HAL Id: jpa-00212912
https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00212912
Submitted on 1 Jan 1963
HAL is a multi-disciplinary open access
archive for the deposit and dissemination of
sci-entific research documents, whether they are
pub-lished or not. The documents may come from
teaching and research institutions in France or
abroad, or from public or private research centers.
L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est
destinée au dépôt et à la diffusion de documents
scientifiques de niveau recherche, publiés ou non,
émanant des établissements d’enseignement et de
recherche français ou étrangers, des laboratoires
publics ou privés.
Relation entre la température de la cathode et la tension
d’arc
R. Basile, J.-M. Lagrange
To cite this version:
A.
RELATION ENTRE LA
TEMPÉRATURE
DE LA CATHODE ET LA TENSION D’ARCPar R. BASILE et J.-M.
LAGRANGE,
Laboratoire de physique nucléaire, Orsay (France).
Résumé. 2014 Au cours de la mise au
point d’une source d’ions lourds multichargés, les auteurs ont été amenés à entreprendre l’étude théorique d’une source réflex. Ils démontrent que le nombre élevé d’oscillations des électrons impose l’existence d’un champ électrique non nul en bord de cathode. Comme celle-ci n’est chauffée que par les ions qui la bombardent et le rayonnement du plasma, sa
température, donc le courant qu’elle émet est relié à la tension d’arc qui s’établit toujours à une
valeur d’autant
plus
élevée que le chauffage de la cathode est plus faible ou son refroidissement plus soigné.Les résultats
expérimentaux
confirment ces conclusions et montrent en particulierl’importance
primordiale des conditions de refroidissement sur le fonctionnement de ce type de source.
Abstract. 2014 As
part of the construction programme of an ion source for multiply-charged heavy
ions, the authors have undertaken a theoretical study of a reflex ion source. They show that the large number of electron oscillations implies the existence of an electric field near the cathode edge. As the cathode is only heated by the ions which strike it and by the plasma radiation, its tempera-ture, hence its current output, is related to the arc voltage. A maximum value of arc voltage is obtained for minimum cathode heating or most efficient cooling.
The experimental results confirm these conclusions and show clearly the dominant influence of cooling conditions on the
operation
of this kind of source.PHYSIQUE APPLIQUÉE 24, 1963,
Introduction. - Un
précédent
article[1]
aexposé
certains des résultats que nous avons obtenus en étudiant la source d’ions lourdsmulti-chargés
destinée aucyclotron
synchrone
àénergie
variable en construction au Laboratoire de
Phy-sique
Nucléaired’Orsay.
Cette source à électrons oscillants
comprend
(fig. 1)
une cathode detungstène
et un réflecteurFJG. 1. - Schéma de la
source d’ions à
électrons
oscillants,(ou
anticathode) portés
à une tensionnégative
de 400 à 800 volts ainsiqu’un
corps de source ouanode en cuivre refroidi mis à la masse. L’ensemble
est
plongé
dans unchamp magnétique homogène
parallèle
à l’axe de ladécharge.
Après
avoirquitté
lacathode,
les électronsarri-vent dans le
plasma
avec toutel’énergie
que leurfournit la traversée de la différence de
potentiel
existant aux extrémités de lagaine (1).
Leurpar-cours est alors de
plusieurs
dizaines de foissupé-rieur à la
longueur
duplasma,
et lechamp
magné-tique
leurimposant
un rayon degiration
extrê-mement faible(de
l’ordre du1 /100
demm),
ilsvont osciller entre cathode et réflecteur
jusqu’à
avoirperdu
touteleur
énergie.
L’étude de cesoscil-lations fera
l’objet
d’un travail ultérieur. Pourl’instant,
nousappellerons
.K le nombre deréflexions
(nombre
d’allers et retours effectués parun électron
primaire
avant d’êtrethermalisé).
K est de l’ordre de 20 à 50.I. Gaine de
cathode.
- Auvoisinage
de lacathode,
il existe un nombreimportant
d’atomes arrachés parpulvérisation cathodique.
En cetendroit il y aura donc aussi un nombre
considé-rable d’ions de
tungstène participant
auplasma.
Nous
appellerons
Ji la densité totale de courantd’ions
(azote
ou argon ettungstène)
venantfrap-per la cathode. De même la densité de courant d’électrons Je
comprendra
à la fois ceuxd’origine
thermoélectronique
et ceuxqui
ont été arrachés àla cathode par le bombardement
ionique.
Nous(1) Cet article a fait l’objet d’une communication au
« Congrès de Physique sur les Méthodes de Séparation
Électromagnétique
», Paris, Orsay,juillet
1962,70 A
considérons que ces densités de courant sont inva-riables dans la
gaine
que nous décrivons à l’aide del’équation
de Poisson[2]
et[3].
CL)
CONSERVATION DU COURANT D’IONS. 2013 Enappelant :
Z lacharge
moyenne des ions et M leurmasse,
V(x)
lepotentiel
négatif
en unpoint x
de lagaine
(en
volts),
(l’origine
des x est indifférentepour
l’instant),
Yk le
potentiel négatif
decathode,
n+(x)
la densité d’ions aupoint
x(par cm3),
ni la densité d’ions dans le
plasma
en bord degaine (par cm3),
v(x)
la vitesse des ions aupoint
x(en
cm/sec),
v(i)
la vitesse des ions dans leplasma
au bord dela
gaine (en
cm/sec),
la conservation du courant d’ions dans la
gaine
s’écrit
au
point
x la densité decharges positives
en+(x)
s’écrit donc :
b)
CONSERVATION DU COURANT D’ÉLECTRONS.-Nous admettrons
qu’à chaque
aller et retour unélectron
primaire
traversant leplasma perd
la mêmequantité
eAVd’énergie
(Ceci
est une bonneapproximation
entre 800 et 20 eV si on se réfère aux courbes de section efficaced’ionisation-exci-tation actuellement
connues)
[4],
[5],
[6].
Nousavons alors AV =
Vk/K.
Dans cesconditions,
nous diviserons
l’épaisseur
(mesurée
envolts)
de lagaine
en K intervalles de V volts. Dans lepremier
intervalle
( Yk
V V k -AV)
soitn_(x)
le nombre d’électrons parcm3,
on aoù
Dans le deuxième intervaHe :
Dans le ième intervalle
Le dernier intervalle est celui pour
lequel i
= K.Il faudrait
prendre
encompte
les électronsther-miques
duplasma qui
remontent. Nous ne le feronspas, leur influence étant
négligeable pour’la
suite.c)
ÉQUATION
DE POISSON. - Nous pouvonsécrire alors
l’équation
de Poisson dans le ième intervalle.En
multipliant
par2d V /dx
et enintégrant
ilvient, après
avoirnégligé
Ei
devant eVAu raccord
gaine-plasma
( Y
=0),
nous admettronsque
(d V Idx)v=o
= 0 cequi
représente
laneutra-lité
approximative
duplasma
et entraîne la déter-mination de la constanted’intégration :
Si
K est assezgrande,
laparenthèse
peut
êtreassimilée à
l’intégrale
.2V fovK
/-
VK + xdx,
calculée par la méthode deSimpson.
C’est ce quenous ferons en écrivant
Si on se pose comme
problème
celui du calcul del’épaisseur
degaine,
onpeut
continuerl’intégration
commencée mais à vrai dire les conditions de fonc-tionnement de la cathode
dépendent
peu de cetteépaisseur.
Parcontre,
une étudeplus approfondie
des conditions aux limites et de la forme du
71 A
En utilisant les notations
employées
parLang-muir
[2]
posons : :IL K1p B/m
D’après
la mise enéquation
que nous avonsfaite,
nous voyons que a ne saurait êtresupérieur
à 1. Si «pouvait
êtreégal
à1,
(dV /dx)Y=Yk
=0,
il yaurait limitation du courant d’électrons par
charge
d’espace
comme dans lesgaines classiques
[2], [3]
dans
lesquelles
onnéglige
l’énergie
thermique
ini-tiale des électrons issus de la cathode
[7], [8], [9].
En fait lapossibilité
a = 1 n’existe même pas. Eneffet,
dans ce cas la fonctionV(x)
a bien uneévo-lution correcte au début mais on
peut
s’apercevoir,
en effectuantcomplètement
lescalculs,
que(dF/dx)2 passe
par unmaximum,
décroît,
s’annule etchange
dedétermination,
cequi
implique
desnoeuds et des ventres de
potentiel
dans lagaine,
entraînant des oscillations ou des relaxations.Seules sont
acceptables
les valeurs de aqui
excluent ces instabilités.
Le calcul exact de la valeur maximum de a est
possible
mais neprésente
pasd’intérêt,
car, àpartir
du moment où oc1,
on a au bord de la cathodeun
champ électrique
non nulqui
attire les électrons.Des relations extrêmement
rigides
sont alorsnéces-saires entre les différents
paramètres
de fonction-nement. Enparticulier,
et c’est làl’aspect
fonda-mental de cettedémonstration,
latempérature
de la cathode nepeut
pasdépasser
la valeur pourlaquelle
le courantthermoélectronique
estégal
au courant admissiblepar
leplasma.
II.
Température
de cathode. -Comme
consé-quence, il nous faut admettre que le courant
d’élec-trons fourni par la cathode sera à tout moment
égal
à son courant de saturation. Nous allons étu-dier le cas où la cathode est exclusivement chauffée par le bombardementionique
et lerayonnement
du
plasma
car ce sont les conditions danslesquelles
nous avons fait l’essentiel de nos
expériences.
La
puissance
nécessaire auchauffage
est assezbien connue, car la cathode est
supportée
trèslégè-rement par une toute
petite
rondelle degraphite
et toutes les surfaces voisines sont refroidies à l’eau. La conduction
peut
donc êtrenégligée
ainsique le
rayonnement
desparois
environnantes. Parailleurs,
la convection nejoue
absolument aucunrôle dans le vide
(10-4
mmHg)
où se trouve lacathode.
En résumé toute la
puissance
estdissipée
sousforme de
rayonnement
électromagnétique,
cequi
va nouspermettre
de définirl’équilibre
detempé-rature de la cathode à
partir
d’une loi dedissipa-tion en
aT4,5,
cequi représente
bien lesphénomènes
dans le cas du
tungstène
vers 3 000 OK[10].
Soit X le coefficient de conductibilité
thermique
detungstène
qu’on
peut
calculer àpartir
de lafor-mule
de
Drude-Lorenz[11]
et des tables àtempé-rature ordinaire.
X(273 °K) = 1,6 watt-cm-1
(OK)-1. [12]
Conductibilité
électrique
dutungstène
à 273 oK : 5,00 x 10-6 nem.Conductibilité
électrique
dutungstène
à 2 900 oK :Ceci nous donne
Remarque :
Nouscompterons
toujours
T en 1 000 oK.Pour la
constante a,
nousadopterons
la valeur;
que nous avons calculée à
partir
de la valeur0,329
du facteur total d’émission du.tungstène
à 2 900 oK[14]
et de la valeurde la constante de
Stephan
[15].
Le
régime
d’équilibre
satisfait àl’équation
diff é-rentielle du transfert de chaleuroù nous
négligeons
toutce
qui
n’est pasrayonne-ment. Les notations sont celles de la
figure
2. La continuité du fluxénergétique
aux deux extré-mités fournit les conditions auxlimites,
W étantFIG. 2.
l’énergie
fournie à la cathode par leplasma
soitsous forme de bombardement
ionique,
soit sousforme de
rayonnement
calorifique :
Le bilan
énergétique
correspond
à une combi-naison de ces troiséquations.
L’intégration
peut
être menée à bien au 1er ordre - sanstrop
depeine
et on arrive ainsi à une relation entre lesparamètres
accessiblesper-72 A
met d’en
apprécier
l’essentiel : Pour cela enajou-tant
(2)
et(3)
au
premier ordre,
onpeut
négliger
les termes- r2
a To4,5’
+r2 aTt.5
et écriresoit
Par ailleurs au 1er ordre nous avons aussi :
où s est la surface totale de la
cathode,
cequi
entraîne
et nous
permet
d’obtenirapproximativement
Le calcul
rigoureux oblige
àrajouter
unterme,
petit d’ailleurs, égal
àWl3/3 ÀS2.
Si on assimile s2à
(2nrl)2,
cequi
estjustifié
dans notre cas,Connaissant la
puissance
dechauffage appliquée
à la cathode nous pouvons en déduire sa
tempéra-ture et le courant
qu’elle
émet à saturation soit par les tables[13]
soit par la formule de Dushman[16].
III. Vérificationsexpérimentales.
- Le résul-tat obtenu auparagraphe
précédent
peut
donc êtreinterprété
sous la forme d’une relation reliant lapuissance
dechauffage
W au courantélectronique
Ie. La courbe desfigures 3, 4, 5, 6, représente
cetterelation calculée à
partir
des tables de laréfé-rence
[13].
Pour la détermination des
points
expérimentaux
il faut définir :1)
LE COURANTÉLECTRONIQUE
Ie. -L’anti-cathode étant
rigoureusement
refroidie dans lesexpériences
dont nous feronsétat,
le courantd’anti-cathode est
composé
exclusivement du courantd’ions et du courant d’électrons arrachés.
D’après
P. F.Little
[17]
lacharge
moyenne des ionsd’Argon
ou
d’Azote étant environ 2 onpeut
éva-luer à
0,15
le nombre d’électrons arrachés parcharge ionique
arrivant sur la cathode dans le casde
l’Argon,
à0,20
dans le cas de l’Azote. Nousadmettrons que les ions de
tungstène
n’arrachentqu’une quantité
négligeable
d’électrons. Deplus
nousnégligerons
l’effetphotoélectrique.
En effet enadmettant que
l’énergie
moyenne desphotons
nedépasse
pas 10 eV(1 200
À),
avec, pour cetteéner-gie,
unrapport
nombre
d’électrons sur nombre dephotons égal
à1 0-4
[18].
2)
LA PUISSANCE DE CHAUFFAGE W. -Si,
Surles bases
précédentes
nous calculons W par lesimple
produit
Ilarc Iions les résultats concordent très malavec la courbe
calculée,
ladivergence
allant de 10%
à 40% lorsque
Ie passe de 1 à 14A/cm2
( fig. 3).
En faitl’énergie
fournie à la cathode a deuxFIG. 3.
Courbe I : Puissance à fournir théoriquement à la cathode pour qu’elle puisse émettre un courant I.
Courbe
III
Puissance fournie dans deux expériences types Courbelll
par bombardement ionique seulement,origines :
le bombardementionique
et le rayonne-ment duplasma, qui,
s’il n’est pascapable
d’arra-cher un nombreimportant
d’électrons à la cathodepeut,
parcontre,
contribuer auchauffage.
Eneffet,
toute lapuissance
fournie auplasma
par lecourant
électronique
Vare Ielect estpratiquement
transformée,
en fin decompte,
par des processusdivers,
enrayonnement
qu’on
retrouvera sousforme de
chauffage
aux cathodes et à l’anode. Pour tenircompte
de cet élément nous avons admis :a)
que leplasma
rayonne la totalité de sapuis-sance sur toute la surface
(ST
= 30cm2)
dont8 K =
0,55
cm2 pour lacathode ;
b)
qu’il
rayonne aux différents endroitspropor-tionnellement à la densité.d’ions
présents
au voisi-nage(l’angle
solide éliminant lesparties
éloignées
duplasma).
Si on admet ces deuxhypothèses,
ilfaut
ajouter
à lapuissance
ionique
dechauffage
un terme en :
ST
Varc Ielect n,n étantproportionnel
SKau nombre d’ions
présents
dans leplasma
au voisi-nage de lacathode,
c’est-à-dire àni(l
+k), k
étant laproportion
de la densité d’ions detungstène
àcelle des ions du gaz
d’apport.
1
Dans les
expériences
que nous avonssystémati-73 A
quement
utilisé des cathodesplates
(non usées)
pourlesquelles
la consommationtungstène
estenviron de 2
g/h
(pulvérisation
cathodique).
Lesatomes ainsi
expulsés
vers leplasma
ont un libreparcours moyen de l’ordre de 2 mm. Dans cette zone, le
plasma
est donc très riche en ions detungstène
(plusieurs
10 +13part/cm3).
Par diversrecoupements,
nous sommes arrivés à la conclusionque, sur le courant d’ions arrivant à la
cathode,
la moitié environ était due autungstène.
C’est cechiffre que nous
adopterons.
Il entraîne sur la den-sité d’ion un k de l’ordre de2,1
lorsque
le gaz estde
l’argon
et de l’ordre de3,5
lorsqu’on
aétudiel’azote. Les
températures
des ions detungstène
etde ceux du gaz
d’apport
sontsupposées
les mêmesFIG. 4.
au centre du
plasma,
environ 3 000 OK. Sur cesbases,
lapuissance rayonnée
par leplasma
sur lacathode se trouve être
égale
à0,061
Varc. Ielorsque
le gazd’apport
estl’argon
et à0,074
Varc. Ielorsque
le gazd’apport
est de l’azote.Ces dernières
hypothèses
présentent
unaspect
trèsgrossier
que nous pouvonstempérer
de lafaçon
suivante :lorsque
le débit de gaz est trèsélevé,
le facteur de réflection estfaible,
le nombre d’atomesprésents
trèsgrand
et il devient difficiled’admettre que le nombre d’ions de
tungstène
formés à
partir
de lapulvérisation cathodique
puisse
jouer
un biengrand
rôle.Lorsque
le débitmesuré est nettement
supérieur
à 1cm3 jmin
onpeut
alorsnégliger
laprésence
detungstène
pour le calcul de la densité derayonnement
duplasma
en
prenant
k =0,
ce que nous avons fait dansdeux
expériences
à fort débit de gaz(4,5
et
11
cm3/min)
avec de l’air(fig. 4).
Aucuneexpé-
rience de ce genre n’a été faite en
Argon.
Fic.5.
74 A
.
Sur les
figures
4,
5 et6,
pour que les différencesrelatives soient
plus
claires nous avonslargement
dilaté les ordonnées du fait
qu’une
faible variation duchauffage
entraîne unegrande
variation ducourant émis.
Dans les différentes
expériences reportées
nousavons sur la
figure
4 la courbecorrespondant
à unfort débit
d’Air,
sur lafigure
5 la courbecorrespon-dant à un faible débit
d’Air,
sur lafigure
6 lacourbe
correspondant
à un faible débitd’Argon.
Les résultats
expérimentaux
etthéorique
mani-festent bien les mêmestendances,
lesexpériences
concernant
l’Argon
étant d’ailleursparticulière-ment
probantes.
IV.
Conséquences
sur le fonctionnement et lescaractéristiques
de l’arc. -- Lafonction que nous
venons
d’étudier
peut
s’écrireavec W = TTR2 Yarc (Jgaz +
Jtungst) longitudinal
Un bilan
énergétique grossier
donne :avec g :
nombre de volts nécessaires pour créerun
ion,
deidx
étant laperte
d’énergie
d’un électronpri-maire par cm de parcours dans le
plasma,
compte
tenu évidemment des interactions
électrons-élec-trons,
si étant la section efficace d’ionisation desdifférents ions.
Une
analyse
de nos résultats montreque g
variepeu tant que le débit ne varie pas, diminue
rapide-ment
quand
le débit de gazaugmente,
est de l’ordre de 100volts/ions
pour un débit de l’ordredu
cm3/min,
descend à 50 volts pour 2cm3/min
et
peut
monter à 170 volts pour0,6
cm3/min
(conditions
où l’on voitapparaitre
les ionsN5+).
En combinant leséquations précédentes (c
étant lerapport
des courantslongituâinaux
ettransver-saux, nous avons vérifié
qualitativement
que lescourànts d’ions
longitudinaux
et transversaux sont du même ordre degrandeur,
catteignant
aumaximum la valeur
2).
Nous arrivons àLes résultats obtenus au
paragraphe précédent,
comparés
à cette formule donnent pour c unevaleur voisine de 2
lorsque P
est de l’ordre de 100 volts et V de l’ordre de 500 volts.La formule du bilan
énergétique
n’est pas assezélaborée pour que nous
puissions
donner des résul-tatsquantitatifs
trèsprécis.
C’estpourquoi,
bien que la dernière relation écrite soitcapable
dedon-ner une très bonne
représentation
desphénomènes,
nous nous contenterons de faire uneanalyse
quali-tative des
caractéristiques
de l’arc. Nousadmet-trons pour cela que
f (Je)
est une constante(Cette
fonction varie de 50
% lorsque
Je passe de 1 à 14amp/cm2).
a)
VARIATION DE LA TENSION ET DE LA PUIS-SANCE EN FONCTION DU COURANT A DÉBIT DE GAZCONSTANT. -
Lorsque
le courantaugmente
la tension baisse et sa variation estapproximative-ment défini par ’U2 Je = constante. D’autre
part :
V2 Je =
V ( VJe),
lapuissance
injectée
étant.V Je,
Vdiminuant,
V Jeaugmente,
cequi
faitaugmenter
Ji. Lafigure
7 montrequ’effectivement
1 / V2
varie linéairement enpremière
approxima-tion avec Je.
FIG. 7.
b)
VARIATION DE LA TENSION ET DE LAPUIS-SANCE EN FONCTION DU DÉBIT DE GAZ A COURANT CONSTANT. -
Si le débit de gaz
augmente, g
dimi-nue, V2Je /03B2
étantconstant,
V diminue comme laracine carrée de
03B2,
lapuissance
injectée
diminuecomme
03B2
et Ji NV Je/03B2
augmente.
Il sembleparadoxal
de voir le courant d’ionsaugmenter
alors que lapuissance injectée
diminue. Ceci est enfait
provoqué
par laplus
grande
facilité d’ionisa-tionlorsque
la densité d’atomes ou d’ions peuchargés
estplus grande.
e)
INFLUENCE DU REFROIDISSEMENT DES CATHO-DES. - Pouravoir des conditions de
fonctionne-ment
comparables
(même
courant d’arc parexem-ple),
si on refroidit l’anticathode aumaximum,
lacathode doit fournir la totalité du courant
d’élec-trons donc être
plus chauffée,
cequi
entraîne unelégère
augmentation
de la tension d’arc. Il estmulti-charges
de refroidir l’anticathode. Dans notre cas, cela nous aapporté
ungain
de tension de 10 à20
%
pour un même courant d’arc. Latempérature
de l’anode ne
joue
apparemment
aucun rôle.d)
RELATION DITE DU « MINIMUM DE PRESSION ».-
L’équation
du bilanénergétique
et cellequi
définit a auparagraphe
1 sont extrêmementvoi-sines l’une de l’autre. En les
combinant,
nousarri-vons à :
y =
B,1’2,
tientcompte
de lagiration
desélec-trons dans le
champ magnétique.
Comme ce ne
peut
jamais dépasser
une valeurlimite voisine de
1, 03A3 ni
si nepeut
pas descendrei
au-dessous d’une certaine valeur
correspondante,
ce
qui
impose
un débit minimum.Expérimentale-ment,
lorsqu’on
diminuetrop
le débit de gaz, oc vatendre vers sa valeur
maximum,
trèsproche
desvaleurs pour
lesquelles
lagaine
n’estplus
stable.En fait la source se met à osciller à basse
fréquence
(1 000
Hz environ déterminés par les conditionsélectriques
ducircuit).
Elle ne s’éteint pasforcé-ment comme dans une source
classique.
e)
INFLUENCE DE LA FORMEGÉOMÉTRIQUE
DEL’ANODE. - En
explicitant l’expression analytique
approchée
duchauffage
de cathode(formule II, 5),
nous obtenons
Nous pourrons comparer deux sources de
géo-métries différentes pour une même densité de
cou-rant
Je,
c’est-à-direpratiquement
à mêmeTo et
Tl,
si nous arrivons à obtenir une relationentre 03B2
et les dimensions
caractéristiques
de la source.Ceci fera
l’objet
d’un travail ultérieur.Conclusion.
- Lôrsque
lagéométrie
d’une tellesource d’ions à électrons oscillants a été
déter-minée,
qu’on
s’est fixé lechamp
magnétique,
le débit de gaz et lapuissance
injectée,
l’ensemble detous les
paramètres
de ladécharge
estautodéter-miné
(densité
et courantd’ions,
densité et courantd’électrons,
tensiond’arc,
consommation detungs-tène, etc...).
Dans cettecommunication,
nous avonsétudié la
température
des cathodesqui
estintime-ment liée au
comportement
des électronspri-maires
qui perdent
la totalité de leurénergie
dans leplasma
au cours desnombreux
allers et retoursqu’ils
y font. Ils créent ainsi unplasma
extrême-ment dense en ions et en électrons mais ceux-ci
ont de
plus
enplus
depeine
àpénétrer
dans lesgaines
auvoisinage
desquelles
la densité en ions setrouve
trop
importante
pour le nombre d’électronsdisponibles.
Larépartition
depotentiel
ainsi créée entraîne des conditions detempérature
très strictes pour les cathodesd’où les
relations que nous avons vues entre la tension et le courant d’arc.En
conclusion,
bienqu’apparemment
le comportement de ce
type
de source semble trèscompliqué
et le nombre deparamètres
trèsélevé,
on voit que,à
partir
de considérations relativementsimples,
on,arrive à des relations elles-mêmessimples
etvérifiées
expérimentalement
defaçon
accep-table.Manuscrit reçu le 3 août 1962.
BIBLIOGRAPHIE
[1] BASILE (R.) et LAGRANGE (J. M.), J. Physique Rad., 1962, 23, n° 6, 111A.
[2] LANGMUIR (I.), Phys. Rev., 1929, 33, 955.
[3] BOHM (D.), The Characteristics of Electrical Dis-charge in Magnetic Fields. A. Guthies et R. Kwa-kerling NNES, 1-5, McGraw Hill, 1949, 77.
[4] VoN ARDENNE (M.), Tabellen des
Electronenphysik,
Ionenphysik and Ubermikroskopie. V.c.b.Deuts-cher Verlag des Wissenschaften, Berlin, 1956, vol. I,
488.
[5] KAI SIEGBAHN, Beta and Gamma Rays Spectroscopy. North Holland Pub. Cie, Amsterdam, 1955, Chap. I.
[6] MOTT (N. F.) et MASSEY (H. S. W.), The Theory of
Atomic Collision, Oxford Clarendon Press 1949, chap. II.
[7] LANGMUIR
(I.), Phys.
Rev., 1923, 21, 419.[8] ROCARD (Y.),
Electricité,
Masson et Cie, Paris 1951,401.
[9] BLANC LAPIERRE (A.), GOUDET (G.), LAPOSTOLLE (P.),
Électronique
Générale, Eyrolle, Paris, 1959, 473.[10] RIBAUD (G.) et BRUN (Ed.), Transmission de la
Cha-leur, Tome I. Le Rayonnement Thermique, J. et R. Senac, éditeurs, Paris, 1948, 69.
[11] FABRY (Ch.), Propagation de la Chaleur, A. Colin, 236,
Paris, 1948, 198.
[12] FABRY (Ch.), Propagation de la Chaleur, A. Colin, 236,
Paris, 1948, p. 213.
[13] HANDBOOK OF CHEMISTRY AND PHYSICS, The Chemi-cal Rubber Publ. Cic 42th ed., p. 2956 (JONS and
LANGMUIR, Gen. Elec. Rev.).
[14] HANDBOOK OF CHEMISTRY AND PHYSICS, The Chemical Rubber Publ. Cic. 42th ed. p. 2957 (ROSER and
WENSEL, Nat. Bur. of).
[15] BIRGE (R. T.), Rev. Mod. Physics, 1941, 13, 233.
[16] BLANC LAPIERRE (A.) and All., op. cit., 158 et 177.
[17] LITTLE (P. F.), Elektronen Emission. Gasentladungen,
I, vol. XXI, 641. Handbuch der Physik (S. Flugge). [18] LITTLE (P. F.), op. cit., 654.
[19] BOHM (D.), op. cit., 87.