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Submitted on 1 Jan 1964
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Rotation des spins dans le cobalt hexagonal
E.F. Bertaut, A. Delapalme, R. Pauthenet
To cite this version:
E.F. Bertaut, A. Delapalme, R. Pauthenet. Rotation des spins dans le cobalt hexagonal. Journal de Physique, 1964, 25 (5), pp.610-614. �10.1051/jphys:01964002505061000�. �jpa-00205838�
ROTATION DES SPINS DANS LE COBALT HEXAGONAL Par E. F.
BERTAUT,
A. DELAPALME et R. PAUTHENETCentre d’Études Nucléaires de Grenoble,
Laboratoire d’Électrostatique et de Physique du Métal, Grenoble.
Résumé. 2014 La rotation des spins due principalement à la variation thermique des constantes
d’anisotropie K1 et K2, et la nature multidomaine thermiquement induite dans le Co hexagonal
sont vérifiées directement par diffraction neutronique.
Abstract. 2014 The rotation of spins due to the thermal variation of the anisotropy constants K1 and K2, and the poly-domain structure, thermally induced in hexagonal cobalt are directly
checked by neutron diffraction.
25, 1964,
Rappel de
propriétés
magnétiques. -L’énergie magnétique W
d’unesphère
monocristalline de cobalt dans unchamp magnétique
H,appliqué perpendiculairement
àl’axe c,
est la somme detrois termes Wh (1), WH (2), Wd
(3) représentant respectivement l’énergie d’anisotropie, l’énergie
dueau
champ H
et enfinl’énergie
due auchamp
déma-gnétisant
Ici Js est l’aimantation à saturation; n =
41t 13
pour une
sphère
et 0 estl’angle
entre JS et l’axe c.La
position d’équilibre
est alors donnée par la conditionNotons
la composante de Js
parallèle
auchamp appliqué, quantité qui
est mesuréeexpérimentalement.
In-troduisant Jjj dans la condition (5), on peut écrire
celle-ci sous la f orme (7) de sorte que tracée
en fonction de
J~
est une droite dont l’ordonnée àl’origine
est (n + et dont la pente est4K2/J4s.
Cette méthode élégante
[1]
[2] a servi à mesurerles coefficients
d’anisotropie .K1
etK 2
en fonctionde la température.
En absence de
champ
extérieur, Wx doit êtreminimum et sous réserve que sin2 0 existe, on
a alors, en négligeant Kq
Connaissant
Ki
etK2
en fonction de latempé-
rature T, on peut donc calculer sin2 0 selon (8).
La courbe
correspondante
est représentée dans lafigure
3(courbe
en trait fin).J5 tourne d’une direction
parallèle
à l’axe c versle
plan perpendiculaire
à clorsque
latempérature
varie de 519 oK à 603 oK.
Les valeurs de
Ki, K2,
Js et sin2 0 sont résu-mées dans le tableau 1
[3].
,TABLEAU 1
(1) Valeurs prises dans [3].
(2) Extrapolées.
Mesure par diffraction neutronique. -
Principe :
En diffraction
neutronique,
le facteurd’anisotropie q2
= sin2 ccqui
entre dansl’expression
de l’inten- sité permet d’atteindre directement la variation del’angle
0 en fonction de la température. a estl’angle
entre la direction desspins
et le vecteur dediffusion.
Lorsque
la réflection est(0002)
le vecteurde diffusion est
parallèle
à c et on a directementde sorte que dans l’intervalle de température in-
diqué
sin2 a varie de 0 à 1.Pour (1010) on a
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01964002505061000
611
où cp est
l’angle
entre[1010]
et laprojection
de J.sur le
plan
(0001). La théorie desphases
des do-maines élémentaires de Néel [4]
exige qu’il
y aitau moins 6 domaines
magnétiques,
lesspins
dechaque
domaine restantalignés,
leurs directions étant sur un coned’angle
0.Remarquons
ici que la moyenne de cos2 p sur troisangles
y, = cp ; Y2 == (p + 2~/3 ; y3 =P - 21t /3
fournitdéjà 1.~2.
On aura donc ici
Donc pour des raies telles que
(1010)
et(1120)
sin2 a > ne pourra varier que de 1 à
1 ~2.
FIG. 1. - Four à monocristal.
1) Thermocouple. - 2) Four et enroulement. -
3) Masselotte chauffante. - 4) Récipient. - 5) Bille de
cobalt. - 6) Pièces de centrage. - 7) Ecran thermique. - 8) Isolant. - 9) Support et ailettes de refroidissement.
La
figure
1 représenteschématiquement
le fourutilisé dans cette expérience. La bille est mise dans
le
récipient
4 entre les deuxpièces
de centrage 6.Elle peut
jouer
librement. Ensuite, l’ensemble durécipient
est mis à la température ambiante dansun
champ magnétique
de 9 000 Oe sous l’effetduquel
la bille s’oriente, l’axe cparallèle
auchamp.
A l’aide d’une vis, on
rapproche
alors lespièces
de centragequi bloquent
la bille dans laposition prise.
Lapièce
de centragesupérieure prend
con-tact avec la bille selon un petit cercle, tandis que la
pièce
de centrage inférieure agit sur unpoint.
Le
récipient
est alorspris
entre deux masselottes chauffées par conduction ; un écranthermique
autour du four permet de réduire le gradient
thermique
et lesperturbations
de température par convection.Le dessin est à l’échelle 1 et la section du faisceau de neutrons
thermiques
est de 1 X 1 cm2. Lestempératures
données par lethermocouple
sontlues à ± 30
près.
Le cristal est
positionné
au maximum de l’in- tensité de Bragg, lue à -1-- l.’ près. Ensuite onmaintient le cristal à une
température
donnée etl’on
enregistre
le nombre de neutrons grâce à undispositif
monitoriséqui
rend le comptage indé- pendant des fluctuations de lapile.
On mesure pourchaque température
le nombre de coupscomptés
dans le fond continu.
Les
principales
sources d’erreur que l’on ren- contre dans l’utilisation des mesures sont : l’incer- titude sur la valeur du facteur de formef
et leseffets d’extinctions
primaires
et sedondaires. Selon Nathans et Paoletti [5], on aces réflections étant affectées par les
phénomènes
d’extinction
plus
fortement que(1120)
oùf 2(1120)
=0,137 ± 0,003.
Nos valeurs,
légèrement
inférieures pour(1010)
et(0002)
ont été déduites de l’étude depoudres d’alliages hexagonaux
de Co[6],
mais se trouventà l’intérieur de l’intervalle d’erreur de
[5].
L’extinction
primaire
affecte engénéral
lescristaux
parfaits.
Elle diminue l’intensité magné-tique
Implus
que l’intensité nucléaire IN [7]. Orl’opération
de taille du cristal sous forme d’unesphère
de3,9
mm induit une structure mosaïquede sorte que l’on peut considérer le cristal comme
idéalement
imparfait.
En cequi
concerne l’extinc-tion
secondaire,
lepouvoir
réflecteur R d’un cristal estproportionnel
à où 1 est letrajet
du rayon dans le cristal, -1 la déviation type en radians del’orientation des blocs de mosaïque, oc un para- mètre variant entre 1/2 et 1 (cas du cristal
« mince ».) Enfin
Q
est laquantité
Le critère du cristal « mince »
(c’est-à-dire
d = 1à 5
%
près) est selon Bacon [8]Dans notre
expérience
le diamètre D = 0,39 cm ;~
X 103 = 0,8 ; 3 et 2 respectivement pour les réflections(1010)
(0002) et(1120)
pourlesquelles
on observe 1 certainement supérieur à 14’, 60’ et
14’
respectivement.
On vérifie aisément que la condition ci-dessus est largement satisfaite. Nous admettrons donc que a = 1 et que les formules suivantes de la théoriecinématique
de diffraction sontapplicables
Ici 0B est
l’angle
de Bragg,exp-2W
est le facteurde
Debye-Waller
[9] évalué pour une températurede
Debye
Ça = 385 OK, b(Co) = 0,25 X 10-12 cmest la
longueur
de Fermi de Co. S est lespin dépen-
dant lui-même de la température. C est une cons-
tante ne
dépendant
que de l’angle de Bragg.Dans une
première
séried’expériences
nousavons étudié les intensités diffractées aux tempé-
ratures de 240 ~C et 340 OC
auxquelles
les aiman- tations se trouventrespectivement
selon l’axe cet
perpendiculairement
à c.Les intensités observées sont
exprimées
ennombre de coups pour les réflections étudiées
(cf.
tableau II). Pour une réflection donnée les conditionsgéométriques
ont étéidentiques
auxdeux températures
(mais
ne sont pascomparables
TABLEAU II
(a) Signifie à 340 OC.
(b) Signifie à 240 OC.
d’une réflection à l’autre). Les variations d’inten- sité sont tout à fait
remarquables.
Les rapportsd’intensité calculés selon
(14)
à l’aide des données du tableau II sont en bon accord avec les rapports,observés dans la rotation des
spins.
Dans une deuxième série
d’expériences,
nousavons étudié les intensités au maximum de ré- flexion dans tout l’intervalle de
température
de220 ~C à 340 ~C. Les résultats sont
représentés graphiquement
dans lesfigures 2a),
b), c). Dans letableau III sont
marqués
les nombres de neutronscomptés (au-dessus
du fondcontinu)
pour la TABLEAU IIINotations : Nec = nombre de neutrons comptés.
x = 2IV (cf. formule (14) du texte).
- sin2 = valeurs ajustés à l’intervalle 0 à 1 de sin2 0.
sin2 01 = valeurs déduites de mesures absolues avec f2 = 0,577.
613
c
FIG. 2a), b), c). -- Intensité des réflexions (1010) (0002)
et (1120) en fonction de la température.
réflexion
(0002),
les mêmes nombrescorrigés
dufacteur de
Debye- BB1 aller,
l’intensitémagnétique,
obtenue en retranchant l’intensité nucléaire à
213 °C,
en nombre de coups.Négligeant
la variationde S2
qui
est de 3°10
environ, nous avonsajusté
la courbe de sin2 0 (courbe en trait
plein
fig. 3)de sorte
qu’à
213 °K 0 = 0 etqu’à
340 °C 0 = 7t 12Fie. 3. - Sin2 0 en fonction de la température T. Courbe +
en trait plein sin2 0, ajusté à l’intervalle de variation 0 à 1, selon les mesures d’intensité de diffraction de la réflexion (0002) ; courbe ~ - - déduite des mesures
absolues (non corrigées d’extinction) avec J2 = 0,577 ; courbe 0 en trait fin, déduite de mesures magnétiques.
Les points que l’on peut déduire des réflexions (1010)
et (1120) se placent d’une manière satisfaisante sur la courbe +.
Notons que ce
rajustement
estindépendant
detoute
hypothèse
sur le facteur de formef .
La por- tion droiteextrapolée
de la courbe (en trait fin)coupe l’axe des
températures
à 246 ~C(519
oK)comme d’ailleurs aussi la courbe de sin2 0 déduite des mesures
magnétiques
de.K1
et deK2.
Nous avons d’autre part évalué les intensités
magnétiques
dans l’échelle absolue, tenant comptede la variation de S2 et
adoptant
la valeur f 2 = 0,577. Les valeurscorrespondantes
de sin2 01sont portées dans la dernière colonne du tableau III La courbe de sin2 01, tracée en
pointillée,
ne couvreplus
l’intervalle de variation de 0 à 1 de sin2 0.Cela est dû
principalement
à l’extinction primairedont la correction tendrait à rapprocher la courbe
--- de celle
en trait plein. (Avec /2(0002)=:0,62
[5], la courbe de sin2 0 serait encoreplus
rappro- chée de la courbe déduite des mesuresmagnétiques,
mais la valeur de sin2 0max n’atteindrait que 0,86.)
Le fait que sin2 0, mesuré par diffraction neu-
614
tronique,
soitsystématiquement plus
élevé queSin2 0 mesuré
magnétiquement,
ainsi que la pré-sence de
portions
arrondies peuvent avoir commecause commune l’influence de termes d’aniso-
tropie
d’ordresupérieur
à quatre,négligée
dansl’étude
magnétique.
Un termesupplémentaire K 3
sin6 0 dansl’énergie d’anisotropie
W K(1)
setraduirait par une
légère
courbure dans la repré-sentation de HIJ[J en fonction de et aurait pour effect
d’ajouter
à sin2 0, formule (8), unterme correctif égal à (3 /8) .~i
Nous nous proposons de répéter les mêmes
mesures sur un échantillon fritté de
poudre
decobalt
hexagonal.
RÉFÉRENCES [1] SUCKSMITH (W.) et THOMPSON (J. E.), Proc. Roy. Soc.,
London, 1954, 225, 362.
[2] PAUTHENET (R.), BARNIER (Y.) et RIMET (G.), J. Phys.
Soc., Japan, 1962, 17, Suppl. BI, 309, cf. BARNIER
(Y.), PAUTHENET (R.) et RIMET (G.), Cobalt (Centre
d’Information du Cobalt, Bruxelles, Belgique), 1962, 15, 1.
[3] BARNIER (Y.), Thèse, Grenoble, 1963.
[4] NÉEL (L.), J. Physique Rad., 1944, 5, 241.
[5] NATHANS (R.) et PAOLETTI (A.), Phys. Rev. Letters, 1959, 2, 254.
[6] LEMAIRE (R.) et SCHWEIZER (J.), Non publié.
[7] HAMILTON (W.), Acta Cryst., 1958, 11, 585.
[8] BACON (G. E.), Neutron Diffraction, Oxford, Clarendon Press, 1955.
[9] KASPER (J. S.) et LONDSDALE (K.), Tables Interna-
tionales de Cristallographie, vol. II, The Kynoch Press, Birmingham, Angleterre, 1959.
STRUCTURE
MAGNÉTIQUE
DES COMPOSÉS RIr2 2014 TERRES RARES 2014 IRIDIUM Par G. P. FELCHER et W. C. KOEHLER,Oak Ridge National Laboratory, Oak Ridge, Tennessee.
Résumé. - Des mesures par diffraction neutronique des phases ferromagnétiques et cubiques
de Laves Tb Ir2 et Ho Ir2 confirment les faibles moments moléculaires déduits de mesures magné- tiques. Un blocage partiel du moment orbital angulaire des atomes de terre rare est probable.
L’amplitude de diffusion cohérente de Ir a été déterminée. Elle est de (1,00 ± 0,02) 10-12 cm.
Abstract. 2014 Neutron diffraction measurements on the cubic ferromagnetic Laves phases
Tb Ir2 and Ho Ir2 confirm the low molecular moments deduced from magnetic measurements.
Partial quenching of the orbital angular momentum of the rare-earth atoms is indicated. The coherent scattering amplitude of Ir was determined to be (1,00 ± 0,02) 10-12 cm.
LE JOURNAL DE PHYSIQUE TOME 25, MAI 1964,
Les métaux des terres rares forment avec l’iri- dium des
composés
de formule RIr2 qui
ont unestructure
[1]
du typeMgCU2 (phase cubique
de Laves). Les mesuresmagnétiques
sur certains composés de cette série [1, 2] ont montréqu’ils
étaient
ferromagnétiques
avec unpoint
de Curieallant de 88 OK pour Gd
Ir2
à 1 OK pour Tmlr2.
Ces mesures donnent des valeurs du moment
magnétique
de la molécule RIr2 plus
petites que celles calculées pour des terres rares trivalentes.Les résultats par diffraction
neutronique
de deux composés de cette série Tb Ir2 et HoIr2
montrentqu’ils
ont une structureferromagnétique
avec desmoments de 7,5 + 0,2 et 7,2 -~-
0,3
respec- tivement pour Tb et Ho. Ces résultats sont enaccord avec les mesures
magnétiques
de Bozorth[2].
Des mesures pardiffraction,
nous avons déduitune limite
supérieure
de 0,25 ~B pour le moment de Ir.La confrontation des mesures
magnétiques
etdes mesures aux neutrons permet d’exclure toute
configuration ferrimagnétique
etd’expliquer
lesfaibles moments par l’effet du
champ
cristallinsur les atomes de terres rares.
Nous avons obtenu une
amplitude
de diffusion cohérente pour l’iridium debIr = (1,00 -~- 0,2) 10-~2 cm.
Le texte complet paraitra dans
Physical
Revt’ew [3].RÉFÉRENCES ’
[1] COMPTON (V. B.) et MATTHIAS (B. T.), Acta Cryst., 1959, 12, 651.
[2] BOZORTH, MATTHIAS, SUHL, CORENZIVITI et DAVIS, Phys. Rev., 1959, 115, 1595.
[3] FELCHER (G. P.) et KOEHLER (W. C.), Phys. Rev. 1963, 131, 1518.