L A H O U I L L E B L A N C H E
une forêt d e protection qui lui appartient, m d e mettre des moutons sur u n e pente d e m o n t a g n e dont l'inclinaison dépasse une limite donnée.
Je sais qu'en soutenant u n e pareille thèse, o n se heurte a u x préventions qu'explique u n e longue éducation juridique, fondée sur le droit romain, tandis q u e les p a y s germaniques se montrent m o i n s réfactaires à l'idée d'une limitation d u droit de propriété en vue d u bien d e la société.
J'ai, r é c e m m e n t encore, soutenu ces idées à L y o n , d a n s u n e conférence faite devant la Société- populaire d'Economie Socude, et qui a été publiée d a n s la Revue de Fribourg, sous le titre: « Houille blanche, déboisement et droit de propriété ».
Le c o m m a n d a n t A u d e b r a n d , d e Grenoble, qui en a fait, en termes très obligeants et très courtois (*), la critique d a n s le Bulletin mensuel du Syndicat des forces motrices hydrau- liques, m ' a reproché, e n particulier, d e vouloir faire c o n d a m n e r le droit à l'abus, et a exprimé la crainte d'une intervention législative o u administrative qui, elle, serait un abus pire q u e le premier (**).
11 manifeste ' n o t a m m e n t l'appréhension que, par u n e réaction abusive, contre d e trop réels actes d e vandalisme, les artistes, a u n o m d e considérations d'esthétique, n'en viennent à e m p ê c h e r toute transformation d a n s u n paysage ou dans u n e ville, et à gêner la création d e toute usine et d e
\oie d'accès a u x lieux pittoresques
Je ne puis reprendre ici la discussion d e ces questions romplexes.Qu'il m e suffise d e dire q u e si n o u s applaudissons aux efforts intelligents faits p o u r préserver n o s paysages contre les dévastations imbéciles et surtout contre l'envahissement de ces affiches-réclames déshonorantes, q u e rien n'excuse, nous pensons aussi que, si o n laissait libre cours à l'intolé- rance de certains artistes o u d e certains archéologues, o n ne toucherait pas u n e pierre et o n n e ferait p a s u n e route d a n s notre pays. Mais, selon moi, la négation d u droit à l'abus n'autoriserait point toutes les fantaisies prohibitives. D e ce que, dans la pratique, le m o t a besoin d'être précisé et la chose définie, il ne s'en suit pas q u e le principe n e soit tutélaire.
Le C o d e civil interdit bien le d o m m a g e à autrui: d e ce q u e l'article 1382 est la source de procès innombrables, parce qu'il y a des cas o ù le d o m m a g e n'est pas évident, faut-il conclure que cet article est à rayer d u C o d e ? E n matière commerciale, la loi c o n d a m n e la concurrence déloyale: Q u o i de plus délicat à définir en pratique q u e la limite où cesse l'habileté c o m m e r - ciale et o ù c o m m e n c e la d é l o y a u t é?
Proposerez-vous, sous le prétexte que cela peut donner lieu à de graves difficultés, de supprimer toute c o n d a m n a t i o n d e la concurrence déloyale'
O n ne se heurterait pas à des difficultés plus graves, en interdisant par la loi, l'abus du droit de propriété, en indi- quant, par exemple, que cet abus se manifeste en pratique sous deux formes principales, par l'obstruction et la destruction
— Obstruction, c'est-à-dire refus arbitraire d e laisser faire par d'autres des choses qui ne coûtent a u propriétaire aucun dommage ; destruction, c'est-à-dire, atteinte portée, par cupi- dité ou par négligence, à la- valeur et à l'utilité générale de sa Propriété
C'est cette seconde f o r m e d'abus qui est, malheureusement, le fait de ceux qui n e gèrent pas c o m m e ils le devraient leurs Propriétés en m o n t a g n e ; et c'est elle ou'il faudrait expressé- ment et formellement c o n d a m n e r . Je n'ai pas la pensée q u e
0 Bulletin mensuel du Syndicat des forces motrices hydrauliques, Nai iqo5 ( G r e n o b l e ) . « U s e z , n ' a b u s e z p a s » par le c o m m a n d a n t WDEBRAND.
I1' V^6 .comrnan^ant A u d e b r a n d a c o n t e s t é , d a n s le m ê m e article, Pplication q u e je faisais d u s e c o n d p r i n c i p e d e la T h e r m o d y n a -
<\iie et d e la n o t i o n d e la d é g r a d a t i o n d e l'énergie. J e m e p r o p o s e
r ep r e n d r e cette q u e s t i o n d a n s u n e é t u d e spéciale, p o u r l'exposer,
e c les d é v e l o p p e m e n t s nécessaires, a u x lecteurs d e La Houille Blanche.
cette c o n d a m n a t i o n légale, cette addition d'un n o u v e a u texte à ceux q u e n o u s possédons, soit, pour la conservation d e notre d o m a i n e forestier et l'aménagement d e n o s m o n t a g n e s , u n e mesure suffisante. Je suis convaincu seulement qu'elle est u n e des mesures nécessaires. Q u a n d o n y sera venu, tout n e sera pas fini, bien a u contraire ; à ce m o m e n t l'on pourra se mettre au travail. M a i s c'est par là qu'il est indispensable d e c o m - mencer.
Bernard B R U N H E S , Directeur de T Observatoire du Puyde Dôme
DESERVOIR AUTOMATIQUE A FLOTTEUR
C e déservoir se c o m p o s e essentiellement d'un platelage en bois D, recouvert d e tôle, qui s'appuye sur u n cylindre hori- zontal, creux et étanche, occupant îoute la largeur d u déver- soir, et flottant o u plongeant plus o u m o i n s dans u n e cuve C pleine d'eau. L e tout peut osciller autour d'un axe horizontal de rotation m u n i d'un couvre-joint m o b i l e / . L e déversoir est limké à ses deux extiémités par des parois en maçonneries très |bien dressées, entre
lesquelles il glisse avec aussi p e u de jeu q u e possible.
P o u r chaque poshion du-flotteur il y a équi- libre entre les m o m e n t s par rapport à l'axe de rotation : de la poussée p de l'eau de la cuve,
d u poids propre d u flotteur, et de la pression f de l'eau sur le déversoir. Il s'en suit q u e le déversoir s'abaisse de plus en plus au'fur et à m e s u r e q u e le niveau de l'eau s'élève sur le déversoir. Plus la crue est importante plus elle a de facilité à s'écouler.
O n peut en outre modifier les conditions de fonctionnement d u déversoir en remplissant plus o u m o i n s la cuve C qui peut m ê m e être vidée complètement au m o y e n d'une conduire d'éva- cuation e. O n peut encore introduire de l'eau dans le cylindre creux de manière à le lester plus o u m o i n s .
C e dëversoii automatique, système Doell, a fait l'objet d'une étude détaillée dans le Zentrablatt der Bauverwaltung.
L e R e t o u r p a r l a T e r r e
Il semble vraiment étrange qu'on ait attendu 66 ans depuis que Steinheil découvrit que la terre pouvait,-dans u n e trans mission d e courant électrique, remplacer u n conducteur (1838;
pour penser à utiliser d'une façon industrielle et courante la terre c o m m e conducteur de retour pour le transport de grandes quantités d e courant.
L a Société Internationale des Electriciens d e Paris a pris maintenant la chose en main, et n o n seulement a e n g a g é tous les électriciens-à faire connaître les résultats-de leurs recher- ches, m a i s elle-même en a effectué et en effectue d e très inté- ressantes.
O n se propose d'élucider -beaucoup d e questions et surtout o n cherche à éviter les perturbations bien connues sur les courants télégraphiques et téléphoniques. U n autre point qu'on a- cru devoir envisager est celui des prises d e terre. Celles-ci devraient avoir u n e très faible résistance pour éviter- les pertes- Or,- c o m m e la résistance des prises d e terre est variable avec l'oxydation des plaques, on voudrait voir là-une difficulté. -
-En réalité, il y a peu à se préoccuper d e ceci d a n s le cas
Article published by SHF and available athttp://www.shf-lhb.orgorhttp://dx.doi.org/10.1051/lhb/1905056
2 4 8 L A H O U I L L E B L A N C H E
d e transport à très haute tension, le seul intéressant aujour- d'hui, d u m o i n s d a n s les transports à grande distance. ,
L a perte q u e la variation d e quelques o h m s d a n s la résis- tance produirait, serait a b s o u m e n t inappréciable dans u n courant d e plusieurs dizaines d e milliers d e volts. P o u r »des raisons similaires, o n n e doit p a s se préoccuper des forces contre-électromotrices q u e la pile constituée par les d e u x prises d e terre peut faire naître. C e qui, par contre, doit sur- tout préoccuper, c'est d'éviter les perturbations sur les circuits télégraphiques. D e s cas sont n o m b r e u x où, outre les c o m m u - nications télégraphique^ les communications téléphoniques ont été interrompues par des perturbations terrestres dues à des courants industriels. N o u s n'en voulons c o m m e exemple q u e les perturbations q u e le courant triphasé d u chemin d e fer électrique italien Lecco-Chiavenna-Sondrio (20.000 volts clans le circuit principal et 3.000 d a n s le circuit d e service) o ù u n e des phases d u courant est reliée a u x rails et o ù l'on a. été obligé d e faire u n e nouvelle installation métallique pour les lignes télégraphiques (suppression d u retour par la terre),...
E x a m i n o n s le problème d'un peu plus près D'après les essais effectués par M . Guarini, la perturbation est d'autant m o i n s forte et perceptible d'autant m o i n s loin que le courant est moins intense. A la limite, avec u n courant à très haute ten- sion et à intensité très minime, les efforts sont imperceptibles m ê m e d a n s u n téléphone extra-sensible. Cela tient a u fait qu'à cause d e la très haute tension, le courant se diffuse tellement d a n s le sol, qu'il réduit sa densité au-dessous des limites aux- quelles il peut être nuisible a u x circuits télégraphiques et téléphoniques. C e m o y e n permet d o n c u n e très g r a n d e diffu sion, d'avoir une densité d e courant m i n i m e et par là inoffen- sive.
O n a vérifié qu'en envoyant a u m o y e n d'une bobine d e R u h m k o r f f dans u n rail d e chemin de fer, u n courant à u n e tension d e 30.000 volts et avec u n e intensité d e 2 milliampères environ, les perturbations enregistrées par u n cohéreur Blondel extra-sensible et u n téléphone, cessent à quelques mètres d u transmetteur.
Il y a encore u n autre m o y e n p o u r diminuer d a n s u n e cer- taine mesure les effets perturbateurs des prises d e terre.
O n a trouvé, d u m o i n s pour les courants alternatifs à haute tension, u n e analogie complète a u point d e vue d e la diffusion et des effets à distance, entre u n e tige servant d'antenne d a n s la télégraphie sans fil et u n e tige perpendiculairement enfon- cée d a n s le sol. Plus u n e antenne verticale est longue, plus elle a d e r a y o n n e m e n t utile, peut-être parce que la zone intéressée est plus grande Cette zone est u n cylindre dont le rayon est indéfini et la hauteur égale à la hauteur d e l'antenne.
D e m ê m e , plus u n e tige servant d e prise d e terre est enfoncée verticalement dans le sol, plus elle intéresse le sol e m profon-
deur, plus elle diffuse le courant d a n s le sol.
U n e tige peu enfoncée dans la terre constituera une pauvre prise d e terre, c'est-à-dire, ayant u n e certaine résistance, mais produira u n e faible diffusion et produira, par conséquent, u n e
faible perturbation d e la m ê m e façon qu'une courte antenne dans^ la télégraphie sans fil produira des effets à des distances relativement faibles.
U n e tige très enfoncée dans la terre constitue, il est vrai, une meilleure prise d e terre, mais à cause d e sa plus grande diffusion, produit des perturbations plus intenses.
Ici u n e question se pose : Faut-il d e bonnes o u de mauvaises prises d e terre ? Certains répondent que dans le cas qui nous occupe, c'est-à-dire transport d'énergie à grande distance par courant à haute tension, u n e mauvaise prise d e terre suffit, parce q u e u n e résistance d e quelques o h m s e n plus n'a pas d'importance d a n s u n circuit à plusieurs dizaines d e milliers de volts.
A v e c un, courant à haute tension. M . Guarini a obtenu d e b o n s résultats en constituant la prise d e terre par les roues d^un véhicule mis en m o u v e m e n t sur des pavés et il est m ê m e d'avis q u e dans les o m n i b u s sans, rails Siemens et Halske o u autre, o n pourrait se passer d e l'un des fils o u d e l'un des
trolleys, le retour pouvant se faire par les roues et le pavé cela d a n s le cas o ù l'on fait usage d'un courant à haute ten- sion envoyé directement à la voiture, ce qui, d'après les essais d e Zossen-Marienfeld, n e doit nullement étonner.
C e q u e n o u s venons d e mentionner n e saurait être qu'un palliatif qui n e permettrait p a s la suppression complète des perturbations. E n Italie, o n a trouvé à ce point d e vue un m o y e n radical pour supprimer l'influence des courants alter- natifs utilisant le retour par la terre sur les circuits télégra- phiques. L a chose est très simple et basée sur un, fait bien connu. C o m m e u n courant alternatif n'intéresse q u e la surface d'un conducteur — d a n s le cas présent la terre — o n a trouvé qu'il suffit d e faire les prises d e terre télégraphiques assez profondes et d e les relier a u x appareils par des fils isolés pour supprimer toute perturbation.
P o u r les courants continus o n a expérimenté u n arrangement qui semble tout aussi simple. O n part d e ce fait q u e si, en un point, o n applique d e u x forces égales et contraires, la résul- tante est nulle.
E n d o n n a n t là o ù il y a u n e prise d e terre d e u x charges égales et d e signes contraires, le résultat sur les récepteurs, si sensibles qu'ils soient, est nul.
Voici la série d'expériences qu'a réalisée M . Guarini : i° Il a mis en circuit une batterie d'accumulateurs d e 16 volts et 2 ampères avec d e u x prises d e terre distantes d'environ 3 mètres. Il a ensuite relié u n galvanomètre H a r t m a n n et B r a u n (résistance 6 o h m s , sensibilité par degré d e déviation, environ o a m p è r e 4 millionièmes) d'une part, à u n robinet d e lai conduite d'eau et d e l'autre, à u n e prise d e terre que l'on déplaçait. Lorsque cette prise d e terre se trouvait à égale dis- tance des d e u x autres et était par conséquent soumise à deux charges égales et d e signes contraires, le galvanomètre mar- quait zéro tandis qu'auparavant il déviait plus o u moins fort, suivant qu'il était plus o u m o i n s rapproché d'une des prises de terre.
E n fait, le courant était divisé e n d e u x conduites, chacune d'elles étant à la terre — à chaque poste, u n pôle contraire à celui d e l'autre.
2° Grâce à six prises d e terre o n a constitué d e u x triangles équilatéraux d e 20 m s . d e côté. D a n s chaque triangle, une prise d e terre servait à compléter le circuit d u galvanomètre précité et les d e u x autres servaient à compléter d e u x circuits comportant des accumulateurs (16 volts, g ampères).
D a n s chaque triangle, u n s o m m e t (prise d e terre) est relie au pôle d'une batterie et" u n autre a u pôle. L a déviation au galvanomètre est nulle. Elle est aussi inappréciable lorsque les prises d e terre qui complètent le circuit d u galvanomètre se trouvent à u n e distance qui est très g r a n d e en rapport avec celle qui sépare les d e u x prises d e terre.
O n trouvera u n e certaine analogie entre ce que nous venons d e dire et le système à trois fils c o u r a m m e n t e m p l o y é : la terre correspond a u fil neutre qui est supprimé. C o m m e o n lë voit, cet arrangement, d'après l'auteur, n e présenterait pas de diffi- cultés pratiques et semblerait susceptible d e résoudre le pro- b l è m e d e la'suppression des perturbations dues'aux prises de terre.
P o u r q u e le dispositif précédent soit efficace, il est donc nécessaire q u e d a n s les d e u x circuits l'intensité d u ' courant soit la m ê m e . Il faudrait avoir u n système d e distribution a intensité constante ( T h u r y ) o u m i e u x encore à intensité e tension constantes. D a n s ce dernier cas, la solution préconisée serait d'employer à la station réceptrice des batteries d accu- mulateurs qui desserviraient les consommateurs.
3° O n a voulu vérifier en petit ce qui se passe dans les
t r a m w a y s . f
O n a constitué u n circuit par u n fil aérien et u n fil de ter
enterré. , A u galvanomètre, les choses se passent c o m m e si o n avar
pris u n e dérivation sur le circuit, à condition d'ajouter a résistance d u galvanomètre et d e son circuit, la résistance
L A H O U I L L E B L A N C H E 2 4 9
la couche d e terre qui sépare les d e u x prises d e terre d u gal- vanomètre a u fil enterré.
Il résulterait d e cette expérience q u e d a n s u n e transmission où les rails sont utilisés c o m m e retour, les perturbations sur un circuit télégraphique o u téléphonique sont d'autant m o i n s intenses q u e les rails sont plus conducteurs et q u e le circuit télégraphique o u téléphonique, y compris le sol qui sépare les prises d e terre des rails, sont plus résistants.
40 O n a constitué u n circuit double de celui d e l'expérience précédente et d a n s lequel le tout est arrangé c o m m e d a n s le dispositif précédent à d e u x conducteurs.
Les d e u x fils enterrés sont très rapprochés.
Si l'intensité d u courant, qui a été poussée jusqu'à 15 a m p è - rse, est la m ê m e d a n s les d e u x circuits, la déviation au galvano- mètre est nulle, quelle q u e soit la position des prises d e terre du galvanomètre et à condition, bien entendu, q u e la distance qui les sépare des fils enterrés soit relativement g r a n d e par rapport à celle qui séparait les fils enterrés.
Il résulte d e cette expérience que d a n s le cas d'un train o u diemin, d e fer électrique à double voue, les perturbations sur les lignes télégraphiques et téléphoniques peuvent être c o m - plètement supprimées si chaque rail est parcouru par u n cou- rant d e sens contraire à celui d e l'autre.
5° Enfin, c o m m e dernière expérience, o n a m i s e n circuit un accumulateur avec d e u x fils enterrés et reliés à leurs abouts.
Si les m ê m e s conditions d e l'expérience précédente sont respectées, la déviation a u galvanomètre est nulle.
Cette expérience prouverait, d'après M . Guarini, q u e si l'on arrive à perfectionner l'ancien système d e traction électrique Siemens et H a l s k e (dans lequel, c o m m e o n sait, les rails ser- vaient pour l'aller et le retour d u courant), d e façon q u e les pertes soient négligeables, ce système aura le g r a n d avantage de ne pas produire, et sans aucune précaution, d e dérange- ments sur les circuits télégraphiques et téléphoniques.
{L'Eclairage Electrique).
IiE J ï O I S H V D H O - É I i E G T H l Q O E
ACADEMIE DES SCIENCES
M É C A N I Q U E E T É L E C T R I C I T É
Sur la rigidité électrostatique des gaz aux pressions élevées.
- E x t r a i t d ' u n e n o t e d e M M . C h . - E u g . G U Y E et H . GUYE, séance d u 15 m a i 1905.
L'intérêt très actuel q u e p r é s e n t e la d é c h a r g e disruptive d a n s les gaz n o u s a e n g a g é s à étudier l'influence d e s pressions élevées s u r le potentiel explosif. L e s g a z e n e x p é r i e n c e , s o i g n e u s e m e n t purifiés et desséchés, o n t été : l'azote, l'air, l'oxygène, l ' h y d r o g è n e et l'anhydride carbonique.
L ' e x a m e n d e s résultats o b t e n u s c o n d u i t a u x c o n c l u s i o n s s u i v a n t e s : i° J u s q u ' a u x e n v i r o n s d e 10 k g s p a r c ms, le potentiel explosif croît linéairement a v e c la p r e s s i o n ; c e résultat c o n f i r m e d o n c les e x p é - riences d e M . W o l f , effectuées d a n s ces limites.
a° P o u r d e s p r e s s i o n s p l u s élevées, le r a p p o r t d u potentiel explosif
5« pression v a e n d i m i n u a n t ; les c o u r b e s représentatives d u potentiel explosif e n fonction d e la p r e s s i o n o n t d a n s leur e n s e m b l e u n e allure parabolique q u e n o u s n o u s r é s e r v o n s d e discuter ailleurs.
D a n s toutes n o s e x p é r i e n c e s s u r l'azote, la c o u r b e d u potentiel explosif a_ m o n t r é u n m a x i m u m d a n s le v o i s i n a g e d u m a x i m u m d e
o mpressibilité_de c e g a z (pv = m i n i m u m ) . L e s e x p é r i e n c e s s u r n ~ montre é g a l e m e n t u n léger r e l è v e m e n t d e la c o u r b e p o u r P — 65 m s d e m e r c u r e .
4° A v e c l ' h y d r o g è n e et l'oxygène, p o u r lesquels le m i n i m u m d e pv trouve e n d e h o r s d e la limite d e n o s e x p é r i e n c e s , n o u s n ' a v o n s
™ n constaté d e s e m b l a b l e .
de r m ^u el 9u e s e xp é r ie nc e s effectuées sur la rigidité électrostatique tio V a U v o^ 'n a8e <*u p o i n t critique s e m b l e n t i n d i q u e r u n e d i m i n u - m"! n PotenUe* explosif e n c e p o i n t ; toutefois, la d é c o m p o s i t i o n l'nielle d u g a z q u i doit résulter d u p a s s a g e d e l'étincelle r e n d alors
le p h é n o m è n e plus c o m p l e x e q u ' a v e c les g a z p r é c é d e n t s et l'interpré- tation d e v i e n t délicate.
6° D e s e x p é r i e n c e s effectuées e n p r é s e n c e d ' u n sel d e r a d i u m o u e n faisant agir les r a y o n s X n'ont p a s d o n n é d e résultats sensible- m e n t différents.
Sur les effets respectifs des courants d e Foucault et de l'hysté- résis du fer sur les étincelles oscillantes. — E x t r a i t d ^ u n e n o t e d e M . G . - A . HEMSALECH, s é a n c e d u i 5 m a i .
O n sait (*) q u e , e n introduisant u n n o y a u d e fer d a n s la b o b i n e d e self-induction p l a c é e d a n s le circuit d e d é c h a r g e d'un* c o n d e n s a t e u r , les oscillations s o n t plus o u m o i n s détruites s e l o n la constitution d u n o y a u . A i n s i , u n t u y a u m i n c e d e fer détruit toutes les oscillation^
sauf la p r e m i è r e , s a n s c h a n g e r s e n s i b l e m e n t leur f r é q u e n c e , tandis q u ' u n n o y a u c o m p o s é d e fils d e fer isolés d i m i n u e leur f r é q u e n c e s a n s toutefois les a m o r t i r a u t a n t . D a n s le p r e m i e r c a s , n o u s a v o n s d e u x c a u s e s q u i influent : les c o u r a n t s d e F o u c a u l t et le m a g n é t i s m e d u fer. p a n s le d e u x i è m e c a s , l'influence d e s c o u r a n t s d e F o u c a u l t est p r e s q u e s u p p r i m é e . L e s e x p é r i e n c e s suivantes o n t été entreprises d a n s le b u t d e différencier c e s d e u x c a u s e s et d e préciser l'action d e c h a c u n d'elles.
E n r é s u m é les courants de Foucault augmentent la fréquence
d'oscillations sans influer sur le nombre des oscillations dans chaque décharge. L'hystérésis d u fer détruit les oscillauons" et e n d i m i n u e
plus o u m o i n s la f r é q u e n c e .
E n t e r m i n a n t , m e n t i o n n o n s e n c o r e les faits suivants, q u i s o n t t o u s f a c i l e m e n t d é m o n t r é s à l'aide d e n o t r e dispositif:
1..'Si, a p r è s avoir détruit les oscillations à l'aide d u cylindre e n fer,"on glisse le cylindre e n zinc entre celui d e fer et la p a r o i d e la b o b i n e d e m a n i è r e à f o r m e r é c m n a u t o u r d u fer, les oscillations r e p a - raissent a v e c la f r é q u e n c e a u g m e n t é e p a r les c o u r a n t s d e F o u c a u l t .
2. U n circuit m a g n é t i q u e f e r m é a d o n n é le m ê m e résultat q u ' u n circuit o u v e r t .
3. P e u x cylindres d e fer (fendus) d e 5 o c m s d e l o n g c h a c u n , intro- duits d a n s la b o b i n e et isolés L'un .de l'autre p a r u n e p l a q u e d e b o i s d e 2* c m s d'épaisseur, o n t le m ê m e effet q u ' u n seul cylindre d e 1 m . d e l o n g .
4. A v e c u n n o y a u (5o c m s d e l o n g et ;o c m s d e d i a m è t r e ) c o m p o s é d ' u n g r a n d n o m b r e d e fils d e fer d o u x ( d i a m è t r e d u hl : 1 m m . ) , o n aperçoit e n c o r e trois oscillations c o m p l è t e s et la f r é q u e n c e d'oscilla- tions est diminuée considérablement, c o m m e l'a déjà o b s e r v é p o u r c e cas M . M a r c h a n t (**).
SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DES ÉLECTRICIENS
Séance du 5 juin 1095.
Conditions les plus favorables pour le transport de l'énergie.—
C o n f é r e n c e d e M . GROSSELIN, a u n o m d e M . SARRAT.
M . S w y n g e d a u w , d a n s u n e c o m m u n i c a t i o n faite l'année d e r - nière y***) à c e sujet, avait repris la règle d e lord K e l v i n e n t e n a n t c o m p t e d u prix d e v e n t e d e l'énergie et e n substituant a u r é g i m e d e l'usine génératrice u n r é g i m e fictif.
M . Sarrat n e p a r t a g e p a s la m a n i è r e d e voir d e M . S w y n g e d a u w . D'après lui, o n n e p e u t substituer a u r é g i m e d e l'usine u n r é g i m e fictif; o n n e doit p a s n o n p l u s c o m p t e r l'énergie p e r d u e a u prix d e v e n t e m a i s plutôt a u prix d e revient.
M Sarrat p o s e le p r o b l è m e d ' u n e m a n i è r e différente et c o n s t a t e q u e " la règle d e lord K e l v i n c o n d u i t très s e n s i b l e m e n t a u x m ê m e s résultats q u e la m é t h o d e qu'il a suivie.
M . S a i r a t r e c o n n a î t a v e c M . S w y n g e d a u w q u e la tension la plus profitable est pratiquement proportionnelle à la racine carrée de la longueur de la ligne, m a i s , p a r c o n t r e , il déclare q u e cette tension ne dépend pas des variations que la puissance fait subir au prix puissan- cique des transformateurs ; elle est influencée seulement par les varia- tions dont celle-ci peut aflecter la valeur du taux d'augmentation, par volt supplémentaire, du prix puissancique de chaque groupe transformateur.
Vérification expérimentale de possibilité d'assimiler u n régula- teur à force centrifuge à un système pendulaire. — C o m m u n i - c a t i o n d e M . MONGIN.
Il résulte d e s e x p é r i e n c e s d e M . M o n g i n q u ' u n régulateur a n i m é d ' u n e vitesse o n d u l é e se c o m p o r t e , à l'état d e r é g i m e , c o m m e u n s y s t è m e p e n d u l a i r e m u n i d ' a m o r t i s s e m e n t .
(*) J.-J Thomson, Smithsoman report, p. a5i. Washington, 1893. — J.-A. Fleming, Electrical oscillations and electnc waves, p. 18-20; Cantor Lectures, London, 1901, — G. A Hemsalech, Thèse de Doctorat, p. 12-20. Pans, iqoi.
(*") Nature (London), t. LXII, iqoo, p. u 3 .
(*"•) Voir La Houille Blanche, juillet 1905.