HAL Id: jpa-00233182
https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00233182
Submitted on 1 Jan 1933
HAL is a multi-disciplinary open access
archive for the deposit and dissemination of
sci-entific research documents, whether they are
pub-lished or not. The documents may come from
teaching and research institutions in France or
abroad, or from public or private research centers.
L’archive ouverte pluridisciplinaire HAL, est
destinée au dépôt et à la diffusion de documents
scientifiques de niveau recherche, publiés ou non,
émanant des établissements d’enseignement et de
recherche français ou étrangers, des laboratoires
publics ou privés.
La transparence de l’atmosphère et l’absorption par
l’oxygène
M. J. Duclaux
To cite this version:
LA
TRANSPARENCE
DEL’ATMOSPHÈRE
ETL’ABSORPTION
PARL’OXYGÈNE
Par M. J. DUCLAUX.Sommaire. 2014 L’expérience montre qu’il existe parfois au voisinage du sol, et
notam-ment en hiver, des masses d’air dont la transparence est au moins égale à celle que l’on déduit de la théorie de la diffusion moléculaire. On les reconnait par la visibilité d’objets
terrestres très lointains. Ces masses s’étendent horizontalement sur plusieurs centaines de kilomètres et verticalement sur une fraction notable de l’épaisseur totale de
l’atmo-sphère; peut-être sur toute la troposphère.
La discussion des causes de trouble de l’air atmosphérique montre qu’il contient
norma-lement, à toute altitude, des quantités de matières à l’élat solide ou liquide suffisantes pour augmenter dans des proportions très considérables son pouvoir diffusant ou absor-bant. Parmi ces matières on peut citer le nitrate et le nitrite d’ammonium, le chlorure et le perchlorate de sodium.
Ces masses d’air très pur ont été lavées par les pluies. Ce processus du purification ne
s’étendant pas à l’air de haute altitude, on en déduit que celui-ci est beaucoup plus
rare-ment pur, et que les coefficients d’absorption qu’on lui a reconnus, par exemple par l’étude du rayonnement solaire, sont trop élevés.
C’est donc sur l’air pur de basse altitude que l’on doit déterminer les minima d’absorp-tion irréductibles, correspondant soit à la diffusion moléculaire, soit à une absorption
proprement dite Les mesures faites autrement se rapportent à un milieu indéterminé et
non reproductihle.
Il n’y a pas de preuve que la disparition du spectre solaire, au delà de la bande de
l’ozone, soit due à un spectre d’absorption continu de l’oxygène. Le spectre de bandes de l’oxygène, qui recouvre toute cette région, est en effet très compliqué. Le coefficient
d’absorption mesuré pour une raie d’émission large, telle que celles du Cd, Zn ou Al est
un nombre indéterminé. Pour reconn itre une ab-orption continue de l’oxygène, pou-vant expliquer la disparition du spectre continu du soleil, il faudrait mesurer
l’absorp-tion soit d’une raie réellement monochromatique (Ag, Cu) soit d’une région très étroite
(0.05Å) et convenablement choisie, d’un spectre d’émission continu. Cette étude ne peut se faire que sur un air de haute transparence; l’efficacité des méthodes de laboratoire pour la purification de l’air est très douteuse Les coefficients d’absorption pour les diverses radiations doivent être mesurés sur la mème masse d’air.
t. Il est
généralemplll
admis que latransparence
de l’air nepeut,
en aucun cas,dépasser
une certaine limite fixée par la diffusionmoléculaire;
c’est-à-dire que lescoeffi-cients
d’absorption
de l’airatmosphérique,
pour toutes leslongueurs
d’onde,
nepeuvent
être quesupérieurs
à un certainminimum,
cillClilable àpriori
par la formule deRayleigh
sous la forme donnée par Cabannès.Des observations
poursuivies depuis plusieurs
années,
et dont unepartie
a étédéjà
publiée (1)
m’ont fait douter que lesconséquences
numériques
de la théorie soient exactes.En
plusieurs
circonstances,
la visibilitéd’objets
lointains s’est montrée bien meilleurequ’on
n’aurait pu laprévoir
par la tliéorie. Je reviendrai ultérieurement sur ces faits en donnant des chiffres definitifs, ceux quej’ai
déjà
donnés n’étantqu’approchés.
(1) de l’Observatoire de Lyon t. 2 (19?9), p. 69 et 18’;1: t.12 (1930), p. 255; Coniptes rendus, t. 196
(l93~i}, p. la"2t; de l’ Instltu i 3 fév. 1931.
2. Pureté maxima de l’air. -~- Les observations
d’objets
terrestres àgrande
distance
permettent
de donner sinon une définitionexpérimentale,
du moins les caractèresexpérimentaux
d’uneatmosphère
parfaitement
pure, .La visibilité des
objets
lointainspeut
êtreappréciée
par des observations en lumière totale(ou blanche),
ou par des obser;ations faites au travers de filtres colorés ne laissant passerqu’une
handeplus
ou moinslarge
cluspectre.
L’expérience
montre que la visibilité en lumière blanche, par untemps
trèsclair,
est la mêmequ’en
lumièremonochromatique
delongueur
d’oncle environ. Or l’airpeut
être asseztransparent
pourpermettre
avec cette radiation la vision à des distancessupérieures
à 320 kilomètres.L’atmosphère
pure est donc cellequi permet
de voir au moins à cette distance. Iln’y
a pas de raison pour croire que ce soit unelimite ;
aucontraire,
il estprobable
que ce chiffre de 320 kilo-mètrespeut
ètredépassé
(1)
mais que laprobabilité
de l’événement est d’autantplus
faible que latransparence
estplus
élevée. Elle estdéjà
faible poor 320kilomètres; aussi,
pourne pas être
obligé
de raisonner sur untrop
petit
nombre de cas,j’admettrai
dans cequi
suitqu’une
atmosphère
pure est cellequi
permet
la visibilité à 250 kilomètres au moins. 3. Limite detransparence. -
Pourétablir,
par une voiepurement
expérimentale,
qu’il
y a un coefficientd’absorption minimum,
il faudrait établir l’existence d’un chiffrequi
serait souvent atteint sansètre jamais
dépassé.
Prendre,
comme on le faitsouvent,
le chiffre leplus petit
d’une série comme un minimum est une erreur de raisonnementgros--sière;
prendre
des moyennes est encore moins défendable.-Fig, 1.
Fig. 2.Plus
précisément,
il faudraitporter
les chiffres sur ungraphique,
enreprésentant
chaque
mesure par unpoint
d’abscisseégale
au coefficientd’absorption
observé. Si legroupement
despoints
étaitreprésenté
par la
courbe defréquence
de lafigure
1,
l’exis-tence d’une limite infranchissable L serait démontrée. Si au contraire lespoints
segrou-paient
comme sur lafigure
2,
non seulement iln’y
aurait aucune raison de croire que lepoint
~-1ayant
l’abscisse laplus petite
correspond
à un minimuminfranchissable,
mais onpourrait
penser au contraire que ladisposition
despoints
est une distribution deprobabi-lité,
et que le nombre de mesures a été insuffisant pour faireapparaître
lespoints
deprobabilité
trèsfaible,
silués encoreplus
àgauche.
Il n’existe actuellement aucune raison
purement
expérimentale
de croire que larépar-tition des
points
soit celle de lafigure
1,
et par suite l’existence d’ an minimuminfranchis-sable est une
conception
purement théorique
soumise à tous les aléas des théories dephysique
mathématique,
aléas surlesquels
il estsuperflu
d’insister.Cependant,
l’accordqualitatif
général
entre la théorie de la diffusion moléculaire et les faits nepermet
pas dedouter,
jusqu’à
preuve ducontraire,
de l’existence de ce minimum. Mais sa valeurnumé-(1) En admettant la relation théorique entre l’absorption dans le bleu et l’absorption dans le jaune,
on déduit d’une observation faite en lumière bleue par 31. Gindre que deux montagnes de 3 200 m peuvent
rique
est encoresujette
à discussion. Si d’unepart
on ajusqu’ici
obtenu des résultatscohé-rentes en admettant les valeurs
numériques
données par la formule deRayleigh-Cabannes,
d’autrepart
ces valeursnumériques
sont inconciliables avec les faits bien constatés de visibilité lointaine quej’ai précédemment
mentionnés etqui exigent
une diminution deprès
de4 jll
des coefficientsd’absorption
théoriques.
Cette contradiction m’a amené à
reprendre
l’étude de laquestion
par une voie pure-mentexpérimentale.
1. Nature des difficultés
expérimentales. -L’absorlotion
de l’air sous lapression
normale esttrop
faible pourqu’on puisse
la mesurer aulaboratoire,
sauf pour l’ultraviolet lointain. 1l est donc nécessaired’opérer
sur desépaisseurs
considérablesd’atmosphère
naturelle. Les méthodes à suivre sont alors toutes différentes de celles du laboratoire. Aulaboratoire,
avec unappareil
convenablementétabli,
les mesures sontpossibles
tous lesjours,
et iln’y
a aucun inconyénient demployer
une méthodeexigeant
unmontage
compliqué.
Aucontraire,
si onopère
avec l’airnaturel,
il faut seplier
aux circonstances. Iln’y
a rien deplus
variable que latransparence
del’air ;
onpeut
attendre des mois avant d’avoir uneatmosphère
pure. Deplus
cetteatmosphère
ne vient pas chelcherl’opé-rateur : c’est à lui d’aller la chercher là où il a le
plus
de chance de latrouver,
c’est-à- dire souvent fort loin. La méthode doit donc êtresimple
etl’appareillage
réduit au minimum. Toute installation fixeobligeant
à faire des mesures entre certaines date~ est condamnée àpriori,
car si ellepeut
fournir desnombres,
laprobabilité
pour que ces nombres serapportent
à un air pur est presque nulle.C’est
pourquoi
la méthode des visibilitéséloignées, malgré
sesdéfauts,
est la seule surlaquelle
onpuisse
actuellementcompter.
Il est d’ailleurspossible
del’appliquer
avecla même
rigueur
que les méthodes delaboratoire,
à condition de ne pas être limité par letemps;
bien que favorisé à certainségards
par les conditionslocales,
je
necompte
pas,pouvoir
présenter
avantplusieurs
années les résultatscomplets
d’une étude commencée en1U28,
et àlaquelle
il estdéjà
arrivéqu’une
année entière passe sansapporter
aucun élémentnouveau.
5. Variations saisonnières de la
transparence. -
Pour l’étude de cesvariations,
j’a,i
dûcompléter
mes observationspersonnelles
par d’autresd’origines
diverses. Ontrou-vera dans ce
qui
suitquelques
références serapportant
à des ouvrages oupériodiques qui
ne sont pas classés comme «scientifiques
». Je pensequ’il
n’y
a aucune raison derejeter
des observations évidemment sincères et méritant autant de confiance que les travaux delaboratoire.
Si,
pour être d’accord avec la définition donnée tout à l’heure d’uneatmosphère
pure, nousappelons
visibilité lointaine une visibilité à une distancesupérieure
à 250 kilomètres(en
lumière blanche oujaune),
l’observation étant faite soit à l’eeil nu, soit avec unelunette, nous voyons
qu’en
dehors de bien raresexceptions
ces visibilités ne s’observentqu’en hiver;
etceci,
semble-t-il,
dans tous les pays ou du moins dans toute 1Europe
occidentale. Destextes,
qu’il
ne semble pas utile de citerici,
car le fait estgénéralement
connu et hors decontestation,
établissentqu’il
en est ainsi dans leJura,
les~’osges,
le Massifcentral,
lesPyrénées (Pic
duMidi),
la Méditerranée(Corse,
Ile Le fait est relatéégalement
dans leRapport
établi par le colonelPerrier
ausujet
~le lajonction
géodésique
del’Espagne
(Sierra-Nevada)
et des environs d’Oran. Il estdécrit,
pour lesAlpes
Suisses,
dans les termes suivants(’) :
°
’
« Jamais le ciel n’est aussi étonnamment beau et transparent qu’en hiver... Les vues dont on jouit des sommets sont simplement merveilleuses. Les pics les plus âistants se dressent contre le ciel aussi nettement que ceux des panoramas de Baedeker; le ciel et la terre semble confiner en une ligne parfaitement nette,
presque dure. L’air est si limpide et il semble exister un tel vide atmosphérique dans ces paysages que,
s’il était possible de les reproduire exactement sur une toile, on perdrait toute notion de distance o .
(1) :Marcel KuRz, Alp1’nisrne hivernal, p. 15. Ce livre contient de nombreux témoignages de la limpidité
Il est intéressant de noter que cette
augmentation
detransparence
n’est pas limitéeaux couches basses de
l’atmosphère,
car elle a étéremarquée également
au sommet du Mont Blanc(~.8U7
m) (1).
Elle n’est pasexplicable
par une illusionprovenant
de ce que les contrastes seraient réellementplus
grands
en hiverqu’en
été;
au contraire, les contrastesobservés en haute
montagne
sont en moyenneplus grands
enété,
car lasuperficie
despentes
neigeuses exposée
norlnalement aux rayons solaires est alorsbeaucoup plus grande.
Enmontagne,
la saison desgrandes transparences
s’étendgénéralement
de novembre à février ou mars, comme le montrent deuxstatistiques indépendantes
établies àl’Obser-vatoire du
Puy-de-Dôme,
l’une par B. Brunhes en 1908(2),
l’autre par M. deLagaye
en193 1
(1).
Ces dates sont confirmées par des observations moinsprécises
faites dans le Jura(Faucille),
lesVosges (Hohnpck)
et au Pic du Midi.statistiques
fuites pour des stations moins élevées etproches
des villes(4)
nepeuvent
pus être utilisées ici. car en cespoints
lescauses de
pollution
de l’air sontbeaucoup
plus
actives en hiverqu’en
été;
de telle sorte que la relation entre la visibilité et la saisonpeut
êtreinversée,
comme elle l’est normale-inent parexemple
Douvres et Caluis.U. Etendue des zones de
transparence. -
L’augmentation
de latransparence
en nepeul
pas êtreprévue
par la théorie. Au contraire celle ciindiquerait
un maximum detransparence
enété,
au moment où la densité de fuir est laplus
faible. Les faits nepeuvent
doncs’expliquer
que par une variation de lacomposition
del’air,
enprenant
cemot dans le sens le
plus large.
Parmi les éléments normaux, seule la valeur d’eau est
plus
abondante en étéqu’en
hiver. Il n’est pas douteux que la vapeur d’eau diminue latransparence
de l’air pour certainesradiations,
puisqu’elle
a des bandesd’absorption
dans lespectre
visible(notamment
la bande de lapluie
dans lejaune) (â).
Mais cesbandes, qui
sont assezétroilelnent
limitées,
ne suffisent pas àexpliquer
les variations de visibilité dans tout lespectre ;
car en admettantqu’elles
éteignent
complètement
les rayonsjaunes,
la visibilitéserait assurée par les rayons verts d’un côté et les rayons rouges de l’autre.
D’ailleurs,
si la vapeur d’eau avait un rôleimportant,
l’air seraittoujours
opaque dans lesrégions
tropicales,
car il y estgénéralement
saturé. Laquantité
de vapeur d’eau contenue dansces
régions,
par mètre cubed’air,
estplus
dutriple
de cequ’elle
est à 1 OUO mètresd’altitude en
Europe;
la visibilité devrait dune y être réduite autiers,
et ramenée au maximum à 100kilomètres,
résultat contraire àl’expérience (golfe
duMexique
parexemple).
Le constituant
qui
diminue latransparence
de l’air en été est donc un consignantanormal,
ouplutôt,
pour ne pas restreindre lechamp
deshypothèses,
l’état de l’air nontransparent
est un état anormal. Nous pouvonsdésigner
cet état sous le nom de étaiet
appeler
brume cequi
le caose ; ainsientendue,
la brumecomprendra
noir seulement des substancesmatérielles,
mais aussi le manqued’homogériéité
de l’air causé par le les différences detempérature,
les mouvements de convection outour-biHonnaires, etc...
°
Les masses d’air non brumeux
peuvent
avoir une étendue deplusieurs
centaines de kilomètres. Les observationsqui
le montrent ne sont malheureusement quequalitatives,
et nepermettent
pas le calcul exact des coefficientsd’absorption,
mais elles suffisent à montrer que ces coefficients étaient très voisins des chiffresthéoriques
et trèsproba-blement inférieurs.
Il Le Mont Blanc a été vu de l’altitude de 5 000 mètres
(en avion)
au-dessus deLa A-Jontagnf? (1932), p. 13t.
litteraire. t. 4, n° 32 (192 i).
~° ) ~ ;e Cnrzgrès des SocIétés Savantes (1931).
Comptes rendus, t. 195 (193-2l p. 1301 ; CHOr rendus. t. 194 (t:3?;, p. i Lumptes rendus. t. 196 (19 3), p. 208.
’
Thionvi!le,
en j juillet
1922(1).
La distance est 400km,
etl’épais,,etir
d’airlravei,di,
réduite aux conditionsiiormales,
est 280 kil. En admettant pour les coefficÜnL;;d’absorption
les chiffresthéoriques,
on calcule que le contraste entre les surfaces ?K’i-geuses et le cieladjacent
était 4 pour 100. Il est tout à fait douteuxqu’un objet
d’aussi faible étendue(8
millièmes enlongueur
et1}4
millièmes en hauteur)puisse
être aperçu avec un contraste aussi faible.2° Les monts du Cantal ont été
aperçus à
F0153il nu par JBLllugon,
duPic-du-Midi,
Je ~t3 novembre19.io,
à la clislance de 31’i km.Epaisseur
d’air réduite 263 k117. La visibilïté était la même(ou
un peumeilloure)i
au travers d’un filtre nc laissant passer que lapartie
duspectre
autour de 0.58 ;u. Le contraste calculé ensupposant
que les mires étaiententièrement
neigeuses
est 6 pour t0i). Lesangles
apparents
sont encore bienplus
petits
que dans l’observation
précédente,
soit () minutessexagésimales
enlargeur
(1,6 millième)
et 2 en hauteur
(0,5
millième : -. en surface1/50
de la Lune aupremier quartier),
et il estencore
plus
douteuxqu’une
visibilité nette soitpossible
avec un contrasle an,sipetit.
3° La cime des Ecrins a été vue par M.Garrigue,
du sommet duCanigou
en octobre1931,
à la distance de km(2). Epaisseur
réduite 348 km. Contraste calculé(en
supposant
la mire absolumentnoire)
3,5
pour pour lalongueur
d’ondeO.60¡J..
Cenombre est
plus petit
encore que lesprécédents.
Comme unepartie
de la mire était enplein
soleil,
il estimpossible
de la supposernoire,
et le contraste réel est certainement bienplus
faible. La conclusion est donc la même.Cette observation
présente
ce caractèreremarquable
que latrajectoire
du rayonlumineux
passait
sur une distance assezgrande
à 300 mètres seulement au dessus du sol. Il n’est pas vraisemblable que l’air fût débarrassé de brume à une hauteur aussifaible ;
par
compensation
il devaitêtre,
sur le reste du parcours,plus transparent
encore que Del’indique
le contraste observé.7. Etendue en
largeur. -
Dans lesexemples qui précèdent,
les visibilités n’ont étéobservées que dans une seule direction. Elles montrent donc seulement que les masses d’air sans brume
peuvent
s’étendre enlongueur
surplusieurs
entaines de kilomètres.Pour connaître en même
temps
leur extension enlargeur,
il faudrait que lesgrandes
visi-bilités fussent observées simultanément dans des directions différentes ou àpartir
dlepoints
différents. En mêmetemps
on éviteraitl’objection
qu’un
phénomène
particulier
(par exemple
laprésence
d’unnuage)
a pu fausser les conditions de l’observation dans unedirection
unique.
Il est vrai que la discussion des observations(qu il
seraittrop
long
de donnerici)
ne laisseplace
à aucuneobjection
de ce genre, mais la réfutation serait encoremeilleures si les visibilités avaient été constatées simultanément dans
plusieurs
d’reciious et par des observateurs différents. J’ai pu réunir le~ matériaux de celte démonstration. Le 12 décembre1926,
l’atmosphère
était à Villard-de Lansremarquablement
pure dans ladirection 1’. 1HoE,
seule direction danslaquelle
l’horizon spjdégagé
LTllemon-tagne
située à 72 km et enplein
soleil était v!sible en noir sur le fond duciel,
avec uncontraste très au travers d un filtre bleu
(longueur
d ondeéquivalente
f1.).
Cetle distanceéquivaut
à une distance de 181)km,
pour l’observation lurnièreblalche,
etindique
unetransparence
tout au voisine de latransparence théorique.
Le ciel étaitjusqu’à
l’horizon absolument pur et bleu. Il n’avait par étépossible
de ln’el’parti
decette observation isolée
qui
ne fournissait aucun élémentquantitatif.
Un hasard m’a fait trois ans
plus
tard trouver un court article ~’unjournal quotidien
se
rapportant
à la mêmejournée
et queje reproduis
ici,
lescirconstances
lui donnant lavaleur observation
scientifique
é(1) La uontagne (1923)1 p. 20. Le temps est signalé comme beau à SLra.-bour-g, Lyon,
Gap ;
peu nuageux à àXekz. Il y avait donc quelques nuages élevés : une telle siiuation équivalente aupoint de vue du voile atmosphérique à un ciel pur.
(2) Ga fer avril 1932.
cc Colmar, la décenîbre 1926. - Ln
phénomèno qui mérite d’être rapporté a étonné les promeneurs
elominicaux. Depuis quelque jours, le froid et un brouillard assez dense sévissaient dans la vallée du Rhin. Samedi soir, le thermomètre accusa 6 degrés en montagne, le lendemain dimanche (12 décembre) fut telle-ment chaud qu’entre 10 et 13 heures on enregistra. dans la région du Hohneck, jusqu’à 29 degrés au soleil. En même temps, l’atmosphère fut si limpide qu’on put jouir, des sommets des Vosges, d’une vue extraordi-naire embrassant les Alpes et les glaciers. Vingt neuf degrés au soleil, à cette époque, dans une région
montagneuse, c’est certainement un beau record (~) ».
Il se trouve que la direction de la visée faite du Villard-de-Lans passe à peu
près
exactement par le sommet duHohneck,
à la clistance de 345 kilomètres. Lerecoupement
des deux observations est doncparfait.
Le panorama du Hohneckcomprend
tous les hauts sommets desAlpes depuis
le Mont Blancjusqu’aux
Alpes
deGlaris;
les dis-tances varient entre 180 et 250 kilomètres. La carte montre que la zone detransparence
s’étendait ainsi du Nord au Sud sur
plus
de 350 kilomètres et de l’Ouest à l’Est surplus
de 200. Mais deplus,
l’intensité anormale durayonnement
solaire(la
hauteur du soleil le 12 décembre étant au maximum19°)
montre que latransparence
s’étendaitégalement
enhauteur,
c’est-à-dire que lephénomène
n’est pas limité à la surface du sol. La nasse d’air est étendue dans les trois ditîzejisiojis del’espace.
Il serait intéressant de connaîtreplus
exactement ses limites : -.je
n’ai pu yparvenir. D’après
les
renseignements qu’a
bien voulu mecommuniquer
M.Jlathias,
l’Observatoire duPuy
de-Dôme n’a rien observé d’anormal à la même date. Cet observatoire est situé environ 250 kilomètresplus
àl’Ouest,
et il estpossible
que la zone detransparence
ne s’étendît pas aussi loin.~ L’examen de la carte
météorologique
ne révèle rien despécial,
ouplutôt
iln’y
a pa~ de preuve que sesparticularités
soient enrapport
avec lephénomène.
Unplus
grand
nombre d’observations serait nécessaire pourqu’on
puisse
établir un lien entre l’étatgénéral
del’atmosphère
et I*existence des zones detransparence.
Je n’insisterai pas icisur le côté
météorologique
de cesobservations,
bienqu’elles
puissent
donner desrensei-gnements
sur la circulationgénérale
del’atmosphère
Deuxpoints cependant
méritent d’êtresignalés.
Enpremier
lieu,
les visibilitésexceptionnelles
s’observent très souvent au-dessus d’une mer de nuages, et ceci encore nepeut
êtreexpliqué
par lathéorie,
car enraison
dugrand
pouvoir
diffusant des nuages, le voileatmosphérique
est presque deuxfois’plus
intense au-dessus d’une mer de nuagesqu’au-dessus
du sol.;
; En second lieu onobserve,
conformément à une tradition locale trèsrépandue,
queles grandes
visibilités annoncentsouvent,
en été dumoins,
l’arrivée d’un orage. Mais on nesait
pas si le fait est dû à uneparticularité
de la situationmétéorologique
ou àréchauffement
anormal de la surface du solqui
accompagne
lagrande transparence
de l’air.~ 8. Air de basse et de haute altitude.
- Nous venons
de voir que de très
grandes
masses d’air
peuvent être,
en hiver, à peuprès complètement
débarrassées de brume et avoir unetransparence
qui
est au moinségale
et trèsprobablement supérieure
à latranspa-rence
théorique.
D’autrepart
les chiffresthéoriques
ontjusqu’ici
été considérés comme vérifiés par l’ensemble des mesures relatives aurayonnement
solaire. Peut-être cettevéri-fication
n’a-t-elle pas la valeurqu’on
lui attribue. Si nous l’admettonscependant
provisoi-rement,
nous sommes amenés à penser que l’air de basse altitude(qui
intervient seul dans lesvisibilités) peut
avoir unetransparence
plus grande
que l’air de hautealtitude,
qui
intervient dans l’étude du soleilpuisque
la moitié de la masse del’atmosphère
est
au-dessus
de 5 000 mètres. Cettehypothèse
peut
semblerhardie,
car l’observationcou-rante
des ascensions enmontagne
ou en ballon montre invariablement que la brume estplus épaisse
au niveau du sol. En réalité iln’y
a aucunecontradiction,
et tout redevient normal si l’on réfléchit que de telles observations n’ont aucun caractèrequantitatif,
etque
chacun entend à sa manière le terme
d’atmosphère
pure; et ce que l’onpeut
en retenir estsimplement
qu’il
y a engénéral
moins de hrume à 4’000 mètresqu’à
i 000 mètres(et
- -
j
encore faudrait-il tenir
compte
de la raréfaction del’air),
mais rien nepermet
d’affirmer que cette décroissance se continue encore au-delà de 4 000mètres,
à 25 000 mètres etplus
loin;
ni que le sens de la variation soit encore le même dans les circonstanceexceptionnelles
où l’air estdéjà
trèstransparent
à 1 000 mètres.9. Masse de la brume. - Il faut d’abord se rendre
compte
de laquantité pondérale
de substance que contient la brume. Un telproblème
est indéterminé. Mais onpeut
chercherquelle
est laquantité
de substance solide ouliquide qui
suffit à donner une brumed’opacité
donnée. Cettequantité
est excessivementpetite.
Pour la déterminer
quantitativement,
j’ai dégagé
dansl’atmosphère
d’unlaboratoire,
renduepréalablement
ammoniacale,
unequantité
d’acidenitrique
pouvant
donner par mètre cube environ 3 mgr de nitrate d’ammonium. L’airayant
été renduhomogène
au moyen d’unventilateur,
j’ai
déterminé la brillance d’une couche d’environ 4 mètresd’épaisseur
éclairée par une lumière d’intensité connue. Cette brillance étaitégale
à 950 fois la brillance résultant de la diffusionmoléculaire,
calculée par la formule deRayleigh-Cabannes,
pour les rayonsjaunes.
En admettant une loi deproportionnalité,
on trouequ’en supposant qu’il n’y
ait pas de diffusionmoléculaire,
il suffirait de0,0037
mgr par mètre cube de nitrate d’ammonium pourproduire
une diffusionéquivalente.
Laquantité correspondante
pour toute la hauteur del’atmosphère
est de 30 mgr par mètre carré.Une autre
expérience
a été faite dans les mêmes conditions avec de la fumée bleue detabac. En
supposant
que toute la matière brûlée se trouve sous la forme solide dans lafumée,
il en faudrait pourchaque
mètre carréd’atmosphère
480 mgr pourreproduire
la diffusion moléculaire,. En réalité lepoids
de la fumée n’estqu’une
toutepetite
fraction dupoids
de la matièrebrûlée,
probablement
moins de 1 pour100,
et cetteexpérience
conduit au même résultat que laprécédente,
sinon à des chiffres encoreplus
faibles.10.
Origine
de la brume. - Je ne traiterai ici que de la brumematérielle,
en laissant de côté cequi
concerne la diffusion causée par les diverseshétérogénéités
del’atmosphère
(convection,
agitation,
etc.).
Laquantité
de brume matérielle est limitée parl’équilibre
qui
s’établit entre les causes depollution
del’atmosphère
et les processus depurification.
Parmi les causes de
pollution
il en estqui
sont à chercher à la surface du sol(pous-sières,
fumées).
Mais d’autressiègent
au contraire dans la hauteatmosphère; parmi
celles-ci il faut citer enpremier
lieu la réaction de l’ozone sur l’ammoniacqui,
comme on lesait,
donne du nitrate et du nitrite d’ammonium. Au
voisinage
dusol,
c’est l’ammoniacqui
est enexcès,
puisqu’il
y en a en moyennequelques
centièmes demilligramme
par mètre cube tandis que les évaluations lesplus optimistes
de l’ozoneindiquent
O,04~)
mgr (i),
c’est-à-dire assez pouroxyder 0,008
mgr seulement de NH3. Aucontraire,
dans la très hauteatmos-phère,
c’est l’ozonequi
est en excèspuisqu’il
y en a en moyenne, dans toutel’épaisseur
de1 atmosphère
0,6
mgr par mètre cube. La rencontre se fait donc à haute altitude. Elle est attestéeparla présence
constante dans les eaux depluie
de l’acidenitrique
(ou nitreux) qui
ne
peut
pas avoir uneorigine
terrestre(2).
Le fait que ces acides existent dans les eaux depluie,
etparticulièrement
dans les eauxd’orage, indique
que les sels d’ammonium sontprésents
àquelques
milliers de mètres de hauteur. Leur existence doit être considérée commebeaucoup
mieuxprouvée
que
celle de l’ozone lui-mêmepuisqu’on
peut
les retrouver par voiechimique,
et au besoin les isoler.Il reste à savoir dans
quel
état ilssont;
onpourrait
supposerqu’en
raison de leur extrême dilution ils sont à l’état gazeux et par suite n’exercent aucuneabsorption
ni diffu-sion mesurable.La mesure directe des tensions de vapeur du nitrate et du nitrite
d’ammonium,
auxdiverses
températures
à considérer, sembleimpossible
à cause de leur extrêmepetitesse.
(1) BUISSON, J.IUSSER.&-.N et Revue
d’Optique
t. 12, p. 78 (1933).Jai seulement de déterminer leur ordre de
vante
i" Un gramme de nitrate d ammonium a été
place
une étuveréglée
vers un gramme debenzophénone
a étéplacé à
côté. Au hOllt de dixjours
lespertes
étaient
La tension de vapeur est donc inférieure à ceUe (te la a la
température.
2° Un gramme de nitrate d’ammonium a été
placé
à l’étuve avec un gramme de meret un gramme de
benzophénom’
a {.té abanlonné à lutempérature
ordinaire. Pertp depoids après cinquante jours;
Les tensions de vapeur du mercure et de
la
henzoph’non
:Si l’on admet que la vitesse
d’évaporation
estproportionnelle
il lapression
de vapeu-r à la,surface,
et aupoids nnlëculaire,
on voit que lapression
de vapeur du nitrate doit étrct environ1 /20
de celle de labenzophénone,
soit 0.0003 mm à43’-
ou1/30
de celle dumer-cure, soit 0.0002 mm.
Appliquant
pour la décroissance avec latempérature
la loiqui
convient au mercuue. on trouve pour -- 50° un chiffre de l’ordre de 10-S mm, soit 5.10-5 ingr par mètre carré. C’est moins de1 j 100
de ce quepeut
donnerl’oxydation
de laquantité
deNH3
contenue normalement dans l’air. Donc dans lesrégions supérieures
del’atmosphère
(la
température
de - 10’ est atteinte engénéral
vers 9 000 m ; la densité del’air y est réduitc à
1/3,
ainsi que laquantité
deN113)
il ne semble pas douteux qnrmajeure partie
des sels ammoniacaux est à l’état solide.D’autre
part
nous venons de voirqu’il
suffirait,
pourproduire
une diffusionégale il
1{1diffusion moléculaire
théorique,
de 30 mgr de substance solide par mètre carréd’atmos-phère.
l’our former 30 mgr de nitrated’ammonium,
il suffit de l t mgr fi’ammoniii . dire de laquantité
contenue normalement dans uneépaisseur
d air dequelques
centaine tlc mètres seulement. Laproportion
d’ammoniac est cloncsurabondante:
il en est de pour l’ozone.Pour achever la démonstration, il suffit de faire remarquer
qu’une
pluie
donnant11 elll d’eau ramène au sol une
quantité
de nitrate et de nitritequi
est leplus
souvent rieure à 30 mgr par mètre carre etqui
peut
atteindre ledouble ;
nous avons ainsi la preui ciiiatérielle de l’existence à
quelques
kilomètres de hauteiii- clequantité
de matièreplus
,Ilffisaiites pour troubler très fortementl’atmosphère.
11. Chlorure et
perchlorate
de sodium. - Les sels ammoniacaux ne sont seuls sels minéraux contenus dansl’atmosphère.
Laplus grande
partie
de la vapeur (fea-ucontenue dans l’air
provient
des Iners; le vent enlève à la mer, sous forme depetites
gout-teiettes,
unequantité
notable d’eauqui
entraîne dit chlorure de sodium. Ceprocessus
MM. Hordas ~,L ont montré
(’)
qu’on
trouvait. les dude sodium
.iu:,CJu’Ù
km durivage.
Unepartie
de ce sel est ramenée ausol j>ai> 1>s
oaiix de
plui(l qui,
ii 35 kn1 de la pn renfermcmt (’1) IHoyenne 2.- lngr par litre. Eii(1 ltl dt’ LI ’jU io chiîfnB à 1 ltyr. La
quanlit(1
(](1au s(d
pourrait
par an. D’autres auteursindiquent
,j’ai
moi-mêmeanalyse
(tes eaux de source l’t’cueilliesdans une
région
voisine de 1;1 > etconte-naiertt par
l>uisqu>
l’eau¡duit,
(lu nn elleprend
mn ttLt,.zsi,et it fut’île (je ’oiiil>1aii..lliiielloii>
(Iti’iiiie pltlip
de 1 lU lil i,,,itiètre
cart’é)
ramène au sol tout le NitCI contenu dans la masse d’air renfermant ce, 9l) titres
d’eau,
soit dans une eouclie de 800 III enprenant
pour leau tirpluhl
le chiffre très basde 1 mgr de sel par
litre,
on en déduit pour l’air une teneur 1> mgr par mètrecube,
ou 100 mgr pour
l’épaisseur
totale del’atmosphère
et pour 1 Ill" de surface du sol. Ce chiffrefois plus
grand
que celuiqui, d’après
cequi précède,
pourrait
produire
une diffu-iciile à la diffusion IHoléculnirr.]] diminuequand
l’altitl1dpaugmente :
maispartout
il y a Ele il ytt’(Iu NiiCt.
Ii y ;1
tout lieu de penser que, dans tes liantesrégions
del’atmosphère (peut-être à
kilométr.es seulement), le chlorure de sodium est transformé enperchlorate.
L’absorption
duperchlorate
est, eneffet,
commeje
l’aivérifié,
inférieure dans l’ultraviolet à celle d’unequantité
équimoléculairc
de chlorure et par suite ilreprésente
une formeplus
.;tabtp eltpréseiice
d’un ultraviolet iltensc. La formation natureile du pei-chlorate a d’ailleursdéjà
été attribuée àl’oxydation
photochimique
(ou
électrochimique j
du chlorure (2) et il sl a tout lieu de considère!’ cettehypothèse
COlllU1e exacte.Or,
un certainpoids
de XaCI donne unpoiils
douhle de est deplus
celui-ci est un seldéliques-cent,
donnant des solutions dont lepoint
cryohydratique
est très Par suite, dans 1’al-il doit condenser de Ja vapeur d’eau, cequi
augmente
d’autant sonpouvoir
diffusant.12. Condensation de la brume. 2013 Il existe doue !lU l’tua lelHPn l dans de haute au moins
jusqu’aux
liInite..; de tatroposphère,
desquantités
depoussières
soinies jaliquides
suffisantes pouraugmenter
dans deproportions l’absorption
del’ui r ;
cequi
entache d’erreur les coefficientsd’absorption
déduits de l’étude du soleil, ou obtenus par toute méthode mettant enjeu l’épaisseur
totale del’atmosphère.
Selon touteprobabi-lfté ces coefficients sont
trop élevés,
d’unequantité
inconnue.Pour que l’air redevienne
transparent,
il faut que cespoussières disparaissent,
cequi
ne
peut
se faire que par l’intermédiaire despluies.
Or,
1«1 formation despluies prut
bienlaver les couches inférieures de tnais non les couches car il est
exceptionnel
que lapluie provienne
d’une aMUndesupérieure
Ù .10 0110 111. Il est donc pos-de trouver, dan.... conditioll’" favorables, degrandes
zones d’air pur auvoisinage
dusol,
tandisqu’on
oit pas parquel
mécanisme une brume de haute altitude seraitdissoute SUI’ ou ranH’lIétB au sol.
Ainsi, c’est bien ---
conformément aux faits de visibilité à
grande
distance - ~ bassealtitude, qu’on
trouvera,
detemps
entemps,
degrandes
zones d’airpU1’.11
suffiraqu’une
grande
masse lavée par lapluie
descendejusqu’au
sol sans semélanger
avecd’autres,
etsans être salie par des
poussières
ou fumées terrestres. Ceci n’estpossible
qu’avec
u~1régirne
anticyclonique;
et à cepoint
c1c vue t’élude (le latransparence
de l’air se révèlecomme un auxiliaire très
précieux
de lamétéorologie.
J’insiste ici une fois de
plus
sur le fait que les trèsgrandes transparences
sontproba-blement
en hiver assezfréquentes
dans lesrégions
demontagnes:
-, sijusqu’ici
lesobserva-,
tions de nature
scientifique
ont été rares, c’est sans aucun doute faute d’observateurs.C’est en tout cas sur ces masses d’air pur
qu’il
faut détcrlninpr les coefficientsd’absorption
del’air;
les chiffres obtenusautrement,
sur un airquelconque,
exprimeiii
lespropriétés
d’uiie matière indéterminée et non celles de l’air. D’autrepart,
ponr reconnaître apureté
del’air,
nous n’avons actuellement pas d’autre méthode que l’observation visibilités àgrande
distance.a»p?.oxinoeation,
nous pouvons adiiiettre que’air est
pratiquement
purlorsque,
pour des observations visuelles oujihoto(,raphique.,-
en umièremonochromatique,
ilpermet
laperception
de contrastes aux distances suivants(air
réduit ~z la densiténormale) :
Brume
d’été.
--L’époque
desgrandes
transparences
de l’air(novembre
àmats)
coïncide avec la
période pendant laquelle
la vie animale ouvégétale
est ralentie ou mêmesuspendue.
Durant cettepériode,
iln’y
aplus
dans l’air nigrains
depollen,
nigraines
on insectes ailés. Onpeut
considérer comme trèsprobable (et
cecipeut
êtreappuyé
par U 11 calcul trèssimple
que chacunpeut
faire)
que laprésence
de cesorganismes d’origine
vitale est une des causesprincipales
du trouble del’atmosphère
enété,
auvoisinage
immédiat dusol,
dans lesrégions
cultivées. C’estpourquoi
les mesures detransparence
doivent être faites dans un pays assez accidenté pour que laligne
de visée ne serapproche
du solses deux extrémités.
i4. Brumes et densité de l’air. - Il convient de
rappeler
ici les curieusesexpé-riences
qui
ont décelé des variations dans la densité de l’air en fonction de la hauteurFig. 3.
barométrique.
Ces mesures faitesindépendamment
en despoints
différents parMorlty,
Loomis,
Guye,
Wourtzel,
Jaquerod
etBorel,
ont donnétoujours
le mêmerésultat;
lorsque
lapression
estélevée,
comme au centre d’unanticyclone,
la densité de l’airpris
à la surface du sol estplus
faible que lanormale,
la différence étant dequelques
dixièmes de millit-gramme par litre. Les mesures deJaquerod
et Borele)
sontgroupées
par moyennes dans legraphique
de lafigure
3(en
abscisses les densités parrapport
aux densitésnormales
en ordonnées les
pressions atmosphériques
parrapport
à lapression
normale).
Malgré
l’irrégularité
de la distribution despoints,
causée par les inévitables erreurs de mesure,l’influence de la
pression
sur la densité est très nette.Après
avoir montré que les variations dans lacomposition
de l’air~oxygène,
acidecarbonique,
vapeurd’eau,
gaz lourds oulégers)
nepeuvent
pasexpliquer
celles de ladensité,
les auteurs se rallient faute de mieux àl’hypothèse
deGuye, d’après laquelle
l’air desrégions
de bassepression
contiendrait desparticules ultramicroscopiques
traver-sant les filtres de coton, tandis que l’airanticyclonique
en seraitdépourvu.
La relation de ces faits avec la
transparence
est évidente et mériterait une étudespé
ciale. Ils sont par eux-mêmes assez
troublants;
ils tirent leur valeur du fait que ceuxqui
les ont décrits sont lesspécialistes
lesplus
autorisés des mesures de densité gazeuse.Quant
au fait que des
particules ultramicroscopiques
peuvent
traverser des filtres decoton,
il est connu, et il est admis que pour des observationsprécises
cette méthode depurification
de l’air est insuffisante, de même que la filtration surpapier
est insuffisante pourpurifier
l’eau.20.
Absorption
del’oxygène.
-Dans un travail antérieur
(’~,
nous avons montré quel’absorption
par le gaz ammoniac contenu normalement dans l’air était suffisante pourexpliquer
ladisparition
duspectre
solaire dans larégion
oùl’absorption
par l’ozone estfaible,
c’est-à-dire au-dessous de 2000B. Notre conclusionétait,
que si lespectre
solairereparaissait
au-dessous de 2 900-~, ce nepouvait
être que dans une bande très étroite voisine de 2100 L ;
cettelongueur
d’onde étant celle du milieu entre deux bandesd’absorp
-tion diffuses du gaz ammoniac(2
088 et 2122).
On sait quel’expérience
faite par )1.Chalonge
a donné un résultatnégatif.
Buisson,
Jausseran et Rouaià 2 >pensent
que le rôle de l’ammoniac estnégli-geable,
car la densitéoptique
de laquantité
totale de ce gaz contenue dans l’air estseule-ment
0,01
pour lalongueur
d’onde2i00B,
tandis que celle de un kilolnètre seulement d’air est 4. D’uncôté,
nous sommes d’accord avec cesauteurs,
puisque
leur calculporte
justement
sur lalongueur
d’onde 2 100 pourlaquelle
nous avionsindiqué
uneabsorption
par
NH3.
Le résultat du calcul serait tout différentpour 2
086 ou 200 i,
carl’ab-sorption
est alorsbeaucoup
plus
forte ;
les noinbres obtenus par 31. Ferrières le montrentavec évidence.
Par contre, nous ne sommes pas d’accord avec les mêmes auteurs en ce
qui
coiicernel’absorption
de l’air pur et celle del’oxygène.
Le
spectre
solaire étant unspectre
d’émission coiitiiiucoupé
par des raiesnoires,
nepeut
être éteint que par unspectre d’absorption
contiiiu. s’il estpossible
quel’oxygène
ait,
entre 2et 1850 -,
unspectre
l’absorption
continu,
au sens que l’on attached’ordinaire à ce
mot,
nous pensonsqu’il
est fort difficile d’en dolner la preuve, eIl raison de l’extrêmecomplexité
duspectre
de raiesqui
recoure toute cetterégion.
Nous donnons dans la
figure 4
la courbe des densitésoptiques
d’un clichéportant
larégion
de trois raies étudiées par lB1:. Buisson( 1 RB;),
l 8~8 et 1 863i).
Dans cetterégion,
lespectre
d’absorption
discontinu del’oxygène
sue compose d’une sérieprincipale
de bandes(découverte
parSchulnann,
étudiéedepuis
par MM. L. et E.Bloch)
et d’une série secondaire moins intense. Entre 18Õ 2 et18641,
soit sur i2-Bseulement,
onpeut
reconnaîtresept raies
der la sérieprincipale,
dont chacune estdouble,
et unequinzaine
de raies de la sériesecondaire,
soit en tout environ trenteraies,
pour des rayonsayant
traversé uneépaisseur
d’air de 70 centimètres seulement. Lacomplication
est tout aussigrande jusqu’à 2
iOOA aumoins,
mais nepeut
être reconnuequ’avec
lesépaisseurs
plus
grandes, puisque l’absorption
au centre dechaque
raie diminuerapidement.
Entre 18~0 et 2100 À,
onpeut
dire que le coef-ficientd’absorption
de l’air n’est défini que pour un intervalle delongueurs
d’onde inférieurà
0,05
3i. a( 1) DucLàux et .JEA1WET, Journ. t. 4 ~ 11923), p.
’
(2) Revue d.Optique, t. 12 (19~3~, p. i0. ,
Or les raies utilisées en
particulier
par NLW.Buisson,
Jausseran et Rouard(:-¿ 141:
duCÙA
20G3 et 2 U26 du Zn, 1990, 193~,
1 i858,
1 855 del’Al)
sont des raies trèslarges
dans l’étincelle condensée. Sur lafigure,
leslignes
enpointillé
représentent
unerépartition
probable
de l’intensité de ces raies en fonction de lalongueur
d’onde. ensupposant
l’absorp-tioncorrigée.
Dansl’épaisseur
d’une raie(par
exemple
1855Â;
voir le coefficient td’absorption
prenil
plusieurs
fois toutes les valeurscomprises
entre une valeur trèspetite
(pour ~. ~~3,
8 parexemple)
et une vateur extrêmementgrande
(9. 8~a,
2?)). Le coefficientd’absorption
« pour la raie 1 835 de l’aluminiunl ) est donc en réalité et on pour-rait en dire autant pour les autres raies ti‘émission del’aluminium,
du zinc et du cadmium. Entre les raiesd’absorption, l’absorption
ne semble pas être trèsforte;
en admettant soit due anspectre
continu, on voitqu’il
y a une différence énorme en lre l’intensité de cespectre
continu etl’absorption
globale
mesurée
par M. Buisson pour l’ensemble dufond continu et des raies. L’existence de ci,
spectre
continu douteuse, bienqu’elle
soitprobable.
>Fig. 4.
A mesure que
Fépaisseur d’air aumente
les raiesd’absorption
s’élargissent
etFabsorp-Linn linvienl totale vers ! 860 B. En même
temps,
,’étend du côte desgrandes
lon-gueursd’onde,
mais lespectre
d’absorption
n’en reste pas moins avec une série de maxima et de minima trèspointus (t).
Pourexpliquer
par les éléments normaux de Fanla,
disparition
duspectre
solaire,
il faudrait connaître liigrandeur
del’absorption
ponr ces Pour cela deux voies restent ouvertes : ou bienprendre
des raies réellementmono-chrtimîti(Ities (si
on en trouvequi
sesuperposent
aux minimal ou bien étudierl’absorption
id’un
spectre
continu. Dans les deux cas, les difficultés à vaincre seront considérables à causede la faible
quantité
de lumière utilisable.Après
quelques
essais,
nous avons abandonnecette
étude,
principalement
en raison du peu degaranties qu’offrent
les résultats. Eneffet,
il est inutile de mesurer
Fabsorptiou
de l’air si on n’est pas sûr que cet air est pur. Aupoint
de vue de la
transparence
ultraviolette,
il y a sans doute autant de différence entre l’air puret l’air d’un l-,il)oratc)ire
qu’il y
eu a entre Feau pure et l’eau d’une mare, et lapurification
,-’ ) 1 13n peul donner comme exemple la raie 1930 A, très intense dans le spectre d’étincelle condensée
1; l’aLuminium (c’esL en réalité une raie du carbone). Elle est très fine, et rigoureusement superposée à une
raie de l’absorption de l’oxygène : aussi eqt elle complètement éteinte après U 11 parcours de 7 mètres dans l’air. iLe coefficient d’absorption pour cette raie est beaucoup plus grand que le coefficient global pour fa rare 1862 : on peut juger par la de l’erreur commise m négigeaul la position des raies d’émission par rapport
est tout difficile. Ceci interdit toute
interprétation
des résultats. Nousconstaté,
par
exeluplp.
ce l’ail inattendu quel’oxygène
n’absorbait pas sensiblementplus
que l’air30US la Même
épaisseur;
cequi
seraitinexplicable
sil’absorption
était forte et si elle était l ;turauniquelnrnl
à Onpeut
lrcs bien admettrequ’il
vT avaitplus
d’impuretés
l’air que dan;
l’oxygène
élud ié. Pour des mesures de ce genre, l’airiabora foires,
iat
¡plus
uénëralemeut l’airpris
dans lesrégions
llabitées,
nepetit
pas êtreemploya.
NIM.buisson,
Jausseran pt couard donnent comme densitéoptique
de l’airqu’ils
outétudie If> chiffre
O,03~j
par kilomètre pour lalongueur
d’onde 5 i80.B: c’est à peuprès
huil kon· le chiffrethéorique.
Cet air était donc loin d’être pur, et comme nousignorons
lavaria-tion de lo densité
optique
avec lalongueur
d’onde pour lesimpuretés,
rien nepermet
derépartir labsorptiou
ultraviolette observée entrel’oxygène,
l’ozone et le reste. Pour réduireautant que
possible
cettedifficulté,
il fautsupprimer
ce et pour ceta observer lestrès pures sur
lesquelles
nous attirons l’attention dans lapremière partie
de1 »