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Apport de la dendrochronologie pour l’étude de l’évolution du lit mineur de la Lesse

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Academic year: 2021

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Apport de la dendrochronologie pour l’étude  

de l’évolution du lit mineur de la Lesse 

L’évolution des érosions subies par les berges de cours d’eau et la sédimentation qui a lieu au niveau du lit mineur sont habituellement étudiées sur base de la succession de cartes topographi‐ ques et de photographies aériennes réalisées à intervalle irrégulier sur le site étudié. Le laps de temps séparant deux campagnes de photographies aériennes est de l’ordre de 5 à 10 ans, en fonc‐ tion du processus de mise à jour des cartes par le producteur de données. Afin d’étudier la morphologie du cours d’eau et son évolution, il est nécessaire de disposer d’un grand nombre de situa‐ tions intermédiaires représentant la dynamique de la plaine alluviale. Ces données complémentaires peuvent être fournies par le biais de mesures dendrochronologiques réalisées sur le terrain.  Van Campenhout J., Pirard X., Houbrechts G., Peeters A., Petit F.  Laboratoire d’Hydrographie et de Géomorphologie fluviatile  Département de Géographie — Université de Liège  Allée du 6 Août, 2 — Bat. B11 — Sart Tilman  4000 Liège  E‐mail : [email protected]  Namur, les 10, 11 et 12 octobre 2007  La gestion physique des cours d’eau :  Bilan d’une décennie d’ingénierie écologique  1. MÉTHODOLOGIE DES MESURES DENDROCHRONOLOGIQUES  L’objectif de cette méthodologie est de déterminer la date à la‐ quelle les arbres identifiés sur le dépôt ou au niveau des berges  se sont installés.     L’âge des végétaux ligneux est retranscrit au niveau du bois par  l’intermédiaire d’une alternance de cernes de teinte claire et de  teinte sombre. Par simple comptage, il est dès lors possible d’en  déduire la date d’installation du végétal étudié.   

La  méthode  non‐destructive  de  collecte  des  informations  dendrochronologiques  utilise  une  carotteuse.  Cet  outil  permet  d’extraire,  jusqu’au  cœur  du  tronc,  un  échantillon  montrant  la  succession  des  cernes  qui  peuvent  ensuite  être  comptabilisés.D’après  la  littérature,  la  préci‐

sion du comptage est de l’ordre de 10 % de  l’âge de l’arbre.      2. COMPLÉMENTARITÉ DES ÉTUDES DENDROCHRONOLOGIQUES ET DES ANALYSES PHOTOG‐ TAPHIQUES ET CARTOGRAPHIQUES CLASSIQUES  3. RÉSULTATS OBTENUS  4. DÉVELOPPEMENT D’ENCOCHES D’ÉROSION ET BILAN SÉDIMENTAIRE À L’ÉCHELLE D’UN  BASSIN VERSANT  Le site du Moulin de Lessive, présenté ci‐dessous, a déjà été étudié par le Laboratoire d’Hy‐ drographie et de Géomorphologie fluviatile (LHGF) sur base de la succession de cartes topo‐ graphiques disponibles ain‐ si  que  par  l’intermédiaire  des  photographies  aérien‐ nes  réalisées  depuis  1952  par  l’Institut  Géographique  National  (IGN).  Cependant,  ces clichés ne sont que des  instantanés  de  la  situation  hydrographique et géomor‐ phologique  au  moment  de  la prise de vue. La détermi‐ nation de la date d’implan‐ tation  des  arbres  présents  sur  le  dépôt  permet  de ré‐ duire  l’intervalle  de  temps  existant entre deux sources 

d’informations.  

La carte ci‐dessous précise  la localisation des différen‐ tes  espèces  végétales  en  place. Les arbres ayant colonisé majoritairement le dépôt sont des aulnes et des saules. Un ri‐ deau de peuplier est également présent en rive gauche mais celui‐ci résulte d’une plantation  anthropique sur ce terrain appartenant à la Donation Royale.    Photos de la plaine alluviale de la Lesse au Moulin de Lessive (a: avancée  du dépôt de convexité; b: arbres sur le dépôt de convexité; c: protection de  berge en rive droite; d: rangée de peupliers)   Le comptage des cernes relevés sur le terrain a conduit à la réalisation d’une carte de synthèse  reprenant d’une part la date estimée de l’installation des arbres et d’autre part une segmenta‐ tion du dépôt en plusieurs zones regroupant les végétaux de même génération. Cette techni‐ que a permis de mettre en évidence la progression de la végétalisation depuis la rive gauche  vers le centre du lit mineur de la Lesse. 

 

Le transect ci‐contre représente la pro‐ gression  de  la  végétalisation  du  dépôt  depuis  la  rive  gauche  (a)  vers  la  rive  droite  (b).  L’utilisation  d’une  méthode  dendrochronologique  permet  de  s’af‐ franchir  de  l’intervalle  de  temps  exis‐ tant entre les campagnes de photogra‐ phies  aériennes  existantes.  La  vitesse  moyenne  de  formation  du  dépôt  a  été  estimée à 0,65 m.an‐1 (33,3 m pour la période 1955 ‐ 2006) par dendrochronologie. Grâce à la  méthode  cartographique  et  photographique,  cette  vitesse  avait  été  estimée  à  0,85  m.an‐1  pour le même profil transversal. La précision géométrique, de l’ordre du mètre, explique les  faibles différences observées par ces deux méthodes distinctes et complémentaires. 

Le long de la Lesse, quelques sites présentent des encoches d’érosion au niveau des berges.  Ces  encoches  sont  généralement  délimitées  par  deux  arbres  de  part  et  d’autre  de  la  zone  érodée  (schéma  ci‐contre).  Les  hypothèses  de  travail  considèrent  la  berge  initiale  comme  étant  rectiligne  entre  les  deux  arbres,  avant  que  l’érosion  n’ait  agi.  On  suppose  également  que les arbres se sont installés avant le début  de la phase érosive. Cependant, l’érosion a pu  commencer  bien  après  le  développement  des  arbres. Les valeurs de recul de berge obtenues  sont donc des valeurs minimales. La berge ini‐ tiale  est  considérée  comme  étant  verticale  à  l’origine,  qu’elle  ait  évolué  vers  un  profil  en  pente douce ou abrupt (profils ci‐dessous).  

La  mesure  de  la  vitesse  de  recul  des  berges  au niveau des encoches présentes sur la Les‐ se indique une érosion moyenne de 0,1 m.an‐

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. L’occupation du sol semble influencer forte‐ ment cette érosion : 0,06 m.an‐1 au sein d’une  berge  recouverte  par  la  prairie,  0,2  m.an‐1  lorsqu’elle  est  occupée  par  un  bois  de  feuil‐ lus.  Un  élargissement  du  lit  mineur  est  dès  lors observé suite à ces analyses dendrochro‐ nologiques.  Le  volume  érodé  atteint  0,15  m3.m‐1.an‐1 c’est‐à‐dire 0,15 m³ de matériaux  érodés annuellement par mètre linéaire d’en‐ coche. Une différenciation est également visi‐ ble  en  fonction  de  l’occupation  du  sol  au  ni‐

veau de la berge soumise à l’érosion. Depuis la confluence de la Lesse et de la Lhomme vers  l’aval, le volume annuel érodé ainsi que la vitesse d’érosion semblent s’accroître d’amont vers  l’aval. Cependant, le rôle de l’occupation du sol n’est pas encore parfaitement défini, les sec‐ teurs boisés étant censés stabiliser la berge.  

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