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Partie I. Convergences.

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Texte intégral

(1)

MPSI B 29 juin 2019

Énoncé

Ce texte porte sur une série convergente pour laquelle on dispose à la fois d'une ex- pression exacte simple de la somme et d'un algorithme ecace permettant de calculer le développement hexadécimal (en base 16) de cette somme (formule de S. Ploue 1997).

On considère la série(Pxn16−n)n∈

N avec :

∀n∈N, xn = 4

8n+ 1− 2

8n+ 4− 1

8n+ 5− 1 8n+ 6. Les premières valeurs dexn sont

x0= 47

15, x1= 106

819, x2= 829 19635

Partie I. Convergences.

1. Montrer que(Pxn16−n)n∈

Nest une série à termes positifs convergente.

On notessa somme,sn la somme partielle et εn le reste à l'ordren:

∀n∈N, s=snn, sn=

n

X

k=0

xk16−k.

2. Montrer que

∀n∈N, 0< εn<16−(n+1).

Partie II. Développements hexadécimaux.

Soit x ∈ R et n ∈ N. On note an(x)l'approximation hexadécimale par défaut de xà l'ordren:

x=an(x) +bn(x)avecan∈Z×16−n et 0≤bn(x)<16−n 1. On suppose qu'il existeuet vdansN tels quex=uv.

a. Exprimeran(x)etbn(x)en fonction du quotientqn et du restern de la division de16nuparv.

b. Exprimer, en fonction deqn(x), le coecient de 16−n dans le développement de xen base 16.

c. Exprimer, en fonction dern(x), le coecient de 16−(n+1)dans le développement dexen base 16.

2. Former la suite des restes des divisions de16n×47par15. En déduire le développement hexadécimal dex0.

3. Les divisions suivantes sont données :

16×106 = 2×819 + 58, 16×58 = 1×819 + 109, 16×829 = 13264 a. Former un tableau donnant les coecients de16−n (avecn∈J0,4K) des dévelop-

pements hexadécimaux dex016−0,x116−1,x216−22 en plaçant un ? pour les coecients que vous ne pouvez pas calculer facilement.

b. Quel développement hexadécimal despeut-on en déduire ?

4. Écrire à l'aide de puissances de 16 l'encadrement de s correspondant à la question précédente. En déduire une approximation décimale des.

Partie III. Calculs formels de sommes.

Dans cette partie,creprésente un réel de]0,1[etl un entier naturel.

1. a. Calculer Rc

0 t8n+ldt. Comment doit-on choisir c pour faire apparaitre les suites gurant dans16−nxn?

b. Montrer la convergence de la série

X c8n+l+1 8n+l+ 1

n∈N

.

2. Expression des sommes élémentaires.

a. Montrer que

∀c∈]0,1[, ∀t∈[0, c], t8

1−t8 ≤ c8 1−c8 b. Montrer que

∀t∈[0, c],∀n∈N,

tl 1−t8

n

X

i=0

t8i+l

≤ c8n+8+l 1−c8

c. En déduire

+∞

X

i=0

c8i+l+1 8i+l+ 1 =

Z c 0

tl 1−t8dt

Cette création est mise à disposition selon le Contrat

Paternité-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France disponible en ligne http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/fr/

1 Rémy Nicolai Aploue

(2)

MPSI B 29 juin 2019

3. Montrer que

s= Z 12

0

8t5+ 4√

2t4+ 8t3−4√ 2

t8−1 dt

4. Quelles sont les racines complexes du polynômeX8−1? En déduire sa factorisation dansR[X]. On admet

8X5+ 4√

2X4+ 8X3−4√

2 = 8(X2+ 1)(X2+√

2X+ 1)(X− 1

√2)

En déduire une nouvelle expression descomme une intégrale simpliée entre0 et1. 5. Déterminer les réelsα,β, γ,δtels que

16 X−1

(X2−2X+ 2)(X2−2) = αX+β

X2−2X+ 2 +γX+δ 2−X2 6. En déduires.

Corrigé

Partie I. Convergence.

1. La série(P

xn16−n)n∈Nest à termes positifs car 1

8n+ 5 < 1 8n+ 4 1

8n+ 6 < 1 8n+ 4





⇒xn>4 1

8n+ 1− 1 8n+ 4

>0.

Elle est convergente car

∀n∈N, xn16−n < 4

8n+ 116−n< 4

8n16−n= 1

2n16−(n)<

1 16

n

qui est le terme général d'une série géométrique convergente.

2. La minoration 0 < rn vient de ce que la série est à terme positif. Majorons comme dans la question précédente :

∀k > n, xk16−k≤ 1

2(n+ 1)16−k. On en déduit

∀m > n,

m

X

k=n+1

xk16−k ≤16−(n+1) n+ 1

1 + 16−1+· · ·+ 16−(m−n−1)

≤ 16−(n+1) n+ 1

1

1−161 = 16

15(n+ 1)16−(n+1)<16−(n+1). On peut noter que l'on a un peu gaspillé le terme enn+ 1 du dénominateur. En fait le reste est négligeable devant2−4n.

Partie II. Développements hexadécimaux.

1. a. Écrivons la division euclidienne, divisons parq puis multiplions par16−n 16nu=qnv+rn avec0≤rn< q⇒16nx=qn+rn

q avec0≤rn

q <1

⇒x= 16−nqn+ 16−nrn

q avec0≤16−nrn

q <16−n.

Cette création est mise à disposition selon le Contrat

Paternité-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 2.0 France disponible en ligne http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/fr/

2 Rémy Nicolai Aploue

(3)

MPSI B 29 juin 2019

On en déduit

an(x) = 16−nqn, bn(x) =16−nrn

q .

b. D'après la question a., le coecient de16−n dans le développement de xest le reste modulo16deqn.

c. D'après la question a., le coecient de16−(n+1)dans le développement de xest le quotient de la division parqde16×qn.

2. Comme47 est congru à2 modulo15 et 16congru à 1 modulo15, la suite des restes modulo15de16n×47est constante égale à2. La même division 16×2 = 2×15 + 2 se repète. Le développement hexadécimal dex0 ne contient que des2 sauf le premier coecient égal à3.

3. a. D'après la question 2., la première ligne du tableau ne contient que des2. Les deux premières divisions nous donnent

x1= 2×16−1+ 58

819 ×16−1= 2×16−1+ 1×16−2+109

819×16−2. On en déduit la deuxième ligne.

Comme16×829<19635, on ax2<16−1donc la troisième ligne commence par quatre0. La troisième ligne également à cause de la question I.2.ε2<16−3.

n 0 1 2 3 4

x0 3 2 2 2 2

x116−1 0 0 2 1 ? x216−2 0 0 0 0 ?

ε2 0 0 0 0 ?

b. Dans le tableau précédent, il manque trois valeurs dans la dernière colonne. Il est possible qu'une retenue soit nécessaire mais même avec une retenue (la plus grande possible est2), la somme des termes de la colonnen= 3sera strictement plus petite que 16. On en déduit que les colonnes précédentes fournissent un développement correct.

Le développement hexadécimal descommence par3.24 4. D'après la question précédente

3 + 2×16−1+ 4×16−2< s <2 + 2×16−1+ 5×16−2

⇔3 + 1 8+ 1

64 < s <3 +1 8 + 5

256

⇒3.13970< s <3.14454

Partie III. Calculs formels de sommes.

1. a. Il est évident que

Z c 0

t8n+ldt= c8n+l+1 8n+l+ 1. Pour faire apparaitre le16−n il faut choisir c= 1

2.

b. La série est à termes positifs, elle est majorée par une série géométrique conver- gente carc <1. Elle est donc convergente.

2. a. Comme les dénominateurs sont positifs, la diérence (droite - gauche) est du signe de

c8(1−t8)−t8(1−c8) =c8−t8>0cart < c.

On en déduit l'inégalité demandée.

b. On utilise la formule pour la somme des termes en progression géométrique

n

X

i=0

t8i+l=tk1−t8(n+1) 1−t8 ⇒ tl

1−t8

n

X

i=0

t8i+l= t8(n+1)+l 1−t8

tl 1−t8

n

X

i=0

t8i+l

≤c8n+l t8

1−t8 ≤ c8(n+1)+l 1−c8 .

c. Notons

θn(t) = tl 1−t8

n

X

i=0

t8i+l

de sorte que

tl 1−t8dt=

n

X

i=0

t8i+ln(t)

Intégrons entre0 etc :

Z c 0

tl 1−t8dt=

n

X

i=0

c8i+l+1 8i+k+ 1 +

Z n 0

θn(t)dt

De plus

Z n 0

θn(t)dt

≤ Z c

0

n(t)|dt≤c8(n+1)+l+1 1−c8 .

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3 Rémy Nicolai Aploue

(4)

MPSI B 29 juin 2019

Pour0< c <1xé, la suite ennà droite converge vers0. Comme on sait que la série converge, on obtient une valeur pour la somme

Z c 0

tl 1−t8dt=

+∞

X

i=0

c8i+l+1 8i+l+ 1. 3. Considéronsc=1

2 dans la relation précédente.

+∞

X

i=0

c8i+l+1 8i+l+ 1 =

1

√2

l+1 +∞

X

i=0

16−i 8i+l+ 1 On combine ces relations :

pourl= 0, on multiplie par4 pourl= 3, on multiplie par−2 pourl= 4, on multiplie par−1 pourl= 5, on multiplie par−1 On obtient

s= 4√ 2

Z 12

0

1

1−t8dt−8 Z 12

0

t3

1−t8dt−4√ 2

Z 12

0

t4

1−t8dt−8 Z 12

0

t5 1−t8dt

= Z 12

0

8t5+ 4√

2t4+ 8t3−4√ 2

t8−1 dt

4. Les racines deX8−1 sont les racines8-èmes de l'unité U8=

1,1 +i

√2 , i,−1 +i

√2 ,−1,−1−i

√2 ,−i,1 +i

√2

En regroupant les racines conjuguées, on obtient X8−1 = (X−1)(X+ 1)(X2+ 1)(X2+√

2X+ 1)(X2−√

2X+ 1).

La fraction dans l'intégrale se simplie donc par(X2+ 1)(X2+ 1)(X2+√

2X+ 1) : s=

Z 12

0

8(t−1

2) (t2−1)(t2−√

2t+ 1)dt On procède au changement de variablex=√

2t : s=

Z 1 0

8

2(x−1) (x22 −1)(x22 −x+ 1)

√dx 2 = 16

Z 1 0

x−1

(x2−2)(x2−2x+ 2)dx

5. La décompostion proposée découle d'une décomposition en éléments simples. On cal- cule les coecients en formant des équations. On multiplie parxet on va en ∞, on prend les valeurs en0 en1 et en−1.

















α−γ=0 β

2 +δ 2 =4 α+β+γ+δ=0

−α+β

5 −γ+δ=32 5 Après calculs, on trouveα=γ=−4, δ= 0et β= 8soit :

16 X−1

(X2−2X+ 2)(X2−2) = −4X+ 8

X2−2X+ 2 + −4X 2−X2 6. On met la fraction sous une forme plus commode à intégrer :

16 X−1

(X2−2X+ 2)(X2−2) =−2 2X−2

X2−2X+ 2+ 4 1

1 + (X−1)2 + 2 −2X 2−X2 On en déduit

s=−2

ln(x2−2x+ 2)1

0+ 4 [arctan(x−1)]10+ 2

ln(2−t2)1

0

=−2 ln 2 + 4π

4 + 2 ln 2 =π

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4 Rémy Nicolai Aploue

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