À la Gloire du Grand Architecte de l’Univers Deus Meumque Jus RITE ÉCOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTÉ ORDO AB CHAO Au nom et sous les auspices du Suprême Conseil de France LIBERTÉ - ÉGALITÉ - FRATERNITÉ
Souverain Chapitre C51 ESPÉRANCE
Le centre de l’Idée au 18
èmeDegré
Pour définir la notion d’Idée et entrer en son centre, il faut accomplir un voyage qui conduit du cœur de la terre aux cercles stellaires, puis descendre en ce centre au plus profond de soi. À ce périple je vous convie. Y feront écho les voix de Jean de la Croix et de Dante notamment.
EXORDE. IDÉE, NATIVE DU « CENTRE DE LA TERRE »
Du terrestre, des ténèbres, de la mort prédite, des guerres et métaux encombrants, de tout ce qui guide au chaos, et dont se nourrit le non initié, à l’heure où le voile du Temple est déchiré, levons haut nos regards, à travers nous !
Du questionnement de : ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas (1), se dresse le signe auquel répond le
contresigne. Voilà ce que d’entrée je sens en ce que je suis : mon combat pour l’Idée prend conscience qu’il procède du monde et, en même temps, hors du monde, se situant dans un ordre autre, du grand œuvre cosmique. Non illusoire et bien tangible.
Être au cœur de l’Idée, serait-ce l’équilibre admirable du Maçon, résonant entre le Macrocosme, où Charité procède de Nature, là où Béatrice rit à pure liesse (2):
Amples et concis, sont corporés cercles Selon plus et moins de vertu Qui en toutes leurs parts se verse.
Veut plus grande bonté faire plus grande grâce…
et le Microcosme, où une percée de lumière ouvre brèche dans l’insondable de notre Temple intérieur, tabernacle de l’âme :
Où suis entré je ne savais.
Or quand là je me vis, sans savoir où me trouvais,
grandes choses j’entendis… (3) écrit Jean de la Croix.
1. DE L’ORDO À L’IDÉE
Mon travail se fonde sur l’Intuition d’un Temple à ériger, qui n’est plus du domaine du physique, mais participe du monde de l’Esprit. Est-ce utopie que de chercher
l’inexprimable du Penser, si c’est de l’Idée que se construit l’être ? Ce que, de l’autre, nous percevons, serait-ce apparence et non sa nature fondamentale ? Or, en se dévoilant une et universelle, l’Idée convie tous en elle. Cela n’a plus rien de commun ! Ne serait-ce d’ailleurs la juste raison qui incite au sortir d’exil ?
Oser se laisser étreindre par l’Idée quand elle frappe à la porte d’un Temple qui n’est plus de pierre, mais souffle de Chevalier au sortir de Babylone. Fuirons-nous à son passage ? Énigme pour chacun en sa croyance et ses doutes, et qui interpelle ! Chevaliers Rose-Croix, partageant même Orient par désir d’un recouvré du Verbe, montons au sanctuaire et, de nos suppliques, implorons !
Si l’Idée n’était qu’effigie, elle conditionnerait notre personnalité. Or, portés par désir de bâtir un Temple en Terre promise, il est à la Lumière d’éclairer de tous ses feux notre Savoir. Ici-même, il est à ériger un réservoir de Vie, qui enclora le Principe divin, projet de ce qui a grandi depuis nos errances, malgré la Parole égarée et la Connaissance obscurcie.
Si, du sable humide, il a été donné de naitre... par-dessus le désordre et la confusion, levons-nous, faisons paraitre la sainte Lumière de Sagesse… (4a) Or, pour saisir ce centre, il faut emprunter la voie ouvrant aux devoirs et, surmontant les épreuves qui surgissent et dérivent en nous, cheminer avec fermeté dans cette Aspiration.
Revenons au Commencement. Visitando Interioram Terrae Rectificandoque Invenies Occultum Lapidem (en visitant l'intérieur de la Terre et en rectifiant, tu trouveras la pierrecachée!)…TelJulesVerne,grimponsducentredelaTerreaucentredesCieux.
Et, de là, jusqu’au centre de l’Idée où avec joie le Logos reparaitra.
2. DU CHAOS D’OÙ JE VIENS ET SUIS FAÇONNÉ
Les signes, ne se révèlent-ils en l’obscur le plus profond ? Quand Dante dit que même la ténèbre n’est point ténèbre devant toi et la nuit comme le jour illumine, il fait écho à Jean de la Croix : Bien que je souffre ténèbre en cette mortelle vie… si à moi lumière manque, je tiens célestielle vie.
Duterrestre,ilyaconsciencedunon-revenir,de la contraintedumouriràcemonde.
L’inflexible Hadès, n’a-t-il pour mission d'empêcher un retour sur Terre ? Le sinistre Charon, ne fait-il passer l'âme de l'autre côté du Styx ? Quand à Cerbère, n’interdit il aux âmes le retour en arrière ?
Faut-il alors se perdre pour naitre, mourir pour vivre ?! Il est demandé à l'impétrant de visiter le monde des morts, omniprésent dans les cauchemars et angoisses humains.
Entre en toi ! clame Jean de la Croix. N’est-il temps pour qui a à transmettre le sens éprouvé de Foi - Charité - Espérance, de descendre en soi, d’oser la mort pour oser la Vie, et créer un espace large, où l’œuvre sera soulevée par l’Esprit ! (4b) ?
Pour lever ce Temple, n’y a-t-il à rectifier notre vision vulgaire de la mort, qui est tel un répons à la naissance ? La vraie Vie, n'est-elle fleuve cosmique coulant éternellement, ignorant la mort ? À l’Instar du temple de Salomon, ma mort charnelle ne peut être finalitédelaVie,l’immortalitéétantconsubstantielleàlavraieVie.Ladécelerpar-delà les morts et les naissances, révélera la pierre cachée ! Or, il y a à délivrer l’esprit de la matière en 3 principes : soufre / âme, mercure / esprit et sel / corps physique.
Mais comment, et jusqu’où accepter de mourir pour accéder à un centre qui serait Illumination ? Jean de la Croix dit : Je meurs de ce que je ne meurs ! Ne serait-ce l’instant où tu dis je meurs ? Mais, qui meurt ? Qui est ce je censé mourir ? Ce je, ne meurt-il pas à chaque instant ?
De l’Intention originelle nait tout ce qui est et édifie. En amont de toute matière, en elle,s’accomplissenttoutesmanifestations,toutesexistences.Enelle,s’engendretoute spiritualité. Gravissons donc, en dévalant au plus bas, lorsque Dante, du vestibule des Enfers, décrypte :
Avant moi aucune chose ne fut créée Sinon éterne, et moi éternellement je dure.
Oubliez toute espérance, vous qui entrez ! (5)
Comme en écho, retentit : Eh bien ! moi je te le dis : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle » (6). L'Idée pénètre au cœur de la Pierre cachée…
Qui a courage d’emprunter la voie, de s’observer dans le miroir, et de le traverser ? Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? demandait Leibniz. Quant au Chevalier Rose-Croix : Au-delà du concept de repos éternel, y aurait-il autre Vie ? Utopie qui se fonde sur la vérité du soi, et qui peut tuer car, après tant d’années d’exil, brûle à nouveau le cœur de celui qui a désir d’une authentique conquête… l’Esprit ! Au terme des travaux du 17ème degré, les temps sont proches… Le voile parait,
déchiré. Veillons ! Car, s’il n’y a plus de temps, peut-être, sommes-nous déjà entré en éternité ?
Ô temps, suspends ton vol ! (7)
3. UN TEMPS QUI SERAIT TRANSMUTATION PERPÉTUELLE…
À l’heure où les Maçons se fourvoyèrent par oisiveté et négligence, où les outils de l’Ordre furent brisés, et que s’éteignit l’Étoile flamboyante, la consternation s’abattit sur la Terre ! Était-ce la mort initiatique, avant-courrière de ce qui, pour le profane, est mort véritable ?
Voyageons en obscur le plus âpre, éprouvons combien il importe de renverser le monde en soi, de consoler les affligés, de montrer le chemin aux égarés, de retrouver le Logos. Du cœur de la nuit, quelle chance ne nous est ici donnée ! Ne clamons-nous en notre intérieur : J’ai ce bonheur ? Et, dans ce temps dépassé, ce que nous
œuvrons n’a plus de limite en la quête de Vérité. Fuyant le chaos, nous sommes dans l’ordre de Choses supérieures, où l’Idée agit à travers nous, où le Réel résonne pour transformer chacun !
Amour opère tel ouvrage, Depuis que je le connus,
Que, si en moi j’ai bien ou mal,
… en soi modifie l’âme. (8)
Pour le Chevalier Rose-Croix, s’ouvre un espace où la pierre cubique se change en rose mystique, la Pensée devenant Aventure de l’Esprit, Exil… en l’Esprit. Ici, la vie n’est rien si ne se perçoivent les signes d’un après, le voile ne se déchirant que pour ouvrir à l’heure du Parfait Maçon.
D’un monde trop imprégné du détruire et de chaos qui le gouvernent, se déchaine un orgueil tout humain, négligeant la fonction d’un temple qui serait Foyer d’énergie, lieu d’accueil d’un Dieu de l’Univers disposé à remplir les cœurs de ceux qui savent voir et espérer. On ne peut ignorer le temple d’Hiram inachevé, le temple de Salomon détruit.
Étrange que tout ce qui se percevait soit abîmé dans l’univers.
L’état de mort est fatigant, plein de rafistolages Jusqu’à ce qu’on décèle un petit peu d’éternité… (9)
Cela conforte le désir d’un acte agissant, modulateur de nous-mêmes par édification d’un autre espace/temps, dépassant notre entendement, où une Idée plus
qu’humaine n’est Illusion mais donne accès à un Haut qui, véritablement, aspire vers un resplendir pour le bien de l’Humanité.
4. Y A-T-IL À CRAINDRE LA VÉRITÉ, PEUR DE SE RETROUVER FACE À L’ESPRIT QUI SOUFFLE ?
Il y a autre chose qu’une terre qui plonge dans la méprise, rassure en ses apparences.
On réfute l’Intuition d’un Réel insaisissable où il y aurait à respirer dès ici-bas l’éternité.
Abusés par une temporalité, redouterions-nous de quitter la Terre, d’approcher les portes d’un au-delà ? Frémissent les vociférations de la Sybille, qui incite au passage :
D’où vient qu’ici arrivé, il te faut sortir de là ? Et, sortant d’ici et de là, et s’éloignant de toi,
Pour gravir de ce bas à ce plus haut que tout ? (10)
Lapierrecubiqueàpointese metàsuersangeteau,les Maçons souffrent toutes les angoisses de l’âme ! Et cela, hélas, est si naturel en l’homme de si peu de foi ? (11)
N’est-il venu le temps de tout perdre, de mourir pour cette Vie autre, de signer un pacte, que de la ténèbre renaisse la Parole, que les outils se réactivent en leur ordre, que la Loi nouvelle règne en travaux du Souverain Chapitre.
Tire-moi de cette mort, Dieu mien, et rend-moi vie ! Ne me tiens entravée
en pièges si vigoureux... (12)
5. PAR CRAINTE DE NOUVEL EXIL, SE DÉVOILENT LES VERTUS
Pas de souffrance ni de châtiment, mais un Amour plein, entier, fera traverser la voie guidant à la Vie authentique. Perdre le provisoire ne doit faire craindre, ni influer sur le Chevalier qui a franchi les ponts, anéanti les compagnons mauvais et maîtrisé un trop zélé zèle et qui, sorti d’exil, a retrouvé une Terre promise ! Là, est la Rose préfigurée de 3 fleurs nommées Foi, Charité, Espérance.
Yahvé, n’ai-je pas en haine qui te hait,
en dégoût, ceux qui se dressent contre toi ? (13)
Par devoir d’un travail qui, au-delà des suspensions, jamais ne s’interrompt, 3 vertus, rappelant maxime du Taciturne, ouvrent le champ à ce qui nous est demandé :
Ce qui m'étonne, dit Dieu, c'est l'espérance.
Cette petite espérance qui n'a l'air de rien du tout. Immortelle.
La Foi va de soi. La foi est toute naturelle, toute allante, toute simple, toute venante. Pour ne pas croire, il faudrait se boucher les yeux et les oreilles.
La charité va malheureusement de soi. La charité est toute naturelle, toute jaillissante, toute simple, toute bonne venante.
Pour ne pas aimer son prochain, il faudrait se boucher les yeux et les oreilles. À tant de cris de détresse.
L'espérance ne va pas de soi. L'espérance ne va pas toute seule.
Pour espérer, il faut être bien heureux (Tiens, n’ai-je ce bonheur ?) La foi est facile et ne pas croire serait impossible.
La charité est facile et ne pas aimer serait impossible.
Mais espérer est difficile. Et désespérer est la grande tentation. (14)
L’Espérance qui, comme l’écrit Péguy, prend par la main Charité et Foi, a-t-elle charge de faire grandir dans l’amour Christique pour toucher à la Plénitude ? Ces Vertus, ne sont-elles que pour guider vers la Réalité que l’homme révulse dès la naissance ? Par l’initiation, ne nous sommes-nous justement engagés vers cela même que nous fuyons dès que mort charnelle s’approche, semant la terreur de ne plus être !! Tournons nos pas 7 fois dextrorsum et… nous saurons, peut-être !
Nous ne sommes hélas tel Jean de la Croix, nourri d’une Force qui l’a rendu digne d’évasion, mais de simples Chevaliers, toujours prisonniers d’une terre dont on ne maîtrise la durée du passage.
Pour accomplir l’inaccomplis-sable, Marche en toi ! redit le poète d’Espagne.
Pour joindre l’Idée, il est à dépasser une perception première, tant au sens moral, religieux qu’historique, et être baigné de ces 3 mots qu’il nous a été donné de lire.
Au Chevalier Rose-Croix de les transmettre alors à une humanité désireuse de s’élever, de grandir dans un amour introduisant au Savoir. Des rives d’Israël, il y a à poser sa confiance dans un équilibre cosmique et son cœur à l’Écoute du Corps divin.
Avant le pont, était la nuit ! À présent, libres, éclairés, nos regards ont à suivre le vol de l’aigle planant dans les airs, plongeant vers la terre, s’élevant à hauteurs si hautes que, oui, l’on se prend à rêver qu’il part rejoindre ce G pour communiquer/communier avec le Grand Architecte, lui dire notre attente/espérance. Un nouveau Temple, non plus de pierre mais d’Esprit, se remplit du Feu divin.
6. « DU CENTRE DU CERCLE » CERCLÉ PAR LA ROSE ET LA CROIX
De sa cellule de Tolède, au 16ème siècle, Jean de la Croix parcourait sa Nuit. Un siècle auparavant, Rosenkreuz fonde les Rose-Croix (1459). Au centre, je suis ce que je suis, dans ce rapport à l’univers qui m’entoure. Jadis à Jérusalem, pour le Dieu, se dressait le Temple d’Hiram… jusqu’à l’heure de sa destruction… matérielle.
Et là, arrosais la terre Me souvenant de toi, Oh Sion, que j’aimais. (15)
Que l’architecture nouvelle soit notre propre matériau ! Qu’elle s’éclaire de la Grâce qui, en son centre, ouvre à l’Idée. Là, animé des étoiles ordonnancées : 5 + 3 + 3 x 3, le Christ active les ardeurs, tient le monde en son noyau. 33, âge Parfait, devient assise du Cosmos et cœur du nouveau Temple. Chercher le pivot efficient, c’est partir à la conquête de la Rose, signe d’harmonie entre l’univers et soi. Le vrai combat du Chevalier n’est plus de guerre mais d’établir un lieu garni d’éternité, et dont chaque fleur est une âme éclose, dit de Nerval.
Comme celle du petit Prince abandonnée sur sa planète, la Rose est unique. Et, tu es responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. La vie véritable est dans l’esprit qui réussit à se libérer de l’écorce. Le petit Prince ira jusqu’à sacrifier son corps de chair : J’aurai l’air d’être mort et ce ne sera pas vrai ! C’est à la somme de tous ces efforts qu’il a rendu sa rose unique et en est tombé amoureux.
Ô amour, que de divines richesses tu verses en qui aime et ne savoure que toi. (16)
C’est un noyau astral constitué de 5 pétales qu’il nous est donné de mettre en branle.
Mais, pour que la fleur s’épanouisse, il est à devenir le plus humble de tous, tel enfant né de la Vierge, tel Dante pleurant, en cercles du Paradis, à revoir Béatrice. (17)
7. ROSE DU SACRIFICE ET FEU VIVIFIANT
Il est à effeuiller l’Idée, à lire le message de la Rose. Que ses épines ne soient comme celles de couronne du Christ, mais ouvrent au chantier qui est désir d’Aimer. Ce que je veux : anéantir en moi la crainte qui me fait craindre de mourir. Le Fils lui-même n’a- t-il craint avant de s’abandonner… Abba, pourquoi m’as-tu abandonné ?
La solitude, la grande solitude intérieure (18), et… oser se perdre dans l’Amour.
La rose est secrète et régénère. Par la croix, elle ouvre à l’immortalité. Rose rouge, astre de fécondation qui aiguillonne la pensée créatrice. Rose d’or, symbole de paix et de clarté qui enfante la Beauté. Pierre d’angle, Elle est principe vivifiant où l’art n’est plus à penser dans la précarité du geste, mais aspiré en son éternelle gestation.
Franchir le Rouge, omniprésent chez le Chevalier Rose Croix, c’est s’immerger dans un Feu qui alimente, fait fondre les matériaux, féconde la matière. (19)
Et en soi modifie l’âme ;
or donc, en son exquise flamme quelle en moi je ressens,
vite, sans que rien ne reste,
tout entier me vais consumant. (20)
Se consumer jusqu’à devenir cendres. De poussière nous sommes issus, et poussière de cette vie sortirons. Devenir rien pour renaitre en Tout. Ne serait-il temps de réveiller l’âme du prier, elle qui aspire à toujours aimer plus, bien que tout soit coups de butoirs
et meurtrissures en l’âme. Accorder ce que requiert mon esprit, clame Jean de la Croix. Qui se risque à séparer la terre du feu, le subtil de l’épais, doucement, avec grande industrie ? (21)
Effeuiller la Rose pour parvenir au cœur de la Croix… Là, où la Gnose dévoile son Mystère. De ce qui mène au convertir, lespétalesprotecteurs paraissent s’écarterpour nouslaissergravirenodeurde… Rose, jusqu’à se perdre en son parfum spirituel.
8. RENAISSANCE ET PARTAGE DE L’AGNEAU
Comprendre, comment renait le Phénix, de sa consumation à sa réviviscence dans la splendeur, comment l’âme travaille à la descente du Dieu, Temple divin en l’homme et, pour le F M, en son cœur !
Risquer de mourir sur une croix pour dire la vérité, modifier son corps, temple de pierre devenanttabernacledel’âmevoguantsurlefleuvedel’Idée,pourdevenirréceptacle du Grand Architecte. Au Chevalier Rose-Croix de discerner dans l’ouroboros, le
passagedelamatièreaurienquisemueenEsprit.Celui-ci,d’espérance,guideàl’Union mystique la multiplicité des âmes.
Il est venu le temps de l’Agneau. La Divine Comédie voit son déroulé dans le temps pascal, passage de la mort à la résurrection. Fraternellement réunis, se rompt le pain, se boit le vin, non au sens religieux mais en révélation et abandon au souffle de l’Esprit. Dans l’Arche d’Alliance nouvelle, Se creuse le calice qui recueille le vin. Ici, nous buvons l’Idée qui est la Vie.
Tant j’en fus pénétré, tant abîmé et transbordé, que me sentis rester de tout sentir dépossédé ; et l’esprit, nanti
d’un entendement sans entendre, toute science outrepassant. (22)
En cette Sphère, il est donné au Chevalier Rose-Croix de réintégrer l’état édénique.
Un jour, il ne sera plus un errant, à lutter contre ses mauvais Compagnons et contre lui- même. Ce temps révolu, le Verbe se révélera et renversera son corps, à l’image de Saül de Tarse culbuté sur la route de Damas, transpercé du feu de l’Esprit.
Donner à manger et à boire à celui qui a faim et soif, c’est aller vers son frère et entreprendre, sur un chemin horizontal, la reconstruction en terre de Jérusalem et, en même temps, ériger en soi, dans un axe vertical, un Temple au visage de Dieu. Où, ce sacrifice d’Amour à l’image du pélican ?
9. PÉNÉTRER L’IDÉE QUE L’IDÉE NOUS TRANSPERCE…
Sur le Mont Calvaire, il y eut traversée de la mort et, au terme, un retour à la vie ! PURIT UT VIVAT - Meurt et revit. Non, Vit !...
Car, comme le dit Rilke, il s’agit bien oui de tout vivre, De là, peut-être, vivras-tu petit à petit au sein des réponses.
Ah… aussi, ne hais rien !
Lorsque la mort sera dépassée, le vrai sera au cœur du Verbe retrouvé. Jean de la Croix initie à un rien qui vide le corps et remplit l’esprit :
Si tu veux goûter à tout,
ne veuille avoir goût de rien ! Si tu veux venir à tout connaître,
ne veuille savoir en rien ! (23)
Qui chemine ainsi ? Seront alors d’étonnantes retrouvailles, fortunées épousailles entre le Haut et la Bas, lorsque le Très Sage, ouvre le coffret et lit : I•N•R•I… C’est la Parole ! Jésus le Nazaréen, roi des Juifs…
Sur les traces du Cœur divin, sommes-nous prêts à subir railleries et insultes pour lutter contre l’individualisme, le matérialisme et les dogmatismes ?
Et bien que je souffre ténèbres en cette mortelle vie,
tant n’est si grand mon mal… (24)
Libre du Penser, l’Esprit descend, régénère et pénètre le Temple en chacun.
10. PLUS DE VOILE… OÙ EST LE CHEVALIER ROSE-CROIX ?
Déjà, le Chevalier d’Orient et d’Occident était Chevalier de l’Esprit. Par le livre de la Révélation, il sait que des luttes surgiront entre forces bénéfiques et maléfiques sur notre planète. La terre fut illuminée de la splendeur d’un Ange qui s’écria d’une voix puissante : Elle est tombée, elle est tombée Babylone la Grande ; elle s’est changée en demeure de démons.... Au vin de ses prostitutions se sont abreuvées toutes les nations, les rois de la terre ont forniqué avec elle, les trafiquants de la terre se sont enrichis de son luxe effréné. (25)
Si loin pour Dante est l’Idée-al du gentil homme. Où l’initié, homme instruit du chemin, n’est autre que celui d’une vie vertueuse, où Noblesse rime avec Perfection. L’Initié ne se laisse suborner : Très vil semble à qui du vrai s’avise l’homme, instruit du chemin, qui s’y fourvoie… au risque de devenir, spirituellement parlant, un mort-vivant : Faisant si bien qu’il est un mort qui marche. Et, il ne cède à revers de fortune matérielle : Donc franc courage et âme droiturière, ne se défait par déroute d’avoir. Il est alors marqué du sceau divin :
… Ils sont presque dieux,
ceux qu’un tel sceau range hors des méchants.
Et c’est Dieu seul qui en fait don à l’âme qu’il voit, en un corps d’homme,
trouver parfait séjour. (26a)
Un don, pour agir jusqu’au bout de sa vie :
L’âme le déploie, des noces qui la lient au corps jusqu’à la tombe. (26b)
Mais, tant n’est si grand mon mal. Car, de la ruine des civilisations, sera instauré un autre temps, celui de l’Intemporel. Les temps sont proches. Au Chevalier Rose-Croix de devenir pasteur de peuples.
11. CHEVALIER DE L’IDÉE, POUR LA JÉRUSALEM CÉLESTIELLE
Désir d’être foudroyé par la Lumière du Dieu pour un renouvellement de la Nature. Par la batterie du 18ème degré, chacun est appelé à renaitre. Et je vis la Ville Sainte… (Apo 21 : 1-2). Je n’y ai pas vu de Temple, car Dieu est le Temple, ainsi que l’Agneau. La ville n’a d’ailleurs besoin ni du soleil ni de la lune pour l’éclairer… (Apo 21 : 23). Jamais n’y entrera de profane, mais ceux-là seuls dont le nom est inscrit au Livre de Vie de l’Agneau (Apo 21 : 27).
Lenoninitiénepeutcomprendrecelui-làquiadevoirdevivresatransformationet,du centre de la Croix, de donner sa vie pour ceux qu’on aime : où il n’y a pas d’amour, mettez de l’amour et vous obtiendrez de l’amour (27). Ceux qui sont nés d’esprit ont à faire descendre sur terre la Jérusalem nouvelle, Temple futur déjà décrit par Ézéchiel
(40 à 44). Les profanes parlent de hasard. L'initié parle d'Intention reliée par l’Esprit à la Promesse. En ton cœur, mon Frère, fleurit l’Idée et gravite la Rose mystique.
12. TERRE DE PROMESSE SOUS LE SCEAU DE L’ALLIANCE
Qui n’aime point demeure dans la mort (28). Oui… Vois s’il te pousse des racines au plus profond du cœur ! adjure Rilke, cherchant le mot véritable qui convertira.
Face au sanctuaire, naissance et mort ne sont que des moments convenus, arbitraires césures dans un continuum qui n'en possède aucune, qui est une tunique sans
couture, la Vie ! Ici et maintenant ! Hiram, relevé de ses cendres,estdéjàdel'autre côté.Ilaquittél'apparenteexistencepouruneVie,vraie, infinie.
Or, où va le cours de cette Vie, où se dirigent tous les êtres qui franchissent les vallées de l'histoire, le je illusoire n’étant que bulle passagère ? Quelle est cette Promesse qui scelle l'Alliance ? Longtemps encore le profane croira que cette promesse est la Vie éternelle. Mais, pour l'initié, l’éternité est d’évidence le présent plein, dans son rythme et Ordo à l’Univers.
Le Maçon était au Centre du Cercle,
L’Idée est au centre du Maçon (devenant Parfait),
Le Centre de l’Idée sera le Logos retrouvé / Là est le Verbe.
Au18èmedegré,ilnousestdemandédetransmettreunsavoir,nomméAmour.L’homme qui contribue à cet accomplissement en plénitude de l’Esprit est acquitté. Initié, il sait et entend que cet accomplissement, selon le Logos, est aussi le sien.
ChevalierRose-Croix,n’enserions-nousàpréparerunevoiepar-delàlamort:Onverra le Fils de l’homme venant dans les nuées avec grande puissance et gloire. Il enverra les anges pour rassembler ses élus, des quatre vents, de l’extrémité de la terre à l’extrémité du ciel […]. Saint-Marc ajoute (13, 31) : Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas.
Les rituels du 19ème siècle définissaient la Parole perdue comme verbe civilisateur du genre humain, et science qui guide notre raison et éclaire, les actes fraternels qui consolent et unissent les hommes et les rendent meilleurs. La finalité de la Divine Comédie renvoie à un exil dû à la faute, où la fin du tout et de la partie est de
détourner de l’état de misère les vivants exilés en cette vie, et de les conduire jusqu’à l’état de félicité. (29)
Dante parle d’extase lors de l’accession à l’ultime savoir, par lien direct avec Dieu : Sonde-moi, ô Dieu, connais mon cœur,
scrute-moi, connais mon souci : vois que mon chemin ne soit fatal, conduis-moi sur le chemin d’éternité. (30)
Par soif de l’Au-delà, le poète fait référence au ternaire Âme, Corps, Esprit et au rayonnementvibratoireduCœuretpréditquel’onchemineratoutdulongenmontant de ciel en ciel, que cette béatitude incontestable consiste pour chacune à sentir en elle le principe de Vérité.
Les corps universels s’y meuvent, mais le ciel, lui, est en sempiternel repos. Ce ciel, qui fonde en vertu toutes vies, toutes semences et ne reçoit sa vertu de nulle substance corporelle, est l’Empyrée, brûlant du feu de son ardeur spirituelle qui est saint amour, ou charité.
Mais Dante met en avant la notion d’incommunicabilité de l’expérience de contact direct de l’âme avec les mystères divins. L’intellect humain s’élève si haut quand il s’élève, que la mémoire, à son retour, revient défaillant, parce que l’effort a dépassé les moyens humains.
À tel envol, le Chevalier Rose-Croix est convié. Raphaël l’ange pourrait nous guider, or Rilke déclare que les anges sont terribles ! Les 7 séraphins sur le tableau du second Temple, seraient-ils des liens protecteurs, des passeurs entre l’Invisible et le Tangible ?
POUR CONCLURE. « DU CENTRE DE L’IDÉE »
Ai-je quelque peu réussi à lever le voile séparant du sanctuaire ? Ai-je réussi à semer quelque embryon du Mystère qui guide à la Lumière ? Rien n’est moins sûr. Chaque Chevalier poursuit son sentier escarpé, indompté, tel Dom Quichotte. Le Temple, en lui se configure, inspirant le sortir d’un exil terrestre pour gravir le Mont de l’Alliance sur lequel, un jour, la Parole/Promesse sera révélée et confiée. Mourir à la terre ! Voilà ce que je perçois. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d’une seule chose.
Ai-je mené mon corps au centre du Tout ou, l’Idée, a-t-elle débarqué en mon âme ? Je ne sais, tant l’Esprit échappe à mon esprit… Soudain, du Très Sage, vient la parole : Demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira (Mat. 7/7).
Dansle1er temple,l’obscuritérégnait,laFoivacillait,laCharités’essoufflait.Aujourd’hui, assiégée par l’Espérance, la Loi d’Amour est à l’œuvre. Il est à l’accomplir jusqu’au sacrifice, jusqu’au sortir de cette vie… par amour de l’humanité.
Or ainsi est continuel mourir
Jusqu’à ce qu’avec toi je vive… (31)
J’ai dit.
Vallée de Paris, 26 septembre 6012 Jean-Louis Richard
(1) La table d’Émeraude / Hermès Trimégiste (2°) (2) Dante, La Divine Comédie - Le Paradis / Chant 28 (3) Jean de la Croix - Entreme donde no supe
(4) a/b. D’après ancien rituel du 18ème / Instruction (p.74) (5) Dante, La Divine Comédie - L’Enfer / Chant 3
(6) Saint Matthieu (16,18)
(7) Alphonse de Lamartine, Le Lac
(8) Jean de la Croix - Sin arrimo y con arrimo
(9) Jean de la Croix (La Montée du Mont Carmel / Œuvres complètes / édit. DDB) (10) Jean de la Croix (La Montée du Mont Carmel / Œuvres complètes / édit. DDB) (11) Paroles de Jésus à Pierre
(12) Jean de la Croix - Que muero porque no muero
(13) Dante, 3ème Canzone / Robert Bonnell : Dante, le grand initié (14) Péguy - Le Porche de la deuxième Vertu
(15) Jean de la Croix - Super flumina Babilonis
(16) Jean de la Croix (La Montée du Mont Carmel / Œuvres complètes / édit. DDB) (17) Apocalypse / 11 / 19a ; 12 / 1 - 6a, 10ab
(18) Rilke / Lettres à un jeune Poète
(19) Teilhard de Chardin / Les éléments - le Feu (20) Jean de la Croix - Sin arrimo y con arrimo (21) La table d’Émeraude / Hermès Trimégiste (6°) (22) Jean de la Croix - Entreme donde no supe
(23) Jean de la Croix - Mont Carmel / Le Mont de Perfection (24) Jean de la Croix - Sin arrimo y con arrimo
(25) Apocalypse / 18 / 1 - 3
(26) a/b. Dante, 3ème Canzone / Robert Bonnell : Dante, le grand initié (27) Jean de la Croix
(28) Jean en sa 1ère épître (3,14) (29) Saint-Marc (13, 26-27 et 29),
(30) Robert Bonnell : Dante, le grand initié (31) Psaume 139
Dante Alighieri • attribué à Giotto di Bondone Juan de la Cruz