RECHERCHES
ANATOMIQUES ET CLINIQUES
SUR
L'ENTORSE DES ANKYLOSES
PAR
Le Docteur V. CAMP EN ON
INTBBNE LAURÉAT DBS HOPITAUX DE PARIS
(Médaille d'argent 1872. Médaille d'or 187J»)
PROSECTEUR A LA FACULTÉ DE MÉDECINE (CONCOURS 1878) Membrede laSociété anatomique
HemWre do la Société clinique de Paris
PARIS
LIBRAIRIE
J.-B.BÀILLIÈRE ET FILS
, 19, RUE HAUTEFEUILLE, 19
1879
INTRODUCTION
Il est
de
notionpresque
banalequ'un
sujet atteint d'ankylosecomplète ou
incomplète se trouve, parlà
même,
prédisposé à certains accidents qui sontdus
àun
jeu irrégulierde
Tarticle.M.
le professeur Gosselin,en
attirantun
jour notre attention sur ce pointde
pathologie,nous donna
Tidée d'entre-prendre
le travailque nous
publions aujourd'hui.Mettant
à profit notredouble
position d'interne etde
prosecteur,nous avons
cherché àcompléter
par des expériences cadavériques ceque
la cliniquenous
avait appris, et à tracer ainsiune
histoirecomplète de
ceque nous
appellerons, avec l'illustreprofesseur
de
la Charité, Veiitorse des ankyloses, expressionheureuse
et qui peut se passer de toutcommentaire.
Mais nous ne tardâmes
pas à reconnaîtreque nous
nepouvions aborder
avec fruit l'expérimenta- tion et la pathologie qu'après avoir étudiédans
tous ses détails l'étatnormal
(sinous pouvons nous
per- mettre cette expression) des ankyloses.C'est l'ensemble
de
ces recherchesque nous
pre-sentons dans ce travail qui se divise naturellement en trois parties :
Anatomie
et physiologie des ankyloses, Expériences cadavériques,Étude
clinique sur l'entorse des ankyloses.Nous
avions eu la pensée de chercher dansune
dernière partie à établirun
parallèle entre l'entorse et le redressement des ankyloseS; entre le fait ac- cidentel et l'acte chirurgical;mais nous y
avonsbien vite renoncé. Les différences sonttrop grandes, trop palpables,
pour
qu'il soit nécessaire d'y in-sister. Ici, c'est le hasard seul qui intervient; la violence est subite, brutale. Là, au contraire, tout a été
mûrement
préparé etsagement
calculé :on
a choisi lemoment opportun
;on
a dosé la force à employer; on a apprécié les résistances à vaincre;on a agi avec
une
certaine lenteur alorsmême
qu'on a fait le redressement rapide (1). Ce n'est pasune
rupture aveugle,mais une manœuvre
intelligente.Et puis, quelle différence aussi dans les soins
con-
sécutifs : d'une part,
un
blessé qui néglige l'acci-dent qui vient de l'atteindre, ou ne reçoit
que
plusou moins
tard les secours qui lui sont nécessaires;(i) C'est avec intention que nous laissons dans l'ombre la mé- thode audacieuse du redressement brusque instantané. Grâce aux progrès de la science et aux travaux de Bonnet en particulier, la force brutale a disparu de la thérapeutique des ankyloses, et la
machine de Louvrier n'a plus sa place indiquée que dans l'histoire de l'empirisme, malgré quelques tentatives isolées faites de temps à autrepour remettre ce procédé en honneur.
—
7—
d'autre part,
au
contraire,un membre
qui, à peine redressé, estimmobilisé
avec soin et surveillé avecune
minutieuse attention.Et
sinous
avions besoin d'unecomparaison pour
rendre notre pensée encore plus nette,nous
dirionsque
l'entorse des ankyloses estau redressement
ceque
la plaie accidentelle est à l'incision chirur-gicale.
C'est à ce titre
que nous
attirons tout spéciale-ment
l'attention surune
observationempruntée
à la thèse deM.
Gartade (1), etque nous
rapportons plus loin.Le même malade
eutune
arthrite avec exagération de son ankylosepremière
à la suite d'une entorse , tandis qu'il pouvaitmarcher
avec l'appui d'une simplecanne
quinze jours aprèsun redressement
opérépar M. Lannelongue.
(1) De l'ankylose incomplète dugenou, thèse de Paris. 1873, p. SI
PREMIÈRE PARTIE
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DES ANKYLOSES
Nous sommes
bien loindu temps
oi^i Lacroix pouvait écrire : «Certainement
si l'on trouvaitdans
les livresune bonne
descriptionde
l'ankylose, l'on n'aurait pas eu recoursdans
ces dernierstemps
à la violence aveugle
de
cesinstruments
qui étaient dignes desbourreaux du quinzième
siècle, lors- qu'ils brisaient lesmembres
descondamnés
(1). »Des
recherchesnombreuses
ont été entreprises et poursuivies soit en France, soit à l'étranger.On
acompris que pour
établiren
toute connaissancede
cause les règlesde
l'intervention chirurgicale audouble
pointde vue de
laprophy
Iaxieetdu
traitement ultérieur, il fallait, avant tout, chercher à pénétrerles conditions
pathogéniques
et approfondir l'étude des lésions multiples aboutissantau symptôme commun,
ankylose.[i) Mémoire anatomico-pathologique sur Vankylose (Annales de la chirurgie^ 1843, t. IX, p. 438).
—
10 -Malgré la multiplicité et la valeur inconstestable de ces travaux,
nous
avonspu nous
convaincre qu'un certainnombre
de faits, secondaires peut-être, mais importants cependant, étaient les uns à peine mentionnés, les autres entièrement passés sous silence. C'est à
combler
ces lacunes, c'est à répondre à ces desiderataque nous nous sommes
plus spécialement attaché
dans
ce chapitre. Ainsi s'expliquent lesdéveloppements
assez longsque
nousdonnerons
à certains points, tandisque nous nous
contenterons de rappeler brièvement ce qui est signalé par tous et partout.Nous
avons tenu autantque
possible à ne négligeraucun
détail,convaincu qu'une étude
anatomo-
physiologique aussi complèteque
possible peut seule conduire àune
saine interprétation des faits pathologiques.Mais avant d'aller plus loin,
nous
croyons devoir préciser nettement la valeurdu mot
ankylose et lesens
que nous
entendons luidonner
:«
On donne
lenom
d'ankylose, disent les auteursdu Gompendium,
àun
état desarticulations mobiles quidiminue
l'étendue de sesmouvements
natu-rels ou les
empêche
entièrement (1). » Cette défi- nition est, à peu de chose près, celleque
nous trou- vonsdans
les traités classiques de Nélaton(2), de(1) Compendium de ehimrgie pratique, t. Il, p. 469.
(2) Éléments de pathologie chirurgicale, par Nélaton, t. II, p. "80.
Follin et Duplay(l),
de Holmes
(2),dans
les articles des Dictionnaires(3 et 4),dans
les différentesmo-
nographies, etc.
A
cestermes un peu
vagues,nous
préférons la définition suivanteempruntée
au coursde patho-
logie externe professé à la Faculté
de médecine par M.
le professeurGuyon, pendant
le semestre d'été 1878. « L'ankylose estun
état pathologique per-manent
des articulations mobiles quidiminue mé-
caniquement
l'étendue desmouvements
naturelsou
les abolitcomplètement.
»Nous y
trouvonsinscrites,
en
effet,deux
notions précieuses : l'an- kylose estun
faitpermanent;
l'obstacleau mouve^
ment
est d'ordremécanique. Aces deux
données,que
l'on peutnommer
positives,nous en
ajouteronsune
troisième, celle-ci négative, à savoir : l'absencede
tout travailmorbide
encoreen
voie d'évolution.Nous
définironsdonc
l'ankylose :un
état patho- logiquepermanent
des articulations mobiles qui succèdeà une maladie
articulaire guérie,diminue mécaniquement
Vétendue desmouvements
naturelsou
les abolit complètement.Nous prenons
ici lemot
guérisondans
son sensle plus absolu, car
nous ne
saurionsadmettre
avec{{) Traité élémentaire de 'pathologie externe, par Follin et Duplay,
t. III, p. 428.
(2)
A
système of surgery edited by Holmes, t. IV, p. 67.(3) Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, art.
Ankylose, par Denucé, t. II, p. 518.
(4) Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, art. Anky-
lose, par OUier, t. V, l"-" partie, p. 183.
—
12—
Bonnet
(1) qu'il puisse s'agir de guérisons par-tielles. Si
Ton
peut, en effet,comme
le chirurgien deLyon prend lui-même
le soin de le constater,comparer
Tankylose à la cicatrice et au cal,on
n'est pas plus en droit de prononcer lenom
d'ankylose tantque
l'arthrite existeque
de dire cicatricepour une
plaie encore en partie béante,ou
calpour une
fracture
incomplètement
consolidée.Dans
l'un et l'autre cas il faudra, de toute évidence, user d'une épilhète, d'un qualificatif, qui indiquent nettementlesconditions dans lesquelles se trouvent: ici, la so- lution de continuité ; là, le travail de consolidation
;
ailleurs, l'affection articulaire. Mais
nous
avons plusque
l'analogie et le simpleraisonnement
pournous
guider dans cettemanière
de voir, la clinique nous force à admettreune
distinction absolue entre l'ankylose en voie d'évolution et l'ankylose confir-mée. Ne voyons-nous
paschaque
jour destumeurs
blanches, dont on avait espéré triompher, présenterune
nouvelle poussée quiremet
tout en question?Il
y
avait immobilité presque absolue; quelques semaines plus tard, la mobilité a reparu. Et si cesfaits ne suffisent pas,
nous
invoquerons le témoi-gnage
de Malgaigne, lorsqu'il insiste avec tant de soin sur la nécessité d'explorerméthodiquement
les articulations et de s'assurer qu'elles ne sont plus malades avant de chercher à les mobiliser (2).Au
(1) Traité des maladies des articulations. 1845, t. II, p. 129.
(2) Leçons d'orthopédie, par Malgaigne, recueillies et publiées par M.M. Guyon et Panas. 1862, p. 63.
—
13—
lit
du
malade, la distinction est souvent difficile,nous
le reconnaissons ;mais
est-ceune
raisonpour
confondredeux
états essentiellement différents?La
définitionque nous avons
adoptée,en
préci- santnettement
lestermes de
la question,nous
per-met
d'éliminerde
suite etde
laisser hors cadre tout cegroupe
d'immobilités articulaires désignéesparlesuns
sous lenom
de fausses ankyloses,par
les autres sous celui d'ankyloses extra-articulaires et qui re- connaissentpour
cause : ici , la rétraction des muscles; là,une
cicatrice vicieuse; ailleurs, la pré- sence d'unemasse
fibreuse périphérique,ou
bien encore l'incrustation calcaire d'un tendon.Du moment,
en effet, oiinous admettons que
l'ankylose est toujours la
conséquence
d'une lésion articulaire,nous
n'avons ànous occuper que
des modificationsanatomiques
intéressantdirectement
les parties constituantes de l'article :
Surfaces articulaires, Synoviales,
Ligaments.
Nous
réservant toutefois de signaler les lésions extra-articulaires quipeuvent
coexister et qui créentcomme
autantde
complications.Surfaces
articulaires.—
Ellespeuvent
être saines, dépolies, déformées,mais
ellespeuvent
sur-_
14—
tout être plus ou
moins
solidement rattachées l'une à l'autre parun
tissu de nouvelle formation.L'intégrité absolue des surfaces n'est pas très rare dans les cas d'ankyloses incomplètes.
Nous
l'avons, entre autres, constatée très nettement
dans un
cas d'ankylosedu coude
qui, à en juger par denombreuses
cicatrices disséminées sur le bras et l'avant-bras, avaitdû
prendre sa sourcedans une
arthrite par propagation.
Dans
ce cas, sur lequelnous
aurons d'ailleurs occasion de revenir, lesmo-
difications de la synoviale étaient le principal obstacle au
mouvement. Mais nous
croyons qu'ilne faut pas trop exagérer la fréquence de ces faits et surtout
nous
ne saurions admettre,comme nous
espérons ledémontrer
bientôt, qu'ankyloseincom-
plète lâche soit le
synonyme
constant d'intégritécomplète des surfaces osseuses.
Le
dépoli des surfaces, en tant qu'usure et ulcération des cartilages, nenous
arrêtera pas longtemps.On
abeaucoup
parlé, il est vrai, de la sécheresse de l'articulation,du
dépoli des cartilagescomme
cause d'immobilité partielle;mais
ilnous
semble qu'on a singulièrement exagéré les choses.Sur un
certainnombre
de pièces derhumatisme noueux
au début, detumeurs
blanches en voie d'évolution,nous
avonspu nous
assurerque
ledépoli
pur
et simple n'a parlui-même
qu'un rôleabsolument
effacé dans les troubles de mobilité.Le
mouvement
est difficile, ils'accompagne
assez souvent de soubresauts, decraquements; mais
il—
15—
est possible
cependant
jusqu'aux limitesnormales ou
àpeu
près.Pour nous résumer en un mot, nous
dironsque
si le dépoli articulaire, ce qui est incontestable, existe surun
certainnombre de
pièces d'ankyloses, ilne
faut paspour
cela lui attri-buer
plus de valeur qu'il n'en a.Tout
autre est l'importance des déformations.Toutes
les foisque
les surfaces seront modifiéesdans
leur forme, ilen
résultera nécessairementun
obstacle
mécanique
etpermanent aux mouvements.
Bien
plus, les tentatives accidentellesou
vouluesde
mobilité resteront inutilesou
exposeront àde
véri- tables accidents telsque
fractureou
luxation.Ces déformations
peuvent
être rangées sousdeux grands
chefs différents suivant la naturede
l'affec- tion initiale, car c'est ici surtoutque
l'on peut dire avecM.
Ollier : «Une
circonstancedomine
toutes les autres, c'est la naturede
l'affection qui a en- traîné l'ankylose (1). »S'agit-il
d'une
de ces arthriteschroniques qu'on
a laissé guérirdans une
position vicieuse, et l'on voit se produire, au niveau des partiessoumises
à la pression,une
destruction partielle par usure et résorption.Ce danger
des fausses positionsque Bonnet
a su mettre en évidencepour
toutes les arti-culations est surtout manifeste à la
hanche
etau genou.
L'ankylose fémoro-tibialenous
intéressant particulièrementau
point devue
des entorses,nous
(1) Dictionnaire de Jaccoud. Art. Ankylosk, p. 191-
—
16—
croyons devoir rapporter ici les paroles
mêmes
deBonnet
: «Dans
la position fléchie, la partie posté- rieure des condylesdu
fémur,dans
les pointsoù
elle est en contact avec le tibia, est dépouillée de son cartilage et offre
une
excavation plusou moins
profonde. Les extrémitésdu
tibia s'altèrent de leur côté, quoiquemoins profondément que
les partiesdu fémur
sur lesquelles elles pressent. Si l'on re-dresse le
membre
etque
le tibia soit ainsi placé dans l'axedu
fémur, il reste en arrière de l'articula- tionun
espace videdans
lequel les têtes de ces os ne sont plus en contact ; elles ne se touchent plusque
par leur partie antérieure (1), »Un traumatisme
survenantdans
de pareilles con- ditions pourra bientriompher
des résistances et modifierpour un
instant la directiondu membre,
mais il ne saurait lui rendre sa
forme
normale.Un moment
séparées, lesdeux
surfacestendent mécani-quement
à se correspondre de nouveau, et, plutôtque
dedemeurer dans un
rapportéminemment
ins-table, elles se luxeront l'une sur l'autre, ainsi qu'on a
pu
l'observer sur cettemalade
de Velpeau, opérée par Louvrier etmorte
quelquetemps
après depleurésie. Ces usures par fausses positions sont
donc un
fait précieux à retenir.Mais il est
un
autremode
de déformation des surfaces articulairesnon moins
important, bienque
(1) Traité des maladies des articulations, par Bonnet, 1845, t. II,
p. 243.
^
— a —
nous ne
le trouvions signalé nulle part d'une façon[)récise,
nous
voulons parler des modificationsde forme dues aux
fractures intra-articulaires.Nous n'entendons
pas parler bienentendu
desgrands délabrements
articulaires telsque ceux dont nous
trouvons des exemples, soit auMusée Dupuy-
tren (pièces 89. 6., 667, 668, etc.), soit
dans
Tatlasdo Malgaigne
(planche VllI, fracturedu
coude).De
pareilles lésions ne sauraient
donner
lieu àaucune
discussion.
Mais
il est des déformations qui,pour
être plus modestes, n'en sont pas
moins
nécessaires à connaître et sur lesquellesnous
tenons d'autant plus à attirer l'attention, qu'ellesnous
paraissent avoir étécomplètement
négligées jusqu'à ce jour..Nous
voulons parlerde
cesdéplacements
légers d'un fraQ:ment, de ces cals traversantune
surface articulaire qui, sansimportance
peut-être lorsqu'il s'agitd'une
articulation lâche,deviennent
au con-traire
un
fait considérable lorsqu'ils intéressentune
diarthrose serrée et à
emboîtement
intime.Nous
avions été frappé à diverses reprises,pen- dant
notre internat chezM.
Giraldès, de voir, à propos de certaines fracturesdu coude
chez l'enfant,avec quelle rapidité merveilleuse reparaissaient les
mouvements que
l'on peut appelermoyens
; tandisque
ni la flexion, ni l'extension parfaites n'étaientgénéralement
atteintesquand
les petitsmalades
quittaient l'hôpital. 11 est vrai
que
lemembre
étaitmaintenu
fléchi à angle droitpendant
le travailde
consolidation.Or
« la flexionmoyenne,
d'après—
18—
Malgaigne, raccourcit surtout les ligaments latéraux
et
compromet
à la fois lesmouvements
d'extension et de flexion extrêmes,comme on
le voit particu lièrement à Farticulationdu coude
(1), » et l'onpouvait s'expliquer facilement ainsi les résultats
que
nousvenons
de rappeler.Mais certains faits sont
venus
depuis lorsmodi-
fier notre
manière
de voir, et sans vouloir, d'une façon absolue, rejeter l'interprétation fournie par Malgaigne,nous
croyonsque
dans certains cas il y a plusque
de la raideur ligamenteuse.Au mois
de juin 1877, sur le point de faire répé teraux
élèvesune
désarticulationdu
coude,nous
constationsune
ankylose incomplète de l'articula- tion. Lesmouvements moyens
se faisaient libre-,ment
et sanscraquement, mais
on ne pouvait ni fléchircomplètement
l'avant-bras, ni surtout l'ame- nerdans
l'axe de l'humérus.Nous disséquâmes
lapièce: les parties molles étaient saines; les liga- ments, vus par leur face externe, paraissaient sains.
On
voyait, il est vrai, le ligament antérieur se tendrependant
lesmouvements
d'extension ,mais
cette tension nenous
semblait pas tellement prononcéequ'elle pût être invoquée
comme
cause de lanon-
mobilité.
Nous pensâmes
avoir à faire à la rétraction des ligaments latéraux signalés par Malgaigne, et,curieux de constater ce qu'ils deviendraient sous l'influence d'une traction forcée,
nous suspendîmes
(i) Traité desfractures et des luxations, t. \, p. 137.
—
19—
à l'avant-bras
un
poids de20
kilogr. environ, tan- disque l'humérus
était solidementmaintenu dans un
étau.Aucun
résultat appréciablene
seprodui-
sant,
nous eûmes
recours à l'extensionbrusque
et violente :un craquement
net se fit entendre, et l'ex-tension fut
non-seulement
atteinte,mais
dépassée ;le
ligament
latéral interne étaitrompu
et le cubitus luxéen
arrière. Jusque-là, rienque
de classique.Mais quand nous voulûmes
ensuite réadapter les sur- facespour
biennous
rendrecompte du mécanisme de
la luxation,nous constatâmes que
l'obstacleaux mouvements
était principalement,pour ne
pas dire entièrement, lié àune malformation de
l'extrémité inférieurede
l'humérus,dont
lescreux
olécranienet coronoïdien étaient
beaucoup moins prononcés que
d'habitude.Lorsqu'on imprimait
desmouve- ments au
cubitus,on
voyait,au bout
d'un parcours relativement court, lesommet de
sesapophyses
venirbuter contrel'humérus
; cessommets semblent
d'ailleurs, le
bec
de l'olécraneen particulier, légère-ment émoussés.
Toutefois,nous ne pouvons donner
ce dernier fait
que d'une
façon très réservée, car,ayant
négligéde
conserver l'autre bras qui jouissaitde
tous sesmouvements, nous
n'avonspu
faireune comparaison
qui eût été nécessaire.Quant
à la causemême de
cet effacement des cavités liumérales, elle paraissaittrèsnettement
être le résultat d'une frac- tureancienne de
la trochlée. L'extrémité inférieurede
l'huméruS)en
effet,au
lieu d'être plane et trans- versale* avaitune forme légèrement
pliée, à sinus—
20—
antérieur, suivant
une
ligne obliquecommençant
à trois travers de doigt au-dessus de l'épitrochlée et aboutissant h la rainure trochléo-condylienne. Cette ligne était d'ailleurs dessinée à la face postérieure par quelques reliefs qui ne permettent guère de douter de la fracture ancienne
que nous
invoquons.Une
autre fois, aumois
demai
dernier,nous
avons rencontré denouveau
l'effacement partiel des cavités coronoïde et olécranienne coïncidant avecles traces d'une fracture ;
mais
cette fois la solution de continuité avait été horizontale. Il s'agissait, selon toute apparence, d'un décollement épiphysaire à en juger par le siègemême
de la fracture.Le
cal étaitdoublement
vicieux;non-seulement
il avaitcomblé
engrande
partie,comme nous venons
dele dire, les cavités humérales, mais il avait encore
fixé le
fragment
inférieurdans un
plan oblique en bas et en arrière par rapport à l'axe de l'humérus.Ce que nous
avonspu
constater de visupour
l'ar-ticulation
du
coude, existe-t-il aussipour
d'autres articulations?Nous
n'hésitons pas à l'admettre, et,pour
ne parlerque
de l'articulationscapulo-humé-
rale, ilsuffît d'un
coup
d'œil jeté sur les pièces 91A
et 91
B du musée Dupuytren pour
se convaincreque
le cal,franchement
exubérant, devait s'opposermécaniquement
a la plusgrande
partie desmouve-
ments, sans qu'il fût besoin d'invoquer la rétraction des faisceaux ligamenteux capsulaires. Ces induetions tirées de l'anatomie,
M.
de Saint-Germain, dansune
clinique récente, les admettaitcomme un
fait
démontré
etnous sommes heureux
d'avoir, àrappui de
la thèseque nous
soutenons,Fopinion do
rhabile chirurgien des enfants.Loin de nous cependant
Tidéede
vouloir élever touteune
théorie surquelques
faits épars, et, bienmoins
encore,de
prétendre lesopposer aux
préceptes cliniquesdéfendus
par Malgaigne.Gomme
lui,comme
tous les chirurgiens,nous
croyons à l'im- portance desmouvements
précocesimprimés aux
articulations qui ont été intéressées
non-seulement
parun traumatisme
voisin,mais même
parune
fracture pénétrante, à la condition expresse toute-
fois
de
s'arrêter de suite, si l'obstaclesemble
offrir trop de résistance.On
doit craindreen
pareil cas qu'il soit de nature osseuse;on
le craindra d'autant plusque
les fractures intra-articulaires n'exposent passeulement aux
déformations des surfaces,mais s'accompagnent
encore assez souvent d'aprèsM.
01-lier (1) de formations osseuses périphériques.
Ucffacement
absolu de la cavité articulaire « parle suc osseux
ou
parune
matièreapprochant
de ce suc (2). » a de toustemps
fixé l'attention des ana--tomo-pathologistes et des chirurgiens.
Les soudures
osseuses par fusion, par inter-mède
(Cruveilhier), figurent engrand nombre dans
les
musées
(3), et ont étélonguement
décrites par(1) Loco citato.
(2) Traité des maladies des os, par feu M. Petit. 1772, t. I, p. 271.
(3) Hoiiël
, Catalogue des pièces dumusée Dupuytren, t. 111, p. 68 et suiv.
—
22—
tous.
Nous
ne saurionsdonc
y insister sans sortirdu
butmôme que nous
noussommes
proposé.Nous
ferons
remarquer seulement que dans
certains cas las'oudure osseuse est très incomplète, et n'est repré- sentée
que
par quelques colonnesosseuses qui pour- ront serompre
assez facilement. Les soudures par fusion cartilagineuse sont trop rares, trop excep- tionnelles, bienque
constatées par des auteurs dignes de foi et entre autres parM.
Gosselin (1),pour que nous
puissions en parlermalgré
l'intérêtqui s'y rattache au point de
vue
pathogénique.Nous
tenons par contre à attirer tout spéciale-ment
l'attention sur lesdeux
faits suivants quinous montrent
sousdeux
aspects entièrement différents l'existence d'unecouche
fibreuse inter-osseuse.Dans
l'observation deMM. Duplay
et Duret, le cal fibreux (si on veutnous
permettre cette expression), maintient les os dansun
rapportimmuable
etsemble
n'êtreque
le premier degré d'une fusion osseuse ultérieure.Dans
la pièce quinous
est pro-pre, au contraire, le cal est lâche, l'article jouit de
mouvements
assez étendus, ily
a enun mot
anky-lose incomplète.
—
Ces faits sont d'autant plus in- téressants qu'ils viennent compléter, au point de vueanatomique
et physiologique, les assertions présentées parM.
le professeur Richetdans
sa thèse de concours (Î8b0, p. 15 et 23).(1) Clinique chinirgicale de l'hôpital de la Charité, 3«> édit., t. H, p. 172.
ANKYLOSE FIBREUSE INTRA-ARTICULAIRE
RHUMATISMALE DU COUDE
Immobilité absolue
Communiquée par MM. Duplay etDuret (1).
Il s'agit
d'une jeune femme de 26
ans, entréeau mois
demai 1873 dans
le service deM.
S.Duplay
àSaint-Antoine,
pour une ankylose incomplète
d'un coude,complète de
l'autre.Le début de
cette infir-mité
remonte
à l'année 1871,époque où
elle eutpour
lapremière
foisune
attaquede rhumatisme
qui se localisa plus spécialement sur les articula- tions huméro-cubitales.A
son entrée, il existeune soudure complète dans
le
coude du
côté droit qui estmaintenu dans
sa position fixe. L'avant-brasforme
avec le brasun
angle
de
130°.La main
estdans
lapronation forcée.Tout
lemembre
supérieur est amaigri,mais
lesmuscles répondent cependant
à l'électrisation.Le coude gauche
est, lui aussi, atteintd'ankylosecom-
plète,
mais
sa flexion à 90°permet
à lamalade
des'en servir
pour manger
etpour
boire.Le
15mai on
pratiquaitla résectiondu coude
droit.L'opération fut laborieuse.
Le fragment
enlevéme-
(d) L'anatomie pathologiqueétant pour nous le point important, nous abrégeons beaucoup, malgré leur intérêt, les détails cliniques et opératoires.
—
24—
surait2 cent, en avant et 3 cent, en arrière. Trai- tée par le
pansement
ouaté, cette opération n'eutque
des suites heureuses et la cicatrisation étaitcomplète le 10 juillet. Les
mouvements communi-
qués furent pratiqués dès les premiers jours de
juillet, et au
moment
de la sortie, 2b juillet, tout faisait prévoirune
guérison aussi complète qu'avan- tageuse : lamain
pouvait être portée à la face etaux
cheveux. Il est vraique
lamalade
négligea plus tardde continuer l'exercice régulier desonmembre
;elle n'en conserva pas
moins
cependant desmou- vements
suffisamment étendus.Examen
de la pièce (1).—
I.^
Vœil nu.—
Les surfaces articulaires des
deux
os sont réunies parune
cicatricefibreuse très dense. Cette cicatrice, soit au niveau de l'humérus, soit entre le radius et le cubitus, n'a pas plus de 2mm.
d'épaisseur.Sur
certains pointsmême,
entre l'olécrane et l'hu- mérus, la surfaceoù
lesdeux
os s'unissent estcomme
éburnée.Il n'y a plus
aucune
tracede
cartilage articulaire.L'os
lui-même,
au voisinage, paraît, à l'œil nu, avoir subi la dégénérescence graisseuse. Les aréolesdu
tissu spongieux sont chargées etremplies d'une graisse jaunâtre. Les travées osseuses sont molleset flexibles.
Dans
les pointsoù
l'ankylose estmoins
avancée,{\) Nous copions textuellement ici les notes que notre ami et collègue M. le docteur Durel a bien voulu mettre à notre disposi- tion avec sa complaisance ordinaire.
—
25—
au
voisinagede
la surface articulaire, l'os estrem
pli d'une moelle
embryonnaire;
il est rougeâtre et vascularisé. Il existeun peu de
raréfactiondu
tissuosseux; les cloisons sont fragiles.
II.
Au
microscope.— Sur
des coupes, portant à la fois sur lesdeux
os et le tissu fibreux qui lesréu-
nit,
on
constate,que
celui-ci estformé de
faisceaux conjonctifs très forts avecquelques
cellulesem-
bryonnaires
en
voie d'évolution.Les
faisceaux fibreux sont dirigésobliquement,
d'une surface vers l'autre.A
leur extrémité les fibressemblent
se dissocier
pour
pénétrerune
àune dans
lasubstance
fondamentale de
l'os. Ily
aune grande
analogie entre cette disposition et celle qui existenormalement au
pointd'insertion des tendons.Sub-
stance calcaire et fibres conjonctives se pénètrent
réciproquement. Le
tissu fibreuxaremplacé
àses ex- trémités lasubstancefondamentale de
l'os, et ce quinous
confirmedans
cettemanière
de voir, c'estque
:1°
Entre
lesfaisceaux fibreux,au
voisinagede l'os,existent de
grandes
aréoles remplies d'une graisseabondante
etabsolument
semblables,comme forme
et
comme
disposition,aux
aréolesdu
tissuspongieux lui-même.
2°
Sur
certains points desbords du
tissu osseuxon
voitune
proliférationembryonnaire, formée de
cellules
rangées symétriquement
et aplaties par leur contact réciproque. C'est tout à fait l'image d'une des phases décrites parRanvicr dans
lepro-
cessusde
formationdu
tissu osseux.—
26—
Entre les aréoles remplies de graisse,
du
tissu fibreux contient des vaisseaux assez abondants etpourvus de globules. Quelques-uns sont
volumineux
et ont leurs trois tuniques.
Le
tissu osseuxlui-même
estlesiège, en général, d'une dégénérescence graisseuse, excepté tout àfait au voisinage
du
tissu fibreux où, dansune
éten-due
de 1mm.,
on voit les cellulesembryonnaires que nous
avons signalées. Les aréoles ne contien- nent plusque
quelques rares cellulesembryon-
naires : tout est
devenu
vésicules adipeuses.Au
voisinage
du
tissu fibreux, la substancefondamen-
tale paraît avoir subi
elle-même une
certaine trans- formation carelle se colore en orange par le carmin.En résumé
:Ankylose
fibreuse très-dense parfai-tement
organisée et incrustéedans
l'os à sesdeux
extrémités à lamanière
des tendons.—
Ostéite ra- réfiante et graisseuse des extrémités osseuses.—
Toute tentative, accidentelle
ou
chirurgicale, de mobilisation déterminera plutôt la fracture de l'osque
la rupture de l'ankylose.ANKYLOSE FIBREUSE INTRA-ARTICULAIRE MÉTACARPO- PHALANGIENNE
Conservation partielle des mouvements
(Pièce recueillie à l'École pratique).
Homme
de trente-deux ans, bien développé, sans apparence de scrofule.Aucun renseignement
sur la lésion articulaire.Deux
petites cicatrices blan-—
27—
châtres
dont une
à la facedorsale etl'auti'e à la partie externede
Tarticulation laissent hésiter entreune
arthrite scrofuleuse
de
l'enfance et laconséquence d'un traumatisme. Nous
inclinerionsplus volontierscependant
vers lapremière
hypothèse,mais
sans pouvoir endonner de
motifs précis.Les
parties molles sont saines saufau
niveau desdeux
cicatrices, déjà indiquées,où
ellesadhèrent au
squelette,d'une façon assez lâche d'ailleurs.Les tendons
sont libres, sans adhérence.Les
ligaments sont vagues,mal
dessinés et représentésseulement
parune mince
lamelle fibreuse.Les mouvements que
l'onimprime
nedéterminent aucune
tension exa- géréede
ces restesligamenteux;
ils sont d'ailleurspeu
étendus, car le doigtne peut
ni êtreamené
à angle droit, ni êtremis dans
l'extension complète.Quant aux
autresmouvements, de
latérabilité,de
circumduction, c'est à peine s'ils existent.Les
extré- mités articulaires sontsensiblement augmentées
devolume
; à la face dorsalede
la têtedu métacarpien une
petite exostosede forme conique
et perpendi- culaire s'avancejusque
sous lapeau
qu'elle soulève sansy
adhérer.Les
altérations importantes n'apparaissent qu'a- prèsune
section pratiquée suivant l'axe des os.—
La
têtedu métacarpien
estaugmentée
suivant sondiamètre
antéro-postérieur,en même temps
qu'ellesemble
uséeaux dépens de
sa face palmaire, ce qui apour
résultatd'amener
laphalange dans une
sortede
légère luxationen
avant. L'extrémitéphalan-
~
28—
gienne est hypertrophiée aussi et sa face articulaire est plus étendue qu'à l'état normal.
Les deux
extré- mités osseuses sont d'ailleurs formées parun
tissuosseux
beaucoup
plus dense,beaucoup
plus serré qu'à l'étatnormal.— La
cavité articulaire fait entiè-rement
défaut : à sa placeon
voitun
tissu d'aspect blanchâtre, légèrement opalin, à stries parallèles s'étendant d'un os à l'autre.Nous sommes
en pré- sence d'un véritableménisque
concave d'un côté,convexe de l'autre,
mesurant
dedeux
à trois milli-mètres d'épaisseur (1).
Par
sa périphérie il se conti-nue
sans ligne de démarcationaucune
avec la cap- sule fibro-celluleuse extra-articulaire.Par
ses.deux
faces il adhère intimement,
comme nous
l'avons dit,au tissu osseux;
nous pouvons même
ajouter qu'il se confond avec lui, car surune
coupe fineon
peut voirune
véritable intrication entre lesfibres denou-
velle formation et des éléments osseux.
Ce ménisque
est formé par
du
tissu conjonctif fibreux quinous
paraît
dépourvu
de toutecelIule etdetoutvaisseau (?)et dont les faisceaux sont entre
eux dans un
paral-léhsme
presque absolu.Nous
n'yremarquons
pascet aspect aréolaire, cet entrelacement
que
présen- taient, d'après les auteursdu Compendium,
cer-taines pièces analogues.
11 existe des
mouvements. Leur mécanisme
estassez curieux :
(I) Ces (lifTérences de hauteur tiennent à ce que les surlaces os- seuses ne sont pas lisses et régulières, mais légèrement mamelon-
nées.
—
29—
Lorsqu'on
fléchit le doigt,on
voit les parties pos- térieures du.ménisque
s'inclineren
avant et se tendre, tandisque
les fibres centrales secouchent presque horizontalement
etque
les antérieures se froncent et se tassent. L'extension agit demême,
mais en
sens inverse.En
d'autres termes, les faiblesmouvements, dont
jouit l'article,ne
s'accomplissent pasaux dépens de
l'élongation et de l'élasticitédu
tissu interposé,
mais
bienau
contrairepar
le tasse-ment,
etnous
dirions volontiers l'écrasement d'une partiedu ménisque. Le
cal ne cède pas en tantque
longueur,mais
il se laisse déprimer. Cette souplesse estdue
à la présenced'une
certaine quantité de liquideimbibant
toutes les partiesdu ménisque.
Par
l'exposition à l'air,en
effet,nous avons vu
les tissus fibreux pâlir, perdre leur éclat, se ratatiner et finalement constituerune
sortede colonnade
irrégulière limitant des espaces vides fort inégaux,
et tous, d'ailleurs,
de
petite dimension.Le mouvement
s'accomplit-il toujours,dans
lescas analogues, par
un mécanisme
identique à celuique nous avons
signalé?Nous sommes
disposé à l'admettre.Nous devons
faireremarquer
toutefoisque dans un
fait observé par Teissier (deLyon)
l'ex-tensibilité est
nettement invoquée
: «L'astragale et le tibia étaient soudésdans
toute l'étendue de leur surface à l'aide d'un tissu blanc fibreux-filamenteux qui permettait encore, par son extensibilité,de
très—
30—
faibles
mouvements
desdeux
os l'un sur l'autre» (1).Bonnet
paraît disposé, lui aussi, à admettre cemécanisme,
bien qu'il ne fournisseaucun
fait per- sonnel.Au
lieu d'un cal complet,nous pouvons
trouver seulement, entre les surfaces articulaires,un
certainnombre
de tractus, tantôt isolés, tantôt réunis par groupes.La
cavité articulaire existe alors, mais elle est plusou moins
cloisonnée.Nous
avonsvainement
cherché des exemples de cette altération aumusée Dupuytren, nous
avonsmême
entenduM. Houel
déclarer à la SociétéAnatomique que
de pareils tractus, s'ils existent, sont excessivement rares.Nous
en avons cependant observéun
certainnombre
de cas.
Une
foismôme,
il n'y avait pas d'autre alté- ration articulaireou
péri-articulaire (Expérience I).Aussi croyons-nous devoir tout d'abord faire remar-
quer
que,malgré
leur nature cellulo-fibreuse dense, ces tractus sontimprégnés
d'une quantité relative-ment
considérable de sérosité ; il suffît de laisser la pièce exposée quelques heures à l'airpour
les voirs'effiler vers leur partie
moyenne,
prendreune
forme de sablier. Bientôt ils serompent;
lesdeux
bouts se ratatinent et deviennent presque invisibles pour qui ne les a observés dès le début.Nous
nesommes
pas d'ailleurs les seuls, tants'en faut, à avoir constaté ces brides. Elles sont admises parM.
le professeur Richet (2)dans un mémoire
sur(1) Bonnet, loc. cit.,t. II, p. 135.
(2) Mémoires de l'Académie de Médecine, t. XVU, p. 86»