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Recherches sur l'absorption atmosphérique. II

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Recherches sur l’absorption atmosphérique. II

A. Vassy, E. Vassy

To cite this version:

(2)

RECHERCHES SUR L’ABSORPTION

ATMOSPHÉRIQUE.

II.

Par Mme A. VASSY et M. E.

VASSY,

Laboratoire

d’Enseignement

de

Physique,

Sorbonne.

Sommaire. 2014 On donne tout d’abord les résultats

bruts relatifs à quatre nuits de mesures sur

l’absorp-tion par la totalité de l’atmosphère, et à neuf nuits de mesures sur l’absorption par la basse atmosphère. Les résultats sont donnés sous forme de courbes : densité optique de I km d’air réduit aux conditions normales de température et de pression, en fonction de la longueur d’onde.

Bien que l’atmosphère ait été en apparence extrêmement pure, on constate de notables différences. Dans cette deuxième partie, on examine seulement les deux séries de résultats qui correspondent dans chaque cas à la plus grande transparence.

En s’aidant des données de laboratoire, on examine en détail l’absorption sélective des constituants de l’atmosphère, et l’on identifie les principales bandes. Cette opération permet de déterminer avec

précision la diffusion moléculaire et de vérifier l’exactitude rigoureuse de la formule de Rayleigh-Cabannes. Elle permet

également

de mettre en évidence trois bandes inconnues et de les attribuer à la vapeur d’eau.

II. - Résultats

expérimentaux.

1.

Atmosphère

totale. - Pendant notre

séjour

à

Ifrane,

nous avons

déterminé,

suivant la méthode

indiquée

dans la

première partie

de cet article

(i),

l’absorption

par la totalité de

l’atmosphère

au cours

de

plusieurs

nuits :

Le

1 ~ j juillet

Ig37

(1),

à l’aide de

Véga,

les masses

d’air m utilisées étant

comprises

entre 1,02 et

1,81;

Le 7

août

ig3 7,

avec

Véga,

1,02 m

3,96;

Le 12 août

1937,

avec

Véga,

m

Le 4

octobre

1937,

avec

Sirius,

1,62

m

lo,35.

Nous donnerons sous forme de courbes les mesures

concernant les deux nuits d’observation pour

lesquelles

les résultats sont à la fois les

plus typiques

et les

plus complets (fig. I ) :

Courbe 1 :

absorption pendant

la nuit du

4 octobre,

l’atmosphère

a

présenté

la

plus grande

trans-parence.

Courbe 2 :

absorption pendant

la nuit du 12

août,

l’atmosphère, quoique

très pure en apparence,

s’est montrée

plus

absorbante.

Afin de

pouvoir

faire

plus

facilement des compa-raisons avec

l’absorption

par la basse

atmosphère,

nous donnons les résultats sous la forme suivante : densité

optique

de 1 km d’air ramené aux conditions normales

(OD,

760

mm

Hg)

de

température

et de

pression.

On obtient ces valeurs en divisant la

densité

optique

de la totalité de

l’atmosphère

par

(1) La date indiquée sera toujours celle du début de la nuit.

nombres

qui représentent l’épaisseur

réduite en

,kilomètres

de

l’atmosphère

située au-dessus du lieu d’observation

(2).

Ajoutons

que pour la nuit du

1 5 juillet

les valeurs trouvées coïncident à très peu

près

avec celles

du /,

octobre,

et que pour la nuit

du 7

août

l’atmo-sphère

était sensiblement

plus

absorbante que le 2 août et donnait une courbe très

voisine,

les

résultats étant toutefois moins

complets

et moins sûrs à cause d’une variation

systématique

de la

transparence

sur

laquelle

nous

aurons

à revenir.

(2) Rappelons que la densité optique se rapporte à la for-mule I = 7o.to"~", oii k est le coefficient d’absorption et

e l’épaisseur absorbante.

(3)

2. Basse

atmosphère.

- En ce

qui

concerne la basse

atmosphère,

nous avons fait

plusieurs

séries

de mesures dans les conditions

indiquées

dans le Tableau I. Dans la colonne 1 se trouve la date du

début de la nuit où ont été faites les mesures; dans

la colonne

2,

la distance la

plus grande

du

spectro-graphe

à la source

(c f .

I,

fig. r);

dans la colonne

3,

la distance la

plus

courte du

spectrographe

à la

source; dans la colonne

4,

l’épaisseur

d’air

b-a,

ramenée aux conditions normales de

température

et de

pression,

sur

laquelle

a

porté

la mesure de

l’absorption.

TABLEAU ~.

Il ne nous est pas

possible

de détailler ici toutes les données

expérimentales;

nous réunirons dans

la

figure

2 les résultats relatifs à la nuit du I I

sep-tembre où

l’atmosphère

au

voisinage

du sol a été trouvée le

plus

transparente,

et à celle du

4

sep-tembre,

relativement

plus

absorbante où la courbe

représentant l’absorption

en fonction de la

longueur

d’onde

possède

une allure très différente de celle du 11

septembre.

Ces courbes

représentent,

comme

pour la

figure

i, en fonction de la

longueur

d’onde,

la densité

optique

de i km d’air ramené aux condi-tions normales.

Fig. 2.

Nous

compléterons cependant

ces résultats par

les indications suivantes : si l’on examine l’ensemble des courbes relatives à

l’absorption

au cours de chacune des neufs nuits échelonnées entre

le 17 juillet

et le l 1

septembre,

on constate

qu’elles

se divisent

naturellement en deux familles. La

première

famille

comprend

les courbes des 17

juillet,

3o

juillet,

3

août,

3o

août,

II

septembre

qui

sont

semblables;

partant

de la courbe relative à la nuit la

plus

trans-parente

(11 septembre),

on

peut

en déduire les autres

par

translation,

ou en

ajoutant

pour toutes les

longueurs

d’onde une densité constante : .

Quant

aux courbes de la deuxième

famille,

elles

sont caractérisées par une allure très diff érente et

des valeurs de

l’absorption

notablement

plus

grandes.

Celle du 2g août est intermédiaire entre les courbes de la

première

famille et celle du

4

septembre.

Quant

à celles du I er et du 5

septembre,

presque

identiques,

les valeurs de

l’absorption

sont très

grandes

(o, I 25

pour 5 ooo

~);

leurs

spectres

étant tombés

dans la

région

de

sous-exposition,

ces valeurs sont par suite peu sûres et même

incomplètes;

d’ailleurs de

légères

variations de

l’absorption

ayant

été

cons-tatées entre les différentes mesures, nous n’en ferons

pas état par la suite.

En ce

qui

concerne

l’absorption

dans le

proche

ultraviolet

(due 4

ooo à 3 ooo

Á),

nous avons

utilisé

la méthode de mesures relatives

exposée

précé-demment

[ 1 ] .

Les mesures, effectuées les 7, 8 et g octobre

portent

sur une

épaisseur

absorbante de 1,712 km. Les valeurs trouvées se sont révélées

identiques

et sont raccordées sur la

figure

2 à celles du II i

sep-tembre. Nous aurons d’ailleurs peu à nous en servir

ici,

nous réservant

d’y

revenir

plus

tard.

Fi g. 3.

Nous avons

complété

ces résultats par

quelques

mesures destinées à

préciser

les

longueurs

d’onde des bandes

d’absorption

du

proche

infrarouge.

Notre

spectrographe

à

prisme

objectif

ayant

une

(4)

405

spectrographe

à fente modèle

Cojan

ouvert à

t!9

et d’une

dispersion

de

ia5 À

au millimètre vers 7 o00

Â,

nous avons obtenu des

spectres

d’une

lampe

de 2 kW

placée

à

2,~~5

km de distance et déterminé ainsi

grâce

à un

spectre

de référence

(néon)

les

longueurs

d’onde des maxima

d’absorption

de

plusieurs

bandes

( fig.

3).

Ceci nous a

permis

d’assurer dans cette

région

les résultats obtenus avec le

spectro-graphe

à

prisme

objectif

et de faciliter par la suite

l’interprétation

des données

expérimentales.

III. - Examen des résultats.

Pour suivre les directives de ce travail données au début de l’article

précédent,

nous nous

placerons

dans le cas où

l’atmosphère

s’est montrée le

plus

transparente,

c’est-à-dire que nous considérerons

pour

l’absorption

par

l’atmosphère

totale les résultats du

4 octobre,

et pour

l’absorption

par la basse

atmosphère

ceux du 11 i

septembre.

Un

simple

examen des courbes

représentatives

(courbe

1,

figure 1

et courbe

1,

figure

2)

nous montre que :

10 L’ultraviolet mis à

part,

l’absorption

pour une

même

longueur

d’onde est notablement

plus grande

pour la basse

atmosphère

que pour

l’atmosphère

totale;

20 Dans l’un et l’autre cas,

l’absorption

ne se

laisse pas

représenter

par une courbe

régulière;

il

y a de nombreux accidents révélant

l’absorption

propre des divers constituants de

l’atmosphère

et le

problème qui

se pose maintenant est de faire la

part

de cette

absorption

et de

l’absorption

par diffusion.

Dans ce dernier

domaine,

nous

disposons

d’un

guide,

en

l’espèce

la théorie de

Rayleigh

de la diffusion

moléculaire;

nous l’introduirons donc sans

rien

préjuger

de sa

valeur,

l’expérience

devant nous

montrer si elle cadre ou non avec les données de

l’observation.

1.

Étude

de la diffusion moléculaire. - Par suite

de la diffusion de la lumière par les molécules de gaz, il résulte une

absorption

apparente

dont le coeffi-cient

ko

a été calculé par Lord

Rayleigh.

Introduisant la

dépolarisarion

de la lumière

diffusée,

Cabannes

[2]

en a donné pour valeur

où m -

(log e);

1. =

longueur

d’onde de la

radiation;

p. = indice de réfraction pour cette

longueur

d’onde;

n = nombre de molécules contenues dans 1 cm3 de gaz dans les conditions

normales;

p = facteur de

dépolarisation

de la lumière diffusée à

goo

du faisceau

incident;

il

est

égal

ici à

Cette

expression

de

ko

peut

se mettre sous la forme

en

posant

A cause du

grand

intervalle de

longueurs

d’onde

sur

lequel

nous avons

opéré,

il n’était pas

possible

de

négliger

la variation de l’indice de l’air en fonction

de la

longueur

d’onde. A

partir

de

plusieurs

déter-minations

expérimentales

de ces

valeurs,

notamment celles de Pérard

[3],

Quarder

[4].

Tausz et Gôrla-cher

[5],

Wurst et Reindel

[6],

nous avons déterminé les valeurs moyennes

de y

et construit une table

donnant les valeurs de y =

‘ , , I) .

Nous donnerons 1.1

une courbe

représentant

y en fonction de la

longueur

d’onde de

façon

à

pouvoir

saisir sur les

figures

suivantes la

correspondance

des abscisses

(fig.

4).

Fig. l~.

Dans le cas où

l’absorption

serait due

uniquement

à

l’absorption

par diffusion moléculaire et suivrait la loi de

Rayleigh-Cabannes,

en

portant

en

abscisses y,

en

ordonnées ko (ou

la densité

optique

kilomé-trique

d =

105 k 0)’

on aurait une droite

passant

par

.. t d

t 1 t .t 38,56

(

38,56

5)

l’origine

orIgIne et e dont on la a

pente

e

serait ou 38,56

serait

0_5

n

ou

n

;

ce

qui permettrait

de déterminer n.

A. Nous allons tout d’abord traiter de la sorte les résultats

expérimentaux

relatifs à

l’atmosphère

totale.

Sur la

figure 5 (courbe

2),

on a

porté

pour chacun

des

points

de la

figure

1

(courbe

1)

en ordonnées

les densités

optiques

d,

en abscisses les valeurs de y

correspondantes.

On voit que pour la nuit du

4

octo-bre,

il

est possible

de tracer une droite

passant

par

(5)

406

au-dessus

témoignent

d’une

absorption

sélective

superposée

à

l’absorption

par diffusion. On remarque que la droite

expérimentale

d = A

-E-

By présenterait

une faible ordonnée à

l’origine

A

égale

à 0,001, terme

qui

serait dû à une

absorption

non sélective

superposée également

aux autres

absorptions

et sur

laquelle

nous reviendrons. La

pente B

mesurée et trouvée

égale

à 136.I0-15

permet

de déterminer n; on trouve n =

2,83. 1019,

ce

qui

donnerait pour le nombre

d’Avogadro

N

== 6,3(~. 1023.

et

Fig. 5.

Cette

façon

de

procéder

est la

plus

conforme à

l’habitude;

remarquons toutefois

qu’il

serait

possible

de faire passer la droite par

l’origine,

en admettant

une

légère absorption

sélective dans le visible. On aurait alors A = o, B =

142. 10-15,

ce

qui

donnerait pour n

2,715. 10 19

et pour 1B1

6,08 . r o2~.

Nous avons

là deux valeurs limites et leur discussion sera rendue

plus

facile

après

l’examen de

l’absorption

sélective.

(On

verra

plus

loin que la droite tracée sur la

figure

5 est celle pour

laquelle

A =

o.)

B.

Opérons

de la même

façon

à

partir

des résultats du I i

septembre

relatifs à la basse

atmosphère

(courbe

1,

figure 5).

Il est

possible

également

de tracer une droite

passant

par un assez

grand

nombre de

points,

avec

toutefois une sûreté moindre que dans le cas

précé-dent. Ceci tient à deux causes :

io Précision moins

grande

dans

l’ultraviolet,

puisque

l’on a déterminé

l’absorption

sur une distance

beaucoup plus

courte;

20

Écart

très notable et

systématique

des

points

dans la

région comprise

entre 5 200

ùjoo À

(5o

y . ~ 09

100),

écart sur

lequel

nous revien-drons.

Malgré

cela,

il est très

possible

de tracer une

droite,

dont la

pente

se trouve

comprise

entre les mêmes limites que dans le cas

précédent.

L’ordonnée

à

l’origine

A,

représentant

l’absorption

neutre,

est notoirement

plus grande

et

égale

à o,ooj.

Quoi

qu’il

en

soit,

aussi

bien

dans le cas de

l’atmo-sphère

totale que dans celui de la basse

atmosphère,

les

points

expérimentaux qui

s’écartent des droites tracées se

placent

au-dessus sans

exception;

et,

principalement

dans le cas de

l’atmosphère

totale,

étant donnée

l’importance

relative de la diffusion moléculaire par

rapport

à

l’absorption

résiduelle,

on n’a aucune raison de

suspecter

la validité de la loi de

Rayleigh

et on pourra la considérer comme

parfaitement

vérifiée

après

justification

de

l’absorp-tion résiduelle.

Examinons maintenant

l’absorption

sélective des différents gaz constituant

l’atmosphère.

2.

Étude

de

l’absorption

sélective. -

L’absorp-tion propre par les molécules des gaz consti-tuant

l’atmosphère

se manifeste sous la forme

de bandes

d’absorption.

Les unes, par

exemple

certaines bandes de la molécule

d’oxygène,

exa-minées avec un

appareil

suffisamment

disper-o

sif, peuvent

être résolues en raies. Les

autres,

o comme celles de l’ozone par

exemple,

ne sont pas

° résolubles et

se

présentent

sous la forme d’une

ô

absorption

continue en

général

assez

rapidement

o variable avec la

longueur

d’onde. On

conçoit

faci-0 lement que dans l’un et l’autre cas, mais surtout dans le

premier,

l’allure de la courbe

représentant

l’absorption

en fonction de la

longueur

d’onde

dépende

étroitement des

caractéristiques

du

spectro-graphe,

surtout de la

dispersion.

Étant

donnée la

dispersion

relativement

faible de notre

spectro-graphe,

les bandes

d’absorption

sélectives se

pré-sentent

toujours

sous la forme de bandes non résolues

et

quand

nous utiliserons les données

expérimentales

éparses

dans la littérature pour identifier cette

absorption,

il ne faudra pas s’attendre à une

corres-pondance quantitative rigoureuse.

Le

problème

est d’ailleurs extrêmement

compliqué

par suite de la

superposition

dans la même étendue

spectrale

des bandes

d’absorption

de

plusieurs

constituants.

Heureusement,

nos résultats relatifs à la basse

atmo-sphère

et à

l’atmosphère

totale,

obtenus avec le même

spectrographe,

étant

comparables

entre eux,

il sera

possible

de faire la

part

de

l’absorption

des gaz

répartis

non

uniformément

dans

l’atmo-sphère (0 3, H,O)

de ceux à

répartition

uniforme

(0 2).

D’autre

part,

bien que

Lejay [7]

ait

signalé

des variations de

l’épaisseur

réduite de

l’oxygène

molé-culaire contenu dans

l’atmosphère,

nous pourrons

néanmoins la considérer comme

constante,

et

puisque

nous

disposons

d’un nombre suffisant de mesures

portant

sur différentes nuits où en

particulier

la

quantité

de vapeur d’eau a varié dans de très

larges

limites,

nous avons utilisé ces variations pour

distinguer l’absorption

propre de ces deux gaz.

Nous ne

parlerons

pas de l’azote

puisque

nous savons que ce gaz ne

présente

pas de bandes

d’absorp-tion dans la

région qui

nous intéresse. Examinons

d’abord

l’absorption

propre par

l’oxygène.

A.

Absorplion

séleclive par

l’oxygène.

- On sait

depuis

Janssen

[8]

que

l’oxygène présente

dans le visible deux

systèmes

de bandes

qui

se différencient

(6)

propor-407

tion"nellement à la

pression

et pour l’autre

propor-tionnellement au carré de la

pression. Depuis,

ces

bandes ont été

beaucoup

étudiées

[g,

1o, 1 z,

12]

soit

au

laboratoire,

soit dans

l’atmosphère,

et l’on est arrivé aux conclusions suivantes : l’un de ces

systèmes

est résoluble en raies que l’on a pu classer et attribuer à la molécule neutre

O2

-~ ~1).

On a

désigné

les différentes bandes par les lettres suivantes :

A,

qui

s’étend

de 7 5g4 à 7 703

A avec maximum vers 7

5g6;

A’,

de 7 65o

à 7

60?;

B,

de 6

946

à 6

868,

maximum vers 6

86g ;

os, de

631g

à

6276,

maximum vers

6278;

«’,

de 5 835 à 5

788,

maximum à 5 790;

a",

vers 5

380;

il faut

ajouter

aussi une faible bande

à 7710.

Si l’on considère les résultats de Babcock et Dieke

[g],

en faisant la somme des intensités des

raies,

on

peut

se faire une idée de

l’importance

comparée

des différentes bandes. Si l’on donne à A la valeur arbitraire i, B serait de l’ordre de

o,5,

«

o,05

et les autres bandes auraient une intensité

négligeable.

Quant

au deuxième

système,

les données

expéri-mentales les

plus complètes

semblent être celles de Salow et Steiner

[13] qui,

dans un tube de

2,4o

m,

ont étudié

quantitativement l’absorption

par

l’oxy-gène

soumis à des

pressions comprises

entre

4o

et 160 atm. Ces auteurs ont vérifié que pour les différentes bandes dont on trouvera la liste dans le Tableau II

l’absorption

varie comme le carré de la

pression.

Ces bandes ne sont pas

résolues,

elles sont relativement

larges

et ainsi les valeurs données pour les coefficients

d’absorption

peuvent

être utilisées. Dans ce

but,

nous avons

extrapolé

les résultats

jusqu’à

la

pression

normale et déduit la densité

optique,

pour i km

d’oxygène,

due à ces

porteurs

de bandes

(colonne 2).

Herman a étudié

égale-ment

l’absorption

dans ces

bandes,

mais avec un

tube de i oo m de

long

et pour des

pressions plus

faibles

(de

i à 3o

atm).

Les valeurs

correspondantes

se trouvent dans la colonne 3 et concordent

approxi-mativement avec celles de Salow et Steiner.

Pour différentes

raisons,

et surtout à cause de la variation de

l’absorption

avec le carré de la

pression,

on doit attribuer ce deuxième

système

de bandes

à la molécule

(02)1,

soit

qu’on

ait affaire à une

molécule

polymérisée

stable,

soit que

l’absorption

se

produise

au moment du choc entre deux molé-cules

(3).

Salow et Steiner

ayant

constaté que la

présence

de gaz

étrangers (N 2,

produisait

simplement

un

léger

accroissement

d’absorption,

sans avoir toutefois une influence

spécifique,

nous avons continué

l’extrapolation

de

façon

à déterminer la densité

optique

due à ces

porteurs

de bandes contenus

dans i km d’air à la

pression

moyenne où nous

avons

opéré,

c’est-à-dire 660 mm de

Hg (pression

(3) On pourra voir à ce sujet la discussion dans Herman.

partielle

de

l’oxygène

32 mm de

Hg);

ces résultats sont contenus dans la colonne 4. Les courbes données

( fig.

2)

se

rapportant

à une

épaisseur

réduite d’air de i

km,

il est nécessaire de

multiplier

ces valeurs

par

l’épaisseur

d’air

correspondante,

soit

7-6"

km 66o

(colonne 5).

TABLEAU II.

En ce

qui

concerne

l’absorption

par

l’atmosphère

totale,

où la

pression

décroît suivant une loi

exponen-tielle,

p =

l’absorption

élémentaire

pour une

tranche

d’épaisseur

dh à l’altitude h est dA =

Kp2dh ;

on a donc

En

intégrant

entre

h, (altitude

du lieu d’obser-vation où la

pression

est et

l’infini,

on obtient

.G ft

Nous avons

calculé,

d’après

cette formule et les données obtenues par

extrapolation

des mêmes résultats

expérimentaux,

la densité

optique

due aux

molécules

(°2)2

contenues dans

l’atmosphère

observée suivant la verticale pour la station d’Ifrane. Afin d’utiliser ces

valeurs,

bien que cette

opération

ne

corresponde

à aucune réalité

physique,

nous les

avons divisées par

6,602

et les résultats se trouvent dans la colonne 6 du Tableau II.

A la lumière de ces données de

laboratoire,

nous

allons maintenant

reprendre

l’examen de nos résul-tats.

Commençons

par

l’absorption

relative aux

molécules

(O2)2

pour

laquelle,

comme nous venons

de le

voir,

nous pouvons utiliser des données

numé-riques

et considérons successivement chacune des bandes.

6299. Dans la basse

atmosphère,

la courbe

pré-sente un accident très

marqué

à cet

endroit,

mais il

est

plus

important

que ce que l’on doit

attendre,

et comme il varie d’un

jour

à

l’autre,

on est en

droit de supposer que la vapeur d’eau absorbe dans

cette

région.

L’absorption

par la bande « n’étant

pas

négligeable

ainsi que nous le verrons, on voit

qu’en

cette

région

les

superpositions

rendent très difficile une discrimination correcte. De

même,

pour

l’atmosphère

totale,

l’absorption

par l’ozone

(7)

est encore relativement

importante

dans cette

région

et pour une

épaisseur

réduite de

0,25

cm,

cette

absorption

serait

quatre

fois

plus

grande

que celle attendue pour

(02) 2.

5773. La courbe relative à la basse

atmosphère

montre un maximum

d’absorption

très

important,

mais nous constatons que cette

absorption

diffère

beaucoup

d’un

jour

à l’autre

(voir

en

particulier

la

figure 2),

et si

l’absorption

par

(°2)2

n’est pas

douteuse,

la

plus grande partie

de

l’absorption

constatée doit être attribuée comme nous le verrons

plus

loin à la vapeur d’eau

(bande

d).

Pour

l’atmo-sphère

totale,

on constate

également

un accident

très notable sur la courbe

d’absorption,

mais il

faut remarquer que ce maximum

correspond

non

seulement à

l’absorption

par la vapeur d’eau et à la bande oc’ de

l’oxygène

neutre

(bien

que cette dernière soit

négligeable),

mais coïncide avec un maximum secondaire de

l’absorption

par

l’ozone;

en

effet,

pour cette

longueur

d’onde,

l’ozone

présente

un

coefficient

d’absorption

de

0,062,

ce

qui,

pour une

épaisseur

réduite de

o,25

cm, donnerait une

absorp-tion

plus

de

quatre

fois

supérieure

à celle due à

(°2)2.

L’allure des courbes

(1

et

2) s’expliquerait

donc non

seulement par la

présence

de

(02)2’

mais surtout de

0 ~.

4770.

L’importance

de cette

absorption

est,

d’après

les mesures de

laboratoire,

exactement la même que pour la bande 6299.

Que

ce soit pour la basse

atmo-phère (fig. 2)

ou pour

l’atmosphère

totale,

la courbe

présente

un accident

faible,

mais

dépassant

néan-moins les erreurs

expérimentales,

et il est

juste

de

l’ordre de

grandeur

attendu.

3607. Aussi bien sur les courbes relatives à

l’absorption

par

l’atmosphère

totale que par la basse

atmosphère,

on constate un accident

qui,

dans les deux cas,

dépasse

l’intensité

prévue;

ainsi que nous le verrons

plus

loin,

il est

préférable

d’ad-mettre que

l’absorption

due à

(0,),

est

superposée

à une autre que d’accuser les données

expérimentales

de laboratoire d’être

trop

faibles.

3803. Là encore,

l’absorption

constatée dans les

deux cas est très

supérieure

à celle attendue et la même conclusion

s’impose.

Enfin pour les autres bandes

d’absorption,

l’inten-sité calculée est tellement faible que,

déj à

pour

4464,

elle est de l’ordre de

grandeur

de l’erreur

expéri-mentale et l’on ne

peut

guère

attribuer l’accident

constaté en cet endroit sur la courbe 1

qu’à

une

heureuse coïncidence

puisqu’on

ne le retrouve pas sur les autres.

Examinons maintenant les bandes

d’absorption

dues aux molécules neutres

0 ~.

Les bandes A et B

sont mises en évidence seulement sur les courbes relatives à la basse

atmosphère,

la faible émission de Sirius et de

Véga

dans cette

région

ne nous

ayant

pas

permis

de pousser

jusque-là

nos mesures relatives à

l’absorption

par

l’atmosphère

totale. Comme nous

l’avons

rappelé,

les valeurs trouvées pour

l’absorp-tion ne sauraient avoir une valeur

intrinsèque.

Pour s’en rendre

compte,

il suffit de se

reporter

à la

figure

3;

malgré

la sensibilité

spectrale

particulière

des

plaques Special

Long

Range,

on voit que, par

suite de la

plus grande dispersion,

les bandes sont

plus

étroites mais

beaucoup plus

accusées,

et que la courbe

représentant

l’absorption

en fonction de

la

longueur

d’onde doit différer nettement de celles de la

figure

2. Mais nos mesures sont utiles

cependant

pour avoir une idée des

superpositions possibles.

Si nous considérons

A,

on voit sur les courbes 2

que la valeur de sa densité

kilométrique

est

d’en-viron o,oi2. En

adoptant

pour les bandes

de

0,

les valeurs relatives déduites des mesures de Babcock et

Dieke,

on devrait avoir pour B

o,006

(ce qui

est

approximativement vérifié),

pour ex

o,ooo3

et une

valeur

négligeable

pour u’.

En

conclusion,

nos mesures montrent que

l’absorp-tion soit par

O2,

soit par

(0 2) 2

est relativement très faible et est bien loin de

justifier l’absorption

restant

après

avoir enlevé de

l’absorption

totale

l’absorption

par diffusion moléculaire. En second

lieu,

on voit que, des trois bandes aperçues au

spectroscope

par

Janssen sur le soleil

couchant,

seule 4770

peut

être

attribuée

uniquement

à

l’oxygène

et sous la forme

(0.),,

les deux

autres,

6299 et

5773,

cette dernière

surtout,

sont

superposées

à l’ozone et à la vapeur d’eau. De

même,

pour les deux nouvelles bandes que nous avons observées vers 3600 et

3800,

les molécules

(01)2

sont loin d’en être

uniquement

responsables

ainsi que nous le

préciserons plus

loin.

B. Absorption

par l’ozone. - Il ne nous est

pas

possible

de

rappeler

ici les

propriétés

absorbantes de

l’ozone,

ni même sa distribution en fonction de

l’altitude;

nous renverrons pour cela au Mémoire

[ ~ 5 J

de l’un d’entre nous. On y trouvera

également

l’étude des variations des coefficients

d’absorption

en fonc-tion de la

température

dans l’ultraviolet

(bandes

de

Huggins)

et dans le visible

(bandes

de

Chap-puis) (4)

dont les résultats seront utilisés ici. Il faut

rappeler

aussi que l’un d’entre nous

afin de rendre

homogènes

les coefficients

d’absorption

dans le visible avec ceux de

l’ultraviolet,

les a

comparés

entre eux

et,

adoptant

pour la

région

des bandes de

Huggins

les coefficients de

Ny

Tsi-Zé et

Choong

Shin-Piaw

[17],

a

publié

une série de

valeurs se

rapportant

à

l’absorption

dans le visible. De cette

façon,

si un doute

peut

exister sur la

quantité

d’ozone en valeur absolue contenue dans

l’atmosphère,

du moins est-on certain de ne pas

(4) La courbe publiée présente une erreur dans l’échelle des longueurs d’onde; on doit remplacer 3910 par 5 ggo

et G 175 par 6 375. Ce fait regrettable est toutefois sans

influence sur les calculs qui ont pu être faits à partir de ces

(8)

409

commettre d’erreur sur la valeur de

l’absorption

sélective dans les différents domaines

spectraux.

Examinons tout d’abord

l’absorption

par l’ozone dans le cas de la basse

atmosphère.

On sait que, au

voisinage

du

sol,

la concentration en ozone est très faible et que les concentrations maxima rencontrées

correspondent

à des

épaisseurs

réduites de l’ordre de

o,ooo3

cm par km d’air. Dans la

région

des bandes

de

Chappuis,

le coefficient

d’absorption

atteint pour 6

o2o Â

la valeur maximum

o,o68,

ce

qui

donne pour km d’air une

absorption qui

est loin d’être

mesurable;

il

n’y

aura donc pas lieu d’en tenir

compte.

Dans

l’ultraviolet,

l’absorption

par l’ozone devient sensible seulement vers 3 200

À;

aussi nous

réser-verons la

question

pour un

prochain

article.

Occupons-nous

seulement du rôle de l’ozone dans

l’absorption

par

l’atmosphère

totale.

Considérons

l’absorption pendant

la nuit

du 4

octo-bre et admettons

provisoirement

que dans la

région

des bandes de

Huggins,

l’absorption

est la somme

de

l’absorption

par diffusion moléculaire et de

l’absorption

pai l’ozone.

D’après

la

figure

5,

on

peut

alors déduire pour chacune des

longueurs

d’onde

l’absorption

par diffusion moléculaire de

l’absorption

totale et avoir ainsi

l’absorption

due à l’ozone.

Remarquons

que les deux

façons

de tracer la droite

envisagées

page

406

conduisent à des valeurs très peu différentes. On obtient

ainsi,

pour les

longueurs

d’onde choisies

qui

sont celles des maxima et des minima

d’absorption,

les densités

correspondantes

dues à l’ozone. Comme il a été montré

expérimen-talement

[15]

que les coefficients maxima ne se

modifient pas sous l’influence d’un abaissement de

température,

on

peut

construire un

graphique

en

portant

en abscisses les coefficients de

Ny

et

Choong

des

maxima,

et en ordonnées les densités

correspondantes.

Il est alors

possible

de tracer une

droite

passant

par ces

points,

dont la

pente

donne

l’épaisseur

réduite de l’ozone contenu dans toute

l’atmosphère :

on trouve ainsi o,22 cm pour la nuit

du 4

octobre

(5).

Le fait que la droite passe par

l’origine

montre bien la

légitimité

de l’attribution à l’ozone de

l’absorption

restante.

Quant

aux coefficients minima

d’absorption,

on

sait

qu’ils

s’abaissent chacun d’une

quantité

variable

avec la

longueur

d’onde et avec la

température.

D’après

les valeurs de la densité

optique

due à

l’ozone,

il est aisé de déterminer ces coefficients pour l’ozone contenu dans

l’atmosphère

pour la nuit

du 4

octobre.

Ainsi que l’un d’entre nous l’a

montré,

la variation

des coefficients minima est fonction linéaire de la

température

(du

moins entre

+

’).0° et - 8oD

C.).

Ceci a

permis

de définir la

température

moyenne de l’ozone

atmosphérique

et les données

expérimentales

(5) Le simple examen des courbes de la figure i montre

que le 12 août l’épaisseur d’ozone est beaucoup moins grande;

on trouve en effet 0,1.) cm.

obtenues au laboratoire ont rendu

possible

sa déter-mination. En

procédant

exactement comme il a été

décrit

([ I ~],

page

54),

nous avons trouvé - C.

pour

température

moyenne de l’ozone pour la nuit du

i

octobre l g3 7.

Cette valeur diffère sensiblement de celle

précé-demment trouvée

(-

3oDC.)

pour d’autres latitudes

(6).

Mais,

ainsi que nous l’avons

prouvé

au cours d’une

étude

particulière [ 1 gJ,

ces valeurs sont

susceptibles

de varier notablement d’un

jour

à l’autre.

Cette détermination de

température

va être

utilisée maintenant en vue de calculer

l’absorption

par l’ozone dans la

région

des bandes de

Chappuis.

Connaissant

l’épaisseur

réduite de l’ozone et ses

coefficients

d’absorption

dans le domaine

visible,

on

peut

alors déterminer facilement

l’absorption.

Les

coefficients,

déterminés aux environs de

+

goo

C.,

doivent

auparavant

être

corrigés

de l’effet de

tempé-rature. Sachant que celle-ci est de -

4oo C.,

on

peut

à l’aide des résultats de la page 31 du Mémoire

précé-demment

cité,

effectuer cette

opération.

On obtient

alors,

pour la nuit du

4 octobre,

l’absorption

par l’ozone dans la

région

comprise

entre 6

45o

et

Q À oo

A.

Cette

absorption

peut

alors être retranchée de

l’absorption

totale et c’est ce que

représentent

les

points (à)

de la

figure

5

et,

à

plus grande

échelle,

la

figure

6.

Fig. 6.

C.

Absorption

par la vapeur d’eau. - En

compa-rant les bandes

telluriques

du

spectre

solaire avec

celles obtenues par l’observation d’une rampe à gaz

au travers d’un tube de

3~

m de

long rempli

de vapeur

d’eau sous 7 atm, Janssen

[20]

avait identifié

plusieurs

bandes

d’absorption. Depuis,

Mecke et ses collaborateurs

[21,

22]

ont

repris

la

question

en

utilisant les raies classées comme

atmosphériques

(9)

nomes

qui

ont dressé la « Revision of Rowland’s

Preliminary

Table o

[23]

et se sont aidés de leurs propres résultats obtenus en examinant le

spectre

d’absorption

d’un tube

plein

de vapeur d’eau à l’aide d’un réseau de 6 m. Ainsi ils ont fait une étude

complète

du

spectre

de bandes de la

vapeur

d’eau et déterminé les diverses constantes

caractéristiques.

Fig. 7.

Retenons du

point

de vue

qui

nous intéresse une

figure

extraite d’un de leurs Mémoires

[21]

et montrant

l’importance

relative des diverses bandes

d’absorption.

Notons que ces bandes étaient résolues

en raies et que les

graphiques

obtenus ne sont

qu’approximatifs.

D’ailleurs,

l’étude que nous avons

reprise

au laboratoire de

l’absorption

au travers d’un tube de

2,5o

m sous 5

atm,

avec le

spectrographe

Cojan

dont il a été

question plus

haut,

montre bien que, dans ce cas, la notion de coefficient

d’absorption

n’a pas de sens

intrinsèque.

En

résumé,

les bandes

d’absorption

de la vapeur d’eau actuellement connues, pour le domaine

spectral

qui

nous

intéresse,

s’étendent sur les intervalles

suivants :

Nous laisserons de côté pour le moment d’autres travaux sur

lesquels

nous reviendrons lors de la

discussion.

A la lumière de ces

données,

examinons nos

résultats :

a. Baase

atmosphère.

- Considérons sur la

figure

.~

les courbes relatives au II i

septembre

et

au 1

sep-ten1bre. Notons que la

pression partielle

de la vapeur d’eau à la station

météorologique

d’Ifrane,

déduite des indications de

l’hygromètre enregistreur.

était très notablement

plus grande

le 1

septembre

que le II I

septembre.

Nous retrouvons les bandes suivantes : -.

8399-7843. Les

plaques Special

Long

Range

étant sensibles

jusqu’à

8 5oo

À,

c’est cette bande

qui

limite notre

spectre

du côté de

l’infrarouge.

7304-6850. Se retrouve très nettement, même

avec les trois maxima secondaires

qu’elle comporte

et l’on

peut

remarquer que, le

4

septembre,

la bande B de

l’oxygène

est

masquée complètement

par celle de la vapeur d’eau.

6660-6280. Se retrouve

également

très bien et se

superpose à 2 et à 6300 de

(O).

6060-5860.

Également

très visible.

5780-5670. Se retrouve

aussi;

recouvre

partiel-lement oc’ et 5773 de

5478-5420. Se devine le II i

septembre;

est bien

visible le

4.

Quant

à

5111-4981,

elle coïncide avec un minimum

de sensibilité de l’émulsion

photographique

où,

par suite de

l’absorption

due à cette

bande,

les mesures

sont devenues

impossibles.

Le fait

important

qui

se

dégage

de la

comparaison

des deux courbes

du 4

septembre

et du 1 l

septembre

est

l’importance

considérable des bandes de la vapeur d’eau par

rapport

à celles des autres consti-tuants

[0,

et

(°2)2].

Ceci

justifie

la

part

de

l’absorp-tion que nous avons

précédemment

attribuée à la

vapeur d’eau dans les

régions

où il y a

superposition

d’absorptions

dues .à

plusieurs

éléments.

b.

Atmosphère

totale. - Considérons la courbe

de la

figure

6

qui

représente

les valeurs de

l’absorp-tion

atmosphérique (dont

on a retranché les valeurs

de

l’absorption

due à

l’ozone)

pour i km dans les

conditions normales. On voit immédiatement se

détacher les bandes connues :

6060-5860 avec ses deux

maxima;

5780-5670

et 5111-4981.

Remarquons

que,

le ~

septembre

où il y a

beaucoup

de vapeur d’eau étant mis à

part,

ces bandes sont mises en évidence d’une

façon beaucoup plus

nette,

surtout pour les

plus

faibles,

que dans la basse

atmo-sphère.

Cela tient à ce que, dans ce dernier cas, les

mesures

portent

sur une

épaisseur

d’air

plus

faible

et sont par suite moins

précises.

Dans la

région

de

l’ultraviolet,

les mesures

ayant

porté

sur une distance

beaucoup

plus petite

la

précision

sera encore

diminuée,

de sorte que, dans cette

région,

les résultats relatifs à la basse

atmosphère

et à

l’atmo-sphère

totale ne sont que

grossièrement

compa-rables entre eux.

Nous avons ainsi identifié un

grand

nombre de

bandes;

en examinant la courbe 1 de la

figure 5

(10)

411

plus importante

vers 3850 avec un maximum

secon-daire à 4050.

Remarquons

à propos de cette dernière que les

points expérimentaux

de la courbe sont

peut-être moins sûrs à cause de la difficulté que

présentent

les mesures

photométriques

entre les raies de la série de Balmer

qui

deviennent assez serrées dans cette

région,

mais que l’existence d’une

absorption

ne

fait

cependant

pas de doute.

Nous avons examiné

jusqu’ici

l’absorption

par les constituants les

plus

absorbants de

l’atmosphère;

voyons maintenant ceux

qui

sont

susceptibles

de

présenter

une faible

absorption.

D. Autres constituants de

l’atmosphère.

-

Oxydes

d’azote. - On sait

qu’il

existe dans

l’atmosphère

des

oxydes

d’azote en très faible

quantité.

Récem-ment,

Adel et

Lampland [2L[J

étudiant

l’absorption

par

l’atmosphère

totale dans

l’infrarouge

lointain ont

trouvé

une bande

qui

présente

un maximum

à

7,6

et ils l’ont

attribuée,

d’après

les

expériences

de laboratoire de

Hettner,

Pohlman et Schumacher

[26],

à

N20~.

D’autre

part,

en

opérant

par voie

chimique,

Paneth et

Edgar [26]

ont déterminé la concentration de l’air en

peroxyde

d’azote. Ils trouvent des

quan-tités extrêmement variables d’un

jour

à

l’autre;

la valeur moyenne est

o, 4

pour

(en volumes).

Si nous considérons alors les coefficients

d’absorp-tion de

N02

et

N2O4 d’après

les données

expéri-mentales de

Lambrey

et Corbière

[27],

nous voyons

que pour

N2O4

le coefficient

d’absorption

atteint

une valeur maximum de

1,05

pour 3

400

-À.

La valeur maximum de la densité

optique

due au

gaz

N2O4

contenu dans 1 km d’air dans les condi-tions normales atteindrait

quantité

qui

se

trouve de l’ordre de

grandeur

des erreurs

expéri-mentales.

Maintenant supposons que la concentration de l’air en

peroxyde

d’azote ne soit pas

uniforme,

et que, à

l’exemple

de celle de

l’ozone,

elle croisse avec

l’altitude de

façon

à donner une concentration moyenne

supérieure

à la concentration au

voisinage

du

sol;

si nous tenons

compte

des coefficients d’absor-tion de

Lambrey

et

Corbière,

on ne voit aucune

absorption

par

N,O,.

D’autre

part,

N02

ne

peut

rendre

compte

à lui seul de

l’absorption

résiduelle. Si l’on se

reporte

aux résultats

expérimentaux

de

Melvin et Wulf

[28],

on voit que les

mélanges

de

NO,

N02

et

H,O présentent

des bandes

d’absorption

dont l’ensemble ne se retrouve

également

pas dans

l’atmosphère.

Aldéhyde formique.

- Dahr et Ram

[2~],

par

dosage

chimique

de l’eau de

pluie,

y ont trouvé des

quantités

de formol

comprises

entre

0,00015

et o,ool2

gjL

Le

spectre

d’absorption

de

l’aldéhyde

formique

ayant

été étudié dans l’ultraviolet par V. Henri et

.4. Schou

[30],

il était intéressant de voir si l’on

n’apercevait

pas les

principales

bandes 13,

C,

C’, D et D!.

àlais,

pas

plus

que Adel et

Lampland

dans l’infra-rouge

lointain,

nous n’avons pu mettre en

évi-dence d’une

façon

nette

l’absorption

par

l’aldéhyde

formique.

IV. - Cas de

l’atmosphére

la

plus

pure : conclusions.

Si nous nous

reportons

à la courbe 2 de la

figure

5,

nous voyons

qu’il

est maintenant

possible

de

préciser

la valeur de

l’absorption

par diffusion moléculaire. On

peut

en effet tracer sans

ambiguïté

la droite dont nous avions donné les

positions

limites °

page

4c6.

Elle passe par

l’origine

et sa

pente B

a pour valeur ±

1,5,

ce

qui

donne pour

N 6,11

1 ±

0,06 . I o23,

valeur en excellent accord avec la valeur couramment admise pour la constante

d’Avogadro.

Cette valeur est à

rapprocher

de celles données par Tien Kiu

[31]

]

par une méthode

statis-tique :

6,13~.10~3;

par Cabannes et

Dufay [3?],

et par

Arnulf,

Déjardin

et

Falgon [33]

?~’ =

6,5.10~.

Remarquons

à ce propos combien le fait d’avoir des mesures

portant

sur des

longueurs

d’onde très

voisines nous a été

précieux

pour la discrimination

entre

l’absorption

sélective et

l’absorption

par

diffu-sion moléculaire.

Remarquons

aussi que si nous nous limitions à la

région 4

800-3 800

~,

nous

pourrions

constater une

augmentation

régulière

de la

pente,

comme l’ont

déjà

remarqué Déjardin

et ses

collaborateurs;

cette

augmentation

serait d’autant

plus importante

que

l’absorption

dans la bande située vers 3

8oo Â

est

plus

intense.

Les

points

expérimentaux

situés au-dessus de la droite tracée

correspondant,

comme nous venons

de’ le

montrer,

à

l’absorption

sélective des différents constituants de

l’atmosphère,

on voit donc que

l’absorption

par

diffusion

moléculaire est

bien

repré-sentée

par la

formule

de

Raylei gh-Ca bannes.

Nous avons identifié toutes les bandes

d’absorption

sélective

qui

se

superposent

à

l’absorption

par

diffusion moléculaire à

l’exception

de 4 4oo,

3 850 et 3

6oo Â.

En se

reportant

aux courbes relatives

aux différentes nuits

d’observation,

nous avons

remarqué

que l’intensité de ces bandes variait et

qu’il

existe une corrélation évidente entre leur

intensité et l’humidité au

voisinage

du sol. Bien que

la formule de Hahn

qui

relie l’humidité au sol et la

quantité

de vapeur d’eau contenue dans la totalité de

l’atmosphère

ne soit pas

rigoureuse,

on

peut

cependant

penser que la vapeur d’eau est respon-sable de ces bandes. Une confirmation

plus

sérieuse réside dans l’étroite corrélation constatée avec

l’intensité de la bande de la

pluie.

La courbe relative

(11)

égale-ment

constaté,

au cours de la nuit

du 7

août,

une

variation

progressive

et simultanée des bandes attri-buées à la vapeur d’eau.

Rappelons

que Cabannes et

Dufay

[3~]

avaient aperçu l’existence d’une

absorption

variable dans la

région 4

ooo-3 goo et aussi vers 3 600

1B.

Nous avons ainsi

justifié

les résultats

expérimen-taux dans le cas de

l’absorption

par

l’atmosphère

totale pour les deux nuits où la

transparence

était maximum

(4

octobre et 15

juillet).

Le rôle de la diffusion moléculaire et

l’absorption

sélective des constituants de

l’atmosphère

étant ainsi

précisés,

en examinant les autres courbes relatives aussi bien à

l’absorption

par

l’atmosphère

totale que par la basse

atmosphère,

nous voyons

qu’il

reste encore

dans le

spectre

visible une

absorption

notable que

nous examinerons dans un

prochain

article.

Manuscrit reçu le 26 avril 1939.

BIBLIOGRAPHIE.

[ I] A. et E. VASSY, Journal de Physique, 1939, t. 10, p. 75. [2] J. CABANNES, La diffusion moléculaire de la lumière,

Presses Universitaires, Paris, 1929.

[3] A. PÉRARD, Journal de Physique, 1925, t. 6, p. 217.

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