J. F. F RANÇAIS
Dynamique. Théorèmes nouveaux sur la rotation des corps solides
Annales de Mathématiques pures et appliquées, tome 3 (1812-1813), p. 209-212
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ROTATION DES CORPS.
209méthode,
aucontraire , l’oblige
à combattre adécouvert,
et vouasans doute
pourquoi
il larejette.
En
résumé,
que M. Wronskidéduise,
soit de saméthode,
soitde toute autre
qu’il
luiplaira d’employer ,
etqu’il
pourra même tenir secrète, si cela luiconvient ,
une réduite rationnelle pour le 5.medegré ,
conditionnée comme il annoncequ’elle
doitl’être,
etdès-lors
je
m’avouevaincu; j’ajoute
que , pour l’intérêt de lascience , je
désire vivement que laprovocation
solennelle queje
lui adressetourne à ma confusion et à sa
gloire.
Il pourra à la véritéparaitre
humiliant à un
esprit
aussisupérieur
que lesien ,
de s’abaisser à des détailsd’application , dignes
tout auplus
desEuler,
des Vander- monde et desLagrange ;
aussi sera-ce làl’épreuve unique
queje réclame-
rai de sa
complaisance;
mais encore faut-il bienquil justifie
sa missionQue si ,
aucontraire,
M. Wronskipersiste
às’envelopper
deténèbres,
et à ne nous offrir que des promesses ; s’il seborne,
ainsiqu’il
l’a faitjusqu’ici
àexpliquer
desénigmes
par d’autresénigmes ;
si en un mot il
néglige
delégitimer
ses assertions par des calculsrigoureux; je
serai autorisé à penserqu’il
écrit dans des pues toutil fait étrangères
à lascience,
et fondéconséquemment à
neplus
donner,
àl’avenir,
aucune attention à sesproductions.
DYNAMIQUE.
Théorèmes
nouveaux surla rotation des corps solides ;
Par M. J. F. FRANÇAIS , professeur
àl’école impériale
de 1 artillerie
et dugénie
Au Rédacteur des Annales;
MONSIEUR
JE
me suisoccupé’ , depuis quelque temps,
d’un travail queje comptais
faireparaître
dans vosAnnales,
sur le mouvement deTom. III 3o
2I0
ROTATION
rotation d’un corps
solide ;
mais le mémoire est devenutrop
volu-mineux pour que
je puisse ,
cettefois ,
sansindiscrétion , profiter
de l’offre
obligeante
que vous m’avez faited’y
insérer mespetites productions.
Je me vois doncobligé
de le faireImprimer séparément ;
mais,
pour mettre, àl’avance ,
lesgéomètres
enpossession
desprincipaux
résultats quej’ai obtenus , je
vais les transcrireici ,
envous
priant
de vouloir bien insérer cette lettre dans votre intéressant recueil.I. Dans le mouvement de rotation d’un corps
solide , qui
n’estsollicité que par des forces constantes, l’axe instantané décrit
toujours
soit un cône
elliptique
autour de l’un des axesprincipaux,
maximumou minimum
(*) ,
soit unplan passant
par l’axeprincipal
moyen.(**)
U. Tandis que l’axe instantané de rotation décrit un cône
elliptique
autour de l’un des axes
principaux,
maximum ouminimum,
cetaxe
principal
lui-même décrit un autre côneelliptique
autour del’axe du
couple d’impulsion primitive (***);
oubien ,
tandis que l’axe instantané décrit unplan passant
par l’axeprincipal noyen ,
cet axe décrit lui-même un
plan passant
par l’axe ducouple d’impulsion primitive.
I1L Le mouvement de l’axe
instantané ,
autour de l’axe ducouple d’irnpulsion primitive,
est donccomposé
de deux oscillationsclliptico- coniques
simultanées. Ces deux oscillations secomposent
en uneseule,
dont la nature
dépend
durapport qui
existe entre les axes dessections faites dans les deux cônes
elliptiques ,
et de la durée dechacune de ces deux oscillations
entières.
Si ces deux oscillationssont
synchrônes,
l’oscillation résultante le seraaussi ,
et rentrera en(*) Je nomme , pour
abréger ,
axeprincipal
maximum ou minimum, celui par rapportauquel
le moment d’inertie est un maximum ou un minimum.(**) Cette
proposition
est due à M. Duhuat,professeur à
récoleimpériale
del’artillerie et du
génie.
(***)
J’emploie
ici le motcouple
dans le sensqu’y
a attaché M.Poinsot,
poursimplifier
lesexpressions,
DES CORPS.
2IIelle-même , à
la fin dechaque
oscillationentière.
Si les durées des deux oscillationselliptiques
ne sont paségales,
mais sont entre elles dans unrapport commensurable,
l’oscillation résultante rentrera enelle-même
au bout d’un nombre d’oscillation déterminé par cerapport.
Enfin,
si les durées des deux oscillationselliptiques
sont entre elles dans unrapport incommensurable,
l’axe instantané oscillera autourde l’axe du
couple d’impulsion prinlitive,
endécrivant
un cônequi
ne se fermera
jamais.
IV.
Si,
pourchaque position
de l’axeinstantané ,
onprend ,
sursa
direction ,
unelongueur proportionnelle à
la vitesse derotation ,
pour
représenter
cettevitesse ,
àcbaque instant;
l’extrémité de l’axeinstantané ,
ainsidéterminée ,
décriratoujours
une courbeplane ,
située dans un
plan parallèle
à celui ducouple d’impulsion primitive, quelle
que soit l’oscillation de cet axe.V.
Lorsque
le corps commence à tourner autour d’un axeprincipal,
maximum ou
minimum,
cet axe coïncide avec l’axe ducouple d’impulsion primitive ,
et le corps continuetoujours à
tourner autourde cet axe ; ce
qui
n’a pas nécessairement lieu pour l’axeprincipal
moyen. Cet axe
principal
nejouit
donc pas , comme les deux autres, de lapropriété
d’ètre nécessairement un axepermanent
de rotation.VI. Je
démontre (
contrairement à uneproposition
de MM.Laplace
et
Poisson )
que, bienqu’un
corps ait commencé à tourner autour d’un axe très-voisin d’un axeprincipal,
maximum ouminimum,
ilpeut ,
dans la suite du mouvement, s’en écarter d’aussiprès qu’on
voudra d’un
angle
droit.VII. Je fais voir que les
solutions,
données par d’Alembert etpar M.
Poisson,
duproblème
de la rotation d’un corps ,sont
incom-plettes,
et ne résolvent que le cas d’un mouvement uniforme autour- d’un axe
principal.
VIII. Je détermine toutes les constantes du
problème , d’après
lescirconstances initiales du mouvement, et
je
donne les valeurs défi- nitives des coordonnéesd’un point quelconque après
letemps t
en coordonnées initiales et en fonctions du temps ; de sorte que
2I2
ROTATION DES
CORPS.dans
chaque
casparticulier ,
il ne reste que des substitutions etdeux
intégrations
à effectuer.Quant
au cas de deux momens d’inertieégaux, je
le résouscomplètement ,
et enquantités
finies.J’assigne
deplus ,
pour ce cas la condition nécessaire pour que le corps revienne à la mêmeposition,
et
l’époque
àlaquelle
il y reviendra.IX.
Enfin, je
discute les maxima et minima dont cettequestion
est
susceptible ,
et il résulte de cettediscussion ,
1.0
Que, quelles
que soient les circonstances initiales du mouve-ment, la vitesse
angulaire
totale atoujours
une valeurmaximum
et une valeur
minimum,
et que ces maxima et minima onttoujours lieu, quand
l’axe instantané passe par leplan
des axesprincipaux.
2.°
Que
le maximum alieu , quand
l’axe instantané passe par leplan
des axesprincipaux ,
maximum etminimum ,
etqu’alors
les vitesses
angulaires partielles ,
autour de ces deux axes, sont aussides
maxima,
tandis que celle autour de l’axeprincipal
moyen est nulle.3.°
Que
le minimum alieu , quand
l’axe instantané passe par leplan
de l’axeprincipal
moyen et de celui autourduquel
l’axeinstantané
oscille ,
etqu’alors
la vitesseangulaire partielle
autourde l’axe
principal
moyen est à sonmaximum ,
et celles autour desdeux autres axes
principaux
à leurminimum;
l’une d’elles étantnulle, savoir ,
celle autour de l’axeprincipal qui
n’est pas l’axe du cône décrit par l’axe instantané.4.° Que y
dans le casparticulier
où l’axe instantané se meut dansun
plan passant
par l’axeprincipal
moyen , le minimum alieu , quand
l’axe instantané coïncide avec cet axe
principal,
etqu’alors
la vitesseangulaire partielle
autour du même axeprincipal
est à sonmaximum,
tandis que celles autour des deux autres axes
principaux
sont nulles.Tels sont les