PC∗
Corrigé : interrogation sur les espaces euclidiens
Exercice 1
a) (b) est une base donc il existe λ1, . . . , λndans R tels que x = n
X
k=1
λkbk. Par linéarité on en déduit kxk2= 0, soit x = 0E.
b) Considérons l’application φ : E → Rn définie par φ(x) =hb1 |xi, . . . , hbn |xi. Il s’agit d’une application linéaire, injective d’après la première question. Puisque dim E = n = dim Rn, φ est un isomorphisme donc tout (α1, . . . , αn) ∈ Rn
possède un unique antécédent.
Exercice 2
Notons p cette projection. Pour tout x ∈ E on a p(x) = ha | xia. En notant (e) la base canonique de Rnon a p(ej) = aja. les
coordonnées de ce vecteur se retrouvent dans la jecolonne de la matrice de la projection ; cette dernière est donc égale à (aiaj)16i,j6n.
Autre preuve : on identifie les vecteurs x et a aux matrices colonnes X et A. Alors p(X) = hA | XiA = (ATX)A et puisque ATX est un scalaire on peut aussi écrire p(X) = A(ATX) = (AAT)X donc la matrice demandée est AAT.
Exercice 3
Commençons par faire un dessin :
H H x − x1= x2 x1 x y Posons x2= x − x1. On a x2∈H ⊥ et x2∈ Hpuisque x ∈ H et x1∈H.
Pour tout y ∈ H on a y = x2+ (y − x2). par ailleurs, y ∈ H et x2∈ Hdonc y − x2∈H et ainsi hx2|y − x2i= 0. D’après le théorème de Pythagore on a donc kyk2= kx2k2+ ky − x2k2> kx2k2avec égalité si (et seulement si) y = x2, ce qui prouve que
inf
y∈H
kyk = kx2k= kx − x1k.
Exercice 4
Soit (f1, . . . , fp) une base orthonormée de H. Alors e
0 k= p X i=1 hfi|ekifi et ke0 kk2= p X i=1 hfi|eki2. Ainsi, n X k=1 ke0 kk2= n X k=1 p X i=1 hfi|eki2= p X i=1 n X k=1 hfi|eki2= p X i=1 kfik2= p = dim H
Exercice 5
Toute projection orthogonale est diagonalisable dans une base orthonormée donc il existe P ∈ On(R) telle que A = PDPT
avec D = Ir O
O O
!
. Notons (E1, . . . , En) la base canonique de Rn; alors D = r X k=1 EkETk. On en déduit que A = r X k=1 PEkETkPT= r X k=1 XkXTk avec Xk= PEk.
Exercice 6
u est symétrique donc diagonalisable dans une base orthonormée (e). Posons u(ek) = λkek; sans perte de généralité on peut
supposer λ16λ26 · · · 6λn, de sorte que maxSp(u)= λn. Pour tout x ∈ E, posons x =
n X k=1 xkek. Alors u(x) = n X k=1 λkxkek donc hx | u(x)i = n X k=1 λkx2k 6λn n X k=1 x2k = λnkxk2et ainsi, pour x , 0E,hx | u(x)i
kxk2 6λn. Cette majoration est atteinte pour x = en, donc maxx,0E
hx | u(x)i kxk2 = λn.
Exercice 7
a) A est symétrique réelle donc diagonalisable. Elle est donc semblable à diag(λ1, . . . , λn). A2 est donc semblable à
diag(λ21, . . . , λ2n) et ainsi, tr(A2) = n
X
k=1
λ2k.
Par ailleurs, le coefficient de rang (i,i) de A2vaut
n X j=1 aijaji= n X j=1 a2ijdonc tr(A2) = n X i=1 n X j=1 a2ij. D’où l’égalité. b) Si
χ
A(x) = (x − a11) · · · (x − ann) alors Sp(A) = {a11, . . . , ann}et ainsi, tr(A2) =n
X
k=1
a2kk. D’après la question précédente on en déduit queX
i,j
a2ij= 0, soit i , j =⇒ aij= 0. La matrice A est diagonale.
Exercice 8
a) C’est sensiblement la même démarche que dans l’exercice 6, mais matriciellement : A est diagonalisable dans une base orthonormée donc il existe P ∈ On(R) et D = diag(λ1, . . . , λ) diagonale telles que A = PDPT. Alors hX | AXi = XTPDPTX =
YDYTavec Y = PTX. Ainsi, hX | AXi =
n X k=1 λkyk2. Si A ∈ K alors hX | AXi 6 n X k=1
yk2= kYk2= kPTXk2= kXk2puisque P est orthogonale. Réciproquement, si pour tout X ∈ E,
hX | AXi 6 kXk
2, on applique cette majoration à un vecteur propre X
k associé à la
valeur propre λkpour obtenir |λk|.kXk26 kXk2, soit |λk| 61 puisque Xk, 0. On a bien A ∈ K. b) C’est cette fois-ci semblable à l’exercice 7 : [ATA]jj=
n X i=1 a2ijdonc tr(ATA) = n X j=1 n X i=1 a2ij.
Par ailleurs, ATA = A2= PD2PTdonc | tr(ATA)| = | tr(D)| 6 n X k=1 λ2k 6 n X k=1 |λk|26n car A ∈ K, donc n X i=1 a2ij6n.
c) La question précédente montre que pour la norme euclidienne canonique de Mn(R), K est inclus dans la boule fermée
de centre O (la matrice nulle) et de rayon √
n, donc K est bornée.
Pour montrer que K est fermé, considérons une suite (Ap) de matrices de A qui converge vers une matrice A. D’après la
première question, pour tout p ∈ N et tout X ∈ E,
hX | ApXi 6 kXk
2. En faisant tendre p vers +∞ on obtient
hX | AXi 6 kXk2donc A ∈ K, ce qui montre que K est un fermé.
d) D’après l’inégalité de Cauchy-Schwarz,
hX | BXi
6 kXk.kBXk = kXk
2car B ∈ O
n(R). Il en est de même avec BTpuisque
BT∈ On(R), donc : hX | AXi 6 1 2 hX | BXi + hX | B TXi 61 2 kXk2+ kXk2= kXk2 donc A ∈ K d’après la première question.