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Espaces vectoriels

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

le 26 F´evrier 2013 UTBM MT12

Arthur LANNUZEL http ://mathutbmal.free.fr

Espaces vectoriels

1 Exemples et d´ efinitions.

1.1 Introduction.

Soit Rn :=R×R×...×R (n fois) l’espace g´eom´etrique usuel (de dimension n). Ses ´el´ements sont des vecteurs, symbolis´es par des fl`eches (pour n = 2 ou 3), ayant un sens, une direction et une longueur.

Dans Rn, on sait faire la somme de 2 vecteurs, on sait multiplier par un r´eel :

→u +−→v ∈Rn, λ.−→u ∈Rn pour−→u ,−→v ∈Rn,λ∈R.

De plus ces op´erations ont des ”bonnes” propri´et´es (associativit´e, commutativit´e, distributivit´e, ...).

Un ensemble qui v´erifiera les mˆemes propri´et´es sera dit espace vectoriel.

1.2 D´ efinition.

K=Rou C(on peut g´en´eraliser `a un corps quelconque).

D´efinition 1.1 (lois) Soit E un ensemble.

1) On appelle loi interne ∗ sur E une application :

E : E×E −→ E (x, y) 7→ x∗Ey 2) On appelle loi externe de K sur E, une application :

·E : K×E −→ E (λ, x) 7→ λ·E x D´efinition 1.2 (Espace vectoriel)

Soit E un ensemble non-vide muni de 2 lois :

(2)

a) une loi interneappel´eeaddition (souvent not´ee +ou +E) telle que (E,+) est un groupe commutatif :

– +E communative : ∀x, y ∈E, x+E y=y+Ex,

– +E associative : ∀x, y, z ∈E,(x+Ey) +E z =x+E (y+E z), – +E admet´el´ement neutre : ∃0E ∈E/∀x∈E, x+E 0E =x,

– tout ´el´ement x de E admet un oppos´e x0 dans E (not´e -x) pour +E : ∀x∈E,∃x0 ∈E/x+E x0 =x0+E x= 0E.

b) une loi externe appel´ee multiplication (souvent not´e · ou ·E) v´erifiant : – ∀x∈E,1.x=x,

– ∀x∈E,∀y ∈E,∀λ ∈K, λ.E(x+Ey) =λ.Ex+Eλ.Ey, – ∀x∈E,∀λ ∈K,∀µ∈K,(λ+Kµ).Ex=λ.Ex+Eµ.Ex, – ∀x∈E,∀λ ∈K,∀µ∈K,(λ×Kµ).Ex=λ.E(µ.Ex).

On dit alors que (E,+E, .E) est un espace vectoriel sur K ou un K-espace vectoriel ou un espace vectoriel r´eel si K=R, complexe si K=C.

Les ´el´ements de E sont appel´es vecteurs.

Les ´el´ements de K sont appel´es scalaires.

1.3 Exemples.

1.3.1 Exercices.

a)Rn etCn munis des lois classiques sont des R-espaces vectoriels.

b)Cn muni des lois classiques est unC-espace vectoriel.

c) (K[X],+, .) est un K-espace vectoriel.

d)U :={suites numeriques´ (un)n∈N ⊂R}, U(0) :={(un)n∈N ∈U convergentes vers0}munis des lois (un)n∈N+U (vn)n∈N := (un+Rvn)n∈N et λ.U(un)n∈N := (λ.Run)n∈N sont des R-espaces vectoriels.

Par contre l’ensemble des suites num´eriques r´eelles convergentes vers 1 n’est pas un espace vectoriel (pourquoi ?).

e) Mn,p(K) est un K-espace vectoriel, {A ∈ Mn,p(K)/a11+a12 = 0} est un K-espace vectoriel (n, p >1).

1.3.2 Les applications num´eriques.

Soit I ⊂K. On note E :=F(I,K) :={f :I −→K}.

On d´efinit sur E les lois suivantes :

(3)

- loi interne :

f +Eg : I −→ K

x 7→ f(x) +Kg(x) - loi externe :

λ.Eg : I −→ K x 7→ λ×Kg(x) Alors (E,+, .) est unK-espace vectoriel.

1.4 Combinaisons lin´ eaires.

D´efinition 1.3 Soit E un espace vectoriel sur K. w ∈ E est un combinaison lin´eaire de u1, u2, ..., un ∈E (n ∈N) si il existe λ1, λ2, ..., λn ∈K tels que w=Pn

i=1λi.ui.

Exemples 1.4 i) ln(x3−x2) = 2.ln(x) + ln(x−1) donc, dans F(]1,+∞[,R), ln(x3−x2) est combinaison lin´eaire de ln(x) et ln(x−1).

ii) Tout vecteur de R3 est combinaison lin´eaire de

 1 0 0

,

 0 1 0

,

 0 0 1

.

iii) Soit A:={combinaisons lin´eaires dans M2(R) de

1 0 0 1

,

0 −1

−1 0

}.

Exercice 1.5 Montrer que

M2(R) = {comb. lin. ´a coef f icients r´eels de

2 0 0 3

,

2 0 0 2

,

1 1 0 1

,

1 1 1 1

}.

(4)

1.5 Propri´ et´ es des espaces vectoriels.

Proposition 1.6 Soient (E,+, .) un espace vectoriel sur K, λ∈K, x∈E Alors λ.x= 0E ⇐⇒(λ= 0K ou x= 0E).

Preuve.

⇐=)

- 0K.x= 0E car :

x+ 0K.x= (1 + 0K).x=x donc x+ 0K.x+ (−x) =x+ (−x) = 0E dons 0K.x= 0E. - λ.0E = 0E car :

poury ∈E,λ.y+λ.0E =λ.(y+ 0E) =λ.y, doncλ.0E = 0E.

=⇒) Supposons λ.x= 0E (on veut montrer (λ= 0K ou x= 0E)).

- Si λ6= 0 alors λ−1.(λ.x) =λ−1.0E = 0E, donc (λ−1 ×Kλ).x= 0E, d’o`u 1.x=x= 0E. - Si λ= 0, on a fini.

CQFD

Corollaire 1.7

∀u∈E K-e.v., l’oppos´e de u est (−1).u.

Preuve.

En effet, u+E(−1).u= (1 +K(−1)).u= 0K.u= 0E CQFD

2 Sous-espaces vectoriels.

2.1 D´ efinition-propri´ et´ es.

(E,+, .) espace vectoriel sur K.

D´efinition 2.1 Une partie F de E est un sous-espace vectoriel de E si (F,+, .) est un espace vectoriel pour la restriction `a F des lois + et . de E.

Proposition 2.2 Soit F ⊂E. F est un sous-espace vectoriel de E ssi : 1) 0E ∈F,

2) ∀(u, v)∈F2, u+v ∈F, 3) ∀λ ∈K,∀u∈F, λ.u∈F

Remarque 2.3 On peut regrouper les propri´et´es 2) et 3) dans une propri´et´e unique : 20) ∀λ ∈K,∀u, v ∈F, λ.u+v ∈F.

(5)

Preuve.

Preuve de la proposition.

Les autres propri´et´es proviennent du fait qu’elles sont v´erifi´ees dansE.

CQFD

Exemples 2.4 1) {0E} est un sous-espace vectoriel de E, espace vectoriel.

2) F ={

 x y z

∈R3/x+y+z = 0} est un sous-espace vectoriel de R3.

3) {

 x y z

∈R3/x+y= 1} n’est pas un sous-espace vectoriel de R3.

4) Rn[X] := {P(X)∈R[X]/deg(P(X))≤n} pourn ∈N est un sous-espace vectoriel de R[X]

(avec la convention deg(0) =−∞).

5) C2(R,R) est un sous-espace vectoriel de F(R,R).

L’ensemble des solutions dans C2(R,R) de l’´equation diff´erentielle (E) a(x).y00 + b(x).y0 + c(x).y = 0 (avec a(x), b(x), c(x)∈ C2(R,R)) est un sous-espace vectoriel de C2(R,R).

2.2 Sous-espace vectoriel engendr´ e.

Proposition-d´efinition 2.5 (sous-espace vectoriel engendr´e) Soit (E,+, .) un espace vectoriel sur K.

Soit F ={u1, u2, ..., un} une famille de vecteurs de E. L’ensemble des combinaisons lin´eaires des ui (1 ≤ i ≤ n) est un sous-espace vectoriel de E. On l’appelle le sous-espace vectoriel engendr´e par u1, u2, ..., un. et on le note vect(u1, u2, ...un) ou < u1, u2, ..., un>.

Remarque 2.6 En reprenant les notation ci-dessus, vect(u1, u2, ...un) est le plus petit sous- espace vectoriel de E contenant F.

Preuve.

Preuve rapide.

Il est clair qu’un sous-espace vectoriel de E qui contient F contient ´egalement vect(u1, ..., un) (car un sous-espace vectoriel est stable pour les lois + et .).

De plus, il est clair ´egalement que vect(u1, ..., un)⊂E (car E est stable pour + et .).

Il suffit donc de montrer quevect(u1, ..., un) est un sous-espace vectoriel de E, ce qui est facile.

CQFD

Exemples 2.7 E e.v. sur K. u, v ∈E.

i) vect(u) ={λ.u, λ∈K}.

Donc vect(0E) ={0E} et, si u6= 0, vect(u) est la droite vectorielle engendr´ee par u.

ii) vect(u, v) = {λ.u+µ.v, λ, µ∈K}.

- si u et v sont colin´eaires (i.e. u = α.v ou v = α.u, α ∈ K) vect(u, v) = vect(u) si u 6= 0, vect(u, v) =vect(v) si v 6= 0 ou vect(u, v) ={0} si u=v = 0.

- si u et v sont non colin´eaires alors vect(u, v) est le plan vectoriel engendr´e par u et v.

(6)

2.3 Somme de sous-espaces vectoriels.

D´efinition 2.8 (E,+, .) K-e.v.

Soient F1, F2, 2 sous-espaces vectoriels de E. On appelle somme de F1 et F2, l’ensemble F1+F2 :={x1+x2, x1 ∈F1, x2 ∈F2}.

Exercice 2.9 F1+F2 est un sous-espace vectoriel de E.

D´efinition 2.10 (E,+, .) K-e.v.

Soient F1, F2, 2 sous-espaces vectoriels de E.

i) On dit que F1+F2 est la somme directe de F1 et F2, not´ee F1⊕F2 ssi F1∩F2 ={0E}.

ii) On dit que F2 est un suppl´ementaire de F1 ssi F1⊕F2 =E.

Exemples 2.11 E =R3. F1 =vect{

 0 0 1

,

 1 1 0

}={

 a a b

, a, b ∈R},

F2 =vect{

 1 0 0

}={

 a 0 0

, a∈R},

Th´eor`eme 2.12 (E,+, .) K-e.v.

Soient F1, F2, 2 sous-espaces vectoriels de E. Alors :

F1 ⊕F2 =E ⇐⇒ ∀x∈E,∃!x1 ∈F1,∃!x2 ∈F2/x=x1+x2. Preuve.

=⇒) Supposons F1⊕F2 =E.

Alors, ∀x∈E,∃x1 ∈F1,∃x2 ∈F2/x=x1+x2. Il suffit donc de montrer l’unicit´e.

Supposons x=x1+x2 =x01+x02, alors x1−x01 =x02−x2.

Mais x1−x01 ∈F1 etx02−x2 ∈F2 etF1 ∩F2 ={0} donc x1−x01 =x02−x2 = 0.

Donc x1 =x01 et x02 =x2

⇐=) Supposons ∀x∈E,∃!x1 ∈F1,∃!x2 ∈F2/x=x1+x2. Alors, il est clair que F1+F2 =E.

Il suffit donc de montrer que F1∩F2 ={0}.

Soit x∈F1∩F2, alors x= 0 +xavec 0 ∈F1 etx∈F2 etx=x+ 0 avec x∈F1 et 0∈F2. Mais on a l’unicit´e de la d´ecomposition donc ces ´ecritures sont les mˆemes d’o`u x= 0.

CQFD

(7)

3 Famille g´ en´ eratrice, libre - Base.

3.1 syst` emes g´ en´ erateurs.

Soit E un e.v. surK.

Soit F ={ui, i∈I} ⊂E avec I ⊂N.F estune famille, un syst`eme ou une partie de E.

Il peut arriver que vect(F) = E.

D´efinition 3.1 On dit qu’une famille de vecteurs de E est un syst`eme g´en´erateur de E si le sous-espace vectoriel de E engendr´e par cette famille est E.

i.e. {u1, ..., un} (cas d’un syst`eme fini) est g´en´erateur de E si tout ´el´ement v de E est une combinaison lin´eaire de u1, ..., un :

v =

n

X

i=1

λi.ui pour λi ∈K.

Exemples 3.2 i) {

 1 0 0

,

 0 1 0

,

 0 0 1

} est g´en´erateur deR3.

ii) {

 1 2 3

,

 1 2 2

,

 1 0 0

,

 1 1 1

} est g´en´erateur de R3.

iii) {

 1 2 3

,

 1 2 2

,

 0 0 1

} n’est pas g´en´erateur de R3.

iv) {1, X, X2, X3, X4} et {1 +X, X2−X, X2,1 +X4,1 +X3} sont g´en´erateur de R4[X].

Remarque 3.3 (exo.)

Toute partie contenant une partie g´en´eratrice est g´en´eratrice.

3.2 syst` emes libres.

E e.v. sur K.

D´efinition 3.4 (syst`eme libre)

On dit qu’une famille de vecteurs F de E est un syst`eme libre ou ind´ependant de E si un

´

el´ement de vect(F) s’´ecrit de fa¸con unique comme combinaison lin´eaire de vecteurs de F.

i.e. {u1, ..., un} (cas d’un syst`eme fini) est libre dans E si

λ1.u12.u2+...+λn.un01.u102.u2+...+λ0n.un =⇒λi0i,∀i∈ {1,2, ..., n}.

(8)

Si F n’est pas libre on dit qu’elle est li´ee.

Exemples 3.5 i) {,1,1 +X2, X2} est-elle libre ds R2[X]? ii) {

0 1 0 0

,

2 2 0 0

,

0 0 3 2

} est-elle libre dans M2(R)? Remarque 3.6 (exo.)

i) Toute partie contenue dans une partie libre est libre.

ii) Toute partie contenant une partie li´ee est li´ee.

Proposition 3.7 Un syst`eme F ={u1, u2, ..., un} ⊂E fini est libre ssi

1.u12.u2+...+λn.un = 0E) =⇒(λ12 =...=λn= 0).

Remarque 3.8 L’autre implication est toujours v´erifi´ee.

Preuve.

Preuve rapide.

Le r´esultat provient de l’´equivalence

λ1.u12.u2+...+λn.un01.u102.u2+...+λ0n.un

⇐⇒(λ1−λ01).u1+ (λ2−λ02).u2+...+ (λn−λ0n).un = 0.

CQFD

Exercice 3.9 Soient u1 =

 1 0 1

, u2 =

−1 1 0

, u3 =

 2 1 1

.

1) Montrer que ces vecteurs sont lin´eairement ind´ependants.

2) Exprimer u=

 5 3 1

 en fonction de u1, u2, u3.

3) Montrer que {u1, u2, u3} est un syst`eme g´en´erateur de R3.

Exercice 3.10 1) A quelle condition une famille de 1 vecteur est-elle li´ee ? 2) A quelle condition une famille de 2 vecteurs est-elle li´ee ?

3) Touver, dans R3, une famille {u, v, w} li´ee telle que {u, v}, {v, w} et {u, w} soient libres.

(9)

3.3 Base.

E e.v. sur K.

D´efinition 3.11 (base)

Une partie F de E est appel´ee base de E si elle est `a la fois libre et g´en´eratrice de E.

Si F est une base de E alors toutvecteur de E s’´ecrit de fa¸con unique (`a l’ordre des termes pr´es) comme combinaison lin´eaire d’´el´ements de la base F.

Exemples 3.12 1) {

 1 0 0

,

 0 1 0

,

 0 0 1

} est une base de R3, dite base canonique.

2) {

 1 0 1

,

 0 1 1

,

 1 1 0

} est-elle une base de R3?

3) {1, X, X2, ..., Xn} est-elle une base de Rn[X]?

4){E1,1 :=

1 0 0 0 0 0 0 0 0

, E1,2 :=

0 1 0 0 0 0 0 0 0

, E1,3 :=

0 0 1 0 0 0 0 0 0

, E2,1 :=

0 0 0 1 0 0 0 0 0

, E2,2 :=

0 0 0 0 1 0 0 0 0

, E2,3 :=

0 0 0 0 0 1 0 0 0

, E3,1 :=

0 0 0 0 0 0 1 0 0

, E3,2 :=

0 0 0 0 0 0 0 1 0

, E3,3 :=

0 0 0 0 0 0 0 0 1

} est une base de M3(R).

Coordonn´ ees dans une base finie.

Soit (E,+, .) un K-espace vectoriel.

Soit B={b1, b2, ..., bn} une base finie de E.

Soit V ∈E alors ∃!λ1, λ2, ..., λn ∈K tels que

V =λ1.b12.b2+...+λn.bn. Les coordonn´ees de V dans la base B sont alors

coordB(V) = VB =

 λ1 λ2 ...

...

λn

 .

(10)

Remarque 3.13 (importante)

Etant choisie une base´ B de n ´el´ements de E, les ´el´ements de E peuvent ˆetre repr´esent´es par un vecteur (unique) `a n coordonn´ees (donc de Kn) dans cette base.

R´eciproquement, dans cette mˆeme base, chaque ´el´ement deKncorrespond `a un ´el´ement (unique) de E.

On a donc une bijection

coordB : E −→ Kn V 7→ VB

Exercice 3.14 On v´erifiera que la bijection pr´ec´edente se comporte bien avec les lois de E et Kn.

i.e. ∀V1, V2 ∈E,∀λ∈K,

coordB(V1+EV2) =coordB(V1) +KncoordB(V2), coordB(λ.EV1) = λ.KncoordB(V1), coordB(0E) = 0Kn.

4 Espaces vectoriels de dimension finie.

4.1 Dimension.

Th´eor`eme 4.1 Soit E un espace vectoriel admettant une base de n vecteurs alors toute partie libre de E poss´edant n vecteurs est une base.

Preuve.

Soit B={e1, e2, ..., en} une base de E.

Soit P ={a1, a2, ..., an} une partie libre de E.

On veut montrer que P est une base de E. Il suffit donc de montrer queP est g´en´eratrice.

a) a1 = λ1,1e11,2e2+...+λ1,nen. On peut supposer λ1,1 non-nul (sinon a1 = 0E et P est li´ee).

On peut donc ´ecrire (en divisant parλ1,1) :e101,1a101,2e2+...+λ01,nen, donc {a1, e2, ..., en} est g´en´eratrice.

b)a22,1a12,2e2+...+λ2,nen. On peut supposer λ2,2 non-nul (sinona22,1a1 et P est li´ee).

On peut donc ´ecrire (en divisant parλ2,2) :e202,1a102,2a202,3e3+...+λ01,nen, donc {a1, a2, e3, ..., en} est g´en´eratrice.

c) En r´ep´etant le proc´ed´en fois, on voit que{a1, a2, a3, ..., an} est g´en´eratrice.

Donc P est une base.

CQFD

Proposition 4.2 Dans un espace vectoriel E poss´edant une base de n ´el´ements, toute base poss`ede n ´el´ements.

(11)

Preuve.

Soit U = {u1, u2, ..., un} et V = {v1, v2, ..., vm} deux bases de E. Supposons m > n alors la famille {v1, v2, ..., vn} est libre et poss`ede n ´el´ements donc est une base d’apr`es le th´eor`eme pr´ec´edent.

Donc vn+1 est combinaison lin´eaire dev1, ...vn donc V n’est pas libre.

Contradiction.

CQFD

Le r´esultat pr´ec´edent permet de d´efinir : D´efinition 4.3 (dimension)

Soit (E,+, .) un K-e.v.

On appelle dimension de l’espace vectoriel E, le nombre commun des ´el´ements des bases deE. On la note dimKE. Un Espace vectoriel qui n’admet pas de base finie est dit de dimension infinie.

Corollaire 4.4 (important)

Dans un espace vectoriel de dim. n, toute partie g´en´eratrice admet au moins n ´el´ements.

Preuve.

Soit F ={u1, ..., up}, famille g´en´eratrice de E.

Supposons p < n.

- Si F est libre, c’est une base, d’o`u une contradiction.

- Si F est li´ee alors il existeuk combinaison lin´eaire des autres ´el´ements de F.

AlorsF2 ={u1, ..., uk−1, uk+1, ..., up}est g´en´eratrice.

- Si F2 est libre, c’est une base, d’o`u une contradiction.

- Si F2 est li´ee alors on recommence jusqu’`a obtenir une sous-famille de F libre et g´en´eratrice, ce qui am`ene une contradiction.

CQFD

Exemples 4.5 i) Kn est de dimension n sur K. ii) C3 est de dimension6 sur R.

iii) dimK(Mn,p(K)) = np.

iv) dimKKn[X] =n+ 1.

v) dimKK[X] = +∞.

vi) dimK({0}) = 0.

vii) dimK(vectK({a})) = 1 (a6= 0).

Coordonn´ ees dans deux bases diff´ erentes.

Soit E unK-espace vectoriel de dimension n.

Soient B={b1, b2, ...bn} et B0 ={b01, b02, ...b0n} 2 bases de E.

(12)

Soit V ∈E :

∃!λ1, λ2, ..., λn∈K/V =λ1b12b2+...+λnbn (∗)

∃!λ01, λ02, ..., λ0n∈K/V =λ01b0102b02+...+λ0nb0n.

Donc VB =

 λ1

λ2 ...

λn

etVB0 =

 λ01 λ02 ...

λ0n

 .

Question :Comment passe-t-on de l’un `a l’autre ? B0 est une base de E donc

b1 =a1,1b01+a2,1b02+...+an,1b0n b2 =a1,2b01+a2,2b02+...+an,2b0n ...

bn =a1,nb01+a2,nb02+...+an,nb0n. Si on remplace dans (∗), on obtient : λ011a1,12a1,2+...+λna1,n λ021a2,12a2,2+...+λna2,n ...

λ0n1an,12an,2+...+λnan,n.

Donc

 λ01 λ02 ...

λ0n

=A.

 λ1 λ2

...

λn

 avec

A=

a1,1 a1,2 ... a1,n a2,1 a2,2 ... a2,n ... ... ... ...

an,1 an,2 ... an,n

∈ Mn,n(K).

Remarque 4.6 La matrice

A=

a1,1 a1,2 ... a1,n a2,1 a2,2 ... a2,n

... ... ... ...

an,1 an,2 ... an,n

∈ Mn,n(K).

s’appelle la matrice de passage de B0 `a B (attention `a l’ordre des bases !). Elle donne les coordonn´ees d’un vecteur dans B0 et fonction de celles du mˆeme vecteur dans B. On la note souvent PB0,B.

VB0 =PB0,B.VB.

(13)

4.2 Bases dans un espace vectoriel de dimension finie.

Th´eor`eme 4.7 (TBI : Th´eor`eme de la base incompl`ete) Soit E un K-esp. vect. de dim. finie n.

Soit P ={a1, a2, ..., ap} une partie libre de E (donc p≤n).

Alors, il existe une partie {ap+1, ..., an} telle que {a1, a2, ..., an} soit une base de E.

Preuve.

a) Si p=n, c’est fini d’apr`es le th´eor`eme pr´ec´edent.

b) Si p < n alors vect(P)6=E.

Soit ap+1 ∈E\vect(P).

Alors{a1, a2, ..., ap+1} est libre (exo.).

c) Si p+ 1 =n, c’est fini d’apr`es le th´eor`eme pr´ec´edent.

d) Si p+ 1 < n, on r´eit`ere le proc´ed´e jusqu’`a avoir une famille libre `a n ´el´ements (donc une base).

CQFD

Th´eor`eme 4.8 (important)

Dans un espace vectoriel de dimension n, les 3 propositions suivantes sont ´equivalentes : (i) P est une base.

(ii) P est une partie libre de n ´el´ements.

(iii) P est une partie g´en´eratrice de n ´el´ements.

Preuve.

(i)⇐⇒(ii) d´ej`a vu.

(i) =⇒(iii) d´ej`a vu.

(iii) =⇒ (i) : Soit P = {p1, p2, ..., pn}. Supposons que P ne soit pas libre. Alors il existe pk combinaison lin´eaire des autres ´el´ements de P.

Donc {p1, ..., pk−1, pk+1, ..., pn} est g´en´eratrice, ce qui est contradictoire avec le corollaire 4.4.

Donc P est libre, donc est une base.

CQFD

4.3 Dimension et sous-espaces vectoriels.

Proposition 4.9 (admise) (E,+, .) K-espace-vectoriel.

Si E est de dimension finie et F est un sous-espace vectoriel de E alors F est de dim. finie et dimF ≤dimE.

De plus si dimF = dimE alors E =F.

Remarque 4.10 Attention aux espaces vectoriels de dimension infinie !

ex. F(R,R) = {f onctions de R dans R} est de dimension infinie ainsi que P(R,R) = {f onctions paires de R dans R} mais F(R,R)6=P(R,R).

(14)

4.4 Dimension des sommes de sous-espaces vectoriels.

Th´eor`eme 4.11 (E,+, .)K-espace-vectoriel de dimension finie. SoientF1, F2 deux sous-espaces vectoriels de E de bases respectives B1 ={b1, ..., bp} et B2 ={b01, ..., b0q}.

Alors on a l’´equivalence suivante :

F1 +F2 directe (i.e. F1⊕F2)⇐⇒ B1∩ B2 =∅ et B =B1∪ B2 base de F1+F2. Preuve.

=⇒) On suppose F1⊕F2.

i) B1∪ B2 est clairement g´en´erateur.

ii)B1∪ B2 est-elle libre ? Supposons Pp

i=1λi.bi+Pq

j=1λ0j.b0j = 0 donc Pp

i=1λi.bi =−Pq

j=1λ0j.b0j ∈F1∩F2 donc Pp

i=1λi.bi =−Pq

j=1λ0j.b0j = 0.

Or B1 et B2 sont libres donc λ1 =...=λp01 =...=λ0q = 0.

Donc B1∪ B2 est libre.

⇐=) Supposons queB1∪ B2 soit une base de F1+F2. Il suffit de montrer queF1∩F2 ={0}.

Soit x∈F1∩F2 alors x=Pp

i=1λ1.b1 =Pq

j=1λ0j.b0j donc Pp

i=1λi.bi−Pq

j=1λ0j.b0j = 0

orB1∪ B2 est libre donc λ1 =...=λp01 =...=λ0q = 0 donc x= 0.

CQFD

Corollaire 4.12 (E,+, .) K-espace-vectoriel.

Si F et G sont deux sous-espaces vectoriels de dimension finie de E et si la somme de F et G est directe alors :

dim(F ⊕G) = dimF + dimG.

Remarque 4.13 Attention, la r´eciproque est fausse.

dim(E) = dimF + dimG6=⇒F ⊕G=E.

(exo. trouver un contre-exemple) Proposition 4.14 (admise) Dans le cas g´en´eral

dim(F +G) = dimF + dimG−dim(F ∩G).

4.5 Rang d’une famille de vecteurs.

D´efinition 4.15 Soit (E,+, .) un K-esp. vect. de dimension finie.

Soit F ⊂E une famille de E.

On appelle rang F, l’entier

rang(F) = dimK(vect(F)).

(15)

Remarque 4.16 Le rang deF est le nombre maximal de vecteurs deF qui forment une famille libre.

En effet F constitue une famille g´en´eratrice devect(F). On peut donc en extraire une base de vect(F) (c’est une famille libre de taille maximale).

Recherche de rang grˆ ace ` a la m´ ethode du pivot de Gauss.

Exemples 4.17 Dans R5, soit

F ={u1 =

 1 3 1 2 1

 , u2 =

−1 2 1 3 2

 , u3 =

−4 18 8 22 14

 , u4 =

 4

−3

−2

−7

−5

 }.

On cherche le rang de cette famille :

- S’ils sont libres, la seule solution au syst`eme

λ1.u12.u23.u34.u4 = 0

est λ123 = λ4 = 0, donc, apr`es r´eduction, le syst`eme doit ˆetre de Cramer (autant de lignes que d’inconnues).

- S’ils sont li´es, apr`es r´eduction, le syst`eme admet une forme de Cramer avec moins de lignes non-nulles que d’inconnues.

Le nombre de ligne est le rang du syst`eme.

Dans l’exemple ci-dessus, apr`es calculs, on trouve : rang(F) = 2.

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