.

Mais il fallut attendre que le nombre de transistors sur une seule puce soit multiplié par 200 000, pour que l’ordinateur devienne un macroscope opérationnel.

Après le transistor au silicium, voici, à ce qu’il semble, l’ère des composants électroniques moléculaires : va- t-on vers un réseau neuronal planétaire ? L’électronique entrera forcément dans le domaine de la chimie car les molécules organiques ont des propriétés modulables par ingénierie moléculaire. Il faudra alors changer radicalement la nature des processus de calcul dès lors Agnès Guillot, docteur en psychologie animale et en

biomathématiques, maître de conférences en psycho- physiologie à Paris X Nanterre, poursuit des recherches sur les robots au sein d’AnimatLab au laboratoire d’in- formatique de Paris 6 ; Jean-Arcady Meyer, ingénieur, diplômé en psychologie humaine et animale, biolo- giste, directeur de recherche au CNRS, dirige l’Ani- matLab du laboratoire d’informatique de Paris 6. Tous deux ont réussi un beau pari pédagogique.

Le premier des « robots» fut un chien électrique, conçu en 1912, muni de capteurs et de circuits (réflexes pho- toélectriques). Il contrôlait son comportement. Puis vint ELMER la tortue (1940), composée de circuits électromécaniques reliant capteurs et moteur, on lui attribua ELSIE comme compagne. Pendant ce temps, vers 1940, les premiers ordinateurs simulaient le fonc- tionnement du cerveau.

1956 : naissance du concept teinté d’inquiétude de l’Intelligence artificielle.

Pourtant, jusqu’aux années 1980 on a cru pouvoir penser sans corps. Puis, retour sur la tortue de Grey Walter : concevoir l’intelligence comme un système de confron- tation avec l’environnement. Cette génération de «créa- tures» évoluait malheureusement en milieu constant.

En 1990, la conception d’ANIMAT (animal artificiel) naquit, avec toujours le même objectif : recréer l’intégralité du processus d’adaptation. La recherche fondamentale était réconciliée avec la recherche appliquée en s’inspirant de la biologie en matière d’architecture de contrôle.

Cette génération de «robots» sera soumise à des pro- cessus d’apprentissage de type «apprentissage par ren- forcement » non supervisé (erreurs, chutes, pour conquérir la reconnaissance spatiale). Les meilleures configurations ne peuvent être élaborées que par l’Ani- mat lui-même créant ses propres cartes cognitives. Y ajouter la conscience du collectif en sera la gageure, de même que l’acquisition de la navigation non plus codée, mais allocentrée.

Pour ce qui est de l’apprentissage générationnel des espèces, on résoudra peut-être le problème par une

«mémoire souche».

Le rêve se réaliserait si, par la confrontation avec l’en- vironnement, on arrivait, par «co-évolution de la mor- phologie et du contrôle» à une enveloppe reconfigu- rable. Mécanismes non plus adaptés, mais adaptatifs.

Au laboratoire de Paris 6, nos auteurs et leur équipe poursuivent leur recherche sur un robot-rat (Psy- kharpax), qui va coordonner les fonctions les plus étrangères à un robot – d’où le choix du rat, pour extrapoler sur le terrain de la neurophysiologie –, celles- là mêmes qui lui manquent à l’heure actuelle pour jouir d’une certaine autonomie, puisqu’il sait exprimer des émotions, mais est encore incapable de les ressentir et donc de les utiliser en sortant du circuit comporte- mental punition/récompense.

Sans discrimination d’âge ou de formation, la petite pomme bleue devient un appât pour le site : http://www.animatlab.lipo6.fr/. ●

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BIOFUTUR 249 • NOVEMBRE 2004 54

Par rapport aux ordinateurs habituels, il y aurait simultanéité des calculs, puis il faudra accélérer les processus de tri.

Parions sans risque qu’on se dirigera vers un ordina- teur sans transistors. L’horizon est cependant très loin et le silicium a encore de beaux jours devant lui.

La solution viendra peut-être de la cohabitation des (bio)technologies. ●

Rameaux

Àouvrir un nouveau livre de Michel Serres, on risque de se trouver confronté à une vision stéréoscopique de la Culture. Il faut avouer qu’ici la matrice est habile et prometteuse ; au Format-père vont venir se mesurer et transgresser des Sciences-filles, non des nouveautés ou des évènements, mais des bifurcations (d’où le titre).

L’idée du format, formatage, loi, format-féroce ou format-tyran s’est largement déployée dans la psychanalyse ; appliquée à une époque très concernée par la peur du risque et de la contingence, elle rajeunit un peu.

Tout d’abord, éloge et historique du formatage en Occident. Ici on croule un peu sous les tuteurs et les majuscules (on aurait préféré le Père et le Fils sans), des tentatives rythmiques et calendaires à la «casse»

de l’imprimeur, possibles généalogies du computer.

Mais le savant, le chercheur ne peuvent se retrouver que dans l’évènement-accident, la prévision-connais- sance, bref la contingence de l’urgence, autant dire la position du fils face au père qui se scinde (État/

médias) parce qu’il veut pérenniser.

Dans la singularité contingente, si «Le père dicte la loi;

le fils négocie des conventions.»Le savoir à conquérir

prend la forme d’un contrat. Pas facile, si l’on consi- dère la peur ambiante suscitée par les virtualités des nano- et biotechnologies (retour aux sciences et tech- niques, ouf…).

Pour sauvegarder l’enracinement et la révérence éco- logique à la Nature, accrochons-nous aux rameaux :

« Ce livre célèbre l’accès à l’universel de singularités contingentes. » À quoi reconnaît-on l’évènement si ce n’est au fait qu’il ne revêt jamais la forme de nouveauté, mais celle de la bifurcation. Il faut donc vanter tout ce qui mime l’organisme, par une sorte « d’exodarwi- nisme », cette prototechnicité des exosquelettes (cf. mollusques), quasi-objets, biotechnologies natu- relles issues des organes.

La morale est sauve et on le déplorerait presque : le vraiment vivant engendre la technologie (reflux) qui fait retour au vivant des biotechnologies.

Michel Serres détient toujours un indéniable génie des tournures et des démonstrations spectaculaires, même si l’on en éprouve parfois de l’agacement.

La fin est un peu triomphaliste et prophétique dans la prétérition : « Aucun prophétisme ne m’entraîne,…

je ne doute pourtant pas que…

PROSES

Pôle intégré de recherche et d’enseignement Les cahiers de Sciences Po

Science • Environnement • Société

Excellente revue, multidisciplinaire comme il se doit, avec des thèmes aussi variés que : Le développement durable ; Le Vert et le Rose : le poids de l’environne- ment et du social chez les Verts français ; Les risques technologiques, un essai de typologie, Risque global et politique mondiale ; Fondements d’une théorie politique de la dimension naturelle de la liberté ; Les représentations sociales de l’effet de serre, Les parle- mentaires et l’environnement. Plus récemment, Les villes européennes face au développement durable : une floraison d’initiatives sur fond de désengagement politique. En mai-juin 2004, Le loup, «affaire d’État».

Le lecteur, quel que soit son engagement profession- nel, y trouvera toujours des entrées originales sur des sujets pourtant rebattus. Et plus étrange encore, il pourra entrevoir des espoirs pragmatiques.

Cette revue se revendique «programme» et émane de la FNPS (Fédération nationale de la presse spécialisée).

Elle a choisi de promouvoir et d’étoffer trois axes, effectivement en manque de sang neuf :

1) les références aux générations futures pèsent-elles un poids réel sur la politique des États et la pratique des acteurs transnationaux ?

2) Comment naissent, se développent et s’achèvent les controverses sur les risques collectifs (question fausse- ment naïve, du genre : « … et alors ?»).

Le troisième concerne les biens communs et les identi- tés collectives, ou si l’on préfère, qu’advient-il dans les textes de lois des représentations sociales de la «nature».

Le PROSES organise autour de ses objectifs des ensei- gnements, des conférences, des séminaires et distribue même des bourses.

Prenez Le loup, anecdote de gueguerre, direz-vous. Ap- paremment non, enjeu stratégique d’importance. Déclen- cheur de taille de la contradiction entre l’économique et l’écologique. Et si les protagonistes n’étaient pas aussi bien dans leur peau ou leur droit qu’ils le prétendent ? L’animal prend à la fin le pelage «d’opérateur politique idéal», d’où le peu de succès que rencontrent les «solutions» tièdes et le maintien d’une alerte suffisante pour qu’on se mette sans tarder à regarder vers les options choisies par d’autres pays.

Le format (28 pages, avec résumé et abstract) contraint les auteurs à condenser leur matière et à adopter un style nerveux. Les notes sont très riches et toujours particu- lièrement à jour. À aucun moment, vous ne vous sentirez entre les mains de technocrates ou de dilettantes.● qu’il s’agira d’un bio-ordinateur, c’est-à-dire utiliser

les processus de multiplication des molécules d’ADN.

Pour d’autres, la solution sera quantique : électro- nique de spinou spintronics(ordinateurs quantiques s’activeront en bits quantiques ou qbit). Logique non plus binaire, mais combinatoire. Le caractère quan- tique de la machine serait utilisé non plus dans les composants mais dans le processus de lecture.

Rameaux Michel Serres Éditions

Le Pommier, 2004 ISBN 2-7465-0194-5

22 €

PROSES Direction scientifique 27, rue Saint- Guillaume 75337 Paris cedex 07

http://www.proses.

sciences-po.fr Contact :

julie.cohen@proses.

sciences-po.fr

du coté des revues

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