ENSIIE 1i`ere Ann´ee
Analyse Num´erique
2011-2012
Table des mati` eres
1 Background sur les matrices 7
1.1 Exercices . . . 14
1.2 Elements de correction/ remarques . . . 16
2 Conditionnement 29 2.1 Introduction . . . 29
2.2 Conditionnement d’une matrice . . . 29
2.3 Majoration des perturbations . . . 30
2.4 Exercices . . . 32
2.5 El´ements de correction . . . 34
3 R´esolution num´erique de syst`emes lin´eaires 41 3.1 Cas des matrices triangulaires . . . 41
3.2 M´ethode de Gauss . . . 41
3.3 Exemples . . . 43
3.3.1 R´esum´e pour la m´ethode de Gauss . . . 43
3.3.2 Interpolation par splines cubiques . . . 43
3.3.3 R´esolution d’un syst`eme tridiagonal . . . 44
3.3.4 Equation de diffusion 1D . . . 45
3.4 La m´ethode de Cholesky . . . 46
3.5 Exercices . . . 48
3.6 El´ements de correction . . . 50
4 M´ethodes it´eratives 57 4.1 Introduction . . . 57
4.2 Tests d’arrˆet . . . 58
4.3 Convergence . . . 58
4.4 Vitesses de convergence . . . 59
4.5 Les matrices hermitiennes d´efinies positives . . . 60
4.6 Exercices . . . 61
4.7 El´ements de correction . . . 64
4.8 Sujet Contrˆole Terminal 2009/2010 . . . 75
5 R´esolution num´erique d’´equations diff´erentielles ordinaires 77 5.1 Quelques probl`emes . . . 77
5.1.1 Thermodynamique . . . 77
5.1.2 Dynamique des populations . . . 78 3
5.1.3 Le probl`eme du pendule . . . 78
5.2 Le probl`eme de Cauchy . . . 78
5.2.1 D´efinition . . . 79
5.2.2 Probl´ematique des solutions num´eriques . . . 79
5.2.3 Solution locale . . . 79
5.3 Premiers exemples : les m´ethodes d’Euler . . . 80
5.4 Int´egration num´erique . . . 80
5.4.1 Principe . . . 81
5.4.2 Formule de quadrature . . . 81
5.4.3 Intervalle . . . 81
5.4.4 Formules composites . . . 81
5.4.5 Formules de Newton-Cotes . . . 81
5.4.6 Degr´e de pr´ecision . . . 82
5.4.7 Formules de Gauss . . . 82
5.5 Sch´emas `a un pas explicites . . . 83
5.6 Consistance, stabilit´e et convergence . . . 85
5.7 Sch´emas implicites . . . 89
5.8 Stabilit´e absolue . . . 90
5.9 M´ethodes multi-pas . . . 90
5.10 M´ethodes multi-pas (compl´ement) . . . 91
5.10.1 M´ethode d’Adams explicite . . . 91
5.10.2 M´ethode d’Adams implicite . . . 92
5.10.3 M´ethode pr´edicteur correcteur . . . 93
5.11 M´ethodes g´eom´etriques pour les EDO hamiltoniennes . . . 93
5.12 Exercices . . . 95
5.13 El´ements de correction . . . 103
6 Projets 2010 109 6.1 Cin´etique de l’oxydation du sulfite de cuivre . . . 109
6.2 Syst`eme proie-pr´edateur . . . 111
6.3 Calcul de trajectoires de plan`etes . . . 112
6.4 Diffusion de la chaleur dans une barre conductrice . . . 113
6.4.1 Description . . . 113
6.4.2 Mod´elisation . . . 113
6.4.3 Discr´etisation . . . 114
6.4.4 Equations approch´ees . . . 114
6.5 R´ecup´eration des donn´ees d’un site internet . . . 116
6.5.1 Analyse en composantes principales . . . 116
6.5.2 Probl`eme `a ´etudier . . . 116
6.6 Classement de pages web . . . 117
6.7 R´esolution num´erique du probl`eme de la chaˆınette . . . 119
6.7.1 Un peu d’histoire . . . 119
6.7.2 Mod´elisation . . . 119
6.7.3 Discr´etisation . . . 120
6.7.4 R´esolution num´erique . . . 120
6.8 Comptabilit´e nationale . . . 122
6.8.1 Le mod`ele lin´eaire de Leontiev . . . 122
TABLE DES MATI `ERES 5
6.8.2 Equilibre de la croissance . . . 122
6.9 Mod`eles de trafic routier . . . 124
6.9.1 Objectifs . . . 124
6.9.2 Mod`eles microscopiques . . . 124
Chapitre 1
Background sur les matrices
Th´eor`eme 1 (Th´eor`eme du rang). Pour toute matrice A∈RN×N, on a rg(A) + dim(KerA) =N
Changement de base
Soit E = (e1, . . . , eN) une base de RN et E0 = (e01, . . . , e0N) une autre base. La matrice de passage deE `a E0 est donn´ee parS=PE→E0 = (Si,j) avec
e0j =
N
X
i=1
Si,jei.
Proposition 1 (Effet d’un changement de base sur les composantes d’un vecteur).
Si PN
i=1xiei =PN
i=1x0ie0i, et x= (x1, . . . , xN)t, x0= (x01, . . . , x0N)t, on a x=Sx0.
D´emonstration. On ´ecrit
N
X
i=1
xiei=
N
X
i=1
x0ie0i=
N
X
i=1
x0i
N
X
j=1
Sjiej =
N
X
j=1 N
X
i=1
Sjix0iej,
et doncxj =PN
i=1Sjix0i.
Proposition 2(Effet d’un changement de base sur les ´el´ements d’une matrice). SiA est une matrice repr´esentant une application lin´eaire de E dans F dans une base E (base de E) et F (base de F) et si A0 est une matrice repr´esentant cette mˆeme application dans une base E0 (base de E) etF0 (base deF), on a
A0=T−1AS, avecS =PE→E0 etT =PF →F0. Pour m´emoriser, on a
AF0→E0 =PF0→FAF →EPE→E0. 7
D´emonstration. On note g l’application correspondante et on a g(ej) =
N
X
i=1
Ai,jfi, g(e0j) =
N
X
i=1
A0i,jfi0. On en d´eduit
g(e0j) =
N
X
i=1
Si,jg(ei) =
N
X
i=1
Si,j N
X
k=1
Ak,ifk=
N
X
i=1
Si,j N
X
k=1
Ak,i N
X
`=1
(T−1)`,ke`, et donc
A0`,j =
N
X
i=1
Si,j N
X
k=1
Ak,i(T−1)`,k =
N
X
k=1
(T−1)`,k
N
X
i=1
Ak,iSi,j
! .
D´efinition 1.
Matrice transpos´ee : At= (aj,i) Matrice adjointe : A∗ = (aj,i) Matrice sym´etrique :At=A Matrice hermitienne : A∗ =A Proposition 3. On a
(AB)t=BtAt, (AB)∗ =B∗A∗, (AB)−1=B−1A−1, (A∗)−1 = (A−1)∗, (At)−1= (A−1)t. Lemme 1. SoientL(1) etL(2)deux matrices d’ordreN triangulaires inf´erieures. AlorsL(3)= L(1)L(2) est triangulaire inf´erieure et `(3)i,i =`(1)i,i`(2)i,i.
D´emonstration. Voir exercices.
Lemme 2. Soit L une matrice carr´ee r´eguli`ere (i.e. inversible) et triangulaire inf´erieure.
Alors L−1 est aussi triangulaire inf´erieure et
`−1i,i = 1
`i,i. D´emonstration. Voir exercices.
Proposition 4. Soit A une matrice carr´ee triangulaire par blocs (les blocs diagonaux Ai,i sont suppos´es ˆetre carr´es). On a
det(A) =
p
Y
i=1
det(Ai,i).
D´efinition 2. Une matrice bande est une matrice telle queai,j = 0 pourj < i−cetj > i+c; cest appel´e demi-largeur de bande.
Pourc= 1, on a une matrice tridiagonale ; pourc= 2, on a une matrice pentadiagonale.
Proposition 5. Soit A une matrice rectangulaire (M, N). Alors pour tout x ∈ KN et y ∈ KM, on a
(Ax|y) = (x|A∗y).
9 D´emonstration. Voir exercices.
Th´eor`eme 2. Soit A une matrice rectangulaire (M, N). Alors KerA∗ = (ImA)⊥, ImA∗= (KerA)⊥.
Th´eor`eme 3(Orthogonalisation de Gram-Schmidt). A partir d’une suite de vecteurs lin´eairement ind´ependants de KN (f1, f2, . . . , fk), on peut construire une suite de vecteurs (p1, . . . , pk) 2`a 2 orthogonaux tels que
V ect(f1, . . . , fj) =V ect(p1, . . . , pj), j= 1, . . . , k.
Lemme 3. Une matrice carr´ee Ahermitienne est telle que(Ax|x) est r´eel pour toutx∈CN. D´efinition 3. Une matrice hermitienne est d´efinie positive si pour tout x∈CN\ {0}, on a
(Ax|x)>0.
Une matrice hermitienne est semi-d´efinie positive si pour tout x∈CN \ {0}, on a (Ax|x)≥0.
Soit A une matrice rectangulaire de format (M, N). Alors A∗A est une matrice carr´ee d’ordre N qui est hermitienne. Elle est semi-d´efinie positive. Si le rang de A vaut N alors A∗A est d´efinie positive.
Proposition 6. Les sous-matrices principales d’une matrice hermitienne et d´efinie positive sont hermitiennes et d´efinies positives. Les ´el´ements diagonaux deA sont strictement positifs.
D´efinition 4. Une matrice Q de format (M, N) avec M ≥N est unitaire si les colonnes de Q sont des vecteurs deux `a deux orthogonaux et de norme unit´e, i.e. Q∗Q=I.
Lemme 4. Une matrice unitaire v´erifie kQxk2 =kxk2 D´emonstration. Voir exercices.
Lemme 5. Le produit de deux matrices unitaires est unitaire.
Une matrice unitaire `a coefficients r´eels est dite orthogonale.
Proposition 7. Soient A matrice de format (M, N) et B de format (N, M), avec M > N. Alors
det(λI−BA) =λM−Ndet(λI−AB).
Les valeurs propres non nulles de deux matrices AB et BAsont les mˆemes.
D´emonstration. On part de IN 0
−B µIM
µIN A B µIM
=
µIN A
0 µ2IM−BA
et
µIN −A
0 IM
µIN A B µIM
=
µ2IN −AB 0
B µIM
Les valeurs propres de A∗ sont les conjugu´ees des valeurs propres deA.
Les valeurs propres de At sont les mˆemes que les valeurs propres de A.
Th´eor`eme 4. Soit ui un vecteur propre de A correspondant `a λi. Soit vj un vecteur propre gauche correspondant `a λj. Alors, si λi 6=λj, on a
(ui|vj) = 0
En particulier si A est hermitienne, les vecteurs propres correspondant `a des valeurs propres distinctes sont orthogonaux.
Proposition 8. Les vecteurs propres associ´es `a des valeurs propres distinctes sont lin´eairement ind´ependants.
Th´eor`eme 5. Soit A une matrice carr´ee d’ordreN.
Aest diagonalisable ssiAposs`edeN vecteurs propresui lin´eairement ind´ependants. Alors A peut se factoriser sous la forme
A=SDS−1,
o`u D est la matrice diagonale form´ee des valeurs propres. La i-i`eme colonne de S est un vecteur propre ui associ´e `a la valeur propre λi. La j-i`eme colonne de (S−1)∗ est un vecteur propre `a gauche vj associ´e `a la valeur propreλj.
Corollaire 1. Si toutes les valeurs propres de A sont distinctes, alorsA est diagonalisable.
D´efinition 5. Un bloc de JordanJk(λ) d’ordre kest une matrice d’ordre kavec des 1 sur la sur-diagonale et λ sur la diagonale.
D´efinition 6. On appelle matrice de Jordan, une matrice diagonale par blocs, o`u chaque bloc est un bloc de Jordan Jki(λi). Lesλi ne sont pas n´ecessairement distincts.
Th´eor`eme 6. Toute matrice est semblable `a une matrice de Jordan.
Th´eor`eme 7. Une condition n´ecessaire et suffisante pour que deux matrices diagonalisables commutent est qu’elles aient les mˆemes vecteurs propres.
D´emonstration. Pour un sens, voir exercices.
Th´eor`eme 8 (Th´eor`eme de Schur). Toute matrice carr´ee A peut s’´ecrire A=U T U∗,
avecU unitaire et T triangulaire sup´erieure.
D´efinition 7. On dit qu’une matrice est normale si A∗A=AA∗
Th´eor`eme 9. A est une matrice normale ssi il existe une matrice U unitaire telle que A=U DU∗
D est la matrice diagonale form´ee des valeurs propres. Ainsi, une matrice normale est dia- gonalisable et les vecteurs propres sont orthogonaux.
11 Corollaire 2. Une matrice hermitienne est diagonalisable. Ses valeurs propres sont r´eelles et ses vecteurs propres sont orthogonaux.
Corollaire 3. Une matrice sym´etrique et r´eelle est diagonalisable. Ses valeurs propres sont r´eelles et ses vecteurs propres sont orthogonaux.
Corollaire 4. Une matrice unitaire est diagonalisable. Ses valeurs propres ont pour module 1 et ses vecteurs propres sont orthogonaux.
Th´eor`eme 10. Une matrice hermitienne (ou sym´etrique r´eelle) est d´efinie positive ssi ses valeurs propres sont strictement positives.
Th´eor`eme 11. Une matrice hermitienne (ou sym´etrique r´eelle) est d´efinie positive ssi ses mineurs principaux sont strictement positifs.
Proposition 9. Une matrice anti-hermitienne est diagonalisable. Ses valeurs propres sont imaginaires pures et les vecteurs propres sont orthogonaux.
D´efinition 8. Soit A une matrice rectangulaire de format (M, N). On appelle valeurs sin- guli`eres (µi) de A les racines carr´ees positives ou nulles des valeurs propres de la matrice A∗A d’ordre N.
Th´eor`eme 12. Soit A une matrice rectangulaire de format (M, N). Il existe deux matrices carr´ees unitaires U et V d’ordre respectivementM etN telles que
U∗AV = Σ,
o`u Σ est une matrice rectangulaire de format (M, N), avec σi,i = µi, i = 1, . . . , N et les autres termes sont nuls. Lesµi sont les valeurs singuli`eres de la matrice A.
Corollaire 5. Le rang de A est ´egal au nombre de valeurs singuli`eres non nulles.
Corollaire 6. SoitA=UΣV∗ la d´ecomposition en valeurs singuli`eres de A. Appelons ui les colonnes deU et vi les colonnes de V. Alors
A=
r
X
i=1
µiuivi∗,
A∗A=
r
X
i=1
µ2iuiv∗i. Normes
D´efinition 9. D´efinition de la norme
Une norme est une application de E K-espace vectoriel dansR+ qui v´erifie 1. kxk= 0⇔x= 0n
2. kλxk=|λ|kxk pour tout λ∈K etx∈E, 3. kx+yk ≤ kxk+kyk pour tout x, y∈E.
Th´eor`eme 13. DansCN toutes les normes sont ´equivalentes
D´efinition 10. Norme matricielle induite
kAk=maxkxk=1kAxk Lemme 6. Pour toute norme matricielle induite, on a
kAxk ≤ kAkkxk
Th´eor`eme 14. Une norme matricielle induite est bien une norme pour les matrices Remarque 1. Pour toute norme induite par une norme vectorielle, on a
kIk= 1.
Proposition 10. Pour deux matrices A et B de format (M, N) et (N, P), on a kABk ≤ kAkkBk
D´efinition 11. On appelle rayon spectral de A, la quantit´e ρ(A) = max
i=1,...,N|λi(A)|.
A est une matrice de format (N, N) etλi(A), i= 1, . . . , N sont les valeurs propres de A.
Th´eor`eme 15. Pour quelimk→∞Ak= 0, il faut et suffit que ρ(A)<1.
D´emonstration. SiA est une matrice ´el´ementaire de Jordan Jp d’ordreNp. On a Jp =λINp+E.
On peut v´erifier que En= 0, pourn≥Np. On a alors pour k≥Np
Jpk=
Np−1
X
i=0
Ck”λk−ip Ei Pour ifix´e et k→ ∞, on a
k→∞lim |Ckiλk−ip |= 0,
si |λp|<1 et vaut∞ sinon. On voit alors queJpk tend vers 0 ssi|λp|<1.
Dans le cas g´en´eral, on ´ecritAk =SJkS−1. Th´eor`eme 16. pour toute norme matricielle, on a
k→∞lim kAkk1/k =ρ(A)
D´emonstration. On a ρk(A) =ρ(Ak)≤ kAkk (cf exercices), ce qui donne ρ(A)≤ kAkk1/k.
Soit > 0. On consid`ere la matrice suivante A() = ρ(A)+1 A, dont le rayon spectral est ρ(A()) = ρ(A)+ρ(A) <1. Donc limk→∞Ak() = 0. Donc il existek() tel que pour toutk≥k(), on ait
kAk()k ≤1.
Or, commekAk()k= (ρ(A)+)kAkk k, on obtient
kAkk1/k≤ρ(A) +
13 Th´eor`eme 17. La s´erie I+B+B2+. . . converge vers (I−B)−1 ssi ρ(B)<1.
D´emonstration. Siρ(B)<1, 1 n’est pas valeur propre deB doncI−B est inversible. Posons Ak=I+B+. . . Bk.
On a alors
BAk=B+· · ·+Bk+1. En prenant la diff´erence, on obtient
(I −B)Ak=I−Bk+1, soitAk= (I−B)−1(I−Bk+1), puis
kAk−(I−B)−1k ≤ k(I−B)−1kkBk+1k, qui tend vers 0 et donc
k→∞lim Ak = (I−B)−1
Reciproquement, si limk→∞Ak existe, on a limk→∞Bk= 0 et doncρ(B)<1.
1.1 Exercices
Exercice 1. Soit E ⊆R4 le sous-espace vectoriel engendr´e par les colonnes de la matrice
B =
1 2 0 1
2 3 1 0
−1 3 3 1
−2 −1 1 0
Calculer la dimension de E.
Exercice 2. Calculer la dimension du sous-espace vectoriel de Rp d’´equation
a11x1 + · · · + a1pxp = 0 ... + · · · + ... = 0 an1x1 + · · · + anpxp = 0 en fonction du rang r de la matrice A= (ai,j)1≤i≤n
1≤j≤p
.
Exercice 3. Soit (e1, e2, e3) une base de R3. Soit f ∈ L(R3) telle que f(e1) =e1+e2+e3,
f(e2) =e2+ 5e3, f(e3) = 2e3.
Montrer que f est inversible et calculer f−1(e1), f−1(e2) et f−1(e3) en fonction de e1, e2 et e3.
Exercice 4. 1) Prouver que u1 = (0,1,2)t, u2 = (1,3,5)t et u3 = (5,4,6)t forment une base deR3 et calculer les coordonn´ees de u= (7,4,7)t dans cette base.
2) On consid`ere l’application lin´eaire
f : R4 −→ R4
(x, y, z, t)t −→ (x0, y0, z0, t0)t
o`u x0=x+ 2y+ 7z+ 4t, y0 =x−y+z+t, z0 =−x+y−z−t et t0 =x+ 3z+ 2t.
D´eterminer une base deKerf et une base de Imf.
3) Pour chacune des matrices R et S, calculer son inverse ou montrer qu’elle n’est pas in- versible.
R=
0 −1 2
1 0 3
−2 −3 0
et S=
1 2 3 1 3 2 2 3 8
. Exercice 5. Soit une matrice A= (ai,j)1≤i,j≤n v´erifiant
∀i∈ {1, ..., n}, |ai,i|>
n
X
j=1,j6=i
|ai,j|
(matrice `a diagonale strictement dominante). Montrer que A est inversible.
1.1. EXERCICES 15 Exercice 6. Soit A la matrice :
A=
2 0 4
3 −4 12 1 −2 5
. Calculer An, pour tout n∈N.
Exercice 7. [Rappels fondamentaux d’alg`ebre lin´eaire]
(a) SoitA une matrice sym´etrique. Montrer que A hermitienne ≡ A r´eelle.
(b) Montrer que(Ax|y) = (x|A∗y) dans CN et (Ax|y) = (x|Aty) dans RN.
(c) Montrer que si A est d´efinie positive alors ses ´el´ements diagonaux sont strictement positifs.
(d) Montrer que si A est une matrice unitaire ou orthogonale alors kAxk2 = kxk2 et
|det(A)|= 1.
(e) Montrer que deux matrices semblables ont mˆeme polynˆome caract´eristique (f ) Montrer que si A est hermitienne alors ses valeurs propres sont toute r´eelles
(g) Montrer que toute matrice sym´etrique r´eelle est d´efinie positive ssi toutes ses valeurs propres sont strictement positives.
(h) Soient A et B deux matrices diagonalisables. Montrer que si elles ont les mˆemes vec- teurs propres, alors elles commutent entre elles. Trouver un contre exemple de deux matrices ne commutant pas.
Exercice 8. [Normes vectorielles et normes matricielles]
(a) Montrer quekxk1=PN
i=1|xi|, kxk∞= maxi=1,...,N|xi|et kxk2 = (PN
i=1|xi|2)1/2 sont des normes surRN.
(b) Montrer l’´equivalence des normes i. kxk∞≤ kxk1≤Nkxk∞
ii. kxk∞≤ kxk2≤√
Nkxk∞ iii. kxk2 ≤ kxk1≤√
Nkxk2
(c) Soit A une matrice carr´ee A= (ai,j) Montrer que i. kAk1= maxj=1,...,NPN
i=1|ai,j| ii. kAk∞= maxi=1,...,NPN
j=1|ai,j|
iii. Soit B r´eelle et sym´etrique. Montrer que λmin(B) ≤ (Bx|x)kxk2 2
≤ λmax(B) (quotient de Rayleigh). En d´eduire quekAk2 =p
ρ(AtA) (ρ est le rayon spectral) iv. Montrer queρ(A)≤ kAk pour toute norme matricielle k · k.
Exercice 9 (A propos des matrices triangulaires). Dans tout cet exercice, A d´esigne une matrice triangulaire inf´erieure.
(a) Quelles sont les valeurs propres deA et `a quelle condition A est-elle inversible ? (b) Pour une matrice A inversible de taille N, r´esoudre AX =b. En d´eduire alors que si bi= 0 pour i < k et bk6= 0 alorsxi = 0 pour i < k et xk6= 0
(c) Montrer que l’ensemble des matrices triangulaires inf´erieures est stable par produit et par inverse.
1.2 Elements de correction/ remarques
Exercice 1
Si le d´eterminant deB vaut 0, le rang deB qui est ´egal `a la dimension ddu sous espace engendr´e par les colonnes est de dimension au plus 3. Maintenant, si on enl`eve une colonne et une ligne (i.e. on consid`ere un mineur, mais pas n´ecessairement un mineur principal) et que l’on trouve donc un d´eterminant non nul, on aurad≥2.
Dans ce cas, on a det(B) = |B| (on note le determinant comme cela parfois) |B|= 0, si on le calcule (en d´eveloppant par rapport `a la derni`ere colonne, qui a le plus de z´eros par exemple).
|B|=
2 3 1
−1 3 3
−2 −1 1
+
1 2 0
2 3 1
−2 −1 1
= 4−4 = 0.
et
2 3 1
−1 3 3
−2 −1 1
= 4
doncd= 3. Remarquons, qu’il y a ici deux mineurs d’ordre 3 qui sont non nuls.
Est-ce qu’il ne suffirait pas de voir certains mineurs ? (si on doit v´erifier pour tous les mineurs, cela peut ˆetre long !) par exemple les mineurs diagonaux ? A voir...
Exercice 2
On utilise le th´eor`eme du rang. Ce que l’on cherche, c’estdim(Ker(A)) (la dimension du noyau)
On rappelle queKerA={x, Ax= 0}.
Donc on sait que
dim(E) =dim(Ker(A)) +dim(Im(A)) E c’est l’espace de d´epart.Im(A), c’est l’image deA.
On a Im(A) ={Ax}.
On a par d´efinition dim(Im(A)) =rang(A).
Donc au final, on ap=dim(Ker(A)) +rang(A), i.e.
dim(Ker(A)) =p−rang(A).
Exercice 3
On regarde la matrice associ´ee `a l’application lin´eaire
A=
1 0 0 1 1 0 1 5 2
Cette matrice est inversible, car son determinant est non nul ; il est ´egal au produit des termes diagonaux, comme la matrice est triangulaire.
On l’inverse facilement l’inverse qui est aussi une application lin´eaire en r´esolvant le syst`eme triangulaire
e1 =g1+g2+g3, e2 =g2+ 5g3, e3 = 2g3,
1.2. ELEMENTS DE CORRECTION/ REMARQUES 17 avec gj =f−1(ej), j = 1,2,3. On remarquera que l’on est en train de montrer que l’inverse d’une matrice triangulaire inf´erieure est une matrice triangulaire inf´erieure et que pour trouver son inverse, il suffit de r´esoudre un syst`eme triangulaire sup´erieur ( !) On trouve donc
A−1=
1 0 0
−1 1 0
2 −5/2 1/2
puisqueg3 = 1/2e3,g2 =e2−5g3 =e2−5/2e3 etg1=e1−g2−g3 =e1−e2+ 5/2e3−1/2e3= e1−e2+ 2e3.
Exercice 4
1.On consid`ere la matrice associ´ee
A=
0 1 5 1 3 4 2 5 6
On v´erifie que le d´eterminant n’est pas nul. On cherche ensuite x= (x1, x2, x3)t
7 4 7
=x1u1+x2u2+x3u3=Ax
On r´esoud ensuite le syst`eme lin´eaire ; attention le premier pivot est nul. On fait donc un
´echange de ligne, par exempleL2↔L1
1 3 4 0 1 5 2 5 6
4 7 7
puis L3 ←L3−2L1
1 3 4
0 1 5
0 −1 −2
4 7
−1
enfin L3←L3+L2
1 3 4 0 1 5 0 0 3
4 7 6
On r´esoud ensuite par remont´ee. On trouve (le r´esultat se v´erifie en prenant la solution) x1= 5, x2=−3, x3= 2,
ce qui donne
u= 5u1−3u2+ 2u3. 2.On consid`ere la matrice associ´ee
A=
1 2 7 4
1 −1 1 1
−1 1 −1 −1
1 0 3 2
A priori, on peut d´ej`a calculer le d´eterminant, pour voir si la matrice est inversible, mais cela est assez long. En fait on peut commencer `a faire une factorisation de Gauss (on parle parfois de factorisation de gauss incompl`ete).
On fait L2 ←L2−L1,L3 ←L3+L1,L4 ←L4−L1, ce qui donne
L(1)A=
1 2 7 4
0 −3 −6 −3
0 3 6 3
0 −2 −4 −2
et donc (cf cours sur m´ethode de gauss ; interpr´etation op´eration sur les lignes et multiplication
`
a gauche par une matrice L(1) et inverse deL(1))
A=
1 0 0 0
1 1 0 0
−1 0 1 0
1 0 0 1
1 2 7 4
0 −3 −6 −3
0 3 6 3
0 −2 −4 −2
On voit que cette matrice est de rang 2 : les lignes sont g´en´er´ees par les vecteurs ind´ependants (1,2,7,4), (0,1,2,1).
Doncdim(Ker(A)) =rang(A) = 2 (tout ceci sans calculer le d´eterminant, ou des mineurs...) Pour une base deIm(f), on peut prendre
(1,1,−1,1)t, (4,1,−1,2)t.
(ces vecteur sont ind´ependants car non colin´eaires et obteuns en prenant respectivement x= 1, y=z=t= 0 etx=y=z= 0, t= 1 donc sont bien dans l’image (Im(f)).
Pour le noyau (finalement, on a par eu besoin d’expliciter (L(1))−1, mais cela pourra peut- ˆetre servir ailleurs...), on cherchex= (x1, x2, x3, x4)t tel queAx= (0,0,0,0)t. On obtient en utilisant les op´erations sur les lignes que l’on vient de faire
x2+ 2x3+x4 = 0, x1+ 2x2+ 7x3+ 4x4 = 0 En prenantx1 = 1, x2= 0, on obtient
2x3+x4= 0, 1 + 7x3+ 4x4= 0 soit
8x3+ 4x4 = 0, 1 + 7x3+ 4x4= 0,
puis x3 = 1 et x4 = −2 ; ce qui donne le vecteur (1,0,1,−2)t. D’autre part, si on prend x1= 0, x2 = 1, on obtient
4 + 8x3+ 4x4= 0, 2 + 7x3+ 4x4= 0, soit
x3=−2, x4=−1−2x3 = 3
ce qui donne le vecteur (0,1,−2,3)t; (ces vecteurs v´erifient bien les ´equations).
1.2. ELEMENTS DE CORRECTION/ REMARQUES 19 3.On peut ´ecrire
−x2+ 2x3=b1 x1−3x3=b2
−2x1−3x2=b3
on fait L2 ↔L1
x1−3x3=b2
−x2+ 2x3=b1
−2x1−3x2=b3
puis L3 ←L3+ 2L1
x1−3x3 =b2
−x2+ 2x3 =b1
−3x2−6x3=b3+ 2b2 puis L3 ←L3+ 3L2
x1−3x3 =b2
−x2+ 2x3 =b1
0 =b3+ 2b2+ 3b1
Cela implique donc que la premi`ere matrice n’est pas inversible (on remarque aussi que par cette m´ethode on trouve la relation que doit v´erifier le second membre (b1, b2, b3) pour que l’on puisse r´esoudre le syst`eme).
Pour la deuxi`eme matrice, on a
x1+ 2x2+ 3x3 =b1
x1+ 3x2+ 2x3 =b2
2x1+ 3x2+ 8x3 =b3
On fait L2 ←L2−L1 etL3 ←L3−2L1, ce qui donne x1+ 2x2+ 3x3 =b1 x2−x3 =b2−b1
−x2+ 2x3=b3−2b1
puis L3 ←L3+L2
x1+ 2x2+ 3x3 =b1 x2−x3 =b2−b1
x3=b3−3b1+b2
On trouve
x3 =−3b1+b2+b3
x2 =x3+b2−b1 =−4b1+ 2b2+b3
x1 =−2x2−3x3+b1 = (1 + 8 + 9)b1+ (−4−3)b2+ (−2−3)b3 = 18b1−7b2−5b3
La matrice inverse est donc
18 −7 −5
−4 2 1
−3 1 1
Exercice 5 On cherchex tel que Ax= 0 ; pour montrer que A est inversible, il suffit de montrer quex= 0. On a, comme Ax= 0,
n
X
j=1
ai,jxj = 0,
pour touti= 1, . . . , n, ce qui donne
ai,ixi=−
n
X
j=1, j6=i
ai,jxj, puis
|ai,i||xi|=| −
n
X
j=1, j6=i
ai,jxj| ≤
n
X
j=1, j6=i
|ai,j||xj|,
pour touti= 1, . . . , n. Prenons maintenant itel que|xi|= maxj=1,...,n|xj|. On a alors
|ai,i||xi| ≤
n
X
j=1, j6=i
|ai,j||xi|,
puis
|xi|
|ai,i| −
n
X
j=1, j6=i
|ai,j|
≤0 or|ai,i| −Pn
j=1, j6=i|ai,j|>0, donc|xi|= maxj=1,...,n|xj|= 0. Cela veut dire quex= 0.
Exercice 6 Pour calculer An, on cherche `a diagonaliser A (si c’est possible ; sinon, on cherche une forme de Jordan).
On cherche les valeurs propres deA. Pour cela, on peut calculer le polynˆome caract´erististique qui vaut
P(λ) =det(A−λId) =−2λ+ 3λ2−λ3 =−λ(λ−1)(λ−2).
Donc les valeurs propres qui sont les racines du polynˆome charact´eristique valent 0,1 et 2.
On peut donc ´ecrire
An=P
0 0 0
0 1 0
0 0 2n
P−1.
1.2. ELEMENTS DE CORRECTION/ REMARQUES 21 Effectivement On aA=P∆P−1, avec ∆ matrice diagonale form´ee par les valeurs propres de A. On a ensuite
An= (P∆P−1)n=P∆P−1P∆P−1. . . P∆P−1 =P∆nP−1.
Il reste `a trouver P. On cherche d’abord un vecteur e1 tel que Ae1 = 0. Notons e1 = (x1, x2, x3)t. On a
2x1+ 4x3 = 0 3x1−4x2+ 12x3 = 0 x1−2x2+ 5x3 = 0 On fait L2 ←L2−3/2L1 et L3←L3−1/2L1, ce qui donne
2x1+ 4x3 = 0
−4x2+ 6x3 = 0
−2x2+ 3x3 = 0
On peut prendre x3 = 2, x2= 3 etx1=−4 et ainsie1 = (−4,3,2)t convient.
On cherche ensuite un vecteure2 tel queAe2 =e2. Notonse2 = (x1, x2, x3)t. On a x1+ 4x3 = 0
3x1−5x2+ 12x3 = 0 x1−2x2+ 4x3= 0.
On fait L2 ←L2−3L1 etL3 ←L3−L1, ce qui donne x1+ 4x3= 0
−5x2= 0
−2x2= 0 On peut donc prendre e2 = (4,0,−1).
On cherche enfin un vecteure3 tel queAe3= 2e3. Notonse3 = (x1, x2, x3)t. On a 4x3 = 0
3x1−6x2+ 12x3 = 0 x1−2x2+ 3x3= 0.
On peut donc prendre e3 = (2,1,0)t. La matrice de passageP vaut donc P =
−4 4 2
3 0 1
2 −1 0
On peut alors calculer l’inverse de P P−1=
−1/2 1 −2
−1 2 −5
3/2 −2 6
puis calculerAn=P∆nP−1
An=
3·2n−4 −4·2n+ 8 12·2n−20 3·2n−1 −2n+1 6·2n
1 −2 5
. Exercice 7
(a)A sym´etrique :A=At
A hermitienne :A=At. Donc si l’on suppose Asym´etrique, on a A=At⇔At=At⇔A=A⇔A∈ Mn(R).
En effet, un nombre est r´eel ssi il est ´egal `a son conjugu´e (si z=a+ib, ¯z=a−ib) (b) Dans CN
(Ax|y) =X
i,j
ai,jxjyi=X
j
xj(X
i
ai,jyi) = (x, Aty).
(c) A d´efinie positive : (Ax|x) > 0 pour x 6= 0. Pour x = ei (o`u ei est le vecteur ei = (0, . . . ,1,0, . . . ,0), avec le 1 `a la i-`eme place) on a
(Ax|x) = (Aei|ei) = (
N
X
j=1
aj,iej|ei) =
N
X
j=1
aj,i(ej|ei) =ai,i>0,
puisque (ej)j=1,...,N est une base orthonormale, c’est-`a-dire : (ei|ei) = 1 et (ei|ej) = 0, sii6=j.
(d)A matrice orthogonaleAAt=In
kAxk22= (Ax|Ax) = (AtAx, x) =kxk22.
On a aussi (on rappelle que le d´eterminant d’un produit de matrices est le produit des d´eterminants)
det(In) = 1 =det(AtA) =det(A)det(At) =det(A)2.
Cela reste valable siAest unitaire (on remplace la transposition par l’adjoint et on utilise la mˆeme propri´et´e (b)).
(e) P et R sont semblables si P =Q−1RQ. Le polynˆome caract´eristique de R est donn´e par
det(λ−R) =det(Q−1(λ−R)Q).
(f)A hermitienne (Ax|x) =λ(x|x) = (x|Atx) = (x|λx) =λ(x|x).
(g) SiA def. positive, soit λvaleur propre etevecteur propre associ´e. Cel veut dire que Ae=λe,
ete6= 0. On a
(Ae|e) = (λe|e) =λ(e|e)>0,
en utilisant la lin´earit´e du produit scalaire par rapport `a son premier argument ; donc λ >0, puisque (e|e)>0 (en effet e6= 0, don (e|e)>0).
1.2. ELEMENTS DE CORRECTION/ REMARQUES 23 R´eciproquement, comme A est sym´etrique r´eelle, elle diagonalise dans une base ortho- norm´ee. On admet ce r´esultat fort utile et valable pour toute matrice normale (i.e. qui com- mute avec son adjoint).
Dans le cas des matrices sym´etriques r´eelles, on sait de plus que les valeurs propres sont r´eelles.
En effet, sie est vecteur propre deA associ´e `a la valeur propre λ, on a
Ae=λe, (Ae|e) =λ(e|e), (Ae|e) = (e|Ate) = (e|Ae) = (e|λe) = ¯λ(e|e), et donc λ= ¯λ.
Dire que A diagonalise dans une base orthonorm´ee veut dire qu’il existeN vecteurs or- thogonaux fj, j= 1, . . . , N tels que
Afj =λjfj.
Notons qu’une famille de vecteurs orthogonaux est toujours libre. N ´etant la dimension de l’espace (la matrice Aest de dimensionN), les vecteurs propres forment une base deRN.
On suppose que les valeurs propres sont strictement positives. On peut ´ecrirex=P xifi, avec fi vecteur propre et xi scalaire (xi est un nombre r´eel ou complexe ; r´eel dans ce cas pr´ecis). On a alors
(Ax|x) = (X
i
λixifi|X
j
xjfj) =X
i
λix2i >0, pour x6= 0, car les fj sont orthogonaux.
D´etaillons un peu : on a (X
i
λixifi|X
j
xjfj) =X
i,j
λixix¯j(fi|fj) =X
i
λi|xi|2.
La quantit´e de droite est positive. Supposons qu’elle soit nulle, alors tous les termes qui la composent sont nuls (puisque chacun des termes est positifs et la somme est nulle) et donc λi|xi|2 = 0 ; commeλi >0, on en d´eduit que|xi|2 = 0 et doncxi = 0. Cela est valable pour toutes les valeurs de i, doncx = 0. Or x est un vecteur propre, donc x n’est pas nul. Cela veut donc dire que la quantit´e de droite est strictement positive.
(h) DA = Q−1AQ, DB = Q−1BQ et comme DADB = DBDA (les matrices diagonales commutent : la matrice produit ´etant form´ee de la diagonale des produits des termes diago- naux de chacune des matrices et dansR ouC, on aab=ba), on en d´eduit queAB=BA.
En effet, on a
DADB=Q−1AQQ−1BQ=Q−1ABQ, DBDA=Q−1BQQ−1AQ=Q−1BAQ et doncQ−1ABQ=Q−1BAQ, puis AB=BA.
PrenonsA=
0 1 1 0
etB=
1 0 0 2
Lorsque l’on calculeBA, on multiplie les lignes de la matriceApar les termes diagonaux de la matrice diagonaleB(la multiplication `a gauche correspond `a une op´eration sur les lignes), doncAB=
0 1 2 0
Lorsque l’on calculeAB, on multiplie les colonnes par les termes diagonaux, doncAB=
0 2 1 0
. On a bien AB6=BA.
Exercice 8
(a) Il faut v´erifier `a chaque fois kxk ≥ 0 ; kxk = 0 ⇔ x = 0 ; kx+yk ≤ kxk+kyk et kλxk=|λ|kxk.
Pour la norme 1, on utilise l’in´egalit´e triangulaire dansR(ou C)
|xi+yi| ≤ |xi|+|yi|
Une somme de termes positifs est nulle ssi chacun des termes est nul.
Pour la norme infinie, on a
|xi+yi| ≤ |xi|+|yi| ≤ kxk∞+kyk∞
donc
kx+yk∞≤ kxk∞+kyk∞
Si le maximum de termes positifs est nul, chacun des termes est nul.
Pour la norme 2, on utilise l’in´egalit´e de Cauchy-Schwarz
|(x, y)| ≤ kxkkyk,
qui est valable pour toute norme qui previent d’un produit scalaire (ce qui n’est pas le cas de la norme 1 ou de la norme∞)
On a alors
kx+yk2 =kxk2+kyk2+ 2Re(x|y)≤ kxk2+kyk2+ 2kxkkyk= (kxk+kyk)2, et donc
kx+yk ≤ kxk+kyk.
(b.i.) Soit il’entier tel que|xi|=kxk∞ On a kxk∞=|xi| ≤
N
X
j=1
|xj| ≤
N
X
j=1
|xi|=N|xi|=Nkxk∞, ce qui donne le r´esultat.
(b.ii.)Soit il’entier tel que|xi|=kxk∞ On a kxk2∞=|xi|2 ≤
N
X
j=1
|xj|2≤
N
X
j=1
|xi|2=N|xi|2 =Nkxk2∞, (b.iii.) Soitil’entier tel que|xi|=kxk∞On a
kxk22 =
N
X
j=1
|xj|2 ≤
N
X
j=1 N
X
k=1
|xj||xk|=
N
X
j=1
|xj|
2
On a aussi 2|xj||xk| ≤ |xj|2+|xk|2, ce qui donne
N
X
j=1
|xj|
2
=
N
X
j=1 N
X
k=1
|xj||xk| ≤ 1 2
N
X
j,k=1
(|xj|2+|xk|2) =N
N
X
j=1
|xj|2,
1.2. ELEMENTS DE CORRECTION/ REMARQUES 25 et on obtient le r´esultat.
(c.i.) Rappelons quekAk= maxkxk=1kAxk.
Soit xtel quekxk1 = 1. On a kAxk1 =
N
X
j=1
|(Ax)j|=
N
X
j=1
|
N
X
k=1
ajkxk| ≤
N
X
j=1 N
X
k=1
|ajk|xk|=
N
X
k=1
N
X
j=1
|aj,k|
|xk|
Soit maintenant`tel que
N
X
j=1
|aj,`|= max
k=1,...,N N
X
j=1
|aj,k|.
On obtient donc
kAxk1 ≤
N
X
k=1
N
X
j=1
|aj,`|
|xk|=
N
X
j=1
|aj,`|
N
X
k=1
|xk|=
N
X
j=1
|aj,`|
Soit maintenantx= (x1, . . . , xN)t, avec x` = 1 etxj = 0, si j6=`. On a bien kxk1= 1 et kAxk1 =
N
X
j=1
|
N
X
k=1
ajkxk|=
N
X
j=1
|aj,`|.
(c.ii.)Soit x et`tels que kxk∞=|x`|= 1. On a
|(Ax)j|=|
N
X
k=1
ajkxk| ≤
N
X
k=1
|ajk||xk| ≤
N
X
k=1
|ajk||x`|=
N
X
k=1
|ajk| ≤
N
X
k=1
|apk|,
avecPN
k=1|apk|= maxj=1,...,NPN
k=1|ajk|.
On en d´eduit donc que
kAxk∞≤
N
X
k=1
|apk|.
Soit maintenantx= (x1, . . . , xN)t, avecxj = |aap,j
p,j|, siap,j 6= 0 et xj = 1, si ap,j = 0. On a bienkxk∞= 1 et
kAxk∞= max
j |
N
X
k=1, ap,k6=0
aj,k ap,k
|ap,k|| ≥ |
N
X
k=1, ap,k6=0
ap,k ap,k
|ap,k||=
N
X
k=1
|apk|.
c.iii.B est sym´etrique r´eelle ; elle fait donc partie des matrices normales. Elle diagonalise donc dans une base orthonorm´ee. Les valeurs propres sont aussi r´eelles. Cela veut dire qu’il existe une base e1, . . . , eN de vecteurs propres de RN orthogonaux. On a
Aej =λjej, λj ∈R, (ej|ek) = 0,6=k, (ej|ej) = 1.
Soit maintenant x ∈ RN, on a x = PN
j=1xjej (x se d´eveloppe dans la base des vecteurs e1, . . . , eN). Donc
Bx=
N
X
j=1
xjBej =
N
X
j=1
λjxjej,
puis
(Bx|x) = (
N
X
j=1
λjxjej|
N
X
k=1
xkek) =
N
X
j,k=1
λjxjxk(ej|ek) =
N
X
j=1
λj|xj|2. On aussi
(x|x) =
N
X
j=1
|xj|2. On obtient donc
λmin(x|x)≤(Bx|x)≤λmax(x|x), ce qui donne le r´esultat.
Soit A une matrice r´eelle ; AtA est sym´etrique r´eelle (raisonnement identique pour une matricce complexe en consid´erantA∗A).
On a donc pour xtel quekxk2 = 1
λmin(AtA)≤(AtAx|x) = (Ax|Ax)≤λmax(AtA), On en d´eduit quekAk22 ≤λmax(AtA) =ρ2(AtA).
Il reste `a voir que la valeur est atteinte. On prend un vecteur propre de AtA de norme 1 (en norme 2) associ´e `a la valeur propre maximale. On obtient
AtAx=λmax(AtA)x, puis
(Ax|Ax) = (AtAx|x) =λmax(AtA).
On obtient donc le r´esultat.
c.iv.Soit λune valeur propre et xun vecteur propre associ´e. On a kAxk=kλxk=|λ|kxk ≤ kAkkxk,
donc commex6= 0, on obtient|λ| ≤ kAket doncρ(A)≤ kAk, puisqueρ(A) est la plus grande des valeurs propres deA en module.
Exercice 9
(a)Les valeurs propres sont les ´el´ements diagonaux.Aest inversible ssi 0 n’est pas valeur propre. Atrement dit, tous les termes diagonaux doivent ˆetre diff´erents de 0.
(b)On ´ecrit le produit matrice vecteur
j
X
k=1
ajkxk=bj
En particulier, pourj= 1, il n’y a qu’un terme. On obtient donc xj = 1
aj,j
bj−
j−1
X
k=1
aj,kxk
!
, j = 1, . . . , N,
ce qui permet de calculerx1, puisx2, puisx3, . . . , xN. Sibi= 0, pour touti < k, on en d´eduit que x1, . . . , xk−1 = 0, d’apr`es la formule que nous venons de voir. Et on a aussi xk 6= 0, puisquebk6= 0.
1.2. ELEMENTS DE CORRECTION/ REMARQUES 27 (c)Si l’on r´esoud
Ax=b,
on remarque que xj s’´exprime en fonction de b1, . . . , bj. Cela veut donc dire que A−1 est triangulaire inf´erieure.
Pour le produit, on a
(AB)i,j =
N
X
k=1
ai,kbk,j.
On sait quebk,j = 0, sij > k etai,k = 0, sik > i. Donc si j > i, soit j > k, soit i < j≤k, dans tous les casai,kbk,j= 0, et donc (AB)i,j = 0, ce qui veut dire que le produit de matrices triangulaires inf´erieures est triangulaire inf´erieure.
Chapitre 2
Conditionnement
2.1 Introduction
Il est rare que la solution d’un syst`eme lin´eaire Ax = b puisse ˆetre obtenue sans ˆetre entach´ee d’erreurs.
Les erreurs peuvent provenir des incertitudes surAetb, mais aussi des erreurs d’arrondis.
Ainsi au lieu de r´esoudre
Ax=b, on r´esoud en fait
(A+ ∆A)y= (b+ ∆b)
On cherche alors `a majorer la diff´erencex−y en fonction des majorations de ∆A et ∆B.
Exemple
A=
10 7 8 7
7 5 6 5
8 6 10 9
7 5 9 10
, b=
32 23 33 31
.
A+ ∆A=
10 7 8.1 7.2
7.08 5.04 6 5 8 5.98 9.89 9 6.99 4.99 9 9.98
, b+ ∆b=
32.01 22.99 33.01 30.99
.
La solution de Ax=best x= (1,1,1,1)t.
La solution deAy= (b+∆b) esty= (1.82,−0.36,1.35,0.79) La solution de (A+∆A)z=b est z= (−81,137,−34,22)t
2.2 Conditionnement d’une matrice
D´efinition 12. Soit k · kune norme matricielle ; le conditionnement d’une matrice r´eguli`ere A associ´e `a cette norme est le nombre
cond(A) =kAkkA−1k,
parfois not´e K(A).E n particulier, on note condp(A) =kAkpkA−1kp. 29
Th´eor`eme 18. On a les propri´et´es suivantes
1. cond(αA) =cond(A), pour toute matrice r´eguli`ere A et tout scalaire α6= 0.
2. cond(A)≥1, si le conditionnement est calcul´e par une norme induite.
3. cond2(A) = µµmax
min o`u µmax et µmin sont respectivement la plus grande et la plus petite des valeurs singuli`eres de A
4. cond2(A) = 1si et seulement si A=αQ, avec α un scalaire etQune matrice unitaire.
D´emonstration.
1.en appliquant la d´efinition 2.I =AA−1
3.On a kAk2= maxi=1,...,N|λi(AtA)|1/2 =µmax. Dans le cas o`uA est sym´etrique, on a cond2(A) = |λmax(A)|
|λmin(A)|, avec
|λmax(A)|= max
j |λj(A)|, |λmin(A)|= min
j |λj(A)|.
On remarque que les valeurs singuli`eres coincident aves les les valeurs propres dans le cas o`u A est sym´etrique et les valeurs propres (qui sont r´eelles) sont positives. Dans le cas o`uA est sym´etrique les valeurs singuli`eres sont les valeurs absolues des valeurs propres.
4.Pour toute matriceA, il existe deux matrices unitairesU etV et une matrice diagonale Σ, dont les coefficients diagonaux sont les valeurs singuli`eresµi de Atelles que
A=UΣV∗
On a alors cond2(A) = 1 ssi toutes les valeurs singuli`eres sont ´egales entre elles. Soitα leur valeur. On a donc Σ =αI etA=αU V∗=αQ o`uQ=U V∗ est une matrice unitaire.
Remarque 2. On dit qu’une matrice est ”bien conditionn´ee”, si son conditionnement n’est pas beaucoup plus grand que1. On voit donc que les matrices unitaires sont les mieux condi- tionn´ees possibles.
Remarque 3. La valeur du d´eterminant ne donne pas d’indications sur le conditionnement.
Voir exemples ci-apr`es.
Exemple 1. A matrice diagonale a1,1 = 1, ai,i= 0.1, i= 2, . . . , N = 100. On a kAk2 = 1 et kA−1k2 = 10, donc cond2(A) = 10, bien que det(A) = 10−99.
Exemple 2. A bidiagonale avec des 1 sur la diagonale et des 2 sur le surdiagonale. Voir exercices.
2.3 Majoration des perturbations
Th´eor`eme 19. Soit Aune matrice inversible. Soient x et x+ ∆x les solutions des syst`emes lin´eaires :
Ax=b, A(x+ ∆x) =b+ ∆b.
On a k∆xk
kxk ≤cond(A)k∆bk kbk .
2.3. MAJORATION DES PERTURBATIONS 31 Th´eor`eme 20. Soit Aune matrice inversible. Soient x et x+ ∆x les solutions des syst`emes lin´eaires :
Ax=b, (A+ ∆A)(x+ ∆x) =b.
On a k∆xk
kx+ ∆xk ≤cond(A)k∆Ak kAk .