Arthur LANNUZEL
le 28 Novembre 2008
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Suites num´ eriques
1 Rappels
1.1 D´ efinition - exemples.
D´efinition 1.1 On appellesuite num´erique r´eelle, toute application de{p, p+1, p+2, ..., p+
k, k∈N} (p∈N) vers R. Une telle suite est dite d´efinie `a partir du rang p.
On la note Un = (un)n≥p et un est appel´e terme g´en´eral de la suite Un = (un)n≥p.
Remarque 1.2 Tous les r´esultats qui suivent n’utilisant pas la relation d’ordre surRappliqu´ee aux termes de la suite sont valables pour des suites complexes (i.e. avec un∈C).
Exemples 1.3 i) Suite arithm´etique de raison r ∈R et de premier terme a∈R : (un)n∈N, avec un =a+n.r.
Montrer que Sn =Pk=n
k=1 uk= n2.(u1+un).
ii) Suite g´eom`etrique de raison q ∈R∗ et de premier terme a∈R : (un)n∈N, avec un=a.qn.
Montrer que pour q6= 1 et n >1, Sn =Pk=n
k=1uk =u1.1−q1−qn.
1.2 Croissance et d´ ecroissance.
D´efinition 1.4 Une suite (un) est dite : i) croissante (resp. strictement croissante) ssi
∃n0 ∈N/(n ≥n0) =⇒un+1 ≥un (resp. un+1 > un).
ii) d´ecroissante (resp. strictement d´ecroissante) ssi
∃n0 ∈N/(n ≥n0) =⇒un+1 ≤un (resp. un+1 < un).
iii) monotonessi elle est croissante ou d´ecroissante.
Exemples 1.5 1) La suite de terme g´en´erale un= 1−n+12 est croissante.
2) La suite de terme g´en´eral un = sin(3nπ ) est d´ecroissante.
Remarque 1.6 Une suite (un) telle que ∀n ≥n0, un+1 =un est dite stationnaire.
1.3 Suites born´ ees.
D´efinition 1.7 Une suite (un)n≥p est dite : i) major´ee ssi
∃M ∈R/∀n≥p, un≤M.
ii)minor´ee ssi
∃m∈R/∀n ≥p, m≤un. iii) born´ee ssi elle est `a la fois major´ee et minor´ee
Exemples 1.8 Soit la suite de terme g´en´eral un= 1− n12.
3 est majorant de cette suite. Sa borne sup´erieure (le minimum de ses majorants) est 1.
Proposition 1.9 Une suite d´ecroissante (resp. croissante) est major´ee (resp. minor´ee).
Preuve.
Soit (un)n≥p d´ecroissante. Alors il existe n0 ∈ N tel que ∀n ≥ n0, un ≤ un0. Donc pour tout n≥p, on a un≤M :=max{up, up+1, ..., un0}(ce maximum existe car l’ensemble est fini).
CQFD
1.4 Suites extraites.
D´efinition 1.10 Soit une suite (un)n≥p. On appelle suite extraite de (un)n≥p toute suite (vn)n≥p avec vn=uφ(n) o`u φ:N−→N est une application strictement croissante.
Exemples 1.11 (u2n),(un2) sont deux suites extraites de (un).
Si (un)n∈N∗ est d´efinie par un = n1 alors (vn)n∈N∗ d´efinie par vn=un2 est la suite (n12)n∈N∗
2 Suites convergentes (ou divergente vers ±∞).
2.1 D´ efinitions.
D´efinition 2.1 Soit une suite r´eelle (un)n≥p.
i) Soit l ∈R. On dit que (un) converge vers l ou a pour limite l ssi
∀² >0,∃N ∈N/∀n ≥N,|un−l| ≤².
Dans ce cas la suite est dite convergente (vers l) et on note limn−→+∞un=l.
Si la suite n’est convergente vers aucun l ∈R alors la suite est dite divergente.
ii) On dit que (un) diverge vers +∞ (ou parfois converge vers +∞) ssi
∀M >0,∃N ∈N/∀n≥N, un≥M.
iii) On dit que (un) diverge vers −∞ (ou parfois converge vers −∞) ssi
∀M <0,∃N ∈N/∀n≥N, un≤M.
Exemples 2.2 i) Soit (un) d´efinie par un=a.qn avec a, q∈R.
ii) Soit (un) d´efinie par un =a+n.r avec a, r∈R.
iii) Soit (un) d´efinie par un = n+1n .
2.2 Propri´ et´ es des suites convergentes.
1) Si une suite est convergente sa limite est unique.
Preuve.
Soit (un) admettant 2 limites l1 ∈R etl2 ∈R.
Soit ² >0 alors,∃N1 ∈N/∀n ≥N1,|un−l1| ≤ ²2 et∃N2 ∈N/∀n ≥N2,|un−l2| ≤ ²2.
Alors, en posant N = max{N1, N2}, on a ∃N ∈ N/∀n ≥ N,|l2 −l1| ≤ |l2 −un+ (un−l1)| ≤
|l2−un|+|un−l1| ≤ ²2 +2² =².
Donc,|l2−l1| ≤² et ce, quel que soit le ² >0 choisi.
Donc |l2−l1|= 0 et l1 =l2. CQFD
2) Toute suite convergente est born´ee.
Preuve.
Soit (un)n≥p convergeant vers l∈R.
Soit ²0 alors ∃N ∈N/∀n ≥N,|un−l| ≤².
Soit m= min{(l−², u0, u1, u2, ..., uN} etM = max{(l+², u0, u1, u2, ..., uN}, alors ∀n ≥p, m≤ un≤M donc la suite est born´ee.
CQFD
3) Si limn−→+∞un=l alors limn−→+∞|un|=|l|
Preuve.
en exo Indication : utiliser ||x| − |y|| ≤ |x−y|.
CQFD
4) Si limn−→+∞un=l alors toute suite extraite de (un) converge vers l.
Preuve.
Il est facile de montrer par r´ecurrence que si φ : N −→ N est strictement croissante alors
∀n∈N, φ(n)≥n (exo.) Soit ² >0.
limn−→+∞un=l donc ∃N ∈N/∀n≥N,|un−l| ≤².
Mais puisque φ(n)≥n, on a ∀n ≥N, φ(n)≥N et donc|uφ(n)−l| ≤².
Et ce pour tout ² >0.
Donc (uφ(n)) converge vers l.
CQFD
Remarque 2.3 Reciproque ?
5) Si limn−→+∞un=l et limn−→+∞vn =l0 alors limn−→+∞(un+vn) = l+l0. Preuve.
Soit ² >0
∃N1 ∈N/∀n≥N1,|un−l| ≤ ²2 et∃N2 ∈N/∀n≥N2,|vn−l0| ≤ ²2. Soit N = max{l, l0}.
Alors∀n ≥N,|(un+vn)−(l+l0)| ≤ |un−l|+|vn−l0| ≤ ²2 +2² =².
Et ce pour tout ².
D’o`u le r´esultat.
CQFD
6) Avec les d´emonstrations proches des pr´ec´edentes, on d´emontre :
Si limn−→+∞un =l et limn−→+∞vn=l0 alors limn−→+∞un.vn=l.l0. Si limn−→+∞un =l 6= 0 alors limn−→+∞u1
n = 1l.
Si limn−→+∞un =l et λ ∈R alors limn−→+∞λ.un=λ.l.
Si limn−→+∞un =l et limn−→+∞vn=l0 alors limn−→+∞un.vn=l.l0.
Si limn−→+∞un = +∞ et limn−→+∞vn=l alors limn−→+∞un.vn=signe(l).∞
et limn−→+∞un+vn = +∞.
Si limn−→+∞un =−∞ et limn−→+∞vn=l alors limn−→+∞un.vn=−signe(l).∞
et limn−→+∞un+vn =−∞.
Si limn−→+∞un = +∞ et limn−→+∞vn= +∞ alors limn−→+∞un.vn= +∞
et limn−→+∞un+vn = +∞.
Si limn−→+∞un =−∞ et limn−→+∞vn=−∞ alors limn−→+∞un.vn = +∞
et limn−→+∞un+vn =−∞.
Si limn−→+∞un =−∞ et limn−→+∞vn= +∞alors limn−→+∞un.vn=−∞.
Th´eor`eme 2.4 (des gendarmes)
Soient (un), (vn), (wn) trois suites telles que :
1) un ≤vn ≤wn `a partir d’un certain rang (i.e. ∀n≥N), 2) (un), (wn) convergent vers une mˆeme limite l.
Alors (vn) converge vers l.
Preuve.
Soit ² >0.
∃N1 ∈N/∀n≥N1, l−²≤un≤l+² (i.e. |un−l| ≤²),
∃N2 ∈N/∀n≥N2,|wn−l| ≤².
De plus, on sait que : ∃N3 ∈N/∀n≥N3, un ≤vn ≤wn.
Soit N = max{N1, N2, N3}, alors ∀n ≥N on a l−²≤un≤vn≤wn≤l+², donc ∀n≥N,|vn−l| ≤².
Et ce quel que soit ² >0.
D’o`u le r´esultat.
CQFD
Th´eor`eme 2.5 Toute suite croissante major´ee est convergente.
Toute suite d´ecroissante minor´ee est convergente.
Preuve.
Soit (un) une suite croissante major´ee. Pour simplifier la d´emonstration on suppose (un) crois- sante d`es le premier terme.
l’ensemble des termes de la suite est un ensemble non vide major´ee. Il admet donc une borne sup´erieure (cf. la d´efinition de l’ensemble des r´eels).
Soit l = supR{un, n∈N} (c’est le minimum des majorants).
Alors∀² >0, l−² ne majore pas {un, n ∈N} donc ∃N ∈N tel que uN > l−².
Et donc, puisque la suite est croissante, ∀n≥N, l > un > l−², d’o`u ∀n≥N,|un−l|< ².
CQFD
Remarque 2.6 (Fonction continue et suites)
On verra plus tard que si f : Df ⊂ R−→ R est une fonction continue et (un) ⊂ Df converge vers l ∈ Df alors (f(un)) converge vers f(l).
2.3 Suites adjacentes.
D´efinition 2.7 Deux suites (un) et (vn) sont dites adjacentes si : i) (un) est croissante,
ii) (vn) est d´ecroissante,
iii) ∃N ∈N/∀n ≥N, un ≤vn et un−vn converge vers 0.
Proposition 2.8 Deux suites adjacentes convergent et elles ont la mˆeme limite.
Preuve.
(un) est croissante major´ee (exo.) donc converge vers l.
(vn) est d´ecroissante minor´ee (exo.) donc converge vers l0. Soit ² >0,
∃N1 ∈N/∀n≥N1,|un−vn| ≤ 2² et ∃N2 ∈N/∀n ≥N2,|vn−l0| ≤ 2².
SoitN = max{N1, N2}, alors|un−l0|=|(un−vn) + (vn−l0)| ≤ |un−vn|+|vn−l0| ≤ ²2+2² =².
Et ce quel que soit ².
Donc (un) converge versl0. La limite ´etant unique, on a l=l0. CQFD
Exercice 2.9 Soient (un)n≥1 et (vn)n≥1 d´efinies par un=Pn
p=1 1
p! et vn=un+ n!1. Alors (un) et (vn) sont adjacentes et convergent vers la mˆeme limite.
On verra plus tard que cette limite est e= exp(1)
3 Suites d´ efinies par r´ ecurrence.
D´efinition 3.1 Une suite (un)n≥p est dite d´efinie par r´ecurrence si up est donn´e et un = f(un−1) pour n > p o`u f :R−→R.
Proposition 3.2 (admise) Soit
½ u0 =a∈R un =f(un−1) .
Si f est continue d´erivable sur un intervalle I v´erifiant f(I)⊂ I et u0 ∈ I alors la limite l de (un), si elle existe, v´erifie f(l) = l.
Exercice 3.3 Soit
½ u0 = 1 un =√
1 +un−1
4 Un exemple de suite complexe.
Soit (un) d´efinie par
½ u0 =a∈C (f ix´e) un = 15(3un−1+ 2un−1)
Remarque 4.1 On montre facilement que (un) ⊂ C converge vers l ∈ C ssi (Re(un)) ⊂ R converge vers Re(l)∈R et (Im(un))⊂R converge vers Im(l)∈R.