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5 Exercices du Chapitre 5

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Texte intégral

(1)

Soit j : (S(2)\{p}, d3) → (S(2), d3) l’injection de (S(2)\{p}, d3) dans son adh´erence (S(2)\{p}, d3) qui est ´egale `a S(2). La compositionj◦ϕ−1

(R2, ρ)ϕ

−1

−→(S(2)\{p}, d3)−→j S(2)

est donc aussi une isom´etrie qui poss`ede un prolongement uniform´ement continuψb au compl´et´e (Rc2,ρ) (Th´eor`eme 6.3 du Chapitre 4).ˆ

Les compositionsϕb◦ψb: (Rc2,ρ)ˆ → (Rc2,ρ) etˆ ψb◦ϕb :S(2) →S(2) coinc¨ıdent avec l’identit´e sur les sous-ensembles denses R2 et S(2)\{p}. Par l’Exercice 10.8, elles sont donc ´egales `a l’identit´e et ϕb est une bijection. Son inverse et elle sont uniform´ement continues. En fait, comme ˆρ(x, y) = ρ(x, y) = d3−1(x), ϕ−1(y)), surR2, il vient ˆρ(x, y) =d3(ϕb−1(x),ϕb−1(y)) par densit´e etϕbest une isom´etrie.

(v) Comme ˆϕ : S(2) → (Rc2,ρ) est un hom´eomorphisme, elle est continue.ˆ Enfin, comme la sph`ereS(2) est compacte dans (R3, d3), son image par ˆϕ:

Rc2=ϕ(Sb (2))

est compacte dans (Rc2,ρ) (cf. Th´eor`eme 4.1 du Chapitre 4).ˆ

5 Exercices du Chapitre 5

Exercice 8.1

Soit{fn} une suite de fonctions dansC0(K),K⊂Rn compact. Montrer que si{fn}estuniform´ement ´equicontinue et que pour chaquex∈K, la suite{fn(x)} dansRconverge vers une fonctionf :K→R,

fn(x)→f(x),

alors{fn}converge uniform´ement versf. (Une famille de fonctions{fα},fα:K→ R, estuniform´ement ´equicontinue si, pour chaqueε >0, il existeδ >0 tel que

∀α,∀y,ky−xk< δ, |fα(y)−fα(x)|< ε.)

Solution. (i) On montre d’abord quef est uniform´ement continue surK. Par hy- poth`ese la famille{fn} est uniform´ement ´equicontinue surK si

∀ε >0,∃δ >0,∀n≥1,∀x, y ∈K tel quekx−yk< δ, |fn(x)−fn(y)|< ε/3.

Pourx, y∈K tel que kx−yk< δ et toutn≥1, on a

|f(x)−f(y)| ≤ |f(x)−fn(x)|+|fn(x)−fn(y)|+|f(y)−fn(y)|

≤ |f(x)−fn(x)|+ε/3 +|f(y)−fn(y)|.

Commefn converge simplement versf, il existe Nxet Ny tels que

∀n > Nx, |f(x)−fn(x)|< ε/3 et ∀n > Ny, |f(y)−fn(y)|< ε/3.

(2)

Donc, pour tousx, y∈K tel quekx−yk< δ et toutn≥max{Nx, Ny}, on a

|f(x)−f(y)|< ε/3 +ε/3 +ε/3 =ε

⇒ ∀x, y∈K tel quekx−yk< δ, |f(x)−f(y)|< ε etf est uniform´ement continue surK.

(ii) Pour la convergence uniforme de{fn}versfsurK, on part de la continuit´e uniforme def surK :

∀ε >0,∃δ >0,∀x, y∈K tel quekx−yk< δ, |f(x)−f(y)|< ε/3 et on veut montrer qu’il existeN tel que

∀n > N,∀x∈K, |fn(x)−f(x)|< ε.

La famille de boules ouvertes {Bδ(x) : x ∈ K} est un recouvrement ouvert de K. CommeKest compact, il existe une suite finiex1, . . . , xm dansKtel queK⊂

mi=1Bδ(xi). Comme, il y a convergence simple,fn(xi)→f(xi) et il existeNitel que pour toutn > Ni,|fn(xi)−f(xi)|< ε/3. Donc, pourn > N = max{N1, . . . , Nm}

∀n > N,∀i, |fn(xi)−f(xi)|< ε/3. (5.1) Par ´equicontinuit´e uniforme de la famille {fn} sur K et continuit´e uniforme de f surK

kx−xik< δ ⇒ ∀n≥1,|fn(x)−fn(xi)|< ε/3

et |f(x)−f(xi)|< ε/3. (5.2) Enfin, en utilisant (5.2), pour chaquex∈K, il existeitel quekx−xik< δ et on a pour le premier et le troisi`eme terme

|fn(x)−f(x)| ≤ |fn(x)−fn(xi)|+|fn(xi)−f(xi)|+|f(xi)−f(x)|

< ε/3 +|fn(xi)−f(xi)|+ε/3

par ´equicontinuit´e uniforme de la famille {fn} sur K et continuit´e uniforme de f surK. Enfin, de (5.1), on a pour le second terme

∀n > N,∀x∈K |fn(x)−f(x)|< ε/3 +|fn(xi)−f(xi)|+ε/3

< ε/3 +ε/3 +ε/3 =ε.

Par d´efinition,{fn} converge uniform´ement versf surK.

Exercice 8.2

Soit (X, d) un espace m´etrique compact, l’ensemble X =ef{A:∅6=A⊂X et Aferm´e}

et ∀A∈ X,∀x∈X, dA(x)= infef

a∈Ad(a, x).

(3)

(i) Montrer que les fonctionsx7→dA(x) :X →R+ et (A, B)7→ρX(A, B)= supef

x∈X|dA(x)−dB(x)|:X × X →R+ sont bien d´efinies.

(ii) Montrer que pour toutA∈ X,d−1A {0}=A.

(iii) Montrer queρX est une m´etrique surX.

(iv) Montrer que (X, ρX) est un espace m´etrique complet.

Solution. (i) Pourx∈X, on a

∀a∈A, d(a, x)≥0

et le sous-ensemble{d(a, x) :a∈A}deRest born´e inf´erieurement par 0. Donc 0≤dA(x)= infef {d(a, x) :a∈A} ∈R

est l’applicationdA:X→R+ est bien d´efinie.

Les sous-ensembles ferm´esA etB du compactX sont des compacts. Comme les applications dA et dB sont lipschitziennes, elles sont continues et leur images dA(X) etdB(X) sont compactes et donc born´ees. En particulier,

sup

x∈XdA(x)≤MA et sup

x∈XdB(x)≤MB

⇒ ∀x∈X, 0≤ |dA(x)−dB(x)| ≤dA(x) +dB(x)

≤sup

x∈X

dA(x) + sup

x∈X

dB(x)≤MA+MB. Comme|dA(x)−dB(x)|est born´e sup´erieurement

0≤ρX(A, B)= supef

x∈X|dA(x)−dB(x)| ∈R et l’applicationρX :X × X →R+ est bien d´efinie.

(ii) Par d´efinition,d−1A {0}={x∈X :dA(x) = 0}. En particulierA⊂d−1A {0}.

Par d´efinition de l’infimum, pour toutn≥1, il existean∈Atel que dA(x)≤d(an, x)< dA(x) + 1

n.

La suite {an} ⊂ A est donc d-Cauchy dans X. Comme X est compact, X est complet et il existey∈X tel quean→y. Pour toutr >0, il existeN tel que

∀n > N, d(an, y)< r ⇒ Br(y)∩A6=∅ ⇒ y∈A.

On a d´emontr´e queA⊂d−1A {0} ⊂A. CommeAest ferm´e,A=Aetd−1A {0}=A= A.

(4)

(iii) Pour montrer queρX est une m´etrique, on doit v´erifier les trois axiomes.

Pour (M1). SiA=B, alorsdA=dB et ρX(A, B) = 0. SiρX(A, B) = 0, alors

∀x∈X, dA(x) =dB(x).

En utilisant le fait qued−1A {0}=Aetd−1B {0}=B, il vient (∀a∈A, dB(x) = 0 ⇒ A⊂d−1B {0}=B

∀b∈B, dA(x) = 0 ⇒ B⊂d−1A {0}=A )

⇒ A=B.

Pour (M2)

ρX(A, B) = sup

x∈X|dA(x)−dB(x)|= sup

x∈X|dB(x)−dA(x)|=ρX(B, A).

Pour (M3) etA,B,C dansX,

|dC(x)−dA(x)| ≤ |dC(x)−dB(x)|+|dB(x)−dA(x)|

⇒ |dC(x)−dA(x)| ≤ sup

x∈X|dC(x)−dB(x)|+ sup

x∈X|dB(x)−dA(x)|

⇒ sup

x∈X|dC(x)−dA(x)| ≤sup

x∈X|dC(x)−dB(x)|+ sup

x∈X|dB(x)−dA(x)|. (iv) Soit une suite de Cauchy {dAn} pour des ferm´es An, ∅ 6= An ⊂ X. CommeX est compact,C0(X) est un espace de Banach par le Th´eor`eme 2.3 (iv).

Il existe doncf ∈C0(X) tel quedAn→f. On veut d´emontrer qu’il existe un ferm´e A,∅6=A⊂X tel quef =dA. On prend comme ferm´e

A=ef{x∈X :f(x) = 0}. On fixex∈X. Alors, comme An est compact non-vide

∀n,∃an∈An, d(an, x) = inf

z∈An

d(z, x) =dAn(x)

⇒ lim

n→∞d(an, x) = lim

n→∞dAn(x) =f(x).

Donc la suite {an} ⊂X est born´ee. Par compacit´e de X, il existe une sous-suite, encore indic´ee parn, qui converge vers un pointy∈X :

an→y ⇒ d(y, x) =f(x).

En particulier,f(y) = 0, puisque dans l’in´egalit´e

f(y)≤[f(y)−dAn(y)] + [dAn(y)−dAn(an)]

| {z }

d(y,an)

+dAn(an)

| {z }

= 0

,

le dernier terme est z´ero etdAn est Lipschitz continue de constante 1. En passant `a la limite

|f(y)| ≤ |f(y)−dAn(y)|+d(y, an)→0 ⇒ f(y) = 0 ⇒ y∈A.

(5)

Par d´efinition ofA, An’est donc pas vide. Donc,

∀x∈X,∃y∈Atel que f(x) =d(y, x)≥ inf

z∈Ad(z, x) =dA(x)

⇒ ∀x∈X, f(x)≥dA(x).

On d´emontre maintenant l’in´egalit´e dans l’autre sens. Soitx∈X et ley∈A tel quef(x) =d(y, x) :

|f(x)−f(y)| ≤ |f(x)−dAn(x)|

| {z }

0

+|dAn(x)−dAn(y)|

| {z }

d(x,y)

+|dAn(y)−f(y)|,

| {z }

0

puisque dAn est Lipschitz de constante un. Enfin, le premier et troisi`eme termes tendent vers 0 par convergence uniforme. Commef(y) = 0, il vient

f(x)≤f(y) +d(x, y) =d(x, y)≥ inf

a∈Ad(x, a) =dA(x)

⇒ ∀x∈X, f(x)≤dA(x).

Comme la fonction limite f est ´egale `a dA pour un A, ∅ 6= A ⊂ X, X est bien complet.

Exercice 8.3

Soit Ω un sous-ensemble ouvert non-vide deRn. Montrer qu’il existe une suite croissante de compacts non vides Kk tel que Ω =∪k≥1Kk et, pour tout compact K⊂Ω, il existe k≥1 tel queK⊂Kk.

Solution. (i) Si∂Ω =∅, alors, comme Ω est ouvert,∁Ω =∁Ω et

∅= Ω∩∁Ω = Ω∩∁Ω ⇒ Ω⊂Ω⊂Ω ⇒ Ω = Ω.

Ω est donc un sous-ensemble non-vide `a la fois ferm´e et ouvert de l’espace connexe Rn. Ce n’est possible que si Ω =Rn. Dans ce cas on prend la suite de compacts

∀k≥1, Kk ef

= {x∈Rn:kxk ≤k} qui satisfait toutes les conditions.

(ii) Si∂Ω6=∅, alors Ω∩∁Ω6=∅, ∁Ω et Ω ne sont pas vides et∁Ω est ferm´e.

La fonction distanced(x) dex`a ∁Ω est bien d´efinie. On prend

∀k≥1, Kk ef

= {x∈Rn:kxk ≤ketd(x)≥1/k}.

Comme la norme et la fonction distance sont des fonctions continues,Kk est ferm´e.

Par d´efinition,Kk est contenu dans la boule compacteBk(0) deRn. Les ensembles Kk sont donc compacts comme sous-ensembles ferm´es de compacts. Enfin, pour toutk≥1,

∀x∈Kk, d(x)≥1/k >0 ⇒ x /∈∁Ω ⇒ x∈Ω ⇒ Kk⊂Ω.

(6)

La suite est croissante. Soit k ≥k≥1 et x∈Kk. Alors kxk ≤k ≤k, d(x)≥ 1/k≥1/ket Kk⊂Kk.

Enfin, soitK⊂Ω un compact. Comme la norme et la fonction distance sont des fonctions continues sur le compactK:

∃xM ∈K tel quekxMk= sup

x∈Kkx|| et ∃xm∈K tel qued(xm) = inf

x∈Kd(x) et, comme xm ∈ K ⊂ Ω, d(xm) > 0. Il suffit enfin de prendre un entier k ≥ max{1,kxMk,1/d(xm)} ce qui entraˆıneK⊂Kk.

Exercice 8.4

Soit Ω un ouvert non-vide deRn et

C(Ω)=ef{f : Ω→R|f continue sur Ω}

l’espace des fonctions continues sur Ω, o`u Ω n’est pas n´ecessairement born´e. Soit {Kk}la famille des sous-ensembles compacts construite dans l’Exercice 8.3 et pour toutf ∈C(Ω) etk≥1 on pose

qk(f)= supef

x∈Kk

|f(x)|. Montrer que la fonction

d(f, g)=ef X

k=1

1 2k

qk(f−g) 1 +qk(f−g) est une m´etrique surC(Ω).

Solution. On v´erifie les trois propri´et´es d’une m´etrique. Pour (M1), sif =g, alors pour toutk, qk(f −g) = 0 et d(f, g) = 0. Dans l’autre sens,d(f, g) = 0 entraˆıne qk(f) = supx∈Kk|f(x)| = 0 et f = g sur ∪k≥1Kk = Ω. (M2) est v´erifi´ee par d´efinition. Pour (M3) il suffit de reprendre la d´emonstration de l’Exercice 10.3 (iii) et (iv) du Chapitre 3. Par d´efinition,qk(f−g) = supx∈Kk|f(x)−g(x)|et

qk(f−g)

1 +qk(f −g)= 1− 1 1 +qk(f−g). Maintenant, puisqueqk(f−g)≤qk(f−h) +qk(h−g), il vient

1 +qk(f−g)≤1 +qk(f−h)) +qk(h−g) 1

1 +qk(f−g) ≥ 1

1 +qk(f−h) +qk(h−g)

≥ 1

1 +qk(f−h) +qk(h−g) +qk(f−h)qk(h−g)

= 1

(1 +qk(f −h)) (1 +qk(h−g)).

(7)

Donc

qk(f−g)

1 +qk(f−g)= 1− 1 1 +qk(f −g)

≤ 1− 1

(1 +qk(f−h)) (1 +qk(h−g))

= qk(f−h) +qk(h−g) +qk(f−h)qk(h−g) (1 +qk(f−h)) (1 +qk(h−g))

≤ qk(f−h) +qk(h−g) + 2qk(f−h)qk(h−g) (1 +qk(f−h)) (1 +qk(h−g))

= qk(f−h)

1 +qk(f−h))+ qk(h−g) 1 +qk(h−g). Finalement on somme des deux cˆot´es

X

k=1

1 2k

qk(f−g) 1 +qk(f−g)≤

X

k=1

1 2k

qk(f−h) 1 +qk(f−h))+

X

k=1

1 2k

qk(h−g) 1 +qk(h−g) etd(f, g)≤d(f, h) +d(h, g).

Exercice 8.5

(i) Montrer que siA∈ L(Rn) est inversible, alorsA−1∈ L(Rn).

(ii) Montrer que siA∈ L(Rn,Rm) est injective, alorsAA∈ L(Rn) est inver- sible, o`uA ∈ L(Rm,Rn) est l’application transpos´ee deA.

(iii) Montrer que pour A ∈ L(Rn,Rm), KerA et ImA sont des sous-espaces lin´eaires (espaces vectoriels).

Solution. (i) Soient α, β ∈ R et y1, y2 ∈ Rn. Comme A est inversible, il existe x1, x2∈Rn tel que yi=Axi. On montre queA−1 est lin´eaire

α x1+β x2=A−1(A(α x1+β x2)) =A−1(α A(x1) +β A(x2)))

⇒ α A−1y1+β A−1y2=A−1(α y1+β y2).

Comme on est dansRn, la lin´earit´e entraˆıne la continuit´e etA−1∈ L(Rn).

(ii) Par d´efinition,AA∈ L(Rn) et l’inversibilit´e est ´equivalente `a l’injectivit´e, c’est-`a-dire,AAx= 0 entraˆınex= 0. En effet,

AAx= 0 ⇒ 0 = (AAx)·x=Ax·Ax=kAxk2= 0 ⇒ x= 0 puisqueAest injective.

(iii) KerA={x∈Rn:Ax= 0}est ferm´e comme image inverse du ferm´e{0}.

Il est lin´eaire car pour toutα, β∈Ret x, y∈KerA,

A(αx+βy) =α Ax+β Ay=α0 +β0 = 0.

(8)

ImA={Ax:x∈Rn}est un sous-espace lin´eaire puisque toutα, β∈Retx, y∈Rn α Ax+β Ay=A(αx+βy)∈ImA.

Soity ∈ (ImA) un point d’accumulation de ImA. Il existe donc une suite{yk = Axk} dans ImA tel que yk 6= y et yk → y dans Rm. On a aussi vu que ImA = [KerA], Donc, pour toutz∈KerA

0 =yk·z→y·z ⇒ ∀z∈KerA, y·Az= 0

⇒ y∈[KerA]= ImA.

et ImAest ferm´ee.

Exercice 8.6

(i) Trouver et caract´eriser tous lesA∈GL(n) tels que

∀x, y∈Rn, kAx−Ayk=kx−yk (5.3) pour la norme euclidiennekxk surRn.

(ii) Est ce que l’ensemble

{A∈GL(n) :kAx−Ayk=kx−yk ∀x, y∈Rn} (5.4) forme un groupe ?

Solution. (i) Pour toutx∈Rn, on a

kAxk=kAx−A0k=kx−0k=kxk

⇒ ∀x∈Rn, kAxk2=kxk2 ⇒ ∀x∈Rn, Ax·Ax=x·x.

En particulier,

4Ax·Ay=A(x+y)·A(x+y)−A(x−y)·A(x−y)

= (x+y)·(x+y)−(x−y)·(x−y) = 4x·y

⇒ ∀x, y∈Rn, AAx·y=x·y ⇒ ∀x∈Rn, AAx=x ⇒ AA=I.

CommeAest inversible,A−1A=Iet, de ce qui p´ec`ede,A−1A=I=AAce qui donneA−1=A etAA =I.

(ii) On introduit la d´efinition suivante O(N)(n)=ef

A∈Gl(n) :AA=I=AA .

On a montr´e en (i) que tout A ∈ GL(n) v´erifant la propri´et´e (8.1), on a A ∈ O(N)(n). Dans l’autre sens siA∈O(N)(n), alors

∀x, y∈Rn, AA(x−y) =x−y

⇒ kA(x−y)k2=AA(x−y)·(x−y) =x−y·(x−y) =kx−yk2

(9)

et la propri´et´e (8.1)kA(x−y)k=kx−yk. On montre maintenant que O(N)(n) est un groupe pour la composition. PourA, B∈O(N)(n), (AB)AB =BAAB = BB =I et (BA)BA=ABBA=AA=I. DoncA◦BinO(N)(n). L’iden- tit´e appartient `a AB ∈ O(N)(n). Pour l’inverse, on a vu dans la partie (i) que A−1=A et donc (A−1)= (A)=A. Donc

(A−1)A−1=A A−1=I et A−1(A−1) =A−1A=I.

O(N)(n) est donc bien un sous-groupe de GL(n). C’est le groupe des isom´etries lin´eaires deRn : les transformations qui pr´ervent la distance dansRn. De plus, par continuit´e de la composition, O(N)(n) est un sous-groupe ferm´e deGL(n).

Exercice 8.7

SoitX =R\{0}et la fonction

x, y7→d(x, y)=ef|x−y|+ 1

x−1 y . Montrer que (X, d) est un espace m´etrique complet.

Solution. Par d´efinition de d, d(x, y) = 0 ⇐⇒ x =y et d(x, y) = d(y, x). Pour x, y, z∈X

|x−y|+ 1

x−1 y

≤ |x−z|+|z−y|+ 1

x−1 z +

1

z −1 y

≤ |x−z|+ 1

x−1 z

+|z−y|+ 1

z −1 y .

Soir{xn} une suite de Cauchy dans X. Pour tout ε >0, il existe N tel que pour toutm, n > N

|xn−xm|+ 1

xn− 1 xm

< ε.

Les suites{xn}et{1/xn}sont donc Cauchy dansR. CommeRest complet, il existe x, y∈Rtel que

xn→x et 1

xn →y ⇒ 1 =xn 1

xn →x y ⇒ x6= 0 ety= 1 x etx∈X.

Exercice 8.8

On consid`ere l’ensembleP(X) des sous-ensembles d’un ensemble arbitraireX y compris l’ensemble vide∅muni de l’op´erationdiff´erence sym´etrique △

A△B= [Aef \B]∪[B\A].

Montrer que (P(X),△) v´erifie les propri´et´es d’un groupe ab´elien :

(10)

(i) pour tousA, B∈ P(X),A△B∈ P(X) ;

(ii) pour tousA, B, C ∈ P(X), (A△B)△C=A△(B △C) ;

(iii) ∅ est l’´el´ement neutre pour lequel A △ ∅ = A = A △ ∅ pour tout A∈ P(X) ;

(iv) chaque A∈ P(X) poss`ede un inverse puisque A△ A=∅ (iciA est son propre inverse, c’est-`a-dire,A−1=A) ;

(v) (commutativit´e) A△B=B△A;

(vi) pour A, B, C∈ P(X), (A△B)∩C= (A∩C)△(B∩C).

Solution. On ´ecrira∁ApourX\A. (i) Par d´efinition.

(ii) On observe d’abord que, pourA, B∈ P(X),

∁(A△B) =∁A△B=∁B△A.

En effet,

∁(A△B) =∁([A∩∁B]∪[B∩∁A])

=∁[A∩∁B]∩∁[B∩∁A]

= (∁A∪B])∩(∁B∪A]) = (∁A∩∁B)∪(A∩B) =∁A△B SoientA, B, C ∈ P(X). On ´ecrira∁ApourX\A. On a

(A△B)△C= [(A△B)∩∁C]∪[C∩∁(A△B)]

= [ [A∩∁B]∪[B∩∁A]

∩∁C]∪[C∩ [∁A∩∁B]∪[B∩A]

]

= [A∩∁B∩∁C]∪[B∩∁A∩∁C]∪[C∩∁A∩∁B]∪[C∩B∩A]

= A∩ [∁B∩∁C]∪[C∩B]

∪ ∁A∩ [B∩∁C]∪[C∩∁B]

= A∩∁(B△C)

∪ ∁A∩(B△C)

=A△(B△C). (iii) Par d´efinition,A△∅= [A∩∁∅]∪[∅∩∁A] =A∩X =A.

(iv) Par d´efinition,A△A= [A∩∁A]∪[A∩∁A] =∅.

(v) Par d´efinition,A△B= [A∩∁B]∪[B∩∁A] = [B∩∁A]∪[A∩∁B] =B △A.

(vi) (distributivit´e) Par d´efinition,

(A△B)∩C= [A∩∁B]∪[B∩∁A]

∩C

= [A∩∁B∩C]∪[B∩∁A∩C]

= [(A∩C)∩∁B]∪[(B∩C)∩∁A]

= [(A∩C)∩(∁B∪∁C)]∪[(B∩C)∩(∁A∪∁C)]

= [(A∩C)∩∁(B∩C)]∪[(B∩C)∩∁(A∩C)]

= (A∩C)△(B∩C).

Exercice 8.9

SoitX un ensemble arbitraire et P(X) l’ensemble de tous les sous-ensembles deX incluant∅. Soit l’ensemble

{0,1}X=ef{toutes les applicationsf :X → {0,1}}

(11)

de toutes les applications d´efinies surX `a valeurs dans l’ensemble `a deux ´el´ements {0,1}. On associe `a chaqueA∈ P(X) lafonction caract´eristique

χA(x)=ef

(1, six∈A 0, six∈X\A.

(i) Montrer que l’application

A7→χA:P(X)→ {0,1}X est bien d´efinie et bijective.

(ii) Montrer que{0,1}X est ungroupe ab´elien pour l’op´eration

(f1△f2)(x)=ef|f1(x)−f2(x)| (5.5) et en d´eduire que

A△χB)(x) =|χA(x)−χB(x)|=χAB(x). (5.6) pour ladiff´erence sym´etrique entreA etB dansP(X)

A△B= [Aef \B]∪[B\A]. (5.7) (iii) Montrer que la fonction

d(f, g)= supef

x∈X|f(x)−g(x)| (5.8) d´efinit une m´etrique sur{0,1}X et que ({0,1}X, d) est complet.

(iv) Montrer que (P(X), ρ) est un espace m´etrique complet pour la m´etrique ρ(A, B)= supef

x∈XA(x)−χB(x)|.

(v) En supposant d´emontr´e queP(X) est un groupe ab´elien pour l’op´eration binairediff´erence sym´etrique(5.7) (voir la section 7.1 du Chapitre 5), mon- trer que△est continue par rapport `a la m´etriqueρ.

Solution. (i) L’application A7→χA: P(X)→ {0,1}X est clairement bien d´efinie.

Elle est injective. En effet, siχAB, alors pour toutx∈A,χB(x) = 1 et A⊂B et, r´eciproquement, pour tout x∈B, χA(x) = 1 et B ⊂A, d’o`u A =B. Elle est surjective puisque que pour tout f ∈ {0,1}X, on a, pour A = f−1{1} ∈ P(X), f−1{0}=X\Aet χA=f.

(ii) L’ensemble{0,1}Xest ungroupepour l’op´eration (5.5). En effet, la valeur absolue|f1(x)−f2(x)|de deux fonctions ne prenant que les valeurs 0 ou 1 est ´egale

`a 0 ou 1. Donc,f1 △f2∈ {0,1}X et, par d´efinition,f1△f2 =f2 △f1. L’´el´ement neutre est la fonction f = 0 et l’inverse de f est f car f △ 0 = 0 = 0△ f. C’est donc bien un groupe.

(12)

PourA, B∈ P(X),

A(x)−χB(x)|=

(1, six∈[A\B]∪[B\A]

0, six∈[A∩B]∪[X\B∩X\A].

Mais [X\B∩X\A] =X\(A∪B) etA∩B=X\[X\A∪X\B] et

X\(A∪B)∪X\(X\A∪X\B) =X\[(A∪B)∩(X\A∪X\B)] =X\(A\B∪B\A)

⇒ (χA△χB)(x) =|χA(x)−χB(x)|=χAB(x).

qui correspond `a prendre ladiff´erence sym´etrique (5.7) deAet deB dansP(X).

(iii) La fonction (5.8) est bien d´efinie. C’est une m´etrique. Pour (M1), f =g donne d(f, g) = 0 et si d(f, g) = 0, alors pour tout x ∈ X, |f(x)−g(x)| = 0 et f =g. (M2) est v´erifi´ee cardest sym´etrique par d´efinition. Enfin, on a l’in´egalit´e du triangle (M3) car ponctuellement pourf, g, h∈ {0,1}X

|f(x)−h(x)| ≤ |f(x)−g(x)|+|g(x)−h(x)|

≤ sup

x∈X|f(x)−g(x)|+ sup

x∈X|g(x)−h(x)|. L’espace{0,1}X est complet. Soit{fn}une suited-Cauchy :

∀ε >0,∃N tel que ∀n, m > N, d(fn, fm)< ε.

En raison de la m´etrique du supremum, pour chaque x ∈ X la suite {fn(x)} est Cauchy dansRet il existef(x)∈Rtel quefn(x)→f(x). Pour avoir la compl´etude, il faut montrer que f(x) ∈ {0,1}. Soit S = ∪n=1{fn(x)} l’ensemble des ´el´ements de la suite{fn(x)}.S est fini carS ⊂ {0,1}. En particulier, il existes∈S et une sous-suitefnk(x) =stelle que fnk(x)→s, c’est-`a-dire,

∃s∈S,∀k≥1,∃nk ≥ktel quefnk(x) =s.

Sinon,

∃N0,∀n≥N0, fn(x)6= 0 et ∃N1,∀n≥N1, fn(x)6= 1

⇒ ∀s∈S, ∀n≥max{N0, N1}, fn(x)6=s

⇒ ∀n≥max{N0, N1},∀s∈S, fn(x)6=s.

Ceci voudrait dire que la suite{fn(x)}est finie ce qui est une contradiction. Comme toute sous-suite de la suite initiale {fn(x)} converge vers la mˆeme limite on en conclut que f(x) ∈ {0,1}. La fonction limite f appartient donc `a {0,1}X qui est complet.

(iv) En utilisant la bijection (5.6) et le fait que{0,1}X soit complet, on peut maintenant d´efinir la m´etrique ρ(A, B) = d(χA, χB) sur P(X) via les fonctions caract´eristiques puisque de la partie (i)

{0,1}X={χA:A∈ P(X)}.

(13)

Le groupe (P(X), ρ) est donc un espace m´etrique complet.

Enfin, pour la continuit´e au point (A, B), on prend un autre point (C, D) ρ(C△D, A△B)

= sup

x∈XCD(x)−χAB(x)|

≤ sup

x∈X||χC(x)−χD(x)| − |χA(x)−χB(x)||

≤ sup

x∈X|(χC(x)−χD(x))−(χA(x)−χB(x))|

≤ sup

x∈X|(χC(x)−χA(x))−(χD(x)−χB(x))|

≤ sup

x∈XC(x)−χA(x)|+ sup

x∈XD(x)−χB(x)|=ρ(C, A) +ρ(D, B).

La fonction est donc non seulementρ-continue en (A, B), mais aussi lipschitzienne surP(X).

Exercice 8.10

Soit (X, d) un espace m´etrique compact etC0(X;Rk) pour k≥1 muni de la norme

kfkC0 ef

= sup

x∈Xkf(x)k, kyk= Xk

i=1

|yi|2

!1/2

. (5.9)

D´emontrer les ´enonc´es suivants.

(i) SiS est un sous-ensemble compact deC0(X;Rk), alorsS est ferm´e, (a) S est uniform´ement ´equicontinu et

(b) S est uniform´ement born´e, c’est-`a-dire, ∃M > 0, ∀f ∈ S, ∀x ∈ X,kf(x)k ≤M.

(ii) R´eciproquement, si S est un sous-ensemble de C0(X;Rk) v´erifiant (a) et (b), alors l’adh´erenceS deS est compacte dansC0(X;Rk).

Solution. (i) SiS est compact, il est ferm´e.

(a) (S est ´equicontinue). Pourε > 0, la famille de boules ouvertes{Bε(f) : f ∈S}est un recouvrement ouvert du compactS. Il existe doncf1, . . . , fm∈S tel que

S⊂ ∪mi=1Bε(fi).

Donc, pour toutf ∈S, il existeitel que sup

x∈Xkf(x)−fi(x)k< ε/3. (5.10) Comme les ´el´ementsf deC0(X;Rk) sont uniform´ement continus,

∀i,∃δi>0,∀x, y∈X, d(x, y)< δ, kfi(y)−fi(x)k< ε/3.

(14)

On prendδ= min{δ1, . . . , δm}>0 etx, y∈X tel qued(x, y)< δ kf(y)−f(x)k ≤ kf(y)−fi(y)k

| {z }

ε/3

+kfi(y)−fi(x)k

| {z }

ε/3

+kfi(x)−f(x)k

| {z }

ε/3

⇒ ∀x, y ∈X, d(x, y)< δ, ∀f ∈S, kf(y)−f(x)k< ε.

(b) Comme S est compact dans C0(X;Rk), il est ferm´e et born´e. Il existe donc M >0 tel que

∀f ∈S, sup

x∈Xkf(x)k=kfkC0≤M.

(ii)On montre maintenant la r´eciproque. ´Etant donn´e la familleS qui v´erifie (a) et (b), il faut montrer la compacit´e s´equentielle deS : pour toute suite {fn} ⊂ S, il existef ∈S et une sous-suite{fnk} tel quefnk →f dansC0(X;Rk), c’est-`a-dire, uniform´ement dansX.

Par uniforme ´equicontinuit´e deS,

∀ε >0,∃δ >0,∀n,∀x, y∈X, d(y, x)< δ, kfn(x)−fn(y)k< ε/3.

Par compacit´e de X, il peut ˆetre couvert par un nombre fini de boules Bδ(xj), x1, . . . , x∈X. Comme, pour chaquej et n, la suite{fn(xj)} est born´ee, il existe une sous-suite{fnk}de{fn} que l’on ´ecrira{fn} et il existeN tel que

∀j,1≤j≤ℓ, ∀n, m > N, kfn(xj)−fm(xj)k< ε/3.

Cette sous-suite est Cauchy dansC0(X;Rk). En effet, pour toutx∈X, il existexj

tel qued(x, xj)< δ et pour tousm, n > N

kfm(x)−fn(x)k ≤ kfm(x)−fm(xj)k+kfm(xj)−fn(xj)k+kfn(xj)−fn(x)k

< ε/3 +ε/3 +ε/3 =ε.

Comme les fonctions de la sous-suite{fn}sont uniform´ement continues, il existef ∈ C0(X;Rk) tel quefn converge uniform´ement versf et cef appartient `a l’adh´erence S deS. Donc,S est compact dansC0(X;Rk).

6 Exercices du Chapitre 6

Exercice 7.1

Soit f : [a, b] → R telle que f(x) existe et soit uniform´ement continue sur ]a, b[ . Montrer que, pour toutε >0, il existeδ >0 tel que

∀x, y∈]a, b[,0<|y−x|< δ,

f(y)−f(x)

y−x −f(x) < ε.

On dit quef estuniform´ement d´erivable sur ]a, b[ .

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