SESSION 2012 PCM1002
EPREUVE SPECIFIQUE - FILIERE PC ____________________
MATHEMATIQUES 1
Durée : 4 heures ____________________
N.B. : Le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d’énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il a été amené à prendre.
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Les calculatrices sont interdites
L’objectif du probl` eme est de d´ efinir et d’´ etudier la notion de diagonalisabilit´ e d’un couple de matrices A, B dans plusieurs situations.
Les parties I et V traitent chacune un cas particulier, respectivement en dimension 3 et 4. La partie II aborde le cas o` u B est inversible et la partie IV ´ etudie un crit` ere de diagonalisabilit´ e.
La partie III se r´ eduit ` a l’´ etude du cas d’un couple de matrices sym´ etriques r´ eelles.
La partie I est ind´ ependante des quatre autres parties. Les parties III, IV et V sont, pour une grande part, ind´ ependantes les unes des autres.
Il est demand´ e, lorsqu’un raisonnement utilise un r´ esultat obtenu pr´ ec´ edemment dans le probl` eme, d’indiquer pr´ ecis´ ement le num´ ero de la question utilis´ ee.
Notations et d´ efinitions
Soient n et p deux entiers naturels non nuls, K l’ensemble R ou C et H une partie de K . Notons M n,p K l’espace vectoriel des matrices ` a n lignes et p colonnes ` a coefficients dans K ,
M n K l’espace vectoriel des matrices carr´ ees d’ordre n ` a coefficients dans K , S n K l’espace vectoriel des matrices de M n K qui sont sym´ etriques,
D n H l’ensemble des matrices diagonales de M n K ` a coefficients diagonaux dans H, GL n K l’ensemble des matrices de M n K qui sont inversibles,
O n R l’ensemble des matrices de M n R qui sont orthogonales,
I n la matrice identit´ e d’ordre n.
D´ efinitions 1 : Soient A, B M n K 2 et λ K .
On note E λ A, B l’ensemble des matrices-colonnes X M n, 1 K telles que AX λBX.
On dit que λ est valeur propre du couple A, B si E λ A, B n’est pas r´ eduit ` a 0 , c’est-` a-dire si A λB n’est pas inversible.
On note χ A,B la fonction d´ efinie sur K par χ A,B λ det A λB et Sp A, B l’ensemble des valeurs propres du couple A, B , c’est-` a-dire l’ensemble des ´ el´ ements λ K tels que χ A,B λ 0.
Dans le cas particulier o` u B I n , on remarquera que ces d´ efinitions correspondent aux notions de valeur propre, d’espace propre et de polynˆ ome caract´ eristique de A.
Ainsi, E λ A, I n et χ A,I
nsont not´ es plus simplement E λ A et χ A .
Partie I : DIAGONALISABILIT´ E DANS UN CAS PARTICULIER
Soit A
3 1 1
2 1 0
0 0 1
, B
0 0 0
4 2 0
0 0 2
, C
4 2 2
12 6 4
0 0 2
et D
0 0 0 0 2 0 0 0 2
.
On note aussi F u 1 , u 2 , u 3 pour u 1
1 2 0
, u 2
1 0 3
et u 3
0 1 1
.
I.1.
I.1.a. Montrer que B n’est pas inversible.
I.1.b. Montrer que A est inversible.
I.1.c. V´ erifier que C A 1 B.
I.2.
I.2.a. Montrer que χ A,B λ 2λ 1 2 . I.2.b. En d´ eduire Sp A, B .
I.2.c. D´ eterminer une base de E 1 2 A, B et en d´ eduire que dim E 1 2 A, B 2.
I.3.
I.3.a. Calculer χ B,A λ et en d´ eduire que Sp B, A 0, 2 . I.3.b. Etablir les identit´ ´ es suivantes :
E 0 B, A Vect u 1 E 0 C et E 2 B, A E 1 2 A, B Vect u 2 , u 3 E 2 C . I.3.c. En d´ eduire que dim E 0 B, A dim E 2 B, A 3.
I.4.
I.4.a. Montrer que F est une base de M 3 , 1 R form´ ee de vecteurs propres de C.
I.4.b. D´ eterminer explicitement une matrice R GL 3 R telle que C RDR 1 . I.4.c. Montrer que B ARDR 1 .
I.4.d. Justifier qu’il existe P GL 3 R et Q GL 3 R telles que A P I 3 Q et B P DQ.
D´ efinitions 2 : Soit A, B, A , B M n K 4 .
On dit que le couple A, B est r´ egulier s’il existe λ K tel que χ A,B λ 0.
On dit que le couple A, B est ´ equivalent au couple A , B et on note A, B A , B si :
P GL n K , Q GL n K A P A Q et B P B Q.
On dit que le couple A, B est diagonalisable si :
D D n K , D D n K A, B D, D .
Partie II : R´ EGULARIT´ E ET DIAGONALISABILIT´ E
II.1. Soit A, B M n K 2 .
II.1.a. On suppose dans cette question que B est inversible. Pour λ K , exprimer χ A,B λ en fonction de χ B
1A λ et en d´ eduire que χ A,B est une fonction polynomiale dont on pr´ ecisera le degr´ e.
II.1.b. On suppose dans cette question que n 2. Donner un exemple de couple A, B M n K 2 pour lequel χ A,B est la fonction nulle alors que ni A ni B n’est la matrice nulle.
II.1.c. Montrer que χ A,B est une fonction polynomiale de degr´ e inf´ erieur ou ´ egal ` a n.
II.2.
II.2.a. Montrer que :
A, B A , B P GL n K , Q GL n K λ K , A λB P A λB Q.
II.2.b. Etablir que si ´ A, B est ´ equivalent ` a A , B , alors il existe α K , non nul, tel que χ A,B α χ A ,B , puis que Sp A, B Sp A , B .
II.3. On suppose dans cette question que A, B est r´ egulier.
II.3.a. Montrer que :
λ K 0 , χ A,B λ λ n χ B,A 1 λ . II.3.b. Montrer que B, A est r´ egulier.
II.3.c. On suppose dans cette question que r et s sont deux entiers tels que 1 r s n et a r , a r 1 , . . . , a s des ´ el´ ements de K tels que a r 0 et a s 0. On suppose ´ egalement que χ B,A s’´ ecrit sous la forme :
λ K , χ B,A λ
s
k r
a k λ k .
Montrer que 0 est racine de χ B,A d’ordre de multiplicit´ e r et que χ A,B est de degr´ e n r.
II.3.d. Montrer que les propositions suivantes sont ´ equivalentes : i) B est inversible ;
ii) χ A,B est de degr´ e n ; iii) 0 Sp B, A .
II.4. On suppose dans cette question que B est inversible. Montrer que si B 1 A est
diagonalisable, alors A, B est diagonalisable.
D´ efinitions 3 : Soit M S n R , c’est-` a-dire que M est une matrice sym´ etrique r´ eelle.
On confondra toute matrice A a de M 1 R avec le r´ eel a.
On dit que M est positive si : X M n,1 R , t XM X 0.
On dit que M est d´ efinie-positive si M est positive et inversible.
Partie III : DIAGONALISABILIT´ E DANS LE CAS SYM´ ETRIQUE III.1.
III.1.a. Montrer que pour M m i,j 1 i,j n M n R , X x i 1 i n M n,1 R et Y y i 1 i n M n, 1 R , alors t XM Y
1 i,j n
m i,j x i y j . III.1.b. En d´ eduire que pour X M n, 1 R non nul, t XX 0.
III.1.c. Montrer que, pour M S n R , les propositions suivantes sont ´ equivalentes : i) M est d´ efinie-positive ;
ii) Sp M R ;
iii) il existe P O n R et D D n R telles que M P D t P ; iv) il existe L GL n R telle que M t LL.
Dans le cas o` u M est d´ efinie-positive, on pose : X, Y M n, 1 R 2 , X, Y M t XM Y.
III.2. Montrer que si M est d´ efinie-positive, l’application X, Y X, Y M est un produit scalaire sur M n, 1 R .
III.3. On suppose dans cette question que A, B S n R 2 avec B d´ efinie-positive. On suppose alors que L est une matrice de GL n R telle que B t LL et on d´ efinit, par III.2, un produit scalaire sur M n, 1 R , not´ e , B .
III.3.a. Trouver une matrice C S n R telle que, pour tout λ R et X M n, 1 R ,
AX λBX CZ λZ o` u on a pos´ e Z LX.
III.3.b. Montrer qu’il existe une base B e 1 , . . . , e n de M n,1 R qui soit orthonormale pour le produit scalaire , I
net telle que, pour tout i 1, n , il existe λ i R v´ erifiant : Ce i λ i e i .
III.3.c. Montrer qu’il existe une base B e 1 , . . . , e n de M n, 1 R qui soit orthonormale pour le produit scalaire , B et telle que, pour tout i 1, n , Ae i λ i Be i .
III.3.d. En d´ eduire que le couple A, B est diagonalisable.
III.4. On suppose dans toute la fin de la partie III que le couple A, B est r´ egulier et que A et B sont toutes les deux sym´ etriques r´ eelles positives.
III.4.a. Montrer l’existence de λ 0 R tel que A λ 0 B soit une matrice sym´ etrique r´ eelle d´ efinie-positive.
III.4.b. En d´ eduire que le couple A, B est diagonalisable.
D´ efinitions 4 : Soit A, B M n K 2 un couple r´ egulier.
Pour λ Sp A, B , on note m λ A, B l’ordre de multiplicit´ e de λ en tant que racine de χ A,B .
Si B est inversible, on note Sp A, B Sp A, B , m A, B 0 et E A, B 0 . Si B n’est pas inversible, on note Sp A, B Sp A, B , m A, B m 0 B, A l’ordre de multiplicit´ e de 0 en tant que racine de χ B,A et E A, B E 0 B, A .
On cherche un crit` ere de diagonalisabilit´ e de A, B faisant intervenir dim E λ A, B . On dit que A, B v´ erifie la propri´ et´ e H si :
λ Sp A, B , dim E λ A, B m λ A, B .
Partie IV : UN CRIT` ERE DE DIAGONALISABILIT´ E
Dans toute cette partie, on suppose que K C . Soit A, B M n C 2 un couple r´ egulier.
Il existe donc λ 0 C tel que A λ 0 B soit inversible.
Dans toute la suite de la partie IV, on suppose pour simplifier les notations que λ 0 0 si bien que A est inversible.
On note d le degr´ e de χ A,B et C A 1 B.
Dans les questions suivantes, on pourra ˆ etre amen´ e ` a distinguer le cas o` u B est inversible du cas o` u B n’est pas inversible.
IV.1.
IV.1.a. Montrer que E 0 C E 0 B, A E A, B . IV.1.b. Montrer que si λ C , alors E λ C E 1 λ A, B .
IV.1.c. Soient λ 1 , . . . , λ k des ´ el´ ements dinstincts de C . Justifier que si Sp C λ 1 , . . . , λ k , alors Sp A, B λ 1
1
, . . . , λ 1
k