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Academic year: 2021

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Texte intégral

(1)

Intégrales (complément pour 5/2)

Exercice 1 Soit f ∈C1(R+, R) telle que f (0) = 0 et pour tout x ∈ R+, f0(x) ∈ [0, 1]. Montrer que pour x > 0,

Zx 0 f (t)3dt 6 Z x 0 f (t) dt 2 .

Notons déjà que f est croissante puisque f0>0, et donc positive puisque f (0) = 0. Posons g : x 7→ Z x 0 f (t) dt 2 − Zx 0 f (t)3dt.

Puisque f est de classeC1, g est de classeC2d’après le théorème fondamental de l’intégration, et : ∀x > 0,

g0(x) = 2f (x) Zx 0 f (t) dt − f (x)3= f (x)h(x) avec h(x) = 2 Z x 0 f (t) dt − f (x)2.

h est de classeC1et h0(x) = 2f (x) − 2f (x)f0(x) = 2f (x)(1 − f0(x)) > 0 donc h est croissante. Mais h(0) = 0 donc

h(x) > 0 pour tout x > 0.

On en déduit que g0(x) > 0 pour tout x > 0. Mais g(0) = 0 donc g(x) > 0, ce qui prouve la majoration demandée. Exercice 2 Soit f : R → R une fonction continue et T-périodique.

Montrer qu’il existe un unique λ ∈ R tel que Z +∞ 1 λ −f (t) t dt converge. Posons F : x 7→ Zx 0

f (t) dt et réalisons une intégration par parties :

Z x 1 λ −f (t) t dt = F(1) − F(x) x + Zx 1 λt − F(t) t2 dt. Posons n = bx/Tc. On a nT 6 x < (n + 1)T et F(x) = n−1 X k=0 Z(k+1)T kT f (t) dt + Zx nT f (t) dt = n ZT 0 f (u) du + Zx−nT 0 f (u) du. On a Zx−nT 0 f (u) du 6 ZT 0 |f (u)| du = M donc F(x) xn x ZT 0 f (u) du 6M x. Enfin, 1 T − 1 x< n x6 1 T donc n xx→+∞= 1 T+ O 1 x  et F(x) x +∞= 1 T Z T 0 f (u) du + O 1 x  . On en déduit queλt − F(t) t2 +∞= 1 t  λ − 1 T Z T 0 f (u) du  + O 1 t2  , et ainsi Z +∞ 1 λ −f (t) t dt converge si et seulement si λ=1 T Z T 0 f (u) du.

Exercice 3 Soit f ∈C0(R+, R) de limite nulle en +∞. Déterminer la nature de

Z +∞ 1 f (2t) − f (t) t dt. Zx 1 f (2t) − f (t) t dt = Z2x 2 f (u) u du − Zx 1 f (t) t dt = Z2x x f (t) t dt − Z2 1 f (t) t dt.

Pour tout  > 0 il existe A > 0 tel que pour t > A on a |f (t)| 6 . Ainsi, pour x > A, Z2x x f (t) t dt 6 Z2x x dt t =  ln 2.

Ceci prouve que lim

x→+∞ Z2x x f (t) t dt = 0 donc que Z +∞ 1 f (2t) − f (t) t dt converge et vaut − Z2 1 f (t) t dt.

(2)

PC∗

Exercice 4 On pose pour n ∈ N∗, Hn= n X k=1 1 k et In= Zn 0  1 − t n n ln t dt. a) Montrer l’existence de γ ∈ R tel que Hn= ln n + γ + o(1).

b) Justifier l’existence de In, puis montrer que lim In=

Z+∞ 0 e−tln t dt. c) Montrer que γ = − Z+∞ 0 e−tln t dt. a) Posons un= Hnln n. On a un+1un= 1 n + 1−ln  1 +1 n  = − 1 2n2+ o  1 n2 

donc la sérieX(un+1un) converge,

ce qui équivaut à dire par télescopage que la suite (un) converge.

b) Au voisinage de 0,  1 −t n n ln t ∼ 0 ln t =0O  1n  donc t 7→  1 − t n n

ln t est intégrable sur ]0, 1].

Notons fn: t 7→           1 −t n n ln t si t 6 n 0 si t > n

et appliquons le théorème de convergence dominée à In=

Z+∞

0

fn(t) dt.

– Pour t > 0 fixé il existe un rang à partir duquel n > t et ainsi lim

n→+∞fn(t) = limn→+∞  1 −t n n ln t = etln t. – L’inégalité classique ln(1 − u) 6 −u montre que |fn(t)| 6 | ln t| e

t

= φ(t). La fonction φ est continue par morceaux et intégrable sur ]0, +∞[ (φ(t) =

0 O  1t  et φ(t) = +∞O(e −t/2 )) donc le théorème s’applique : lim In=

Z+∞

0

e−tln t dt. c) Le changement de variable t = nx donne

In= n Z1 0 (1 − x)nln(nx) dx = n ln n Z1 0 (1 − x)ndx + n Z1 0 (1 − x)nln x dx = n n + 1ln n + n Z 1 0 (1 − x)nln x dx

puis à l’aide d’une intégration par parties : In= n

n + 1ln n − n n + 1 Z 1 0 1 − (1 − x)n+1 x dx. Or Z 1 0 1 − (1 − x)n+1 x dx = n X k=0 Z1 0 (1 − x)kdx = n+1 X k=1 1 k donc In= n n + 1  ln n − Hn− 1 n + 1  et ainsi, lim In= −γ. Exercice 5 Soit Γ : x 7→ Z +∞ 0 tx−1e−tdt. a) Déterminer le domaine de définition de Γ . b) Soit x > 0. Pour n ∈ N∗on pose Tn(x) =

Zn 0 tx−1  1 − t n n dt. Calculer Tn(x).

c) Montrer que Γ (x) = lim

n→+∞ nxn! x(x + 1) · · · (x + n). a) Pour tout x ∈ R, tx−1e−t = +∞O(e −t/2) donc l’intégraleZ+∞ 1 tx−1e−tdt converge, et tx−1e−t∼ 0 1 tx−1 donc l’inté-grale Z1 0

tx−1e−tdt converge si et seulement si x > 0. On en déduit que Γ est définie sur ]0, +∞[.

b) Réalisons n intégrations par parties successives en intégrant t 7→ tx−1 et en dérivant t 7→  1 − t n n pour obtenir : ∀x > 0, Tn(x) = " n X k=0 n(n − 1) · · · (n − k + 1) nk  1 − t n n−k tx+k x(x + 1) · · · (x + k) #t=n t=0 = n!n x x(x + 1) · · · (x + n)

c) Appliquons maintenant le théorème de convergence dominée, en posant fn(t) =

         tx−1  1 − t n n si t 6 n 0 si t > n . les fonctions fn sont continues par morceaux, la suite (fn) converge simplement sur R

+vers la fonction f : t 7→ tx−1e−t, elle-même continue par morceaux et : ∀t > 0, |fn(t)| 6 tx−1e

(3)

Intégrales (complément pour 5/2)

morceaux et intégrable sur ]0, +∞[ donc le théorème de convergence dominée s’applique : lim

n→+∞Tn(x) = Γ (x).

De la question précédente on déduit immédiatement que Γ (x) = lim

n→+∞

nxn! x(x + 1) · · · (x + n).

Exercice 6 On considère l’intégrale I = Z+∞

0

sin t

t dt.

a) Justifier l’existence de cette intégrale. b) Pour tout n ∈ N on pose In=

Z π2

0

sin(2n + 1)t sin t dt.

Justifier l’existence de cette intégrale, puis montrer que la suite (In) est constante.

c) Déduire de la valeur de In, celle de I.

Indication. Utiliser l’intégrale Jn=

Z π2 0 sin(2n + 1)t t dt. a) lim 0 sin t

t = 1 donc l’intégrale I est faussement impropre en 0.

Pour tout x > 0 on effectue une intégration par parties : I =" 1 − cos t

t #x 0 + Z x 0 1 − cos t t2 dt = 1 − cos x x + Z x 0 1 − cos t t2 dt. lim +∞ 1 − cos x x = 0 et la fonction t 7→ 1 − cos t

t2 est intégrable sur ]0, +∞[ car prolongeable par continuité en 0 et

dominée par t 7→ 1

t2 au voisinage de +∞, donc la fonction x 7→

Zx

0

sin t

t dt possède une limite en +∞ ; l’intégrale

I est donc convergente.

b) La fonction t 7→ sin(2n + 1)t

sin t est prolongeable par continuité en 0, ce qui suffit à justifier l’existence de In. On utilise la formule sin a − sin b = 2 sina − b

2 cos a + b 2 pour obtenir In+1 −In = Z π2 0 2 cos(2n + 2)t dt = " sin(2n + 2)t n + 12 0

= 0 donc la suite (In) est constante, égale à I0=

π 2. c) On a I = lim Z (2n+1)π2 0 sin t

t dt = lim Jn en effectuant le changement de variable t = (2n + 1)u. Nous allons

montrer que lim |Jn−In|= 0, ce qui permettra de conclure que I = lim Jn=

π

2 puisque (In) est constante égale à π 2. On a In−Jn= Z π2 0 sin(2n+1)tf (t) dt avec f (t) = 1 sin t− 1

t. La fonction f est de classeC

1sur0,π 2  et au voisinage de 0 on a f (t) = 0 t 6+ o 1 t 

. cette fonction est donc prolongeable par continuité en posant f (0) = 0, et ce prolongement est de classeC1puisque f admet un développement limité d’ordre 1 en 0. On peut donc effectuer une intégration par parties : In−Jn= " 1 2n + 1cos(2n + 1)tf (t)2 0 + 1 2n + 1 Z π2 0 cos(2n + 1)tf0(t) dt = + 1 2n + 1 Z π2 0 cos(2n + 1)tf0(t) dt. Ainsi, |In−Jn| 6 1 2n + 1 Z π2 0 |f0(t)| dt et lim |InJn|= 0.

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