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Preprint submitted on 10 Mar 2021
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VALUATION AUGMENTÉE ET PAIRE MINIMALE
Michel Vaquié
To cite this version:
Michel Vaquié. VALUATION AUGMENTÉE ET PAIRE MINIMALE. 2021. �hal-02565309v2�
APPROCH ´ EE
MICHEL VAQUI ´E
R´esum´e. Soit (K, ν) un corps valu´e, les notions de valuation augment´ee, de valuation aug- ment´ee limiteet defamille admisede valuations permettent de donner une description de toute valuationµdeK[x] prolongeantν. Dans le cas o`u le corpsKest alg´ebriquement clos cette des- cription est particuli`erement simple et nous pouvons la r´eduire aux notions de paire minimale et defamille pseudo-convergente.
Soient (K, ν) un corps valu´e hens´elien et ¯νl’unique extension deν`a la clˆoture alg´ebrique ¯K deKet soitµune valuation deK[x] prolongeantν, nous ´etudions les extensions ¯µdeµ`a ¯K[x]
et nous donnons une description des valuations ¯µide ¯K[x] qui sont les extensions des valuations µi appartenant `a la famille admise associ´ee `aµ.
Abstract. Let (K, ν) be a valued field, the notions ofaugmented valuation, oflimit augmented valuation and ofadmissible family of valuations enable to give a description of any valuation µofK[x] extendingν. In the case where the fieldK is algebraically closed, this description is particularly simple and we can reduce it to the notions ofminimal pair andpseudo-convergent family.
Let (K, ν) be a henselian valued field and ¯νthe unique extension ofνto the algebraic closure K¯ ofKand letµbe a valuation ofK[x] extendingν, we study the extensions ¯µfromµto ¯K[x]
and we give a description of the valuations ¯µiof ¯K[x] which are the extensions of the valuations µi belonging to the admissible family associated withµ.
Table des mati`eres
Introduction 2
1. Rappels 3
2. Groupe des valeurs et alg` ebre gradu´ ee 8
3. Passage ` a la clˆ oture alg´ ebrique 14
4. Restriction d’une valuation d´ efinie sur ¯ K[x] 27
5. Valuations approch´ ees 31
Annexe A. Suites pseudo-convergentes et extension imm´ ediate 38
R´ ef´ erences 42
Date: Mars 2021.
1991Mathematics Subject Classification. 13A18 (12J10 14E15).
Key words and phrases. valuation, extension, famille admise, paire minimale.
∗Partially supported by the grant of the Agence Nationale de la Recherche “CatAG”ANR-17-CE40-0014.
1
Introduction
Soit K un corps muni d’une valuation ν, nous pouvons obtenir toute valuation ou pseudo- valuation µ de l’anneau des polynˆ omes K[x] qui prolonge ν grˆ ace ` a une famille admise de valuations A = µ
i
i∈I
, o` u l’ensemble I est un ensemble totalement ordonn´ e (cf. th´ eor` emes 2.4 et 2.5 de [Va 1]). De plus chaque valuation µ
ide la famille est obtenue comme valuation augment´ ee ou comme valuation augment´ ee limite associ´ ee ` a un polynˆ ome-cl´ e ou un polynˆ ome-cl´ e limite φ
i.
La famille A = µ
ii∈I
converge vers la valuation µ dans le sens o` u pour tout polynˆ ome f de K[x] la famille de valeurs µ
i(f )
i∈I
est croissante et v´ erifie µ(f ) = Sup µ
i(f ) ; i ∈ I . En particulier si la famille I a un plus grand ´ el´ ement ¯ ι la valuation µ est ´ egale ` a la valuation µ
¯ιet il existe un polynˆ ome φ = φ
¯ιqui d´ efinit la valuation µ comme valuation augment´ ee ou valuation augment´ ee limite. Nous disons dans ce cas que la valuation est bien sp´ ecifi´ ee et que le polynˆ ome φ d´ efinit la valuation. Par d´ efinition ce polynˆ ome apparaˆıt dans la construction de la famille admise A = µ
ii∈I
associ´ ee ` a la valuation µ.
Comme tout polynˆ ome-cl´ e ou polynˆ ome-cl´ e limite est un polynˆ ome irr´ eductible de K[x] dans le cas o` u le corps K est alg´ ebriquement clos les seuls polynˆ omes-cl´ es sont de degr´ e un et les familles admises sont particuli` erement simples : si la valuation µ est bien sp´ ecifi´ ee elle est d´ efinie par un polynˆ ome-cl´ e φ de la forme φ(x) = x − a, sinon elle est d´ efinie par une famille infinie de polynˆ omes (φ
α) de la forme φ
α(x) = x − a
α. Plus pr´ ecis´ ement, comme K est alg´ ebriquement clos la valuation µ est enti` erement d´ etermin´ ee par les valeurs prises pour les polynˆ omes f de la forme f (x) = (x −b), et nous avons dans le cas o` u µ est bien sp´ ecifi´ ee µ(x −b) = Inf (ν (a − b), δ) et la valuation µ est associ´ ee ` a une paire minimale, et dans le cas d’une famille infinie la valuation µ est la valuation associ´ ee ` a la famille pseudo-convergente (a
α) (Proposition 2.11). Il est aussi possible de d´ ecrire une valuation µ de K[x] par une boule ferm´ ee ou par une famille d´ ecroissante de boules ferm´ ees dans K pour la distance ultram´ etrique associ´ ee ` a la valuation ν de K (Proposition 2.12).
Soient (K, ν) un corps valu´ e quelconque et µ une valuation de K[x] prolongeant ν, alors si ¯ ν est une extension de ν ` a la clˆ oture alg´ ebrique ¯ K de K il existe une extension ¯ µ de µ ` a ¯ K[x] qui prolonge ¯ ν. Soit A = µ
ii∈I
la famille admise associ´ ee ` a µ, nous voulons d´ ecrire les valuations
¯
µ
ide ¯ K[x] obtenues comme prolongement des valuations µ
iappartenant ` a la famille A, et les familles de boules ferm´ ees de ¯ K associ´ ees aux valuations ¯ µ
i.
Dans le cas o` u (K, ν) est un corps valu´ e hens´ elien nous associons ` a la famille admise associ´ ee
`
a la valuation µ une famille d´ ecroissante B
ii∈I
de r´ eunions finies de boules ferm´ ees de ¯ K.
Plus pr´ ecis´ ement chaque B
iest la r´ eunion des boules disjointes B
i(r), le groupe de Galois agit transitivement sur l’ensemble fini {B
i(r)}, et pour tout i < j dans I chaque boule B
i(r)de B
icontient s boules B
(l)jappartenant ` a B
j, o` u s est un entier ind´ ependant de la boule B
(r)ichoisie, et toute boule B
(l)jde B
jest contenue dans une boule B
i(r)de B
i(Proposition 3.22).
L’intersection des B
iest un sous-ensemble B(µ) de ¯ K, appel´ e ensemble caract´ eristique de la
valuation µ, cet ensemble est vide dans le cas o` u la valuation µ n’est pas bien sp´ ecifi´ ee, sinon
c’est la r´ eunion d’un ensemble fini de boules ferm´ ees non vides de ¯ K, qui correspondent aux
diff´ erentes extensions de µ ` a ¯ K[x] (Th´ eor` eme 3.23).
Dans la quatri` eme partie nous montrons comment ` a partir d’une valuation ¯ µ de ¯ K[x] nous pouvons construire la famille admise A = µ
ii∈I
associ´ ee ` a la restriction µ de ¯ µ ` a K[x]. Plus pr´ ecis´ ement nous construisons une famille d´ ecroissante de boules ferm´ ees B
ide ¯ K, telle que la valuation µ
ide la famille admise A soit la retriction ` a K[x] de la valuation ¯ µ
ide ¯ K[x] d´ efinie par la boule B
i.
Alors que la construction de la famille admise A = µ
i
i∈I
se fait de mani` ere croissante, c’est-` a-dire la valuation µ
iest construite ` a partir des valuations µ
jpour j < i, la construction des boules B
i, et par cons´ equent des valuations ¯ µ
ise fait de mani` ere d´ ecroissante, c’est-` a-dire la boule B
iest construite ` a partir des boules B
jpour j > i (Th´ eor` eme 4.6).
Dans la cinqui` eme partie nous revenons sur les notions de valuations approch´ ees et de po- lynˆ omes approch´ es. Nous d´ efinissons une notion de distance dist
νentre les polynˆ omes de K[x] et pour toute valuation bien sp´ ecifi´ ee µ d´ efinie par un polynˆ ome φ nous donnons une caract´ erisation des polynˆ omes approch´ es φ
0de µ en consid´ erant la distance dist
ν(φ, φ
0) (Corollaire 5.8).
Nous comparons ensuite cette notion avec la notion de polynˆ ome-cl´ e introduite par Mark Spivakovsky (cf. [H-O-S]) et nous retrouvons que ces deux notions co¨ıincident (Corollaire 5.11).
Enfin dans l’annexe nous interpr´ etons les r´ esultats de Kaplansky sur les extensions imm´ ediates et les suites pseudo-convergentes ` a partir des propri´ et´ es des familles admises continues que nous avons d´ efinies pr´ ec´ edemment.
L’auteur remercie Franz-Viktor Kuhlmann pour les remarques qu’il lui a faites concernant une premi` ere version de ce texte.
1.
RappelsDans ce qui suit nous nous donnons une valuation ν sur un corps K et toutes les valuations ou pseudo-valuations µ de l’anneau des polynˆ omes K[x] que nous consid´ erons sont des prolon- gements de ν. Nous nous donnons aussi un groupe totalement ordonn´ e ˜ Γ, contenant le groupe des ordres Γ
νde la valuation ν, et toutes les valuations ou pseudo-valuations µ de K[x] ont leur groupe des ordres Γ
µqui est un sous-groupe ordonn´ e de ˜ Γ.
Pour toute valuation µ de K[x] nous pouvons d´ efinir la notion de polynˆ ome-cl´ e φ, et si φ est un polynˆ ome-cl´ e pour µ et si γ est un ´ el´ ement de ˜ Γ v´ erifiant γ > µ(φ), nous pouvons d´ efinir une nouvelle valuation µ
0de K[x], appel´ ee valuation augment´ ee associ´ ee au polynˆ ome-cl´ e φ et ` a la valeur γ que nous notons µ
0= [µ ; µ
0(φ) = γ ], de la mani` ere suivante :
pour tout polynˆ ome f de K [x], nous ´ ecrivons le d´ eveloppement de f selon les puissances de φ, f = g
mφ
m+ . . . + g
1φ + g
0, o` u les polynˆ omes g
j, 0 ≤ j ≤ m, sont de degr´ e strictement inf´ erieur au degr´ e du polynˆ ome-cl´ e φ, et nous avons :
µ
0(f ) = Inf (µ(g
j) + jγ ; 0 ≤ j ≤ m) .
Nous pouvons d´ efinir aussi pour tout polynˆ ome unitaire φ de degr´ e un, φ = x − b, et pour
toute valeur γ de ˜ Γ une valuation µ de K[x], que nous appelons encore valuation augment´ ee
associ´ ee au polynˆ ome-cl´ e φ et ` a la valeur γ que nous notons µ = [ν ; µ(φ) = γ ], de la mani` ere
suivante :
tout polynˆ ome f de K[x] s’´ ecrit de mani` ere unique sous la forme f = a
dφ
d+ . . . + a
1φ + a
0, avec a
j∈ K, et nous posons
µ(f ) = Inf (ν(a
j) + jγ ; 0 ≤ j ≤ d) . Dans ce cas cette valuation µ est aussi not´ ee ω
(b,γ)(cf. [A-P 1]).
Nous pouvons d´ efinir la notion de famille de valuations augment´ ees it´ er´ ees comme une famille d´ enombrable µ
ii∈I
de valuations de K[x], I = {1, . . . , n} ou I =
N∗, associ´ ee ` a une famille de polynˆ omes φ
ii∈I
et ` a une famille γ
ii∈I
d’´ el´ ements de ˜ Γ, telle que chaque valuation µ
i, i > 1, est une valuation augment´ ee de la forme µ
i= [µ
i−1; µ
i(φ
i) = γ
i] et o` u la famille des polynˆ omes- cl´ es φ
iv´ erifie les deux propri´ et´ es suivantes : pour tout i > 2 nous avons deg φ
i≥ deg φ
i−1et les polynˆ omes φ
iet φ
i−1ne sont pas µ
i−1-´ equivalents. Nous renvoyons aux articles [McL 1], [McL 2], et [Va 1], pour les d´ efinitions et les propri´ et´ es des polynˆ omes-cl´ es, des valuations augment´ ees et des familles de valuations augment´ ees it´ er´ ees.
Nous d´ efinissons aussi la notion de famille admissible continue comme une famille C = µ
α
α∈A
de valuations de K[x], index´ ee par un ensemble totalement ordonn´ e A sans plus grand
´
el´ ement, associ´ ee ` a la famille de polynˆ omes-cl´ es φ
αα∈A
et ` a la famille de valeurs γ
αα∈A
. Par d´ efinition chaque valuation µ
αest une valuation augment´ ee de la forme µ
α= [µ ; µ
α(φ
α) = γ
α], o` u µ est une valuation de K[x] donn´ ee, les polynˆ omes-cl´ es φ
αsont tous de mˆ eme degr´ e d et les valeurs γ
αforment une famille croissante sans plus grand ´ el´ ement dans ˜ Γ.
Nous d´ efinissons l’ensemble Φ ˜ C
= ˜ Φ
µ
α
α∈A
= {f ∈ K[x] | µ
α(f ) < µ
β(f ), ∀α < β ∈ A} ,
nous supposons que cet ensemble est non vide, nous appelons d
Cle degr´ e minimal des polynˆ omes appartenant ` a ˜ Φ C
et nous supposons aussi que nous avons l’in´ egalit´ e d < d
C, alors nous d´ efinissons l’ensemble
Φ C
= Φ
µ
α
α∈A
= {φ ∈ Φ ˜ C
, deg φ = d
Cet φ unitaire } . Un polynˆ ome φ appartenant ` a Φ C
est appel´ e un polynˆ ome-cl´ e-limite pour la famille C, et pour φ un polynˆ ome-cl´ e limite et γ un ´ el´ ement de ˜ Γ v´ erifiant γ > µ
α(φ) pour tout α dans A, , nous pouvons d´ efinir une nouvelle valuation µ
0de K[x], appel´ ee valuation augment´ ee limite pour C associ´ ee au polynˆ ome-cl´ e limite φ et ` a la valeur γ que nous notons µ
0=
(µ
α)
α∈A; µ
0(φ) = γ , de la mani` ere suivante :
pour tout polynˆ ome f de K [x], nous ´ ecrivons le d´ eveloppement de f selon les puissances de φ, f = g
mφ
m+ . . . + g
1φ + g
0, o` u les polynˆ omes g
j, 0 ≤ j ≤ m, sont de degr´ e strictement inf´ erieur au degr´ e du polynˆ ome-cl´ e limite φ, et nous posons :
µ
0(f ) = Inf (µ
A(g
j) + jγ ; 0 ≤ j ≤ m) ,
o` u nous posons µ
A(g) = Sup(µ
α(g); α ∈ A) pour tout g n’appartenant pas ` a ˜ Φ C . Nous renvoyons ` a [Va 1] pour les d´ efinitions pr´ ecises et les propri´ et´ es des polynˆ omes-cl´ es limites et des valuations augment´ ees limites.
Remarque 1.1. Si nous prenons la valeur γ = +∞, la valuation augment´ ee µ = [ν ; µ(φ) = γ]
associ´ ee ` a un polynˆ ome-cl´ e φ ou la valuation augment´ ee limite µ
0=
(µ
α)
α∈A; µ
0(φ) = γ
associ´ ee ` a un polynˆ ome-cl´ e limite φ est une pseudo-valuation de l’anneau K[x] dont le noyau est l’id´ eal engendr´ e par le polynˆ ome φ.
D´ efinition. Une famille admissible simple S pour la valuation ν de K est une famille de va- luations µ
i
i∈I
de K[x] constitu´ ee d’une partie discr` ete D et d’une partie continue C, - la partie discr` ete D = µ
ll∈L
est une famille non vide de valuations augment´ ees it´ er´ ees de K[x] telle que la famille de polynˆ omes-cl´ es φ
ll∈L
associ´ ee v´ erifie l’in´ egalit´ e stricte deg φ
l>
deg φ
l−1.
- la partie continue C = (µ
α)
α∈Aest une famille admissible continue ´ eventuellement vide ; si elle est non vide la famille D est finie, le degr´ e d des polynˆ omes-cl´ e φ
αest ´ egal au degr´ e du dernier polynˆ ome-cl´ e φ
nde la famille φ
ll∈L
associ´ ee ` a D, et pour tout α dans A, la valuation µ
αest la valuation augment´ ee µ
α= [µ
n; µ
α(φ
α) = γ
α].
Si la partie discr` ete D d’une famille admise simple S est constitu´ ee d’une seule valuation µ
1, et si la partie continue C est non vide, nous pouvons toujours consid´ erer que la valuation µ
1appartient ` a la famille C, nous ´ ecrivons S = C et nous disons alors que la famille simple S est continue.
D´ efinition. Une famille admissible A pour la valuation ν de K est une famille de valuations µ
i
i∈I
de K[x], obtenue comme r´ eunion de familles admissibles simples A =
[j∈J
S
(j)=
[j∈J
D
(j); C
(j),
o` u J est un ensemble d´ enombrable, J = {1, . . . , N} ou J =
N∗, et nous d´ efinissons J
∗par J
∗= {1, . . . , N − 1} si J est fini et par J
∗= J =
N∗sinon, v´ erifiant :
- pour j appartenant ` a J
∗, la partie discr` ete D
(j)= µ
(j)ll∈L(j)
est finie, la partie continue C
(j)= (µ
(j)α)
α∈A(j)est non vide et la premi` ere valuation µ
(j+1)1de la famille simple S
(j+1)est une valuation augment´ ee limite pour la famille admissible continue C
(j);
- la premi` ere valuation µ
(1)1de la famille est la valuation associ´ ee ` a un polynˆ ome unitaire de degr´ e un, φ
(1)1= x − a, et ` a une valeur γ
1(1), µ
(1)1= [ν ; µ
(1)1(φ
(1)1) = γ
1(1)] = ω
(a,γ1(1))
.
Dans la suite, comme la valuation ν de K est fix´ ee nous dirons simplement que A est une famille admissible de valuations de K[x].
Nous pouvons aussi ´ ecrire la famille admissible A comme une famille index´ ee par un ensemble totalement ordonn´ e I ,
A = (µ
i)
i∈I,
et l’ensemble I peut ˆ etre d´ ecrit de la mani` ere suivante : pour tout j dans J , nous munissons l’ensemble B
(j)= L
(j)t A
(j)de l’ordre total induit par les ordres sur L
(j)et sur A
(j)et d´ efini par l < α pour tout l ∈ L
(j)et tout α ∈ A
(j); et nous posons
I =
(j, b) | j ∈ J et b ∈ B
(j),
muni de l’ordre lexicographique. L’ordre sur l’ensemble I peut ˆ etre caract´ eris´ e par la relation
suivante : i < k dans I si et seulement si pour tout polynˆ ome f de K[x] nous avons µ
i(f) ≤ µ
k(f )
et il existe au moins un polynˆ ome g avec µ
i(g) < µ
k(g).
La premi` ere valuation µ
1de la famille A est obtenue ` a partir de la valuation ν de K grˆ ace
`
a un polynˆ ome φ
1unitaire de degr´ e un et ` a une valeur γ
1. Nous consid` ererons parfois que la valuation ν = µ
0appartient ` a la famille A et par abus de notation nous consid` ererons que 0 est le plus petit ´ el´ ement de l’ensemble I. La valuation µ
1est ainsi consid´ er´ ee comme une valuation augment´ ee, d´ efinie par le polynˆ ome φ
1.
A toute famille admissible A nous associons la famille des polynˆ omes-cl´ es ou polynˆ omes-cl´ es limites φ
i
i∈I
, que nous appelons pour simplifier la famille des polynˆ omes-cl´ es, et la famille des valeurs γ
ii∈I
.
D´ efinition. Une famille admissible A = (µ
i)
i∈Iest une famille admise si pour tout polynˆ ome f dans K[x] la famille (µ
i(f ))
i∈Iadmet un plus grand ´ el´ ement dans le groupe Γ.
D´ efinition. Une famille admissible A = µ
ii∈I
de valuations de K[x] est dite compl` ete si l’ensemble I poss` ede un plus grand ´ el´ ement ¯ ι, sinon la famille admissible A est dite ouverte.
Remarque 1.2. Une famille admissible A est compl` ete uniquement dans le cas o` u A est r´ eunion d’un nombre fini de familles simples et o` u la derni` ere famille simple S
(N)est discr` ete finie, S
(N)= µ
(N1 ), . . . , µ
(N)nN.
Dans ce cas la famille A est admise et la derni` ere valuation µ
¯ι= µ
(NnN)de la famille peut ˆ etre une pseudo-valuation de K[x].
Remarque 1.3. Si la famille admissible A = (µ
i)
i∈Iest ouverte, elle est admise si pour tout polynˆ ome f il existe i ∈ I tel que µ
i(f ) = µ
j(f ) pour tout j ≥ i. C’est le cas si la famille A est r´ eunion infinie de familles admissibles simples, ou si la famille A est r´ eunion de N familles admissibles simples A = S
(1)∪ . . .∪S
(N), telle que la derni` ere famille simple S
(N)est une famille discr` ete infinie, c’est-` a-dire S
(N)= µ
(Nl )l∈L(N)
avec L
(N)infini, ou enfin si la famille simple S
(N)est de la forme S
(N)= (µ
(N)l)
l∈L(N); (µ
(N)α)
α∈A(N), avec Φ (µ ˜
(N)α)
α∈A(N)= ∅, c’est-` a-dire telle que pour tout f dans K[x] il existe α < β dans A
(N)avec µ
(N)α(f ) = µ
(N)β(f ).
D´ efinition. La famille admise A = (µ
i)
i∈Iconverge vers la valuation ou pseudo-valuation µ de K[x] d´ efinie pour tout polynˆ ome f par
µ(f ) = Sup µ
i(f ) ; i ∈ I .
Si l’ensemble I admet un plus grand ´ el´ ement ¯ ι, la limite de la famille est la valuation ou pseudo-valuation µ
¯ι, sinon la limite est une valuation d´ efinie par µ(f ) = µ
i(f) pour i assez grand dans I .
Nous avons une r´ eciproque au r´ esultat pr´ ec´ edent.
Th´ eor` eme 1.4. (Th´ eor` emes 2.4. et 2.5. de [Va 1]) Soit µ une valuation ou pseudo-valuation de K[x] prolongeant une valuation ν de K, alors il existe une famille admise de valuations de K[x], not´ ee A(µ) et appel´ ee famille admise associ´ ee ` a la valuation µ qui converge vers µ.
Remarque 1.5. La famille admise associ´ ee ` a une valuation µ n’est pas unique, mais est d´ etermin´ ee ` a ´ equivalence pr` es, o` u deux familles admissibles A =
Sj∈J
S
(j)et A
0=
Sj∈J0
S
0(j)sont dites ´ equivalentes si J = J
0, si les familles discr` etes D
(j)= µ
(j)i1≤i≤n
et D
0(j)=
µ
0(j)i1≤i≤n0
co¨ıncident jusqu’` a l’avant-derni` ere valuation, c’est-` a-dire quand n = n
0et µ
(j)i= µ
0(j)ipour tout i, 1 ≤ i ≤ n − 1, et si les sous-familles continues C
(j)et C
0(j)co¨ıncident asymp- totiquement. (cf. Proposition 2.9. de [Va 2])
D´ efinition. Une valuation µ de K[x] est dite bien sp´ ecifi´ ee si la famille admise A(µ) associ´ ee est compl` ete. Dans ce cas la valuation µ est la derni` ere valuation µ
¯ιde la famille A(µ) = (µ
i)
i∈I.
Nous avons le r´ esultat suivant :
Proposition 1.6. (Proposition 1.4 de [Va 3]) Les propositions suivantes sont ´ equivalentes : 1) La valuation µ est bien sp´ ecifi´ ee.
2) La valuation µ n’est pas maximale pour la relation d’ordre ≤.
3) La valuation µ admet un polynˆ ome-cl´ e.
4) La valuation µ peut ˆ etre obtenue comme valuation augment´ ee µ = [µ
0; µ(φ) = γ ],
ou comme valuation augment´ ee limite µ =
µ
α
α∈A
; µ(φ) = γ ].
Si µ est une valuation bien sp´ ecifi´ ee, nous disons que le polynˆ ome φ
¯ιapparaissant comme dernier polynˆ ome de la famille φ
ii∈I
d´ efinit la valuation ou pseudo-valuation µ. Si µ est obtenue comme valuation augment´ e µ = [µ
0; µ(φ) = γ], ou comme valuation augment´ ee limite, µ =
µ
α
α∈A
; µ(φ) = γ], nous pouvons en particulier choisir φ
¯ι= φ.
Soit µ une valuation ou une pseudo-valuation de K[x], alors toute valuation µ
id’une famille admissible associ´ ee ` a µ est une valuation bien sp´ ecifi´ ee, d´ efinie par le polynˆ ome φ
i.
Pour toute valuation ou pseudo-valuation µ de K[x], les valuations µ
iappartenant ` a une famille admise associ´ ee ` a µ sont d´ efinies de mani` ere essentiellement unique (cf. remarque 1.5), en particulier quand µ est bien sp´ ecifi´ ee, si µ est une valuation augment´ ee, µ = [µ
0; µ(φ) = γ], la valuation µ
0est d´ efinie de mani` ere unique, et si µ est une valuation augment´ ee limite, µ =
µ
α
α∈A
; µ(φ) = γ], la famille µ
α
α∈A
est bien d´ efinie asymptotiquement.
Dans la suite nous noterons alors
µ = [µ
[; µ(φ) = γ ],
o` u µ
[est la valuation µ
0, resp. une famille continue de valuations µ
αα∈A
, et o` u φ est un polynˆ ome-cl´ e, resp. un polynˆ ome-cl´ e limite, pour µ
[. En g´ en´ eral le polynˆ ome φ n’est pas d´ efini de mani` ere unique, en fait les polynˆ omes φ et ψ d´ efinissent la mˆ eme valuation µ si et seulement si ce sont des polynˆ omes unitaires de mˆ eme degr´ e v´ erifiant µ
[(φ − ψ) ≥ γ , o` u nous posons µ
[(f ) = µ
A(f) = Sup(µ
α(f); α ∈ A) dans le cas o` u µ
[est la famille µ
α
α∈A
([Va 2]).
Remarque 1.7. Comme un polynˆ ome-cl´ e est irr´ eductible, dans le cas o` u le corps K ¯ est alg´ ebri quement clos, une valuation bien sp´ ecifi´ ee µ est de la forme
µ = [ν ; µ(φ) = δ],
avec φ(x) = x − a. Cela correspond ` a la valuation associ´ ee ` a la paire minimale (a, δ) not´ ee ω
(a,δ)d´ efinie dans [A-P 1].
2.
Groupe des valeurs et alg`ebre gradu´eeSoit µ une valuation sur un corps K de groupe des valeurs Γ
µ, pour tout sous-anneau A de K et pour tout γ dans ¯ Γ
µ= Γ
µ∪ {+∞}, nous d´ efinissons les groupes P
γ(A) = {x ∈ A | µ(x) ≥ γ}
et P
γ+(A) = {x ∈ A | µ(f ) > γ}, et l’alg` ebre gradu´ ee gr
µA associ´ ee ` a la valuation µ par : gr
µA =
Mγ∈Γ¯
P
γ(A)/P
γ+(A) .
Nous notons H
µl’application de A dans gr
µA qui ` a tout ´ el´ ement x de A avec µ(x) = γ associe l’image de x dans P
γ(A)/P
γ+(A), et nous notons ∆
µ(A) la partie homog` ene de degr´ e 0, ∆
µ(A) = P
0(A)/P
0+(A).
En particulier pour A = K les groupes P
0(K) et P
0+(K) sont respectivement l’anneau V
µde la valuation et son id´ eal maximal, ∆
µ(K) est ´ egal ` a son corps r´ esiduel κ
µet l’alg` ebre gradu´ ee gr
µK est simple, i.e. tout ´ el´ ement homog` ene non nul admet un inverse. Plus g´ en´ eralement si K est le corps des fractions de A, l’alg` ebre gradu´ ee gr
µK est l’alg` ebre gradu´ ee simple engendr´ ee par gr
µA et le corps r´ esiduel κ
µest le corps des fractions de l’anneau ∆
µ(A).
Soit A = µ
ii∈I
une famille admissible de valuations, et pour tout i ∈ I nous appelons Γ
µile groupe des ordres de la valuation µ
i.
Si µ
ket µ
lsont deux valuations appartenant ` a la mˆ eme sous-famille simple S de la famille A telles que µ
lest obtenue comme valuation augment´ ee µ
l= [µ
k; µ
l(φ
l) = γ
l], nous disons que (µ
k, µ
l) forment un couple de valuations successives de la famille. Le groupe des ordres Γ
µlde la valuation µ
lest ´ egal ` a Γ
µl= Γ
µk⊕
Zγ
l, d’o` u l’´ egalit´ e
[Γ
l: Γ
k] = τ
lo` u τ
lest le plus petit entier t > 0 tel que tγ
lappartienne ` a Γ
µksi γ
lappartient ` a Γ
µl⊗
ZQ, et o` u τ
lest +∞ sinon. Remarquons que la valuation µ
ladmet un polynˆ ome-cl´ e qui n’est pas µ
l-´ equivalent au polynˆ ome φ
lsi et seulement si la valeur γ
lappartient au groupe Γ
k⊗
ZQ, en particulier si γ
ln’appartient pas ` a Γ
µl⊗
ZQla valuation µ
lest la derni` ere valuation de la famille admissible A.
Comme les valuations µ
ket µ
lv´ erifient µ
k(f ) ≤ µ
l(f ) pour tout f dans K[x] nous avons une application naturelle g : gr
µk
K[x] → gr
µl
K[x], et celle-ci induit un isomorphisme G : gr
µkK[x]/(H
µk(φ
l))
[T ] −−→ gr
µlK[x] , qui envoie T sur G(T ) = H
µl(φ
l) (cf. [Va 1]).
Rappelons qu’il existe q
ket q
0kdans K[x] v´ erifiant q
kq
k0µ
k-´ equivalent ` a 1 et µ
k(q
k) =
−µ
k(q
k0) = µ
k(φ
l), et nous posons ϕ
l= H
µk(q
k0φ
l). De plus si γ
lappartient ` a Γ
µk⊗
Z Q, il existe p
let p
0lv´ erifiant p
lp
0lµ
l-´ equivalent ` a 1 et µ
l(p
l) = −µ
l(p
0l) = τ
lγ
l(cf. [Va 3]). Alors le noyau de la composante de degr´ e 0 de l’application g, g
0: ∆
µk→ ∆
µl, est l’id´ eal engendr´ e par ϕ
l, et nous avons :
- si γ
ln’appartient pas ` a Γ
µk⊗
ZQ∆
µk/(ϕ
l)
∼−−→ ∆
µl, - si γ
lappartient ` a Γ
µk⊗
ZQ∆
µk/(ϕ
l)
[S
l] −−→
∼∆
µl,
avec S
l= H
µlp
0lφ
lτl(cf. [Va 1] Remarque 1.5).
Si µ
lest la valuation augment´ ee limite d’une famille continue C = µ
αα∈A
, associ´ ee au polynˆ ome cl´ e-limite φ
l, µ
l=
µ
α
α∈A
; µ
l(φ
l) = γ
l, nous d´ efinissons l’alg` ebre gradu´ ee gr
A= gr
µαK[x]/(H
µα(φ
β)) qui ne d´ epend pas du couple α < β dans A, et l’application naturelle de gr
µαK[x] dans gr
µlK[x] induit un isomorphisme d’alg` ebres gradu´ ees :
Q: gr
A[T ] −−→
∼gr
µlK[x] ,
qui envoie T sur Q(T ) = H
µl(φ
l). Nous appelons ∆
Ala composante de degr´ e 0 de gr
A, cet anneau est isomorphe ` a ∆
µβ/(ϕ
α) o` u (µ
α, µ
β) est un couple de valuations successives de A appartenant ` a C, avec ϕ
α= H
µαq
0αφ
β.
Tous les groupes de valuation Γ
µαsont ´ egaux et nous notons ce groupe Γ
A. Pour tout γ dans Γ
Ail existe p et p
0= p
0(γ) dans K[x] v´ erifiant pp
0(γ) ∼
µα
1 et µ
α(p) = −µ
α(p
0(γ)) = γ , pour α ∈ A.
De plus si γ
lappartient ` a Γ
A⊗
ZQet si nous appelons comme pr´ ec´ edemment τ
lle plus petit entier t > 0 tel que tγ
lappartienne ` a Γ
Ail existe p et p
0dans K[x] tels que pp
0soit µ
α-´ equivalent
`
a 1 pour α suffisamment grand et tels que µ
α(p
0) = −τ
lγ
l(cf. [Va 3] Proposition 2.2).
Alors le morphisme Q induit un isomorphisme en degr´ e 0 : - si γ
ln’appartient pas ` a Γ
A⊗
ZQQ
0: ∆
A−−→
∼∆
µl, - si γ
lappartient ` a Γ
A⊗
ZQQ
0: ∆
A[S] −−→
∼∆
µl, qui envoie S sur H
µl(p
0φ
lτl).
Remarque 2.1. Soit µ
lune valuation de la famille A, nous notons Γ
[le groupe des ordres Γ
µkde la valuation µ
ksi µ
lest obtenue comme valuation augment´ ee, µ
l= [µ
k; µ
l(φ
l) = γ
l], ou le groupe des ordres Γ
Asi la valuation µ
lest obtenue comme valuation augment´ ee limite, µ
l=
µ
α
α∈A
; µ
l(φ
l) = γ
l.
Si µ
ln’est pas la derni` ere valuation de la famille A, il existe une valuation µ
mtelle que (µ
l, µ
m) est un couple de valuations successives, et nous ´ ecrivons le polynˆ ome-cl´ e φ
msous la forme φ
m= φ
lrl+ . . . + g
0, nous avons r
lγ
l∈ Γ
[, en particulier γ
lappartient ` a Γ
[⊗
ZQet nous pouvons d´ efinir l’entier s
lpar r
l= τ
ls
l.
Proposition 2.2. Il existe une famille croissante de corps F
kk∈I∗
, avec F
0´ egal au corps r´ esiduel κ
νde la valuation ν de K, telle que pour tout couple (µ
k, µ
l) de valuations successives de A nous avons :
- si γ
lappartient ` a Γ
µk⊗
ZQ∆
µl= F
k[S
l] , avec S
l= H
µlp
0lφ
τll; - si γ
ln’appartient pas ` a Γ
µk⊗
ZQ∆
µl= F
k.
De plus si l appartient ` a I
∗, F
lest un extension finie de F
kde degr´ e s
l, et pour l tel que la valuation µ
lappartienne ` a une famille continue C = µ
αα∈A
, le corps F
lest isomorphe ` a ∆
A. En particulier tous les corps F
lsont des extensions alg´ ebriques du corps r´ esiduel κ
ν, et si la famille A est constitu´ ee d’un nombre fini de sous-familles simples, tous les corps F
lsont des extensions finies de κ
ν.
Preuve. La proposition est une g´ en´ eralisation du r´ esultat de MacLane (cf. [McL 1] Theorem 12.1 et [Va 1] Th´ eor` eme 1.12) et se d´ emontre par r´ ecurrence (cf. [Va 3]) .
2
Remarque 2.3. Nous avons montr´ e de plus que si µ
kest la premi` ere valuation µ
(j)1d’une sous- famille simple S
(j), et si nous notons F
0(j)le corps tel que ∆
µksoit ´ egal ` a F
0(j)[S], alors F
kest une extension alg´ ebrique finie de F
0(j)de degr´ e s
k. En effet nous avons S = H
µkp
0kφ
kτket le corps F
kest ´ egal ` a ∆
µk/(ϕ
l) o` u ϕ
l= H
µk(q
l0φ
l) avec φ
l= φ
kτksk+ . . . + g
0.
Proposition 2.4. (Proposition 2.3 de [Va 3]) Soit µ une valuation de l’anneau des polynˆ omes K[x], alors l’alg` ebre gradu´ ee associ´ ee gr
µK [x] est de la forme suivante :
i) si la valuation µ n’est pas bien sp´ ecifi´ ee
gr
µK[x] = G
(0),
o` u G
(0)est une alg` ebre gradu´ ee simple, c’est-` a-dire telle que tout ´ el´ ement homog` ene non nul admette un inverse ;
ii) si la valuation µ est bien sp´ ecifi´ ee
gr
µK[x] = G
(0)[T ] ,
o` u G
(0)est une alg` ebre gradu´ ee simple et T est l’image H
µ(φ) du polynˆ ome φ d´ efinissant la valuation µ.
De plus un ´ el´ ement homog` ene ψ de gr
µK[x] est irr´ eductible si et seulement si il existe f polynˆ ome-cl´ e pour la valuation µ dans K [x] et ε ´ el´ ement homog` ene inversible de gr
µK[x] tels que εψ soit ´ egal ` a l’image H
µ(f ) de f dans gr
µK[x].
Rappelons le r´ esultat suivant qui est ´ enonc´ e sans d´ emonstration dans [Va 3], Remarque 1.1.
Proposition 2.5. La valuation µ de K[x] est bien sp´ ecifi´ ee si et seulement si l’extension (K(x), µ)/(K, ν) de corps valu´ es v´ erifie l’´ egalit´ e d’Abhyankar :
dim.alg.
KK(x) = dim.alg.
κνκ
µ+ rang.rat.Γ
µ/Γ
ν= 1.
Preuve. Rappelons que le corps r´ esiduel κ
µest ´ egal au corps des fractions de la partie homog` ene de degr´ e 0, ∆
µde l’alg` ebre gradu´ ee gr
µK[x].
Dans le cas o` u la valuation µ est obtenue comme valuation augment´ ee, µ = [µ
[; µ(φ) = γ], l’alg` ebre gradu´ ee gr
µK[x] est de la forme G
(0)[T ] o` u l’alg` ebre simple G
(0)est isomorphe ` a l’alg` ebre quotient gr
µ[
K[x]/(H
µ[(φ)) et o` u T = H
µ(φ).
Si γ n’appartient pas ` a Γ
µ[⊗
ZQ, la partie homog` ene de degr´ e 0, ∆
µ, est isomorphe ` a ∆
µ[/(ϕ
[), c’est-` a-dire au corps F
[, nous en d´ eduisons que le corps r´ esiduel κ
µde la valuation µ est isomorphe
`
a F
[, par cons´ equent est une extension alg´ ebrique finie du corps r´ esiduel κ
ν.
Si γ appartient ` a Γ
µ[⊗
ZQ, la partie homog`ene de degr´ e 0, ∆
µ, est isomorphe ` a ∆
µ[/(ϕ
[)[S], avec S = H
µ(p
0φ
τ) o` u τ est ´ egal ` a [Γ
µ: Γ
ν], et le corps r´ esiduel κ
µde la valuation µ est isomorphe
`
a F
[(S), par cons´ equent est une extension transcendante de degr´ e 1 du corps r´ esiduel κ
ν. Dans le cas o` u la valuation µ est obtenue comme valuation augment´ ee limite, µ =
µ
α; µ(φ) = γ
, nous avons un r´ esultat analogue.
Si γ n’appartient pas ` a Γ
A⊗
ZQ, la partie homog`ene ∆
µest isomorphe ` a ∆
A, le corps r´ esiduel κ
µde la valuation µ est isomorphe au corps ∆
Aet est donc une extension alg´ ebrique finie du corps r´ esiduel κ
ν.
Si γ appartient ` a Γ
A⊗
ZQ, la partie homog` ene ∆
µest isomorphe ` a ∆
A[S], avec S = H
µα(p
0φ
τ) o` u τ est ´ egal ` a [Γ
µ: Γ
A], et le corps r´ esiduel κ
µde la valuation µ est isomorphe ` a ∆
A(S), par cons´ equent est une extension transcendante de degr´ e 1 du corps r´ esiduel κ
ν.
Si la valuation µ n’est pas bien sp´ ecifi´ ee, chacune des valuations µ
lde la famille admise A associ´ ee ` a la valuation µ a un groupe des ordres Γ
µlqui est une extension finie du groupe Γ
ν, donc le groupe Γ
µ, r´ eunion des groupes Γ
µla mˆ eme rang rationnel que le groupe Γ
ν.
Le corps r´ esiduel κ
µest la r´ eunion des corps F
l, extensions finies de κ
ν, donc une extension
alg´ ebrique du corps r´ esiduel κ
ν.
2Remarque 2.6. Nous d´ eduisons de la proposition pr´ ec´ edente que les valuations bien sp´ ecifi´ ees que nous avons d´ efinies correspondent exactement aux valuations transcendantes, “valuation- transcendental”, d´ efinies par F.-V. Kuhlmann au paragraphe 3.1. de [Ku 1].
Nous pouvons aussi d´ eduire de ce qui pr´ ec` ede le r´ esultat suivant, qui r´ epond ` a une question pos´ ee par Nagata (cf. [Na]) et a ´ et´ e r´ esolue par J. Ohm ([Oh]). Rappelons que nous disons qu’une extension de corps l/k est r´ egl´ ee s’il existe k ⊂ k
1⊂ l avec l/k
1extension transcendante pure de degr´ e 1 et k
1/k extension alg´ ebrique finie.
Corollaire 2.7. ( The ruled residue conjecture) Soit (K(x), µ)/(K, ν) une extension de corps valu´ es, alors le corps r´ esiduel κ
µest une extension alg´ ebrique ou r´ egl´ ee du corps r´ esiduel κ
ν.
Le rang rg(µ) de la valuation µ est compris entre rg(ν) et rg(ν) + 1, la valuation µ a le mˆ eme rang que la valuation ν si γ appartient au groupe Γ
ν⊗
ZR, sinon la valeur γ appartient ` a un groupe totalement ordonn´ e ˜ Γ qui contient Γ
νcomme sous groupe isol´ e et γ v´ erifie γ > δ pour tout δ dans Γ
ν.
Dans ce ce dernier cas la valuation µ est essentiellement unique, c’est-` a-dire que si nous nous donnons un polynˆ ome φ qui est polynˆ ome-cl´ e pour une valuation µ
[ou polynˆ ome-cl´ e limite pour une famille de valuation µ
αα∈A
, la valuation bien sp´ ecifi´ ee µ d´ efinie par le polynˆ ome φ et la valeur γ est ind´ ependante ` a ´ equivalence pr` es de la valeur γ choisie dans ˜ Γ \ Γ
ν.
De plus le polynˆ ome φ qui d´ efinit une valuation µ de rang rg(µ) = rg(ν) + 1 est unique. En
effet si deux polynˆ omes φ et ψ d´ efinissent la mˆ eme valuation µ comme valuation augment´ ee ou
comme valuation augment´ ee limite avec la valeur γ, nous avons l’in´ egalit´ e µ(ψ − φ) ≥ γ .
Remarque 2.8. Si nous prenons γ = +∞ nous trouvons une pseudo-valuation de K[x] dont
le noyau est ´ egal ` a l’id´ eal engendr´ e par φ. Il y a une bijection entre l’ensemble des valuations
µ de K[x] de rang rg(µ) = rg(ν) + 1 et l’ensemble des pseudo-valuations de K[x] de noyau
non trivial, et l’´ etude des valuations de rang rg(µ) = rg(ν) + 1 d´ efinies par le polynˆ ome φ est
´
equivalente ` a l’´ etude des pseudo-valuations de noyau (φ), c’est-` a-dire ` a l’´ etude des valuations de l’extension L = K[x]/(φ) de K qui prolongent ν.
Proposition 2.9. Soit µ une valuation bien sp´ ecifi´ ee de K[x] d´ efinie par le polynˆ ome φ, et soit gr
µK[x] = G
(0)[T ] l’alg` ebre gradu´ ee associ´ ee avec T = H
µ(φ), alors si ψ est un autre polynˆ ome qui d´ efinit la valuation µ nous avons S = H
µ(ψ) qui est ´ egal ` a T ou ` a T − h avec h ∈ G
(0)de valuation µ(h) = µ(φ) = µ(ψ).
R´ eciproquement tout g´ en´ erateur homog` ene S de l’alg` ebre gradu´ ee gr
µK[x] sur l’alg` ebre simple G
(0)est de la forme S = T − h avec h ∈ G
(0)de degr´ e µ(h) = µ(φ) = µ(ψ), et il existe un polynˆ ome ψ dans K[x] qui d´ efinit la valuation µ avec H
µ(ψ) = S.
Preuve. Si la valuation µ est obtenue comme valuation augment´ ee µ = [µ
0; µ(φ) = γ] c’est une cons´ equence du r´ esultat suivant :
deux valuations augment´ ees µ
1et µ
2d’une mˆ eme valuation µ d´ efinies respectivement par des polynˆ omes-cl´ es φ
1et φ
2et des valeurs γ
1et γ
2sont ´ egales si et seulement si γ
1= γ
2et si les polynˆ omes φ
1et φ
2ont mˆ eme degr´ e et v´ erifient µ(φ
1− φ
2) ≥ γ
1(Proposition 1.2. de [Va 2]).
Si la valuation µ est obtenue comme valuation augment´ ee limite µ = µ
α
α∈A
; µ(φ) = γ]
c’est une cons´ equence du r´ esultat analogue :
deux valuations augment´ ees limites µ
1et µ
2d’une mˆ eme famille admissible continue C = µ
αα∈A
d´ efinies respectivement par des polynˆ omes-cl´ es limites φ
1et φ
2et des valeurs γ
1et γ
2sont ´ egales si et seulement si γ
1= γ
2et si les polynˆ omes φ
1et φ
2ont mˆ eme degr´ e et v´ erifient
µ
A(φ
1− φ
2) ≥ γ
1(Proposition 1.4. de [Va 2]). t u
Nous rappelons aussi le r´ esultat suivant, qui est une cons´ equence de la proposition pr´ ec´ edente, mais qui peut se d´ emontrer aussi directement ` a partir des propositions 1.2 et 1.4 de [Va 2].
Proposition 2.10. Soit µ une valuation bien sp´ ecifi´ ee de K[x] d´ efinie par le polynˆ ome φ, et soit ψ un polynˆ ome unitaire de K[x] v´ erifiant deg ψ = deg φ et µ(ψ) = µ(φ), alors le polynˆ ome ψ d´ efinit la valuation µ.
t u Dans la suite de ce paragraphe nous allons supposer que le corps K est alg´ ebriquement clos, alors pour toute valuation ν de K le corps r´ esiduel κ
νest aussi alg´ ebriquement clos et le groupe des valeurs Γ
νest divisible. De plus dans le cas o` u K est alg´ ebriquement clos, les ´ el´ ements irr´ eductibles de l’anneau K[x] sont les polynˆ omes de degr´ e 1, nous en d´ eduisons que toute valuation µ de K[x] est d´ efinie enti` erement par les valeurs µ(x − b), pour b ∈ K, et que tout polynˆ ome f de degr´ e plus grand que 2 ne peut pas ˆ etre un polynˆ ome-cl´ e ou un polynˆ ome-cl´ e limite.
Nous rappelons que pour tout corps L, pour trouver la famille admise A associ´ ee ` a une
valuation µ de L[x] le premier pas est de consid´ erer l’ensemble Λ
µ= {µ(x − b) | b ∈ L}. Si cet
ensemble a un plus grand ´ el´ ement δ nous choisissons un polynˆ ome φ = x − a pour lequel cette
valeur est atteinte et la premi` ere valuation µ
1de la famille est la valuation associ´ ee, c’est-` a-dire
la valuation µ
1= ω
(a,δ). Alors soit la valuation µ
1est la valuation µ cherch´ ee, soit il existe un
polynˆ ome-cl´ e φ pour la valuation µ
1dans L[x] de degr´ e strictement sup´ erieur ` a 1.
Si l’ensemble Λ
µn’a pas de plus grand ´ el´ ement nous trouvons un sous-ensemble {δ
α; α ∈ A}
cofinal dans Λ
µ, index´ e par un ensemble totalement ordonn´ e A, sans plus grand ´ el´ ement, avec δ
α< δ
βpour α < β, et pour tout α ∈ A nous choisissons un polynˆ ome φ
α= x − a
αv´ erifiant µ(φ
α) = δ
α. Alors la famille C de valuation d´ efinie par C = ω
(aα,δα)α∈A
est une famille continue de valuations de L[x]. Pour tout α < β dans A nous avons ν(a
β− a
α) = γ
α, en particulier la famille (a
α)
α∈Av´ erifie
ν(a
τ− a
σ) > ν(a
σ− a
ρ)
pour tous τ > σ > ρ dans A, et nous retrouvons la d´ efinition d’Ostrowski de famille pseudo- convergente ([Os], [Ka]). De plus si cette famille admet un polynˆ ome-cl´ e limite celui-ci est de degr´ e strictement sup´ erieur ` a 1.
Nous en d´ eduisons le r´ esultat suivant.
Proposition 2.11. Supposons que le corps K est alg´ ebriquement clos, alors une valuation µ de K[x] est soit une valuation de la forme µ = ω
(a,δ), soit une une valuation associ´ ee ` a une famille pseudo-convergente.
Preuve. Comme il ne peut pas exister de polynˆ ome-cl´ e ou polynˆ ome-cl´ e limite de degr´ e stric- tement plus grand que 1, soit l’ensemble Λ
µ= {µ(x − b) | b ∈ K} a un plus grand ´ el´ ement δ, la valuation µ est bien sp´ ecifi´ ee et est de la forme µ = ω
(a,δ), soit l’ensemble Λ
µn’a pas de plus grand ´ el´ ement, la valuation µ n’est pas bien sp´ ecifi´ ee et elle est associ´ ee ` a la famille pseudo-convergente (a
α)
α∈A.
2
En particulier si la valuation µ n’est pas bien sp´ ecifi´ ee, le corps r´ esiduel κ
µde la valuation µ est
´
egal au corps r´ esiduel κ
νde la valuation ν et le groupe des ordres Γ
µest ´ egal au groupe des ordres Γ
ν, et nous en d´ eduisons que l’extension de corps valu´ es (K(x), µ)/(K, ν) est imm´ ediate (cf.
[Ka]). Nous ´ etudions dans l’Annexe A le lien entre les r´ esultats de Kaplansky sur les extensions imm´ ediates et la pr´ esentation des extensions de valuations ` a partir des familles admissibles.
Dans le cas o` u le corps K est alg´ ebriquement clos, pour d´ ecrire toutes les valuations de K[x]
prolongeant la valuation ν de K, nous munissons K de la distance ultram´ etrique associ´ ee ` a ν.
Pour tout a ∈ K et tout δ ∈ Γ nous d´ efinissons les boules ferm´ ee B et ouverte B
◦de centre a et de rayon δ respectivement par
B = B (a, δ) =
c ∈ K / ν(a − c) ≥ δ , B
◦= B
◦(a, δ) =
c ∈ K / ν(a − c) > δ .
Comme la distance d´ efinie par la valuation ν est ultram´ etrique tout ´ el´ ement appartenant ` a une boule ouverte ou ferm´ ee est son centre, plus pr´ ecis´ ement si b ∈ B
◦(a, δ), resp. b ∈ B(a, δ), alors B
◦(a, δ) = B
◦(b, δ), resp. B (a, δ) = B(b, δ).
Proposition 2.12. Toute boule ferm´ ee B = B(a, δ) d´ efinit une valuation bien sp´ ecifi´ ee µ de K[x] par µ = ω
(a,δ), qui ne d´ epend pas du centre a, et toute valuation bien sp´ ecifi´ ee µ est de cette forme.
A toute valuation ` µ qui n’est pas bien sp´ ecifi´ ee, on peut associer une famille d´ ecroissante (B
α= B(a
α, δ
α))
α∈Ade boules ferm´ ees, o` u A est un ensemble totalement ordonn´ e sans plus grand ´ el´ ement, dont l’intersection
Tα