J.
LE DUINRA Laboratoire de Recherches sur la Traite
Domaine de la Motte-au-Vicomte B. P. 29
35650 Le Rheu
La traite
mécanique
des chèvres
En France, malgré
uneconj oncture difficile, la production de lait de chèvre connaît
uneexpansion (+ 13 %
en1987) qui s’accompagne d’un
accroissement de la taille des élevages. Les activités liées à la traite peuvent représenter plus de 50 % du temps de travail et freiner les possibilités
de développement. Heureusement, il existe des possibilités variées
pour aménager les conditions de travail de l’éleveur.
Traditionnellement, l’élevage caprin
est considéré comme une activitémarginale
orien-tée vers la fabrication de
fromages
fermiers etnécessitant peu d’investissement. Or, on assiste à la
disparition
despetits
troupeaux(moins
de20 chèvres traites à la
main) compensée
par la création de nouveauxélevages
de 50 à 200 chè-vres. Dans ces conditions
plus
intensives où l’ateliercaprin
constitue souvent l’activitéprin- cipale
del’exploitation,
la mécanisation de la traite doitobligatoirement
êtreenvisagée
pour mieuxgérer
la main-d’oeuvre et diminuer lapénibilité
du travail.Dans tous les cas, l’éleveur est confronté aux
mêmes
problèmes :
choisir une installation detraite
plus
ou moins mécanisée voire automati- sée et définir uneorganisation
rationnelle deson travail.
Pour diminuer le temps de travail et mieux
l’organiser,
il fauts’interroger
sur l’utilité decertaines
opérations.
Faut-il laver lepis
avant latraite ?
Pratiquer
unégouttage après
la traite ?Distribuer un aliment
pendant
la traite ? Faut-iladopter
des intervalles de 12 heures entre traites ? Peut-onsupprimer
certaines traites,par
exemple
le dimanche soir, ou traire une fois parjour
en fin de lactation ?Lorsqu’on
a atteintun haut
degré d’organisation
du chantier de traite, le choix de la machine à traire propre- ment dit revêt uneimportance particulière.
Eneffet,
l’obtention d’une bonne traite, avec unevidange
dupis rapide
etcomplète,
sans trau-matisme des
trayons
et sansproblème
de mam- mites,dépend
engrande partie
de la concep- tion des composants de la machine à traire et duréglage
de sesparamètres
de fonctionne- ment.1 / Les installations de traite
Depuis
1974,plusieurs enquêtes
ont été conduites en France parl’ITOVIC, qui
propo- sent desplans
types d’installation. Un bon aperçu des conditions de traite obtenues estdonné par Disset
(1974),
Le Mens et al(1978)
etLe Jaouen (1981). ).
1.
1
/ La traite
enchèvrerie
Il est
possible
de monter une installation de traitemécanique
dans la chèvrerie. Engénéral,
une
plate-forme
de 0,80 m à 1 m de haut estRésumé
.Avec une machine à
traire,
le nombre de chèvres traites par heure estindépen-
dant de la vitesse de traite individuelle de
chaque
animal si l’ondispose
d’unnombre suffisant de
faisceaux-trayeurs. Mais,
pouroptimiser l’emploi
de la main-d’!uvre,
il fautenvisager
desupprimer
des interventions manuelles telles que lelavage
dupis
etl’égouttage,
de moduler les intervalles entre traites voire de sup-primer
certaines d’entreelles,
parexemple
en trayant une fois parjour
en fin de lactation. Lespertes
de lait demeurent souventacceptables
et untrayeur
habilepeut
traire, sansproblème
demammites, jusqu’au
240 chèvres en une heure dansun
manège
bien conçu.L’équipement
de traite pour chèvres a été peu étudié. Unefréquence
depulsation
de 70 à 100
pulsations
parminute ;
unrapport
de succion de 50 à 70 % et unniveau de vide de 36 à 44 kPa
apparaissent justifiés.
D’autrescaractéristiques
telles que la hauteur dulactoduc,
letype
demanchon,
lepoids
dufaisceau-trayeur
et le volume de la
griffe
semblent avoir moinsd’importance. Habituellement,
le volume de lagriffe
et lacapacité
de la pompe à vide sontplus
élevés que pour les vaches bien que les raisons ne soient pas clairement établies.construite pour recevoir les animaux
qui
accè- dent auxcornadis,
attirés par une distribution d’aliments concentrés. La traite se fait leplus
souvent en bidons car l’installation d’un lacto- duc est rarement
envisageable
dans une chè-vrerie. La traite en chèvrerie
présente quelques
avantages. Elle évite la construction d’une salle de traite et peut conduire à ungain
de tempscar la circulation des animaux est diminuée.
Par contre, la traite s’effectue dans des condi- tions peu
hygiéniques qui peuvent
nuire à une bonne fabricationfromagère.
Deplus
le trayeur travaille dans des conditions inconfortables sur du fumier et au milieu des animaux. Pour tra-vailler dans de bonnes
conditions,
il faut amé-nager une salle de traite
équipée
dequais
detraites
(installations statiques)
ou d’unmanège
de traite.1.
2
/ Les quais de traite
Il existe
quatre types
dequais
surélevés par rapport au sol(figure 1).
Demultiples
variantessont
possibles
pourvu que l’on respecte lesrègles
suivantes :- les chèvres sont en
général bloquées
auniveau de la tête dans un cornadis et une distri- bution de concentrés
peut
être effectuée(sauf
avec un
tunnel),
- le nombre de stalles sur un
quai,
limité à 4 ou5 avec un
tunnel,
peut atteindre 24 avec lesautres
quais,
- au lieu d’avoir un seul
quai (quai simple),
onpeut disposer
2quais
côte à côte(quai double).
Ils sont en
général séparés
par une fosse où setiennent les trayeurs,
- un trayeur peut utiliser 2 à 8 faisceaux-
trayeurs. L’équipement
pourra être d’un fais- ceau-trayeur par chèvrelorsque
le nombre destalles est faible. Dans les
grandes installations,
il est courant d’utiliser un faisceau pour 2 chè-vres ou même un faisceau pour 4 chèvres.
Avec la traite
mécanique,
le nombre de chè-vres traites par heure peut être
indépendant
dela vitesse de traite et de la
production
laitièredes animaux si le nombre de
faisceaux-trayeurs
est suffisant. Celui-ci doit donc être choisi
après
mûre réflexion car il conditionne le nom-bre de chèvres que l’on pourra traire par homme et par heure.
Les
enquêtes
montrent que lesproductivités
sont extrêmement variabes.
Selon,
Le Mens(1981)
un homme trait par heure entre 23 et 107 chèvres pour desproductions journalières
de 1,7 à 3,0 litres de lait. Le tableau 1 montre
qu’il
n’existe pas de relation nette entrel’équi- pement
dontdispose
le trayeur(nombre
destalles et de
faisceaux)
et laproductivité.
Enfait,
nous verrons que lesproductivités
lesplus
élevées sont atteintes seulement si l’on choisit de
simplifier
voire desupprimer
certaines inter- ventions manuelles dutrayeur
telles que lelavage
avant la traite(préparation)
etl’égout-
tageaprès
la traite.1.s / Les manèges de traite
Dans les salles de traite rotatives,
appelées
« manèges
de traite », les chèvres et les fais-ceaux trayeurs sont
portés
par uneplate-forme
mobile en rotation. Il existe de nombreux types
conçus selon les mêmes
principes
que pour lesvaches
(Le
Mens1977)
permettant tous les modes de traitepossibles :
parl’arrière,
par le côté, par l’avant.Lorsque
lemanège
de traiteest apparu en France vers 1970, il était le
plus
souvent conçu et construit par l’éleveur pour
un faible coût.
Actuellement, plusieurs
constructeurs proposent des
manèges
de traite.Pour un seul trayeur, ils
comportent
de 4 à 8 stalles avec un faisceau par stalle. D’autresconfigurations
sontpossibles.
On peut parexemple,
avoir 10 à 12 stalles avec un faisceauet 2 trayeurs ou un faisceau pour 2 stalles et un
seul trayeur.
Les
productivités
réelles sont très variables : de 40 à 130 chèvres traites par homme et par heure(Le
Mens1977).
Il faut noter que les ren-dements les
plus
faibles sont souvent obtenus dans desmanèges
conçus pour un seultrayeur
et utilisés par deux
(tableau 1).
Enfait, lorsque
l’installation est
parfaitement
conçue, la pro- ductivité peut être très élevée. LeJaouen
et al(1984)
cite le cas d’unmanège
à 8 stalles avecun diamètre intérieur de 2,1 m où se trouve le
trayeur qui possède
une console pour contrôler les mouvements dumanège.
Sanslavage
dupis
et sans
égouttage,
des essais dans 3 fermes dif- férentes ont conduit à desproductivités
de 176,221 et 356 chèvres traites par heure. Actuelle- ment, un
manège
de traite bien conçu avec un minimum d’automatismes semble être la meil-leure solution pour traire dans des conditions intensives. Un trayeur
expérimenté peut
trairepar heure 240 chèvres donnant 3,5 litres de lait par
jour
s’il utilise unetechnique
de traite sim-plifiée
aux maximum.2 / Les techniques de traite
et l’organisation du travail
Les
possibilités
desimplifier
lestechniques
de traite et de moduler les horaires ont été l’ob-
jet
de nombreuses études chez la vache et la brebis laitières. En cequi
concerne lachèvre,
ilexiste peu de travaux fiables et nous serons
souvent conduits à décrire les situations obser- vées en ferme.
2.i / Le lavage du pis
Outre son rôle
hygiénique,
lelavage
dupis
crée un massage de la
glande susceptible
dedéclencher un réflexe
d’éjection
du lait telqu’on
l’observe chez la vache. Or, dans un essaisur 78
chèvres,
Ricordeau et Labussière(1970)
n’ont détecté aucun effet du
lavage
dupis
sur le temps de traite et laproduction
de lait. Chez laLe
nombre
dechèvres
traites par personne et parheure
est trèsvariable
mais il n’existe pas derelation
nette entre cetteproductivité
etl’équipement dont
dispose
letrayeur.
La
technique
detraite
peut
êtresimplifiée
ensupprimant l’égouttage
dupis :
cela ne réduit que
faiblement
laquantité
de laitproduite
et n’a pasd’effet sur l’état t sanitaire de la
mamelle.
chèvre,
il semble que le fait de poser lesgobe-
lets trayeurs sur le
pis
soit suffisant pour stimu- ler le réflexed’éjection
du lait. Les mêmesrésultats sont obtenus chez les brebis laitières
qui
sonttoujours
traites sans massagepréalable
de la mamelle
(Labussière
etal 1978).
Le Mens
(1984)
observequ’un lavage biquoti-
dien de la
mamelle,
en diminuant la résistance de la peau auxagressions microbiennes, peut
accroître les
problèmes
sanitaires et enparticu-
lier lesrisques
de mammites. Lelavage
dupis, qui
est uneopération
coûteuse en main-d’ceu-vre, devrait
pouvoir
êtrepratiqué
defaçon
occasionnelle
lorsque
la mamelle est sale.2.
2 / L’égouttage
En fin de traite,
l’égouttage
machine consisteà
pratiquer
une traction sur lagriffe
ou lesgobelets
tout en massant lepis
pour levidanger complètement.
Outre le fait d’obtenirplus
delait,
on considère souvent que cettemanipula-
tion du
pis
est un bon moyen de surveiller l’état sanitaire etimplicitement
deprévenir
les mam-mites.
Le volume de lait obtenu par
égouttage
esttrès variable d’un
troupeau
à un autre : de 40 à200 ml par chèvre selon Le Mens
(1981).
Il peutreprésenter
une fractionimportante
de la pro- duction totale : 18 % selon Ricordeau et Labus- sière(1970).
En outre, ildépend beaucoup
de laconception
de certains composants de la machine à traire(manchon-trayeur)
ainsi quedu choix de certains
paramètres (rapport
depulsation).
Onconçoit
doncqu’il
est d’autantplus
facile desupprimer l’égouttage
que ces facteurs de variation sont mieux maîtrisés.De nombreuses études chez la vache mon- trent que la
suppression complète
del’égout-
tage réduit laproduction
laitière de 3 % enmoyenne et
qu’il n’y
a pas d’effets nocifs sur leplan
sanitaire.Quelques
travaux chez la chèvreSur le même
troupeau
del’INRA,
la suppres- sion de la traite du dimanche soir,pendant
toute la lactation réduit la
production
de lait de4,2 à 4,6 % et celle des matières grasses de 2,8 à 3,0 %. Ces résultats sont confirmés par des observations faites dans des
élevages
avec desniveaux de
production
de l’ordre de 500kg (Le
Mens
1978).
En commençant à
supprimer
la traite du dimanche soiraprès
un mois, deux mois oucinq
mois delactation,
lesproductions
laitièressont réduites dans des
proportions qui
demeu-rent
acceptables : respectivement
4,5%,
3,1 %et 1,2 %. Aucun des
systèmes expérimentés
n’aconduit à une
dégradation
de l’état sanitaire.Toutefois,
lasuppression systématique
ou occa-sionnelle de la traite du dimanche a pour
conséquence
de modifier dans lesjours
sui-vants la
production
et lacomposition
dulait, qui
redeviennent normaux seulement le mer-credi soir ou
jeudi
matin. Ceci constitue un inconvénient pour la fabrication fermière defromage.
En outre, selonMocquot (1980),
« ilfaut insister sur l’inconvénient
majeur
quepré-
sente
l’adoption
non maîtrisée de cespratiques
dans lesélevages
adhérents au contrôle laitier.Actuellement,
aucundispositif
nepermet
deprendre
en compte ces différentesoptions
pour le calcul des lactations et l’indexation desreproducteurs ».
3 / L’efficacité de la machine à traire
Le matériel de traite
s’inspire
de celui utilisé pour les vaches ou pour les brebis laitières carles aspects
spécifiques
à la chèvre ont été peu étudiés. D’une part, on atoujours
considéréque la traite des chèvres pose moins de pro- blèmes que celle des vaches et des
brebis,
d’au-tre part, les
industriels,
considérant laproduc-
tion
caprine
commemarginale
hésitaient à investir dans un marché limité.3.
1 / La pulsation
Il est
possible
de traire les chèvres dans les mêmes conditions que les vaches à la fré- quence depulsation
de 60pulsations
par minute(p/min) (Le
Du etBenmederbel, 1984)
mais, selon certainsphysiologistes,
des fré-quences
plus
élevées seraientjustifiées
pour intensifier le réflexed’éjection
du lait(Grachev
1953 ; Tverskoi et al
1984).
Chez la brebis aumoins, de nombreuses
comparaisons
entre 60p/min
et 180p/min pendant
des lactationscomplètes
montrent les avantages d’une fré- quence élevéequelles
que soient les conditionsexpérimentales :
race debrebis,
méthode de traite, type demachine,
etc...(Le
Du1985).
Avec la
fréquence
laplus
élevée depulsation,
une
vidange plus complète
dupis
conduit à desaccroissements
significatifs
de laproduction
delait et de matières grasses
(tableau 2).
En com- parant 120 et 180p/min
sur deux lots de 115 brebispendant
une lactationcomplète,
Casu etCarta
(1974)
ontobservé,
à 180p/min,
unaccroissement de la
production
de lait(2,9 %),
de la
quantité
de matières grasses(3,4 %)
et decelle de matières azotées
(5,1 %).
Encontrepar-
tie, lesfréquences
très élevéesprésentent
desinconvénients : nécessité de
pulsateurs
électro-niques
avec relaisélectromagnétiques,
accrois-sement du
bruit, risque d’engorgement
du fais-ceau par le lait pour des débits
importants.
Auvu de nos connaissances
actuelles,
il semblequ’une fréquence comprise
entre 70 et 100p/min représente
un boncompromis
pour leschèvres dans les conditions
françaises (tableau
3).
Une
fréquence
depulsation
élevéepermet
unevidange plus complète du pis.
Parcontre,
unrapport
depulsation
élevé
rend difficile
cette
vidange
etrisque
deprédisposer l’animal
aux mammites.
Comme pour les
vaches,
le rapport depulsa-
tion est le
principal
facteur déterminant le débit d’écoulement du laitqui
croît de 23 % lors-qu’on
passe d’un rapport depulsation
de 50 à75 %.
Toutefois,
bien que laproduction
de laitne soit pas
affectée,
lavidange
dupis
estplus
difficile
puisque
le volumed’égouttage
croît de27 %
(Ricordeau
et Labussière1970).
En outre,comme certaines observations montrent que les
rapports
lesplus
élevéspourraient dégrader
l’état sanitaire du
pis (mammites),
les construc-teurs tendent actuellement à éviter les
rapports
depulsation supérieurs
à 70 %(Darracq
et al1978).
Des valeurscomprises
entre 50 et 70 % de succion semblent raisonnables(tableau 3).
3.
2 / Le niveau de vide
Un accroissement du niveau de vide conduit à une diminution des temps de traite mais
représente
unrisque
deprédisposer
l’animalaux mammites. Aussi, pour la
chèvre,
lesconstructeurs
adoptent
des niveaux de videallant de 36 à 44
kPa, légèrement plus
faiblesque pour la vache et similaires à ceux
qui
sontutilisés
pour la brebis(tableau 3).
Parfois,
un double vide est utilisé afin d’ac- croîtrel’amplitude
du mouvement du man-chon. Dans ce cas, le vide de
pulsation (espace
annulaire du
gobelet)
estplus
élevé que le videde traite
(intérieur
dumanchon).
Enpratique,
ce
système
neprésente
aucun avantage que ce soit pour les chèvres(Le
Mens et al1984)
oupour les brebis
(Le
Du etal 1978).
Par contre, ilexiste très
probablement
unrisque
d’endom-mager les tissus du trayon et de déclencher des mammites.
vaches ne semblent pas être très bien établies.
Il existe de nombreux cas où des
capacités
depompe inférieures donnent entière satisfaction.
Avec les
vaches,
on admet engénéral qu’un faisceau-trayeur
nécessiteapproximativement
45 1/min
(Doane
et al1980)
à 60 1/min(Akam 1977).
Aussi, selonSpencer (1982),
uneméthode réaliste pour définir la
capacité
mini-male de la pompe à vide serait de définir une
réserve de base pour la
manipulation
des fais- ceaux-trayeurspuis d’ajouter
« 60 à 80 1/minpar faisceau ». La norme
française
suitplus
oumoins cette
règle
mais, onpeut
continuer às’interroger
sur la valeur à donner à la réserve de base.Conclusion
Les recherches sur la traite sont concentrées
sur la vache laitière
qui représente
uneproduc-
tion
largement prépondérante.
Grâce aux tra-vaux effectués notamment par
l’INRA,
on saitégalement
conseiller l’éleveurqui
souhaitetraire des brebis laitières. Par contre, les cher- cheurs et les constructeurs de matériel ont accordé moins d’attention à la
production caprine
traditionnellement considérée commemarginale.
Il existe peu de références et elles concernent surtout les races Saanen etAlpine.
Il convient donc d’être
prudent
pourguider
l’éleveur dans un choix raisonné. Pour minimi-
ser les
risques,
il sera souvent conduit àadapter
des solutions
qui
semblent satisfaisantes pour des conditionsd’élevages
similaires auxsiennes. Elles
peuvent
êtreinapplicables
si lecontexte
socio-économique
est différent.Que ce soit avec un
simple quai
de traite ouavec un
manège
de traiteplus complexe,
pour traire ungrand
nombre de chèvres àl’heure,
ilest
indispensable
d’avoir unetechnique
detraite
simple.
On doit s’efforcer de traire sanslavage préalable
dupis
et sanségouttage après
la traite car ces deux
opérations
sont lesplus
coûteuses en main-d’œuvre.
Pour diminuer la
pénibilité
dutravail,
onpeut décaler les horaires des traites et il
n’y
apas d’inconvénients à
adopter
des intervallestrès
inégaux
entre elles en trayant parexemple
à 8 heures et 16 heures.
S’il faut libérer la main-d’œuvre pour d’au-
tres travaux, l’éleveur a la
possibilité
de réduirela
fréquence
des traites. Ensupprimant
celle du dimanche soir ou entrayant
une fois parjour
vers la fin de la
lactation,
dans certaines condi- tions, les baisses deproduction peuvent
êtreacceptables. Toutefois,
il y a desrépercussions importantes
sur laproduction
et lacomposition
du lait.
L’adoption
non maîtrisée de tellesprati-
ques
présente
des inconvénientsmajeurs
non seulement pour la fabricationfromagère
maissurtout pour le contrôle des
performances
lors-que les
élevages
adhèrent au contrôle laitier.Il faut
souligner
que cespossibilités
de dimi-nuer les contraintes liées à la traite
impliquent
une bonne
adaptation
du matériel à laphysio- logie
de l’animal. On considère engénéral
que la chèvre est « facile » à traire. Or, dans certains troupeaux au moins, il existe des animauxqui
semblentinaptes
à la traitemécanique.
Eneffet,
les trayons sont terminés par des canauxqui
s’ouvrent difficilement sous l’effet du vide créé par la machine(Le
Du etBenmederbel, 1984). Actuellement,
ondispose
de peu d’infor- mations sur la variabilité des caractèresqui représenteraient
«l’aptitude
à la traite ». Sousquelques aspects,
le matériel de traite est diffé-rent de celui
qui
est utilisé pour les vaches(manchon, griffe, pulsation,
niveau devide)
bien
qu’il
soit difficile dejustifier
certainschoix. Une norme
française
de 1985spécifique
aux chèvres
représente
toutefois unegarantie
pour l’éleveur en ce
qui
concerne la construc-tion et les
performances
du matériel.Ce texte a été élaboré d’après un rapport présenté à la 4°
Conférence Internationale sur la chèvre qui s’est tenue à Brasilia, Brésil, du 8 au 13 mars 1987.
Références bibliographiques
AKAM D., 1977. Description and performance of compo- nents. 1n : THIEL C.C., DODD FH. (Ed.), Machine milk- ing, 45, N.I.R.D., Reading, Grande-Bretagne.
BOUILLON J., LE MENS P., 1984. Comparaison de diffé-
rents .manchons trayeurs chez la chèvre. In : Proc. 3°
Symp. Int. Traite Mécanique Petits Ruminants, 16-20 mai 1983, Espagne. Ed. Sever Cuesta, Valladolid, Espagne,
479-481.
CASU S., CARTA R., 1974. Influence de la vitesse de pul-
sation sur l’efficacité de traite chez la brebis Sarde. In : Proc. 1!^! Symp. Int. Traite Mécanique Petits Ruminants, 7-11 mai 1973, Millau, France, Ann. Zootech., numéro hors série, 201-203.
CICOGNA M., SANGIORGI F., 1984. Comparaisons des caractéristiques de traite de chèvre avec six types de fais- ceaux-trayeurs. In : Proc. 3°Symp. Int. Traite Mécanique
Petits Ruminants, 16-20 mai 1983, Valladolid, Espagne.
Ed. Sever Cuesta, Valladolid, Espagne, 485-491.
DARRACC! J., LE MENS P, PERROT C., 1978. Caractéris- tiques des machines à traire les chèvres utilisées en
France et leur contrôle en ferme. In : Proc. 2°Symp. Int.
Traite Mécanique Petits Ruminants, 22-27 mai 1978,
Alghero, Italie. Ed. EN.O.C.L., Paris, 324-345.
DISSET R., 1974. Les différents systèmes de traite des chèvres. Organisation du travail de la traite. In : Proc. 1’’&dquo;
Symp. Int. Traite Mécanique Petits Ruminants, 7-11 mai 1973, Millau, France, Ann. Zootech., numéro hors série,
267-280.
DOANE M., NATKE R.P., SCOl&dquo;I’N.R., DELWICHE M.)..
BRAY D.R., 1980. Air flow utilization in milking parlours.
Cornell University, Ithaca, Etats-Unis, paper 80-3027, ASAE, 28 pp.
DODD EFI., GRIFFIN T.K., 1977. Milking routines. In : 1’HIEL C.C., DODD EH, (Ed.), Machine Milking, 179-200,
N.LR.D., Reading, Grande-Bretagne.
GRACHEV LI.. 1953. 1’he cerebral cortex and lactation.
Zhum. Obshch. BiologiE;. 14, 333-348.
HENDEKSON A.J., 13LATCHFORD D.R., PEAKER M..
1983. Thé effect of milking thric:e instead of twice daily
on milk sécrétion of the goat. Quart. jourmil of Éxp.
Physiol. and Cognate Médical Sciences, 68, 645-652.
ISO 5707, 1982. Milking machine installations. Construc- tion and performanc:e. 1&dquo;’ éd., 14 pp, LS.O., Londres, LABUSSIERE J., COMBAUD j.F., DOUAIRE G., 1978.
Effet des conditions de sevrage sur la production laitière
et le comportement à la traite des brebis Préalpes du Sud.
In : Proc. 2 Symp. Int. Traite Mécanique Petits Rumi- nants, 22-27 mai 1978, Alghero, Italie. Ed. FN.O.C.L., Paris, 146-163.
LE DU J., 1985. Functional parameters affecting the effi- ciency of milking machines adapted to sheeps and goats.
36th Annual Meeting of the European Ass. for Anim.
Prod., Kallithea, Greece. Vol. 1, 4;i0-431 (abstrac:l).
LE DU J., 1987. Facilities and equipment for hand and machine milking of goats. In : Proc. IV lut. Conf. on
Goats, 8-13 mars 1987, Brasilia, l3razil, Ed. EMBRAPA- DPR Doc. 14, 2 Vol. 269-282.
LE DU J., BENMEDERBEL B., 1984. Aptitude des chèvres de race Saanen à la traite mécanique. Relations avec les caractéristiques physiques du trayon. Ann. Zoolech., 33.
375-384.
LE DU J., LABUSSfERE J., PETREQUIN P, MIRMAN P., COMBAUD J.E, 1978. Effets de le pulsation, du mouve-
ment du manchon et des conditions d’écoulement du lait
sur la traite des brebis Préalpes du Sud. In : Proc. 2
Svmp. lut. Traite Mécanique Petits Ruminants, 22-27 mai
1978. Alghero, Italie. Ed. FN.O.C.L.., Paris, 3(S3-384.
LE JAOUEN J.C., 1981. Milking and thé tuchuutogy ul
milk and milk producls, In : Goat Production. Ed. C.
GALL, Academic l’ress, London, 345-377.
LE jAOUEN J.C., LE MENS P, SHELEAU J., 1984.
Conception du chantier de traite caprin : proposition d’un système performant. In : l’roc, 3 Symp. Int. Traite
Mécanique
Petits Ruminants, 16-20 mai 1983. Valladolid, Espagne. Ed, Sever Cuesta, Espagne, 357-361.LE MENS P., 1977. Les manèges de traite des chèvres uti- lisés en France. 19 pp, Ed. S.P.E.O.C., Paris.
J.
THIMONIER, A. SEMPERE.Reproduction
of cervids.The main characteristics
of reproduction
of cervids are reviewed in this paper and the effect of environmental factors are described.Under mid and high latitudes and for cervids originating from these latitudes, there is a clear cut seasonal pattern in reproductive activity of
both males and females with a high degree of svnchrony between both sexes. These seasonal patterns are
kept
when animals are moved to lower latitudes.Births
always
occur by the end of spring and thebeginning
of summer. According to the length of pregnancy (200 to 290days)
of the different species presented in this review, seasons of mating vary from summer to thebeginning
of winter butalways
occur at the same time for a given species.Photoperiod
appears to be the main drive for sexual activity as demonstrated at least for red deer.It is possible to advance the onset of the breeding season
by
different treatments(male
effect, progestagen and melatonintreatments)
at least inred and fallow deers but the efficiency of these treatments is limited to the 2 months
preceeding
the onset of the natural breeding season.Under low latitudes and for animals originating from these latitudes, births can be observed all year round. This even distribution of births
seems to be maintained when animals are moved to higher latitudes.
THIMONIER J., SEMPERE A., 1989. La reproduction chez les cervidés. INRA Prod. Anim., 2 (1), 5-21
C.H. MALBERT. The role of the
pylorus
in theingestive capacity
of the ruminant.The
pylorus,
which means doorkeeper,
is a variable orifice with unknown influences on the abomasal outflow in ruminants. By means of echo-graphy,
particles are seenejected
as successive spurts, the volume of which beingdependant
upon of the size of the orifice. The pressure gra- dientdeveloped by
the contractions, thedegree
of their coordination and the viscosity of theliquid
phase are major factors involved in the veloc-ity of the outflow. The role of the
pyloric sphincter
involuntary
intake is demonstratedby
increase of intake followingpylorectomy
as well aspyloroplasty.
Both gastrokinetic substances andrheologic
properties of thechyme
are able to facilitate gastric outflow.MALBERT C.H., 1989. Le rôle du pylore dans le contrôle de l’ingestion alimentaire chez les ruminants. INRA Prod. Anim., 2 (1), 23-29
J.
LE DU. Mechanicalmilking
of goats.With mechanical milking, the number of goats milked per man hour, which is the best mesure of the effectiveness of the man and the machine,
may be
independent
of milkingspeed
of individual goats, provided the number of milking units is not a limiting factor. The need to improvelabour
productivity
may impose considerablesimplification
ofmilking
routines, such as omitting udderwashing,
machine stripping and one weeklymilking, milking
atunequal
intervals and milkingonly
oncedaily
towards the end of lactation. The losses associated with thesesimplifi-
cations appear mostly
acceptable
in the interest of increased efficiency : today up to 240 goats could be milked per man hour without adverse mastitisproblems,
in a well designedparlour
operated by a skillful milker using asimplified
milking routine.Little work has been done on designing a milking machine for goats. However, a
higher pulsation
rate(70
to 100p/min)
than for cows, apulsa-
tion ratio of 50 to 70 % and a vacuum level of 36 to 44 kPa are recommended.
Other characteristics such as milk line elevation, teat cup liner, cluster weight and claw volume are less important. Claw volume and vacuum
pump capacities are often
higher
than for cows but there is no clear evidence than this is justified.LE DU J., 1989. La traite mécanique des chèvres. INRA Prod. Anim., 2 (1), 31-38