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Polarisation de la lumière diffuse du ciel

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Academic year: 2022

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HAL Id: jpa-00205171

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00205171

Submitted on 1 Jan 1925

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Polarisation de la lumière diffuse du ciel

M.V. Kartschaguin

To cite this version:

M.V. Kartschaguin. Polarisation de la lumière diffuse du ciel. J. Phys. Radium, 1925, 6 (1), pp.10-19.

�10.1051/jphysrad:019250060101000�. �jpa-00205171�

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POLARISATION DE LA LUMIÈRE DIFFUSE DU CIEL par M. V. KARTSCHAGUIN

Institut de Physique de l’Université de Moscou.

Sommaire. 2014 Des mesures du degré de polarisation de la lumière diffusée par le ciel ont été faites au moyen du photopolarimètre de Cornu dans la direclion du zénith et dans celle du maximum de polarisation à 90° du Soleil et dans l’azimut de celui-ci. On a

utilisé les rayons jaunes et bleus et accessoirement la lumière blanche non décomposée.

Résultats.

2014

La polarisation est d’autant plus grande que l’atmosphère est plus pure, et varie au cours de la journée de manière conforme à une formule proposée par Rubenson,

avec un minimum vers midi pour la direction à 90° du Soleil.

La polarisation est plus grande pour la lumière bleue que pour les lumières jaune ou blanche, la différence étant particulièrement nette dans la direction du maximum de

polarisation.

Les observations faites à Moscou pendant l’éclipse partielle de Soleil du 8 avril 1921 semblent indiqaer un retard dans l’apparition du minimum normal au milieu de la

journée.

i. Introduction. - Depuis la découverte par Arago (i) de la polarisation partielle de la

lumière diffusée par le ciel, un nombre considérable de savants ont approfondi les détails de ce pliénoinène. Ils ont mis en évidence qu’il existe des points dans le ciel où la polarisa-

lion est nulle, et ces points reçurent le nom de points neutres d’Arago, de Babinet (~) et de

Brewster (1), d’après les savants qui les trouvèrent. Le maximum de polarisation fut trouvé

dans le plan vertical du Soleil à 90° de celui-ci. Brewster donna un tableau de la distribution normale de la polarisation de la lumière du ciel conforlne aux conclusions de la théorie de Soret (~). Les observations de Jensen (~i et de Rubenson (1) établirent la variation diurne de la valeur de la polarisation au zénith et à 901 du Soleil dans l’azimut solaire. Crova (’) et

Mac Connel (8) ont observé la même variation du maximum de polarisation que Rubenson;

celui-ci proposa des formules qui expriment la variation diurne de cette quantité :

où P est le degré de polarisation; x, le temps en heures à partir de midi; a, b et k, des

constantes qui varient d’un jour à l’autre suivant l’état de l’atmosphère.

Nous pouvons considérer la polarisation au zénith et à 90° du Soleil dans l’azimut solaire comme les éléments les plus importants de la polarisation de la lumière diffusée par le ciel et, par suite, nous pouvons éclaircir le rôle de facteurs divers dans ce phénomène en

étudiant les déviations à partir de la marche diurne normale de ces éléments. Telles sont les conditions rnétéorologiques de l’atmosphère et la diminution de l’éclairage du ciel, déter-

minée par les éclipses du Soleil totales ou partielles.

Nous reproduisons dans le travail actuel les observations de la polarisation de la

lumière diffuse du ciel à V0° du Soleil que nous avons effectuées à Kalouga, en 1914; les

observations de la même quantité et de la polarisation au zénith que nous avons effectuées à Kiev avec la collaboration de M. Raiko pendant une éclipse de Soleil, en 1914, et enfin les

(1) ARAGO. (ll~r~t~res, t. 7, 10.

(=’) Comptes RenduB;, t. 11 (l~fUl, p GI0.

(Ü) ComptPS Rendus, t. 23. p. 233.

~

,{4) PER’UER-EB:NER. Meteoi-ologische Opflk (1922). p. 693.

(5) sl2eteorologi~cl~e ~eitschri ft (l~99), p. lt>8.

(1:) Mémoire sur la polarisation de la lumière atmosphérique. Upsala (1864).

(~ A nnales de Cltimie et Physique, t. 21 (1890). p. 203..

,

(zz) !~7~ilosol~hicctl ~’~Tccgrrâine,~ l. 27 (18~9), p. 92.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:019250060101000

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observations que nous avons effectuées à Moscou, en 1921. pendant une éclipse partielle

de Soleil.

Les résultats que nous commmuniquons actuellement ne furent pas publiés jusqu’à présent à cause de la guerre et des événements qui la suivirent.

2. Appareil. - Toutes les observations furent effectuées à l’aide du photopolarimètre

de Cornu (1). Cet appareil est constitué par un tube dont la partie supérieure porte un diaphragme avec une ou plusieurs ouvertures rectangulaires ; à l’autre extrémité du tube,

se trouve fixé un prisme de Wollaston ; ce prisme donne les images polarisées des entailles du diaphragme de façon que leurs bords se touchent. L’éclat de ces images, polarisées à angle droit, peut être égalisé à l’aide d’un prisme dp Nicol. La rotation du nicol se trouve

marquée sur un tambour. Le tube, muni du diaphragme et des prismes, peut tourner tout

entier autour d’un axe vertical et autour d’un axe horizontal, et peut être par conséquent dirigé vers un point quelconque du ciel.

Le degré de polarisation est mesuré par l’angle de rotation du nicol analyseur.

L’appareil fut modifié pour permettre les observations nocturnes, et pour observer la diminution graduelle de l’intensité de l’éclairage du ciel pendant les éclipses. Dans ce but, le prisme de Wollaston de petit angle et le diaphragme portant une série d’ouvertures furent

remplacés par un prisme à angle considérable et par un diaphragme avec une seule ouver-

ture carrée. Pour diriger commodément le tube vers le point à 90, du Soleil dans le plan

vertical de cet astre, un chercheur fut fixé à l’axe horizontal de l’instrnment, faisant un angle

de 90° avec l’axe du tube qui contient les prismes et le diaphragme. Un filtre a, qui laisse

passer les radiations de A

=

329 mji à ),

_

437 ffitJ4 (en moyenne ~

_

483 mp) permettait

d’effectuer les observations de la polarisation des rayons d’un domaine déterminé du

spectre. Pour observer les radiations de a = ~ i 0 mu. à ),

=

678 m~ (en moyenne i.

=

624 mp~)

à l’aide du second filtre b un autre appareil de Cornu, tout semblable au premier fut? installé;

ce fut 31. Raiko qui opéra avec cet appareil et nous donnions ses résultats simultanément

avec les nôtres.

Nous désignons la polarisation au zénith et à 90~ du Soleil pour la radialion ~-~ ==483 my.

respectivement par P_ et P,)O, les mêmes quantités pour la radiation ), = 62~. mu respecti-

vement par P’- et P’go. Les calculs furent faits à l’aide de la formule :

où c~~ et W2 sont deux lectures sur le tambour du nicol.

3. Observations faites à Kalouga et leurs résultats. - 21 juin, à 10 h. 30 mn (2), P,,o

=

0,18. Le vent intense N.-E., les nuages, la fumée des incendies de forêts ne per- mettent point d’observer.

22 juin, à 11 h 15 mn, Py~

=

0,29. -~lèmes conditions que la veille.

23 juin, à 1 h, jJ90 == 0,59; 1 h 23 mn, P,~o

=

0,59. Ciel clair, vent N.-E., fumée.

1 h 10 mis, P9U

-

~, Jô ; ~ h 40 mn, P~o

=

D,DG.

Les résultats de ces observations, peu nombreuses à cause du temps défavorable, permettent de tirer quelques conclusions. On met en évidence une diminution, presqu’une disparition de la polarisation, quand le point visé est couvert d’un nuage. On peut noter

aussi la valeur peu considérable de la polarisation le 30 juin et le 1 er juillet, si l’on remarque la présence de fumée dans l’air due à des incendies de forêts au voisinage de

la ville, et de l’autre côté une augmentation intense du degré de polarisation le 2 juillet après des chutes de pluie. Le 30 juin et le 4 juillet, on a constaté vers midi un minimum

no ta ble dans la variation diurne de la polarisation et, par conséquent, dans les conditions les (’) > P~L~.». Instrunlents d’OptiquE, fase. 3, p. 29.

~:2) Temps local.

(4)

12

plus favorables d’observation, la variation diurne de la quantité observée coïncide avec la marche établie par Rubenson.

30 juin.

1er juillet.

Le 2 juillet, pluie; le 3 juillet, nuages.

4 juillet.

(5)

13

4. Observations faites à Kiev et leurs résultats.

24 juillet.

Il pleut le 25 juillet.

26 juillet.

(6)

14

28 Juillet.

~n ~~,~mf

3 1 juillet.

(7)

3 aoiit.

! aoÛt.

Les conditions défavorables qui empêchaient tout le temps de faire des observ ations

régulières atteignirent leur maximum le 8 aoîlt, jour de l’éclipse de Soleil. Ce jour-ci, ainsi

que les 25, 26, 2 r, 29 juillet et les 1, 2, 5, 6, 7 août, le ciel était constamment couvert de nuages et les observations n’eurent point lieu. Nous n’avons donc réussi à observer ni l’influence de l’éclipse sur la valeur de la polarisation de la lumière diffusée par le ciel,

ni la polarisation des rayons de la couronne.

Nous pouvons cependant utiliser les résultats obtenus, pour éclaircir quelque; détails

(8)

16

du phénomène de la polarisation de la lumière diffuse du ci~l, et en suivre l’allure générale.

La formule de Rubenson

1

paraît fort bien applicable pour la valeur de la polarisation des rayons bleus (le ~3 juillet).

Temps local... 1~ h ?$ mn >1 h 36 mn 2h36mn 3 h 08 mn 3 h 24 fin 4 h 5~ mn

P~a calculé.... 0,37 0,41 0,45 0,48 0,49 0,5 i

13,~ observé ... 0,37 0,11 0,46 0,48 0,50 0,57

On peut appliquer une autre formule de Rubenson

pour la même valeur (le 3 aoîlt).

Les deux formules ne sont point applicables aux observations du 24 juillet. Les

observ ations des autres jours ne donnent aucune idée sur la marche de la valeur de la

polarisation, mais l’influence de l’état de l’atmosphère sur cette quantité y est néttelnent

marquée. Les nuages sont notés partout au moment de l’observation, nous constatons

une diminution de la polarisation au lieu de l’augmentation attendue.

Piltchikov (’) et Pernter (2j firent des observations sur des rayons de coloration déter- minée. O11 peut conclure des observations de Piltchikov que les rayons bleus sont plus inten-

sivelnent polarisés que les rayons rouges, quoique cette différence dépenle des vents qui

dominent au moment de l’observation. La valeur maximum de cette différence correspond

aux vents S.-E. et la valeur minimum et mème une valeur négative est constatée* avec les vents N.-O. et O.-N.-O. La lumière blanche fut, selon ses observations, polarisée au

.

maximum pour les vents S.-0. et 1T.-0. et le moins polarisée avec le vent S.-E./ d’où Pilt-

chikov conclut que ce sont les rayons rouges qui ont 1~111~1LlêlîCe principale, sillon prédomi- nante, sur la polarisation de la lumière blanche. Pernter trouve une polarisation maximum

pour les rayons verts avec iin ciel bleu, moins grande pour les rayons bleus et tout à fait

petite pour les rayons rouges. Avec un ciel blanchâtre, quand la polarisation est en général plus faible, les ra~-011s rouges ont la polarisation la plus marquée; les rayons verts se trouvent le llloins polarisés et les rayons bleus le sont davantage.

Les vents prédominants pendant les observations de Kiev furent les vents du X.- E., de

l’E. et du ~T.-~. Des cumulus passaient pendant toute la période d’observation. A partir de

9 h 50 mn, le 2G juillet, et de 1 h, le 3 août, le ciel devint clair et bleu, ce qui se fit sentir tout de suite par l’augrnentation considérable du degré de polarisation dans les deux points

visés. La différence des degrés de polarisation des rayons bleus et jaunes est évidente sur

les figures t, ~, 3, 4, 5, 6, est représentée la marche de la polarisation. Dans la direction du maximum de polarisation, cette différence est toujours positivc ;,au zénith, elle est plus petite et parfois inème négative. Les 3 et 4 août, nous avons réussi à observer simultané- ment la polarisation des rayons bleus et celle de la lumière blanche non décomposée. Le degré de polarisation.de la lumière blanche au zénith et dans la direction du 111maximum de

polarisation est moins grande que pour les rayons jaunes et bleus. Il nous fut impossible

d’éclaircir la question de l’influence des rayons jaunes et bleus sur la polarisation de la

lumière hlanche.

Si nous prenons les variations des valeurs P., /~, ~’~~ et P’90 pour des intervalles de (1) Co7~aptes Rendus, t. 115. p. ?)?S;).

(2) Der2kschri~’te~i der «’iene3° A kadenue, t. 73 (1901).

(9)

17

Fig. i.

-

26 juillet q Fig. 2. - 28 juillet.

Fig. 3. - 30 juillet. Fig. 4.

-

31 juillet.

Fig. 5.

-

3 août Fig. 6.

-

4 août

2

(10)

18

temps égaux dans chaque observation diurne, nous obtenons les valeurs moyennes de ces variations pour six observations diurnes (l’observation du 30 juillet est exclue).

Pour l’intervalle de 12 h 50 mn à 4 h 08 mn, on trouve

c’est-à-dire que la polarisation des rayons bleus et jaunes au zénith croît d’une même

quantité. La valeur de la polarisation au point maximum de la polarisation varie moins que celle du zénith, mais toujours de la même façon pour les rayons jaunes et bleus.

5. Observations faites à Moscou pendant l’éclipse partielle et leurs résultats.

-

L’éclipse partielle de Soleil produit quelques modifications dans l’éclat de l’atmosphère ;

il est donc désirable de mesurer le degré de polarisation de la lumière diffusée par le ciel dans ces conditions exceptionnelles pour des observations diurnes. Les observations se faisaient sur la tour de l’Institut de Physique de l’Université de Moscou ; elles ont donné les valeurs suivantes de P 90’

° ’

8 CLVI Z ,

La courbe (fig. 7) indique des variations accidentelles du degré de polarisation déter-

minées par les nuages, mais on voit aussi qu’elle ne manifeste aucune augmentation du

degré de polarisation après midi (2 h 30 mn); la courbe montre au contraire une diminu- tion et commence à monter seulement vers 4 heures. On peut émettre l’hypothèse que ce

déplacement du minimum est dû à l’éclipse.

(11)

On pourrait affirmer tout ceci avec plus de sûreté, si l’on déterminait la variation diurne normale de P 90 en observant cette quantité pendant plusieurs jours avant et après l’éclipse. Pour étudier l’influence de l’éclipse, on pourrait alors profiter de la courbe moyenne de ces observations ou bien trouver les valeurs moyennes des constantes dans les formules de Rubenson et en déduire la marche de P90 calculée pour un jour donné. Malheu- reusement, les conditions météorologiques, les nuages et la pluie même de la veille, la

variabilité du vent après le jour de l’éclipse rendaient ces observations impossibles ou

inutiles.

6. Résumé. - 1°

0

Des observations ont été effectuées sur la valeur de la polarisation

de la lumière diffusée par le ciel au zénith et à 90° du Soleil dans le plan vertical de cet astre pour les rayons jaunes et bleus;

::2° Une diminution du degré de polarisation est constatée toutes les fois que les points

visés sont couverts de nuages, mème à peine visibles à l’oeil;

3° Une augmentation du degré de polarisation est constatée avec l’augmentation de la transparence de l’atmosphère;

4° Il est établi que la marche diurne aù point de maximum de polarisation pour certains jours peut être exprimée par la formule de Rubenson (1);

5° Il est établi que le degré de polarisation des rayons bleus au point du maximum

est plus grand que celui des rayons jaunes. Au zénith, cette différence est moins grande, elle

est même parfois négative. Le degré de polarisation de la lumière blanche dans les deux

points visés est moins grand que le degré de polarisation des rayons bleus ;

6° La variation moyenne de Pz et P’z pendant un même laps de temps est la mème ;

elle est plus grande que la variation de P~~ et })/90 pour le même intervalle de temps ;

7° Il est démontré que le minimum normal pour la marche diurne de la valeur P90 ne correspond pas à midi au jour de l’éclipse partielle (8 avril 1921).

Nous tenons en dernier lieu à exprimer notre profonde gratitude à M. le Prof. Sokolov pour les précieuses indications et les conseils qu’il a bien voulu nous donner.

Manuscrit reçu le 12 novembre 1924.

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