- CC1-S2 - - 2018-2019 - – Correction - Géométrie –
Exercice 1
On se place dans le plan affine euclidienP muni d’un repère orthonormé(O;~ı, ~).
SoitC la conique d’équation cartésienne y2−√
3xy−2√ 3x+
4−3√ 3
y+ 6−6√ 3 = 0
1. Soit la matriceA=
0 −
√3
2
−
√3
2 1
.
a. Calculer les valeurs propres de A. Trouver deux vecteurs propres~uet ~v tels que(~u, ~v)soit une base ortho- normée directe de R2.
A est symétrique donc diagonalisable dans une base orthonormée directe.
On a χA= (X−3
2)(X+1
2)puis Sp(A) = 3
2,−1 2
. On trouve E−1
2(A) =Ker
A+1 2I2
=Vec √
3 1
, puis on prend~u= √3
2 ;1 2
! . Les sous-espaces propres étant orthogonaux,~v= −1
2;
√3 2
!
est tel que la famille de vecteurs propres(~u, ~v) est une base orthonormée directe deR2.
b. Quelle isométrie de R2transforme le base (~ı, ~)en la base(~u, ~v)?
P =
√3 2 −1
2 1 2
√3 2
=
cosπ
6 −sinπ 6 sinπ
6 cosπ 6
donc l’isométrie en question est la rotation d’angle π 6.
2. Déterminer la nature de la conique ainsi que ses éléments caractéristiques.
det(A)<0, on en déduit que la conique est du genre hyperbole.
Si on notef : (x, y)7→y2−√
3xy−2√ 3x+
4−3√ 3
y+ 6−6√
3, les coordonnées de son centre dans le repère (O;~ı, ~)sont données par :
∂f
∂x(x0, y0) = 0
∂f
∂y(x0, y0) = 0 On trouve le pointΩde coordonnées(−3,−2) dans le repère(O;~ı, ~).
Une équation de la conique dans le repère(Ω, ~u, ~v)est :−1 2X2+3
4Y2=f(−3,−2)c’est-à-dire : X2
22 − Y2 √2
3
2 = 1
Finalement, C est l’hyperbole de centre Ω, telle que, dans le repère (Ω;~u, ~v), les sommets sont A(2,0) et A0(−2,0), et les asymptotes sont∆ : Y = 1
√3X et∆0: Y =− 1
√3X.
Autre méthode :
On poseX=P X1 avecX1= x1
y1
etX = x
y
. Ce qui nous donne
x=
√3 2 x1−1
2y1 y=1
2x1+
√3 2 y1
, et ainsi
y2−√
3xy−2√ 3x+
4−3√ 3
y+ 6−6√
3 = 0⇐⇒ −1 2x21+3
2y12− 1 + 3√ 3 2
! x1+
3√
3−9 2
y1+ 6−6√ 3 = 0
⇐⇒ −1
2 x1+ 1 + 3√ 3 2
!2 +3
2
y1+√ 3−3
2 2
=−2
⇐⇒
x1+ 1 +3
√ 3 2
2
22 − y1+√ 3−322 √2
3
2 = 1
Dans le repère (O;~u, ~v), si on poseΩ le point de coordonnées −1−3√ 3 2 ,−√
3 + 3 2
!
, alors on retrouve que l’équation réduite de la coniqueC dans le repère(Ω;~u, ~v)est
X2
22 − Y2 √2
3
2 = 1
3. Tracer la coniqueC dans le repère(0,~ı, ~). On prendra√
3≈1, 732.
Exercice 2 SoitE un espace euclidien. On suppose dim(E)≥2.
On note(u|v)le produit scalaire des vecteursuet v, et||u||la norme du vecteur u.
On se donne un vecteurwdeE de norme1et, pour tout réelα6= 0, on pose , pour toutx∈E : fα(x) =x+α(x|w)w
1. Vérifier quefαest un endomorphisme deE.
∀x, y∈E, ∀λ∈R, fα(x+λy) =x+λy+α(x+λy|w)w=x+λy+α(x|w)w+λα(y|w)w=fα(x) +λfα(y) et doncfα est linéaire.
De plus, comme∀x∈E,fα(x) =x+α(x|w)w∈Vect{x, w} ⊂E, on peut en déduire quefα est un endomor- phisme deE.
2. Montrer que pour tous réels non nulsα, β, on a :
∀x∈E, fα◦fβ(x) =x+β(x|w)w+α(x+β(x|w)w|w)w
=x+β(x|w)w+α(x|w)w+αβ(x|w) (w|w)
| {z }
=1
w
=x+ (β+α+αβ) (x|w)w
=fβ+α+αβ(x)
=fβ◦fα(x)
3. Montrer que pour tous vecteursxety, on a
(x|fα(y)) = (fα(x)|y) On a(x|fα(y)) = (x|y+α(y|w)w) = (x|y) +α(y|w) (x|w)et
(fα(x)|y) = (y|fα(x)) = (y|x+α(x|w)w) = (y|x) +α(x|w) (y|w), donc(x|fα(y)) = (fα(x)|y).
4. Vérifier quew est un vecteur propre defα. fα(w) =w+α(w|w)
| {z }
=1
w=w+αw= (1 +α)w. De plus, commewest de norme1, on en déduit quew6= 0.
Ainsiwest un vecteur propre defαassocié à la valeur propre 1 +α.
5. a. Montrer que1 est valeur propre defα.
Il s’agit de montrer que Ker(fα−IdE)n’est pas réduit au vecteur nul.
Soitx∈E alors(fα−IdE) (x) =x+α(x|w)w−x=α(x|w)w.
Commeα6= 0et w6= 0, on conclut quex∈Ker(fα−IdE)si, et seulement si(x|w) = 0, ce qui équivaut à Ker(fα−IdE) = (Vect(w))⊥ qui est donc une hyperplan deE.
Ainsi Ker(fα−IdE)est de dimensionn−1≥1, car dim(E)≥2.
1 est bien valeur propre defα.
b. Quel est le sous-espace propre associé à la valeur propre1?
On a montré dans la question précédente queE1(fα) = (Vect(w))⊥ (et qu’il est de dimensionn−1.) c. L’endomorphismefα est-il diagonalisable ?
On déduit de ce qui précède que fα admet au moins deux valeurs propres distinctes 1 et 1 +α (puisque α6= 0) de multiplicités respectives au moins égale àn−1et 1.
Comme dim(E) = n, on en déduit que les seules valeurs propres de fα sont 1 et 1 +α de multiplicités respectives n−1 et 1, et ainsi la somme des dimensions des sous-espaces propres est égale à la dimension deE. On conclut quefαest diagonalisable.
Remarque : On peut également utiliser le fait que fα est un endomorphisme symétrique réel (question 3) pour conclure qu’il est diagonalisable.
6. Pour quelles valeurs deαl’endomorphismefαest-il inversible ? Calculer dans ce cas son inverse.
fαinversible⇐⇒0∈/ Sp(fα)
⇐⇒1 +α6= 0
⇐⇒α6=−1
D’après la question 3, pourα6=−1, on chercheβtel quefα◦fβ=fβ+α+αβ=IdE; ceci équivaut àβ+α+αβ= 0, c’est à direβ=− α
1 +α. On conclut que∀α6=−1, (fα)−1=f− α
1+α.
7. Pour quelles valeurs deαl’endomorphismefαest-il une isométrie ? Caractériser dans ce cas cet endomorphisme.
∀x∈E, kfα(x)k=kxk ⇐⇒ ∀x∈E, (fα(x)|fα(x)) = (x|x)
⇐⇒ ∀x∈E, 2α(x|w)2+α2(x|w)2= 0
⇐⇒ ∀x∈E, (2α+α2) (x|w)2= 0
⇐⇒2α+α2= 0
⇐⇒α=−2 (carα6= 0)
Compte tenu des questions précédentes, Sp(f−2) = {1,−1}, 1 est de multiplicité n−1 alors que −1 est de multiplicité1. Par conséquent,f−2 est la réflexion par rapport à l’hyperplan(Vect(w))⊥.
8. En utilisant la question 3, montrer que siF est un sous-espace vectoriel stable parfα, alorsF⊥ est également stable parfα.
Soitx∈F⊥. Montrons que fα(x)∈F⊥ : Soity∈F, on a :(fα(x)|y) = (x|fα(y)) =
fα(y)
| {z }
∈F
| x
|{z}
∈F⊥
= 0.
Remarque : Pour les questions5)c), 6 et 7, on peut au préalable déterminer la matrice que fα dans une base
orthonormée adaptée à la décompositionE=Vect(w)⊕(Vect(w))⊥ qui est
1 +α 0 · · · 0 0 1 0 · · · 0 0 . .. . .. . .. ... ... . .. . .. . .. 0 0 · · · 0 0 1
.
On ainsi que fα est diagonalisable, quefαest inversible si, et seulement si, α6=−1 et que c’est une isométrie si, et seulement si,|1 +α|= 1, c’est à direα=−2puisque α6= 0.
Exercice 3
On considère la courbe paramétréeΓadmettant pour représentation paramétrique :
ϕ:t7→
x(t) =t+ 1 2t2 y(t) = t2
2 +1 t
, t∈R∗
1. Déterminerϕ 1
t
en fonction deϕ(t), et en déduire que l’on peut réduire le domaine d’étude de l’arc paramétré à[−1,0[∪]0,1].
On précisera quelle transformation permet d’obtenir la courbe en entier.
Pourt6= 0, on a :
x
1 t
=y(t) y
1 t
=x(t) .
On en déduit que l’on peut réduire le domaine d’étude de l’arc paramétré à[−1,0[∪]0,1].
On obtient le reste de la courbe à l’aide d’une symétrie par rapport à la droite d’équationy=x.
2. Etudierϕet tracerΓdans un repère orthonormé.
x0(t) =t3−1 t3 y(t) =t2−1
t2
. On en déduit le tableau de variations suivant :
t −1 0 1
x0(t) 2 + - 0
+∞ +∞
x % &
−1/2 3/2
y0(t) -2 - - 0
−1/2 +∞
y & &
−∞ 3/2
Pourt= 1, on a un point singulier.x00(1) = 3 ety00(1) = 3; on en déduit qu’il s’agit d’un rebroussement.
L’axe de symétrie permet de dire qu’il est de première espèce.
y x ∼
0 2t. On en déduit que lim
t→0
y x
= 0, puis que la courbe admet une branche parabolique de direction(Ox).
On obtient la courbe suivante :
Exercice 4 On munit le plan d’un repère orthonormé(O,~i,~j).
On considère la courbe paramétréeC admettant pour représentation paramétrique :
x(t) =asint y(t) =asin2t
cost
, oùa∈R∗+
1. a. Justifier que l’on peut réduire le domaine d’étude de l’arc paramétré à h 0,π
2 h
.
Les fonctions xet y sont 2π-périodiques, on peut donc réduire l’étude de l’arc à un intervalle de longueur 2π, et on aura l’intégralité de la courbe.
xest impaire, etyest paire. On peut donc étudier l’arc surh 0,π
2 h∪iπ
2, πi
, le reste de la courbe s’obtenant à l’aide d’une symétrie d’axe(Oy).
Enfin,x(π−t) =x(t)ety(π−t) =−y(t). On peut donc étudier l’arc surh 0,π
2 h
, la courbe correspondant à t∈iπ
2, πi
s’obtenant à l’aide d’une symétrie d’axe(Ox).
b. Etudier l’arc paramétré, puis tracerC poura= 2.
x0(t) =a cost
y(t) =a2 sintcos2t+ sin3t
cos2t =asint(1 + cos2t) cos2t
. On en déduit le tableau de variations suivant :
t 0 π/2 x0(t) + 0
a
x %
0 y0(t) 0 +
+∞
y %
0
La courbe admet une tangente horizontale pour t= 0 et une asymptote d’équationx=a.
On obtient la courbe suivante :
2. Pourt∈i 0,π
2 h
, on noteM(t)le point deC de coordonnées (x(t), y(t)).
a. Exprimer OM(t)à l’aide deaet det.
OM(t) =a s
sin2t+ sin4t cos2t =a
s
sin2t cos2t+ sin2t
cos2t =atant, cart∈i 0,π
2 h. b. La perpendiculaire à(OM(t))enM(t)coupe(0y)enN. Montrer queM N =a.
On note αl’angle−−−−→
OM(t),~j
. On a :tan(α) =x(t)
y(t) =cost sint = 1
tant. On a également (dans le triangleOM N rectangle enM) :tan(α) =M N
OM. On en déduit queM N =a.
c. Montrer que la perpendiculaire en O à (OM(t)), la parallèle à(Ox)enN et la normale àC enM(t)sont concourantes.
La perpendiculaire en Oà (OM(t))a pour équation :x(t)x+y(t)y= 0, c’est à dire :cost x+ sint y= 0, cart∈i
0,π 2 h
donccostsint6= 0.
Le pointN a pour ordonnée a
cost (qui est donnée par exemple avec le théorème de Pythagore dans le triangle OM N). La parallèle à(Ox)enN a donc pour équationy= a
cost.
La perpendiculaire enOà (OM(t))et la parallèle à(Ox)enN s’interceptent en le pointK de coordonnées −asint
cos2t , a cost
. Le vecteur −−→
M K a pour coordonnées
−asint(1 + cos2t) cos2t , acost
; il est donc normal à la tangente à la courbe en M (dont un vecteur directeur est donné par(x0(t), y0(t))). On en déduit que la normale à C en M(t)passe parK.