Les Consulats suisses à l'étranger reçoivent le journal.
Huitième Année. — N
025.
P r i x d u n u m é r o 10 c e n t i m e s
Dimanche 25 Mars 1894.
B u r e a u x : R u e d e l a S e r r e , 27.
A B O N N E M E N T S
UD a n : Six mois
Suisse . . . . Fr. 6»— Fr. 3»—
Union postale » 12»— » 6»—
On s'abonne à tous les bureaux de poste Paraissant le Jeudi et le Dimanche à la Ghaux-de-Fonds
ANNONCES
Provenant de la Suisse 20 et. la ligne de l'étranger 25 » » Minimum d'une annonce 50 cent.
Les annon <;s se paient d'avance.
Organe de la Société intercantonale des Industries du Jura, des Chambres rie commerce, des Bureaux de contrôle et des Syndicats professionnels.
Groupements professionnels
« La faim pousse le loup dehors du bois ». Jamais proverbe ne fut plus exactement applicable aux tentatives qui se font un peu partout, dans rinrlustrie horlogère, pour constituer des groupe- ments professionnels ou reconstituer des associations disparues.
Quand les affaires marchent, alors que tout le monde est occupé, l'individualis-
me règne en mailre. On plaisante agréa- blement les partisans des syndicats, on proclame hautement que celui qui a be- soin, pour s'en tirer, du concours de ses collègues, est un incapable, sinon un ennemi de la liberté.
Mais vienne une période de crise, avec ses compagnes habituelles: la baisse des prix de vente et la réduction des salaires, alors les plus farouches partisans de l'individualisme, jettent autour d'eux des regards effarés, et, sentant leur impuis- sance à remédier à rien, cherchent dans l'action collective qu'ils considéraient na- guère comme le précurseur de tous les maux sociaux, le moyen de « faire quel- que chose» pour arrêter la décadence gé- nérale dans laquelle leur individualité est entraînée.
Les fabricants d'assortiments à ancre, les patrons monteurs de boites d'or, sont à la recherche d'une formule leur per- mettant de foncier des groupements so- lidement assis et durables. Les fabriques d'ébauches viennent de décréter le Comp- toir général de vente. La faim, a poussé tout ce monde dehors du bois.
Chez les fabricants d'horlogerie, on s'émeut aussi de l'état déplorable des af- faires; mais l'action est plus difficile'à celui qui termine et vend la montre qu'aux chefs d'ateliers, qu'aux chefs de fabriques d'ébauches, qui ont leur acheteur sous la main, et peuvent, par conséquent, plus
facilement appliquer dés mesures d'en- semble.
On sait combien il est difficile de se mettre d'accord sur des tarifs de pro- duction, combien il est difficile surtout, d'en assurer l'exécution loyale et géné- rale.
Nous sommes donc bien éloignés du jour où les fabricants d'horlogerie pour-
ront se mettre d'acconL-sur des tarifs de vente. Et pourtant, c'est par là qu'il eût fallu pouvoir commercer.
A la Chaux-de-Fonds, à Bien ne, les fabricants d'horlogerie sont groupés en associations. On sait à qui s'adresser pour obtenir un avis, pour transmettre une information. Le Locle était, jusqu'ici, demeuré réfractaire à tout groupement des fabricants. On a compris, dans cet important centre industriel, que l'isole- ment était chose mauvaise et que les fa- bricants y étaient assez nombreux et re- présentaient une force de production as- sez grande pour qu'un groupement fut non seulement utile mais nécessaire.
C'est du moins ce qui se dégage du compte-rendu d'une réunion des fabri- cants d'horlogerie, que nous empruntons à L'Etincelle.
Nous félicitons nos amis loclois, tout en regrettant qu'un trop petit nombre de fabricants ait répondu à l'appel du Club industriel.
Fabricants d'horlogerie
« Lundi soir a eu lieu à 1 Hotel-de-Ville du Locle, l'assemblée des fabricants d'horlogerie convoquée par le Club industriel ; M. Bernard Jacot, président du club, présidait la réunion à laquelle une douzaine de fabricants assis- taient.
« M. B. Jacot en quelques mots a exposé le but de la réunion ; le Club industriel s'est de- mandé à différentes reprises s'il ne serait pas grand temps que, devant la baisse continuelle des produits de notre industrie horlogère, les fabricants s'unissent pour réagir pendant qu'il en est temps encore.
« M. Auguste Henchoz complète l'exposé de
M. Jacot; il constate avec un profond regret la façon alarmante avec laquelle la montre baisse actuellement, et cela, sans profit pour le fabricant ni pour l'ouvrier; il envisage que les fabricants devraient s'émouvoir de cette situation et se grouper pour étudier les voies et moyens de mettre un frein à cet avilisse- ment des prix; ils pourraient également exa- miner dans quelle mesure il serait possible d'occuper davantage les ouvriers de la loca- lité et s'il ne serait pas utile de s'entendre avec certains groupes ouvriers pour réagir contre la décadence de notre belle industrie.
« M. Bernard Reber tout en se rendant compte des nombreuses difficultés que pré- sente la question croit cependant qu'avec un peu de persévérance et de bonne volonté l'on pourra arriver à un résultat et il remercie vi- vement le Club industriel d'avoir pris l'initia- tive de cette réunion.
« Toutes les personnes présentes à l'assem- blée s'étant en principe déclarées d'accord avec le but poursuivi, il est décidé de convo- quer prochainement une nouvells réunion et d'adresser a tous les fabricants d'horlogerie une circulaire pour les engager à se rencon- trer nombreux pour discuter une question qui intéresse si hautement nos industriels horlo- gers et toute notre population. »
La réunion de lundi, suggère, à un ouvrier syndiqué, les réflexions suivantes, qu'il publie dans la Feuille d'Avis des Montagnes.
« Il est bien temps vraiment que du coté pa- tronal, on commence à réagir contres les bais- ses continuelles qui se produisent.
« Depuis longtemps déjà les ouvriers se sont émus de cet état de choses; plus directe-
ment atteints ils se mirent résolument à l'œu- vre, ainsi que vous le savez, et à force de per- sévérance et de travail aboutirent souvent à des résultats assez satisfaisants; cependant, l'absence de toute organisation du côté patro- nal a été vivement ressentie et bon nombre de conflits auraient pu être évités si cette or- ganisation n'avait pas fait défaut.
« On a cru pendant longtemps et certains
patrons croient peut-être encore, que les syn-
dicats ouvriers cherchaient surtout noise aux
patrons dans toutes les occasions possibles,
et pourtant le désir le plus sincère de ceux
qui se sont trouvés à la tète des sociétés ou-
vrières a toujours été de vivre en bonne intel-
102 ;•· LA FEDERATION HORLOGERE SUISSE
ligenceavec messieurs les patrons. Si quelque- fois la guerre a été en quelque sorte déclarée, c'est qu'il n'y avait plus de conciliation à es- pérer; dans ces occasions surtout on pouvait regretter que les patrons qui n'étaient pas personnellement en cause aient cru pouvoir se désintéresser complètement de ces coriflits.
Mais, vienne le moment, où les fabricants d'horlogerie se grouperont, et certainement, avec un peu de bonne volonté de chaque côté, on s'entendra et cela produira de bons résul- tats pour tous ceux qui s'occupent de l'indus- trie horlogère.
« Une seule ombre au tableau, c'esi la faible participation à l'assemblée de lundi; mais pa- tience, Rome n'a pas été bâtie en un jour, et nous pouvons.espérer qu'une prochaine réu- nion sera mieux revêtue; en attendant, je sufs persuadé que l'opinion émise par MM. les patrons lundi dernier a u r a pour effet de faire réfléchir ceux (trop nombreux encore) qui cherchent actuellement tous les moyens pos- sibles pour réaliser une baisse de prix sur la main-d'œuvre.
« Bonne réussite aux initiateurs de ce mou- vement et qu'il en résulte un état de choses plus normal que jusqu'ici, et rétablissant des rapports moins tendus entre les deux camps. »
Projet de loi
c o n c e r n a n t l a c r é a t i o n d ' u n e C a i s s e c a n t o n a l e « l ' a s s u r a n c e a u d é c è s
(Du 16 février 1894) LE GRAND CONSEIL
DE LA
RÉPUBLIQUE ET CANTOX DE NEUCHATEL J
Sur la proposition du Conseil d'Etat :
T I T R E I.
Eut et organisation de la Caisse d'assurance au décès
Décrète :
Article premier. — Il est créé dans le can- ton, sons la garantie et le contrôle de l'Etat, une Caisse d'assnraiice ayant pour but d'assu- rer à toute famille dont le chef vient à décé- der, en laissant un ou plusieurs enfants mi- neurs, le versement d'une indemnité pécu- niaire conformément aux dispositions de l'art.
3 ci-après.
Art. 2. — Sont mis au bénéfice de l'assu- rance au décès :
a) les pères de famille Neuchâtelois;
l) les pères de famille Suisses domiciliés dans le canton depuis six ans au moins;
c) dans les mêmes conditions, les veuves et les femmes divorcées lorsqu'elles ont des en- fants à leur charge.
Art. 3. — L'indemnité qui est payée au dé- cès d'un chef de famille est de 400 francs, s'il n'y a qu'un enfant mineur.
Chaque enfant mineur en plus donne droit à un supplément d'indemnité de 50 francs par tète d'enfant sans que le montant total de l'in- demnité puisse en aucun cas excéder 850 francs.
Cette indemnité est versée a u x ayants- droit dans les trente jours qui suivent le dé- cès.
Art. 4. — S'il y a des raisons de craindre que le conjoint survivant ou, en cas de décès du dernier conjoint, des parents ne dissipent ou ne détournent le capital de l'indemnité, celui-ci pourra être consigné entre les mains du conseil communal qui devra veiller à ce qu'il profite exclusivement a u x besoins de la famille.
Art. 5. — Si la Caisse d'assurance conteste au décès d'un chef de famille l'obligation de payer le montant de l'indemnité a u x a y a n t s - droit, la cause peut être portée par ces der- niers devant le tribunal cantonal qui pro- noncera sur mémoire des parties et sans frais.
Art. 6. — Toute réclamation concernant le paiement d'une indemnité au décès est pres- crite par une année dès la date du décès. Les indemnités non réclamées sont acquises à la Caisse d'assurance.
Art. 7. — Les indemnités délivrées en ap-*
plication de la présente loi sont incessibles et insaisissables.
Art. 8.'— La Caisse cantonale d'assurance au décès constitue une personne civile ayant son existence et son patrimoine propres; elle peut en conséquence, avec l'autorisation'du Conseil d'Etat, acquérir à titre gratuit ou onéreux, aliéner, recevoir et ester en justice.
Art. 9. — Elle est administrée, sous la sur- veillance de l'Etat, par un Conseil d'adminis- tration de 9 membres nommé par le Grand Conseil au renouvellement et pour la durée de chaque législature.
Fait partie de droit du Conseil d'adminis- tration le conseiller d'Etat, chef du départe- ment des finances.
Un règlement d'administration, sanctionné par le Grand Conseil, déterminera les pou- voirs et les attributions de ce Conseil, les con- ditions de son fonctionnement, les règles et les garanties pour l'emploi et le· placement des fonds ainsi que pDur le contrôle de toutes les opérations.
Art. 10. — La Caisse cantonale d'assurance au décès établit chaque année le bilan de ses opérations; un rapport détaillé est présenté annuellement au Grand Conseil sur sa situa- tion financière et ses opérations.
Art. 11. — L a Caisse c a n t t n a l e d'assurance au décès est alimentée :
1. par le produit d'une retenue de 2,50 % sur les successions en ligne directe;
2. par le produit des successions en déshé- rence;
3. par les indemnités au décès qui pourront être abandonnées par les ayants-droit;
4. par le produit des legs, donations et autres libéralités que la Caisse pourra rece- voir;
5. par les intérêts des capitaux ;
6. par les autres ressources qui pourront y ètre affectées par des lois spéciales.
Art. 12. — Le recouvrement des sommes provenant de la retenue établie sur les suc- cessions en ligne directe et des successions en déshérence s'effectue par les soins du dépar- tement des Finances qui en verse le montant à la Caisse d'assurance.
Art. 13. — Les sommes qui resteront dispo- nibles, après le payement des indemnités au décès et des frais d'administration, seront em- ployées :
a) pour une moitié, à la formation et à l'ac- croissement d'un Fonds de réserve destiné à faire face a u x cas de mortalité exception- nelle;
b) pour une moitié, à constituer un capital destiné à permettre, dans les conditions que déterminera la loi et avec les autres ressour- ces qu'elle pourra encore affecter à ce but, le servicejfune retraite ou rente viagère au pro- fit des vieillards et des invalides.
T I T R E II.
Dispositions transitoh-es et finales Art. 14. — Le Conseil d'Etat est chargé d'é- tudier les conditions dans lesquelles pourrait être organisée dans le canton une caisse de retraite pour la vieillesse et l'invalidité. II présentera après étude un rapport et un pro- jet de loi.
Art. 15. — L a présente loi Sera mise à exé- cution après avoir été soumise au référen- dum.
Neuchàtel, le 16 février 1894.
A u xoM DU CONSEIL D'ETAT :
Le Président.
COMTESSE.' Le Secrétaire,
CLERC.
Contre les anarchistes
Les articles 1, 2 et 4 du projet île loi du Conseil fédéral sur les délits contre la sûreté publique ont été raoditîés corn-, me suit par la Commission de rédaction du Conseil des Etats :
Art. 1
er. — Quiconque se servira de matières explosibles dans un but crimi- nel sera puni de 10 ans de travaux for- cés.
Art. 2. — Celui qui aura aidé à la préparation de matières explosibles, qu'il pouvait supposer être destinées à des crimes contre la sûreté des personnes ou des propriétés sera puni de 5 ans de travaux forcés.
Art. 4. — Quiconque encourage ou donne des instructions propres à encou- rager des crimes contre la sûreté des personnes ou des propriétés sera puni de 2 mois de prison au minimum.
Les autres articles ne subissent aucun changement.
La commission du Conseil des Etats a siégé le 21 courant à Berne; elle a adopté le projet suivant qui présente quelques changements avec celui de sa commission de rédaction :
Loi fédérale complétant le Code pénal fédéral du 4 février 1893 L'Assemblée fédérale de la Confédé- ration suisse, vu le message du Conseil fédéral du 18 décembre 1893;
En application de l'article 114 de la Cofîstitution fédérale et aux fins de com- pléter le Code pénal fédéral du 4 février 1853,
Arrête :
Art. I
e''. — Celui qui fait usage de matières explosibles dans une intention criminelle sera puni de dix ans de ré- clusion au moins.
Art. 2 — Celui qui, sachant qu'elles sont destinées à commettre des délits contre des personnes ou contre des pro- priétés, fabrique des matières explosi- bles ou donne des instructions pour leur fabrication, sera puni de cinq ans de ré- clusion au moins.
Art. 3. — Celui qui, sachant qu'elles sont destinées à commettre des délits contre des personnes ou des propriétés, reçoit, détient, transmet ou transporte des substances explosibles dans une au- tre intention que celle d'empêcher le dé- lit, sera puni de la réclusion.
Art. 4. — Celui qui, dans l'intention de répandre la terreur dans la popula- tion ou de compromettre la sûreté pu- blique, invite à commettre des délits con- tre les personnes ou les propriétés, ou donne des instructions en vue'de leur perpétration, sera puni d'un" emprison- nement de six mois au moins ou de la réclusion.
Art. 5. — Si les actes mentionnés à
l'article 4 sont commis par la voie de la
presse ou par des moyens analogues,
tous ceux qui ont copéré au délit (au-
teurs, instigateurs, complices, fauteurs)
LA FÉDÉRATION HORLOGERE SUISSE 103 sont punissables, et les articles 69 à 72
du Code pénal fédéral du 4 février 1853 ne leur sont pas applicables. Le !auteur peut être puni de l'amende seulement.
Art. 6. — Les délits énumérés aux ar- ticles 1 à 4 sont punis conformément
aux dispositions de la présente loi, s'ils
•ont été commis même à l'étranger con- tre la Confédération ou ses ressortis- sants.
Art. 6. — En cas de connexité d'un
<les délits mentionnés aux articles 1 à 4 avec des actes prévus et punis par le droit pénal cantonal, les tribunaux can- tonaux ont à connaître de ces derniers
Art. 8. — Clause référendaire.
Ce projet diffère en un certain nombre de points de celui qui avait été élaboré par le Conseil fédéral. Le délit de non- dénonciation a été supprimé. Les crimes qui sont visés par la loi ont été définis d'une façon ,plus précise de manière à ne pas compléter sur les codes pénaux cantonaux.
Conférene sur l'évolution sociale
M. l i d m o n d D e m o l i n s , d i r e c t e u r d e l a r e v u e p a r i s i e n n e l a Science sociale, a p a r l é v e n d r e d i s o i r , 16 m a r s , à l ' A t h é n é e , à G e n è v e , d e v a n t u n n o m b r e u x a u d i t o i r e r é u n i e n b o n n e p a r t i e p a r i n v i t a t i o n p a r t i c u l i è r e et q u i c o n s e r v e r a l e m e i l l e u r s o u v e n i r d e c e s s i x q u a r t s d ' h e u r e d e b r i l l a n t e c a u s e r i e . L e d i s t i n g u é p u b l i c i s t e s ' e x p r i m e a v e c c h a l e u r et c o n v i c t i o n , m a i s e n
d i s p o s a n t d ' u n f o n d s d ' é t u d e s tel q u ' e n p o s s è - d e n t b i e n r a r e m e n t l e s c o n f é r e n c i e r s e n s c i e n c e s o c i a l e .
S o n s u j e t é t a i t l ' é v o l u t i o n s o c i a l e a c t u e l l e et la n é c e s s i t é d e s'y a d a p t e r .
U n e t r a n s f o r m a t i o n c o m p l è t e d a n s l e s c o n - d i t i o n s d u t r a v a i l é c o n o m i q u e s ' e s t o p é r é e à l a s u i t e d e l ' i n t r o d u c t i o n d e l a h o u i l l e . L a p e t i t e i n d u s t r i e , q u i , j u s q u e l à , s e f a i s a i t p o u r a i n s i d i r e e n famille, a é t é r e m p l a c é e p a r l a g r a n d e i n d u s t r i e m é c a n i q u e . U n e c r i s e s ' e s t d é c h a î n é e et p l u s i e u r s p e u p l e s s e d e m a n d e n t d ' o ù v i e n - d r a le s a l u t . .
O r , l e s d i f f é r e n t e s p o p u l a t i o n s n ' o n t p a s r e s s e n t i d e l a m ô m e m a n i è r e l e s effets d e l a p e r t u r b a t i o n é c o n o m i q u e . M . D e m o l i n s d i s - t i n g u e t r o i s t y p e s d e s o c i é t é s , q u ' i l d é s i g n e p a r u n e t e r m i n o l o g i e sut generis p r o p r e à d é - r o u t e r o u t o u t a u m o i n s à é t o n n e r q u e l q u e p e u c e u x q u i n e s o n t p a s f a m i l i a r i s é s a v e c elle,
V o i c i d ' a b o r d c o m m u n a u t a i r e » n a i s s a n c e p a r m i
e s « s o c i é t é s à f o r m a t i o n C ' e s t u n t y p e q u i a p r i s l e s i m m e n s e s p o p u l a t i o n s p a s t o r a l e s d e l ' A s i e , v i v a n t d e l ' h e r b e , p r o d u i t n a t u r e l d e l e u r s p r a i r i e s ; il s ' é t e n d e n o u t r e s u r u n e p a r t i e d e l ' E u r o p e , l e m o n d e s l a v e . Ici l ' a r t a g r i c o l e a i n t é r ê t à p r a t i q u e r Ja c o m - m u n a u t é s u r u n e g r a n d e é c h e l l e . L e g r o u p e y p r é d o m i n e s u r l ' i n d i v i d u , l e q u e l s ' a p p u y a n t s u r le g r o u p e , n é g l i g e s e s a p t i t u d e s a u t r a v a i l e t c o m p r i m e l ' i n i t i a t i v e q u i p o u r r a i t v e n i r d e lui.
V o i c i a n s u i t e l e s « s o c i é t é s à f o r m a t i o n i n s - t a b l e » q u i o c c u p e n t p r e s q u e t o u t le c e n t r e et le m i d i d e l ' E u r o p e — l a F r a n c e e n t r e a u t r e s — p l u s l ' A m é r i q u e d u S u d . Ici l a c o m m u n a u t é de f a m i l l e a é t é d é t r u i t e . L ' i n d i v i d u c h e r c h e a l o r s s o n a p p u i d a n s s e s a s c e n d a n t s (il e n - t e n d ê t r e é t a b l i et m a r i é p a r e u x ) et d a n s l ' E t a t . E n f i n v i e n n e n t l e s « s o c i é t é s à f o r m a - t i o n p a r t i c u l a r i s t e » — n o r d d e l a S c a n d i n a v i e et d e l ' A l l e m a g n e , et s u r t o u t l e s A n g l o - S a x o n s d a n s l e s c i n q p a r t i e s d u m o n d e — o ù l ' i n d i v i d u n e s ' a t t e n d q u ' à s o i et fait s o n c h e m i n t o u t
s e u l . L ' é d u c a t i o n e s t c o m p r i s e . d e f a ç o n . à f a i r e d e s l i o r r i m e s a v a n t l a r e s p o n s a b i l i t é d e l e u r d e s t i n é e . P a s l à d e s o c i a l i s m e o u d ' a r - r a n g e m e n t d e f a m i l l e q u i d i s p e n s e n t l ' i n d i v i - du d e v o u l o i r e t d ' a g i r p o u r ' s o n c o m p t e .
C e t r o i s i è m e t y p e e s t Ie s e u l q u i s e s o i t a d a p t é a u x c i r c o n s t a n c e s é c o n o m i q u e s c r é é e s p a r l ' a p p a r i t i o n d e l a h o u i l l e . L o i n d ' e n souf- frir, il y a g a g n é , h a u s s a n t s o n é n e r g i e à l a h a u t e u r d e l a s i t u a t i o n n o u v e l l e .
E n F r a n c e et d a n s l e s s o c i é t é s d u d e u x i è m e t y p e en g é n é r a l , o n t e n d l e s b r a s a u s o c i a l i s - m e . M a i s q u e p e u t - i l d o n n e r ? Il a fait s e s p r e u v e s d a n s l e s s o c i é t é s d u p r e m i e r t y p e , c h e z l e s O r i e n t a u x i n d o l e n t s , o u l a c o m m u - n a u t é a u n e l a r g e p l a c e . U l e s a d é p r i m é e s . L e s o c i a l i s m e a p p a r t i e n t a u p a s s é ; c e n ' e s t p a s u n e c h o s e d ' a v e n i r . P o u r v a i n c r e d a n s l e c o m b a t , il n ' y a q u ' u n m o y e n : s e d i r i g e r r é - s o l u m e n t , p a r l ' é d u c a t i o n d e l a j e u n e s s e , d u c ô t é d e s  n g l o - S a x o n s , n o s m a î t r e s , e n t r a i n d e n o u s « a v a l e r » p a r t o u t .
M . D e m o l i n s , t r è s a p p l a u d i , n e c a m p t a i t p o u r t a n t p a s a u t a n t d e d i s c i p l e s q u e d ' a u d i - t e u r s . B i e n d e s r é s e r v e s s e s o n t é l e v é e s d a n s l e s e s p r i t s e n l ' e n t e n d a n t , m a i s il a p a r l é a v e c t a n t d ' i n d é p e n d a n c e s c i e n t i f i q u e , d e c o u r a g e et d e p e r s u a s i o n , qu'il n e l a i s s e r a à G e n è v e q u e d e s a m i s .
C ' é t a i t e n t o u t c a s t r è s neuf, c e t t e f a ç o n g é o g r a p h i q u e o u e t h n o g r a p h i q u e d e t r a i t e r l a q u e s t i o n s o c i a l e , a v e c d e u x g r a n d e s c a r t e s a c - c r o c h é e s a u m u r . M a i s n ' y a-t-il d o n c q u e l a r a c e p o u r e x p l i q u e r l e t e m p é r a m e n t d e s diffé- r e n t s p e u p l e s ? N ' y a-t-il p a s a u s s i , et s u r t o u t p e u t - ê t r e , le p r o c e s s u s h i s t o r i q u e , l ' é d u c a t i o n , l a r e l i g i o n ? :
Journal de Genève.
Cote de l'argent
du 23 Mars 1894
A r g e n t fin e n g r e n a i l l e s . . fr. 104»— l e k i l o .
ON DEMANDE
à r e p r é s e n t e r à V i e n n e et d a n s tout l e p a y s d ' A u t r i c h e - H o n g r i e u n e fa- b r i q u e d e m o n t r e s et d ' h o r l o g e r i e p o u r p o u v o i r faire a v a n t a g e u s e - m e n t le g r o s et le d e m i - g r o s . R é - p o n d r e franco à M . W . W i l l i a m , 10, R u e L o r d B y r o n , P a r i s . 2489
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