HAL Id: jpa-00236637
https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00236637
Submitted on 1 Jan 1962
HAL is a multi-disciplinary open access
archive for the deposit and dissemination of
sci-entific research documents, whether they are
pub-lished or not. The documents may come from
teaching and research institutions in France or
abroad, or from public or private research centers.
L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est
destinée au dépôt et à la diffusion de documents
scientifiques de niveau recherche, publiés ou non,
émanant des établissements d’enseignement et de
recherche français ou étrangers, des laboratoires
publics ou privés.
Sur la théorie de l’état superfluide
Jacques Winter
To cite this version:
Jacques Winter. Sur la théorie de l’état superfluide. J. Phys. Radium, 1962, 23 (5), pp.323-326.
�10.1051/jphysrad:01962002305032301�. �jpa-00236637�
GÉNÉRALITÉS
SURL’HÉLIUM
SUPERFLUIDEPROBLÈME
DE LA VITESSECRITIQUE
Par L. WEILDoyen
de la Faculté des Sciences de Grenoble.M. le
Doyen
Weil n’a pas eu,malheureusement,
letemps
derédiger
leremarquable
exposé
qu’il
afait
enséance ;
nous le regrettons vivement et nous nousbornons,
avec sonaccord,
à donnerci-après
le résumé de sonmémoire,
enfrançais
et enanglais
et labibliographie
qu’il a
bien voulu nousindiquer
sur laquestion.
Résumé. - On
interprète
engénéral
lesexpériences
desuperfluidité
dans l’hélium 2 parl’hypothèse
de l’existencede deux fluides, l’un normal, l’autre
superfluide.
Ces deux fluides sont caractérisés par un certain nombre
d’expériences,
dontl’expérience
d’Andrqnikachvili.
Ils’agit
là d’unsimple
modèle ; la réalitéest bien
plus
com-plexe, puisque
en vérité on a affaire à un fluide de Bose-Einsteindégénéré,
et laséparation
en deux fluides estarbi-traire ; il
s’agit simplement, quand
onparle
de fluide nor-mal, d’un ensemble deperturbations
duliquide
deBose-Einstein,
à l’état fondamental au zéro absolu seulement. Oncomprend,
dans cetteoptique,
que lesphénomènes
hydro-dynamiques
anormaux ne seproduisent
quejusqu’à
des vitesses d’écoulement fort limitées ; on discute les causesqui agissent
pour limiter cette vitessecritique
(théorie
deLandau, théorie de
Feynmann).
Abstract. - In
general
oneinterprets
theexperiments
on the
superfluid properties
of helium II on thehypothesis
that, at the very low
temperatures
inquestion,
theliquid
behaves as a mixture of two fluids the one normal and the othersuperfluid.
The characteristics of these two fluids have been deter-mined from a number of
experiments, notably
ofAndroni-kachvili. The two fluid model is a
simplification ;
the realliquid
is much morecomplex
since it is in fact adegenerate
Bose-Einstein fluid whoseseparation
into twocomponents
isarbitrary.
When onespeaks
of the normal fluid one is, to be more exact,referring
to a collection of disturbances in the Bose-Einstein fluid which itself remainsin its
ground
state, as if it were at the absolute zero. Seenfrom this
angle
therefore the anomaloushydrostatic
pheno-mena
only
occur up to very limited values of the flowvelo-city.
The factors which limit this critical flowvelocity,
will be
discussed,
with reference inparticular
to the theo-ries of Landau andFeynmann.
BIBLIOGRAPHIE I. 2014
Progress
in Lowtemperature Physics,
Editor C.J. Gorter, North Holland Publ Cie
(Amsterdam).
Volumes I, II, III.II. 2014
Supplements
to helium par LIPSCHITZ et ANDRO-NIKACHVILI, Éditor : Consultants Bureau,New-York, 1959. III. 2014
Liquid
helium. ATKINIS(K. R.), Cambridge
Uni-versity
Press.Nota : I et III sont
donnés,
aussi, dans labibliographie
du mémoire de M. KRAMERS.SUR LA
THÉORIE
DEL’ÉTAT
SUPERFLUIDE Par M.Jacques
WINTER,
Examinateur à l’École
Polytechnique,
Résumé. - On
expose une
interprétation
de la théoriedue London : Le
superfluide
serait constitué d’atomes d’hélium délocalisés dont les fonctions d’ondescoïncide-raient. On énumère les faits
que
cette théorieinterprète
aisément,
absence deviscosité,
effetthermomécanique,
et surtout la vitesse limite d’écoulement des films de Rollin. Abstract. - We
give
aninterpretation
of London’stheory.
Thesuperfluid
should be formed of unlocalizedhélium
atoms, with the same wave functions. Facts whichthis
theory
canexplain easily
are listed : Absence ofvis-cosity,
thermomechanical effect, and,especially,
the cri-ticalspeed
of Rollin films.Des diverses
interprétations
desphénomènes
desuperfluidité,
aucune ne nousparaît
satisfaisante. Lesunes, basées sur les idées de M.
Landau
et leconcept
deroton
(rotation
quantifiée
d’un ensemble d’atomes d’héliumII)
conviennent auvoisinage
du zéroabsolu,
mais ne rendent pas
compte
desphénomènes
de la transition À(à
2018absolu,
sous lapression
atmosphé-rique),
les autres basées sur les idées de M.London,
qui
assimilent l’hélium II à un gaz deBose-Einstein,
cherchent à
expliquer
la transition À et lesphéno-mènes au
voisinage
de2018,
mais conviennent malaux très basses
températures,
voisines de 00.I. Idée fondamentale de M. London. - La
super-fluidité n’existe pas pour
l’isotope
3Hequi
est unfer-mion.
Donç,
cespropriétés
sont liées aux caractèresdu boson.
Ecrivons
la loi de distributionstatistique
de Nbosons,
à latempérature
T(B
----1/kT)
sur desniveaux
d’énergie
Si, gi étant lamultiplicité
dechaque
niveau.cc est une constante que
l’équation (1)
doitpermettre
de déterminer. Elle doit êtrepositive,
sinon certains desN;
seraientnégatifs
(pour
si -a/B),
et estproportionnelle
aupotentiel
de
Gibbs.Si l’on considère des
particules
sansspin,
de masseM,
dans un volume V on admet engénéral :
p étant la
quantité
de mouvement. Enremplaçant
la somme de
(1)
par uneintégrale :
avec
pour a =
0,
F =2,612
et décroit pour a > 0. Pourl’équation
(2)
nepermet
plus
de calculer oc.Mais,
bien évidemment(1)
doittoujours
avoir une racine en ce, avec valeurspositives
desNi.
Eneffet,
lerem-placement
de la somme parl’intégrale,
pour de trèspetites
valeurs deT,
explique
cette contradiction. M. London aséparé
unterme,
lepremier
de la somme et a discutél’équation
ainsi obtenue. Il a cru mettre enévidence une discontinuité dans les dérivées des fonc-tions
thermodynamiques
parrapport
à latempérature
au
point T
=To,
et a vulà,
l’origine
dupoint
À,
passage à lasuperfluidité.
C’était une erreur.L’équa-tion
(1)
n’introduit aucune discontinuité et c’est aucroisement de 2
expressions approchées
dela fonction
Nqu’on
a cru voir une discontinuité.Telle
qu’elle
étaitexposée
dans son mémoire de laPhysical Review,
de 1938(t.
54,
p.747)
cette théorieétait
erronée,
mais la nature de fermion de l’hélium intervient certainement.L’explication
dupoint X
en assimilant l’hélium I I a un solideparaît
vraiment para-doxale et nous avons cherché àréexprimer
autrementla théorie de M. London.
II. Nouvelle
expression
de cette théorie. - Est-ilpossible
deprendre
littéralementl’expression
« gaz deBose-Einstein » ? Autrement
dit,
est-ilpossible
de considérer l’Hélium II comme un ensemble d’atomesdélocalisés ou étalés dans
l’espace,
comme ceux d’un gaz dansl’interprétation
de lamécanique quantique ?
Ou devons-nous les considérer comme
localisés,
cequi
est le cas d’un
liquide ?
Il est habituel de considérer l’hélium II comme un
mélange
de deuxliquides
de densités pn(normal)
etpis
(superfluide),
en suivant les idées de M. Tisza. Mais on nepeut
pas définir deuxespèces
différentes d’atomes d’hélium. On admet donc que lesquanta
d’excitation,
de vibrations et rotationsd’ensemble,
secomportent
comme des fluides et que ce sont lesquanta
de rotation(rotons) qui
constituent le fluide normal. Mais il est difficile decomprendre
cequi
arrive aux rotons à T ==2,180,
nipourquoi
ilss’écar-tent des
parois
des tubesfins,
tout en adhérant auxparois
desdisques
en rotation.Dans
quelles
conditionspeut-on
considérer l’héliurncomme un
gaz ?
Si l’on veut calculer les ondes propres,associées aux atomes de
He,
par lamécanique
quanti-que, il faut faire intervenir l’interaction coulombienne J
des deux
atomes ;
elle donnera unpotentiel répulsif
important
pour des distancesIR1--- R21
2 Angs-tromsenviron,
R1
etR2
étant les rayons vecteurs desnoyaux, en fonction
desquelles s’exprimeront
les 03C8
des deux atomes. Si cet espace de recouvrement est une fractionnégligeable
du volumetotal, l’énergie
d’inter-action :sera
négligeable,
mais s’il y a lVatomes,
il faudra combiner tous les atomes 2 à 2 et l’interaction ne seranégligeable
que si leremplissage
total du volume Vest
négligeable.
Pour le cas del’hélium
II,
sa densitéest
0,14.
Même enprenant
unremplissage
de l’ordre de1/100,
cela diviseral’énergie
J par104,
cequi
don-nera des
énergies
deplusieurs
centièmesd’électron-volts,
paratome,
en admettant quel’énergie
derépul-sion soit de l’ordre de
quelques
dizaines d’électron-volts(la
répulsion
des 2 électrons de l’hélium est de l’ordre de 4 à 5électron-volts).
Cetteénergie
derépul-sion est
beaucoup
trop
forte pour le but que nousrecherchons. Il y a donc là une grosse
objection
à cettethéorie,
àlaquelle
nousrépondons
à la fin dupara-graphe
III.Reprenons
donc l’examen de notreexposé
de 1958(1).
(l)
Journal dePhysique,
1958,19,
532.III. - Modèle
mathématique.
-On suppose que
l’atome d’hélium se
déplace
dans unpotentiel
pério-dique,
dont on ne considèrera poursimplifier qu’une
dimension. Soit N le nombre depériodes.
Cechamp
périodique
sera constitué par l’ensemble des autres atomes d’hélium dont ilreprésentera
l’interaction moyenne. SoitEo l’énergie
de cet atomesupposé
ren-fermé,
dans une seulepériode. Eo
sera une valeur propre duchamp
d’une seule cuvette depotentiel.
Si U est la heuteur de lacuvette,
l’atome aura unequantité
de mouvement p donnée par :(M,
masse del’atome).
Si l’onjuxtapose
les Ncuvettes,
on cherche ce que devient la fonction propreet la valeur propre
Eo
d’une seule cuvette. On supposela
quantité
de mouvement très lentement variable dans lechamp
et pour lesapplications
numériques,
onremplace
les cuvettes par unpotentiel
en créneau. Cequi
permet
deremplacer
Ipl
par une valeur moyennep
=B/2MBH
(H,
valeur moyenne de E -U).
FIG. 1.
Alors,
le niveauEo
estcoupé
en N niveaux voisins. Cecicorrespond
au faitgénéral
qu’à
un domaineplus
étendu
(les
domaines depropagation
des ondes étantassimilés aux fonds de
cuvette)
correspondent plus
de valeurs propres ; à lalimite,
pour degrands
domaines,
le nombre des niveaux étantproportionnels
aux domaines. Les uns sontdéplacés
vers le haut et les autres vers lebas ;
ils sontéquidistants,
et le niveau moyen n’est pasdéplacé.
Mais le niveau leplus
bas estdéplacé
parrapport
àEo
d’unequantité
1ï =
h/203C0, l,
longueur
d’une1/2 période.
Ce calculest très
grossier. L’adoption
d’unpotentiel rectiligne
est
rajoutée
à la fin poursimplifier
l’estimation des valeursnumériques.
Or,
si l’on estime la valeurTS,
Sentropie
de l’hé-lium aupoint
À que l’onpeut
mesurerexpérimentale-ment,
d’après
lesexpériences
deKapitza,
on trouve lamême valeur. Il n’est donc pas absurde
d’envisager
lasuperfluidisation
comme unchangement d’état,
entraî-nant une diminution
d’énergie
AE et unedisparition
d’entropie,
lesénergies
libres E - TS restant les mêmesau
point
À. Comme lasuperfluidisation
entraîne une325
P
pression.
Ceci suppose le volume d’ensemblevariable et les
pressions
ettempératures
données. Mais pourconnaître AV,
il faut connaître laproportion
exacte de
superfluide.
Tout ceci
présente
donc un caractèrequalificatif
ethypothétique
et l’onvoit,
comme AE ~ 10-4eV,
qu’il
faut que l’effet de larépulsion
coulombienne descharges d’hélium,
de l’ordre des dixièmes deeV,
soit éliminé.Supposons
que l’étalement mette en cause unnom-bre d’atomes
beaucoup
plus grand
que 1 000 et lephé-nomène n’a de sens que dans ce cas. Soit par
exemple
108. Le niveau
énergétique
fondamental localisé seracoupé,
comme nous l’avons dit en 108composantes,
la moitiéactivée,
la moitié rabaissée. Distribuons lesatomes sur les 1 000 niveaux les
plus
stables. Larépul-sion des
atomes,
placés
sur le mêmeniveau, qui
seraétalé dans tout le volume
V,
vaudra celle de 2 atomesdans une case du réseau semi-cristallin x
(105)2/(108)2,
pour tenir
compte
de toutes les attractions 2 à2,
etde l’étalement
(au carré)
du volume V. Elle sera, trèsinférieure à 10-3 eV
(de
l’ordre de 10-8eV)
etn’interviendra
plus. Quant
à l’interaction des atomesde niveaux
différents,
leurs ondes doivent êtreortho-gonales,
donc décalées dansl’espace ;
lesrépulsions
qui
sont dues aux recouvrements seront très diminuées et
pourront
êtrecompensées
par l’effet VANDERWAALS,
attractif,
qui
seproduit
pour des distancessupérieures
à 2A.
Ces considérations sont trèsgrossières,
mais uncalcul
paraît
impossible.
Quant
àla stabilisationglobale
elle sera un peuréduite,
mais comme les niveaux sont distribués d’une manièreuniforme autour du niveau fondamental
perturbé,
ellene sera réduite que de 2.10-5
environ,
c’est-à-dire d’une valeurnégligeable. L’objection
du recouvrementqui
serait dirimante pourquelques
centainesd’atomes,
s’évanouit donc pour 107 ou 108 atomes. Cette distri-bution sur des solutionsorthogonales
les unes aux autres pourra redonner pour la densitéglobale
une structurepériodique,
qui
est effectivement observée. Le niveau fondamental seul donnant une structureuniforme.
On voit que la
superfluidisation
ne seproduira
quepour les
bosons,
les fermions devant se distribuer sur tous les niveauxprovenant
de la coupure deEo
et la valeur moyenne del’énergie
resterainchangée.
Iln’y
aura donc
plus
d’effetd’énergie,
tendant à lasuper-fluidisation. On voit aussi que si P est assez
grand,
d’après
(4),
l’effetdisparaîtra
cequi
est conforme àl’expérience.
IV.
Applications.
- Il reste à montrerque cette théorie de l’étalement des
ondes,
dont les faiblesses ne nouséchappent
pas, rendcompte
des
phénomènes
paradoxaux
del’hélium
II.A. DISPARITION DE L’ENTROPIE DU SUPERFLUIDE.
-
Nous avons
déjà
utilisé ce fait dans le calcul du§
Ili,
écrivantSn
pourAS.
Leremplacement
d’un ensemble d’atomeslocalisés,
par
un ensembledélo-calisé entraîne une grosse diminution
d’entropie,
àtempérature
suffisammentbasse,
Laprésence
d’unseul
phonon
surN
atomeslocalisés,
donne N niveaux
soit une
entropie log N,
et un seul niveau s’ils sontdélocalisés. Cette
question
soulève unedifficulté,
signalée
dans notre article cité.B. DISPARITION DE LA vISCOSITÉ. - La viscosité sur les
parois
est due à une interaction des molécules de laparoi
et des molécules du fluide. Si celles-ci sontdélocalisées ou
étalées,
l’interaction est diminuée enproportion.
Demême,
à l’intérieur d’une massedélo-calisée,
on nepeut
plus
définir d’attraction entre deuxatomes voisins
et,
donc, plus
de viscosité.C. EFFET FONTAINE OU FORCE THERMIQUE.
-Pourquoi
l’atomesuperfluide
est-il attiré vers leszones chaudes de
l’hélium,
cequi
caractérise l’effetthermomécanique ?
Dans uneexpérience
d’effetfon-taine,
considérons les atomessuperfluides,
qui
passent
du
récipient
froid aurécipient
chauffé. Unedépression
doit exister du côté chauffé.Quelle
est sonorigine ?
Une
attraction créée par lesrotons,
ou lerayonnement
électromagnétique ?
Une telle force n’est pasexpliquée.
Avec les
hypothèses
faites,
un atomepeut
se relocaliser dans une zonechauffée,
cequi
provoquera undépla-cement comme dans toute transition
quantique,
et unvide au
voisinage
de lajonction
desrécipients,
d’oùune
dépression.
L’abondance
desquanta
d’énergie
dans la zône chauffée provoquera les relocalisations. D. FILMS SUPERFICIELS. -
Pourquoi
lesuperfluide
vient-il seplacer
auvoisinage
desparois,
cequi
crééetous les
phénomènes
dûs aux films de Rollin ? Auvoisinage
d’uneparoi
fixe,
les molécules fixes fontrégner
unchamp
électrostatique
qui
limite le nombredes états propres
possibles
des atomes d’hélium. Doncl’entropie
Sn
àtempérature
donnée,
décroît auvoisi-.nage des
parois.
Donc,
lasuperfluidisation
seproduira
plus
facilement dans la couche limitepuisque
Sn
estle terme
qui
l’empêche.
Il y aura donc une couche desuperfluide
auvoisinage
desparois fixes, qui
consti-tuera les films de
Rollin,
etexplique
lesexpériences
de passage par les ouverturescapillaires.
E. VITESSES LIMITES D’ÉCOULEMENT DES FILMS SUPERFICIELS. -
Ces vitesses sont de l’ordre de 50 cm à 1 m seconde et sont
trop
faibles pour que lesénergies
cinétiques
du courantpuissent
provoquer une relocali-sation et unerupture
du film d’hélium. Ils’agit
là del’effet le
plus
délicat àexpliquer.
Ce que nous avons dit à cesujet (dernier
paragraphe
de notre articlecité)
doit être annulé : il fautporter
son attention non pas sur le termeÕ.E,
mais sur le termeTS ,
Quelle
est la durée moyenne duséjour
d’un atomed’hélium normal dans son volume du réseau
liquide,
dans sa case, dirons-nous P Posons :(1)
To est la durée obtenue en divisant par sa vitesse
y/kT 1 M
= v, lalargeur
de la case, 2A
environ.1. Voir FRENKEL, Introduction à la théorie des métaux
(p.
256,
éditionrusse).
Donc
H hauteur de la barrière de
potentiel
limitant la caseest
prise
égale
à1/3200
eV = 5. 10-16 C. G. S. Maisil faut doubler ce chiffre car c’est
la hauteur
totale de la barrièrequ’il
fautprendre
ici et non la valeurmoyenne de
(p2/2M).
Deplus,
kT N2,8 10-16.
()n a donc : ’t’~ 2.10-12 e4 r- 10-1° s.
Pour des vitesses relatives
liquide-paroi
de l’ordre de 50-100cm/s,
nous voyonsqu’une
molécule de laparoi
traverse lalargeur
2 A ==
2.10-8 cm dans untemps
de l’ordre de 2.10-10 s.Le
champ électrostatique qui
s’exercera sur unatome d’hélium localisé et
qui
lebloque,
variépendant
un intervalle detemps
de l’ordre de la durée deséjour
moyen de l’atome dans son volumeélémentaire,
dans sa case. L’effet ordonnateurdisparait,
Saugmente
etles atomes délocalisés se
relocalisent,
en vertu des loisde la
mécanique statistique.
L’apparition
et ladispa-rition du
film
superfluide
sont donc essentiellement deseffets
d’entropie
et nond’énergie.
V. Vérifications. - Est-il
possible
de vérifier cettethéorie
directement,
autrement que par sesconsé-quences, décrites ci-dessus ?
a)
Desexpériences
dediffraction,
qui
étudientdirec-tement la structure du
liquide
semblent être le moyen leplus
indiqué.
Mais
lathéorie
délocalisée laissesub-sister
unestructure
dupotentiel
moyen ; cepoint
aété admis par nous,
plus
que
démontré.
Cette
structure
serait
irrégulière
comme celle d’unliquide
et le moyen de faire une distinctionparaît difficile,
en l’état actuel de la théorie délocalisée.b)
L’existence du mouvement brownien semble être le meilleur critère. Si l’onpeut
immerger
dans l’hélium desparticules
colloïdales aussipetites
quepossible,
le mouvement brownien doit subir une décroissancesubite au
point
À,
lorsque
latempérature
décroît etdoit
pratiquement
disparaître
dèsqu’on
s’est écartéde la
température
X,
dans la théoriedélocalisée,
puisque
l’onde délocaliséeenveloppe
laparticule
et que leschocs,
à la base du mouvement brownien n’ontplus
de raison de seproduire.
DISCUSSION
M.
Chapouthier
demande à M. Winter dansquelle
mesure la théorie de l’hélium
superfluide explique
l’effet Prandtl de nullité de vitesse à la
paroi
pour lesfluides
courants : c’est undogme classiqueen
hydrau.
lique
que de direqu’il n’y
a pas deglissement
d’un fluideen
contact de
l’obstacle,
or, M.Winter
a montré que,dans
certains cas, ilpeut
y en avoir.M. Winter n’a vu aucun ouvrage donnant une
théo-rie
physique
de l’effetPrandtl,
mais il pense que ledogme
estvalable pour
un fluide normal à atomes loca-lisés : entre les atomes duliquide
et ceux de laparoi,
il est
probable
qu’il
y a une attractionqui
explique
que leliquide
reste encontact,
c’est leblocage
de lavitesse,
qui
est constatéexpérimentalement
pour unliquide
et mêmepour
un gaz(effet
Prandtl
autourd’une
hélice
d’avion).
Mais
cet effetdisparaît
pour lesuperfluide
parce que l’atome dusuperfluide
est étalé sur 104 fois lalargeur
de l’atome de la
paroi.
Apartir
du moment où l’atomese reconcentre et où il n’est
plus
superfluide,
l’effet Prandtlreparaît
et l’atome sebloque.
M. le Président
ajoute
que c’estsimplement
le chocsur les
parois
qui,
pour les gaz, ramène les vitesses dans tous les sens. Pour lesliquides,
c’estplus
mysté-rieux,
car on n’a pas de moyend’analyse précis.
M. le Président demande des
explications
sur les courbes de London et le livre de Sommerfeld.M. Winter
répond
qu’il
n’y
a pas de courbes dans le livre deSommerfeld,
maisque
la courbe de Londonse trouve dans le mémoire de celui-ci et
qu’elle
estreproduite
dans unequinzaine
de traités dephysique
théorique,
aussi bien américains quesoviétiques. Or,
d’après
M.Rideau,
Maître de recherches au C. N. R.S.,
Américains et
Soviétiques
se seraient trouvés d’accord pour reconnaître l’inexactitude de cette courbe dans le cas d’un trèsgrand
domainegrâce
à des calculs faits par machineélectronique. Mais,
aupoint
de vue deM.
Winter,
l’allure del’équation
donnant la constante(alpha) correspond
à uneéquation
régulière
et à unesérie
rapidement
convergente,
et on ne voit pas trèsbien comment une discontinuité
pourrait
s’établir. M. le Présidentrappelle
que,d’après
l’exposé
de M.Winter,
laparoi
et sesaspérités peuvent
avoir un effet sur la vitessetangentielle
et demande à M.Kra-mers s’il a connaissance
d’expériences
mettant en évi-dence desphénomènes
de ce genre.M. Kramers fait un
signe
négatif
etindique qu’on
n’est pas très sûr de l’existence de la vitesse limite. M. Winter
ajoute
que seules desexpériences
de mou-vements brownienspermettraient
de vérifierdirec-tement la théorie
qu’il
aexposée.
M. le Président
rappelle
queCARERI,
enItalie,
faitune série
d’expériences
intéressantes sur la diffusion desparticules chargées
dans l’hélium.M. le Président remercie vivement M. Winter.
QUELQUES EXPÉRIENCES
SUR LA TURBULENCE ET LA FRICTION MUTUELLE
DANS
L’HÉLIUM LIQUIDE
Par M. H. C.KRAMERS,
Kamerlingh
OnnesLaboratorium, Leyde.
Résumé. - Discussion des
expériences
récentes sur lesphénomènes hydrodynamiques
de l’héliumliquide,
exé-cutées au LaboratoireKamerlingh
Onnes àLeyde.
Rappel
des recherches de M. Staas et M. Taconis sur les mesures desgradients
de latempérature
et de lapression
d’un courant continu dans un tube étroit de sectioncircu-laire.
Unphénomène
deturbulence,
presque entièrementidentique
à la turbulence dans unliquide
classique,
étaitétabli.
Expériences
exécutées par M. Wiarda et l’auteur surl’étude de l’atténuation du second son en fonction d’un
courant continu simultané. La méthode du second son se montre très convenable pour
l’investigation
desphéno·
mène