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INSTALLATION HYDRO-ÉLECTRIQUE DE LA PESCARA

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Academic year: 2022

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178 L A H O U I L L E B L A N C H E

tièdement opposé a u x excès d'un étatisme stérilisant ; n o u s c o m p t o n s sur vous pour défendre les intérêts de l'industrie nationale e n contribuant de toute votre influence à lui con- server la liberté d'action dont elle a besoin.

Enfin, M o n s i e u r le Ministre, permettez-nous d'appeler votre bienveillante attention sur la patente dont sont frappés les usines et ateliers qui empruntent a u dehors, sous forme de courant électrique, l'énergie motrice nécessaire à leur fonctionnement.

V o u s savez q u e l'Administration des Contributions Direc- tes a cru devoir, a u cours de ces dernières années, faire entrer dans l'estimation de la valeur locative de ces usines et ateliers, pour l'établissement d u droit proportionnel des patentes, n o n seulement la valeur des m a c h i n e s installées p o u r transformer en travail m é c a n i q u e l'énergie électrique qui leur est a m e n é e d u dehors, mais, encore, la valeur m a r - c h a n d e de cette énergie ; cependant, le courant électrique est u n produit qui peut être absolument assimilé à la houille employée pour le chauffage des m a c h i n e s à vapeur, et jamais les Contributions Directes n'avaient songé à ajouter, à la valeur locative des m a c h i n e s à vapeur d'une usine, la valeur de la houille achetée par l'usinier pour mettre ces machines en m o u v e m e n t .

A la suite de très vives réclamations de la plupart des C h a m b r e s de Gomuneroe de France, u n e proposition de loi

— signée d'un très grand n o m b r e de députés — a été pré- sentée à la C h a m b r e par M . le député Gazeneuve, pour régler cette grave question dans le sens qu'exigent, o n peut le dire, n o n seulement l'idée fiscale, m a i s encore le simple b o n sens, et n o u s s o m m e s heureux, M o n s i e u r le Ministre, de rappeler que votre n o m figure p a r m i ceux des signataires de cette proposition de loi.

L'Administration des Contributions Directes a reconnu elle-même qu'elle ne pourrait pas lutter contre u n tel m o u - v e m e n t d'opinion publique, et M . le Ministre des Finances vient de déposer, il y a peu de temps, sur le B u r e a u de la C h a m b r e u n projet de loi dont le premier paragraphe repro- duit dans des termes u n p e u différents la proposition Gaze- neuve, mais le second paragraphe comporte des restrictions dont, n o u s avons le devoir de vous souligner le danger.

D'après ce second paragraphe, la valeur locative, qui ser- virait de base au droit*proportionnel de la patente des usines et ateliers recevant leur force motrice d u dehors, serait établie par comparaison avec la valeur locative des autres établissements industriels de la m ê m e région.

E n d'autres termes, u n modeste atelier de serrurerie, qui fait m o u v o i r ses tours et SPS diverses machines-outils a u m o y e n de courant électrique e m p r u n t é à la distribution de la ville, sera taxé c o m m e s'il avait installé dans son atelier une coûteuse m a c h i n e à vapeur accomplissant le m ê m e travail.

N e voyez-vous pas, Monsieur le Ministre, qu'une telle fiscalité, qui n e tient a u c u n compte dirprogrès de la Science appliquée, v a à rencontre des intérêts les plus évidents d u pays ?

Il y a u n intérêt social de premier ordre à ce q u e le G o u v e r n e m e n t , loin de décourager ainsi le progrès, favorise autant qu'il le pourra la transformation d u vieil outillage mécanique et son r e m p l a c e m e n t par l'outillage perfectionné que l'énergie électrique, distribuée sur tout le territoire, actionnera dans les conditions les plus économiques, et a u grand avantage de la santé physique et morale de nos popu- lations ouvrières.

Les réseaux de distribution peuvent, en effet, permettre de décongestionner les villes, de disséminer l'industrie, de faire renaître dans bien des cas les ateliers cle famille. L'élec- tricité est l'instrument le plus souple et le plus puissant q u e n o u s ayons à notre disposition pour réaliser l'idéal de la Science appliquée.

Cet idéal, c'est de d o m i n e r les forces de la nature,, de les asservir, de les domestiquer, d'en faire les servantes dociles de l'homme, de sorte q u e l'ouvrier, a u lieu d'user pénible- m e n t sa force musculaire, ne soit plus jamais q u e le con- ducteur intelligent d'une m a c h i n e produisant sans fatigue les ouvrages les plus compliqués.

N'est-ce pas aller à rencontre des intérêts les plus évidents, d u pays q u e de ralentir par des m e s u r e s fiscales l'essor de cette transformation de l'outillage national ?

N o u s vous prions instamment, M o n s i e u r le Ministre, d'ap- peler l'attention d u G o u v e r n e m n e t sur les inconvénients que présenterait l'adoption d'un tel projet de loi et pour lui d e m a n d e r , a u contraire, de n e pas s'opposer à l'adoption de' la proposition de M . Gazeneuve et de ses collègues.

Depuis le peu de t e m p s q u e v o u s occupez le Ministère du C o m m e r c e , n o u s avons p u apprécier votre esprit libéral ; votre fonction est d'être le protecteur de l'Industrie ; nous, remettons entre vos m a i n s notre défense, persuadés que vous penserez avec n o u s q u e les intérêts dont n o u s n o u s préoc- c u p o n s n e sont pas seulement les intérêts privés de quelques industriels, m a i s qu'ils concordent avec l'intérêt général de fa nation.

INSTALLATION HYDRO-ÉLECTRIQUE DE LA PESCARA

L a Socielà Italiand Elecirochimica a o b t e n u la conces- sion d'une dérivation d e 30 m3 à la s e c o n d e d e la rivière Pescara, sur la c o m m u n e d e Popoli, province d'Aquiia, depuis le confluent d u Tirino jusqu'à Piano d'Orte, lui per- mettant d e réaliser u n e chute totale d e 0 9m2 0 . P o u r diverses raisons, à la fois techniques et é c o n o m i q u e s , la Société a divisé la chute e n d e u x tronçons. L e p r e m i e r utilise une' c h u t e d e 2 7m6 0 , a v e c u n e usine hydro-électrique à « T r e Montu, capable d e développer 8 300 c h e v a u x ; le s e c o n d utilise u n e chute d o 71r a60, a v e c u«ine hydro-électrique à Piano d'Orte, d'une puissance d e 21 500 c h e v a u x .

N o u s allons d o n n e r ici quelques renseignements sur l ' a m é n a g e m e n t d e la p r e m i è r e chute.

L e barrage d e dérivation a 30i n85 d e largeur, et, est cons- titué p a r 5 v a n n e s m o b i l e s verticales, d e 5 m . d e largeur et d e 2 m . d e hauteur, qui s'appuient sur d e s piles intermé- diaires de lm3 0 d e largeur.

L a prise d'eau se fait a u m o y e n d e 12 ouvertures obli- q u e s , d e 3 m . d e largeur s u r 0m8 0 d e hauteur, séparées par d e s piles e n béton à ossature métallique. L e seuil de ces ouvertures est à 0m9 0 e n contrehaut d e celui d e s vannes du barrage, d e m a n i è r e à éviter l'introduction d e s galets dans la c h a m b r e d e décentation, ainsi q u e d a n s le canal d'amenée, C h a q u e ouverture est en outre m u n i e d'une v a n n e d'arrêt.

L e bassin d e décantation fait suite à la prise d'eau, et est m u n i de d e u x v a n n e s d e p u r g e accolées, d e 7r aG0 de largeur totale. Cette c h a m b r e est divisée e n d e u x parties par une grille, d e 34 m . d e longueur. L e n i v e a u d e l'eau y est m a i n t e n u constant a u m o y e n d u n déversoir d e superficie, qui rejette a u t o m a t i q u e m e n t d a n s la Pescara les eaux s u r a b o n d a n t e s . E n tête d u canal de dérivation se trouvent 2 v a n n e s d e 3i n4 0 x 2r a9 5 , destinées à l'isoler e n cas d'accident.

L e canal d ' a m e n é e a d'abord u n e section rectangu- laire, d e 7™60 d e largeur, sur les 23 p r e m i e r s mètres, puis il prend ensuite u n e section trapézoïdale a v e c parois m a ç o n n é e s , inclinées à 45°. L e canal a u n e longueur de 314 m . et u n e pente d e 0,5 millimètre par m è t r e ; sa section transversale utile est d e 25,80 ni2, et sa capacité de 40 m3, à la s e c o n d e . A la suite d e co canal à ciel ouvert se trouve u n e galerie m a ç o n n é e d e 2 2 3 5 m . d e longueur. L a section transversale d e cette galerie est c o m p o s é e d'un rectangle, d e "3m25 d e hauteur s u r 4»'50 d e largeur, s u r m o n t é d'une voûte d e 0m 90 d e flèche ; la pente est d e 0,8 millimètre par mètre, ot la surface utile d e 17,40 m è t r e s carrés.

Article published by SHF and available athttp://www.shf-lhb.orgorhttp://dx.doi.org/10.1051/lhb/1908055

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L A H O U I L L E B L A N C H E '179

La c h a m b r e d é m i s e en c h a r g e a u n e capacité d e 1 750 m ^ , et est entièrement creusée d a n s le rocher. Elle est consti- tuée par u n e galerie principale, d e 30 m . d e l o n g u e u r et d e :8 m . de largeur, d'où se détachent trois autres galeries, à angle droit a v e c la première, d e 13 m . d e l o n g u e u r et ayant respectivement 7 m , 7 m . et 3 m . d e largeur. A l'extrémité .des deux premières galeries s'en détachent d e u x autres,

de 1 m . de l o n g u e u r et d e 5m8 0 d e largeur, d'où partent les i conduites forcées principales. Ultérieurement, u n e cin- quième conduite partira d e la troisième galerie précitée.

La c h a m b r e d e m i s e e n c h a r g e est m u n i e d'un déversoir, de vannes d e p u r g e , d e grilles et d e v a n n e s d'arrêt pla- cées i m m é d i a t e m e n t en a v a n t d e s conduites forcées.

Les 4 conduites forcées principales ont 2'"20 d e diamètre et 100 m . d e l o n g u e u r ; u n e petite conduite d e 0m6 0 alimente m outre lesexcitatrices.Elles ont u n e épaisseurde 5 à 7 m m . , et sont renforcées tous les lm8 0 p a r d e s a n n e a u x e n fer cornière.

L'usine génératrice d e T r e M o n t i c o m p r e n d u n corps principal de bâtiment, d e 45 m . d e long sur 15 m . d e large

«t 12 m . de haut, et d'une a n n e x e à d e u x étages, d e 31™50 sur 7 m . d a n s lequel se trouvent, a u rez-de-chaussée, le tableau général et les transformateurs, et, au-dessus, le départ de la ligne d e transmission.

L'usine c o m p o r t e à l'heure actuelle 4 g r o u p e s électro gènes de 2 8 0 0 H P , dont u n d e réserve et d e u x g r o u p e

«l'excitation de 150 H P c h a c u n . L e s grosses turbines sont doubles, d u type Francis, centripète parallèle, à aspiration les aubes sont mobiles. L e s alternateurs sont à induit fixe 61 inducteurs tournants. Ils produisent d u courant triphasé à 6 000 volts, 45 périodes, à la vitesse de 270 tours par minute. L e s exitatrices tournent à 400 tours.

Une partie d u courant alternatif est élevé à la tension de 25000 volts a u m o y e n d e 4 transformateurs m o n o p h a s é s (dont 1 de réserve) d e 150 K . V A . connectés en étoile. L e reste est utilisé directement à la tension d e 600 volts.

Delà centrale d e T r e M o n t i partent 3 lignes de distribu- tion, qui sont m u n i e s c h a c u n e d'interrupteurs a u t o m a t i q u e s et de déchargeurs S i e m e n s W u r t z à jet d'eau.

U n e première ligne, l o n g u e d e 3,2 k m s , fournit d u cou- rant à 000 volts à \a.Socielà Ilallana de.IV Aluminio à Bussi.

Elle est constituée par 6 fils d e 78 m m2 d e section, supportés Par des poteaux métalliques.

Une seconde ligne, d e 10 k m s , fournit d u courant à 0000 volts à la Sojielà dei prodoti azolati, à P i a n o d'Orte- Elle est constituée par 3 fils d e 40 m m2, supportés par des Poteaux en bois.

Enfin, u n e troisième ligne fournitdu courant à 25 000 volts à la Società Imprese Elettriche Abruzzesi, à Castellamare et à Francavilla. Elle est constituée p a r 3 fils d e 5 m m . d e diamètre.

M . P.

+

T H É O R I E D U D É V E R S O I R

N o t e s d e M . BOUSSINESQ, d e l ' A c a d é m i e des Sciences (Suite)

Théorie de l'écoulement sur u n déversoir vertical en mince paroi et sans contraction latérale: cas de la nappe ondulée, et son raccordement au cas de la nappe plongeante (*).

I. — L o r s q u e , d a n s l'écoulement d e l'eau sur u n déver- soir vertical en m i n c e paroi, tenant toute la largeur d u canal c o m p r i s entre d e u x m u r s verticaux parallèles,la n a p p e de d é v e r s e m e n t est noyée en dessous par u n e m a s s e d'eau tourbillonnante, dont la pression au niveau d u seuil égale u n e fraction d o n n é e N' de la pression p^/jquis'y exercerait, à l'état d e repos, si le niveau avait partout, au-dessus d u seuil, sa hauteur h d ' a m o n t (dite hauteur de charge), le coefficient m d u débit mh ]/'igh par unité de longueur d u déversoir est u n e certaine fonction d e N', dont j'ai indiqué o u m ê m e effectué à très p e u près le calcul d a n s u n e note d u IE R juillet 1 9 0 7 , p o u r les valeurs d e Ny comprises entre

— GO et 0 , 8 . A cette limite N' = 0 , 8 , u n certain paramètre k, relié c o m m e l'indique la formule :

T, I k

au quotient d u rayon R0 d e courbure des filets fluides infé- rieurs (à la traversée de la section contractée) par l'épais- seur correspondante rt d e la n a p p e , devient égal à 1, après avoir crû à partir de zéro p e n d a n t q u e N' passait de

— 00 à 0 , 8 . D o n c , à ce m o m e n t o ù N' = 0 , 8 , les filets fluides sont sensiblement rectilignes à la traversée de la section contractée, après y avoir été, au début, fortement concaves vers le bas.

O r , les accroissements successifs de N' se produisent, effectivement, à m e s u r e qu'on relève le niveau d'aval o u niveau de l'eau d a n s le canal de fuite, en abaissant de plus en plus u n e v a n n e située à quelque distance en aval d u déversoir; et ce niveau excède notablement le seuil au m o m e n t o u A " = 0 , 8 . Dès lors, la n a p p e , sans courbure sensible à la traversée d e la section contractée (où elle est presque horizontale encore), n'a plus à descendre p o u r se joindre à l'eau stagnante o u tourbillonnante d'aval ; et elle cesse de plonger au sein de cette eau, o u de s'y noyer c o m - plètement, p o u r s'étaler s i m p l e m e n t à sa surface et ne rester dès lors noyée quen dessous. M . Bazin a observé, en effet, qu'elle se tient à la surface libre ; et il l'a appelée nappe ondulée, en raison de quelques ondulations q u elle y pré- sente.

Il est clair q u e , si l'eau d'aval se relève encore plus, et rend supérieure à 0 , 8 la pression relative N' sous la n a p p e ,

(*) S é a n c e d u 23 m a r s 1908,

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