ÉDITO
L’ H E B D O M A D A I R E D U S Y N D I C AT N AT I O N A L D E S E N S E I G N E M E N T S D E S E CO N D D E G R É
ENJEUX 3-4
•GARDE À VOUS !
•UNE ÉCOLE « RENTABLE » ?
•BUDGET 2007 :
SERREZ VOTRE CEINTURE
SUR LE TERRAIN 5
•CAMPAGNE DE TERRAIN : PREMIERS ÉCHOS
•CARTE PÉTITION : POUR L’EMPLOI PUBLIC ET NOS SALAIRES
ENTRE NOUS 6-7
•HORS-CLASSE DES CERTIFIÉS : L’AVOIR OU PAS !
•MOUVEMENT INTER : LE BARÈME EN DANGER
•REMPLACEMENTS DE COURTE DURÉE
SOMMAIRE
N° 642 14 OCTOBRE
2006
La grève du 28 septembre, dans un contexte difficile, a été suivie par près d’un enseignant sur trois. Le SNES entend s’appuyer sur cette première mobili- sation pour aller plus loin contre les projets du gouvernement.Alors que le ministre de la Fonction publique maintient son refus de toute nouvelle discussion sur les salaires, alors que la discussion d’un budget, une fois de plus catastro- phique pour le second degré, s’ouvre au Parlement, le ministre de l’Éducation va diffuser un projet de décret remettant gravement en cause les décrets de 50.
Il s’agit d’abord de convaincre l’ensemble de la profession que la période qui nous sépare des échéances présidentielles doit être impérativement utili- sée pour agir et mener campagne. Il faut,en effet,obtenir des résultats dans l’im- médiat, mais aussi imposer que les propositions du SNES et de la FSU pour d’autres choix éducatifs soient présentes dans le débat public des présiden- tielles. C’est dans ce but que le Bureau national du 10 octobre a décidé de don- ner une nouvelle impulsion à la campagne de présence sur le terrain des militants des S2, S3 et S4. À chaque établissement sa réunion avec des responsables du SNES.Ces réunions seront aussi l’occasion de relancer la syndicalisation,et si besoin l’activité du S1,tout en amorçant la préparation des congrès FSU et SNES.
Sur la base de cette campagne essentiellement tournée vers la profession et qui doit durer au moins tout le premier trimestre, le SNES pourra lancer, notam- ment à partir du mois de janvier, une campagne en direction de l’opinion publique permettant au SNES et à la FSU de peser dans le débat des pré- sidentielles. Dans ce cadre, l’idée d’une initiative nationale (manifestation nationale par exemple) doit continuer à être débattue.
Le BN du SNES a rappelé ou pris les décisions complémentaires suivantes :
• campagne de signature de la carte pétition sur les salaires
SIMPLE EXÉCUTANT ?
«
L
es droits et devoirs des enseignants, c’est d’être fidèle aux textes et circulaires officielles. Quand on est fonctionnaire de l’État on obéit aux circulaires officielles de l’État. »(1)Dans la foulée de son prédécesseur qui ne voyait pas pourquoi un enseignant ne pourrait pas remplacer au pied levé son collègue absent, Gilles de Robien dessine déclaration après déclaration le portrait du professeur idéal dans son esprit : un simple exécutant de consignes, définies en haut lieu, et qu’il n’a pas à commenter ou discuter. Une conception du métier qui s’accorde bien avec celle d’une école à deux vitesses où l’on renonce à l’ambition pour tous.Dès lors, pourquoi ce professeur ne pourrait-il pas travailler plus longtemps, enseigner plusieurs disciplines, remplacer l’un ou l’autre? C’est ainsi qu’au travers du projet de réécriture des statuts de 1950 qui régissent l’organisation du service des enseignants,
©Thierry Nectoux
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AVANT LA PRÉSIDENTIELLE
LE MOMENT D’AGIR ET DE MENER CAMPAGNE
c’est l’alourdissement du temps et de la charge de travail de tous qui est programmée: polyvalence, élargissement des missions, remise en cause d’allègements de service. Avec à la clé des économies d’emplois substantielles. Balayée l’idée que nous exerçons un métier de conception, qui nécessite de réfléchir aux contenus, à l’élaboration de séquences pédagogiques complexes, qui exige un haut niveau de qualification et de formation disciplinaire. Balayée l’idée que ce métier ne peut se passer d’échanges et nécessite donc du temps de concertation mais aussi de formation tout au long de la carrière. C’est pourtant bien cette approche du travail des enseignants qui a permis les progrès de scolarisation des trente dernières années. Ce n’est
pas en l’abandonnant que l’on fera mieux réussir les élèves.
■Claudie Martens, cosecrétaire générale (1) France Inter, le 10/10/2006.
Temps de travail :
la coupe est pleine
P O I N T D E V U E Jeunes scolarisés : droit à l’éducation
La chasse à l’enfant reprend de plus belle, les interpellations, les mises en centre de rétention, les expulsions se multi- plient : dans les Hauts-de-Seine, dans l’Yonne, à Lyon, à Paris… partout en France avec son lot d’angoisses, de situa- tions dramatiques, de solidarités (deux enfants Makombo sont actuellement hébergés et scolarisés à Paris pour éviter l’expulsion de leur mère). Partout aussi, la mobilisation donne souvent des vic- toires. Dernier cas exemplaire : Nadjah et ses deux enfants sont ainsi sauvés de l’expulsion.
Pourtant, ils remplissaient tous les cri- tères pour être régularisés cet été. Mais les enfants ne veulent plus aller en classe, craignant de s’y faire arrêter ; car, de plus en plus, la police intervient à l’école ou à proximité d’écoles pour se saisir d’en- fants ou se saisir de leurs parents. Cela s’est produit à Chartres, à Tulles, à Pan- tin… Le 4 octobre, Gérard Aschieri a adressé une lettre ouverte au ministre de l’Éducation nationale lui demandant de faire cesser ces pratiques et de faire res- pecter le droit à l’éducation pour tous.
La FSU a décidé d’interpeller ainsi le ministre à chaque audience,dans chaque instance. Le SNES appelle les personnels à rester mobilisés pour défendre leur élèves notamment les jeunes majeurs scolarisés actuellement très menacés.
Marylène Cahouet
décidée par les fédérations de fonc- tionnaires FSU, CGT, UNSA, FO et CGC;
• dans le cadre de l’action décidée par les fédérations de l’Éducation, interpellation directe (délégations, motions) des parlementaires par les S1 à partir de la situation de leur établissement. Un Courrier de S1 donnera les principaux éléments du budget ainsi que des lettres types faci- litant l’intervention des S1.L’idée d’un temps fort de cette action à l’occasion de l’examen du budget à l’Assemblée, le 17 novembre, est avancée ;
• lancement d’une pétition (élec- tronique et US) sur le temps de tra- vail,refusant tout alourdissement de la charge de travail alors même que les enseignants n’ont bénéficié d’aucune réduction de temps de travail et exi- geant l’ouverture de discussions sur des sujétions particulières non prises en compte jusqu’ici (aspects spéci- fiques de l’exercice en collège,notam- ment dans les zones difficiles,année de néotitulaire, missions des TZR) ou sur l’intégration de la concertation dans le service actuel des enseignants ;
• appel à la mise en œuvre des actions de refus concernant les conseils pédagogiques, la note de vie scolaire et les remplacements de courte durée ;
• appel à l’utilisation systématique
de l’espace « Expression des S1 » du site national du SNES pour donner à chaque initiative prise au niveau local, tout l’écho nécessaire au plan national.
■Bernard Boisseau, [email protected]
©Thierry Nectoux
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Communiqué
Les initiateurs de la pétition en faveur de Robert Redeker publiée dans Le Monde daté du 3 octobre 2006 présentent leurs excuses aux adhérents et aux responsables du SNES.
Le texte de la pétition pouvait en effet laisser croire, à tort, que le SNES ne soutenait pas Robert Redeker.
Or le SNES, dès le vendredi 29 septembre, avait clairement dénoncé les menaces pesant sur Robert Redeker.
Le texte de la pétition signé par les 25 premiers signataires ne contenait d’ailleurs aucune allu- sion au SNES.
C’est à la suite d’une erreur informatique qu’une version ancienne du texte, rédigée avant le 29 septembre, a été envoyée au Monde.
Pour les signataires, Michel Taubmann
Suite de la page 1
AVANT LA PRÉSIDENTIELLE
LE MOMENT D’AGIR ET DE MENER CAMPAGNE
©Clément Martin
PROFESSEURS
GARDE À VOUS ! ATTAC
E N J E U X
“Partout où il y a esclavage, il ne peut y avoir éducation”
CHODERLOS DE LACLOS
C
’est devenu le credo du ministre Gilles de Robien : on ne peut accepter que les ensei- gnants « se refusent à appliquer la bonne méthode », et « les décisions de leur ministre »(1). Lorsque les enseignants, leurs associations, les mouvements pédagogiques, les chercheurs et même les inspecteurs rétorquent que les textes ministériels concernant la lecture sont très éloi- gnés de la caricature simpliste qu’en fait le ministre, qui a raison ? Le ministre du haut de sa très grande compétence en la matière ? Ou bien les treize associations et syndicats qui ont choisi eux, de présenter une réponse collec- tive sous forme d’un quatre pages soigneuse- ment argumenté « Apprendre à lire, pas si simple ! » ci-dessous, pour alimenter un débat qui malheureusement, à coup de shows média- tiques, semble renoncer si souvent à l’intelli- gence ?P
ublié fin août, le rapport de René Passet, établi sur la base de trois rapports d’ex- perts indépendants, a établi l’existence d’une« manipulation » qui a faussé les résultats des élections au conseil d’administration d’Attac de juin dernier. Début octobre, une étude, conduite toujours par René Passet, a apporté la preuve matérielle de cette fraude « à l’avan- tage de la tendance favorable à la présidence sortante ».
Cet événement est d’une gravité extrême pour une association qui a suscité tant d’espoirs de renouveau. Il est de la responsabilité de tous de l’admettre et de s’engager à tout faire pour rétablir la confiance et relancer la vie de l’as- sociation.
La FSU a toujours pris des initiatives pour rechercher des compromis acceptables par tous.
Les décisions prises par le CA vont dans ce sens. Le bureau et le président ont remis leurs mandats, treize membres du CA, parmi les représentants des actifs, viennent de démis- sionner du CA suite aux conclusions de la com- mission d’enquête, s’estimant élus avec des
« voies indues ». Une commission exécutive paritaire s’est substituée au président et au bureau qui ont remis leurs mandats. Le prési- dent sortant a pris la décision de ne pas se représenter. De nouvelles élections sont orga- nisées pour le début décembre avec des garan- ties de régularité.
Le SNES considère qu’il est urgent que soit élu un CA légitime qui fonctionne sur la base de la recherche du consensus et de la synthèse. Il a soutenu la réforme des statuts qui donne une place prépondérante aux adhérents dans la direction de l’association. Il appelle les adhé- rents à voter en faveur de cette réforme pour que le quorum requis soit atteint.
D’autre part, en vue de ces élections, la FSU a soutenu la constitution d’une liste unitaire des fondateurs associant les diverses sensibilités.
Aujourd’hui, tout doit être fait pour préserver l’unité et l’avenir de l’association.
Les débats sur les orientations et la nature de l’association, sur une future évolution des sta- tuts concernant le rôle des fondateurs, sont légitimes, mais ils ne doivent pas servir à divi- ser l’association entre une majorité et une minorité, à dresser un camp contre un autre. Le SNES reste attaché à la conception d’une asso- ciation d’éducation populaire tournée vers l’action, et s’oppose à une évolution vers une organisation partisane, dominée par des enjeux de pouvoir. Il est favorable à l’exercice collec- tif de la direction.
L’association doit maintenant rebondir en s’ap- puyant sur la richesse du travail de ses comités locaux.
Les syndiqués seront amenés à débattre de la position de la FSU dans le cadre de la prépara- tion de son congrès.
■ Daniel Rallet certaines disciplines doivent eux aussi être
prescrits par notre élite bien pensante. Après la loi du 23 février 2004 prescrivant d’ensei- gner le rôle positif de la colonisation, c’est maintenant Thierry Breton qui entreprend de transformer le regard qu’ont les Français sur l’économie en créant un Conseil pour la dif- fusion de la culture économique (CODICE), qui se propose des initiatives en direction de l’Éducation nationale.
Ce qui est en jeu, c’est l’existence d’une « pen- sée officielle » qui voudrait se substituer au nécessaire débat et remplacer l’expertise scien- tifique sur les contenus enseignés et la manière de les enseigner, par des orientations pure- ment idéologiques. Des appels démagogiques au « bon sens », à la « loyauté », et un autorita- risme de plus en plus virulent sont utilisés pour construire une méfiance a priori envers les enseignants.
POUR UNE EXPERTISE PARTAGÉE DES QUESTIONS D’ÉDUCATION Nous ne pensons pas au SNES que les contenus d’enseignement et les pratiques pédagogiques soient au-dessus de toute critique. Bien au contraire ! C’est pour cette raison qu’on été créés il y a une quinzaine d’années nos Obser- vatoires des programmes et des pratiques.
Nous affirmons même haut et fort que l’Édu- cation ne réussira pas le pari d’une démocra- tisation au niveau où l’exige notre époque sans une grande remise en chantier de ces questions. Le défi est de taille et nécessite ce que peu de ministres ont osé faire jusqu’à maintenant : investir dans des recherches et des évaluations partagées par les acteurs. Or, on l’a vu avec le dernier rapport de l’OCDE (voir L’US n° 641), les évaluations, même lors- qu’elles sont nuancées, sont systématique- ment utilisées contre les enseignants, contre l’école, y compris là où elle ne fonctionne pas trop mal. L’école ne se transformera qu’avec des enseignants acteurs de cette transforma- tion, créateurs de leurs pratiques pédago- giques, experts – en recherche permanente – sur les contenus qu’ils enseignent : c’est pour nous le sens d’une « liberté pédagogique » qui ne peut, bien sûr, s’affirmer contre les textes en vigueur.
Il s’agit de mettre l’intelligence au pouvoir, ce qui semble un minimum indispensable pour éveiller et faire grandir celle des jeunes dont nous avons la charge.
■ Sylvie Nony [email protected] (1) Déclaration de Robien devant le Sénat, jeudi 5 octobre.
« Bonnes pratiques » : s’agit-il de mettre l’intelligence au pouvoir ou de mettre les enseignants « au pli » ?
Médecins de prévention : enfin des créations !
Le budget 2007 fait apparaître 20 créations de postes de médecins de prévention. C’est un nombre tout à fait important que nous devons saluer comme une reconnaissance de l’importance de la santé au travail, trop longtemps absente des préoccupations ministérielles. C’est aussi une victoire pour les organisations syndicales et notamment la FSU qui se bat dans les CHS depuis des années pour faire créer des postes de médecins, et faire prendre en compte les besoins.
Le dernier rapport d’activité de la médecine de prévention faisait état de la présence de 76 médecins (dont seulement 14 titulaires, 16 contractuels et donc une majorité de vacataires), une cinquantaine possédant un diplôme de médecine du travail. Ce chiffre est éloquent : un médecin doit surveiller la santé de 18 000 agents en moyenne.
La création de 20 postes est donc un pas important pour un meilleur suivi, car les besoins sont en progression. Outre les visites médicales (pour la plupart à la demande des collègues), le suivi des personnels à risque, les médecins doivent assurer des visites sur le terrain, étudier les postes de travail, former des agents à la prévention des risques (ACMO notamment)... L’application du protocole de suivi des personnels ayant été exposés à l’amiante implique également un travail supplémentaire pour les médecins.
Une inquiétude cependant : il faut que l’administration RECRUTE ces médecins, ce qui ne sera pas facile : pénurie, autres fonctions médicales jugées plus attractives, etc. Faute de quoi, ces créations ne seraient qu’un effet d’annonce ! Lors du CCHS du 12 octobre, le SNES et la FSU demanderont au ministère quels moyens seront mis en œuvre pour que ces postes soient effectivement pourvus.
Démenti
Dans une US de l’année scolaire dernière, nous avions indiqué que le SNPDEN(1) avait fait pression sur le ministère pour empêcher, dans la loi Fillon, l’introduction d’un article sur la liberté pédagogique des enseignants.
Il n’est pas inutile de rappeler cet article (article L912-1-1 du Code de l’éducation) : « La liberté pédagogique de l’enseignant s’exerce dans le respect des programmes et des instructions du ministre chargé de l’éducation nationale et dans le cadre du projet d’école ou d’établissement avec le conseil et sous le contrôle des membres des corps d’inspection. Le conseil pédagogique prévu à l’article L. 421-5 ne peut porter atteinte à cette liberté ».
Le SNPDEN a démenti toute intervention de cette nature auprès du ministère.
Nous rendons compte bien volontiers de ce démenti d’abord afin de respecter la rigueur des informations que nous publions, même si notre informateur nous semblait de bonne foi. Ensuite parce que ce démenti laisse donc entendre une acceptation du SNPDEN de l’idée que seuls les corps d’inspection, y compris concernant le projet d’établissement, interviennent dans le cadre de la liberté pédagogique des enseignants, liberté qui doit, bien sûr, respecter les programmes et les instructions ministérielles.
(1) SNPDEN : Syndicats des chefs d’établissement affiliés à l’UNSA
APRÈS LA FRAUDE,
SAUVER L’ASSOCIATION
CACHAN
VERS UNE SOLUTION ?
L
e gouvernement a enfin cédé après 45 jours de lutte grâce aux mobilisations, aux mani- festations, au soutien quotidien de militants et de personnalités. Dans ce combat, le SNES et la FSU ont été présents tant au niveau national que local.Maintenant, peu à peu les occupants du gym- nase partent vers leurs logements. Non sans tensions ni inquiétude. L’évacuation a été ren- due possible par l’engagement de reloger et de regarder « tous les dossiers des sans-papiers individuellement ».
Si les familles concernées ont exprimé leur soulagement, leur joie, elles manifestent aussi leur volonté d’obtenir des solutions réelles.
« Les gens du gymnase veulent savoir qui part
et où » souligne Patrick Gaubert, président de la LICRA. Revendication légitime. Si les gré- vistes de la faim – qui ont tenu à remercier tous ceux qui les ont soutenus – ont cessé leur mouvement au bout de 45 jours, c’est parce que des solutions semblaient acceptables pour tous. Mais la vigilance s’impose : des solutions pérennes de relogement doivent être prises. Et les déclarations de Sarkozy ne laissent pas d’inquiéter. L’étude des dossiers risque bien de se faire selon le même arbitraire que celui qui a prévalu lors de l’application de la circu- laire de juin.
Est-ce bien une solution humaine ? Assuré- ment, le SNES sera très attentif à l’évolution de la situation. ■ Marylène Cahouet Le SNES, le SNUipp et de nombreuses autres organisations syndicales, pédagogiques, de parents
d’élèves ont protesté contre l’éviction de R. Goigoux, lors du discours du ministre aux formateurs IUFM, rassemblés au Collège de France le 2 octobre dernier.
UNE PENTE POUJADISTE INQUIÉTANTE On rirait du ridicule atteint par certains pres- tataires de services pour relayer cette cam- pagne (animateurs, enseignants cooptés à la cause…) si les dégâts n’étaient pas si graves : un inspecteur menacé de sanctions, un ensei- gnant-chercheur interdit de formation à l’ESEM, tous les deux pour « délit d’opinion » et, au-delà, un sabotage entretenu de la nécessaire confiance entre parents et enseignants.
La lecture n’est pas le seul terrain de l’offen- sive : les contenus d’enseignement dans
©Thierry Nectoux
BUDGET 2007
SERREZ VOTRE CEINTURE
CPGE : post-bac et LMD
Le SNES a été reçu par la direction générale de l’enseignement supérieur pour finaliser les deux projets de décrets concernant l’organisation des classes préparatoires et des BTS. Nous avons obtenu que l’attestation descriptive de la formation suivie en prépa ou en BTS mentionne l’attribution de crédits ECTS, sur la base d’une grille nationale de référence, qui sera établie à partir des programmes nationaux.
Les modalités de poursuite d’études dans un autre établissement, en licence à l’Université par exemple, seront définies par une convention locale. Celle-ci mettra en cohérence les formations des lycées avec celles de l’établissement d’accueil, qui validera les acquis des étudiants en s’appuyant sur un jury comprenant les enseignants du lycée d’origine. La réussite au BTS, ou l’entrée dans une grande école après deux ans de prépa, entraîne l’attribution automatique de 120 crédits ECTS (European Credit Transfer System). D’autre part, le ministère souhaite écrire dans le texte BTS la priorité d’accès aux bacheliers technologiques. Reste à trouver une formulation qui n’enferme pas telle série du bac sur un petit nombre de BTS et n’écarte pas les bacheliers généraux de ces formations très demandées. Ces deux décrets viendront compléter celui adopté pour la réforme des études de comptabilité en juin, qui mentionnait la répartition des crédits ECTS pour chaque diplôme (DCG (diplôme de comptabilité gestion) et DSG (diplôme supérieur de gestion). Les formations supérieures des lycées devraient ainsi être inscrites dans l’architecture LMD avec le cadrage national que nous souhaitions.
CPGE :les adhérents du SNES enseignant en CPGE peuvent demander leur inscription sur la liste de diffusion SNES-CPGE en envoyant un courriel indiquant leurs lycée et classes au secteur prépa : [email protected]
SMS : série technologique
Le JO n° 225 du 28 septembre a publié l’arrêté du 1erseptembre 2006 qui officialise la nouvelle grille horaire et les programmes rénovés de la série « Sciences et Technologies de la Santé et du Social »(ST2S) dès la rentrée 2007 pour la classe de Première. Cet arrêté devrait être publié au BO du 26 octobre.
Cette mise en application hélas ne tient compte qu’en partie des appréciations du CSE de juillet dernier. En effet, si les contenus des programmes ont été votés à la quasi unanimité il n’en a pas été de même pour la grille horaire, qui n’a obtenu qu’une seule voix.
Le CSE a approuvé par contre sur proposition du SNES une autre grille horaire, avec notamment le maintien de l’enseignement de l’économie en Terminale (en alternance avec celui d’histoire-géographie) et l’introduction de deux enseignements facultatifs: la maîtrise de l’outil informatique en Première et la préparation aux concours en Terminale(1). On peut s’interroger sur la mise en application d’horaires qui sont loin de faire l’unanimité.
Pour ce qui concerne la Seconde SMS et la Première d’adaptation, elles sont maintenues en l’état. Il reste que sur le terrain nous devons être vigilants pour que les Secondes, option SMS/STBP et les Premières d’adaptation soient proposées dans les meilleures conditions.
(1) D’autres infos sur le site www.snes.edu
ENTRETIEN
UNE ÉCOLE
“RENTABLE” ?
E N J E U X
«La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent. »
ALBERT CAMUS
Le projet de budget 2007 est désormais connu. Il consacre un désengagement majeur de l’État et confirme que le second degré est largement touché par les restrictions budgétaires.
UN ÉTAT RABOUGRI
L’évolution du budget de l’État ces deux der- nières années est éloquente sur la place que le gouvernement entend lui donner dans notre société. Il s’agit d’un véritable effondrement des crédits en euros constants (voir graphique1) ainsi qu’une place sans cesse réduite du poids de l’État dans les richesses produites (voir gra- phique 2). Diminution du pouvoir d’achat des personnels, rétrécissement des champs d’inter- vention de l’État : tout est bon pour diminuer les dépenses inscrites aux budgets. Une telle dimi- nution ne sera pas sans conséquences : l’État ne sera plus en situation de remplir ses missions à la hauteur des besoins,même si une faible partie de la diminution de ce budget découle de la mise en œuvre de la décentralisation votée en 2004.
S’agissant de la question du pouvoir d’achat, il n’est prévu au budget qu’une augmentation du point d’indice de 0,5 %, alors que le gou- vernement prévoit lui-même une inflation de 1,8 % :le gouvernement décide donc d’une nouvelle baisse du pouvoir d’achat des fonc- tionnaires en 2007.
L’ÉDUCATION NATIONALE LARGEMENT TOUCHÉE
La prétendue priorité affichée par le gou- vernement est une illusion. La part du budget de l’Éducation nationale dans les richesses pro- duites recule (voir graphique 3). Des suppres- sions d’emplois sont prévues parmi les admi- nistratifs des inspections académiques, des rectorats et du ministère, avec les difficultés que cela engendrera pour les personnels et les usagers. L’effort fait pour le supérieur est infé- rieur aux engagements pris.
LE SECOND DEGRÉ MATRAQUÉ
Le second degré est frappé de plein fouet par les restrictions budgétaires. Les crédits baissent de 1,41 % en euros courants(1). Même en tenant compte de la décentralisation des TOS vers les départements et les Régions, la baisse en euros constants est sans précédent.L’équivalent de 2 880 emplois sont supprimés au titre de la diminution des décharges statutaires condui- sant les enseignants concernés à être moins payés ou à travailler plus. Les emplois de sta- giaires supprimés (– 1 011 emplois) confirment la baisse des recrutements, rendant impos- sible le remplacement des prochains départs à la retraite et annonçant par là même de nou- velles suppressions d’emplois pour l’année sui- vante. 2 000 emplois sont supprimés au titre de la baisse démographique, oubliant que les struc- tures pédagogiques des établissements sont désormais tellement « tendues » que l’économie
de ces emplois ne peut se faire que par une nouvelle disparition d’options et de dédouble- ments.
Moins pour les élèves, moins pour les person- nels : curieuse priorité que celle du budget de l’Éducation nationale.
■Daniel Robin [email protected]
(1) Évolution globale des crédits des programmes « ensei- gnement public du second degré » et « vie de l’élève ».
Le système éducatif français est contesté pour ses résultats.
Les investissements faits sont-ils à la hauteur des exigences de la démocratisation attendue ? Thierry Reygades, Roland Hubert et Monique Daune, respectivement responsables nationaux des secteurs Enseignements technologiques, Lycées et Collèges, font le point sur cette question.
1982 00 210 220 230 240 250 260 270 280 290 300
1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
L’US :Quel bilan faites-vous de la démocrati- sation du système éducatif ?
R. H. :Quantitativement, les progrès réalisés en 20 ans sont incontestables, malgré une stagnation depuis 1995 : 40 % d’une généra- tion est aujourd’hui diplômée du supérieur contre 15 % en 1980 ; 80 % des 25-34 ans ont un diplôme égal ou supérieur au « deuxième cycle du secondaire » contre 53 % des 45-54 ans. C’est un des plus forts écarts parmi les pays concer- nés par l’étude de l’OCDE.
M. D. : La scolarité commune au collège, la diver- sification des voies d’accès au baccalauréat et celle du supérieur ont permis ces progrès. Paral- lèlement,le nombre de sortants sans qualifi- cation a connu une forte baisse en 30 ans, passant de 200 000 à 60 000.Mais il stagne depuis 1995, ce qui justifie qu’on accentue les efforts.
T. R. :La démocratisation est socialement impérieuse: les jeunes sans qualification sont proportionnellement au moins deux fois plus nombreux au chômage que ceux qui ont atteint un premier niveau de qualification lors de leur formation initiale, l’emploi se développe à « bac plus quelque chose », et enfin un jeune qui trouve sa place dans la société sera plus facile- ment acteur de la vie citoyenne.
L’US :Mais tout cela a un coût,est-ce «rentable»?
T. R. :Beaucoup de pays développés consa- crent une part de PIB plus importante que la France pour l’enseignement initial, mais aussi la formation continue des adultes, la recherche publique, la culture... Les formations initiales professionnelles et technologiques des lycées demandent des moyens importants, certes, mais les jeunes qui détiennent ces diplômes
reconnus (CAP, bacs pro, BTS ou autres) sont recherchés sur le marché de l’emploi. Ce n’est donc pas un coût mais un investissement légi- time qui permet à des jeunes, souvent d’ori- gine modeste, d’obtenir une qualification.
M. D. : Les audits en cours visent à réduire les coûts en s’attaquant notamment aux horaires des élèves, jugés beaucoup trop lourds ! Avec l’apprentissage junior, le ministère remet en cause la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans. Or les collégiens ne souffrent pas aujourd’hui de trop d’heures de cours, mais de conditions d’étude qui ne leur permettent pas d’entrer tous dans la culture scolaire.
R. H. : La diversification est une bonne réponse au défi de la démocratisation. Son coût est bien moins élevé que celui de l’échec scolaire en termes financier, social et humain. Il faut amé- liorer l’accès aux filières de l’enseignement supérieur, trop marqué par des inégalités sociales.
L’US :À vouloir donner à tous un diplôme, n’occulte-t-on pas l’existence d’emplois non qualifiés, que pourraient occuper certains jeunes en difficulté scolaire ?
T. R. : Il faut tordre le cou à cette notion « d’em- plois non qualifiés » qui sont essentiellement des emplois dont les qualifications ne sont pas reconnues.Les emplois sont et seront de plus en plus techniques, demanderont de plus en plus de capacités d’expression et de communication. La vraie question aujourd’hui est celle, plus générale, de l’insertion sociale et ne se limite pas à celle de l’insertion profes- sionnelle.
R. H. : On ne peut accepter que le monde ne soit qu’une vitrine inac- cessible pour certains quand d’autres y évo- luent avec aisance et profit.Il faut donner à tous les jeunes une culture qui leur per- m e t t e d e s’ i n s é re r dans leur vie d’adulte e t d e d eve n i r d e s acteurs critiques de la société. La question est donc bien celle d’un choix de société au-delà de la recherche immé- diate d’une efficience dont la définition est contestable !
BUDGET DE L’ÉTAT (en milliards d’euros constants 2007)
1982 14 % 22 %
21 %
20 %
19 %
18 %
17 %
16 %
15 %
1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
PART DU BUDGET DE L’ÉTAT DANS LE PIB
1982
1970 1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 1980 1981
2,7 % 3,6 %
3,4 % 3,5 %
3,3 % 3,2 % 3,1 % 3,0 % 2,9 % 2,8 %
1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
PART DU BUDGET DE L’ÉDUCATION NATIONALE DANS LE PIB
(hors pensions SUP et EPS compris)
La croissance de 2001 est due à l’intégration dans le budget de l’Éducation nationale des charges sociales de personnels qui n’étaient pas auparavant décomptées dans le budget.
En écartant cette modification, la courbe aurait gardée sa pente de l’année précédente.
©Istockphoto/Mathieu Viennet
©Clément Martin
OCTOBRE 2006
Indiscrétions : bac et nouveaux DEUG
Reçu en audience par la DGESCO (Direction générale des enseignements scolaires) le 26 septembre, le SNES a évoqué tous les dossiers problématiques de cette rentrée (compte-rendu consultable sur notre site : www.snes.edu). Parmi les nombreuses questions traitées, le bac et le nouveau brevet.
Baccalauréat : Rappelant la polémique de juillet sur le « bradage de l’examen » et ses conséquences sur la crédibilité du bac, le SNES a demandé une réflexion sur les évolutions des épreuves, notamment en série S. Selon la DGESCO, la hausse des notes serait localisée sur certaines épreuves et assez limitée, même en Sciences Physiques, mais un effet de seuil l’aurait amplifiée ; la DGESCO évoque également un
« effet TPE » et convient de la nécessité d’une étude. En réponse à nos interventions sur les délais de correction, notamment en philosophie, la DEGSCO répond qu’une marge de 48 heures supplémentaire sera introduite : le SNES y sera très attentif.
Nouveau brevet : Les textes qui organiseront le nouveau brevet seront soumis au CSE (conseil supérieur de l’éducation) vers la fin du deuxième trimestre, dès que seront connues les conclusions des groupes d’experts sur les sept « piliers » du socle commun. C’est un brevet à géométrie variable qui est programmé par la loi Fillon, validant le socle commun ainsi que des enseignements au choix des élèves.
Les réponses à nos questions ont été claires sur la philosophie générale (maintien du principe du choix pour la troisième épreuve terminale : histoire-géo ou sciences) mais on n’a pas voulu nous en dire plus sur le contrôle continu (modalités de choix des élèves, coefficients...). Risque donc de resurgir le projet que F. Fillon avait envoyé à ses recteurs en février 2005 (cf. L’US n° 615 du 10/2/2005).
S U R L E T E R R A I N
CARTE PÉTITION
POUR L’EMPLOI PUBLIC ET NOS SALAIRES
AVEC LES COLLÈGUES
PREMIERS ÉCHOS
F
aisant le constat d’une nouvelle perte du pouvoir d’achat du point d’indice pro- grammée pour 2006, les seules mesures étant la hausse de 0,5 % intervenue au 1erjuillet et le point additionnel qui sera attribué au 1ernovembre, tandis que l’inflation prévisible s’élève à 1,8 %, cinq fédérations de fonction- naires diffusent une carte pétition(1). Dès que suffisamment de signatures auront été collec- tées, une délégation les remettra au ministre, créant l’occasion d’exprimer notre revendication du maintien du pouvoir d’achat sur l’année et l’ouverture de négociations en vue du rattra- page des pertes subies et des mesures à prendre en 2007, l’augmentation de 0,5 % annoncée pour le 1erfévrier ne pouvant y suffire.La pétition traite aussi du refus des suppres- sions de postes, non pour en rajouter mais parce que nous savons que les services publics ont
besoin de ces emplois, et de la reconnaissance salariale de leurs personnels, et que les deux sont intimement liés.
Il faudra sans doute plus que cette campagne de signatures pour débloquer la situation actuelle.
Saisissons-la comme l’occasion de convaincre nos collègues. L’action sociale en faveur des personnels, l’extension de la prise en charge des déplacements domicile travail sont néces- saires et utiles, mais ne sauraient remplacer une politique salariale respectueuse des person- nels et de leurs missions. À l’opposé des indi- cateurs détournés que le gouvernement avance, la valeur du point d’indice est la seule mesure des évolutions concernant tous les agents et reflétant la situation de nos professions.
■Anne Féray (1) Signature possible en ligne, via le site www.snes.edu
«L’avenir, tu n’as pas à le prévoir, tu as à le permettre.»
ANTOINE DE SAINT-EXUPÉRY
Enseignants documentalistes : c’est un métier !
À Lille, la situation est particulièrement dramatique : environ 10 % des postes de certifiés documentalistes sont restés vacants. Le rectorat tente de les faire occuper par des non- spécialistes – personnels en réadaptation ou reconversion, MA non documentalistes, TZR de russe, lettres ou allemand. Il refuse de réembaucher les contractuels expérimentés, diplômés en sciences de l’information. Le SNES fait un bilan dans les académies. Si vous avez connaissance de situations similaires, faites remonter l’information à vos S3.
Le ministère persiste dans sa politique de sous-recrutement et signe : il crée des mentions complémentaires en documentation aux CAPES d’histoire-géographie et de lettres modernes, et au PLP lettres-histoire. Nouveau mauvais coup contre la reconnaissance de notre spécificité, de notre qualification. Robien, cependant, pense à nous : « la technologie certes ne fait pas tout : le rôle de l’enseignant, pour guider l’élève dans l’univers numérique est plus que jamais fondamental » ; la proposition numéro 10 pour le développement des TIC affirme la nécessité de la « prise en compte du rôle clé du professeur
documentaliste... » : on croit rêver. L’avenir de notre métier dépendra de notre capacité de résistance. Une riposte unitaire s’impose, à la hauteur des enjeux. C’est avec cette détermination que nous participerons à la prochaine réunion FADBEN intersyndicale. Le SNES vient de redemander une audience auprès de l’inspection générale EVS.
Nous avions annoncé, dans L’US de rentrée, la volonté du SNES de mener une campagne de terrain tout au long du premier trimestre. Objectif : débattre avec les syndiqués, bien sûr,
et au-delà avec l’ensemble des collègues, du métier, du système éducatif, de leurs demandes, des revendications portées par le SNES, des modalités d’actions proposées. Premiers échos de cette démarche : les rencontres organisées dans l’académie d’Aix-Marseille fin septembre et début octobre.
ÉLECTIONS AUX CONSEILS D’ADMINISTRATION
Actuellement, ont lieu les élections au Conseil d’Administration des établissements scolaires. Se présentent des candidats du SNES, sur des listes SNES, à son initiative, ou des listes de la FSU.
Les élus SNES défendent partout les person- nels, les élèves et le service public d’éducation contre les atteintes aux principes et les remises en cause des garanties pour tous qui se multiplient contre le système scolaire public.
Les élus SNES, soucieux du bon fonctionne- ment des établissements, interviennent dans les CA pour faire respecter les droits de chacun et les règles démocratiques des instances, lutter contre les détériorations des conditions d’études et de travail.
L’information des collègues, le respect de leur liberté pédagogique sont au cœur de l’action des élus SNES.
Pour toutes ces raisons, pour son indépendance de position, et son refus de l’autoritarisme, votez SNES aux élections au CA, et faites voter SNES-FSU !
M
arseille, 26septembre. À deux jours de la grève nationale, l’équipe militante aca- démique et départementale organise une série de rencontres avec deux responsables natio- naux du SNES : Bruno Mer (secteur collège) et Roland Hubert (secteur lycée). Au programme : heures d’information syndicale dans trois col- lèges pour Bruno à Marseille et Vitrolles, cinq visites de lycées pour Roland à Istres et Vitrolles.Roland résume les échanges avec les collègues rencontrés : si l’accord est assez large sur la légi- timité de la grève et la nécessité de l’unité, per- sonne ne se fait d’illusion sur l’efficacité d’une seule journée et donc est posée la question des suites. Très vite vient alors la campagne des présidentielles. Comment faire pour que l’école soit bien présente dans le débat mais sur des bases exigeantes et non sur des effets d’annonce comme ces derniers jours ? Quel type d’interpellation des candidats par le SNES ? Sans grande surprise, beaucoup d’inquié- tudes sur les évolutions du métier, les décharges statutaires. Des interrogations aussi sur le conseil pédagogique. Les proviseurs des lycées visités n’avaient pas encore fait de pro- positions précises, les enseignants en étaient donc au début de la réflexion.
Bruno s’est rendu dans trois collèges ZEP. Le premier, classé EP1, fait face à des phénomènes de violence et à des difficultés très importantes d’entrée dans des apprentissages pour de nom- breux élèves. À cela s’ajoute une communication difficile avec la nouvelle direction. La discus- sion s’est, pour ces raisons, centrée sur les pro- blèmes de l’établissement. Dans le deuxième collège, les échanges ont concerné essentielle- ment la bivalence et dans le troisième la ques- tion de l’action a occupé une bonne partie de la réunion. La forte mobilisation des person- nels l’an dernier sur la DHG n’a produit que des résultats limités. Le sentiment de s’être battu un peu en vain, la proximité des élections prési- dentielle mais aussi la bataille sur les retraites de 2003 pesaient lourdement sur les esprits.
Salon-de-Provence, 6 octobre. Une cinquan- taine de collègues enseignants débattent avec Frédérique Rolet, cosecrétaire générale du SNES, à l’occasion du stage organisé par la section académique d’Aix-Marseille. Carrières, évaluation des enseignants, affectations sont au pro- gramme. Mais les uns comme les autres dans le tour de table qui ouvre la discussion pointent d’abord les difficultés vécues au niveau de l’établissement.Tour à tour sont évoqués l’au- toritarisme de certains chefs d’établissement, les
tentatives de remises en cause du droit syndi- cal, les pressions exercées sur les collègues les plus fragiles (par leur situation de TZR ou de contractuel). Viennent également dans la dis- cussion les difficultés rencontrées avec la ges- tion de certains élèves, les problèmes liés à la vie scolaire. Dans un tel contexte la constitution des listes pour les élections au conseil d’admi- nistration (voir ci-contre) devient un vrai casse- tête : beaucoup d’anciens élus sont découra- gés. Le sentiment d’une dégradation des conditions d’exercice du métier est largement partagé même s’il est particulièrement aigu chez les TZR présents.La question des salaires revient fortement surtout chez les plus jeunes avec une attente à l’égard du SNES : qu’il porte des revendications plus simples, plus claires et crédibles.
■Claudie Martens
Le SNES est partenaire de la campagne de l’ANATEEP pour la sécurité des jeunes
dans les transports
Le SNES à votre rencontre
•Dans l’Essonne, sur l’entrée dans le métier le 16 novembre à Grigny, le 23 novembre à Étampes.
•Dans les Bouches-du-Rhône, sur la réussite des élèves les 23 et 24 octobre à Aix-en- Provence et sur le syndicalisme, les 9 et 10 novembre à Aubagne.
•Dans le Bas-Rhin, sur la vie de
l’établissement le 16 novembre à Sélestat, et sur les ZEP et collèges Ambition Réussite,
le 23 novembre à Strasbourg.
•Dans la Nièvre, sur les établissements ruraux, le 29 novembre à Guérigny.
•Dans l’Oise, sur la mixité sociale dans les établissements, les formations et l'insertion professionnelle des jeunes, le 21 novembre à Creil...
©IDaniel Maunoury