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Master 2 de Mathématiques Introduction à la mécanique quantique

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Université Paris 7 – Denis Diderot Année 2010/2011

Master 2 de Mathématiques Introduction à la mécanique quantique

Corrigé des exercices sur la physique statistique

1 Entropie de Shannon

On considère des expériences aléatoires avec n résultats a 1 , · · · , a n . On cherche à associer à chaque n et à chaque mesure de probabilité (p 1 , · · · , p n ) sur {a 1 , · · · , a n } une quantité qui mesure l’incertitude sur le résultat d’une expérience en connaissant juste les probabilités p 1 , · · · , p n de chaque événement. On notera, pour tout n :

H n : M[n] −→ R

(p 1 , · · · , p n ) 7−→ H (p 1 , · · · , p n )

la fonction qui, à chaque p 1 , · · · , p n , associe cette quantité, où M[n] est l’ensemble des probabilités sur {a 1 , · · · , a n }. Suivant Claude Shannon, on postule les axiomes suivants sur la famille de fonctions (H n ) n∈N .

(A1) Dans le cas équiprobable où p 1 = · · · = p n = 1/n, on note f (n) := H n

1 n , · · · , 1

n

et on définit ainsi une fonction f : N −→ R . On fait alors l’hypothèse que la fonction f est croissante (plus on a de choix, plus l’incertitude est grande).

(A2) Si on réalise deux expériences indépendantes : la première avec n 1 résultats équiprobables et la deuxième avec n 2 résultats équiprobables, alors l’incertitude associée à l’expérience qui associe les deux (et qui comporte alors n 1 n 2 résultats équiprobables) est la somme des incertitudes :

f (n 1 n 2 ) = f (n 1 ) + f (n 2 ).

(A3) Pour une expérience aboutissant à n = n 1 + n 2 résultats, si on regroupe les n 1 premiers résul- tats dans A = {a 1 , · · · , a n

1

} et les n 2 suivants dans B = {a n

1

+1 , · · · , a n }, alors l’incertitude totale H n (p 1 , · · · , p n ) est la somme de l’incertitude de savoir si le résultat sera dans A ou dans B (c’est à dire H 2 (p A , p B ), où p A = p 1 + · · · + p n

1

et p B = p n

1

+1 + · · · + p n ) et de la moyenne de l’incertitude sur le résultat dans {a 1 , · · · , a n

1

} sachant que le résultat y est et de l’incertitude sur le résultat dans {a n

1

+1 , · · · , a n } sachant que le résultat y est. Autrement dit :

H n (p 1 , · · · , p n ) = H 2 (p A , p B ) + p A H n

1

p 1

p A

, · · · , p n

1

p A

+ p B H n

2

p n

1

+1

p B

, · · · , p n

p B

.

(A4) Enfin la fonction p 7−→ H 2 (p, 1 − p) est continue .

Le but de cet exercice est de montrer que, si les axiomes (A1), (A2), (A3) et (A4) sont satisfaits, alors il existe une constante C telle que ∀n ∈ N , ∀(p 1 , · · · , p n ) ∈ M[n],

H n (p 1 , · · · , p n ) = −C

n

X

i=1

p i log p i . (1)

1) Montrer que, pour tout n ∈ N et pour tout s ∈ N , on a

kf(n) ≤ sf (2) ≤ (k + 1)f (n), où k est l’unique entier tel que n k ≤ 2 s < n k+1 . En déduire que

f (n) = f (2) log 2 log n.

1

(2)

Réponse — Soit n ∈ N et s ∈ N . Considérons k := sup{k ∈ N| n k ≤ 2 s }. Alors n k ≤ 2 s et 2 s < n k+1 . D’après (A2) on a : f (2 s ) = sf (2), f (n k ) = kf(n) et f (n k+1 ) = (k+1)f (n). Donc, comme f est croissante (A1),

n k ≤ 2 s < n k+1 = ⇒ kf(n) ≤ sf (2) < (k + 1)f (n) ⇐⇒ k

s ≤ f (2)

f (n) < k + 1 s . Mais comme n k ≤ 2 s < n k+1 implique pour des raisons analogues k slog log 2 n < k+1 s , on en déduit que

f (2)

f(n) − log 2 log n

< 1 s .

Comme comme cela est valable pour s ∈ N, on en déduit le résultat demandé. Dans la suite nous poserons C := f(2) log 2 , si bien que

f (n) = C log n.

2) Montrer que, pour p ∈ [0, 1], on a

H 2 (p, 1 − p) = −C [p log p + (1 − p) log(1 − p)] . On pourra pour cela considérer d’abord les cas où p = r/s ∈ Q.

Réponse — Supposons d’abord p = r/s, avec r ∈ N et s ∈ N , tels que r ≤ s. Considérons une expérience avec s résultats équiprobables et divisons les s résultats {a 1 , · · · , a s } en deux paquets A := {a 1 , · · · , a r } et B := {a r+1 , · · · , a s }. Nous appliquons alors (A3) :

H s

1 s , · · · , 1

s

= H 2

r s , s − r

s

+ r s H r

1 r , · · · , 1

r

+ s − r s H s − r

1

s − r , · · · , 1 s − r

qui nous donne :

f (s) = H 2

r s , s − r

s

+ r

s f (r) + s − r

s f (s − r) ou encore :

H 2

r s , s − r

s

= f(s) − r

s f (r) − s − r

s f (s − r) = r

s (f(s) − f (r)) + s − r

s (f (s) − f (s − r)).

En tenant compte du résultat de la question précédente, on obtient : H 2

r s , s − r

s

= −C r s log r

s − C s − r

s log s − r s ,

ce qui donne la relation demandée pour p = r/s. On déduit de la condition (A4) que cela est vrai pour tout p ∈ [0, 1].

3) Conclure en montrant (1) par récurrence.

Réponse — Nous venons de démontrer (1) pour n = 2. Supposons que nous ayons montré (1) pour H n −1 et montrons que cette relation pour H n . Nous divisons les résultats {a 1 , · · · , a n } d’une expérience en deux paquets A = {a 1 } et B = {a 2 , · · · , a n }. En appliquant (A3), on obtient :

H n (p 1 , · · · , p n ) = H 2 (p 1 , 1 − p 1 ) + p 1 H 1 (1) + (1 − p 1 )H n−1

p 2

1 − p 1

, · · · , p n

1 − p 1

.

En utilisant H 1 (1) = f (1) = C et les hypothèses de récurrence H 2 (p 1 , 1 − p 1 ) = Cp 1 log p 1 + C(1 − p 1 ) log(1 − p 1 ) et

H n − 1

p 2

1 − p 1

, · · · , p n

1 − p 1

= C p 2

1 − p 1

log p 2

1 − p 1

+ · · · C p n

1 − p 1

log p n

1 − p 1

, on en déduit le résultat.

2

(3)

2 Equirépartition de l’énergie

On considère un système de N oscillateurs harmoniques indépendants : l’état à un certain instant t de ce système est caractérisé par un vecteur z(t) = (z 1 (t), · · · , z N (t)) ∈ R N dont l’énergie est H (z(t)) où :

H (z) =

N

X

i=1

a i

z 2 i 2

et où les constantes a i sont toutes strictement positives. On munit R N de la mesure de probabilité dν = 1

Z(β) e −βH(z) dµ(z), où dµ(z) = dz 1 · · · dz N et Z(β) est tel que R

R

N

dν = 1. Calculer, pour tout i = 1, · · · , N, la valeur moyenne de l’énergie correspondant au degré de liberté numéro i, c’est à dire ha i z i 2 /2i ν et montrer que cette quantité ne dépend pas de a i .

Réponse —Voir le cours « Introduction à la physique statistique et à la mécanique quantique » (sur la page web), pages 97 à 99.

3

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