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Preprint submitted on 10 Jun 2011
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Trace et valeurs propres extrêmes d’un produit de matrices de Toeplitz. Le cas singulier.
Philippe Rambour, Abdellatif Seghier
To cite this version:
Philippe Rambour, Abdellatif Seghier. Trace et valeurs propres extrêmes d’un produit de matrices de
Toeplitz. Le cas singulier.. 2011. �hal-00599574�
Trace et valeurs propres extrˆemes d’un produit de matrices de Toeplitz. Le cas singulier.
Philippe Rambour
∗Abdellatif Seghier
†R´esum´e
Trace et valeurs propres extrˆemes d’un produit de matrices de Toeplitz.
Le cas singulier.
Dans un premier th´eor`eme nous donnons un d´eveloppement asymptotique de la trace de la matriceTN(f1)TN−1(f2) avecf1(θ) = |1−eiθ|2α1c1(eiθ) et f2(θ) = |1−eiθ|2α2c2(eiθ), c1 et c2 ´etant deux fonctions r´eguli`eres sur le tore avec −12 < α1, α2 < 12. Ensuite nous
´etudions le cas particulier α1 > 0 et α2 < 0. Nous obtenons alors l’asymptotique de la trace des puissances enti`eres de TN(f1)TN−1(f2) et nous en d´eduisons la limite lorsque N tend vers l’infini des valeurs propres de cette matrice ce qui nous permet de donner un principe de grandes d´eviations pour une famille de formes quadratiques de processus al´eaoires gaussiens stationnaires.
Abstract
Trace and extreme eigenvalues of a product of truncated Toeplitz matrices.
The singular case.
In a first theorem we give an asymptotic expansion of Tr TN(f1)TN−1(f2)
wheref1(θ) =
|1−eiθ|2α1c1(eiθ) andf2(θ) =|1−eiθ|2α2c2(eiθ), withc1 andc2are two regular functions of the torus and−12 < α1, α2 < 12. In a second part of this work we study the particular case whereα1>0 andα2<0. Then we obtain the asymptotic of Tr TN(f1)TN−1(f2)s
for s∈N∗ that provides us the limits whenN goes to the infinity of the extreme eigenvalues of this matrix. This last result allows us to give a large deviation principle for a family of quadratic forms of stationnary process.
1 Introduction
Si f ∈ L
1(
T) on appelle matrice de Toeplitz d’ordre N et de symbole f, et on note T
N(f ), la matrice d´efinie par (T
N(f ))
k+1,l+1= f b (l − k) pour 0 ≤ k ≤ N et 0 ≤ l ≤ N , o` u b h(s) d´esigne le coefficient de Fourier d’ordre s de la fonction h. On dira que le symbole f est r´egulier si la fonction f est strictement positive sur le tore, et que le symbole f est singulier si la fonction f admet des z´eros ou des pˆ oles sur le tore. Une bonne approche des matrices de Toeplitz peut se trouver dans [5].
Un probl`eme de l’´etude des matrices de Toeplitz est d’´etablir la trace du produit de deux matrices de Toeplitz, ou mˆeme d’une puissance d’un produit de matrice de Toepliz. Cette
∗Universit´e de Paris Sud, Bˆatiment 425; F-91405 Orsay Cedex; tel : 01 69 15 57 28 ; fax 01 69 15 60 19 e-mail : [email protected]
†Universit´e de Paris Sud, Bˆatiment 425; F-91405 Orsay Cedex; tel : 01 69 15 60 09 ; fax 01 69 15 72 34 e-mail : [email protected]
´etude intervient autant dans le domaine de l’analyse (recherche des valeurs propres) que des la probabilit´es ( th´eor`emes de limite centrale, principes de grandes d´eviations). Le probl`eme de l’´etude de Tr (T
N(f )T
N(g))
sest un grand classique de la litt´erature consacr´ee aux matrices de Toeplitz et `a l’´etude des processus al´eatoires Gaussiens. Il a ´et´e en particulier ´etudi´e par Avram ([1])dans le cas r´egulier ou pour une puissance deux, et par Fox et Taqqu ([13], [12]), dans un cadre plus g´en´eral. Il faut aussi citer Grenander et Szegˆ o [21], Ibragimov [22], Rosenblatt [30], Taniguchi [34], Dalhaus [10], Giraitis et Surgalis [19], Ginovyan [14], Taniguchi and Kakizawa [35], Ginovyan et Sahakyan [17], [16] et [15], et Lieberman et Philips [26]. Un bon r´esum´e des principaux acquis peut se trouver dans [18].
La question qui peut ´egalement se poser est de connaˆıtre la trace de T
N(f )T
N−1(g)
s. Une fa¸con de faire peut consister ` a se ramener ` a la trace de T
N(f )T
N(g
−1)
s, mais cette m´ethode n’est pas toujours satisfaisante, surtout dans le cas singulier. Dans cet article nous proposons un d´eveloppement asymptotique d’ordre 1 ou 2, suivant les cas, de Tr T
N(f
1)T
N−1(f
2)
dans le cas o` u f
1(θ) = | 1 − e
iθ|
2α1c
1(θ) et f
2(θ) = | 1 − e
iθ|
2α2c
2(θ) avec −
12< α
1, α
2<
12et o` u c
1et c
2sont deux fonctions r´eguli`eres sur le tore. Les m´ethodes que nous utilisons sont diff´erentes de celles de Fox et Taqqu, mais utilisent des travaux ant´erieurs (voir [28] et [29]).
Nous mettons en ´evidence les diff´erents cas qui peuvent se pr´esenter, et la suite de notre travail est consacr´ee ` a l’´etude du cas α
1∈ ]0,
12[ et α
2∈ ] −
12, 0[ (cas 1) ii)). Nous donnons dans ce cas une expression asymptotique de Tr T
N(f
1)T
N−1(f
2)
set aussi de Tr T
N(f
1)T
N(f
2−1)
s(ce qui revient ` a donner Tr T
N(f
1)T
N−1(f
2)
spour 0 < α
1, α
2<
12compl´etant ainsi des r´esultats de Taniguchi([34], [35] et de Lieberman et Phillips [26]. Nous ´etudions ensuite les cons´equences de ces r´esultats pour les valeurs propres de T
N(f
1)T
N(f
2−1) et nous en d´eduisons un r´esultat probabiliste. Dans le cas d’une matrice de Toeplitz le comportement des valeurs propres ob´eit
`
a certains principes bien connus. On sait par exemple que si λ
(Ni )sont les valeurs propres d’une matrices de Toeplitz d’un symbole f avec inf
θ∈Tf (θ) = m et sup
θ∈Tf (θ) = M alors
N→+∞
lim
1≤i≤N
inf λ
(Ni )= m et lim
N→+∞
sup
1≤i≤N
λ
(Ni )!
= M . Cette propri´et´e n’est ´evidemment plus vraie pour un produit de matrices de Toeplitz ni ` a plus forte raison pour le produit d’une matrice de Toeplitz avec une matrice hermitienne. Si on ´etudie une forme quadratique W
Nd´efinie par W
N=
N1X
(N)∗M
NX
(N)avec (X
n) un processus stationnaire centr´e gaussien et la matrice M
Nune matrice hermitienne (voir, entre autre, [31], [3] et [4])on ne peut donc pas alors appliquer le th´eor`eme de Gˆ artner-Ellis ([11]) pour obtenir un principe de grandes d´eviations pour W
N. Dans le cas o` u M
N= T
N(f ) et o` u f, g ∈ L
∞(
T) ( g ´etant la densit´e spectrale de X
(N)) [3] et [4] donnent des solutions ` a ce probl`eme. Cela leur permet notamment de donner un principe de grandes d´eviations dans l’´etude du rapport de vraissemblance de deux processus gaussiens stationnaires ([8], [7],[9],[6] [2]) dans le cas o` u les densit´es spectrales sont r´eguli`eres. Supposons maintenant que X
(N)admette pour densit´e spectrale une fonction f
1et que M
N= T
N−1(f
2). Dans le cas α
1positif et α
2n´egatif en notant µ
(N)iles valeurs propres de T
N(f
1)T
N−1(f
2) nous obtenons, en ´etudiant la convergence de la mesure
X
N i=0δ
µ(N) i, que lim
N→+∞
1≤i≤N
inf µ
(Ni )= 0 et lim
N→+∞
sup
1≤i≤N
µ
(N)i!
= k f
1f
2k
∞. Nous pouvons alors obtenir
sur un intervalle maximal la limite de la suite de fonctions (voir [21]) L
N(t) = 1
N ln E(e
N tWN)
= − 1
2N ln det
I
N− 2tT
N1/2(f
1)T
N−1(f
2)T
N1/2(f
1)
= − 1 2N
X
N i=1ln(1 − 2tµ
(Ni )).
Toujours dans le cas 1) ii) avec α
1> 0 et α
2< 0 nous retrouvons un th´eor`eme de limite centrale similaire ` a celui donn´e par Fox et Taqqu dans [13] mais dans lequel nous pouvons consid´erer la forme quadratique X
(N)∗T
N(f
2)
−1X
(N)au lieu de X
(N)∗T
N(f
2).X
(N).
Dans un prochain travail nous nous attacherons ` a d´evelopper les cas diff´erents du cas 1) ii) qui interviennent dans le th´eor`eme 1. Nous aurons deux objectifs : d’abord ´etablir des expressions asymptotiques pour les traces de T
N(f
1)T
N−1(f
2)
spuis utiliser ces expres- sions pour donner des th´eor`emes de limites centrales pour des formes quadratiques du type X
(N)∗T
N(f
2)
−1X
(N)ou X
Nest un processus al´eatoire centr´e gaussien stationnaires de densit´e spectrale f
1.
2 Principaux r´ esultats
2.1 Trace de produits de matrices de Toeplitz.
Dans la suite nous noterons χ la fonction d´efinie par χ(θ) = e
iθ. Pour tous les r´eels ν positifs nous consid´ererons aussi les ensembles A(
T, ν ) = { h ∈ L
2(
T)/ X
k∈Z
| k |
νˆ h(k) < ∞} , o` u ˆ h(k) d´esigne le coefficient d’ordre k de la fonction h.
Th´eor`eme 1
On consid`ere deux fonctions f
1et f
2d´efinies sur le tore
Tpar f
1= | 1 − χ |
2α1c
1et f
2= | 1 − χ |
2α2c
2o` u c
1et c
2sont deux fonctions r´eguli`eres dans A(
T,
32) et −
12< α
1, α
2<
12. On a alors les r´esultats suivants :
1. Si α
2∈ ] −
12, 0[
i) dans le cas ou
12> α
2− α
1> 0 Tr T
N(f
1)T
N−1(f
2)
= Tr
T
Nf
1f
2+ O(N
2α2−2α1), ii) dans le cas ou 0 > α
2− α
1> − 1
Tr T
N(f
1)T
N−1(f
2)
= Tr
T
Nf
1f
2+ f b
1(0)
h ln f
2−1, 1 f
2i
2,1/2+ C
1(f
1, f
2) + O(N
max(2α2−2α1,−1))).
Si les fonctions f
1et f
2sont des fonctions paires on a
C
1(f
1, f
2) = − 2(α
2+ 1)
h ln f
2−1, f
1f
2i
2,1/2− h ln f
2−1, 1
f
2i
2,1/2f b
1(0) − h ln f
1, 1 f
2i
2,1/2.
2. Si α
2∈ ]0,
12[
i) Dans le cas o` u
12< α
2− α
1< 1 on a Tr T
N(f
1)T
N−1(f
2)
= N
2α2−2α1C
2(f
1, f
2) + o(N
2α2−2α1) ii) Dans le cas o` u −
12< α
2− α
1<
12on a
a) Si α
1< 0
Tr T
N(f
1)T
N−1(f
2)
= Tr
T
Nf
1f
2+ N
2α2−2α1C
3(f
1, f
2) + o(N
2α2−2α1) b) Si α
1> 0
Tr T
N(f
1)T
N−1(f
2)
= Tr
T
Nf
1f
2+
Z
1 1/2G ˜
α2(x)dx
! 2N
2α2f b
1(0)
c
2(1)Γ
2(α
2) + o(N
2α2) avec
G ˜
α2(x) = Z
x0
t
2α2−2(1 − t)
2α2− 1
− t
2α2(1 − t)
2α2−2dtdx + x
2α2−1(2α
2− 1) , et x ∈ [1/2, 1].
Remarque 1
Les constantes C
i(f
1, f
2) 1 ≤ i ≤ 3, peuvent ˆetre obtenues ` a partir de la d´emonstration du th´eor`eme.
Dans l’´enonc´e suivant nous ´etudionsun cas particulier du th´eor`eme 1. et nous noterons f
2,tla fonction
f
2,t(θ) = tf
1(θ) + f
2(θ),
Th´eor`eme 2
Si f
1et f
2sont deux fonctions paires d´efinies sur le tore et v´erifiant les hy- poth`eses du th´eor`eme 1 avec de plus α
1positif et α
2n´egatif on a, pour tout entier naturel s non nul
Tr T
N(f
1)T
N−1(f
2)
s− Tr
T
Nf
1f
2 s= ( − 1)
s−1Ψ
(s−1)1(0)
(s − 1)! + o(1).
avec
Ψ
1(t) = f b
1(0)
h ln f
2,t−1, 1 f
2,ti
2,1/2− C
1(f
1, f
2,t).
Corollaire 1
On consid`ere deux fonctions h
1et h
2paires d´efinies sur le tore
Tpar h
1=
| 1 − e
iθ|
2α1d
1et h
2= | 1 − e
iθ|
2α2d
2o` u d
1et d
2sont deux fonctions r´eguli`eres appartenant ` a A(
T,
32). On suppose de plus que
12> α
1, α
2> 0. Nous pouvons alors ´ecrire, pour tout entier s ≥ 1
Tr (T
Nh
1T
Nh
2)
s= N 2π
Z
2π 0((h
1h
2)(θ))
sdθ + o(N ).
2.2 Quelques applications aux grandes d´ eviations et aux valeurs propres Dans tout ce paragraphe nous consid´erons encore f
1= | 1 − χ |
2α1c
1et f
2= | 1 − χ |
2α2c
2deux fonctions paires avec α
1positif et α
2n´egatif et c
1, c
2deux fonctions r´eguli`eres dans A(
T,
32).
Lemme 1
Si µ
(N)i1 ≤ i ≤ N d´esignent les valeurs propres de T
N(f
1)T
N−1(f
2), class´ees dans l’ordre croissant, alors la suite de mesures
X
N i=1δ
µ(N)iconverge au sens faible (ou en loi) vers P
f1f2
la mesure image de la mesure de Lebesgue sur le tore par
ff12
.
Ce lemme admet comme corollaire imm´ediat les deux th´eor`emes suivants
Th´eor`eme 3Avec les hypoth`eses et notations pr´ec´edentes
N
lim
→+∞µ
(N1 )= 0, lim
N→+∞
µ
(NN )= k f
1f
2k
∞.
On consid`ere maintenant pour tout entier N la forme quadratique W
Nd´efinie par W
N= 1
2N
t
X
NT
N−1f
2X
No` u X
Nun processus de densit´e spectrale f
1= | 1 − χ |
2α1c
1et f
2= | 1 − χ |
2α2c
2, c
1et c
2´etant deux fonctions r´eguli`eres sur le tore. On consid`ere alors la suite de fonctions
L
N(t) = 1 2N − 1
2 X
Ni=1
ln(1 − 2µ
Nit)
!
o` u (µ
Ni)
i=1···Nsont les valeurs propres de A
N= T
N1/2f
1T
N−1f
2T
N1/2f
1qui sont aussi celles de T
N(f
1)T
N−1f
2. Alors nous pouvons ´ecrire, en posant ∆ =] − δ
−1, δ
−1[ avec δ = k
ff12k
∞Th´eor`eme 4
Si
ff12∈ L
∞(
T) avec α
1> 0 et α
2< 0 on a pour tout t tel que 2t ∈ ∆ L
N(t) = − 1
4π Z
2π0
ln
1 − 2t f
1f
2(θ)
dθ + o(1), et
N→+∞
lim
N L
N(t) + N 4π
Z
2π 0ln
1 − 2t f
1f
2(θ)
dθ
= Ψ(2t) 2 avec Ψ(t) = P
∞l=1 (−1)l+1
l
(t)
lΨ(l) 1 (0)
l!
Remarque 2
Ce th´eor`eme revient ` a dire que si
ff12
∈ L
∞(
T) et α
1α
2< 0 alors (W
N) satisfait une SLDP ( Sharp Large Deviation Principle) pour une fonction L
∗qui est le dual de Fenchel- Legendre est L(t) =
4π1R
2π0
ln
1 − 2t
ff12
(θ) dθ.
D’autre part en posant m
N= E(
tX
NT
N−1f
2X
N) nous pouvons ´enonc´er le th´eor`eme
Th´eor`eme 5
La variable al´eatoire :
t
X
NT
N−1f
2X
N− m
N√ N
converge en loi vers une variablle al´eatoire qui suit une loi normale centr´ee de variance 1π R
π−π
f1(θ) f2(θ) 2dθ.
Remarque 3
La d´emonstration de ce th´eor`eme est bien sˆ ur parfaitement identique ` a celle du th´eor`eme du mˆeme genre donn´e dans [13]
Pour d´emontrer le th´eor`eme 1 nous allons devoir, dans un premier temps, donner une expres- sion asymptotique simple pour N suffisamment grand, des coefficients du polynˆome pr´edicteur de degr´e N d’une fonction f admettant une singularit´e dordre α comprise entre −
12et
12. C’est ce que nous faisons, apr`es un bref rappel, dans la partie suivante.
3 Asymptotique des coefficients du polynˆ ome pr´ edicteur
3.1 Definition et propri´ et´ es fondamentales du polynˆ ome pr´ edicteur
D´efinition 1
Si h une fonction positive dans L
1(
T) on appelle polynˆ ome pr´edicteur de degr´e N de h le polynˆ ome K
Nd´efinie par K
N=
X
N k=0(T
N−1)
k+1,1q
(T
N−1)
1,1z
k.
Nous avons alors les r´esultats suivants (voir [25])
Th´eor`eme 6
Si h une fonction positive dans L
1(
T) et K
Nson polynˆ ome pr´edicteur de degr´e N alors
–
∀ s, − N ≤ s ≤ N
\| K
N|
−2(s) = b h(s).
– K
Nne s’annule pas sur le tore.
Ce th´eor`eme admet la cons´equence imm´ediate suivante
Th´eor`eme 7
Avec les hypoth`eses du th´eor`eme pr´ec´edent nous avons T
N| K
N|
−2= T
N(h).
Le calcul de T
N−1(h) s’en trouve alors facilit´e grˆ ace au lemme suivant qui a ´et´e ´etabli dans [27]
et qui est une version alg´ebrique de la formule de Gohberg-Semencul [20].
Lemme 2
Si P = X
N u=0δ
uz
uun polynˆ ome de degr´e N sans z´eros sur le tore on a
T
N−1| P |
−2= (¯ δ
0δ
l−k+ · · · + ¯ δ
kδ
l− (δ
N−kδ ¯
N−l+ · · · δ
Nδ
N+k−l).
Dans cette partie nous consid´erons une fonction f d´efinie par f = | 1 − χ |
2αc o` u c est une fonction r´eguli`ere sur le tore avec c
1= g
1¯ g
1, g
1∈ H
2+et g = (1 − χ)
αg
1. On pose β
k(α)= g d
−1(k) et on note par β
k,Nle coefficient de χ
kdu polynˆome pr´edicteur de degr´e N de f . D’autre part nous nous pla¸cons dans le cas −
12< α <
12.
Th´eor`eme 8
On consid`ere une fonction f comme ci-dessus Alors si n
1est entier fix´e, ind´ependamment de N ,
β
k,N= β
k(α)(1 − k
N )
α(1 + o(1)) pour tout entier k ∈ [0, N − n
1], uniform´ement par rapport ` a N .
Remarque 4
Dans la pratique n
1est choisi de mani`ere ` a ce que pour tout entier u ≥ n
1on ait β
u(α)=
g11(1) uα−1
Γ(α)
avec la pr´ecision n´ecessaire.
Remarque 5
Ce th´eor`eme peut se lire
∀ ǫ > 0 ∃ N
0t.q. ∀ N ≥ N
0∀ k, 0 ≤ k ≤ N − n
1∃ R
k, | R
k| ≤ ε tel que β
k,N= β
k(α)(1 − k
N )
α(1 + R
k) 3.2 D´ emonstration du th´ eor` eme 8
Pour d´emontrer ce th´eor`eme nous allons d´ecouper l’intervalle [0, N δ] en deux, ` a savoir [0, δ
1] et [δ
1, δ]. La d´emonstration du th´eor`eme sur [δ
1, δ] est assez rapide. Dans [29] nous avons d´emontr´e
Th´eor`eme 9
Si −
12< α <
12, α 6 = 0 nous avons pour 0 < x < 1 g
1(1)β
[N x],N= N
α−11
Γ(α) x
α−1(1 − x)
α+ o(N
α−1) uniform´ement en x dans [δ
1, δ
2], pour 0 < δ
1< δ
2< 1.
Ce th´eor`eme est ´equivalent ` a
g
1(1)β
k,N= 1
Γ(α) k
α−1(1 − k
N )
α+ o(N
α−1)
pour tout entier naturel k dans [N δ
1, N δ
2], uniform´ement par rapport ` a N . Cette remarque, jointe au r´esultat (voir [36]) β
k(α)=
g1(1)Γ(α)1k
α−1(1 + o(1)), uniform´ement par rapport ` a k pour k assez grand, permet d’obtenir le r´esultat sur [N δ
1, N δ].
Pour d´emontrer le th´eor`eme dans l’intervalle [0, N δ
1], il nous faut revisiter les r´esultats de [29].
Nous avons obtenu dans cet article le lemme
Lemme 3
On suppose α ∈ ] −
12,
12[. Alors, sous les hypoth`eses du th´eor`eme 9 nous pouvons
´ecrire pour N suffisamment grand et pour 0 ≤ k ≤ δN , 0 < δ < 1 β
k,N= β
k(α)− 1
N X
k u=0β
k−u(α)F
αu
N
(1 + o(1)) .
la fonction z → F
α(z) est continue et d´erivable sur tout compact de [0, 1[ et de plus pour tout r´eel dans [0, δ] on a
| F
α(z) | ≤ K
0(1 + | ln(1 − z) | ), o` u K
0est une constante ind´ependante de N .
Remarque 6
En utilisant le d´eterminant de T
N( | 1 − χ |
2αf
1) et la formule d’Hartwig-Fisher nous obtenons facilement
F
α(0) = α
2+ o(1).
Si k ∈ [0, k
0] et N suffisamment grand le lemme 3 permet d‘´ecrire β
k(α)+ 1
N X
k u=0F
α( u
N )β
(α)k−u= β
k(α)(1 − o(1))
= β
k(α)1 − k N
α(1 + o(1)) . Si k
0< k < N δ
1nous pouvons consid´erer, toujours avec le lemme 3, les ´egalit´es
β
k(α)− 1 N
X
k u=0F
α( u
N )β
k−u(α)= β
(α)k− 1 N
X
k u=0F
α( u
N ) − F
α(0) β
k−u(α)− F
α(0) 1 N
X
k u=0β
k−u(α)= β
(α)k− β
k(α+1)α
2N + 1
N
2X
k u=0uβ
k−u(α)F
α′(c
u)
avec, pour tout u, 0 ≤ c
u≤
Nu. Alors si k
0suffisamment grand pour que l’approximation de β
k(α)et de β
k(α+1)soient pertinentes on a, en utilisant l’uniformit´e de ces mˆemes approximations,
β
k(α)− β
k(α+1)α
2N = β
k(α)− α k
N β
k(α)(1 + o(1))
= β
k(α)1 − k N
α(1 + o(1)) uniform´ement par rapport ` a k ∈ [k
0, N δ
1]. Si α positif on a
N12P
ku=0
uβ
(α)k−uF
α′(c
u) = O
1 N2
P
ku=0
uβ
k−u(α), et nous avons ´egalement
1
N
2X
k u=0uβ
k−u(α)≤ 1 N
2X
k u=0(k − u) | β
(α)k−u| + X
k u=0k | β
k−u(α)|
!
= O
k
α+1N
2= O k
α−1δ
21= o(β
k(α))
D’autre part si α est n´egatif nous pouvons ´ecrire, toujours si k
0suffisamment grand pour que l’approximation des coefficients β
k(α)soit pertinente
X
k u=0uβ
k−u(α)=
k−k
X
0u=0
uβ
(α)k−u+ X
k u=k−k0+1uβ
k−u(α).
Nous avons encore 1 N
2k−k
X
0u=0
uβ
k−u(α)= 1 N
2k−k
X
0u=0
(k − u)β
k−u(α)+
k−k
X
0u=0
kβ
(α)k−u! .
On a ´evidemment
1 N
2X
k u=0(k − u) | β
k−u(α)| = O( k
α+1N
2)
= O k
α−1δ
12= o(β
k(α))
et
k−kX
0u=0
kβ
k−u(α)= − k X
∞ u=k−k0+1β
k−u(α)= O(β
(α)k).
Enfin en utilisant la formule d’Euler et Mac-Laurin (en supposant k
0assez grand pour que cela ait un sens) il vient
1 N
2X
k u=k−k0+1| β
k−u(α)| = 1
N
2O k
α+1− (k − k
0)
α+1= k
α+1N
2O
1 − (1 − k
0k )
α+1= O( k
αN ) = o(k
α−1) ce qui ach`eve de d´emontrer le lemme, et l’uniformit´e, pour k ∈ [0, δ
0].
Reste ` a obtenir la formule pour k ∈ [N δ
2, N − n
1].
Pour ce faire nous allons utiliser les polynˆomes orthogonaux Q
j, 0 ≤ j ≤ N associ´es au poids f et reli´es aux polynˆomes pr´edicteurs par Q
N(χ) = P
N(χ).
Nous allons utiliser ´egalement la relation (voir [23],[24]) que β
N+1,N+1∼ α
N . (1)
D’autre part la relation (voir, par exemple [33])
P
m(χ) = P
m−1(χ) + χβ
m,mQ
m−1permet, en identifiant les coefficients en N − m
β
N−m= β
N−m,N−1+ β
N,Nβ
m,N−1et pour m ≤ k et k suffisamment petit nous obtenons
β
N−k,N−m= β
N−m−(k−m),N−m= β
N−k,N−m−1+ β
N−m,N−mβ
k−m,N−m−1ce qui donne, en ajoutant cette relation pour m de 0 ` a k :
β
N−k,N= X
k m=0β
N−m,N−mβ
k−m,N−m−1.
Ce qui se traduit, en utilisant le lemme (3) et l’´equation (1) β
N−k,N= (1 − α
2N ) α N
X
k m=0β
k−m,N−m−1+ o( 1 N ) et avec les r´esultats ´etablis au d´ebut de la d´emonstration
β
N−k,N= (1 − α
2N ) α
N X
k m=0β
k−m(α)− α
2N β
k−m(α+1)+ o( 1
N )
= (1 − α
2N ) α
N
β
(α+1)k− α
2N β
k(α+2)+ o( 1
N ) Ce qui donne
β
N−k+1,N= αβ
k(α+1)N + o( 1
N ). (2)
Ce qui s’´ecrit aussi si nous consid´erons un entier j ∈ [N δ
2, N − n
1] g
1(1)β
j+1,N= α(N − j)
αN Γ(α + 1) = 1
Γ(α) (1 − j
N )
αN
α−1+ o( 1 N )
= 1
Γ(α) (1 − j
N )
α( N − j + j
j )
α−1j
α−1+ o( 1 N ) Soit
β
j+1,N= β
j(α)(1 − j
N )
α+ o( 1 N ).
L’uniformit´e du r´esultat est alors assur´ee par la fa¸con dont δ
2tend vers 1.
4 D´ emonstration du th´ eor` eme principal
On doit calculer la trace de T
N(f
1)T
N−1(f
2)
avec f
1= | 1 − χ |
2α1c
1et f
2= | 1 − χ |
2α2c
2o` u −
12< α
1, α
2<
12et o` u c
1et c
2sont des fonctions r´eguli`eres.
On peut ´ecrire
Tr T
N(f
1)T
N−1(f
2)
= ˆ f
1(0) X
N k=0T
N−1(f
2)
k,k
+ 2 ℜ X
N s=1f ˆ
1(s)
N
X
−s k=0T
N−1(f
2)
k,k+s! ,
et aussi (avec s > 0) et en utilisant le lemme 2
N−s
X
k=0
T
N−1(f
2)
k,k+s= (N − 1 − s)A
1(s) + A
2(s)
avec (
A
1(s) = P
N−sl=0
β
l,Nβ
l+s,NA
2(s) = − 2 P
N−sl=0
lβ
l,Nβ
l+s,No` u les β
l,N, 0 ≤ l ≤ N , sont les coefficients du polynˆome pr´edicteur de la fonction f
2. Nous avons ´etabli plus haut que si n
0est un entier tel que
nN0= o(1) nous pouvons ´ecrire
β
l,N= β
l(α2)(1 − l
N )
α2(1 + o(1)) (3)
uniform´ement pour tout entier l dans [0, N − n
0]. Dans un premier temps nous allons d´emontrer le lemme suivant
Lemme 4
Avec les hypoth`eses du th´eor`eme nous avons quel que soit s, 0 ≤ s ≤ N − n
0, uniform´ement par rapport ` a s
1. Si α
2∈ ] −
12, 0[ alors
N
X
−s l=0T
N−1(f
2)
l,l+s= N (1 − s
N )
α2+1c 1
f
2( − s) + (1 − s
N )
α2τ
2s N
X
u≥0
uβ
αu2β
uα2
+
+ N
2α2Γ
2(α
2)c
2(1) (1 − s
N )
2α2F
1( s
N ) + o(N
2α2)
o` u F
1est une fonction continue sur [0, 1], et τ
2(t) = − (α
2+ ((1 − t)(α
2+ 2))) . 2. Si α
2∈ ]0,
12[ alors
N
X
−s l=0T
N−1(f
2)
l,l+s= N (1 − s
N )
α2+1c 1
f
2( − s) + N
2α2Γ
2(α
2)c
2(1) F
2( s
N ) + o(N
2α2) o` u F
2est une fonction continue sur [0, 1],
4.1 D´ emonstration du lemme 4
Remarque 7
La d´emonstration de l’uniformit´e des restes, qui est un peu fastidieuse, a ´et´e repouss´e dans l’appendice.
4.1.1 Calcul du coefficient
A
1En supposant que n
1est un entier tel que
nN1= o(1) et n
1≤ n
0nous pouvons ´ecrire la d´ecomposition :
A
1(s) =
N−s−n
X
1l=0
β
l,Nβ
l+s,N+
N
X
−s l=N−s−n1+1β
l,Nβ
l+s,N.
Compte tenu de la remarque 3 nous pouvons ´ecrire, en posant s
′= s + n
1 N−sX
′l=0
β
l,Nβ
l+s,N=
N−s
X
′l=0
β
l(α2)β
l+s(α2)(1 − l
N )
α2(1 − l + s
N )
α2(1 + o(1)) .
Nous avons alors
N−s
X
′l=0
β
l(α2)β
l+s(α2)(1 − l
N )
α2(1 − l + s N )
α2=
=
N−s
X
′l=0
β
l(α2)β
l+s(α2)(1 − l
N )
α2− 1
+ 1 (1 − l + s
N )
α2− (1 − s N )
α2+ (1 − s N )
α2En d´eveloppant on a
N
X
−s′ l=0β
l(α2)β
l+s(α2)(1 − l
N )
α2(1 − l + s
N )
α2= A
′1+ A
′2+ A
′3+ A
′4,
avec
A
′1=
N−s
X
′l=0
β
l(α2)β
l+s(α2)! (1 − s
N )
α2A
′2=
N−s
X
′l=0
β
l(α2)β
l+s(α2)(1 − l
N )
α2− 1
!
(1 − s N )
α2A
′3=
N−s
X
′l=0
β
l(α2)β
l+s(α2)(1 − l + s
N )
α2− (1 − s N )
α2A
′4=
N−s
X
′l=0
β
l(α2)β
l+s(α2)(1 − l
N )
α2− 1 (1 − l + s
N )
α2− (1 − s N )
α2. Nous avons
A
′1= (1 − s
N )
α2c 1
f
2( − s) −
+∞
X
N−s′+1
β
l(α2)β
l+s(α2)!
= (1 − s
N )
α2c 1 f
2( − s) −
− N
2α2−1c
2(1)Γ
2(α
2)
Z
+∞1−s′/N
t
α2−1(t + s
N )
α2−1dt
!
+ o(N
2α2−1).
On peut remarquer que quand
Nstend vers 1 et α
2n´egatif nous pouvons ´ecrire A
′1∼ (1 − s
N )
α2c 1 f
2( − s) − (1 − s
N )
2α2N
2α2α
2c
2(1)Γ
2(α
2) + o(N
2α2) Nous avons d’autre part
i) Si α
2∈ ] −
12, 0[
A
′2=
N−s
X
′l=0
β
l(α2)β
l+s(α2)(1 − l
N )
α2− 1 + α
2l N
!
(1 − s N )
α2−
− α
2N
N−s
X
′l=0