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206 – Théorèmes de point fixe. Exemples et applications.

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

206 – Théorèmes de point fixe. Exemples et applications.

2013 – 2014

Question.

Pourquoi l’enveloppe convexe d’un compact est compacte ?

Réponse.

SoitC un compact d’un espace vectoriel de dimensionn, alors Conv(C) ={

n+1

X

i=1

λixi|λi≥0,

n+1

X

i=1

λi= 1, xiC}

par le théorème de Carathéodory. Alors si on pose

n+1:={(λi)∈Rn+1|

n+1

X

i=1

λi= 1, λi≥0},

n est compact et l’application

f : ∆n+1×Cn+1−→Conv(C) ((λi),(xi))7−→

n+1

X

i=1

λixi

est continue et surjective, d’où le résultat.

Question.

Montrer la convergence des itérées dans le théorème de point fixe dans le cas d’une application strictement 1-lipschitzienne sur un compact.

1

(2)

Réponse.

On montre d’abord que f admet un unique point fixe : l’application x7→

d(x, f(x)) est continue sur un compact donc admet un minimum matteint en a. Sim >0, alors f(a)6=aet

d(f(a), f2(a))< d(a, f(a)) =m,

ce qui contredit la minimalité dem. Doncm= 0 et f(a) =a. De plus, ce point fixe est unique car sib=f(b) aveca6=b, on a

d(a, b) =d(f(a), f(b))< d(a, b).

On considère maintenant l’ensemble

X :={(x, y)|d(x, y)ε}, Xest compact. (x, y)7→ d(f(x),f(y))

d(x,y) est continue surXdonc admet un maximum sur X, qui est inférieur strictement à 1. Donc f est contractante sur X et, en appliquant le théorème de Picard, si (fn(x0), a) ∈ X pour tout n, alors (fn(x0))n∈Nconverge vers al’unique point fixe def, ce qui est absurde. Donc il existe n∈N tel que d(fn(x0), a)< ε, et donc pourm > n, d(fm(x0), a) <

d(fn(x0), a)< ε. Ceci prouve la convergence de la suite (fn(x0))n∈N versa.

Question.

Soitf : [0,1]→[0,1] croissante. Montrer quef admet un point fixe.

Réponse.

On considère l’ensembleI:={x∈[0,1]|f(x)≤x}. AlorsI6=∅car 1∈I.

Iest borné donc admet une borne inférieurea. PourxI, on a alorsxa et doncf(x)f(a) carf est croissante, d’oùxf(a) pour toutxI. On en déduit quef(a) est un minorant deI, doncf(a)≤a. On en déduitf2(a)≤f(a) et donc quef(a)∈I, d’oùaf(a) par définition dea.

Donca=f(a) est un point fixe de f.

Question.

Montrer le théorème de Cauchy-Peano en utilisant le théorème de Schauder.

Réponse.

SoitI un intervalle non vide deR,U un ouvert deRn, (t0, x0)∈I×U et f :I×U →Rn une application continue. On considère le problème de Cauchy

X0=f(t, X)

X(t0) =x0. (1)

2

(3)

Le but est de montrer que (1) admet une solution locale.

On commence par remarquer que (1) est équivalent à X(t) =x0+

Z t

t0

f(s, X(s)) ds carf est continue.

On va se placer sur un cylindre de sécurité : soitr, M >0 tels que B¯(x0, r)U, J := [t0r

M, t0+ r

M]⊂I et sup

(t,x)∈J×B(x0,r)

kf(t, x)k ≤M.

On note

A:={x:JB(x¯ 0, r)M−lipschitzienne telle quex(t0) =x0} et on définit l’opérateurT surApar

T(x)(t) =x0+ Z t

t0

f(s, x(s)) ds.

Le but est donc de montrer que T admet un point fixe. On commence par montrer queT est bien défini : pourx∈ AettJ, on a

kT(x)(t)−x0k=

Z t

t0

f(s, x(s)) ds

M|t−t0|< r

et pourt1, t2J,

kT(x)(t2)−T(x)(t1)k=

Z t2

t1

f(s, x(s)) ds

M|t2t1|,

doncT est bien défini.

A est bien convexe, fermé et on montre par le théorème d’Ascoli que A est compact. En effet, pour tJ, {x(t) | x ∈ A} ⊂ B(x¯ 0, r) donc A est ponctuellement bornée (on est en dimension finie) et pourx∈ A,

kx(t1)−x(t2)k ≤M|t1t2| doncAest bien équicontinue.

Montrons queTest continu pour pouvoir appliquer le théorème de Schauder.

Soitx, y∈ Aetε >0, alorsf est uniformément continue surJ×B(x¯ 0, r) donc il existeη >0 tel que

kx−yk< η⇒ kf(t, x(t))−f(t, y(t))k< ε.

D’où, pourkx−yk< η, kT(x)(t)−T(y)(t)k ≤

Z t

t0

kf(s, x(s))−f(s, y(s))kds < εM r , doncT est continu.

Finalement, A est un convexe fermé non vide, T est continu de A dansA etAest compact doncT(A) l’est aussi, on peut donc appliquer le théorème de Schauder qui donne l’existence d’un point fixe pourT.

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