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La transparence de l'atmosphère et l'absorption par l'oxygène

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(1)

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La transparence de l’atmosphère et l’absorption par

l’oxygène

M. J. Duclaux

To cite this version:

(2)

LA

TRANSPARENCE

DE

L’ATMOSPHÈRE

ET

L’ABSORPTION

PAR

L’OXYGÈNE

Par M. J. DUCLAUX.

Sommaire. 2014 L’expérience montre qu’il existe parfois au voisinage du sol, et

notam-ment en hiver, des masses d’air dont la transparence est au moins égale à celle que l’on déduit de la théorie de la diffusion moléculaire. On les reconnait par la visibilité d’objets

terrestres très lointains. Ces masses s’étendent horizontalement sur plusieurs centaines de kilomètres et verticalement sur une fraction notable de l’épaisseur totale de

l’atmo-sphère; peut-être sur toute la troposphère.

La discussion des causes de trouble de l’air atmosphérique montre qu’il contient

norma-lement, à toute altitude, des quantités de matières à l’élat solide ou liquide suffisantes pour augmenter dans des proportions très considérables son pouvoir diffusant ou absor-bant. Parmi ces matières on peut citer le nitrate et le nitrite d’ammonium, le chlorure et le perchlorate de sodium.

Ces masses d’air très pur ont été lavées par les pluies. Ce processus du purification ne

s’étendant pas à l’air de haute altitude, on en déduit que celui-ci est beaucoup plus

rare-ment pur, et que les coefficients d’absorption qu’on lui a reconnus, par exemple par l’étude du rayonnement solaire, sont trop élevés.

C’est donc sur l’air pur de basse altitude que l’on doit déterminer les minima d’absorp-tion irréductibles, correspondant soit à la diffusion moléculaire, soit à une absorption

proprement dite Les mesures faites autrement se rapportent à un milieu indéterminé et

non reproductihle.

Il n’y a pas de preuve que la disparition du spectre solaire, au delà de la bande de

l’ozone, soit due à un spectre d’absorption continu de l’oxygène. Le spectre de bandes de l’oxygène, qui recouvre toute cette région, est en effet très compliqué. Le coefficient

d’absorption mesuré pour une raie d’émission large, telle que celles du Cd, Zn ou Al est

un nombre indéterminé. Pour reconn itre une ab-orption continue de l’oxygène, pou-vant expliquer la disparition du spectre continu du soleil, il faudrait mesurer

l’absorp-tion soit d’une raie réellement monochromatique (Ag, Cu) soit d’une région très étroite

(0.05Å) et convenablement choisie, d’un spectre d’émission continu. Cette étude ne peut se faire que sur un air de haute transparence; l’efficacité des méthodes de laboratoire pour la purification de l’air est très douteuse Les coefficients d’absorption pour les diverses radiations doivent être mesurés sur la mème masse d’air.

t. Il est

généralemplll

admis que la

transparence

de l’air ne

peut,

en aucun cas,

dépasser

une certaine limite fixée par la diffusion

moléculaire;

c’est-à-dire que les

coeffi-cients

d’absorption

de l’air

atmosphérique,

pour toutes les

longueurs

d’onde,

ne

peuvent

être que

supérieurs

à un certain

minimum,

cillClilable à

priori

par la formule de

Rayleigh

sous la forme donnée par Cabannès.

Des observations

poursuivies depuis plusieurs

années,

et dont une

partie

a été

déjà

publiée (1)

m’ont fait douter que les

conséquences

numériques

de la théorie soient exactes.

En

plusieurs

circonstances,

la visibilité

d’objets

lointains s’est montrée bien meilleure

qu’on

n’aurait pu la

prévoir

par la tliéorie. Je reviendrai ultérieurement sur ces faits en donnant des chiffres definitifs, ceux que

j’ai

déjà

donnés n’étant

qu’approchés.

(1) de l’Observatoire de Lyon t. 2 (19?9), p. 69 et 18’;1: t.12 (1930), p. 255; Coniptes rendus, t. 196

(l93~i}, p. la"2t; de l’ Instltu i 3 fév. 1931.

(3)

2. Pureté maxima de l’air. -~- Les observations

d’objets

terrestres à

grande

distance

permettent

de donner sinon une définition

expérimentale,

du moins les caractères

expérimentaux

d’une

atmosphère

parfaitement

pure, .

La visibilité des

objets

lointains

peut

être

appréciée

par des observations en lumière totale

(ou blanche),

ou par des obser;ations faites au travers de filtres colorés ne laissant passer

qu’une

hande

plus

ou moins

large

clu

spectre.

L’expérience

montre que la visibilité en lumière blanche, par un

temps

très

clair,

est la même

qu’en

lumière

monochromatique

de

longueur

d’oncle environ. Or l’air

peut

être assez

transparent

pour

permettre

avec cette radiation la vision à des distances

supérieures

à 320 kilomètres.

L’atmosphère

pure est donc celle

qui permet

de voir au moins à cette distance. Il

n’y

a pas de raison pour croire que ce soit une

limite ;

au

contraire,

il est

probable

que ce chiffre de 320 kilo-mètres

peut

ètre

dépassé

(1)

mais que la

probabilité

de l’événement est d’autant

plus

faible que la

transparence

est

plus

élevée. Elle est

déjà

faible poor 320

kilomètres; aussi,

pour

ne pas être

obligé

de raisonner sur un

trop

petit

nombre de cas,

j’admettrai

dans ce

qui

suit

qu’une

atmosphère

pure est celle

qui

permet

la visibilité à 250 kilomètres au moins. 3. Limite de

transparence. -

Pour

établir,

par une voie

purement

expérimentale,

qu’il

y a un coefficient

d’absorption minimum,

il faudrait établir l’existence d’un chiffre

qui

serait souvent atteint sans

ètre jamais

dépassé.

Prendre,

comme on le fait

souvent,

le chiffre le

plus petit

d’une série comme un minimum est une erreur de raisonnement

gros--sière;

prendre

des moyennes est encore moins défendable.

-Fig, 1.

Fig. 2.

Plus

précisément,

il faudrait

porter

les chiffres sur un

graphique,

en

représentant

chaque

mesure par un

point

d’abscisse

égale

au coefficient

d’absorption

observé. Si le

groupement

des

points

était

représenté

par la

courbe de

fréquence

de la

figure

1,

l’exis-tence d’une limite infranchissable L serait démontrée. Si au contraire les

points

se

grou-paient

comme sur la

figure

2,

non seulement il

n’y

aurait aucune raison de croire que le

point

~-1

ayant

l’abscisse la

plus petite

correspond

à un minimum

infranchissable,

mais on

pourrait

penser au contraire que la

disposition

des

points

est une distribution de

probabi-lité,

et que le nombre de mesures a été insuffisant pour faire

apparaître

les

points

de

probabilité

très

faible,

silués encore

plus

à

gauche.

Il n’existe actuellement aucune raison

purement

expérimentale

de croire que la

répar-tition des

points

soit celle de la

figure

1,

et par suite l’existence d’ an minimum

infranchis-sable est une

conception

purement théorique

soumise à tous les aléas des théories de

physique

mathématique,

aléas sur

lesquels

il est

superflu

d’insister.

Cependant,

l’accord

qualitatif

général

entre la théorie de la diffusion moléculaire et les faits ne

permet

pas de

douter,

jusqu’à

preuve du

contraire,

de l’existence de ce minimum. Mais sa valeur

numé-(1) En admettant la relation théorique entre l’absorption dans le bleu et l’absorption dans le jaune,

on déduit d’une observation faite en lumière bleue par 31. Gindre que deux montagnes de 3 200 m peuvent

(4)

rique

est encore

sujette

à discussion. Si d’une

part

on a

jusqu’ici

obtenu des résultats

cohé-rentes en admettant les valeurs

numériques

données par la formule de

Rayleigh-Cabannes,

d’autre

part

ces valeurs

numériques

sont inconciliables avec les faits bien constatés de visibilité lointaine que

j’ai précédemment

mentionnés et

qui exigent

une diminution de

près

de

4 jll

des coefficients

d’absorption

théoriques.

Cette contradiction m’a amené à

reprendre

l’étude de la

question

par une voie pure-ment

expérimentale.

1. Nature des difficultés

expérimentales. -L’absorlotion

de l’air sous la

pression

normale est

trop

faible pour

qu’on puisse

la mesurer au

laboratoire,

sauf pour l’ultraviolet lointain. 1l est donc nécessaire

d’opérer

sur des

épaisseurs

considérables

d’atmosphère

naturelle. Les méthodes à suivre sont alors toutes différentes de celles du laboratoire. Au

laboratoire,

avec un

appareil

convenablement

établi,

les mesures sont

possibles

tous les

jours,

et il

n’y

a aucun inconyénient d

employer

une méthode

exigeant

un

montage

compliqué.

Au

contraire,

si on

opère

avec l’air

naturel,

il faut se

plier

aux circonstances. Il

n’y

a rien de

plus

variable que la

transparence

de

l’air ;

on

peut

attendre des mois avant d’avoir une

atmosphère

pure. De

plus

cette

atmosphère

ne vient pas chelcher

l’opé-rateur : c’est à lui d’aller la chercher là où il a le

plus

de chance de la

trouver,

c’est-à- dire souvent fort loin. La méthode doit donc être

simple

et

l’appareillage

réduit au minimum. Toute installation fixe

obligeant

à faire des mesures entre certaines date~ est condamnée à

priori,

car si elle

peut

fournir des

nombres,

la

probabilité

pour que ces nombres se

rapportent

à un air pur est presque nulle.

C’est

pourquoi

la méthode des visibilités

éloignées, malgré

ses

défauts,

est la seule sur

laquelle

on

puisse

actuellement

compter.

Il est d’ailleurs

possible

de

l’appliquer

avec

la même

rigueur

que les méthodes de

laboratoire,

à condition de ne pas être limité par le

temps;

bien que favorisé à certains

égards

par les conditions

locales,

je

ne

compte

pas,

pouvoir

présenter

avant

plusieurs

années les résultats

complets

d’une étude commencée en

1U28,

et à

laquelle

il est

déjà

arrivé

qu’une

année entière passe sans

apporter

aucun élément

nouveau.

5. Variations saisonnières de la

transparence. -

Pour l’étude de ces

variations,

j’a,i

compléter

mes observations

personnelles

par d’autres

d’origines

diverses. On

trou-vera dans ce

qui

suit

quelques

références se

rapportant

à des ouvrages ou

périodiques qui

ne sont pas classés comme «

scientifiques

». Je pense

qu’il

n’y

a aucune raison de

rejeter

des observations évidemment sincères et méritant autant de confiance que les travaux de

laboratoire.

Si,

pour être d’accord avec la définition donnée tout à l’heure d’une

atmosphère

pure, nous

appelons

visibilité lointaine une visibilité à une distance

supérieure

à 250 kilomètres

(en

lumière blanche ou

jaune),

l’observation étant faite soit à l’eeil nu, soit avec une

lunette, nous voyons

qu’en

dehors de bien rares

exceptions

ces visibilités ne s’observent

qu’en hiver;

et

ceci,

semble-t-il,

dans tous les pays ou du moins dans toute 1

Europe

occidentale. Des

textes,

qu’il

ne semble pas utile de citer

ici,

car le fait est

généralement

connu et hors de

contestation,

établissent

qu’il

en est ainsi dans le

Jura,

les

~’osges,

le Massif

central,

les

Pyrénées (Pic

du

Midi),

la Méditerranée

(Corse,

Ile Le fait est relaté

également

dans le

Rapport

établi par le colonel

Perrier

au

sujet

~le la

jonction

géodésique

de

l’Espagne

(Sierra-Nevada)

et des environs d’Oran. Il est

décrit,

pour les

Alpes

Suisses,

dans les termes suivants

(’) :

°

« Jamais le ciel n’est aussi étonnamment beau et transparent qu’en hiver... Les vues dont on jouit des sommets sont simplement merveilleuses. Les pics les plus âistants se dressent contre le ciel aussi nettement que ceux des panoramas de Baedeker; le ciel et la terre semble confiner en une ligne parfaitement nette,

presque dure. L’air est si limpide et il semble exister un tel vide atmosphérique dans ces paysages que,

s’il était possible de les reproduire exactement sur une toile, on perdrait toute notion de distance o .

(1) :Marcel KuRz, Alp1’nisrne hivernal, p. 15. Ce livre contient de nombreux témoignages de la limpidité

(5)

Il est intéressant de noter que cette

augmentation

de

transparence

n’est pas limitée

aux couches basses de

l’atmosphère,

car elle a été

remarquée également

au sommet du Mont Blanc

(~.8U7

m) (1).

Elle n’est pas

explicable

par une illusion

provenant

de ce que les contrastes seraient réellement

plus

grands

en hiver

qu’en

été;

au contraire, les contrastes

observés en haute

montagne

sont en moyenne

plus grands

en

été,

car la

superficie

des

pentes

neigeuses exposée

norlnalement aux rayons solaires est alors

beaucoup plus grande.

En

montagne,

la saison des

grandes transparences

s’étend

généralement

de novembre à février ou mars, comme le montrent deux

statistiques indépendantes

établies à

l’Obser-vatoire du

Puy-de-Dôme,

l’une par B. Brunhes en 1908

(2),

l’autre par M. de

Lagaye

en

193 1

(1).

Ces dates sont confirmées par des observations moins

précises

faites dans le Jura

(Faucille),

les

Vosges (Hohnpck)

et au Pic du Midi.

statistiques

fuites pour des stations moins élevées et

proches

des villes

(4)

ne

peuvent

pus être utilisées ici. car en ces

points

les

causes de

pollution

de l’air sont

beaucoup

plus

actives en hiver

qu’en

été;

de telle sorte que la relation entre la visibilité et la saison

peut

être

inversée,

comme elle l’est normale-inent par

exemple

Douvres et Caluis.

U. Etendue des zones de

transparence. -

L’augmentation

de la

transparence

en ne

peul

pas être

prévue

par la théorie. Au contraire celle ci

indiquerait

un maximum de

transparence

en

été,

au moment où la densité de fuir est la

plus

faible. Les faits ne

peuvent

donc

s’expliquer

que par une variation de la

composition

de

l’air,

en

prenant

ce

mot dans le sens le

plus large.

Parmi les éléments normaux, seule la valeur d’eau est

plus

abondante en été

qu’en

hiver. Il n’est pas douteux que la vapeur d’eau diminue la

transparence

de l’air pour certaines

radiations,

puisqu’elle

a des bandes

d’absorption

dans le

spectre

visible

(notamment

la bande de la

pluie

dans le

jaune) (â).

Mais ces

bandes, qui

sont assez

étroilelnent

limitées,

ne suffisent pas à

expliquer

les variations de visibilité dans tout le

spectre ;

car en admettant

qu’elles

éteignent

complètement

les rayons

jaunes,

la visibilité

serait assurée par les rayons verts d’un côté et les rayons rouges de l’autre.

D’ailleurs,

si la vapeur d’eau avait un rôle

important,

l’air serait

toujours

opaque dans les

régions

tropicales,

car il y est

généralement

saturé. La

quantité

de vapeur d’eau contenue dans

ces

régions,

par mètre cube

d’air,

est

plus

du

triple

de ce

qu’elle

est à 1 OUO mètres

d’altitude en

Europe;

la visibilité devrait dune y être réduite au

tiers,

et ramenée au maximum à 100

kilomètres,

résultat contraire à

l’expérience (golfe

du

Mexique

par

exemple).

Le constituant

qui

diminue la

transparence

de l’air en été est donc un consignant

anormal,

ou

plutôt,

pour ne pas restreindre le

champ

des

hypothèses,

l’état de l’air non

transparent

est un état anormal. Nous pouvons

désigner

cet état sous le nom de étai

et

appeler

brume ce

qui

le caose ; ainsi

entendue,

la brume

comprendra

noir seulement des substances

matérielles,

mais aussi le manque

d’homogériéité

de l’air causé par le les différences de

température,

les mouvements de convection ou

tour-biHonnaires, etc...

°

Les masses d’air non brumeux

peuvent

avoir une étendue de

plusieurs

centaines de kilomètres. Les observations

qui

le montrent ne sont malheureusement que

qualitatives,

et ne

permettent

pas le calcul exact des coefficients

d’absorption,

mais elles suffisent à montrer que ces coefficients étaient très voisins des chiffres

théoriques

et très

proba-blement inférieurs.

Il Le Mont Blanc a été vu de l’altitude de 5 000 mètres

(en avion)

au-dessus de

La A-Jontagnf? (1932), p. 13t.

litteraire. t. 4, n° 32 (192 i).

~° ) ~ ;e Cnrzgrès des SocIétés Savantes (1931).

Comptes rendus, t. 195 (193-2l p. 1301 ; CHOr rendus. t. 194 (t:3?;, p. i Lumptes rendus. t. 196 (19 3), p. 208.

(6)

Thionvi!le,

en j juillet

1922

(1).

La distance est 400

km,

et

l’épais,,etir

d’air

lravei,di,

réduite aux conditions

iiormales,

est 280 kil. En admettant pour les coefficÜnL;;

d’absorption

les chiffres

théoriques,

on calcule que le contraste entre les surfaces ?K’i-geuses et le ciel

adjacent

était 4 pour 100. Il est tout à fait douteux

qu’un objet

d’aussi faible étendue

(8

millièmes en

longueur

et

1}4

millièmes en hauteur)

puisse

être aperçu avec un contraste aussi faible.

2° Les monts du Cantal ont été

aperçus à

F0153il nu par JBL

llugon,

du

Pic-du-Midi,

Je ~t3 novembre

19.io,

à la clislance de 31’i km.

Epaisseur

d’air réduite 263 k117. La visibilïté était la même

(ou

un peu

meilloure)i

au travers d’un filtre nc laissant passer que la

partie

du

spectre

autour de 0.58 ;u. Le contraste calculé en

supposant

que les mires étaient

entièrement

neigeuses

est 6 pour t0i). Les

angles

apparents

sont encore bien

plus

petits

que dans l’observation

précédente,

soit () minutes

sexagésimales

en

largeur

(1,6 millième)

et 2 en hauteur

(0,5

millième : -. en surface

1/50

de la Lune au

premier quartier),

et il est

encore

plus

douteux

qu’une

visibilité nette soit

possible

avec un contrasle an,si

petit.

3° La cime des Ecrins a été vue par M.

Garrigue,

du sommet du

Canigou

en octobre

1931,

à la distance de km

(2). Epaisseur

réduite 348 km. Contraste calculé

(en

supposant

la mire absolument

noire)

3,5

pour pour la

longueur

d’onde

O.60¡J..

Ce

nombre est

plus petit

encore que les

précédents.

Comme une

partie

de la mire était en

plein

soleil,

il est

impossible

de la supposer

noire,

et le contraste réel est certainement bien

plus

faible. La conclusion est donc la même.

Cette observation

présente

ce caractère

remarquable

que la

trajectoire

du rayon

lumineux

passait

sur une distance assez

grande

à 300 mètres seulement au dessus du sol. Il n’est pas vraisemblable que l’air fût débarrassé de brume à une hauteur aussi

faible ;

par

compensation

il devait

être,

sur le reste du parcours,

plus transparent

encore que De

l’indique

le contraste observé.

7. Etendue en

largeur. -

Dans les

exemples qui précèdent,

les visibilités n’ont été

observées que dans une seule direction. Elles montrent donc seulement que les masses d’air sans brume

peuvent

s’étendre en

longueur

sur

plusieurs

entaines de kilomètres.

Pour connaître en même

temps

leur extension en

largeur,

il faudrait que les

grandes

visi-bilités fussent observées simultanément dans des directions différentes ou à

partir

dle

points

différents. En même

temps

on éviterait

l’objection

qu’un

phénomène

particulier

(par exemple

la

présence

d’un

nuage)

a pu fausser les conditions de l’observation dans une

direction

unique.

Il est vrai que la discussion des observations

(qu il

serait

trop

long

de donner

ici)

ne laisse

place

à aucune

objection

de ce genre, mais la réfutation serait encore

meilleures si les visibilités avaient été constatées simultanément dans

plusieurs

d’reciious et par des observateurs différents. J’ai pu réunir le~ matériaux de celte démonstration. Le 12 décembre

1926,

l’atmosphère

était à Villard-de Lans

remarquablement

pure dans ladirection 1’. 1Ho

E,

seule direction dans

laquelle

l’horizon spj

dégagé

LTlle

mon-tagne

située à 72 km et en

plein

soleil était v!sible en noir sur le fond du

ciel,

avec un

contraste très au travers d un filtre bleu

(longueur

d onde

équivalente

f1.).

Cetle distance

équivaut

à une distance de 181)

km,

pour l’observation lurnière

blalche,

et

indique

une

transparence

tout au voisine de la

transparence théorique.

Le ciel était

jusqu’à

l’horizon absolument pur et bleu. Il n’avait par été

possible

de ln’el’

parti

de

cette observation isolée

qui

ne fournissait aucun élément

quantitatif.

Un hasard m’a fait trois ans

plus

tard trouver un court article ~’un

journal quotidien

se

rapportant

à la même

journée

et que

je reproduis

ici,

les

circonstances

lui donnant la

valeur observation

scientifique

é

(1) La uontagne (1923)1 p. 20. Le temps est signalé comme beau à SLra.-bour-g, Lyon,

Gap ;

peu nuageux à àXekz. Il y avait donc quelques nuages élevés : une telle siiuation équivalente au

point de vue du voile atmosphérique à un ciel pur.

(2) Ga fer avril 1932.

(7)

cc Colmar, la décenîbre 1926. - Ln

phénomèno qui mérite d’être rapporté a étonné les promeneurs

elominicaux. Depuis quelque jours, le froid et un brouillard assez dense sévissaient dans la vallée du Rhin. Samedi soir, le thermomètre accusa 6 degrés en montagne, le lendemain dimanche (12 décembre) fut telle-ment chaud qu’entre 10 et 13 heures on enregistra. dans la région du Hohneck, jusqu’à 29 degrés au soleil. En même temps, l’atmosphère fut si limpide qu’on put jouir, des sommets des Vosges, d’une vue extraordi-naire embrassant les Alpes et les glaciers. Vingt neuf degrés au soleil, à cette époque, dans une région

montagneuse, c’est certainement un beau record (~) ».

Il se trouve que la direction de la visée faite du Villard-de-Lans passe à peu

près

exactement par le sommet du

Hohneck,

à la clistance de 345 kilomètres. Le

recoupement

des deux observations est donc

parfait.

Le panorama du Hohneck

comprend

tous les hauts sommets des

Alpes depuis

le Mont Blanc

jusqu’aux

Alpes

de

Glaris;

les dis-tances varient entre 180 et 250 kilomètres. La carte montre que la zone de

transparence

s’étendait ainsi du Nord au Sud sur

plus

de 350 kilomètres et de l’Ouest à l’Est sur

plus

de 200. Mais de

plus,

l’intensité anormale du

rayonnement

solaire

(la

hauteur du soleil le 12 décembre étant au maximum

19°)

montre que la

transparence

s’étendait

également

en

hauteur,

c’est-à-dire que le

phénomène

n’est pas limité à la surface du sol. La nasse d’air est étendue dans les trois ditîzejisiojis de

l’espace.

Il serait intéressant de connaître

plus

exactement ses limites : -.

je

n’ai pu y

parvenir. D’après

les

renseignements qu’a

bien voulu me

communiquer

M.

Jlathias,

l’Observatoire du

Puy

de-Dôme n’a rien observé d’anormal à la même date. Cet observatoire est situé environ 250 kilomètres

plus

à

l’Ouest,

et il est

possible

que la zone de

transparence

ne s’étendît pas aussi loin.

~ L’examen de la carte

météorologique

ne révèle rien de

spécial,

ou

plutôt

il

n’y

a pa~ de preuve que ses

particularités

soient en

rapport

avec le

phénomène.

Un

plus

grand

nombre d’observations serait nécessaire pour

qu’on

puisse

établir un lien entre l’état

général

de

l’atmosphère

et I*existence des zones de

transparence.

Je n’insisterai pas ici

sur le côté

météorologique

de ces

observations,

bien

qu’elles

puissent

donner des

rensei-gnements

sur la circulation

générale

de

l’atmosphère

Deux

points cependant

méritent d’être

signalés.

En

premier

lieu,

les visibilités

exceptionnelles

s’observent très souvent au-dessus d’une mer de nuages, et ceci encore ne

peut

être

expliqué

par la

théorie,

car en

raison

du

grand

pouvoir

diffusant des nuages, le voile

atmosphérique

est presque deux

fois’plus

intense au-dessus d’une mer de nuages

qu’au-dessus

du sol.

;

; En second lieu on

observe,

conformément à une tradition locale très

répandue,

que

les grandes

visibilités annoncent

souvent,

en été du

moins,

l’arrivée d’un orage. Mais on ne

sait

pas si le fait est dû à une

particularité

de la situation

météorologique

ou à

réchauffement

anormal de la surface du sol

qui

accompagne

la

grande transparence

de l’air.

~ 8. Air de basse et de haute altitude.

- Nous venons

de voir que de très

grandes

masses d’air

peuvent être,

en hiver, à peu

près complètement

débarrassées de brume et avoir une

transparence

qui

est au moins

égale

et très

probablement supérieure

à la

transpa-rence

théorique.

D’autre

part

les chiffres

théoriques

ont

jusqu’ici

été considérés comme vérifiés par l’ensemble des mesures relatives au

rayonnement

solaire. Peut-être cette

véri-fication

n’a-t-elle pas la valeur

qu’on

lui attribue. Si nous l’admettons

cependant

provisoi-rement,

nous sommes amenés à penser que l’air de basse altitude

(qui

intervient seul dans les

visibilités) peut

avoir une

transparence

plus grande

que l’air de haute

altitude,

qui

intervient dans l’étude du soleil

puisque

la moitié de la masse de

l’atmosphère

est

au-dessus

de 5 000 mètres. Cette

hypothèse

peut

sembler

hardie,

car l’observation

cou-rante

des ascensions en

montagne

ou en ballon montre invariablement que la brume est

plus épaisse

au niveau du sol. En réalité il

n’y

a aucune

contradiction,

et tout redevient normal si l’on réfléchit que de telles observations n’ont aucun caractère

quantitatif,

et

que

chacun entend à sa manière le terme

d’atmosphère

pure; et ce que l’on

peut

en retenir est

simplement

qu’il

y a en

général

moins de hrume à 4’000 mètres

qu’à

i 000 mètres

(et

- -

j

(8)

encore faudrait-il tenir

compte

de la raréfaction de

l’air),

mais rien ne

permet

d’affirmer que cette décroissance se continue encore au-delà de 4 000

mètres,

à 25 000 mètres et

plus

loin;

ni que le sens de la variation soit encore le même dans les circonstance

exceptionnelles

où l’air est

déjà

très

transparent

à 1 000 mètres.

9. Masse de la brume. - Il faut d’abord se rendre

compte

de la

quantité pondérale

de substance que contient la brume. Un tel

problème

est indéterminé. Mais on

peut

chercher

quelle

est la

quantité

de substance solide ou

liquide qui

suffit à donner une brume

d’opacité

donnée. Cette

quantité

est excessivement

petite.

Pour la déterminer

quantitativement,

j’ai dégagé

dans

l’atmosphère

d’un

laboratoire,

rendue

préalablement

ammoniacale,

une

quantité

d’acide

nitrique

pouvant

donner par mètre cube environ 3 mgr de nitrate d’ammonium. L’air

ayant

été rendu

homogène

au moyen d’un

ventilateur,

j’ai

déterminé la brillance d’une couche d’environ 4 mètres

d’épaisseur

éclairée par une lumière d’intensité connue. Cette brillance était

égale

à 950 fois la brillance résultant de la diffusion

moléculaire,

calculée par la formule de

Rayleigh-Cabannes,

pour les rayons

jaunes.

En admettant une loi de

proportionnalité,

on troue

qu’en supposant qu’il n’y

ait pas de diffusion

moléculaire,

il suffirait de

0,0037

mgr par mètre cube de nitrate d’ammonium pour

produire

une diffusion

équivalente.

La

quantité correspondante

pour toute la hauteur de

l’atmosphère

est de 30 mgr par mètre carré.

Une autre

expérience

a été faite dans les mêmes conditions avec de la fumée bleue de

tabac. En

supposant

que toute la matière brûlée se trouve sous la forme solide dans la

fumée,

il en faudrait pour

chaque

mètre carré

d’atmosphère

480 mgr pour

reproduire

la diffusion moléculaire,. En réalité le

poids

de la fumée n’est

qu’une

toute

petite

fraction du

poids

de la matière

brûlée,

probablement

moins de 1 pour

100,

et cette

expérience

conduit au même résultat que la

précédente,

sinon à des chiffres encore

plus

faibles.

10.

Origine

de la brume. - Je ne traiterai ici que de la brume

matérielle,

en laissant de côté ce

qui

concerne la diffusion causée par les diverses

hétérogénéités

de

l’atmosphère

(convection,

agitation,

etc.).

La

quantité

de brume matérielle est limitée par

l’équilibre

qui

s’établit entre les causes de

pollution

de

l’atmosphère

et les processus de

purification.

Parmi les causes de

pollution

il en est

qui

sont à chercher à la surface du sol

(pous-sières,

fumées).

Mais d’autres

siègent

au contraire dans la haute

atmosphère; parmi

celles-ci il faut citer en

premier

lieu la réaction de l’ozone sur l’ammoniac

qui,

comme on le

sait,

donne du nitrate et du nitrite d’ammonium. Au

voisinage

du

sol,

c’est l’ammoniac

qui

est en

excès,

puisqu’il

y en a en moyenne

quelques

centièmes de

milligramme

par mètre cube tandis que les évaluations les

plus optimistes

de l’ozone

indiquent

O,04~)

mgr (i),

c’est-à-dire assez pour

oxyder 0,008

mgr seulement de NH3. Au

contraire,

dans la très haute

atmos-phère,

c’est l’ozone

qui

est en excès

puisqu’il

y en a en moyenne, dans toute

l’épaisseur

de

1 atmosphère

0,6

mgr par mètre cube. La rencontre se fait donc à haute altitude. Elle est attestée

parla présence

constante dans les eaux de

pluie

de l’acide

nitrique

(ou nitreux) qui

ne

peut

pas avoir une

origine

terrestre

(2).

Le fait que ces acides existent dans les eaux de

pluie,

et

particulièrement

dans les eaux

d’orage, indique

que les sels d’ammonium sont

présents

à

quelques

milliers de mètres de hauteur. Leur existence doit être considérée comme

beaucoup

mieux

prouvée

que

celle de l’ozone lui-même

puisqu’on

peut

les retrouver par voie

chimique,

et au besoin les isoler.

Il reste à savoir dans

quel

état ils

sont;

on

pourrait

supposer

qu’en

raison de leur extrême dilution ils sont à l’état gazeux et par suite n’exercent aucune

absorption

ni diffu-sion mesurable.

La mesure directe des tensions de vapeur du nitrate et du nitrite

d’ammonium,

aux

diverses

températures

à considérer, semble

impossible

à cause de leur extrême

petitesse.

(1) BUISSON, J.IUSSER.&-.N et Revue

d’Optique

t. 12, p. 78 (1933).

(9)

Jai seulement de déterminer leur ordre de

vante

i" Un gramme de nitrate d ammonium a été

place

une étuve

réglée

vers un gramme de

benzophénone

a été

placé à

côté. Au hOllt de dix

jours

les

pertes

étaient

La tension de vapeur est donc inférieure à ceUe (te la a la

température.

2° Un gramme de nitrate d’ammonium a été

placé

à l’étuve avec un gramme de mer

et un gramme de

benzophénom’

a {.té abanlonné à lu

température

ordinaire. Pertp de

poids après cinquante jours;

Les tensions de vapeur du mercure et de

la

henzoph’non

:

Si l’on admet que la vitesse

d’évaporation

est

proportionnelle

il la

pression

de vapeu-r à la,

surface,

et au

poids nnlëculaire,

on voit que la

pression

de vapeur du nitrate doit étrct environ

1 /20

de celle de la

benzophénone,

soit 0.0003 mm à

43’-

ou

1/30

de celle du

mer-cure, soit 0.0002 mm.

Appliquant

pour la décroissance avec la

température

la loi

qui

convient au mercuue. on trouve pour -- 50° un chiffre de l’ordre de 10-S mm, soit 5.10-5 ingr par mètre carré. C’est moins de

1 j 100

de ce que

peut

donner

l’oxydation

de la

quantité

de

NH3

contenue normalement dans l’air. Donc dans les

régions supérieures

de

l’atmosphère

(la

température

de - 10’ est atteinte en

général

vers 9 000 m ; la densité de

l’air y est réduitc à

1/3,

ainsi que la

quantité

de

N113)

il ne semble pas douteux qnr

majeure partie

des sels ammoniacaux est à l’état solide.

D’autre

part

nous venons de voir

qu’il

suffirait,

pour

produire

une diffusion

égale il

1{1

diffusion moléculaire

théorique,

de 30 mgr de substance solide par mètre carré

d’atmos-phère.

l’our former 30 mgr de nitrate

d’ammonium,

il suffit de l t mgr fi’ammoniii . dire de la

quantité

contenue normalement dans une

épaisseur

d air de

quelques

centaine tlc mètres seulement. La

proportion

d’ammoniac est clonc

surabondante:

il en est de pour l’ozone.

Pour achever la démonstration, il suffit de faire remarquer

qu’une

pluie

donnant

11 elll d’eau ramène au sol une

quantité

de nitrate et de nitrite

qui

est le

plus

souvent rieure à 30 mgr par mètre carre et

qui

peut

atteindre le

double ;

nous avons ainsi la preui c

iiiatérielle de l’existence à

quelques

kilomètres de hauteiii- cle

quantité

de matière

plus

,Ilffisaiites pour troubler très fortement

l’atmosphère.

11. Chlorure et

perchlorate

de sodium. - Les sels ammoniacaux ne sont seuls sels minéraux contenus dans

l’atmosphère.

La

plus grande

partie

de la vapeur (fea-u

contenue dans l’air

provient

des Iners; le vent enlève à la mer, sous forme de

petites

gout-teiettes,

une

quantité

notable d’eau

qui

entraîne dit chlorure de sodium. Ce

processus

(10)

MM. Hordas ~,L ont montré

(’)

qu’on

trouvait. les du

de sodium

.iu:,CJu’Ù

km du

rivage.

Une

partie

de ce sel est ramenée au

sol j>ai> 1>s

oaiix de

plui(l qui,

ii 35 kn1 de la pn renfermcmt (’1) IHoyenne 2.- lngr par litre. Eii

(1 ltl dt’ LI ’jU io chiîfnB à 1 ltyr. La

quanlit(1

(](1

au s(d

pourrait

par an. D’autres auteurs

indiquent

,j’ai

moi-même

analyse

(tes eaux de source l’t’cueillies

dans une

région

voisine de 1;1 > et

conte-naiertt par

l>uisqu>

l’eau

¡duit,

(lu nn elle

prend

mn ttLt,.zsi,

et it fut’île (je ’oiiil>1aii..lliiielloii>

(Iti’iiiie pltlip

de 1 lU lil i,,,

itiètre

cart’é)

ramène au sol tout le NitCI contenu dans la masse d’air renfermant ce, 9l) titres

d’eau,

soit dans une eouclie de 800 III en

prenant

pour leau tir

pluhl

le chiffre très bas

de 1 mgr de sel par

litre,

on en déduit pour l’air une teneur 1> mgr par mètre

cube,

ou 100 mgr pour

l’épaisseur

totale de

l’atmosphère

et pour 1 Ill" de surface du sol. Ce chiffre

fois plus

grand

que celui

qui, d’après

ce

qui précède,

pourrait

produire

une diffu-iciile à la diffusion IHoléculnirr.]] diminue

quand

l’altitl1dp

augmente :

mais

partout

il y a Ele il y

tt’(Iu NiiCt.

Ii y ;1

tout lieu de penser que, dans tes liantes

régions

de

l’atmosphère (peut-être à

kilométr.es seulement), le chlorure de sodium est transformé en

perchlorate.

L’absorption

du

perchlorate

est, en

effet,

comme

je

l’ai

vérifié,

inférieure dans l’ultraviolet à celle d’une

quantité

équimoléculairc

de chlorure et par suite il

représente

une forme

plus

.;tabtp elt

préseiice

d’un ultraviolet iltensc. La formation natureile du pei-chlorate a d’ailleurs

déjà

été attribuée à

l’oxydation

photochimique

(ou

électrochimique j

du chlorure (2) et il sl a tout lieu de considère!’ cette

hypothèse

COlllU1e exacte.

Or,

un certain

poids

de XaCI donne un

poiils

douhle de est de

plus

celui-ci est un sel

déliques-cent,

donnant des solutions dont le

point

cryohydratique

est très Par suite, dans 1’al-il doit condenser de Ja vapeur d’eau, ce

qui

augmente

d’autant son

pouvoir

diffusant.

12. Condensation de la brume. 2013 Il existe doue !lU l’tua lelHPn l dans de haute au moins

jusqu’aux

liInite..; de ta

troposphère,

des

quantités

de

poussières

soinies ja

liquides

suffisantes pour

augmenter

dans de

proportions l’absorption

de

l’ui r ;

ce

qui

entache d’erreur les coefficients

d’absorption

déduits de l’étude du soleil, ou obtenus par toute méthode mettant en

jeu l’épaisseur

totale de

l’atmosphère.

Selon toute

probabi-lfté ces coefficients sont

trop élevés,

d’une

quantité

inconnue.

Pour que l’air redevienne

transparent,

il faut que ces

poussières disparaissent,

ce

qui

ne

peut

se faire que par l’intermédiaire des

pluies.

Or,

1«1 formation des

pluies prut

bien

laver les couches inférieures de tnais non les couches car il est

exceptionnel

que la

pluie provienne

d’une aMUnde

supérieure

Ù .10 0110 111. Il est donc pos-de trouver, dan.... conditioll’" favorables, de

grandes

zones d’air pur au

voisinage

du

sol,

tandis

qu’on

oit pas par

quel

mécanisme une brume de haute altitude serait

dissoute SUI’ ou ranH’lIétB au sol.

Ainsi, c’est bien ---

conformément aux faits de visibilité à

grande

distance - ~ basse

altitude, qu’on

trouvera,

de

temps

en

temps,

de

grandes

zones d’air

pU1’.11

suffira

qu’une

grande

masse lavée par la

pluie

descende

jusqu’au

sol sans se

mélanger

avec

d’autres,

et

sans être salie par des

poussières

ou fumées terrestres. Ceci n’est

possible

qu’avec

u~1

régirne

anticyclonique;

et à ce

point

c1c vue t’élude (le la

transparence

de l’air se révèle

comme un auxiliaire très

précieux

de la

météorologie.

J’insiste ici une fois de

plus

sur le fait que les très

grandes transparences

sont

proba-blement

en hiver assez

fréquentes

dans les

régions

de

montagnes:

-, si

jusqu’ici

les

observa-,

tions de nature

scientifique

ont été rares, c’est sans aucun doute faute d’observateurs.

(11)

C’est en tout cas sur ces masses d’air pur

qu’il

faut détcrlninpr les coefficients

d’absorption

de

l’air;

les chiffres obtenus

autrement,

sur un air

quelconque,

exprimeiii

les

propriétés

d’uiie matière indéterminée et non celles de l’air. D’autre

part,

ponr reconnaître a

pureté

de

l’air,

nous n’avons actuellement pas d’autre méthode que l’observation visibilités à

grande

distance.

a»p?.oxinoeation,

nous pouvons adiiiettre que

’air est

pratiquement

pur

lorsque,

pour des observations visuelles ou

jihoto(,raphique.,-

en umière

monochromatique,

il

permet

la

perception

de contrastes aux distances suivants

(air

réduit ~z la densité

normale) :

Brume

d’été.

--

L’époque

des

grandes

transparences

de l’air

(novembre

à

mats)

coïncide avec la

période pendant laquelle

la vie animale ou

végétale

est ralentie ou même

suspendue.

Durant cette

période,

il

n’y

a

plus

dans l’air ni

grains

de

pollen,

ni

graines

on insectes ailés. On

peut

considérer comme très

probable (et

ceci

peut

être

appuyé

par U 11 calcul très

simple

que chacun

peut

faire)

que la

présence

de ces

organismes d’origine

vitale est une des causes

principales

du trouble de

l’atmosphère

en

été,

au

voisinage

immédiat du

sol,

dans les

régions

cultivées. C’est

pourquoi

les mesures de

transparence

doivent être faites dans un pays assez accidenté pour que la

ligne

de visée ne se

rapproche

du sol

ses deux extrémités.

i4. Brumes et densité de l’air. - Il convient de

rappeler

ici les curieuses

expé-riences

qui

ont décelé des variations dans la densité de l’air en fonction de la hauteur

Fig. 3.

barométrique.

Ces mesures faites

indépendamment

en des

points

différents par

Morlty,

Loomis,

Guye,

Wourtzel,

Jaquerod

et

Borel,

ont donné

toujours

le même

résultat;

lorsque

la

pression

est

élevée,

comme au centre d’un

anticyclone,

la densité de l’air

pris

à la surface du sol est

plus

faible que la

normale,

la différence étant de

quelques

dixièmes de millit-gramme par litre. Les mesures de

Jaquerod

et Borel

e)

sont

groupées

par moyennes dans le

graphique

de la

figure

3

(en

abscisses les densités par

rapport

aux densités

normales

(12)

en ordonnées les

pressions atmosphériques

par

rapport

à la

pression

normale).

Malgré

l’irrégularité

de la distribution des

points,

causée par les inévitables erreurs de mesure,

l’influence de la

pression

sur la densité est très nette.

Après

avoir montré que les variations dans la

composition

de l’air

~oxygène,

acide

carbonique,

vapeur

d’eau,

gaz lourds ou

légers)

ne

peuvent

pas

expliquer

celles de la

densité,

les auteurs se rallient faute de mieux à

l’hypothèse

de

Guye, d’après laquelle

l’air des

régions

de basse

pression

contiendrait des

particules ultramicroscopiques

traver-sant les filtres de coton, tandis que l’air

anticyclonique

en serait

dépourvu.

La relation de ces faits avec la

transparence

est évidente et mériterait une étude

spé

ciale. Ils sont par eux-mêmes assez

troublants;

ils tirent leur valeur du fait que ceux

qui

les ont décrits sont les

spécialistes

les

plus

autorisés des mesures de densité gazeuse.

Quant

au fait que des

particules ultramicroscopiques

peuvent

traverser des filtres de

coton,

il est connu, et il est admis que pour des observations

précises

cette méthode de

purification

de l’air est insuffisante, de même que la filtration sur

papier

est insuffisante pour

purifier

l’eau.

20.

Absorption

de

l’oxygène.

-

Dans un travail antérieur

(’~,

nous avons montré que

l’absorption

par le gaz ammoniac contenu normalement dans l’air était suffisante pour

expliquer

la

disparition

du

spectre

solaire dans la

région

l’absorption

par l’ozone est

faible,

c’est-à-dire au-dessous de 2000B. Notre conclusion

était,

que si le

spectre

solaire

reparaissait

au-dessous de 2 900-~, ce ne

pouvait

être que dans une bande très étroite voisine de 2

100 L ;

cette

longueur

d’onde étant celle du milieu entre deux bandes

d’absorp

-tion diffuses du gaz ammoniac

(2

088 et 2

122).

On sait que

l’expérience

faite par )1.

Chalonge

a donné un résultat

négatif.

Buisson,

Jausseran et Rouaià 2 >

pensent

que le rôle de l’ammoniac est

négli-geable,

car la densité

optique

de la

quantité

totale de ce gaz contenue dans l’air est

seule-ment

0,01

pour la

longueur

d’onde

2i00B,

tandis que celle de un kilolnètre seulement d’air est 4. D’un

côté,

nous sommes d’accord avec ces

auteurs,

puisque

leur calcul

porte

justement

sur la

longueur

d’onde 2 100 pour

laquelle

nous avions

indiqué

une

absorption

par

NH3.

Le résultat du calcul serait tout différent

pour 2

086 ou 2

00 i,

car

l’ab-sorption

est alors

beaucoup

plus

forte ;

les noinbres obtenus par 31. Ferrières le montrent

avec évidence.

Par contre, nous ne sommes pas d’accord avec les mêmes auteurs en ce

qui

coiicerne

l’absorption

de l’air pur et celle de

l’oxygène.

Le

spectre

solaire étant un

spectre

d’émission coiitiiiu

coupé

par des raies

noires,

ne

peut

être éteint que par un

spectre d’absorption

contiiiu. s’il est

possible

que

l’oxygène

ait,

entre 2

et 1850 -,

un

spectre

l’absorption

continu,

au sens que l’on attache

d’ordinaire à ce

mot,

nous pensons

qu’il

est fort difficile d’en dolner la preuve, eIl raison de l’extrême

complexité

du

spectre

de raies

qui

recoure toute cette

région.

Nous donnons dans la

figure 4

la courbe des densités

optiques

d’un cliché

portant

la

région

de trois raies étudiées par lB1:. Buisson

( 1 RB;),

l 8~8 et 1 863

i).

Dans cette

région,

le

spectre

d’absorption

discontinu de

l’oxygène

sue compose d’une série

principale

de bandes

(découverte

par

Schulnann,

étudiée

depuis

par MM. L. et E.

Bloch)

et d’une série secondaire moins intense. Entre 18Õ 2 et

18641,

soit sur i2-B

seulement,

on

peut

reconnaître

sept raies

der la série

principale,

dont chacune est

double,

et une

quinzaine

de raies de la série

secondaire,

soit en tout environ trente

raies,

pour des rayons

ayant

traversé une

épaisseur

d’air de 70 centimètres seulement. La

complication

est tout aussi

grande jusqu’à 2

iOOA au

moins,

mais ne

peut

être reconnue

qu’avec

les

épaisseurs

plus

grandes, puisque l’absorption

au centre de

chaque

raie diminue

rapidement.

Entre 18~0 et 2

100 À,

on

peut

dire que le coef-ficient

d’absorption

de l’air n’est défini que pour un intervalle de

longueurs

d’onde inférieur

à

0,05

3i. a

( 1) DucLàux et .JEA1WET, Journ. t. 4 ~ 11923), p.

(2) Revue d.Optique, t. 12 (19~3~, p. i0. ,

(13)

Or les raies utilisées en

particulier

par NLW.

Buisson,

Jausseran et Rouard

(:-¿ 141:

du

CÙA

20G3 et 2 U26 du Zn, 1

990, 193~,

1 i

858,

1 855 de

l’Al)

sont des raies très

larges

dans l’étincelle condensée. Sur la

figure,

les

lignes

en

pointillé

représentent

une

répartition

probable

de l’intensité de ces raies en fonction de la

longueur

d’onde. en

supposant

l’absorp-tion

corrigée.

Dans

l’épaisseur

d’une raie

(par

exemple

1

855Â;

voir le coefficient t

d’absorption

prenil

plusieurs

fois toutes les valeurs

comprises

entre une valeur très

petite

(pour ~. ~~3,

8 par

exemple)

et une vateur extrêmement

grande

(9. 8~a,

2?)). Le coefficient

d’absorption

« pour la raie 1 835 de l’aluminiunl ) est donc en réalité et on pour-rait en dire autant pour les autres raies ti‘émission de

l’aluminium,

du zinc et du cadmium. Entre les raies

d’absorption, l’absorption

ne semble pas être très

forte;

en admettant soit due an

spectre

continu, on voit

qu’il

y a une différence énorme en lre l’intensité de ce

spectre

continu et

l’absorption

globale

mesurée

par M. Buisson pour l’ensemble du

fond continu et des raies. L’existence de ci,

spectre

continu douteuse, bien

qu’elle

soit

probable.

>

Fig. 4.

A mesure que

Fépaisseur d’air aumente

les raies

d’absorption

s’élargissent

et

Fabsorp-Linn linvienl totale vers ! 860 B. En même

temps,

,’étend du côte des

grandes

lon-gueurs

d’onde,

mais le

spectre

d’absorption

n’en reste pas moins avec une série de maxima et de minima très

pointus (t).

Pour

expliquer

par les éléments normaux de Fan

la,

disparition

du

spectre

solaire,

il faudrait connaître lii

grandeur

de

l’absorption

ponr ces Pour cela deux voies restent ouvertes : ou bien

prendre

des raies réellement

mono-chrtimîti(Ities (si

on en trouve

qui

se

superposent

aux minimal ou bien étudier

l’absorption

i

d’un

spectre

continu. Dans les deux cas, les difficultés à vaincre seront considérables à cause

de la faible

quantité

de lumière utilisable.

Après

quelques

essais,

nous avons abandonne

cette

étude,

principalement

en raison du peu de

garanties qu’offrent

les résultats. En

effet,

il est inutile de mesurer

Fabsorptiou

de l’air si on n’est pas sûr que cet air est pur. Au

point

de vue de la

transparence

ultraviolette,

il y a sans doute autant de différence entre l’air pur

et l’air d’un l-,il)oratc)ire

qu’il y

eu a entre Feau pure et l’eau d’une mare, et la

purification

,-’ ) 1 13n peul donner comme exemple la raie 1930 A, très intense dans le spectre d’étincelle condensée

1; l’aLuminium (c’esL en réalité une raie du carbone). Elle est très fine, et rigoureusement superposée à une

raie de l’absorption de l’oxygène : aussi eqt elle complètement éteinte après U 11 parcours de 7 mètres dans l’air. iLe coefficient d’absorption pour cette raie est beaucoup plus grand que le coefficient global pour fa rare 1862 : on peut juger par la de l’erreur commise m négigeaul la position des raies d’émission par rapport

(14)

est tout difficile. Ceci interdit toute

interprétation

des résultats. Nous

constaté,

par

exeluplp.

ce l’ail inattendu que

l’oxygène

n’absorbait pas sensiblement

plus

que l’air

30US la Même

épaisseur;

ce

qui

serait

inexplicable

si

l’absorption

était forte et si elle était l ;tura

uniquelnrnl

à On

peut

lrcs bien admettre

qu’il

vT avait

plus

d’impuretés

l’air que dan;

l’oxygène

élud ié. Pour des mesures de ce genre, l’air

iabora foires,

iat

¡plus

uénëralemeut l’air

pris

dans les

régions

llabitées,

ne

petit

pas être

employa.

NIM.

buisson,

Jausseran pt couard donnent comme densité

optique

de l’air

qu’ils

out

étudie If> chiffre

O,03~j

par kilomètre pour la

longueur

d’onde 5 i80.B: c’est à peu

près

huil kon· le chiffre

théorique.

Cet air était donc loin d’être pur, et comme nous

ignorons

la

varia-tion de lo densité

optique

avec la

longueur

d’onde pour les

impuretés,

rien ne

permet

de

répartir labsorptiou

ultraviolette observée entre

l’oxygène,

l’ozone et le reste. Pour réduire

autant que

possible

cette

difficulté,

il faut

supprimer

ce et pour ceta observer les

très pures sur

lesquelles

nous attirons l’attention dans la

première partie

de

1 »

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