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La polarisation anormale de la lumière diffusée par les
cristaux
Jean Barriol, Alfred Frühling
To cite this version:
98
(Plus
tard,
en il semble avoir éliminé toutes -lesapproximations
élevées,
et s’est arrêté aux maillesà 8
atomes).
Dans le cas de Na CI il y aurait parconséquent
àenvisager
i atome de chlore et i desodium.
Une
propriété
de la théorie de Raman est que les atomes successifsdisposés
suivant les trois directions de lamaille,
en accord ou enopposition
dephase
l’un parrapport
àl’autre,
conduisent ainsi auxreprésentations
symboliques
-~ -E- -~-, -~-- ~--.Dans la théorie
cyclique
duréseau,
toutes lesvibrations sont
considérées,
mais Blackman(igà5)
a montré que dans le cas à troisdimensions,
enconsi-dérant le cas
simple
d’un cristalmonoatomique,
la
partie
laplus
intense du fond continu est cellequi
est due à desphases
~2’ ~3
telles que sin 4J =o,
c’est-à-dire (D = o ou ;., de sorte
qu’un
maximumcorrespondant
peut
êtrereprésenté
par roo, no, etc.L’analogie
estfrappante.
Les maxima d’intensité de Blackmancorrespondent
aux raies discontinues de Raman. Bien que les bases del’interprétation
soient
différentes,
il existe une concordance ausujet
des
phases.
°Remercîments, - Nous
exprimons
nosremer-ciements à Adam
Hilger
Ltd pour lagrande
aidequ’ils
ontapportée
à J. Skinner et les facilitésqu’ils
ont fournies pour lapoursuite
desexpériences.
BIBLIOGRAPHIE. BLACKMAN, Z. Physik, 1988, 86, p. 421; Proc. Roy. Soc. A.,
1935), 148, p. 365;
1935,
149, p. 117; 1937, 159, p. 416; 1938, 164, p. 62; Proc. Camb. Phil. Soc., 1937, 33, p. 94. BORN, Nature, 1947, 159, p. 266; Z. Physik, 1932, 76, p. 559. BORN et BLACKMAN, Z. Physik, 1933, 82, p. 551; Proc.Roy.Soc. A., 1947, 188, p. 161.
KELLERMAN, Phil. Trans. A., 1940, 238, p. 513.
R. S. KRISHVAN, Proc. Ind. Acad. Sc. A., 1943, 18, p. 298; Nature, 1945, 155, p. 171 ; 1845), 156, p. 267; 1946, 157,
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RAMAN, Proc. Ind. Acad. Sc., 1941, p. 459; 1943, p. 1.
RASETTI, Leipziger Vorträge (Moleküfsfruktur, 1931, p. 59).
LA POLARISATION ANORMALE DE LA
LUMIÈRE DIFFUSÉE
PAR LES CRISTAUX(1)
Par JEAN BARRIOL et ALFREDFRÜHLING.
Sommaire. - La théorie
classique de Placzek prévoit, pour les fréquences symétriques de l’ion CO3 des cristaux de carbonates, un tenseur de polarisabilité diagonal, et, par suite, un facteur de dépolarisation nul. Or, l’expérience donne dans certains cas, pour ce facteur, la valeur o,3. Ces anomalies peuvent
s’expliquer dans le cas des cristaux du système orthorhombique, soit par une influence des deux vecteurs
de propagation des radiations incidente et diffusée, soit comme dues à une interaction entre les fréquences des ondes élastiques du spectre acoustique du cristal et des vibrations internes.
LE JOURNAL DE PHYSIQUE ET LE RADIUM. SÉRIE VIII, TOME IX, MARS t 948.
Un certain nombre de mesures
précises
sur la calcite effectuées par J. Cabannes et D. Osborne[1 l
ont mis en évidence unepolarisation
anormale de la raie de diffusion de la calcitecorrespondant
à lafréquence
totalementsymétrique
de l’ionC03
située à 1088 cm-1. Ces résultats ont été étendus par Mlle Couture[2]
àl’aragonite
et aux autrescarbonates
orthorhombiques qui présentent
tous les mêmes anomalies considérables.Rappelons-en
la nature dans ce dernier cas. La théorie
classique
de Placzekprévoit
alors un tenseur despolarisabilités
diagonal,
c’est-à-dire dont les seuls éléments non nuls sont situés sur ladiagonale principale.
Il (1) Communication au Colloque de Spectroscopie iiiolé-culaire, Paris, mai 1947.devrait en résulter une
polarisation complète
de la lumière diffusée dans les conditionsexpérimentales
choisies(excitation
et diffusion suivant les axes ducristal). L’expérience
donne au contraire les résultatssuivants pour valeur du facteur de
dépolarisa-tion ?
=~~
(OX
désignant
la direction de la lumièreexcitatrice et
OY,
celle de la lumièrediffusée) :
i ? estnul,
en accord avec la théorieclassique
si OX estdirigé
suivant la normaleOx,
auplan
desC03,
mais il est de l’ordre deo,3
lorsque
OX est dans leplan
desC03.
Deplus,
on a : all =a22 = 2 a33’ Il est
immédiat de constater
l’impossibilité
derepré-senter exactement l’ensemble de ces résultats au
, moyen d’un
tenseur;
deplus,
une tellereprésen-tation
qui
ne saurait être quegrossièrement
99
approchée
exigerait
tout au moins l’introduction d’un terme al2 de l’ordre degrandeur
des termes de ladiagonale principale,
cequi
semble aupre-mier abord peu
compatible
avec lasymétrie
ducristal.
Les
expériences précédentes
ont été faites avecexcitation en lumière naturelle. Des mesures
analogues
ont été effectuées parFrühling
[3]
auLaboratoire de 1VI.
Kastler,
enopérant
sur unmonocristal de
benzène,
avec excitation en lumièrepolarisée,
et ont corlduit à des anomaliesanalogues
en ce
qui
concerne la raie totalementsymé-trique
gg2 cm-1. Il est à noter que la raie totalementsymétrique
à 8062 cm-1présente
également
quali-tativement les mêmes anomalies. Lephénomène
apparaît
ainsi commegénéral,
et nous avonsessayé
d’en
analyser
les causes en nous limitant au casd’un cristal
orthorhombique.
La
première
explication
que nous avons tentée consiste à tenircompte
de ce que lephénomène
estrégi
non pas en vérité par lasymétrie
du cristalconsidérée
seule,
mais bienplutôt
par celle dusystème
danslequel
on aparticularisé
une directiond’éclairement et une direction d’observation. Si l’on cherche
à
préciser
la nature de cette influence desdirections de l’éclairement et de la
diffusion,
on voitqu’elle
nepeut
tenirqu’à
la différence de marche de la lumière entre les différentspoints
du cristal lelong
de cesdirections,
autrement dit aucaractère fini de la
longueur
d’onde excitatrice. Il est doncindiqué
dereprésenter
l’influence de ces deux directions en introduisant les deux vecteurs depropagation
k et k’ des radiations incidentes etdiffusées,
dont lalongueur
égale ?
Î.-1 diminuequand
lalongueur
d’ondeaugmente,
de manière à obtenirà la limite pour Î. infini une valeur nulle de ces
quantités
justement
dans le cas de validité de la théorie de Placzek.Nous poserons ainsi que le tenseur des
polari-sabilités
[G]
qui régit
ladépendahce
entre le momentélectrique
de la maille et lechamp
excitateur doitdépendre
non seulement de la coordonnée internede vibration q,, mais encore de k et de k’. Nous n’écrirons pas pour
simplifier
laéoordonnée q 0
qui
demeure invariante pour toutes lesopérations
dugroupe
de la maille..Ladépendance
entre leséléments de
[ G]
et lescomposantes
dek,
k’ doit être tellequ’elle
soitcompatible
avec lasymétrie
du cristal. Pour les termesindépendants
dek, k’,
on retrouve un tenseur
diagonal.
Il nepeut
exister de termes dupremier degré,
car dans la rela-tion M =[G]
E,
l’inversionchangerait
lesigne
des termes defauche,
et laisserait invariant ceux dedroite. En ce
qui
concerne les termes du seconddegré,
considérons d’abord ceuxqui
sont bilinéairespar
rapport
à k et k’. La considération des trois rotations binaires entraîne la forme suivante pour cettepartie
du tenseur :Il y aurait
également
à
considérer les termes du seconddegré
parrapport
auxcomposantes
soit dek,
soit de k’. Enpratique
ces termesdisparaissent
dans les conditionsd’expérience qui
sonttoujours
faitesavec k et k’ suivant les axes du cristal. La
plupart
des termes bilinéaires sont eux-mêmes
nuls,
detelle sorte que les nouveaux ’termes introduits ne
peuvent
tout auplus représenter
qu’une
partie
des anomalies observées. Dans le cas où ces termes existent
réellement,
il està
penserqu’ils
doiventdépendre
de lalongueur
d’ondeexcitatrice,
et queleur
importance,
et parsuite,
les anomaliesqui
leur sont liées doivent diminuerquand
lalongueur
d’onde croît. Des
expériences préliminaires
ont semblé confirmer ce résultat que nous chercheronsà vérifier sur un intervalle de
longueur
d’ondeplus
important.
Une seconde
explication possible
consisteraità essayer
d’interpréter
les anomalies observéescomme dues au
spectre
des vibrationsacous-tiques
ducristal,
au sens de Born. La raie dediffusion
correspondant
à lafréquence Raman v0
serait ainsi lasuperposition
de raies de combi-naison’) 0 + ’),
où -,,désigne
unefréquence
de vibrationacoustique,
c’est-à-direcorrespond
à unevibration u = uo cos 27r
(yi -
y-r)) X
étant le vec-teur depropagation
de
l’ondeacoustique.
Nousavons encore dans ce cas le tenseur des
polari-sabilités
[G]
fonction de deux vecteurs Uo et z, et nous devons nous attendre à unedépendance
du mêmetype
quedans
le casprécédent.
Il suffit deremplacer
k et k’respectivement
par uo et x. Le mécanisme de ces anomaliescorrespondrait
à une interaction des ondesélastiques
et des vibra-tions internes. Dans le cas de la calcite comme dans celui del’aragonite,
l’arrangement
des ions étantparti-culièrement dense dans tes
plans
contenant lesC03,
il semble vraisemblable que cette interaction intéressera au maximum les ondesélastiques
ayant
leur vecteurdéplacement
dans cesplans,
ainsi que les vibrations internescorrespondant
à une dila-tationimportante
desions,
cequi
estjustement
le cas pour la vibration totalesymétrique.
Si nous admettons que l’action d’undéplacement
u normal auplan
desC03
est sanseffet,
nous aurons, en nous100
la direction étant
prise
normalement auplan
desC03.
Nous retrouvonsjustement
le terme correctif leplus important
introduit par lesexpériences
de Couture.Nous pouvons remarquer que le mécanisme que
nous proposons pour
expliquer
les anomalies depolarisation
est àrapprocher
de celuiqui
intervient lors de ladiffusion
Rayleigh;
dans les deux cas, ce seraient les ondesacoustiques qui
interviendraient. Il faut noter d’ailleurs que cetteanalogie
ne saurait êtrecomplète.
Eneffet,
les ondesqui
interviennent dans la diffusionRayleigh
doivent avoir leur vecteur depropagation
de direction biendéterminée,
de manière à satisfaire à la loi de conservation del’im-pulsion [4] (fig. i).
Aucontraire,
dans le cas d’unePig. 1.
raie
Raman,
cette même condition fait intervenirà la fois le vecteur de
propagation xo
de la vibrationinterne et le
vecteur /
de l’ondeacoustique
pertur-batrice dont la
longueur
est relativementpetite
puisque
1 z
1 == I k
=il,
) étant ici faible. Ladirec-.
tion de ce vecteur n’est pas ici définie
(fig. 2),
etl’expérience
montre en fait que dans certains cas,la raie
Rayleigh
et la raie Raman ont des caractèresde
polarisation
voisins,
mais que dans d’autres cas, ils sont notablement différents.Signalons
enfin que nous avons été conduits à écarter d’autrestypes
d’explication
qui pouvaient
seprésenter
commeplausibles
àpremière
vue. C’est ainsi que l’onpouvait
être amené à considérerl’influence des fluctuations d’orientation des ions ou molécules. Outre que l’on ne voit pas bien
comment ce serait la vibration la
plus
symétrique
hig. 2.
qui
se trouverait ainsiaffectée,
il faut remarquerqu’il
nepeut
s’agir
del’énergie
d’agitation
ther-mique,
celle-ci serépartissant
enénergie
d’oscil-lation
correspondant
à
despivotements
dont la considération serait liée à l’existence defréquences
de combinaison de lafréquence
interne u o et desfréquences
depivotement,
soit unphénomène
toutdifférent et
qui
ne semble pas avoir été observé. Le seulphénomène qui
n’entraîne pas de modifi-cation de lafréquence
serait la fluctuation d’orien-tationprévue
par lamécanique
ondulatoire pour tout oscillateur. Les divers ions ou moléculesayant
leur mouvement enphase,
l’influence de ces fluctua-tionsdisparaît
en moyenne, et ne saurait de ce faitexpliquer
les anomalies observées.BIBLIOGRAPHIE.
[I] J. CABANNES et D. OSBORNE, C. R. Acad. Sc., 1931, 193,
p. 156.
[2] L. COUTURE, Thèse de Doctorat, Paris, 1946.
[3] A. FRÜHLING, Communication au