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1 Caract` ere additif et mesure auto-duale globaux

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Academic year: 2022

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(1)

Expos´e III :

Construction des noyaux globaux par la formule de Poisson

Laurent Lafforgue

Expos´ e ` a l’IH´ ES le 24 juin 2008

1 Caract` ere additif et mesure auto-duale globaux

Choisissons une fois pour toutes un caract`ere additif non trivial ψq :Fq→C×.

En toute placex∈ |X|, il induit un caract`ere additif du corps r´esiduel ψqx:κ(x)−→Tr Fq

ψq

−→C×, d´efini par composition avec l’homomorphisme de trace

Tr :κ(x)→Fq.

Puis consid´erons une forme diff´erentielle rationnelle non nulleωX sur la courbeX.

En toute placex∈ |X|, la composition de l’homomorphisme de r´esidu Res et du caract`ere additif r´esiduel ψqx d´efinit un caract`ere additif non trivial du corps local Fx

ψx : Fx → C×,

a 7→ ψqx(Res(a·ωX)).

On remarque que le conducteur Nψx de ψx est ´egal `a l’ordre d’annulation (ou de pˆole, si c’est un entier n´egatif) de la forme diff´erentielle rationnelleωX au point xde la courbeX. En particulier, le caract`ereψx est r´egulier si et seulement si la formeωX est r´eguli`ere au pointx.

En presque toute placex∈ |X|, ωX est r´eguli`ere si bien queψxest trivial surOx. On peut donc d´efinir le produit de tous lesψx,x∈ |X|, en tant que caract`ere additif

ψ= Y

x∈|X|

ψx:AF = aY

x∈|X|

Fx→C×.

On connaˆıt le lemme suivant :

(2)

Lemme III.1.–Le caract`ere additif non trivialψq :Fq →C×´etant fix´e, les caract`eres additifsψ:AF →C× associ´es comme ci-dessus `a une forme diff´erentielle rationnelle non nulleωXde la courbeX sont exactement les caract`eres additifs continus non triviaux

AF →C×

dont la restriction au sous-groupe discret cocompactF deAF est triviale.

Fixons d´esormais la formeωX, donc aussi le caract`ereψ:AF →C× et ses composantesψx:Fx→C×. Sur l’extensionE deF, on dispose de l’homomorphisme de trace deE surF

Tr :E→F .

En toute placex∈ |X|, son produit tensoriel avecFxsurFest l’homomorphisme de trace local d´ej`a rencontr´e Tr :Ex→Fx.

Il envoieOEx dontOFx.

Enfin, son produit tensoriel avecAF est l’homomorphisme global de trace Tr :AE →AF.

Il se confond avec la somme sur toutes les placesx∈ |X|des homomorphismes locaux de trace Tr :Ex→Fx. En toute placex∈ |X|, on dispose du caract`ere additif non trivial d´efini par composition

ψx◦Tr :Ex→Fx→C×.

Le produit sur toutes les placesx∈ |X| de ces caract`eres n’est autre que le compos´e ψ◦Tr :AE →AF →C×.

Il est trivial sur le sous-groupe discretE deAE.

Comme dans la discussion qui pr´ec`ede l’´enonc´e de la proposition I.15 du paragraphe I.6, munissons chaque Ex,x∈ |X|, de la mesure de Haar additive dtx qui attribue au sous-groupe ouvert compactOEx le volume qxNψx.

On dispose alors de laψx-transformation de Fourier locale fx7→

x:t0x7→fˆx(t0x) = Z

Ex

dtx·fx(tx)·ψx◦Tr(tx·t0x)

et de sa r´eciproque, la ¯ψx-transformation de Fourier locale fx7→

t0x7→

Z

Ex

dtx·fx(tx)·ψ¯x◦Tr(tx·t0x)

. MunissonsAE de la mesure de Haar additive produitdt= N

x∈|X|

dtx. On a le th´eor`eme suivant :

Th´eor`eme III.2.– (i)La transformation

f 7→

fˆ:t0 7→fˆ(t0) = Z

AE

dt·f(t)·ψ◦Tr(t·t0)

(3)

d´efinit un automorphisme de l’espace des fonctions localement constantes `a support compact surAE. On l’appelle laψ-transformation de Fourier sur AE.

Son automorphisme r´eciproque n’est autre que laψ-transformation de Fourier sur¯ AE : f 7→

t07→

Z

AE

dt·f(t)·ψ¯◦Tr(t·t0)

(ii)(Formule de Poisson)

Pour toute fonction localement constante `a support compact f sur AE, on a X

δ∈E

f(δ) =X

δ∈E

fˆ(δ).

Sif est une fonction sur AE de la forme

f = O

x∈|X|

fx

o`u chaquefxest une fonction localement constante `a support compact surEx et o`u, en presque toute place x,fxest la fonction caract´eristique 1IOEx deOEx, on a

fˆ= O

x∈|X|

x.

Autrement dit, laψ-transformation de Fourier globale surAEest le produit tensoriel, sur toutes les places x∈ |X|, desψx-transformations de Fourier locales sur Fx.

2 Construction locale et identification des termes compl´ ementaires

Dans ce paragraphe, fixons une placex∈ |X|.

Nous avons introduit dans le paragraphe I.4 les fonctions de Whittaker Wx,λH,ψx

:H(Fx) = GL2(Fx)→C associ´ees aux choix du caract`ere additif non trivial

ψx:Fx→C× et d’une paire de nombres complexes unitairesλ= (λ1, λ2).

Nous avons besoin d’introduire d’autres fonctions

Vx,λH,Nψx : GL2(Fx)→C

qui vont permettre de r´einterpr´eter les “valeurs en 0” calcul´ees dans le paragraphes II.6.

Proposition III.3.– Soitλ= (λ1, λ2) un couple de nombres complexes de module1.

Consid´erons la fonction

Vx,λH,Nψx

: GL2(Fx)→C

(4)

qui associe `a tout ´el´ement ´ecrit sous forme d’Iwasawa, g=

µ1 0 0 µ2

· 1 u

0 1

·g, la valeur

Vx,λH,Nψx

(g) =q

x(µ2 )−x(µ1 )+Nψx

x 2 ·λx(µ1 1)−Nψx ·λx(µ2 2). Alors cette fonction v´erifie les propri´et´es suivantes, qui la caract´erisent :

• elle est invariante `a droite par Kx,0H = GL2(Ox);

• elle est invariante `a gauche par le radical unipotent NB(Fx) =

1 u 0 1

u∈Fx

;

• Vx,λH,Nψx

∗hx=SxH(hx)(λ1, λ2)·Vx,λH,Nψx

,∀hx∈ HHx,∅;

• pour tout ´el´ementγ0∈Fx× de valuation x(γ0) =Nψx, on a Vx,λH,Nψx

γ0 0

0 1

= 1 ;

• on a

Vx,λH,Nψx

γ1 0 0 γ2

·g

= λ1

q

1

x2

!x(γ1)

·(q

1

x2 ·λ2)x(γ2)·Vx,λH,Nψx

(g), ∀γ1, γ2∈Fx×.

Remarque.A la diff´` erence des fonctions de Whittaker Wx,λH,ψx

, les fonctionsVx,λH,Nψx

d´ependent de l’ordre des deux composantes λ1 et λ2 de λ = (λ1, λ2). C’est pourquoi les quatre premi`eres propri´et´es ´enonc´ees dans la proposition ci-dessus ne suffisent pas `a les caract´eriser.

De mˆeme que nous avions introduit dans la d´efinition I.13 du paragraphe I.5 les “noyaux locaux”

Kx,PG,H,ψx

x :G(HF)×H(Fx)→C, on pose la d´efinition que voici :

D´efinition III.4.– On note

Kx,PG,H,0

x :G(Fx)×H(Fx)→C les fonctions d´efinies de la mani`ere suivante :

• Dans le cas o`u la placexse scinde dansE en deux placesx1 etx2, Kx,PG,H,0

x (t, g) = Z

|λ|=1

dλ·Px(λ, λ)·ΦGx,(λ,λ)(t)·Vx,(λ,λ)H,Nψx(g) o`u

Pxest un polynˆome, ´el´ement deC[X1±1, X2±1],

t est ´el´ement deG(Fx) =Ex×=E×x1×Ex×2 =Fx××Fx×, g est ´el´ement de H(Fx) = GL2(Fx),

λd´ecrit le cercle unit´e deC×,

dλ d´esigne la mesure invariante de volume 1sur ce cercle.

(5)

• Dans le cas o`u la placexreste inerte dansE, Kx,PG,H,0

x (t, g) = Z

|λ|=1

dλ·Px2)·ΦGx,λ(t)·Vx,(λ,−λ)H,Nψx (g) o`u

Pxest un polynˆome pair, ´el´ement deC[X±2], t d´ecritG(Fx) =Ex×,

g d´ecritH(Fx) = GL2(Fx), λetdλ sont comme plus haut.

Les fonctions

Kx,PG,H,0

x :G(Fx)×H(Fx)→C sont invariantes `a droite parK0,xG ×K0,xH .

Pour toute fonction sph´eriquehx∈ HHx,∅, on a la formule Kx,PG,H,0

x ∗hx=Kx,PG,H,0

x−1x(hx))

o`u le premier produit de convolution ∗ est relatif `a la variable gx ∈ H(Fx) et le second ∗−1 `a la variable t−1x ∈G(Fx).

Enfin, on a pour toute fonction sph´eriqueϕx∈ HGx,∅

Kx,PG,H,0

x−1ϕx=Kx,PG,H,0

x·SxGx). L’introduction des fonctions Kx,PG,H,0

x dans la d´efinition III.4 ci-dessus est justifi´ee par la proposition suivante :

Proposition III.5.– Dans la situation et avec les notations ci-dessus, et pour tout caract`ere multiplicatif (´eventuellement ramifi´e)

ω:Fx×→C×, les deux fonctions surFx×

t7→fψ0(t) =ω(Nm(t))−1· |Nm(t)|x12 · Z

Fx×

dµ·ω(µ)·Kx,PG,H,0

x

t,

µ 0 0 1

·g

,

t7→fψ00(t) =ω(Nm(t))· |Nm(t)|x12 · Z

Fx×

dµ·ω(µ)·Kx,PG,H,0

x

t−1,

0 1 1 0

· µ 0

0 1

·g

, sont constantes.

Elles co¨ıncident avec les valeurs en0 des deux fonctions localement constantes `a support compact surEx

dont les restrictions `aEx× sont d´efinies par fψ(t) =ω(Nm(t))−1· |Nm(t)|x12 ·

Z

Fx×

dµ·ω(µ)·Kx,PG,H,ψ

x

t,

µ 0 0 1

·g

,

fψ0(t) =ω(Nm(t))· |Nm(t)|x12 · Z

Fx×

dµ·ω(µ)·Kx,PG,H,ψ¯

x

t−1,

0 1 1 0

· µ 0

0 1

·g

.

(6)

D´emonstration.Comme dans l’´enonc´e des corollaires II.13 et II.14 du paragraphe II.6, nous allons utiliser les deux d´ecompositions d’Iwasawa de l’´el´ement gde GL2(Fx)

g=

µ1 0 0 µ2

· 1 u

0 1

·g,

g=

µ01 0 0 µ02

· 1 0

u0 1

·g0.

Traitons d’abord le cas o`u la placexse scinde dansEen deux placesx1etx2. On peut supposer quePx

est un monˆome, de la formeX1−k1·X2−k2. Alors on peut ´ecrire

Kx,PG,H,0

x

t,

µ 0 0 1

·g

= Z

|λ|=1

dλ·Px(λ, λ)·ΦGx,(λ,λ)(t)·Vx,(λ,λ)H,Nψx

µ 0 0 1

·g

avec

ΦGx,(λ,λ)(t) =λx(Nm(t)) et

Vx,(λ,λ)H,Nψx

µ 0 0 1

·g

=q

x(µ2 )−x(µ1 )+Nψx

x 2 ·λx(µ1)+x(µ2)−Nψx · λ q

1

x2

!x(µ)

. Par cons´equent, la fonction

Kx,PG,H,0

x

t,

µ 0 0 1

·g

est support´ee dans la zone d´efinie par la condition

k1+k2+x(Nm(t)) =x(µ1µ2) +x(µ)−Nψx, et elle vaut dans cette zone

q

x(µ2 )−x(µ1 )+Nψx

x 2 ·qx12x(µ). L’int´egrale

Z

Fx×

dµ·ω(µ)·Kx,PG,H,0

x

t,

µ 0 0 1

·g

s’annule si le caract`ere ω est ramifi´e. Si au contraire il est non ramifi´e, de valeur proprezω, cette int´egrale vaut

q

x(µ2 )−x(µ1 )+Nψx

x 2 · zω

q

1

x2

!k1+k2+x(Nm(t))−x(µ1µ2)+Nψx

= zωx(Nm(t))·q

1 2x(Nm(t))

x ·zωNψx ·zωk1+k2−x(µ1µ2)·qx(µ2)−

k1 +k2

x 2 .

On voit que la fonction fψ0(t) est constante comme annonc´ee. D’apr`es la premi`ere formule du corol- laire II.13, sa valeur co¨ıncide avec la valeur en 0 de la fonctionfψ(t).

Consid´erons maintenant la fonction Kx,PG,H,0

x

t−1,

0 1 1 0

· µ 0

0 1

·g

. Elle est support´ee dans la zone d´efinie par la condition

k1+k2−x(Nm(t)) =x(µ01µ02) +x(µ)−Nψx,

(7)

et elle vaut dans cette zone

q

x(µ0 1 )−x(µ0

2 )+Nψx

x 2 ·q

1 2x(µ)

x .

L’int´egrale

Z

Fx×

dµ·ω(µ)·Kx,PG,H,0

x

t−1,

1 0 0 1

· µ 0

0 1

·g

s’annule si le caract`ere ω est ramifi´e. Si au contraire il est non ramifi´e, de valeur proprezω, cette int´egrale vaut

q

x(µ0 1 )−x(µ0

2 )+Nψx

x 2 ·

q

1

x2 ·zω

k1+k2−x(Nm(t))−x(µ01µ02)+Nψx

= zω−x(Nm(t))·q

1 2x(Nm(t))

x ·(zω·qx)Nψx ·zk1+k2−x(µ

0 1µ02)

ω ·q

k1 +k2 2 −x(µ02)

x .

On voit que la fonctionfψ00(t) est constante comme annonc´ee. D’apr`es la seconde formule du corollaire II.13, sa valeur co¨ıncide avec la valeur en 0 de la fonctionfψ0(t).

Traitons maintenant le cas o`u la placexreste inerte dansE. On peut supposer quePxest un monˆome, de la formeX−2k.

Alors on peut ´ecrire Kx,PG,H,0

x

t,

µ 0 0 1

·g

= Z

|λ|=1

dλ·Px2)·ΦGx,λ(t)·Vx,(λ,−λ)H,Nψx

µ 0 0 1

·g

avec

ΦGx,λ(t) =λx(Nm(t)) et

Vx,(λ,λ)H,Nψx

µ 0 0 1

·g

=q

x(µ2 )−x(µ1 )+Nψx

x 2 ·λx(µ1)+x(µ2)−Nψx· λ qx12

!x(µ)

·(−1)x(µ2). Par cons´equent, la fonction

Kx,PG,H,0

x

t,

µ 0 0 1

·g

est support´ee dans la zone d´efinie par la condition

2k+x(Nm(t)) =x(µ1µ2) +x(µ)−Nψx, et elle vaut dans cette zone

(−1)x(µ2)·q

x(µ2 )−x(µ1 )+Nψx

x 2 ·qx12x(µ). L’int´egrale

Z

Fx×

dµ·ω(µ)·Kx,PG,H,0

x

t,

µ 0 0 1

·g

s’annule si le caract`ere ω est ramifi´e. Si au contraire il est non ramifi´e, de valeur proprezω, cette int´egrale vaut

(−1)x(µ2)·q

x(µ2 )−x(µ1 )+Nψx

x 2 · zω

qx12

!2k+x(Nm(t))−x(µ1µ2)+Nψx

= zx(Nm(t))ω ·q

1 2x(Nm(t))

x ·(−1)x(µ2)·zωNψx ·zω2k−x(µ1µ2)·qxx(µ2)−k.

(8)

On voit que la fonction fψ0(t) est constante comme annonc´ee. D’apr`es la premi`ere formule du corol- laire II.14, sa valeur co¨ıncide avec la valeur en 0 de la fonctionfψ(t).

Consid´erons la fonction

Kx,PG,H,0

x

t−1,

0 1 1 0

· µ 0

0 1

·g

. Elle est support´ee dans la zone d´efinie par la condition

2k−x(Nm(t)) =x(µ01µ02) +x(µ)−Nψx, et elle vaut dans cette zone

(−1)x(µ01)+x(µ)·q

x(µ0 1 )−x(µ0

2 )+Nψx

x 2 ·qx12x(µ)= (−1)x(µ02)·(−1)Nψx·q

x(µ0 1 )−x(µ0

2 )+Nψx

x 2 ·qx12x(µ). L’int´egrale

Z

Fx×

dµ·ω(µ)·Kx,PG,H,0

x

t−1,

1 0 0 1

· µ 0

0 1

·g

s’annule si le caract`ere ω est ramifi´e. Si au contraire il est non ramifi´e, de valeur proprezω, cette int´egrale vaut

(−1)x(µ02)·(−1)Nψx·q

x(µ0 1 )−x(µ0

2 )+Nψx

x 2 ·(q

1

x2 ·zω)2k−x(Nm(t))−x(µ01µ02)+Nψx

= zω−x(Nm(t))·qx12x(Nm(t))·(−1)x(µ02)·(−zω·qx)Nψx ·z2k−x(µ

0 1µ02)

ω ·qk−x(µ

0 2)

x .

On voit que la fonction fψ00(t) est constante comme annonc´ee. D’apr`es la seconde formule du corol- laire II.14, sa valeur co¨ıncide avec la valeur en 0 de la fonctionfψ0(t).

Cela termine la preuve de la proposition III.5.

3 Construction de noyaux globaux de la fonctorialit´ e

Consid´erons une familleP = (Px)x∈|X|de polynˆomes index´es par les placesx∈ |X|, telle que

• en toute placexscind´ee dansE,Pxest ´el´ement de C[X1±1, X2±1],

• en toute placexinerte dansE,Pxest ´el´ement de C[X±2],

• en presque toute placex∈ |X|, le polynˆomePxest ´egal `a 1.

On peut alors d´efinir les fonctions globales suivantes des variables t = (tx)x∈|X| ∈ G(AF) = A×E = Q

`

x∈|X|

Ex× et g= (gx)x∈|X|=H(AF) = GL2(AF) = `Q

x∈|X|

GL2(Fx) :

KPG,H,ψ(t, g) = Y

x∈|X|

Kx,PG,H,ψ

x (tx, gx) KPG,H,0(t, g) = Y

x∈|X|

Kx,PG,H,0

x (tx, gx)

Nous allons d´emontrer :

Th´eor`eme III.6.– Pour toute famille de polynˆomes P= (Px)x∈|X|comme ci-dessus, la fonction des deux variablest∈G(AF) =A×E etg∈H(AF) = GL2(AF)

KPG,H,ρ(t, g) = X

δ∈E×,γ∈F×

KPG,H,ψ

δt, γ 0

0 1

·g

+ X

γ∈F×

KPG,H,0

t, γ 0

0 1

·g

(9)

est aussi ´egale au produit de la fonction (t, g)7→ X

δ∈E×,γ∈F×

KPG,H,ψ¯

δt, 0 1

1 0

· γ 0

0 1

·g

+ X

γ∈F×

KPG,H,0

t, 0 1

1 0

· γ 0

0 1

·g

et du signe

ε= Y

x∈|X|

xinerte dansE

(−1)Nψx.

La fonction

A×E×GL2(AF)→C (t, g)7→KPG,H,ρ(t, g)

est invariante `a droite par le sous-groupe ouvert compact maximalK0G×K0H=OA×

E×GL2(OA)et invariante

`

a gauche par le sous-groupe discretE××GL2(F).

D´emonstration. Translater par un ´el´ement t ∈ A×E dans les fonctions KPG,H,ψ(•,•), KPG,H,0(•,•) et KPG,H,ψ¯(•,•) ´equivaut `a multiplier certains des polynˆomesPxpar un monˆome.

Pour d´emontrer l’´egalit´e de la premi`ere assertion du th´eor`eme, on peut donc supposer quet= 1.

Il est ´equivalent de prouver que, pour tout caract`ere automorphe unitaire ´eventuellement ramifi´e ω= Y

x∈|X|

ωx:F×\A×F →C×,

on a l’´egalit´e

X

δ∈E×

Z

A×F

dµ·ω(µ)·KPG,H,ψ

δ, µ 0

0 1

·g

+ Z

A×F

dµ·ω(µ)·KPG,H,0

1, µ 0

0 1

·g

= ε·

X

δ∈E×

Z

A×F

dµ·ω(µ)·KPG,H,ψ¯

δ−1, 0 1

1 0

· µ 0

0 1

·g

+ Z

A×F

dµ·ω(µ)·KPG,H,0

1, 0 1

1 0

· µ 0

0 1

·g .

Or on a les d´ecompositions en produits Z

A×F

dµ·ω(µ)·KPG,H,ψ

t, µ 0

0 1

·g

= Y

x∈|X|

Z

Fx×

x·ωxx)·Kx,PG,H,ψx

x

tx,

µx 0

0 1

·gx

,

Z

A×F

dµ·ω(µ)·KPG,H,0

1, µ 0

0 1

·g

= Y

x∈|X|

Z

Fx×

x·ωxx)·Kx,PG,H,0

x

1,

µx 0

0 1

·gx

,

(10)

Z

A×F

dµ·ω(µ)·KPG,H,ψ¯

t−1, 0 1

1 0

· µ 0

0 1

·g

= Y

x∈|X|

Z

Fx×

x·ωxx)·Kx,PG,H,ψ¯x

x

t−1x ,

0 1 1 0

·

µx 0

0 1

·gx

,

Z

A×F

dµ·ω(µ)·KPG,H,0

1, 0 1

1 0

· µ 0

0 1

·g

= Y

x∈|X|

Z

Fx×

x·ωxx)·Kx,PG,H,0

x

1,

0 1 1 0

·

µx 0

0 1

·gx

.

L’´egalit´e voulue r´esulte alors de la formule de Poisson pour le sous-groupe discretE deAE (c’est-`a-dire du th´eor`eme III.2(ii)), du th´eor`eme I.16 et de la pr´ec´edente proposition III.5.

En effet, commeω est un caract`ere automorphe, les caract`eres deA×E

t7→ω(Nm(t))−1· Y

x∈|X|

|Nm(tx)|x12

et

t7→ω(Nm(t))· Y

x∈|X|

|Nm(tx)|x12

prennent la valeur 1 en tous les pointsδ∈E×.

Il r´esulte aussi de la proposition III.5 que, pour tout caract`ere automorphe unitaireω:F×\A×F →C×, les fonctions surA×E

t7→

Z

Fx×

dµ·ω(µ)·KPG,H,0

t, µ 0

0 1

·g

,

t7→

Z

Fx×

dµ·ω(µ)·KPG,H,0

t, 0 1

1 0

· µ 0

0 1

·g

sont invariantes par le sous-groupe discretE×. Il en est donc de mˆeme des fonctions t7→ X

γ∈F×

KPG,H,0

t, γ 0

0 1

·g

,

t7→ X

γ∈F×

KPG,H,0

t, 0 1

1 0

· γ 0

0 1

·g

.

Par rapport `a la variableg∈GL2(Fx), ces fonctions sont invariantes `a gauche par les sous-groupes discrets Γ1 =

γ η 0 1

γ∈F×, η∈F

et Γ2 =

γ 0 η 1

γ∈F×, η∈F

respectivement. Il en est de mˆeme des deux expressions

X

δ∈E×,γ∈F×

KPG,H,ψ

δt, γ 0

0 1

·g

et

X

δ∈E×,γ∈F×

KPG,H,ψ¯

δt, 0 1

1 0

· γ 0

0 1

·g

.

(11)

Comme le groupe GL2(F) est engendr´e par ses deux sous-groupes Γ1 et Γ2, on conclut que la fonction (t, g)7→KPG,H,ρ(t, g)

est invariante `a gauche par le sous-groupe discretE××GL2(F).

Enfin, toutes les fonctions utilis´ees dans la construction sont invariantes `a droite par K0G×K0H donc

KPG,H,ρ(•,•) l’est aussi.

Les fonctions sph´eriques

KPG,H,ρ:E×\A×E×GL2(F)\GL2(AF)→C

seront appel´ees des “noyaux globaux de la fonctorialit´e”, `a cause de la proposition suivante : Proposition III.7.–

(i)Pour toute famille de polynˆomesP = (Px)x∈|X| et pour tout caract`ere automorphe unitaire partout non ramifi´e

χ= (χx)x∈|X|:E×\A×E/O×

AE →C, la forme sph´erique

GL2(F)\GL2(AF)/GL2(OAF)→C g7→

Z

E×\A×E

d×t·χ(t)·KPG,H,ρ(t, g) =Kχ(g) est un vecteur de la repr´esentation π= N

x∈|X|

x)x)de l’alg`ebre de Hecke sph´eriqueHH = N

x∈|X|

HHx,∅. Autrement dit, on a en toute placex∈ |X|et pour tout ´el´ement hx∈ HHx,∅

Kχ∗hx=





SxH(hx)(zx1(χ), zx2(χ))·Kχ

si la place xse scinde dans E en deux placesx1 etx2, SxH(hx)(zx(χ)2)·Kχ

si la place xreste inerte dans E.

(ii)Si de plus tous les polynˆomesPxsont des monˆomes, toutes les formesg7→Kχ(g)associ´ees aux caract`eres automorphes unitaires non ramifi´esχ deA×E sont non nulles.

D´emonstration.

(i) En toute placex∈ |X|, les noyaux locauxKx,PG,H,ψx

x (•,•) etKx,PG,H,0

x (•,•) ont ´et´e d´efinis de telle fa¸con que, pour tout ´el´ement hx∈ HHx,∅, on ait

Kx,PG,H,ψ

x ∗hx=Kx,PG,H,ψ

x−1ρx(hx), Kx,PG,H,0

x ∗hx=Kx,PG,H,0

x−1ρx(hx). Il r´esulte alors de sa d´efinition que la fonctionKPG,H,ρv´erifie encore

KPG,H,ρ∗hx=KPG,H,ρ−1ρx(hx), ∀x∈ |X|, ∀hx∈ HHx,∅. L’assertion de (i) s’en d´eduit imm´ediatement.

(ii) Pour tous ´el´ementst∈G(A),g∈H(A), on dispose des ´egalit´es Z

F\AF

du·ψ(u)·KPG,H,ψ

t, γ 0

0 1

· 1 u

0 1

·g

=

KPG,H,ψ(t, g) si γ= 1 dansF×, 0 si γ∈F× et γ6= 1,

(12)

et Z

F\AF

du·ψ(u)·KPG,H,0

t, 1 u

0 1

·g

= 0,

sidud´esigne la mesure de Haar sur AF qui attribue le volume 1 au quotient compactF\AF. On en d´eduit

Z

F\AF

du·ψ(u)·KPG,H,ρ

t, 1 u

0 1

·g

= X

δ∈E×

KPG,H,ψ(δt, g). Puis, si

χ:E×\A×E/O×

AE→C× est un caract`ere automorphe unitaire partout non ramifi´e, on obtient

Z

F\AF

du·ψ(u)·Kχ

1 u 0 1

·g

= Z

E×\A×E

d×t·χ(t)· Z

F\AF

du·ψ(u)·KPG,H,ρ

t, 1 u

0 1

·g

= Z

A×E

d×t·χ(t)·KPG,H,ψ(t, g)

= Y

x∈|X|

Z

Fx×

d×tx·χx(tx)·Kx,PG,H,ψx

x (tx, gx)

=

Y

x∈|X|

xscind´ee dansEen deux placesx1etx2

Px(zx1x), zx2x))·Wx,(zH,ψx

x1x),zx2x))(gx)

·

 Y

x∈|X|

xinerte dansE

Px(zxx)2)·Wx,(zH,ψx

xx),−zxx))(gx)

.

Comme tous les polynˆomes Px sont des monˆomes et que presque tous sont ´egaux `a 1, cette fonction d´efinie comme un produit sur toutes les placesx∈ |X|ne peut ˆetre nulle.

A fortiori, la forme

g7→Kχ(g) n’est pas nulle.

C’est ce que l’on voulait.

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