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Brève excursion dans le monde des courbes remplissantes

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Brève excursion dans le monde des courbes remplissantes

Jean-Philippe Chassé

Département de mathématiques et statistique Université de Montréal

13 janvier 2018

(2)

Plan

1 Introduction

2 Construction

Courbe de Hilbert Surjectivité Continuité Différentiabilité

3 Implications

Généricité des courbes remplissantes Conséquences

(3)

Plan

1 Introduction

2 Construction

Courbe de Hilbert Surjectivité Continuité Différentiabilité

3 Implications

Généricité des courbes remplissantes Conséquences

(4)

Mise en contexte

Il est bien connu, grâce à Cantor, qu’il existe une bijection entre [0,1] et [0,1]n pour tout n ∈ N, mais est-il possible de prendre cette bijection continue ?

Malheureusement, pour des raisons d’ordre topologique, il s’avère que non.

Cependant, nous pourrions adoucir notre hypothèse de bijectivité pour une de surjectivité ; une telle courbe s’appelle une courbe remplissante.

Historiquement, la première construction d’une telle courbe dans le casn= 2 est due à Peano, en 1890. Cependant, à des fins pédagogiques, nous suivrons celle due Hilbert, en réponse à Peano, un an plus tard.

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Plan

1 Introduction

2 Construction

Courbe de Hilbert Surjectivité Continuité Différentiabilité

3 Implications

Généricité des courbes remplissantes Conséquences

(6)

Partition

Pour un entier naturel n, on subdivise [0,1] et [0,1]2 en sous-intervalles et sous-carrés respectivement :

[0,1] = [

i∈{1,...,4n}

i−1 4n , i

4n

et

[0,1]2= [

i,j∈{1,...,2n}

i−1 2n , i

2n

× j−1

2n , j 2n

et on associe à chaque sous-intervalle un sous-carré ; mais comment faire cela intelligemment ?

(7)

Partition (suite)

Une image vaut mille mots :

| | | | |

1 2 3 4

1

2 3

4

(a)n= 1

| | | | | | | | | | | | | | | | |

1 4 · · · 16

1

4 3

2 16

(b) n= 2

|||| ||

1 · · · 64

1 64

(c)n= 3

Retour à la rigueur

(8)

Définition de la courbe de Hilbert

À tout point t ∈ [0,1] correspond une suite de sous-intervalles imbriqués {[(in−1)/4n,in/4n]}n∈N contenant chacunt. Alors, par la correspondance que l’on vient de construire, on obtient une suite de sous-carrés imbriqués convergeant vers un point du carré On définit donc l’image de t par la courbe de Hilbert ϕcomme étant ce point.

Resterait à vérifier que la définition ne dépend pas de la suite de sous- intervalles, mais c’est relativement clair que c’est le cas.

(9)

Vérification de la surjectivité

Trivial.

(10)

Vérification de la surjectivité

Trivial.

(11)

Vérification de la continuité

Si

0≤t2t1 <4−n ,

alors, à la n-ième partition, [t1,t2] n’intersecte qu’au plus deux sous-interval- les adjacents de ladite partition. Ainsi, l’image parϕde ces points doit être contenue dans au plus deux sous-carrés adjacents de la n-ième partition, qui ont toujours un côté commun et sont de longueur 2−n. Donc,

||ϕ(t2)−ϕ(t1)|| ≤ s

2 2n

2

+ 1

2n 2

=

√5 2n , d’où la continuité précédemment annoncée.

Dessins

(12)

Vérification de la (non-)différentiabilité

Lorsque n= 2, pour un point donné, on peut toujours en trouver un autre qui sera envoyé à un sous-carré disjoint. Or, si t ∈[0,1], à la n-ième par- tition, il résidera dans un intervalle de la forme [16(i−1)/4n,16i/4n]. Par réciprocité, on peut prendre un pointtndans [16(i−1)/4n,16i/4n] de sorte à ce que son image par ϕ soit dans un sous-carré de la n-ième partition disjoint de celui de ϕ(t). Autrement dit,

|t−tn| ≤4−n+2 mais ||ϕ(t)−ϕ(tn)|| ≥2−n , d’où,

ϕ(t)ϕ(tn) ttn

≥2n−4 .

Ainsi, la suite des tn converge verst, mais le taux de variation entre ϕ(t) et ϕ(tn) diverge. Donc, ϕest différentiable en aucun point.

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Plan

1 Introduction

2 Construction

Courbe de Hilbert Surjectivité Continuité Différentiabilité

3 Implications

Généricité des courbes remplissantes Conséquences

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Théorème de Hahn-Mazurkiewicz

Clairement, la construction se généralise pour l’hypercube [0,1]n, mais à quel point l’espace d’arrivée peut être générique ?

Théorème (Hahn-Mazurkiewicz)

Un espace topologique non-vide et séparé X admet une courbe remplissante ϕ: [0,1]→X si et seulement si il est compact, connexe, localement connexe et métrisable.

(15)

Théorème de Hahn-Mazurkiewicz

Clairement, la construction se généralise pour l’hypercube [0,1]n, mais à quel point l’espace d’arrivée peut être générique ?

Théorème (Hahn-Mazurkiewicz)

Un espace topologique non-vide et séparé X admet une courbe remplissante ϕ: [0,1]→X si et seulement si il est compact, connexe, localement connexe et métrisable.

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Applications

(17)

Applications

(18)

Applications (suite)

Une source fiable :

(19)

Applications (détails)

Le résultat mathématique à la base de l’application est que si l’on a une fonction lipschitzienne F : [0,1]n→R, c.-à-d.∃L>0 telle que

|F(y0)−F(y)| ≤L||y0y|| ∀y,y0∈[0,1]n , alors

y∈[0,1]minnF(y) = min

x∈[0,1]F(ϕ(x)) par surjectivité de ϕ, et de plus,

|F(ϕ(x0))−F(ϕ(x))| ≤2L√

n+ 3|x0x|1n .n est bien sûr la dimension de l’hypercube.

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Implications théoriques

(21)

Implications théoriques (suite)

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References

[1] Sagan, H. Space-Filling Curves.Universitext. Springer, 1994.

[2] Sagan, H.Some reflections on the emergence of space-filling curves : The way it could have happened and should have happened, but did not happen. Journal of the Franklin Institute, (1991), 419-430.

[3] Peano, G. Sur une courbe, qui remplit toute une aire plane.

Mathematische Annalen 36, 1 (1890), 157-160.

[4] Hilbert, D. Ueber die stetige abbildung einer linie auf ein flächenstück.Mathematische Annalen 38, 3 (1891), 459-460.

Références

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