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(a) Soit G un groupe (que l’on ne suppose pas commutatif)

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Academic year: 2022

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(1)

U2LG35 L3 Algèbre 2014-2015 Université Paris-Diderot Exercices pour la semaine 1 (15 septembre 2014)

+ Exercice 1. (a) Soit G un groupe (que l’on ne suppose pas commutatif). Montrer que tout élément x de G est « régulier », c’est-à-dire simplifiable à gauche et à droite, autrement-dit tel que (en notation multiplicative)∀y∈Gz∈G xy=xzy=zet ∀y∈Gz∈G yx=zxy=z.

(b) Montrer que si on dresse la table de multiplication (ou d’addition) d’un groupe, chaque élément du groupe apparaît une et une seule fois dans chaque ligne et dans chaque colonne.

(c)Montrer que tout groupe qui n’a pas plus de 5 éléments est commutatif.

(d)Décrire un groupe non commutatif à 6 éléments.

(e)Montrer que tout groupe à 7 éléments est commutatif.

(f)Décrire un groupe non commutatif à 8 éléments.

+Exercice 2. Les habitants de l’exoplanète JG 433 b calculent en base 433 (et non pas en base 10 comme nous). On demande aux élèves de cette planète de dresser la table de multiplication pour les chiffres non nuls (donc de 1 à 432), mais de ne conserver dans chaque case que le chiffre (en base 433 bien sûr) des unités.

Montrer que la table obtenue est celle d’un groupe.

On appelle « monoïde » un ensemble M muni d’une loi de composition interne associative avec élément neutre. On appelle inverse à droite (resp. gauche) de xM, tout élément yM tel que xy = 1 (resp.

yx= 1).

+ Exercice 3. (a) Montrer que l’ensemble XX des applications d’un ensembleX vers lui-même est un monoïde (pour la composition des applications) qui n’est généralement pas un groupe.

(b)Montrer que dans le monoïdeNNil existe des éléments ayant plusieurs inverses à droite distincts. Même question pour des inverses à gauche.

(c)Montrer que si le monoïde M est fini, tout inverse à droite d’un élémentxdeM est aussi un inverse à gauche pourx.

(d)Montrer que si le monoïdeM est fini, un élément deM ne peut pas avoir deux inverses à droite distincts.

Rappels : Une relation binaire sur un ensembleEqui est réflexive et transitive est appelée une « relation de préordre (surE) ». Une relation de préordre surEqui est symétrique est appelée une « relation d’équivalence (surE) ».

+ Exercice 4. SoitEun ensemble etR une relation de préordre surE.

(a)Montrer que la relationR0 définie parxR0ysi et seulement sixRyyRxest une relation d’équivalence surE.

(b)dans le cas oùE=Zet oùxRy signifie «xdivisey», déterminer les classes d’équivalences pourR0. (c)Même question en remplaçantZpar l’anneau des polynômes R[X].

+ Exercice 5. Soitf :XY une application.

(a)Montrer que la relation définie parxf y si et seulement si f(x) =f(y) est une relation d’équivalence surX.

Soitg:YX une fonction telle quefgsoit l’application identique deY.

(b)Montrer que dans chaque classe d’équivalence de∼f il existe un et un seul élément de l’image deg.

+ Exercice 6. On noteP(X)l’ensemble des parties deX et on noteYX l’ensemble des applications de X versY.

(2)

(a)SoientX et Y deux ensembles. Montrer que l’application P(X×Y) γ //P(Y)X

A //(x7→ {y∈Y |(x, y)∈A}) et une bijection (donner une formule explicite pourγ−1).

(b)En déduire une bijection (explicite) entreP(Y)X etP(X)Y.

On suppose maintenant queX =Y et que Aest le graphe d’une relation d’équivalence surX.

(c)Montrer que l’image deAparγest la composition de la projection canonique deX sur son quotient par la relation de grapheA, avec l’inclusion canonique de ce quotient dansP(X).

+Exercice 7. Soientf, g:XY deux applications. Soitπ:YZune application telle queπf =πg et telle que pour tout ensembleU et toute applicationϕ:YU telle queϕf =ϕg, il existe une unique applicationϕ:ZU telle queϕπ=ϕ.

(a)Montrer que siu, v:ZU sont deux applications telles que uπ=vπ, alorsu=v.

(b)En déduire queπest surjective.

On appelle « chaîne » toute suite finie (y1, . . . , yk)d’éléments de Y, telle que pour toute paire d’éléments successifs(yi, yi+1)de cette suite, il existexX tel quef(x) =yig(x) =yi+1oug(x) =yif(x) =yi+1. (c) Montrer que la relation (qu’on notera') entre éléments Y : « être éléments d’une même chaîne » est une relation d’équivalence surY.

(d)Montrer que'est la même relation que la relation∼πdéfinie paryπ y0 si et seulement siπ(y) =π(y0).

(3)

U2LG35 L3 Algèbre 2014-2015 Université Paris-Diderot Solutions des exercices pour la semaine 1.

+ Exercice 1.

+ Exercice 2.

+Exercice 3. (a)La composition des applications est associative et l’application identiqueN→Nen est l’élément neutre. Ce n’est généralement car seules les applications bijectives sont inversibles dans ce monoïde.

(b)Soitf :N→Nune application surjective non injective, par exemple l’application définie par f(x) =

x/2 sixest pair

(x−1)/2 sinon

Soient g et g0 les applications définies par g(x) = 2x et g0(x) = 2x+ 1. On a f(g(x)) = (2x)/2 = x et f(g0(x)) = (2x+ 1−1)/2 =x. Ainsi,g etg0 sont deux inverses à droite distincts def.

Symétriquement, soitf l’application définie par f(x) = 2x. Alors toute application qui envoie les nombres pairs sur leur moitié et les autres n’importe où, est un inverse à gauche def.

(c)Soity un inverse à droite dex. On a doncxy= 1. Considérons l’applicationz7→zxdeM versM. Cette application est injective, car sizx=ux, on azxy=uxy, et doncz=u. CommeM est fini, elle est bijective, et il existe donc un uniquezM tel quezx= 1. xa donc un inverse à gauche qui est de plus unique.

(d)Sixa un inverse à droite, il a un unique inverse à gauche d’après la question précédente, donc un unique inverse à droite d’après la symétrique de la question précédente (qui est bien sûr aussi valable).

+ Exercice 4.

+ Exercice 5.

+ Exercice 6. (a)Pour toutf ∈P(Y)X, posonsδ(f) ={(x, y)∈X×Y |yf(x)}. On a : δ(γ(A)) = δ(x7→ {y∈Y |(x, y)∈A})

= {(x, y)∈X×Y | y∈ {y∈Y |(x, y)∈A}}

= {(x, y)∈X×Y | (x, y)∈A}

= A

γ(δ(f)) = γ({(x, y)X×Y |yf(x)})

= x7→ {y∈Y |(x, y)∈ {(x, y)∈X×Y |yf(x)}}

= x7→ {y∈Y |yf(x)}

= x7→f(x)

= f

(b)Commeσ= ((x, y)7→(y, x)) est une bijection deX×Y versY ×X, on dispose des bijections : P(Y)X δ //P(X×Y) σ //P(Y ×X) γ //P(X)Y

où pour tout A ∈ P(X ×Y), σ(A) est l’image directe de A par σ (vérifier que σ est bien bijective en exhibant son inverse). Précisément, on a σ(A) ={(y, x)∈ Y ×X | (x, y) ∈A}. On a donc des formules epxlicites pour toutes ces bijections, et en les composant on obtient la bijection suivante de P(Y)X vers P(X)Y :

f 7→(y7→ {x∈X |yf(x)})

(c)La projection deX sur son quotient par la relation d’équivalence de grapheAest donnée parx7→ {y∈ X |(x, y)∈A}. Notez que la classe d’équivalence{y∈X |(x, y)∈A} est un élément deP(X) et que son image par l’inclusion canonique du quotient dans P(X) est encore {y ∈X | (x, y)∈A}. Or l’image deA parγest justementx7→ {y∈X | (x, y)∈A}.

+ Exercice 7. (a) On auπf =uπg. Il existe donc une unique applicationϕ:ZU telle que ϕπ=uπ. Par unicité deϕ, on au=ϕ. Commeuπ=vπ, on obtient le mêmeϕen raisonnant avec v au lieu deu. On a doncu=ϕ=v.

(4)

(b) Supposons qu’un élément zZ ne soit pas dans l’image de π. Soit B = {0,1} un ensemble à deux éléments. Posonsu(z) = 0,v(z) = 1 etu(z0) =v(z0) = 0 pour tout z0 distinct dez. On a alorsuπ=vπ, doncu=v d’après la question précédente, ce qui est contradictoire.

(c)La relation'est clairement reflexive et symétrique. Il reste à voir qu’elle est transitive. Supposons donc que x ' y et y ' z. Il suffit d’aller de x à z en changeant de chaîne en y (comme quand on prend une corespondance dans le métro !). Noter l’importance de la condition symétrique f(x) =yig(x) =yi+1 ou g(x) =yi∧f(x) =yi+1dans l’énoncé qui fait que le parcours ainsi obtenu est encore une chaîne (les maillons des chaînes ne sont pas orientés).

(d)Supposons d’abord quex'y. Il existe donc une chaîne (y1, . . . , yk) telle quex=y1 ety=yk. On doit montrer queπ(x) =π(y). On raisonne par récurrence sur k (qui vaut au moins 1). Si k = 1, alorsx =y et π(x) =π(y). Sik = 2, il existeuX tel quef(u) =xg(u) =y oug(u) =xf(u) =y. On a alors π(x) =π(y) carπf =πg. Enfin, sik≥3, il existe un élémentzdans la chaîne (y1, . . . , yk) distinct dex et dey. On a alors π(x) =π(z) etπ(z) =π(y) par hypothèse de récurrence.

Réciproquement, soitp:YY /'la projection canonique. Comme, pour toutuX,f(u) etg(u) sont liés par', on apf =pg. Il existe donc une unique applicationϕ:ZY /'telle queϕπ=p. Supposons queπ(x) =π(y). On doit montrer quex'y. On aϕ(π(x)) =ϕ(π(y)), doncp(x) =p(y), doncx'y.

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