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Interventions de gestion des antimicrobiens : guide pratique

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Interventions de gestion des

antimicrobiens : guide pratique

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Interventions de gestion des

antimicrobiens : guide pratique

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© Organisation mondiale de la santé 2022

Tous droits réservés. La présente publication est disponible sous la licence Creative Commons Attribution – Pas d’utilisation commerciale – Partage dans les mêmes conditions 3.0 IGO (C BYNC-SA 3.0 IGO ; https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/3.0/igo).

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Citation suggérée. Interventions de gestion des antimicrobiens : un guide pratique. Copenhague : Bureau régional de l’OMS pour l’Europe ; 2022. Licence : CC BY-NC-SA 3.0 IGO.

Catalogage à la source. Disponible à l’adresse http://apps.who.int/iris.

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Résumé

La résistance aux antimicrobiens constitue une urgence mondiale pour la santé publique. Les programmes de gestion des antimicrobiens ont été identifiés comme l’une des principales stratégies de lutte contre ce phénomène. Néanmoins, il reste difficile de sélectionner les interventions les mieux adaptées à chaque situation. Ce guide pratique décrit dix interventions de gestion couramment employées pour promouvoir l’usage optimal des antimicrobiens dans les établissements de santé. Les administrateurs, les responsables des soins de santé et les cliniciens en première ligne en apprendront davantage sur les interventions les plus courantes, sur les bases factuelles qui les appuient, ainsi que sur les importantes considérations liées à leur mise en œuvre, en particulier dans les lieux où peu de ressources sont disponibles.

ISBN 978 92 890 5804 9

Les demandes concernant les publications du Bureau régional de l’OMS pour l’Europe sont à adresser à : Publications

Bureau régional de l’OMS pour l’Europe UN City, Marmorvej 51

DK-2100 Copenhague Ø Danemark

Vous pouvez également remplir un formulaire de demande de documentation, d’informations sanitaires ou d’autorisation de reproduire/

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Table des matières

vi Remerciements vi Sigles et abréviations vii Introduction

x Par où commencer ?

1 Interventions à mettre en œuvre avant ou au moment de la prescription

2 Formation des cliniciens

8 Éducation des patients et du grand public

16 Directives propres à chaque établissement de santé pour la gestion des infections courantes

20 Antibiogrammes cumulés

26 Autorisation préalable portant sur les antimicrobiens à dispensation contrôlée

32 Détection des allergies aux antibiotiques sans fondement

37 Interventions à mettre en œuvre après la prescription

38 Audit prospectif avec retour d’informations

44 Réévaluations des antibiothérapies par les cliniciens prescripteurs (durée limitée de l’antibiothérapie)

50 Optimisation du dosage des antibiotiques 54 Durée de l’antibiothérapie

58 Bibliographie

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Remerciements

Le présent guide a été préparé par Marisa Holubar (Centre collaborateur de l’OMS sur la résistance aux antimicrobiens et sa gestion, Faculté de médecine de l’Université de Stanford), par Elisabeth Robilotti (Memorial Sloan Kettering Cancer Center) et par Stan Deresinski (Centre collaborateur de l’OMS sur la résistance aux antimicrobiens et sa gestion, Faculté de médecine de l’Université de Stanford), sous la direction technique de Saskia Nahrgang (Bureau régional de l’OMS pour l’Europe).

Ketevan Kandelaki (Bureau régional de l’OMS pour l’Europe), Danilo Lo Fo Wong (Bureau régional de l’OMS pour l’Europe) et Onur Karatuna (European Committee on Antimicrobial Susceptibility Testing (EUCAST) Development Laboratory) ont contribué au présent guide et procédé à sa révision.

Ce document a été produit avec l’aide financière de l’Union européenne.

Les opinions qui y sont exprimées ne reflètent en aucun cas la position officielle de l’Union.

Sigles et abréviations

AWaRe Classification des antibiotiques ACCÈS (Access), PRÉCAUTION (Watch), DERNIER RECOURS (Reserve)

CLSI Clinical and Laboratory Standards Institute

EUCAST European Committee on Antimicrobial Susceptibility Testing

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vii

Introduction

Introduction : la résistance aux antimicrobiens constitue une urgence mondiale pour la santé publique. Elle désigne la capacité d’un micro-organisme à survivre et à résister à l’exposition à des médicaments antimicrobiens, ce qui met en péril l’efficacité du traitement de l’infection.

Il existe différents types d’antimicrobiens qui agissent contre différents types de micro- organismes, comme les antibactériens ou les antibiotiques contre les bactéries, les antiviraux contre les virus, les antifongiques contre les champignons, etc.

Les antimicrobiens sont des médicaments salvateurs dont la découverte compte parmi les avancées scientifiques les plus importantes du XXe siècle.

Cependant, les données attestant d’un mauvais usage répandu des antimicrobiens dans tous les établissements de santé s’accumulent. Le mauvais usage des antimicrobiens dans le domaine de la santé humaine est l’un des principaux moteurs rectifiables de l’émergence de la résistance aux antimicrobiens.

Par « gestion des antimicrobiens », on entend les interventions coordonnées conçues pour promouvoir l’usage optimal des agents antibiotiques, notamment la décision de mettre en place une antibiothérapie, le choix du médicament, le dosage, la voie d’administration et la durée du traitement. 

Objectif : ce guide pratique décrit les interventions de gestion les plus couramment déployées pour promouvoir l’usage optimal des antimicrobiens dans les établissements de santé. Si les bases factuelles qui appuient ces interventions proviennent essentiellement d’études menées dans des pays à revenu élevé, le présent guide souligne de quelles manières ces interventions peuvent être adaptées dans des établissements où les ressources sont limitées.

Public cible : ce document cible les administrateurs et les responsables de soins de santé qui se familiarisent avec la gestion des antimicrobiens et qui prévoient de mettre en œuvre une ou plusieurs de ces interventions dans leur établissement de santé. Les cliniciens intéressés par le sujet peuvent également utiliser ce document comme référence.

Champ d’application : le guide pratique présente dix interventions, parmi lesquelles six sont à mettre en œuvre avant ou au moment de la prescription et quatre après celle-ci. Ces interventions sont répertoriées dans le tableau 1 et chacune est assortie d’une fiche récapitulative. Bien que cette liste ne soit pas exhaustive, les interventions

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sélectionnées sont celles qui sont couramment mises en place et dont l’incidence a été évaluée dans la littérature médicale.

Tableau 1. Liste des dix interventions compilées dans ce guide Interventions à mettre en œuvre

avant ou au moment de la prescription

Interventions à mettre en œuvre après la prescription

1. Formation des cliniciens 7. Audit prospectif avec retour d’informations

2. Éducation des patients et du grand public

8. Réévaluation des antibiothérapies (durée limitée de l’antibiothérapie)

3. Directives propres à chaque établissement de santé pour la gestion des infections courantes

9. Optimisation du dosage

4. Antibiogrammes cumulés 10. Optimisation de la durée du traitement

5. Autorisation préalable portant sur les antimicrobiens à dispensation contrôlée

6. Détection des allergies aux antibiotiques sans fondement

Pertinence pour les cliniciens : les cliniciens en première ligne jouent un rôle déterminant dans la préservation des pouvoirs des antimicrobiens. Le cours en ligne d’OpenWHO, intitulé « Bon usage des antibiotiques : une approche par compétences »1, illustre de quelle manière les cliniciens peuvent améliorer leur pratique de prescription d’antibiotiques dans le cadre de l’échange entre le médecin et son patient. Les cliniciens reconnaîtront les étapes de la prise de décisions cliniques, décrites dans la figure 1. Si le timing peut varier selon qu’il s’agisse de soins ambulatoires ou de soins hospitaliers, le processus général de prise de décisions est semblable. Les interventions évaluées dans ce guide pratique ciblent différentes étapes de l’échange entre le clinicien et son patient.

1 En savoir plus : Bon usage des antibiotiques : une approche par compétences [site Web]. Dans : OpenWHO/

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ix Figure 1. Étapes de la prise de décisions cliniques

Exemples d’utilisations du guide pratique :

z comme référence lors de la planification de la mise en œuvre d’une intervention de gestion des antimicrobiens ;

z comme un outil permettant d’informer vos collègues et les cliniciens de votre établissement sur la gestion des antimicrobiens.

Obstacles à la gérance des antimicrobiens : les obstacles à la prescription appropriée des antimicrobiens sont nombreux et complexes. Cependant, les interventions de gérance des antimicrobiens peuvent permettre de les surmonter et s’avérer particulièrement efficaces. La fiche récapitulative de chaque intervention met en exergue certains obstacles et la façon dont les programmes peuvent en triompher. Les obstacles couramment cités sont :

z les lacunes des cliniciens en matière d’usage optimal des antibiotiques ;

z l’opposition que manifestent certains cliniciens à l’encontre de la gestion des antimicrobiens ;

z l’accès limité à un diagnostic clinique ou à des tests microbiologiques fiables ; z un accès limité ou insuffisamment fiable à des antimicrobiens de qualité garantie ; z la crainte que le refus de prescrire des antimicrobiens, en particulier des

antibiotiques, induise de mauvais résultats ;

z une communication restreinte voire absente entre les prestataires de santé ; z des infrastructures et/ou un soutien administratif insuffisants en faveur des

programmes ou des interventions de gestion des antimicrobiens ;

z un accès limité aux données dans les établissements de santé, notamment aux tendances de prescription des antimicrobiens et aux données relatives à la prévalence de la résistance aux antimicrobiens au niveau local ;

z l’acceptation limitée par le grand public/les patients de la gestion des antimicrobiens ;

z l’accès public sans prescription aux antimicrobiens, notamment aux antibiotiques, au niveau local.

Interventions à mettre en œuvre après la prescription

Évaluation postérieure

Modification des antimicrobies Réévaluation

clinique

Examen des données Éducation du

patient Interventions à mettre en œuvre avant

ou au moment de la prescription

Évaluation initiale

Élaboration du diagnostic

Décisions thérapeutiques Évaluation

clinique

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Par où commencer ?

La réponse dépend des ressources dont dispose votre établissement.

S’il ne bénéficie que d’un accès limité aux données microbiologiques, envisagez les interventions suivantes :

z la formation des cliniciens ;

z l’éducation des patients et du grand public ;

z les directives propres à chaque établissement de santé pour la gestion des infections courantes ;

z l’optimisation de la durée du traitement.

Si votre établissement a accès en temps utile à des résultats microbiologiques précis fournis par un laboratoire, envisagez également de réaliser :

z des antibiogrammes cumulés ;

z des réévaluations des antibiothérapies (durée limitée de l’antibiothérapie).

Si votre établissement emploie des pharmaciens cliniques, envisagez : z l’optimisation des dosages.

Si votre établissement prévoit ou vient de constituer une équipe chargée de la gestion aux antimicrobiens qui dispose de temps pour examiner les dossiers des patients, envisagez :

z l’autorisation préalable portant sur les médicaments à dispensation contrôlée ; z l’audit prospectif avec retour d’informations ;

z la détection des allergies aux antibiotiques sans fondement.

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Interventions à mettre en œuvre avant ou au

moment de la prescription

1

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Formation des cliniciens

La formation continue des cliniciens est indispensable à la fourniture de soins optimaux aux patients. Il est essentiel que les responsables politiques et les administrateurs des soins de santé donnent l’occasion aux cliniciens de combler leurs lacunes au moyen d’une formation clinique et d’un perfectionnement professionnel continu. Les nouveaux traitements, les outils et stratégies de diagnostic optimal, et la mise en œuvre de bonnes pratiques de prescription, qui placent tous l’accent sur les soins et la sécurité des patients, constituent les fondements de l’excellence dans la pratique clinique et sont essentiels au succès de la gestion des antimicrobiens. La formation clinique peut prendre différentes formes, qui présentent divers avantages pour la formation à la gestion, mais qui induisent néanmoins différents coûts.

Raisons justifiant la mise en œuvre de cette intervention

z L’intervention est indispensable pour se tenir au courant des pratiques et des directives les plus récentes en matière d’usage des antimicrobiens.

z La formation des cliniciens permet de sensibiliser aux menaces locales, régionales et mondiales que fait peser la résistance aux antimicrobiens.

z L’attention portée à la formation continue des médecins est un élément important pour la sécurité des patients dans la fourniture de services de soins de santé.

Différents supports éducatifs peuvent être utilisés en fonction de la méthode d’apprentissage privilégiée par les prescripteurs. La formation à la gestion peut se dérouler dans différents cadres. Les nouveaux programmes et initiatives de gestion dotés de ressources limitées doivent exploiter le matériel en libre accès afin de créer des opportunités significatives de formation pour les prescripteurs (figure 2).

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3 Figure 2. Les ressources éducatives utilisées pour la formation continue dans le

domaine médical

Conditions préalables

Il est nécessaire que les cliniciens soient investis et soucieux de maintenir à jour leurs connaissances cliniques, dans leur propre intérêt et pour encourager leurs pairs.

Une direction forte, qui accorde la priorité à la formation continue et au perfectionnement professionnel et qui veille à impartir du temps aux cliniciens à cet effet, est indispensable. La direction peut également apporter son aide en incitant les ressources humaines à actualiser leurs connaissances cliniques.

Bases factuelles

z Une étude de Doron & Davidson (4) révèle qu’un recul bien plus important du taux de prescription annuel d’antibiotiques a été enregistré dans le groupe ayant mis en œuvre cette intervention par rapport au groupe témoin, et cet effet a persisté au cours des quatre mois de la période de suivi. Les interventions en matière de formation comprenaient des conférences, des réunions didactiques, des mémos par courriel et du téléconseil dispensé par un expert.

z Dans une étude de Regev-Yochay et al. (5), les interventions pédagogiques, notamment les réunions de groupe, les ateliers, les séminaires et les campagnes de pratique, ont entraîné un recul du taux de prescription d’antibiotiques chez les enfants traités par des médecins ayant bénéficié de ces interventions, par rapport à ce même taux dans le groupe témoin (recul observé la première année de l’intervention).

z Dans le cadre d’une étude menée par Weiss et al. (6), la distribution et la présentation de supports pédagogiques conviviaux (directives) auprès de médecins et de dentistes au Québec ont permis de réduire considérablement la prescription d’antibiotiques par rapport au reste du Canada.

Méthodes d’apprentissage L’approche par résolution de problèmes, l’approche par étude

de cas, l’approche en équipe

Cadres de formation Ateliers, séances de débats,

activités de simulation

Ressources d’apprentissage OpenWHO (1), MEDtube (2)

Cours sur la gestion des antibiotiques proposés par CDC

Train (3)

(14)

z Il a été démontré que les interventions visant à modifier les comportements limitent les prescriptions inappropriées dans de nombreuses situations. Dans le contexte des soins de santé primaires, la consultation des pairs et une justification responsable ont permis de réduire les prescriptions inappropriées d’antibiotiques pour le traitement des infections aigües des voies respiratoires, qui pour la plupart sont d’origine virale (7,8).

Quand devez-vous choisir cette intervention et dans quelles situations est-elle appropriée ?

z La formation des cliniciens convient à tous les cadres de pratique clinique et à tous les niveaux de formation.

z Les établissements disposant de ressources limitées peuvent mettre au point des supports de formation clinique portant sur un nombre limité de sujets liés à la gestion et pertinents pour leur établissement.

z La formation des cliniciens est souvent conjuguée à d’autres interventions de gestion des antimicrobiens pour fournir un fondement solide à certaines approches (par ex., l’étude de la pharmacocinétique/pharmacodynamie permet de mieux comprendre la prophylaxie antimicrobienne).

Risques/coûts

Les risques/coûts incluent :

z le manque de temps à consacrer au perfectionnement professionnel continu ; z le manque de supports pédagogiques accessibles à un large public ;

z les préoccupations vis-à-vis de l’applicabilité au niveau local des programmes pédagogiques de masse ;

z les barrières psychologiques qui découragent certains cliniciens de participer à des interventions pédagogiques (par ex. la crainte de ne pas en savoir suffisamment).

(15)

5

Exemples d’exercices pédagogiques

1. À l’occasion de la Semaine mondiale pour un bon usage des antimicrobiens (18-24 novembre) qui se tient chaque année, organisez un événement pédagogique abordant l’usage prudent des antibiotiques qui cible l’un ou plusieurs des publics suivants :

(I) médecins (débutants et/ou expérimentés) ; (II) professionnels de santé en général ; (III) étudiants ;

(IV) patients.

Vous pouvez profiter de l’occasion pour distribuer un questionnaire auprès des groupes ciblés afin d’évaluer leur degré de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens, ainsi qu’aux pratiques d’hygiène des mains et de gestion des antibiotiques. Ces données pourront par la suite être utilisées à des fins de recherche ou pour l’établissement d’un programme de formation clinique continue.

2. Dans votre pratique quotidienne, discutez en équipe des cas rencontrés qui impliquent une thérapie antimicrobienne et dont le diagnostic ou le traitement a posé des difficultés. Dans votre présentation, essayez d’intégrer :

(I) les signes et les symptômes ; (II) les résultats de laboratoire ; (III) l’imagerie réalisée ;

(IV) le traitement (en particulier les directives en vigueur) ; (V) les résultats et le suivi ;

(VI) la prophylaxie.

Encouragez la présentation régulière des cas par les différents membres de l’équipe. Faites-en une séance récurrente de réunions et de discussions.

Envisagez des conférences interdisciplinaires d’étude de cas qui peuvent inclure des échanges avec d’autres services au sein de votre établissement (par ex. une conférence d’étude de cas concernant à la fois les soins pulmonaires/intensifs et les maladies infectieuses).

REMARQUE : Le retour d’information formel (enquêtes) et informel (commentaires des participants) doit faire partie intégrante de l’évaluation systématique des exercices de formation clinique pour permettre d’évaluer l’utilité des offres de formation auprès du public ciblé. Les informations extraites de ces enquêtes peuvent être examinées par la direction pour garantir l’affectation des ressources appropriées.

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3. Organisez des séminaires d’examen rapide avec votre équipe pour évoquer les mises à jour récentes des directives en matière de traitement des infections qui concernent votre service. Encouragez tous les membres de votre équipe (infirmiers, médecins, étudiants) à s’impliquer dans la planification du contenu et dans la diffusion de mises à jour à intervalle régulier (chaque trimestre/chaque année).

Références

1. OpenWHO [site Web]. Genève : Organisation mondiale de la santé ; 2016-2021 (https://

openwho.org/).

2. MEDtube [site Web] (https://medtube.net/).

3. CDC’s Antibiotic Stewardship Training Series [website]. In: CDC TRAIN. Atlanta: Centers for Disease Control and Prevention (https://www.train.org/cdctrain/training_plan/3697).

4. Doron S, Davidson LE. Antimicrobial stewardship. Mayo Clin Proc. 2011; 86(11):1113-23.

doi: 10.4065/mcp.2011.0358.

5. Regev-Yochay G, Meir R, Dagan R, Roizin H, Morag B, Hetman S, et al. Reduction in antibiotic use following a cluster randomized controlled multifaceted intervention:

the Israeli judicious antibiotic prescription study. Clin Infect Dis. 2011; 53(1):33-41.

doi: 10.1093/cid/cir272.

6. Weiss K, Blais R, Fortin A, Lantin A Gaudet M. Impact of a multipronged education strategy on antibiotic prescribing in Quebec, Canada. Clin Infect Dis. 2011; 53(5):433 9.

doi: 10.1093/cid/cir409.

7. Persell SD, Doctor JN, Friedberg MW, Meeker D, Friesema E, Cooper A, et al. Behavioral interventions to reduce inappropriate antibiotic prescribing: a randomized pilot trial. BMC Infect Dis. 2016; 16:373.

8. Meeker D, Linder JA, Fox CR, Friedberg MW, Persell SD, Goldstein NJ, et al.

Effect of Behavioral Interventions on Inappropriate Antibiotic Prescribing Among Primary Care Practices: A Randomized Clinical Trial. JAMA, 2016. 315(6): p. 562-70.

doi: 10.1001/jama.2016.0275.

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© OMS/Yoshi Shimizu 7

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Éducation des patients et du grand public

Les patients et le grand public doivent être éduqués à l’usage approprié, à l’administration, au stockage et à l’élimination des antimicrobiens, comme les antibiotiques, pour qu’ils deviennent des alliés dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens. Cette éducation peut revêtir deux formes concrètes : 1) des campagnes d’éducation de masse visant à éclairer le grand public, tels des messages d’information sur la grippe et sur le fait que les antibiotiques ne traitent pas les infections virales ; et 2) la transmission directe du clinicien au patient d’informations portant sur une pathologie spécifique. Ces deux modes d’éducation permettent de sensibiliser davantage le grand public à la résistance aux antimicrobiens et de contrer les informations erronées et les idées reçues sur les antibiotiques omniprésentes dans la sphère publique.

Raisons justifiant la mise en œuvre de cette intervention

La résistance aux antimicrobiens est un problème mondial, qui exige des solutions aux niveaux individuel, local, national et international. Une sensibilisation collective des patients et du grand public est essentielle pour endiguer ce phénomène.

Conditions préalables

z Ressources humaines : le personnel clinique et administratif d’un établissement a besoin de temps pour mettre au point et en œuvre une stratégie de communication. Il est utile que les personnes chargées de missions pédagogiques auprès des patients/du grand public puissent évaluer ce que ces derniers savent de la résistance aux antimicrobiens pour adapter le message en conséquence (par ex. l’accès à des données d’enquêtes réalisées au niveau local ou aux tendances nationales d’utilisation des antimicrobiens peut contribuer à diffuser des messages ciblés auprès de certaines populations). Envisagez d’intégrer la délivrance de messages concernant la résistance aux antimicrobiens dans les campagnes d’éducation à la santé conduites au niveau local (par ex. sur l’importance des vaccins, de la sécurité sanitaire des aliments et de l’hygiène des mains).

(19)

9 z Ressources d’ordre technique/de mise en œuvre : il est parfois nécessaire d’adapter

le matériel accessible gratuitement en ligne à la situation locale. Les équipes peuvent, entre autres, avoir besoin de ressources pour ajuster des supports à des groupes spécifiques de patients (par ex. enfants/adolescents, parents ; patients qui parlent une langue différente). Un appui technique de haut niveau contribuant à concevoir des supports visuels ou multimédias constitue un avantage mais pas une nécessité. Il est possible d’utiliser des contenus en ligne, y compris sur les réseaux sociaux, notamment les supports mis au point par l’OMS, comme ceux consacrés à la Semaine mondiale pour un bon usage des antimicrobiens (voir liens ci-après).

z Soutien de la direction : un réel engagement de la part de la direction administrative, qui témoigne de l’importance de la délivrance de messages sur la résistance aux antimicrobiens auprès des patients et du grand public, peut augmenter considérablement la portée du message.

Bases factuelles

z Des informations générales sur la sensibilisation du grand public et sa responsabilité dans l’usage judicieux des antibiotiques sont disponibles (1).

z Le fait que le grand public en sache peu sur les antibiotiques et sur la résistance aux antimicrobiens est un problème mondial qui affecte l’ensemble des patients, des enfants jusqu’aux adultes (2-4).

z La délivrance de votre message concernant la résistance aux antimicrobiens n’est pas chose aisée et doit être réalisée dans le cadre de la transmission d’autres messages essentiels liés à la santé (5).

z La formation et l’engagement en la matière peuvent être soutenus par différentes personnes au sein du système de santé (6).

z Les promesses de dons en ligne peuvent renforcer l’investissement du grand public et des professionnels de santé dans la lutte contre le problème de la résistance aux antimicrobiens (7).

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Réfléchissez au message que vous souhaitez transmettre

L’éducation du grand public à l’usage des antimicrobiens peut revêtir de nombreux aspects. Il est important de transmettre un message cohérent, facilement compréhensible et fondé sur des bases factuelles concernant l’usage approprié des antimicrobiens ; il doit aussi être approuvé par l’ensemble des parties prenantes de vos campagnes pédagogiques (par ex. responsables locaux, défenseurs des patients, membres de la communauté, médecins, personnel infirmier). Exemples de concepts clés sur lesquels vous pouvez centrer vos campagnes pédagogiques et qui sont intégrés dans de nombreuses initiatives de gestion :

z Comment fonctionnent les antibiotiques ?

z Quels types de maladies les antimicrobiens traitent-ils ? z Comment se développe la résistance aux antimicrobiens ? z Quand dois-je prendre des antibiotiques ?

z Pourquoi est-ce important de suivre les instructions relatives à la durée et au dosage d’une antibiothérapie ?

z Que dois-je faire des antibiotiques non utilisés ?

z Comment les antibiotiques sont-ils utilisés en dehors du domaine de la santé humaine ?

z Que puis-je faire de plus pour réduire les risques de contracter une maladie que les antibiotiques ne peuvent pas traiter ? (par ex. importance des vaccins dans le cas des maladies à prévention vaccinale)

Chaque consultation par un patient représente une opportunité d’évoquer l’un de ces aspects fondamentaux de l’éducation à la résistance aux antimicrobiens.

Encouragez les patients à poser des questions et à exprimer ce qu’ils ne comprennent pas. Créez un espace sûr dans lequel ils peuvent partager leurs doutes et leurs inquiétudes concernant l’usage ou le rejet des antibiotiques.

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11

Exemples de campagnes menées par l’OMS et autres supports interactifs utiles

Semaine mondiale pour un bon usage des antimicrobiens (8)

Journée mondiale de l’hygiène des mains, 5 mai. Un exemple de campagne de l’OMS : « SAUVEZ DES VIES : pratiquez l’hygiène des mains » (9)

Semaine mondiale de la vaccination 2019 (10)

Messages clés destinés au grand public concernant la résistance aux antimicrobiens (11)

Un site Web interactif proposant des activités de sensibilisation, conçu à l’occasion de la Semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques (12) Superbugs : un jeu sur téléphone mobile et tablette (13)

Une bande dessinée en espagnol Superhéroes contra superbacterias: La resistencia a los antibióticos (14)

Vidéos YouTube : Stop the superbugs (15) Educating patients about antibiotic use (16)

© OMS/Yoshi Shimizu

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Quand devez-vous choisir cette intervention et dans quelles situations est-elle appropriée ?

z Soins hospitaliers versus soins ambulatoires : les patients hospitalisés restent en général suffisamment longtemps pour que vous ayez l’occasion de mettre en œuvre des interventions pédagogiques et d’affirmer votre message. Les patients examinés dans le cadre de soins ambulatoires peuvent être moins malades et avoir une vision plus globale ; ils sont moins concentrés sur une pathologie aigüe et, par conséquent, plus réceptifs à des informations de nature pédagogique. En outre, les patients en soins ambulatoires ont parfois une relation plus stable avec leur clinicien, ce qui les rend mieux à même d’écouter les informations relatives à la résistance aux antimicrobiens et de les transmettre à leur tour. Dans les deux cas, les patients sont souvent accompagnés de leurs proches, ce qui contribue à une meilleure rétention du message.

z À l’université : les étudiants peuvent être de bons enseignants pour les patients.

Ils ont souvent plus de temps à consacrer à un échange personnalisé. En outre, la participation à de telles activités pédagogiques aide les étudiants à consolider leurs connaissances, à développer leurs compétences et le langage nécessaires à la communication médecin-patient, ainsi qu’à construire leur estime de soi en contribuant à modeler des comportements sains au niveau local.

z Les salles d’attente : elles peuvent servir d’espaces utiles à la délivrance d’informations sanitaires lorsque le patient attend son rendez-vous et elles sont idéales pour mettre à profit des techniques permettant de consolider votre message.

Risques/coûts

z L’éducation des patients prend du temps et exige de répéter les messages.

z L’acquisition des informations peut varier d’une population à l’autre selon sa volonté d’accepter les idées concernant la résistance aux antimicrobiens et selon sa connaissance moyenne des concepts scientifiques de base.

z Certaines informations sur la résistance aux antimicrobiens peuvent provoquer une anxiété (par ex. la colonisation par des bactéries qui produisent des ββ-lactamases à spectre élargi) ou la crainte d’une stigmatisation (parmi les populations marginalisées,

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13

Références

1. Ancillotti M, Eriksson S, Veldwijk J, Fahlquist JN, Andersson DI, Godskesen T.

Public awareness and individual responsibility needed for judicious use of antibiotics: a qualitative study of public beliefs and perceptions. BMC Public Health. 2018; 18(1): 1153. doi.org/10.1186/s12889-018-6047-8.

2. Bert F, Gualano MR, Gili R, Scaioli G, Lovato E, Angelillo IF, et al. Knowledge and attitudes towards the use of antibiotics in the paediatric age group:

a multicenter survey in Italy. Eur J Public Health. 2017; 27(3):506-12.

doi: 10.1093/eurpub/ckw209.

3. Kamata K, Tokuda Y, Gu Y, Ohmagari N, Yanagihara K. Public knowledge and perception about antimicrobials and antimicrobial resistance in Japan:

A national questionnaire survey in 2017. PLoS One. 2018; 13(11):e0207017.

doi: 10.1371/journal.pone.0207017.

4. Mazinska B, Struzycka I, Hryniewicz W. Surveys of public knowledge and attitudes with regard to antibiotics in Poland: Did the European Antibiotic Awareness Day campaigns change attitudes? PLoS One. 2017; 12(2):e0172146.

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fXC2c747BWmd/content/superheroes-contra-superbacterias-la-resistencia-a-los- antibioticos#, consulté le 8 février 2021).

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watch?v=YHYmb2OKoMU, consulté le 8 février 2021).

(25)

© OMS/Yoshi Shimizu 15

(26)

Directives propres à chaque établissement de santé pour la gestion des infections

courantes

Il est possible d’adapter les directives nationales ou internationales reposant sur des bases factuelles pour que les directives ou algorithmes propres aux établissements de santé reflètent l’épidémiologie, l’accès aux tests diagnostiques et la disponibilité des médicaments au niveau local. L’adjonction d’interventions programmatiques aux directives nationales permet de mobiliser du soutien au sein des établissements de santé, en particulier lorsqu’un programme de gestion des antimicrobiens est créé. Les cibles communes aux directives propres à chaque établissement incluent : les infections des voies respiratoires, les infections des tissus cutanés et mous, les infections des voies urinaires et la prévention des infections sur le site opératoire. Dans ses directives, l’Infectious Diseases Society of America préconise d’assortir les directives propres à chaque établissement de santé d’une stratégie de mise en œuvre pour encourager la sensibilisation à leur égard et leur application (1).

Raisons justifiant la mise en œuvre de cette intervention

Cette intervention :

z permet de standardiser les pratiques de prescription et de limiter les écarts entre ces pratiques ;

z permet une adaptation à la pharmacopée/aux médicaments disponibles et aux capacités des laboratoires au niveau local ;

z fournit une référence pour un usage approprié des antimicrobiens qui peut être utilisée aux fins d’audits avec retour d’informations ;

z ouvre la voie à des initiatives pédagogiques ciblées ;

z permet que les cliniciens en première ligne soient inclus dans l’élaboration de directives propres à leur établissement de santé, ce qui augmente la probabilité qu’elles seront adaptées au contexte spécifique et que les cliniciens respecteront l’algorithme lors de la prise en charge de leurs patients.

(27)

17

Conditions préalables

z Ressources humaines : la plupart du temps, les équipes de gestion des antimicrobiens coordonnent l’élaboration de directives propres à leur établissement et assurent le suivi du respect des recommandations prescrites dans ces directives (par ex. audit prospectif avec retour d’informations).

z Compétences locales : l’utilisation des directives propres aux établissements de santé est plus répandue lorsque les cliniciens en première ligne participent à leur élaboration.

z Soutien de la direction : le leadership institutionnel augmente la probabilité que les cliniciens en première ligne s’investissent dans l’élaboration et dans l’application des directives propres à l’établissement.

z Plan de mise en œuvre : il peut prévoir la divulgation des directives propres à l’établissement : sous différents formats (par ex. support électronique, papier, voire au format cartes de visite), au moyen d’initiatives pédagogiques ciblées pour améliorer la sensibilisation et l’application des directives, ou par l’intégration des recommandations dans les protocoles de prise en charge (au format électronique ou papier). Le plan de mise en œuvre peut également inclure un audit prospectif avec retour d’informations pour suivre l’application de ces directives.

Bases factuelles

z Les directives propres aux établissements de santé (2-9) sont associées à :

{ un usage plus approprié des antibiotiques (par ex. lors du diagnostic d’une infection) ;

{ une progression de l’utilisation des antibiotiques à spectre plus étroit ;

{ le passage précoce à des antibiotiques administrés par voie orale (après une administration par voie parentérale) ;

{ une réduction de la durée des antibiothérapies.

(28)

Quand devez-vous choisir cette intervention et dans quelles situations est-elle appropriée ?

z Tous les contextes sont appropriés, y compris en hôpital, en service de soins de longue durée ou dans le cadre de soins ambulatoires.

z Les nouveaux programmes de gestion des antimicrobiens comme les programmes éprouvés peuvent orienter l’élaboration de directives propres aux établissements de santé.

z Les programmes doivent d’abord cibler une infection courante qui est rencontrée fréquemment dans l’établissement et qui n’est pas prise en charge de façon optimale (par ex. choix, dosage ou durée inappropriés de la thérapie antimicrobienne, ou mauvaise utilisation du test diagnostique).

z Cette intervention est souvent assortie d’une formation ciblée et d’un audit avec retour d’informations.

Risques/coûts

z L’élaboration et la mise à jour des directives propres à chaque établissement et le suivi de leur application nécessitent du temps. En général, les directives doivent être réévaluées tous les 3 à 5 ans et chaque fois que de nouvelles bases factuelles sont mises à disposition.

© OMS/Yikun Wang

(29)

19

Références

1. Barlam TF, Cosgrove SE, Abbo L, Macdougall C, Schuetz AN, Septimus E. et al.

Implementing an Antibiotic Stewardship Program: Guidelines by the Infectious Diseases Society of America and the Society for Healthcare Epidemiology of America. Clin Infect Dis. 2016; 62(10):e51-77. doi: 10.1093/cid/ ciw118.

2. Carratalà J, Garcia-Vidal C, Ortega L, Fernandez-Sabe N, Clemente M, Albero G, et al. Effect of a 3-step critical pathway to reduce duration of intravenous antibiotic therapy and length of stay in community-acquired pneumonia:

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3. Foolad F, Nagel JL, Eschenauer G, Patel TS, Nguyen CT. Disease-based antimicrobial stewardship: a review of active and passive approaches to patient management. J Antimicrob Chemother. 2017; 72(12):3232-3244.

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Antimicrobial stewardship in the treatment of skin and soft tissue infections. Am J Infect Control. 2017; 45(11):1203 1207. doi:10.1016/j.ajic.2017.05.013.

5. Hauck LD, Adler LM, Mulla ZD. Clinical pathway care improves outcomes among patients hospitalized for community-acquired pneumonia. Ann Epidemiol. 2004;

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doi:10.1097/TA.0b013e318197bc74.

(30)

Antibiogrammes cumulés

Les antibiogrammes cumulés, qui sont les données agrégées résultant des tests de sensibilité des micro-organismes aux antimicrobiens, décrivent la proportion d’isolats d’un micro-organisme donné qui demeure sensible à l’antibiotique ou aux antibiotiques recommandés, d’après les tests de sensibilité in vitro. Les antibiogrammes cumulés au niveau local sont très utiles en ce qu’ils orientent de manière empirique le choix des antimicrobiens pour le traitement des infections courantes sur le lieu des soins. En outre, ils peuvent éclairer l’élaboration de directives locales. Dans certains établissements, les prescripteurs en première ligne sont formés à exploiter les antibiogrammes cumulés pour décider de manière empirique de l’usage d’antimicrobiens. Avec le temps, les antibiogrammes cumulés peuvent être utilisés pour surveiller l’émergence d’une résistance au niveau local. Néanmoins, pour que cet outil soit utile, il doit être agrégé conformément à des lignes directrices aux fins de son exactitude (1-3). Un exemple est fourni dans la Figure 3.

Figure 3. Exemple d’antibiogramme cumulé sur une année de souches d’E. coli isolées de prélèvements d’origine urinaire

N ombr e d’isola ts

Ampicilline Céfazoline Ceftriaxone Céfépime Ertapénème Gentamicine Amikacine Ciprofloxacine Nitrofurantoïne Triméthoprime- sulfaméthoxazole

4 792

56 72 86 90 99 86 92 69 92 70

Source : (4)

Pourcentage sensible à un médicament donné

(31)

21

Raisons justifiant la mise en œuvre de cette intervention

z L’antibiothérapie est souvent mise en place de manière empirique pour permettre de contrôler initialement une infection présumée d’origine inconnue. Les antibiogrammes cumulés au niveau local aident à identifier quels antibiotiques empiriques sont les mieux adaptés pour traiter les patients atteints d’infections courantes.

z Les antibiogrammes cumulés peuvent éclairer les recommandations en matière d’antibiothérapie empirique incluses dans les directives propres à chaque établissement de santé pour la gestion des infections courantes.

z Les antibiogrammes cumulés peuvent aussi fournir un bon aperçu de la résistance aux antibiotiques au niveau local au fil du temps (par ex. la proportion d’isolats de Staphylococcus aureus résistants à la méticilline).

z Les antibiogrammes cumulés optimisés, recommandés dans les lignes directrices américaines (5), sont une meilleure source d’informations que les antibiogrammes cumulés agrégés par les établissements de santé, mais ils sont aussi plus difficiles à produire. Les antibiogrammes dits stratifiés, notamment ceux qui sont spécifiques à un service (par ex. service des urgences ou unité de soins intensifs) ou à une population (par ex. les enfants ou les patients immunodéprimés), décrivent plus précisément le risque encouru par certains patients de présenter une infection due à un organisme résistant (6). Les antibiogrammes dits de combinaison prédisent la probabilité de résistance à plus d’un seul antibiotique et peuvent s’avérer plus utiles à l’heure de prendre en charge des patients vulnérables aux organismes multirésistants. Pour de plus amples informations, veuillez consulter les références ci-après.

Conditions préalables

z Ressources humaines : la réalisation d’antibiogrammes cumulés requiert du temps et du travail, en particulier de la part du personnel des laboratoires de microbiologie. Elle doit être mise en œuvre dans le respect des procédures en vigueur.

z Laboratoire de microbiologie : les antibiogrammes cumulés sont réalisés à partir de l’agrégation des données issues de chaque culture. Pour éviter que ces données ne soient hétérogènes, les laboratoires de microbiologie doivent s’appuyer sur les protocoles normalisés et démontrer qu’ils respectent ces protocoles par des contrôles qualité appropriés des tests de sensibilité in vitro des micro-organismes aux antibiotiques. En outre, les antibiogrammes cumulés doivent être préparés de

(32)

façon standardisée pour en garantir la validité. Par exemple, les normes du Clinical and Laboratory Standards Institute (CLSI) établissent que les antibiogrammes n’incluent que les micro-organismes pour lesquels au moins 30 isolats non réplicatifs sont disponibles.

L’inclusion d’organismes représentés par un nombre inférieur d’isolats produirait des résultats inexacts (7).

z Webinaire gratuit à la demande : Preparation, Presentation, and Promotion of Cumulative Antibiograms To Support Antimicrobial Stewardship Programmes [Préparation, présentation et promotion des antibiogrammes cumulés en soutien aux programmes de gestion des antimicrobiens] (8,9).

z Appui des technologies de l’information : la préparation de cet outil exige une bonne gestion des bases de données et leur exploitation.

z Plan de mise en œuvre : les établissements de santé doivent être capables de produire des antibiogrammes cumulés (par ex. au format papier ou électronique) et d’en faire la promotion. Les cliniciens en première ligne peuvent avoir besoin d’être formés à utiliser au mieux cet outil dans leur pratique quotidienne.

z Soutien de la direction : le laboratoire de microbiologie aura besoin de ressources pour préparer les antibiogrammes cumulés tels que décrits précédemment.

Bases factuelles

z Les antibiogrammes fournissent un aperçu de l’émergence de la résistance aux antibiotiques dans certains établissements au fil du temps (10,11).

z L’agrégation d’antibiogrammes peut s’avérer particulièrement utile pour la gestion des infections à organismes multirésistants (12,13).

z Les antibiogrammes cumulés peuvent constituer un outil d’enseignement important dans la formation des cliniciens (14,15). Un groupe a permis de constater qu’avec une formation spécifique, le nombre de cliniciens qui rapportent avoir utilisé un antibiogramme cumulé pour choisir de manière empirique des antibiotiques a plus que doublé.

(33)

23

Quand devez-vous choisir cette intervention et dans quelles situations est-elle appropriée ?

z Cette intervention est appropriée pour tout hôpital qui dispose d’un laboratoire de microbiologie fiable comme en attestent ses performances techniques constantes en matière de test de sensibilité in vitro.

z Envisagez cette intervention dans les hôpitaux qui mettent au point des directives locales pour la gestion des infections courantes afin que les listes d’antimicrobiens disponibles et les directives locales soient conformes aux données de sensibilité aux antimicrobiens agrégées au niveau local.

Risques/coûts

z L’élaboration d’antibiogrammes cumulés normalisés nécessite du temps et des ressources.

z Certaines directives officielles, comme celle du CLSI, ne sont disponibles qu’à l’achat (9). Toutefois, un webinaire gratuit en anglais est mis à disposition (8). Il est probable que le manque d’accès à des lignes directrices ou à des protocoles pour la mise au point d’antibiogrammes cumulés produise des résultats non fiables et non comparables, comme l’ont démontré plusieurs études (16,17).

z Les antibiogrammes cumulés optimisés (par ex. antibiogrammes stratifiés ou de combinaison) exigent des compétences techniques et un volume suffisant de données microbiologiques pertinentes pour que des conclusions précises puissent en être tirées.

Références

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clsi.org/media/1930/m100ed28_sample.pdf, consulté le 23 février 2021).

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Clinical and Laboratory Standards Institute; October 16, 2018 (https://clsi.org/standards/

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13. Hsu AJ, Carrol KC, Milstone AM, Avdic E, Cosgrove SE, et al. The Use of a Combination Antibiogram to Assist with the Selection of Appropriate Antimicrobial Therapy for Carbapenemase-Producing Enterobacteriaceae Infections. Infect Control Hosp Epidemiol. 2015; 36(12):1458-60. doi: 10.1017/ice.2015.196.

14. Gong TS, Qiu X, Song Y, Sun X, He Y, Chen Y, et al. Effect of Financially Punished Audit and Feedback in a Pediatric Setting in China, within an Antimicrobial Stewardship Program, and as Part of an International Accreditation Process. Front Public Health. 2016; 4:99.

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(35)

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16. Kohlmann R, Gatermann SG. Analysis and Presentation of Cumulative Antimicrobial Susceptibility Test Data – The Influence of Different Parameters in a Routine Clinical Microbiology Laboratory. PLoS One. 2016; 11(1):e0147965.

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17. Moehring RW, Hazen KC, Hawking MR, Drew RH, Sexton DJ, Anderson DJ.

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© OMS/Yoshi Shimizu

(36)

Autorisation préalable portant sur les antimicrobiens à

dispensation contrôlée

L’autorisation préalable portant sur les antimicrobiens à dispensation contrôlée exige que les cliniciens obtiennent l’accord de prescrire certains antimicrobiens avant qu’ils ne soient retirés de la pharmacie pour être administrés aux patients. Cet accord peut être donné par des membres de l’équipe chargée de la gestion des antimicrobiens, par des pharmaciens ou par des infectiologues, y compris les personnes en formation.

L’autorisation préalable permet un contrôle direct des médicaments à dispensation contrôlée ; néanmoins, elle a l’inconvénient d’entraver l’autonomie du prescripteur et de retarder potentiellement la prise du médicament. Il s’agit de l’une des deux interventions clés sur le lieu de soins recommandées dans les directives concernant la mise en œuvre des programmes de gestion des antimicrobiens (1). Un schéma des étapes de l’autorisation préalable est présenté dans la figure 4.

Figure 4. Schéma des étapes de l’autorisation préalable

Raisons justifiant la mise en œuvre de cette intervention

z L’autorisation préalable permet un contrôle direct de l’usage des antimicrobiens ciblés et fournit, entre autres avantages, un mécanisme permettant de gérer les pénuries de médicaments.

z Du fait qu’un accord est nécessaire pour retirer le médicament en pharmacie ou poursuivre son utilisation au-delà de la dose initiale, l’autorisation préalable permet d’optimiser l’usage empirique des antimicrobiens.

Ordonnance de l’antimicrobien à dispensation contrôlée

Le clinicien obtient de la personne désignée l’accord pour son usage (par ex. par téléphone)

L’usage de l’antimicrobien à dispensation contrôlée est jugé

approprié ou un traitement alternatif est recommandé

(37)

27 z La communication directe entre le clinicien prescripteur en première ligne et

la personne qui donne son accord à l’utilisation des antimicrobiens permet une éducation personnalisée en la matière.

z L’implication régulière des cliniciens prescripteurs donne plus de visibilité aux programmes de gestion des antimicrobiens et permet d’établir des liens avec ceux-ci.

Conditions préalables

z Ressources humaines : l’autorisation préalable portant sur les antimicrobiens à dispensation contrôlée est souvent accordée par les principaux membres de l’équipe de gestion des antimicrobiens ou par des infectiologues (y compris les personnes en formation). Le processus d’approbation exige du temps et un accès en temps réel à la personne qui fournit l’accord pour éviter des retards dans l’administration des antibiotiques. Par conséquent, une dose initiale peut être autorisée pour éviter tout délai en situation d’urgence (par ex. en cas de choc septique). La réussite de cette intervention dépend des aptitudes de la personne qui donne l’accord, de sa motivation et de ses compétences en matière de communication.

z Soutien de la direction : le soutien de la direction de l’établissement est important en cas de désaccord entre les cliniciens et les personnes chargées de donner leur accord à l’utilisation des antimicrobiens.

Bases factuelles

z L’autorisation préalable portant sur les antimicrobiens à dispensation contrôlée (2-12) a été associée à :

{ un recul de l’usage des antibiotiques ciblés et du coût des médicaments ciblés ; { l’utilisation d’antibiotiques mieux adaptés ;

{ un recul des effets indésirables associés aux antibiotiques (5) (par ex. infections à Clostridium difficile) ;

{ une réduction des erreurs de dosage ;

{ une amélioration des résultats chez les patients.

(38)

Quand devez-vous choisir cette intervention et dans quelles situations est-elle appropriée ?

z L’autorisation préalable est souvent mise en œuvre dans les hôpitaux et dans d’autres établissements de soins hospitaliers.

z Cette intervention est à envisager lorsque les équipes de gestion des antimicrobiens et/ou les infectiologues disposent de suffisamment de ressources allouées à cette activité, notamment du personnel expérimenté et de temps suffisant (1).

z Les établissements dont les ressources sont limitées peuvent choisir de ne cibler qu’un nombre restreint d’antimicrobiens ou de mettre en place des autorisations préalables seulement à certaines heures de la journée (par ex.

pendant les horaires normaux d’activité), en permettant l’administration de la première dose ou au cours des premières 24 heures d’un médicament sans accord préalable.

z L’autorisation préalable est souvent associée à d’autres interventions de gestion, notamment à des restrictions appliquées à la pharmacopée2 et à un audit prospectif avec retour d’informations. Les programmes peuvent étudier la possibilité d’utiliser la classification des antibiotiques ACCÈS, PRÉCAUTION et DERNIER RECOURS (classification AWaRe) pour déterminer quels médicaments assortir d’une restriction ou d’un audit prospectif avec retour d’informations (13).

Risques/coûts

Les risques/coûts sont dus au fait que l’intervention : z exige des ressources et du temps ;

z requiert des compétences cliniques et d’excellentes aptitudes en matière de communication ;

z peut induire une augmentation involontaire des prescriptions d’antimicrobiens à dispensation non contrôlée ;

z peut entraîner une perte d’autonomie du prescripteur. Si l’administration de la dose initiale est permise sans autorisation, les prescripteurs peuvent retarder la prescription jusqu’aux heures où les personnes chargées de donner leur accord ne sont plus disponibles pour éviter ainsi l’obligation d’autorisation préalable.

2 « Formulary restrictions » : aux États-Unis, procédures permettant de restreindre la prescription de certains

(39)

29

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