SIiUATION QE L'ECOLE PAR RAPPORT
~UXKelevons tout d'abord les aue lques fai ts~ui nous poussent ci nous i n-terrocer sur la fonction de l'école dans la format;,on de l'individu. "Ecele" est pris dans le sens gènét'al et se s~tue dans le contexte aC'ue~:
la classe ou le cours, avec un ou des enseignants et aes élèves, le ;}ian j'études et ,es 8rograr;m:s, les méthodes pédagogiques à appliquer, ,es
eXè-mens, etc.
- Lorsqu'on a constaté, par exemple, au cours des années i966-1968 au mOITent o'J la formation permanente et le recyclage se faisaient sentir comme une nécessité, certains pays tels que la Suéde, la Norvège, avaient consacré pour ce complément de formation un budget équivalent au buaget attribué à l'ensei-gnement normal. L'école aurait-elle failli à son rôle de formation qu'une rec-tification, un réajusterrent aprés coup, un complément de formation occupe une place si importante?
- Lorsqu'en concluant sur "l'état de l'emploi de la radio-diffusion sonore et visuelle à des fins éducatives" dans les "Nouvelles méthodes et techni-ques d'éducation" (UNESCO, 1963) un pédagogue a fait la réflexion que"les ré-sultats de recherche,ètabl issant que radio et télévision enseignent aussi bien que l 'enseignerrent traditionnel (et à un plus 9rand nombre d'éléves) peuvent égalenent signifier que l'enseignement traditionnel est un ;)ro-cédé aussi peu efficace que n'importe quel autre"(Dienzeide), on peut douter ae l'efficacité des nouveaux moyens techniques pour la for~ation.
- Pourtant la télévision tend à créer un nouveau mode de formation se substi-tuant à celui qu'assurre l'école traditionnelle. A ,\1ünich, les exoér~ences
d'enseignerrent distribué par la télévision, le Telekol1eg, institué Jar l'Etat, avec des émissions (cours de trois ans pour 78 émissions de 3D 'llinutesJour chacune des matières) accompagnées d'un matériel didactioue, ccmolétées par des réunions consultatives sous la direction d'un professeur. sanctiornées
Jar ,jes exar:ens, 3 connu un engouerœnt de dizaines de mi~1iers dl§1èvES
ins-:ri ts
a
ces cour.;.- Actue!letrent, lè pODu1alre Open University Il;niversitYJf the '.ir) e~ ~(an ~e-Sretaçne couvre un enseignerœnt de plus en olus di versifié, ~inut~Eu:;l: TIent préoarè, Jour une population ae ;.::~:usieurs ,,:pi\""l,è~neS de :nîl1iers
en no,rt,-e ,a:ls aucun dO:jte~ais surtout, pour ia qualité de sa ;Jr"'stêi:lon,
- Plusêodestement, les ·:ours par correspondance, les cours organisés Jar ,jes coocé~atives, des syndicats, des grouoements professionnels P~')Josent
non seulement l 'enseignerœnt, des disciplines class'ques ,déjà assur:lé pa~ .,c
cole,
mais aUSSl 'Jne di'/ersité d'activités conounnt 3. :ê êJ~",ation:2 n-divicu et dont l'école n'a jamais pensé qu'elles puissent figurer dans 'Jn programne scolai re.D€vant :es faits, on "e peut s'empêcher de constater que la fo~mation,
à cause de sa forrœ actuelle, déborde la~gerœnt le cadre de l'écoie. Celle-ci ne répond Glus aux besolns de l'individu. L'école ne peut prétendre assu-mer toute la formation, mais elle doit donner à l'indi'/idu les instrurœnts de connaissance (pratique, cognitive) nécessaires à sa propre formation.
La formation est souvent définie comrœ une action pédagogique par la-ouelle un enseignement est susceptible d'enclencher un processus d'acquisi-tion de connaissance chez l'individu. Cette formation serait insuffisante si l'individu ne pouvait consolider ce savoir, l'intégrer de façon cohérente dans un ensemble d'acquisitions, et surtout s'il ne savait l'utiliser comme un instrurœnt de connaissance pour appliquer, mettre en oratique, produire, créer dans la vie active.
Il est erroné de concevoi r l' acti on pédagogique comme une intervention extérieure exercée sur l'individu. L'action pédagogique doit partir de l'in-dividu. C'est lorsqu'il est motivé, qu'il a pris conscience que la formation répond à un besoin, que l'action pédagogique peut avoi r son effet sur lui.
L'école, par son organisation llée au systèrœ social, pratique une dis-tribution uniformisée de la connaissance, qui se fait de façon localisée dans l'espace, ordonnée dans le temps (succession des contenus prévus par le plan d'études). Si l'individu s'intéresse à ~ne formation plus différenciée, plus
~ndividualisêe,il doit certainement s'adresser à d'autres modes de formation.
~oujours est-il que cette recherche est plus coûteuse, Clar exemple sur 'e plan matériel et exige aussi plus d'effort sur le plan ,du travail à fournir.
Il est inutile de reprocher à l'école de manquer de souolesse, '/oire
:J'Ë-':1E' de la taxer d'immobi1isrœ, de l'accuser de ne pas s'adaoter à la '-éall:é,
j la vie. Cet état résulte plutôt d'un déohasage, d'un décalage dans 'e ternos,
et la réaljté sociale d'utilisation de cette formation de l'individu. L'école noderne cherche à rénover, à s'adapter à ',a ':le, tend à rattraper ce décalage, sans jamais y parvenir. On dit: gouverner c'est prévoir. En politique scolaire, prévoir ne suffirait pas. Il faut vivre une réalité qui ne se réa lisera que dans une qénérati on, dans vingt ans; c 'est-à-ci t'e se représenter au marrent où on le prend en charge à son entrée à l'école à cinq ans, ce que fera cet élève dans la vie active à la sortie de l'école à 'fingl-cinq ans. On comprendra dés lors que l'école n'arrive pas à s'aaapter si rapide-ment en fonction des transformations techniques, sociales, économiques, idéo-logiques.
Mais ce que l'on doit critiquer c'est son fonctionnerrent en vase clos, lorsqu'elle prend pour objectif la réussite aux diplômes finals. La finali-té de l'enseignerœnt n'est plus la formation de l'individu, mais la prépara-tion de celui-ci à ','acquisiprépara-tion d'un diplôme couronnant ses études. Peut-on adrœttre le raisonnen-ent suivant :"Si l'élève a bien rèussi c'est parce qu'on l'a bien enseigné, donc bien formé. On a bien enseigné puisqu'on a de bons maîtres, de bons programmes, appliquè de bonnes méthodes, et c'est pour-quoi l'élève a bien réussi. Et c'est parce qu'il a bien réussi qu'il a plus de chance de réussi r dans la vie avec ses diplôrœs". Ainsi va la mission forma t ri ce de l' é col e .
Et l'échec? C'est parce que l'élève ne travai lle pas. Il est le seul responsable, et seul responsable de sa destinée. On peut d'ai lleurs repren-dre le raisonnerœnt précité en inversant les termes réussite en échec, bien en mal, bon en mauvais.
~'Êne s i l ' é coi e te n d à s' a da p te r à 1a vie, e 11 e s ' i sol e Ge l a vie. C'est en examinant le problèrœ de l'information par rapport à 1 a "orrT0tion que nous avançons cette remarque.
L'information est l'action de rœttre au courant l'individu d'un "dl':, de donner connaissance d'un fait, de faire savoir ce qu'est ce "d't. ~'jn
formation peut résulter d'une forme active lorsque c'est l 'indi ... idu :Ul-'-o?-me qui veut s'infor:Ul-'-o?-mer, et va à la recherche de l'information. ,'.Iais elle est passi ve lorsque 1 'information est si,.rœnt distribuée sans cu~ Jn se préoccupe de ~voi r s i l e message passe ou non, s i l 'indi 'Ii du ::'ecoce ou non ~'infore,ation, Sl elle 3 un ef7et quelconque sur lui.
275.
Le5 informaj~ions sDnt des faits 3ct'Jels, JE ce 'J'Jl~e ~asse dans ~a
'lie de tous les ~o~Jrs et .~ûi conditlOnnent l'indi-;idu dans salle ac:ive_
:~ais rien qu'à prendre des informations de nature culturelie ou
scientifj-~ue (en faisant abstracti on œrœ d'autresi on serai t é:onnéJe constate,' ci quel Joint l'école se trouve à l'écart. ~'indi'lidun'est pas formé, pré-Jar'é pour recevoir, Jécoder, utiliser ces Informations.
-Jn convient Gue la formation est préalable à l'inforc-ation: il faut ètr-e formé pour ètre informé. f1ai s, nous pou-Ions 'l'lancer -Jette ~ypothése:
si l'école savait utiliser les informations comrre un instrument de forma-tion, le déphasage entre l'école et la 'lie serait :Tloindre, Le recyclage n'est-il Jas conçu pour ;rettre au courant, pour inforrœr l'individu des
faits actuels, des idées, des courants, des techniques etc. oui concernent la pratique de sa profession et parce que ces fai(S sont en train de
dépas-ser toute la formation qu'il a reçue?
On a reproché à l'école d'être livresque. Livresque est pris dans le sens courant, celui de se fier au livre et d'utiliser les livres pour en-sei gner et pour apprendre. Mais 1 ivresque pax nous revêt encore un autre sens: lorsque le fait est consigné dans un livre et que le livre fi~ure -Jans le programrœ de 1 'ensei gnement, ce fait est déjà dépassé.