Chapitre 3 Matrices
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20 CHAPITRE 3. MATRICES
3.1 Op´ erations sur les matrices
3.1.1 G´ en´ eralit´ es
D´ efinition. Soient p, n ≥ 1 des entiers, une matrice p × n est un tableau de nombres avec p lignes et n colonnes : A = (a
ij) =
a
11a
12· · · a
1n... ... ...
a
p1a
p2· · · a
pn
.
L’ensemble des matrices d´ecrites ci-dessus (i.e. matrices `a p lignes et n co- lonnes) sera not´e M
p,n( K ). L’ensemble des matrices carr´ees sera not´e M
n( K ).
Exemples : matrices 2 × 3.. a
21=..., vecteurs colonnes, vecteurs lignes...
D´ efinition. On dit que 2 matrices A et B sont ´egales ssi a
ij= b
ij. Si A et B sont deux matrices de M
p,n( K ), on d´efinit la somme A + B = (a
ij+ b
ij) et le produit par un scalaire λA = (λa
ij).
Exemples :...
Th´ eor` eme. L’ensemble M
p,n( K ) muni des deux lois que l’on vient de d´efinir est un espace vectoriel.
Une base de cet espace vectoriel est donn´ee par la famille (E
ij)
(i,j)∈[1,p]×[1,n]o` u la matrice E
ijest la matrice qui ne comporte que des 0 et un unique 1 `a l’intersection de la i
emeligne et de la j
iemecolonne.
On obtient alors dim M
p,n( K ) = np.
D´ efinition. (Produit matriciel) Si A ∈ M
q,p( K ), B ∈ M
p,n( K ) on d´efinit le produit C = A · B ∈ M
q,n( K ) par
c
ij= '
pk=1
a
ikb
k,j.
Pr´esentation pratique :
( b
kj↓ )
* a
ik→ +
(c
ij)
Remarque : attention au taille des matrices. Le produit n’est d´efini que si le nombre de colonne de A est ´egal au nombre de la ligne de B ! ! !
Exemples :...
Proposition. Les op´erations sur les matrices v´erifient les r`egles suivantes :
1. (distributivit´e) A(B + C) = AB + AC et (A + B)C = AC + BC 2. (associativit´e) (AB)C = A(BC)
3. (compatibilit´e) α(AB) = (αA)B = A(αB).
Exemples : matrices nulle et identit´e.
D´ efinition.
(i) (a
ij) est une matrice triangulaire sup´erieure ssi i > j ⇒ a
ij= 0, i.e.A =
, . .. ∗ 0 . ..
- .
(ii) (a
ij) est une matrice triangulaire inf´erieure ssi i < j ⇒ a
ij= 0, i.e.A =
, . .. 0
∗ . ..
- .
Proposition. L’ensemble des matrices triangulaires sup´erieures est une sous- alg`ebre de M
n( K ) (en particulier, le produit de matrices triangulaires su- p´erieures est triangulaire sup´erieure). Il en est de mˆeme pour les matrices triangulaires inf´erieures.
Exercice : montrer la proposition pr´ec´edente.
D´ efinition. Si A ∈ M
p,n( K ), on d´efinit A
#∈ M
n,p( K ), matrice transpos´ee de A par a
#ij= a
ji. Elle sera not´ee par A
Tou
tA.
Proposition. L’application transpos´ee : A (→ A
Test un isomorphisme de M
p,n( K ) sur M
n,p( K ), i.e. :
(A + B)
T= A
T+ B
Tet (λA)
T= λA
T.
C’est de plus une pseudo-involution (son carr´e est l’identit´e : (A
T)
T= A).
Proposition. (AB)
T= B
TA
T.
Exercice : montrer les deux propositions pr´ec´edentes.
Remarque : Si X et Y sont des matrices unicolonnes `a n lignes, le produit matriciel Y
TX = .
ni=1
y
ix
irepr´esente en fait le produit scalaire entre X et Y .
D´ efinition. Dans M
n( K ), A est sym´etrique ssi A
T= A et A est anti-
sym´etrique ssi A
T= − A
22 CHAPITRE 3. MATRICES
Proposition. On a M
n( K ) = S
n⊕ A
n, o` u S
nd´esigne l’ensemble des ma- trices sym´etriques et A
nd´esigne l’ensemble des matrices anti-sym´etriques.
Exercices : (i) Si A =
α 1 0 0
0 α 0 0
0 0 β 1
0 0 1 β
et B =
α 0 0 0
1 α 0 0
0 0 β 0
0 0 1 β
, calculer A
2, ABA et B
3.
(ii) Si M =
* 1 2 0 1 +
et N = M
Talors prouver que M
αN
β= I
2o` u (α, β) ∈ Z
2implique α = β = 0.
3.1.2 Syst` eme d’´ equations et inversion de matrice
D´ efinition. Soit M ∈ M
n( K ). On dit que M est inversible ssi il existe N ∈ M
n( K ) tel que M N = N M = I
n. On note alors N = M
−1.
Th´ eor` eme. L’ensemble des matrices carr´ees d’ordre n sur K inversible est un groupe pour la multiplication des matrices.
Cet ensemble est not´e GL
n( K ).
Les matrices permettent de compacter des formules et donc de manipuler de fa¸con plus efficace. Consid´erons un syst`eme d’´equation du type
a
11x
1+ . . . + a
1nx
n= b
1. . .
a
p1x
1+ . . . + a
pnx
n= b
pOn peut r´e´ecrire un tel syst`eme sous forme de matrice en posant :
A := (a
ij, X :=
x
1...
x
n
et b :=
b
1...
b
p
et le syst`eme est alors ´equivalent `a :
AX = b.
Un int´erˆet clair du calcul de l’inverse d’une matrice (quand il existe) est
la r´esolution de ce syst`eme lin´eaire. En effet, si A est inversible, la solution
de AX = b est donc X = A
−1b.
Remarque : Calcul pratique de M
−1. Soit M ∈ M
n( K ), on prend x et y des vecteurs dans K
ntels que M x = y. On r´esout alors n ´equations
`a n inconnues (x
1, x
2, . . . , x
n) pour trouver x en fonction de y (par pivot de Gauss). On trouve alors une matrice N telle que N y = x et nous avons alors M
−1= N .
Exercice : si M =
0 1 1 1 0 1 1 1 0
, calculer M
−1.
3.2 Matrices et applications lin´ eaires
3.2.1 Repr´ esentation matricielle
La repr´esentation matricielle n’est pas canonique, elle d´epend des bases choisies.
– Syst`emes de vecteurs : si x
j= .
pi=1
a
ije
i, alors A = (a
ij) est la matrice des vecteurs (x
j) dans la base des (e
i) (on ´ecrit les composantes des vecteurs x
jdans chaque colonne).
– Application lin´eaire : si f(e
j) = .
pi=1
a
ije
#io` u (e
j) est une base de E, (e
#i) est une base de F, alors A est la matrice de f dans les bases (e
j) et (e
#i) que l’on peut ´ecrire M (f, (e
j), (e
#i)).
– Traduction de y = f(x), o` u y ∈ F , x ∈ E, f ∈ L
K(E, F ), les bases de E et F ´etant choisies, on peut ´ecrire Y = AX avec A = M(f, (e
j), (e
#i)), Y = M (y, (e
#i)) et X = M (x, (e
j)).
Proposition. L’application f ∈ L (E, F ) (→ M (f, (e
j), (e
#i)) ∈ M
p,n( K ) est un isomorphisme.
Th´ eor` eme. M (f ) est inversible ssi f ∈ GL (E) et M (f
−1) = M (f )
−1. En g´en´eral, M (f ◦ g) = M(f ) · M(g).
Application : une matrice est inversible ssi la famille des vecteurs co- lonnes (ou vecteurs lignes) est libre.
3.2.2 Changement de base
D´ efinition. Si ε
j= .
ni=1