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Primary Care Article 3 Gervais FINAL FRE

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Texte intégral

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ARTICLE 3

Intégrer les services de santé mentale à des services de première ligne complets : une nécessité Michel Gervais, MD, FRCPC, MBA

En 2008, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l’Organisation mondiale des collèges nationaux, académies et associations académiques des généralistes (WONCA) ont publié un rapport intitulé Intégrer la santé mentale aux soins de santé primaires. Les principaux arguments avancés pour justifier l’intégration des services de santé mentale aux services de santé primaires sont les suivants1 :

Les troubles mentaux représentent un fardeau considérable.

Les troubles mentaux ont une prévalence élevée partout sur la planète et, spécialement, dans les milieux de soins primaires. Ils constituent un fardeau particulièrement accablant lorsqu’ils ne sont pas traités. Ils génèrent un lourd tribut de souffrances, d’incapacités et de difficultés économiques tant pour les personnes touchées que pour leurs proches.

Les problèmes de santé mentale et physique sont interreliés.

La ségrégation entre la « santé mentale » et la « santé physique » est en grande partie artificielle. En réalité, les symptômes des maladies mentales et physiques coexistent, sont intimement liés et influencent mutuellement leur évolution. Les problèmes de santé physique sont plus répandus chez les personnes atteintes de maladie mentale que dans l’ensemble de la population et, inversement, les problèmes de santé mentale sont fréquents chez les personnes ayant des problèmes de santé physique. L’intégration de la santé mentale aux services de première ligne peut favoriser une approche plus holistique des soins.

Les lacunes dans le traitement des maladies mentales sont criantes.

[traduction] « La négligence universelle de la santé mentale est bien documentée. Dans la plupart des pays, les services de santé mentale sont le parent pauvre des politiques et de la planification des soins de santé, et touchent des ressources limitées. En outre, les maigres sommes qui leur sont consacrées sont souvent dépensées de façon inappropriée : la plupart des ressources investies en santé mentale sont allouées aux soins coûteux offerts par les hôpitaux psychiatriques plutôt que d’être investies dans les soins primaires, dans les soins offerts dans la communauté ou dans des hôpitaux localisés près des milieux de vie des gens ». Non seulement la détection des maladies mentales fait défaut, lorsque le diagnostic est adéquat, c’est le traitement qui ne l’est pas. Les services de première ligne en santé mentale peuvent contribuer à combler cette lacune.

Les services de première ligne en santé mentale améliorent l’accessibilité des soins.

1 Organisation mondiale de la Santé (OMS) et Organisation mondiale des collèges nationaux, académies et associations académiques des généralistes (WONCA) 2008. Integrating mental health into primary care: A global perspective. WHO Press, ISBN : 978 92 4 156368 0.

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[traduction] « L’intégration de la santé mentale aux services de première ligne est le meilleur moyen de s’assurer que les gens reçoivent les soins en santé mentale dont ils ont besoin. » Les établissements de première ligne sont situés plus près de la majeure partie de la population que les services spécialisés. La collaboration avec les acteurs œuvrant dans les communautés est plus aisée et efficace. L’intervention dans les communautés est ainsi facilitée.

Les services de première ligne en santé mentale favorisent le respect des droits de la personne.

[traduction] « Les soins de santé mentale dispensés dans un contexte de services de première ligne minimisent la stigmatisation et la discrimination. »

Les services de première ligne en santé mentale sont abordables et efficaces par rapport à leur coût.

[traduction] « Les services de première ligne sont généralement la solution la plus abordable, tant pour les personnes touchées que pour le gouvernement. » Cette affirmation est particulièrement vraie pour la plupart des maladies mentales communes comme la dépression et les troubles d’anxiété.

Les services de première ligne en santé mentale livrent de bons résultats sur le plan de la santé.

La majorité des gens atteints de troubles mentaux traités dans un établissement de première ligne obtiennent de bons résultats, surtout lorsque cet établissement est rattaché à un réseau de services de deuxième niveau dans la communauté.

En 2011, Le Collège des médecins de famille du Canada a lancé un énoncé de politiques qui articule sa vision stratégique : Une vision pour le Canada : La pratique de la médecine familiale – Un Centre de médecine de famille2. La mise en œuvre de cette vision stratégique vise à assurer que tous les Canadiens aient accès à un médecin de famille, que le contrat thérapeutique soit fondé sur une relation à long terme et que les soins soient offerts selon une approche globale. Les soins concertés font partie de ce modèle organisationnel et sont prodigués par une équipe où règne une collaboration interprofessionnelle (entre les médecins de famille et d’autres professionnels de la santé) et intraprofessionnelle (entre médecins de famille et autres médecins spécialistes).

Bon nombre de composantes clés du modèle des soins concertés sont mentionnées dans ce document : accès aux soins en temps opportun, dossiers médicaux électroniques, soins continus complets, autogestion des soins par les patients, coordination des soins avec d’autres intervenants et des ressources communautaires, équipes de services de santé interdisciplinaires, etc. Le concept du centre de médecine familiale est bâti selon les principes de la gestion des maladies chroniques et intègre les services de santé mentale à des environnements de services de première ligne complets. Ces établissements offrent une vaste gamme de services dispensés par des équipes ou des réseaux de pourvoyeurs selon une approche qui concorde avec la vision des soins concertés en santé mentale. L’un des principaux facteurs de succès de la gestion des maladies chroniques est précisément la capacité à former des équipes de première ligne multidisciplinaires aptes à fournir des services de qualité et à mieux intégrer les soins de première ligne et les soins spécialisés3.

2 Le Collège des médecins de famille du Canada 2011, exposé de position, Une vision pour le Canada : La pratique de la médecine familiale – Un Centre de médecine de famille, septembre, p. 1-63.

3 Ham, Chris, The ten characteristics of the high-performing chronic care system, Health Economics, Policy and Law, 2010, p. 71- 90.

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Plusieurs études ont démontré que ce sont les cabinets de médecine familiale qui traitent le plus grand nombre de personnes cherchant de l’aide pour se rétablir d’une maladie mentale. En effet, les médecins de famille jouent un rôle fondamental dans le traitement des troubles mentaux4, 5 du fait qu’ils

constituent souvent la porte d’entrée vers les services de santé mentale6 : [traduction] « Cette

préférence [pour les omnipraticiens] est attribuable à leur proximité, leur plus grande accessibilité, une stigmatisation moindre et une approche globale permettant aux problèmes de santé physique d’être également gérés7. » Les soins concertés en santé mentale approfondissent [traduction] « les relations entre pourvoyeurs de services de santé mentale et omnipraticiens et favorisent une accessibilité et une diversité accrues des services de santé mentale8. »

En somme, les modèles de soins de collaboration en santé mentale, le modèle de soins chroniques et la vision stratégique du centre de médecine familiale se complémentent à merveille dans un système de services de santé émergent axé sur les besoins de la population.

4 Helen-Maria Vasiliadis; Raymond Tempier; Alain Lesage; Nick Kates 2009; General Practice and Mental Health Care:

Determinants of Outpatient Service Use; Revue canadienne de psychiatrie, juillet; Vol. 54 (7), p. 468-476.

5 Association des psychiatres du Canada (APC) et Le Collège des médecins de famille du Canada (CMFC) 2011, Exposé de position, rédigé par Kates, Nick; G Mazowita, F Lemire, A Jayabarathan, R Bland, P Selby, T Isomura, M Craven, M Gervais, D Audet. L’évolution des soins de santé mentale en collaboration au Canada : Une vision d’avenir partagée. Revue canadienne de psychiatrie, volume 56, no 5 (mai) : 1-10.

6 Imboua, Armelle, Marie-Josée Fleury 2009. Médecins omnipraticiens : pratiques et intégration des soins en santé mentale au Québec. Santé mentale au Québec, volume 34, no 1 : 55-76.

7 Rothman, A.A., Edward H.Wagner 2003. Chronic illness management: What is the role of primary care? Annals of Internal Medicine, volume 138 : 256-262.

8 Fleury, Marie-Josée, Jean-Marie Bamvita, Jacques Tremblay, Alain Lesage 2010. Extent and Determinants of General Practitioner Referrals and Contacts With Mental Health Care Providers. Revue canadienne de santé mentale communautaire, volume 29, no 2 (automne) : 113-129.

Références

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