RELATIONS ENTRE LES CARACTÉRISTIQUES
DU SPERME ET LA FERTILITÉ
C. Van
DUIJN jr.
Département
deBiophysique,
Institut de Recherches
zootechniques
« Schoonoord n. Zeist,(Pays-Bas)
SOMMAIRE
Une
équation générale
de fertilité estproposée.
Elle est déduite de considérationscinétiques simples exprimant
laprobabilité
de fécondation d’un éjaculat en fonction du nombre, de la vitesse moyenne, de lapériode
de demi-valeur et de la fécondance relative desspermatozoïdes,
ainsi que desparamètres
de lapopulation
femelle. Deplus,
il estindiqué
comment ces donnéesdépendent
descaractéristiques biochimiques
et des anomalies de l’acrosome.La vérification de
l’équation
de fertilité et desexpressions qui
en sont déduites pourl’apprécia-
tion du sperme dans la
pratique,
a donné une concordancecomplète
entre lesprévisions théoriques
et les résultats
pratiques
sur des données provenant de Bovins, l’orcins et Volailles.Enfin, l’auteur expose la méthode de détermination
simple
descaractéristiques
du spermerequises
dans lapratique.
- - --
INTRODUCTION
La relation entre les
caractéristiques
du sperme et la fertilité est d’uneimpor-
tance fondamentale pour la
biologie
de lareproduction
engénéral ;
elleprésente
un intérêt
économique
direct dans lapratique
de l’inséminationartificielle,
car uneappréciation
aussi correcte quepossible
de la fécondance du sperme à utiliser esten
partie
décisive pour la rentabilité.Le vaste matériel recueilli par de nombreuses personnes
depuis
la mise en pra-tique
de l’insémination artificielle n’ajamais été,
engénéral,
soumisqu’à
des mé-thodes
statistiques simples,
sanstoujours
vérifier s’il était correct ou nond’appliquer
certaines
techniques mathématiques
élémentaires.Il est devenu nécessaire de mesurer avec
précision
lescaractéristiques
de lamotilité des
spermatozoïdes qui
se trouve dans laplupart
des cas estimée à vued’c!il d’une manière
plus
ou moinssubjective,
cequi comporte
de grosrisques d’erreurs,
car toutes sortes d’effets secondairespeuvent
intervenir.Or,
il est devenupossible
d’obtenir des informationsprécises
sur la vitesse moyenne v desspermatozoïdes
contenus dans unéjaculat
etqui
se meuvent norma-lement,
sur la distribution de leur vitessef(v),
sur leur nombre et leur concentration par la méthodephoto-électrique développée
en Ig57, par RlKMENSl’OEL à l’Institut de Rechercheszootechniques
« Schoonoord ».Le dilueur utilisé contient 15 p. zoo de
jaune
d’œuf et8 5
p. 100d’une solution de citrate desodium ;
elle est clarifiée parultra-centrifugation
suivie de deux ultra- filtrations.On
place
sous unmicroscope
avecéclairage
à fond noir du sperme dilué dans ducitrate-jaune
<l’oeuf.L’image
estprojetée
sur undiaphragme
du format de latête d’un
spermatozoïde.
Au moyen d’une lentilleauxiliaire,
cediaphragme
se trouveà son tour
reproduit
sur la cathode d’unphotomultiplicateur, lequel,
sitôtqu’un objet
diffusant la lumière passe à l’endroitcorrespondant
duchamp, reçoit
unsignal
lumineux.
Celui-ci, produit,
une émission des électronsqui,
parappareillage
élec-tronique auxiliaire,
donnent unsignal
lisible sur la bande d’unappareil enregistreur.
Les
enregistrements permettent
ensuite de déterminer le nombre des sperma- tozoïdes et leurs vitessesrespectives.
L’analyse
des données rassemblées au cours deplusieurs
années avec cette mé-thode,
amontré,
contre toute attente, une relationsignificative
entre la vitesse initiale desspermatozoïdes
et larapidité
de sa diminution(V AN 1 >i J jx, I g6z) .
Cetteconstatation a mené à la conclusion que, une
grande
vitesse initiale desspermatozoïdes
ne
peut
pas être considérée comme unecaractéristique
favorable ensoi, puisqu’elle
va de
pair
avec une chance accrue de diminutionrapide,
tant de cette vitesse que du nombre desspermatozoïdes
sedéplaçant
encore normalement.’On a constaté que les
caractéristiques
de vieillissement du sperme, à la diminu- tion de la vitesse avec letemps (― <>v/<>1)
et letemps
nécessaire à la diminution de moitié du nombre desspermatozoïdes
mobiles(période
dedemi-valeur) t l2 (N),
sont
plus importantes
que la vitesse moyenne ï!. Cette conclusion fut encore con-firmée, lorsqu’il
s’est avéré que lors des mois accusant lespourcentages
de fécon- dation lesplus
élevés chez lesbovins,
les vitesses moyennes desspermatozoïdes
étaient
plus basses,
alors que les concentrations de ceuxqui
se meuvent norma-lement,
et leursparamètres
de surviepossédaient
les valeurs lesplus favorables ;
ces
rapports
étaientopposés
lors des moispendant lesquels
lespourcentages
de fécon- dation étaient lesplus
bas.Cependant,
ilapparut
bientôt que les limites de la rechercheempirique
avecanalyse
de corrélation étaient atteintes.Une relation rationnelle entre les différents
paramètres
nepeut
être obtenuepar une
simple
élaborationstatistique
des résultats d’observation. C’estpourquoi
nous sommes
passé
à uneapproche
fondamentalethéorique
duproblème
de lafertilité,
en vérifiant la validité de notreéquation
sur le vaste matérielexpérimental rapporté
dans la littérature
scientifique
d’unepart,
et les donnéesspécifiques
recueillies au cours deplusieurs
années à l’Institut d’autrepart.
Cette méthode a conduit à la mise au
point
d’une théoriecinétique
des chances defécondatiosa qui comprend,
parprincipe,
toutes lescaractéristiques
de fécondationimaginables
etqui s’appuie
sur un minimumd’hypothèses
dont aucune n’est liéespécifiquement
à laphysiologie
de lareproduction
d’un animaldéterminé,
si bien que les résultats sont d’une validité trèsgénérale.
Sur la base de cette théorie aveclaquelle
toutes les donnéesexpérimentales analysées paraissent
enconcordance,
ilest
possible d’indiquer
de meilleures méthodesd’appréciation
du sperme et de cal- culer des estimations de fécondité exactes, en utilisant diversestypes
de caracté-ristiques
du sperme.I. - LA
THÉORIE C’.IN>!TIQU!
Les
points
dedépart
fondamentaux de la théorie se résument comme suit :W Le nombre des
spermatozoïdes
Ncapables
de féconder et larapidité
dedéplacement
B ! 9 (a = vitesse moyenne des spermatozoïdes dans des conditionsnormalisées)
décroissent exponen- tiellement avec le temps, donc :Cette
hypothèse
est fondée sur un matérielexpérimental important
rassemblé au cours des10 dernières années
(RIKNtENS!!ol.L,
1057, r96o ; RIKnIENSroEL et VAN DuIJN, 1960 ; VAN DVIJNet RIKMENSPOEL, 1960 ; VAN DUIJN,
19 63).
2
0 Si les spermatozoïdes
s’approchent
d’un ovule en nombre constant par unité de temps St,sans que des effets de détérioration ou de mortalité
puissent
êtresupposés
lors de lapériode
de trans-port dans les
voies
g l’accroissement de la chance de fécondation avec le tempspendant lequel l’ap-
port a lieu, doit se calculer comme suit :
dans
laquelle
la formule 1&dquo;00représente la chance de fécondation maximum dans lapopulation
donnéeet F la chance que la fécondation soit obtenue au temps t dans les conditions données.
Etant
donnéqu’en
réalité ni le nombre des spermatozoïdes fécondés, ni leur vitesse ne demeu- rent constants, la relation réelle ne pourra être obtenuequ’en
tenant compte durythme
de dimi-nution
indiqué
en ib. Ceci amène àl’équation
diff--’ientielle :Si la vitesse moyenne des
spermatozoïdes
est invariable, cequi
est le caslorsque
l’insémination s’effectue avec des doses diverses du même éjaculat, ou si la vitesse n’a aucune influence sur les c:hances de fécondation,l’équation
(3) se réduit en :Les
équations ( 3 )
et( 4 )
peuvent êtreintégrées ;
dans les conditions limites N = Ni,N v =(Nv)i
pour F = o ; Ni et (Nv)2sont des valeurs seuil
qui
doivent être dépassées pour amener la chance de fécondation à un tauxsupérieur
à zéro. Aucunehypothèse spécifique
n’est formulée pour l’existence d’une valeur seuil, mais celle-ci est uneexigence mathématique, puisque,
pour réaliser une féconda-tion, il faut au moins un
spermatozoïde
fertile.Toutefois, le début de la fonction ne peut pas être fixé à i, étant donné que tous les sperma- 1 ozoïdes mobiles d’un
éjaculat
ne sont pas nécessairement fertiles.L’intégration
de( 3 )
donnelqua-
lion
de fe y tilité
généraleformule dans
laquelle (Nv) o
représente alors la valeur de Nv au moment même de l’insémination(naturelle
ouartificielle).
Lorsque
fi est invariable, la relation restreinte de(¢)
est valable, donnant àl’intégrale
une forme correspondante à celle de(j)
avec 1 au lieu de ND.L’influence des femelles sur les chances de fécondation se traduit dans les valeurs
numériques
pour Fao et pour kF.
Toutes les
propriétés imaginables
des spermatozoïdes qui - tout en étant indépendantes descaractéristiques
de motilité et de la durée de survie -pourraient
encore exercer leur influence surla fertilité, sont
comprises
dans la valeurnumérique
de !2. Si, parexemple,
unéjaculat
contient5
o p. 100de
spermatozoïdes
avec une anomaliequi empêche
la fécondation, Ni devient deux foisplus
grand quelorsque
tous lesspermatozoïdes
sont normaux.D’autre part, la valeur Ni (tout comme celles de F et de F &dquo;,) sera aussi fonction du
système employé
pourexprimer
la fertilité, si cette dernière estexprimée
sous la forme d’unpourcentage
degestation (ou
unequantité s’y
rapportant comme le pourcentage des « non-retours »), ?!! seratoujours plus
élevé que dans le cas de l’observation directe de lapénétration
d’unspermatozoïde
dans t’œuf.Bien que celle-ci soit
théoriquement
lacaractéristique
essentielle, elle s’avère peu maniable et donc peu intéressante pour lapratique,
car la cause de cette différence est que lapénétration
d’unspermatozoïde
dans l’ovule est une conditionindispensable,
mais non suffisante pour ledéveloppe-
ment de l’ovule en
embryon.
II. - TRANSFORMATION DE
L’ÉQUATION
DE
FERTILITÉ
ETVÉRIFICATION
L’équation
de fertilitépeut
être transformée en une relationrectiligne
par con- version enlogarithme (F o o/ (F 00
-F)
=f [log (N5)]
ouf [log (N)] (voir fig. 3 - 5 ).
Lapente
de la droitereprésente
la valeur dek F/ ksv,
soitk>. /k; ,
alorsque la
valeur seuil(Nv)
i,soit Ni se trouve au
point
d’intersection de la droite avec l’abscisse. La valeur deF o c
nécessaire pourpouvoir opérer
la transformationpeut
être déterminée par estimationsitératives,
d’une séried’observations,
ou d’unefaçon plus rapide
etplus simple
enappliquant
la méthodegraphique
de HEYDECKER(r 9 25) (voir fig. 61.
Les transformations en droites sont
toujours
nécessaires afin depouvoir prati-
quer
l’analyse
de la corrélation et de larégression
linéaire.Sinon,
seulespeuvent
êtreappliquées
les méthodesstatistiques
nonparamétriques
car aucun desparamètres
ne
répond
aux conditionsqui
sont valables pourl’application
desstatistiques
nor-males
(voir III).
Après
transformationlinéaire,
la concordance entre la théorie et les résultatsexpérimentaux peut
être mesurée par le coefficient de corrélation linéaire r.Il fut calculé sur des données
publiées
par WIUETTet LARSON( 1952 ) :
en sup-posant
la vitesse moyenne constante on obtient v =o, 9 8,
P ! io-6(fig.
i et2 ) 72
33
6
inséminations de 451éjaculats
de Taureaux. Pour le matériel recueilli sur desvelailles, T ANEJA
et Gow!( 19 6 2 )
ensupposant également
une vitesse moyenneinvariable,
le résultat était de : r =0 , 9 6,
P < io-8(voir fig.
3 et4 ).
Le matériel rassemblé sur lesporcins
se réduit à peu dechose ;
les données de H9vcoch et Ho- v!r.!.(ig6i) qui
avaient déterminé les résultats de fécondation en examinant la division de l’œufaprès l’abattage
des Truiesinséminées, pouvaient
dejustesse
servir à la mise au
point
d’uneanalyse
avec comme résultat r =0 ,8 1 ,
0,05> P > 0,02.
Dans les cas de motilité variable les données fournies par la littérature sont
également
en accord avec la théorie. BpANTON, KEHGREN et PATRICK( 1953 )
ontpublié
des indices sur les résultats de fécondation et sur leproduit
du nombre total despermatozoïdes
avec des indices de motilité estimés à vue d’oeil m, basés sur8
35 6
inséminationsprovenant
de 275éjaculats
de taureaux. La transformation faited’après
lathéorie, permet
d’obtenir r = 0,93, P < 0,001, alors que le calcul incorrect fait par les auteurs cités a donné un a v » = 0,210, P < 0,01(voir fig. 5).
La
pente
de la droitek F/ kx
dans le matériel de WIUETT et LARSON( 1952 )
était de r,! et dans le matériel rassemblé par BRA-.!,TO.,!, KELI,GREN et PATRICK
( 1953 ) k
F/
ka&dquo;t
fut trouvéeégale
à1 ,8.
Les données
expérimentales
sur les houius donnent pour le nombre total despermatozoïdes
inséminés Ni une valeur de l’ordre de 2,0 X ios avec un intervalle de variation de i,o à 3,o X 106. Cecicorrespond
au résultat obtenu pour les volailles dont le Nipouvait
être fixé à 2,5 X ios.Le peu de matériel sur les
porcins
laisse suppose que la valeur estlégèrement élevée,
en tout cas du même ordre degrandeur.
1
. A
ppréciation
de lafertilité d’a!rès
lescavactéy-istiques
de la motilitéet La durée de survie des
spermatozoïdes
L’équation générale
de fertilitépeut
êtreanalysée
tant pour lapart
femelleque pour celle du mâle dans les chances de fécondation.
Pour
cela,
il fautentreprendre
desexpériences
d’insémination sur unelarge
échelle. Pour
apprécier
le sperme utilisable à des finsd’insémination,
il fautpratiquer,
une combinaison de
paramètres
facile àdéterminer, qui
est exclusivement fonction du sperme. La formulequi
convient pour celapeut
se déduire ainsi :Tout
d’abord,
lesspermatozoïdes
sont fournis à une certaine distance dans l’es- pace et dans letemps
de0(!, 1)
de l’ovule. Celui-cipeut
donc êtreprésent
ou nonau moment où le nombre minimum
requis
despermatozoïdes
atteint le lieu de ren-contre
p.
La condition minimum pour la réalisation de l’acte de fécondation est donc la
présence
à l’instant t d’un ovule fécondable à l’endroitfi,
et d’au moins Ni -+- 8Nspermatozoïdes
fertiles dans lechamp
entrea fi
etp
dont un nombre dN à une dis-tance
8(!, t)
de l’ovule. 3N est, enl’occurence,
le nombre minimum despermatozoïdes
assurant l’acte de fécondation. Si nous admettons que le mouvement actif est néces- saire
pendant
la dernièrepériode,
N doit êtreremplacé
par N v, cequi
nechange
rien à la forme de la fonction.
L’intégration
directe del’équation
donnel’équation exponentielle
bien connue :Lorsque
dans cette formuleN(t) =
N;, treprésentera
la duréependant laquelle
le nombre des
spermatozoïdes
suffisent encore à maintenir une chance de fécondationpositive :
Cette
équation
fournit une norme pour la fécondance de la semence,puisque
la chance
qu’une
rencontre féconde avec un ovuleapparaissant arbitrairement,
seproduise,
doit s accroître avec la duréependant laquelle
desspermatozoïdes
fécon-dants sont
disponibles
surplace,
c’est-à-dire F =f(1) .
Il s’ensuit de( 2 )
que 1 doit êtreproportionnel
à In F. Si nous introduisons leconcept période de
demi-valeurqui correspond
à la réduction de moitié du nombre despermatozoïdes
mobilest 1/2
=(In 2 )Ik,
il doit exister une relation linéaire entre lelogarithme
de la chance de fécon- dationprévue
etl i / 2 (N) log (N o/ Ni), lorsque t ]/2 (N)
=période
de demi-valeur du nombre desspermatozoïdes
fécondants N, etN o
= le nombre desspermatozoïdes
fécondants vivants au moment de l’insémination. Si IBT2 est
petit
enproportion
deN
o
, log (N OI N I ) s’approchera
delog N o ,
parce que Ni a une limite inférieure absolue de i. Si l’on nedispose
pas de donnéesqui permettent
une estimation de Ni pour cha- que casdistinct,
laqualité
de la semence parrapport
à la fécondancepeut
êtreexpri-
mée en tout cas dans un barème
logarithmique
part 1/2 (Nv) -log (Nv) o , lorsque
lamotilité est aussi
prise
enconsidération,
ou bien part 1/2 (N) -log N o ,
si la motilité demeurestable,
tel est le cas parexemple
d’unecomparaison
de l’influencequ’exer-
cent diverses doses d’un même
éjaculat.
Un
argument
pour l’élimination de Niexiste,
si la variance de Ni est relative- mentpetite
enproportion
deN o , (même
si N; nerépond
pas à cecritère).
Dans cecas là Ni
pourrait
êtrepris
pour une constante de lapopulation.
Il existe une corrélation très
poussée
entre les deuxcaractéristiques
de fertilité :La relation est linéaire pour les
logarithmes,
si bien que la corrélation estindiquée
par :
D’après
cette formule onpeut
estimerqu’en
neprenant
pas en considération la vitesse moyenne desspermatozoïdes
onperd près
de r5 p. 100 du total de l’infor- mationdisponible.
Pour vérifier que l’estimation de la fertilité
(8)
est utilisable enpratique,
lesrésultats de mesures obtenus avec la méthode
photo-électrique
de Rrx:nE!rsPO!!.( 1957
) appliquée
à 4o Taureauxpris arbitrairement,
ont étécomparés
au total desrésultats de fécondation obtenus dans la même
province (Utrecht)
au cours de lamême
période ( 4 ans).
Le résultat de fécondation étant fonction tant de la Vache que du Taureau il est apparu nécessaired’analyser
distinctement les saisons de stabu- lation et de pacage, car lesparamètres
de la Vacheaccusaient,
dansl’équation
defertilité
générale,
sur cepoint,
différentes valeurs.La concordance est excellente : comme nous le démontre la
figure
avec lescoefficients de corrélation Corr.
log
F ett 1/2 (Nii) log (Nv).
Ces résultats
portent
surr8,!
310 inséminations et faisaientintervenir,
enmoyenne,
plus
de 13éjaculats
par mois.2
.
A!!réciation de la fécondité
dusperme d’ap
y
ès
sescaractéristiques biochimiques
L’énergie
consommée par lesspermatozoïdes
mobiles doit être à tout instantproportionnelle
à leur nombre et au carré de leur vitesse moyenne. La vitesse de conversion du substratdf/d1
est donnée parCette
équation peut
être considérée comme le troisièmepostulat
de la théoriede fertilité
globale.
Ellepermet
de mettre les critères de la motilité enrapport
avec lesparamètres biochimiques.
Si no est le nombre despermatozoïdes
vivants par unité de volume de sperme, N, le nombre despermatozoïdes
vivants inséminés etf
laquantité
de substrat convertiependant
untemps
constant t, dans des conditions d’essais normalisées(concentration
initialeégale
du substrat et conditions de milieuidentiques),
onpeut
écrire :ce
qui peut
être substitué en(8)
et donne :Dans cette formule les constantes sont réunies
d’après :
Dans
l’équation
12, lapériode
de demi-valeurt ¡/2 (Nv) peut
êtreremplacée
parun
paramètre
ne contenantplus
la vitesse. Il estplus pratique
d’introduire lapériode
de demi-valeur de la consommation de substrat par unité de
temps ;
mais cettetechnique présente
souvent desinconvénients,
car les déterminations demandentbeaucoup
detemps
et lesquantités
de sperme utilisées à cet effet sontplus grandes.
On
peut
aussi utiliser lepourcentage
desspermatozoïdes
vivants comme critèreà la
place
de lapériode
dedemi-valeur, lorsque
cepourcentage
est déterminé à un intervalle constantaprès l’éjaculation
au moyen de la coloration à l’éosine des sper- matozoïdes morts. Si Ni est le nombre desspermatozoïdes
vivants à un intervallede
temps
1 constantaprès l’éjaculation,
etN o
le nombre total desspermatozoïdes,
il résulte de
(6)
quelog (N t/ N,)est
une fonction linéaire det 1/2 (N). Or, d’après
lespropriétés
des fonctionsexponentielles,
la relation entre leslogarithmes
despériodes
de demi-valeur de diverses
quantités
fonctionnellement connexes est linéaire et doncl’équivalent
det1!2(Nv)
est donné parlog log (N!/No).
La fertilité d’un échantillon de sperme
peut
donc être déduite de la formule suivante :Ce
rapport
a été vérifié sur uneanalyse
des donnéespubliées
par BISxoP, CAMP- BE!,!&dquo; HAXCOCK et WALTox( I g 54 ) portant
sur 3 04g inséminationsprovenant
def>3
éjaculats
deTaureaux,
dont lafructolyse
avait été déterminée dans des conditions normalisées(milieu standard, après
élimination du fructose duplasme spermatique
par
dialyse) ;
lesspermatozoïdes
morts avaient été colorés à l’aide d’éosine à un délaiconstant
après l’éjaculation.
La corrélation obtenue a été de :Le
temps
de décoloration au bleu deméthylène
commeparamètre.
La détermination du
temps pendant lequel
unequantité
de sperme décoloreune
quantité
constante de bleu deméthylène
dans des conditionsnormalisées,
estune méthode
largement appliquée.
Il doit exister une corrélation directe entre cettecaractéristique
et la consommation defructose,
étant donné que toutes les deux sont des mesures du métabolisme cellulaire.Cependant,
cette corrélation nepeut
êtrelinéaire,
maishy!evbolique,
car letemps
nécessaire pour convertir unequantité
donnée de substrat est en raison inverse de la
quantité
de substrat convertipendant
un
temps constant ;
lerapport général
estindiqué
par uneéquation
dutype
y =a/.!’.
Cette condition très élémentaire ne
paraît jamais
êtreprise
en considération dans lalittérature,
si bienqu’on
ne rencontre que despseudocorrélations
erronées : Corr.fit
et tm
(temps
de décoloration au bleu deméthylène) qui
ont été calculées defaçon
linéaire. Si au lieu
de cela,
on avait calculé le coefficient de corrélation de rang p,on aurait bien obtenu un résultat correct. Pour
pouvoir
calculer une corrélationlinéaire,
lerapport
doit être d’abordlinéarisé,
cequi peut
se faire auchoix,
soit par voielogarithmique,
soit enprenant
laréciproque
d’une des deuxquantités.
Pour les données de BISHOP,
C AMPBII , I , ’
HA!BCOCK et WAI,TO-,(1954)
on pou- vait donc calculer : Corr.log ( f /t)
etlog
/Ni : v = ―0 , 97
, P « o,ooo i, alors que le calcul erroné Corr.
f/1
et i. a donné seulement : = ― o,7o, o,oi > P > 0,002 ; cette différence est hautementsignificative (voir fig. o).
Il en résulte que la relation convenable entre la
fructolyse
et letemps
de déco- loration au bleu deméthylène
est donnée parl’équation (z 3 ) :
- ---
La vérification du matériel de BISH<>Y et coll. a donné :
B
ISHOP et ses collaborateurs calculaient exclusivement le coefficient de
pseudo-
corrélation : Corr. F et tm : v = - 0,24, 0.05 > P, alors que la véritable corrélation linéaire pour ce
rapport simple
est : Corr.log
F etlog
1,1 : v = - o,4g, P ! 0,01. cequi
est d’ailleurs considérablement en dessous du résultat obtenu avec le critèrecomplet
calculéd’après l’équation (r 4 ),
comme onpeut
leprévoir,
si les déductionsthéoriques
sont correctes.Baisse du
!7!
à l’incubation commecaractéristique
defertilité
Dans la
pratique
on se sertparfois
aussi de la baisse dupH,
pourjuger
laqualité
de la semence. On mesure cette baisse
après
une incubation de I à 2heures àtempé-
rature constante
(élevée).
Mais cette baisse depH
est non seulement fonction du nombre despermatozoïdes
vivants et de leur activité mais aussi de toute une diver-sité de circonstances variables du milieu
(plasma séminal),
notamment la teneur enfructose,
de la forceionique,
lepH
initial et sonpouvoir tampon ;
aucunrapport
exact ne
peut
exister entre la baisse dupH
initial du sperme et laqualité,
même siles facteurs distincts sont causalement déterminés.
I,e
protocole
de la mesure doit être conçu comme suit :Partant d’un volume de sperme connu, le
plasma
séminal est éliminé par unecentrifugation
modérée et lesspermatozoïdes
sont lavés si nécessaire. Ils sont ensuiteresuspendus
dans un volume de milieu standard minutieusement mesuré contenant unequantité
suffisante de métabolite et raisonnablementtamponné,
l’incubation doit alors s’effectuer à l’obscurité en conditions d’anaérobiose.Le maximum d’informations est obtenu par un
enregistrement
continu dupH
au cours de l’incubation. On
peut
ainsi déterminer non seulement la baisse dupH pendant
un espace detemps
constant, mais encore la vitesse d’évolution du processusmétabolique.
Si les essais sont
entrepris
de cettefaçon,
onpeut
établir unrapport
sûr entre les résultats observés et lespropriétés
desspermatozoïdes.
La conversion du fructose et duglucose
dans des conditions anaérobies donneprincipalement
de l’acidelactique
comme
produit
final.Le rendement de cette conversion est de 80à
8 3
p. 100pour lesspermatozoïdes
de Taureaux
(S H E R GIN,
1937 ; RoTHSCxm,D,19 6 2 ;
DEG RO OT, 19 63)
et d’environ43P! 100pour les
spermatozoïdes
de Béliers(Sx!RCZrr, z93!).
Si l’on tientcompte
de ce facteur derendement,
la détermination de l’acidelactique produit permet
donc de calculer aussi laquantité
totale de fructose converti. Il doit donc exister une rela- tion causalesimple
entre laquantité
de fructose consommée dans des conditions constantespendant
un certaintemps
et laquantité
d’acidelactique produit
dans cemême
temps.
Toutes leséquations
établies àpartir
de la consommation de substrat(fructose)
commeparamètre,
doivent doncpouvoir
être converties enéquations
de la même forme enprenant
commeparamètre
laproduction
d’acidelactique.
Commece dernier est dans des conditions anaérobies
pratiquement
le seul acideproduit
enquantité perceptible,
la baisse totale dupH peut
êtreimputée
à l’acidelactique formé,
ce
qui signifie
que laproduction
de l’acidelactique peut
être mesuréepar la
baissedu
pH.
Cette relation nepeut
évidemment pas êtrerectiligne,
même si l’onremplace
l’unité
logarithmique
dupH
par la concentrationcorrespondante
d’ionsd’hydrogène,
d’une
part,
parce que l’acidelactique
est un acide faible dont le taux d’ionisationchange
fortement avec la concentration et, d’autrepart,
parce que le milieu standard à utiliser doitposséder
à tout instant certainpouvoir tampon.
La relation entre laquantité
d’acidelactique
et lepH,
est pasconséquent curviligne (voir fig. ii).
Il faut donc établir un
graphique
de référence pour le milieu standard utilisé enprésence
de diverses concentrations d’acidelactique.
Apartir
d’unpH
initialidentique,
on
peut
alors déterminer laproduction
d’acidelactique correspondante
par une seule lecture dupH final, après quoi
onpeut appliquer l’équation ( 13 )
pourl’apprécia-
tion de la fertilité.
La
méthodologie indiquée
ainsi dans sonprincipe
estbeaucoup plus simple
et
plus rapide
que les déterminations de la consommation du fructose. Les résultatsexpérimentaux
doivent nousindiquer
laprécision
de mesure réalisable. I,epoint
essentiel est toutefois que la théorie
indique
comment et dansquelles
circonstancesune baisse du
pH
au cours de l’incubationpeut
enprincipe
servir deparamètre
pour la mesure de la fertilité.3
. Relation
entre les nombves despermatozoïdes morphologiquement
anovmaux et la
fertilité.
Relation avec d’autvesparamètres
La relation
théorique
entre les anomaliesmorphologiques
desspermatozoïdes
et la stérilité des cellules afférentes
(y compris l’incapacité
dedéveloppement
d’unembryon normal)
est donnée par la valeur seuil de Ni, dansl’équation
de fertilitégénérale.
Ellepeut
en êtreséparée
pour des usagespratiques
par l’introduction d’unfacteur !
dans les critèresd’appréciation
selon(8), ( 9 ), ( 13 )
ou( 14 ) représentant
lerapport
entre le nombre desspermatozoïdes
normaux et leur nombre total. Cela veut dire que la relation entre la chance de fécondation et lepourcentage
de sper- matozoïdesexempts
de certaines déformationsspécifiques,
est linéaire pourlog
F= f (log P).
L’introduction de ce facteur
peut cependant
être une affairedélicate,
car la relation entre les variations de la forme et la fécondance est, engénéral, inconnue ;
ceci se traduit par les
interprétations
lesplus
diverses de cequi
est « normal », ou« anormal » suivant les observateurs. De cette
façon pourrait
s’introduire uneappré-
ciation
subjective
et peu sûrequi augmenterait l’imprécision
des mesuresplus
que l’information.Toutefois,
on a pu constater chez le Taureau une relation entre deux formes d’anomalies et d’infertilité à savoir : laprésence
d’acrosomes isolés dans le sperme, donc despermatozoïdes qui
ontperdu
leur acrosome et d’autrepart,
d’acrosomespersistants,
c’est-à-direqui
nepeuvent
se détacher etqui
ont une forme nettementanormale
(T EUNISS E N , r 94 6).
Dans les résultats
publiés
par BISHOP et ses collaborateurs( 1954 )
il est faitmention de 27
éjaculats
de Taureaux pourlesquels
lespourcentages
d’acrosomesséparés
desspermatozoïdes
ont été déterminés. La relationthéoriquement prévue
a pu être confirmée par la corrélation
Il a été
montré,
de surcroît,qu’il
existe une corrélation nette entre lepourcentage
despermatozoïdes
sans anomalies detête,
et lepourcentage
despermatozoïdes
vivants déterminés par la coloration différentielle des
spermatozoïdes
vivants etmorts :
Comme le
rapport
entre lesspermatozoïdes
vivants et morts à un momentconstant
après l’éjaculation
est fonctionnellement relié à lapériode
de demi-valeurt1!2(N),
celaindique
que les anomaliesmorphologiques s’expriment
aussi indirecte- ment dans lesparamètres cinétiques.
Des recherches
entreprises
par VAN RosMnr,!rr et VANDm J rr ( 19 6 3 )
sur l’inci-dence des variations de forme et de dimensions des
spermatozoïdes
sur la résistance de frottement en fluide ont démontré que les déformations se traduisent aussi indi- rectement dans la vitessecinétique
v et par là dans larapidité
demigration
direc-tement mesurée N . ù. Ces recherches ont révélées que les écarts de la forme
hydro- dynamique
idéale(tête normale)
accroissent la résistance au courant d’environ r3 p.100diminuant la vitesse de
déplacement
à peuprès
de 5 p. 100pour unedissipation d’énergie égale.
Il est apparu aussi que les variations de la forme et del’épaisseur
de la
pièce
intermédiaire exercent une incidence encoreplus grande.
Étant
donné cesinterrelations,
onpeut
penser que l’introductionde !
dansles normes
d’appréciation cinétique
n’accroîtra pas l’information dans une propor- tion aussi forte que cellequi pourraît
êtresuggérée
par la corrélation assez élevéelog
F etlog p :
r = 0,7!, parlequel
donc jc! p. 100de la variance sontdéjà expliqués.
La corrélation avec la
fructolyse
commeparamètre d’après ( 13 )
fut calculée pour les mêmes 2!éjaculats :
elle est de r =0 , 7 8
et elle futportée
à r =0 ,86
par l’introduc- tion deN !
au lieu de N.Pour ce même
matériel,
la relation entre le nombre despermatozoïdes
vivantsinséminés et les résultats de fécondation est
significative,
elleaussi,
si le calcul est fait defaçon théoriquement
correcte :Une
comparaison
avec la corrélationlog
F xlog !
montre que lepourcentage
de cellules
privées
d’acrosomespèse plus
lourd que le nombre despermatozoïdes
vivants inséminés. Ceci
s’explique
par la corrélation existant entrep
et lerapport spermatozoïdes
vivants et morts et aussi avec lapériode
de demi-valeur car celui-ciexerce dans
l’équation
de fertilité une incidencebeaucoup plus grande
que dans le nombre.III. - I,!S FONCTIONS DE DISTRIBUTION DES
PARAMÈTRES
DEFERTILITÉ
Afin de
pouvoir appliquer
lesstatistiques
normales defaçon justifiée,
il estnécessaire de connaître la forme des distributions de
fréquence
desparamètres
à examiner. Cela a été fait pour l’ensemble desparamètres importants
pour la théorie de fertilitécinétique
à l’aide des données détaillées. Il est apparu alorsqu’aucuvc
desparamètres
vc’était vcovmatement distribué dupoint
de vuestatistique.
Cependant,
toutes lescaractéristiques
examinées etconsignées
dans le tableau ci-dessouspouvaient
être définies dans les limites de la véracitéexpérimentale
par une distvibution
logavithmique qui peut
êtreexprimée
sous la forme laplus simple :
formule dans
laquelle
y =fréquence
de la valeur duparamètre
x, Xm - mode de distribution avec lafréquence correspondante
Yrnax ; k = une constante.Les
caractéristiques qui furent jugées
distribuéeslogarithmiquement
sont :La fonction de distribution
peut
être examinéeplus simplement
par le calcul desfréquences
cumulées en lesexprimant respectivement
surpapier
deprobabilité
normal et
logarithmique. Lorsque
le résultat sur un des deux ne diffère pas nette- ment d’uneligne droite,
la distributionpeut
être définie par la distribution de fré- quencethéorique
en cause.Il en résulte que les méthodes
statistiques
basées sur la distributionnormale,
ne