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Revue de presse

4

30 jours

5

Débat/Opinion

6

Sur le Net

8

Actualité

9

• 1erMai

• Plan d’urgence rentrée 2012

• Évaluation des enseignants

• Évaluation en fin de Cinquième

• Harcèlement sexuel

Droits et libertés

17

• Fichage : souriez, vous êtes sur Siècle !

• Vigilance : Défenseur des droits

Éco/social

18

• Europe : la mobilisation s’organise

• Dictionnaire

• Quelle politique économique et fiscale pour les prochains mois ?

Dossier

21

• La nécessaire indépendance du pouvoir judiciaire

21

DossierLa nécessaire indépendance du pouvoir judiciaire

Édito

Construire l’avenir

La défaite, attendue et à laquelle le SNES avait appelé, de N. Sarkozy et l’arrivée à l’Élysée d’un président de gauche sont des événements majeurs pour notre pays. Les forces sociales ont contribué à l’émergence de cette situation, à travers les luttes qu’elles ont menées et les débats qu’elles ont initiés.

Malgré la situation économique qui reste préoccupante, l’espoir qui peut naître de la possibilité d’une autre politique sociale, économique et budgétaire doit pouvoir trouver une concrétisation dès maintenant et en particulier dans la préparation de la rentrée 2012 dans les collèges, lycées et CIO. Les enjeux sont immenses, tant au niveau national qu’au niveau européen, alors que se développe dans de nombreux pays la contestation des politiques de rigueur imposées par la BCE ou le FMI.

Les élections législatives sont, à ce titre, déterminantes.

Dans un tel contexte, le SNES et la FSU assumeront pleinement leur responsabilité d’organisations syndicales majoritaires en relayant les attentes et exigences des personnels.

Dans l’immédiat, conformément aux décisions du congrès national, l’urgence est à dresser le bilan dans les établissements de l’état du système éducatif, de donner corps au plan d’urgence, de le populariser et de s’en servir comme base d’interpellation des candidats aux législatives. En plaçant l’École comme sujet de son premier discours de nouveau président de la République, F. Hollande a clairement indiqué que la politique éducative était une priorité forte de son quinquennat.

Saisissons l’occasion ainsi offerte de reconstruire, pour les jeunes et les personnels, un second degré cohérent, enfin capable de relever le défi de la formation intellectuelle, culturelle de tous les jeunes et de lutter contre toutes les formes

d’inégalités et de discriminations qui ont tant fleuri.

34

Fenêtre sur

La caricature politique

SOMMAIRE

Roland Hubert cosecrétaire général L’Université Syndicaliste, hebdomadaire du Syndicat national des enseignements de second degré (SNES, 46, avenue d’Ivry, 75647 Paris Cedex 13. Tél. standard : 01 40 63 29 00).

Directeur de la publication :Roland Hubert ([email protected]). Rédacteurs en chef :Carole Condat, Nicolas Morvan. Secrétaire de direction :Bénédicte Derieux.

Collaborateurs permanents :Nicolas Béniès, Matthieu Niango, Thierry Pétrault, Véronique Ponvert. Régie publicitaire :Com d’habitude publicité, 25, rue Fernand-Delmas, 19100 Brive. Clotilde Poitevin, tél. : 05 55 24 14 03 – Fax : 05 55 18 03 73 – www.comdhabitude.fr. Compogravure :C.A.G., Paris.Imprimerie : SEGO, Taverny (95). C.P.N° 0113 S 06386.

I.S.S.N.N° 0751-5839. Dépôt légal à parution. Conception : Voltaire & Associés, 15, rue de la Banque, 75002 Paris. Illustration de couverture : ©C.A.G. Prix du numéro : 1,30. Abonnement : 1) Personnels de l’Éducation nationale : France 30; étranger et DOM-TOM : 44. 2) Autres, France : 42; étranger : 56. Publicité : GMF (p. 2), ARVEL (p. 46), CASDEN (p. 47), MAIF (p. 48).

Entretien avec Robert Castel

44

Métier

28

• Fusion PFEG/SES en Seconde : refuser une fausse solution

• Non-titulaires : le ministère se hâte lentement !

• Baccalauréat : session sous tension

• Indemnités de jury, de concours et de formation

Portrait

30

• Précaires dans l’Éducation nationale

Catégories

32

• Mouvement Intra 2012

• Santé : protection sociale, les urgences

• Le temps de travail des CPE : un enjeu de métier

• Hors-classe des certifiés et CPE

Fenêtre sur

34

• La caricature politique

International

36

• Développer le secondaire en Afrique

• Lycées publics d’Haïti

• Congrès de Reims : les invités internationaux

• Manifestation à Francfort

Culture

38

Livres/Revues

Cinéma/Théâtre/Spectacle

Multimédia

Entretien

44

• Robert Castel

(4)

4-US MAGAZINE- Supplément au no720 du 26 avril 2012

3 mai 2012

4 mai 2012

UNE PETITE COMMUNE DE SEINE-ET-MARNE REFUSE DE SCOLARISER DES ENFANTS ÉTRANGERS

Des enfants « sans école fixe », au pays de l’instruction obligatoire ? C’est ce que devaient dénoncer, jeudi 3 mai au matin, Amnesty International, la Ligue des droits de l’homme (LDH) et le Réseau éducation sans frontières (RESF) devant le groupe scolaire Claudine-Fabrici de Rubelles (Seine-et-Marne).

Un « événement » dont cette petite ville de 1 900 habitants, proche de Melun, se serait volontiers passée : difficile d’admettre qu’une vingtaine d’enfants de 3 à 11 ans, au parcours déjà accidenté – la plupart viennent de Tchétchénie, quelques-uns d’Ingouchie, du Sri Lanka ou du Gabon – se sont vus refuser leur inscription à l’école. Et rêvent depuis des mois d’être assis en classe, plutôt que relégués dans une chambre d’hôtel low cost qu’ils occupent à Rubelles, en famille, faute de place dans les centres d’hébergement de Paris et de sa petite couronne. [...]

3 mai 2012

DERNIERS COUPS BAS DU MINISTRE DU TRAVAIL AVANT SON DÉPART

Ces salariés ne pleureront pas le prochain départ de leur ministre du Travail. À deux jours du premier tour de la présidentielle, Xavier Bertrand a adressé un joli cadeau d’adieu à onze délégués syndicaux du groupe Carrefour, en autorisant leur licenciement.

Au moment où son président bien aimé se démultiplie pour sauver les usines en crise, voilà que Bertrand choisit, lui, de gonfler les chiffres du chômage ! [...]

3 mai 2012

ÉCOLE : « VOUS AVEZ LE DROIT D’ÉCHOUER ! »

Des chercheurs en psychologie de Poitiers montrent que pour faire progresser les élèves, mieux vaut considérer l’échec comme normal et savoir s’en servir. Prof de maths dans un collège parisien, Monsieur D.

a toujours eu une cote d’enfer.

Les élèves l’adorent, les parents aussi. Pourtant, il ne se montre pas moins exigeant que ses collègues, ni plus démagogue.

Mais il a un secret, une phrase formulée solennellement au début de l’année : « J’adore les élèves qui ne comprennent rien aux maths ! Car ensemble, nous allons progresser ».

Et Monsieur D. tient parole.

Quand on bute sur un obstacle, il paraît content et il dit :« Chic ! Je vais servir à quelque chose ».

Il explique jusqu’à ce que l’on comprenne. Avec lui, tout le monde se sent bon en maths.

Intuitivement, ce professeur a trouvé le remède contre l’échec scolaire : il le valorise. [...]

9 mai 2012

DE NOUVEAUX

POSTES D’ENSEIGNANTS DÈS LA RENTRÉE

François Hollande a promis de créer 60 000 postes dans l’Éducation nationale pendant la durée de son quinquennat, à raison de 12 000 par an, affectés en priorité en maternelle et primaire. Un engagement de longue haleine, mais qui devrait voir un début de réalisation dès la rentrée prochaine. Le 16 avril, Vincent Peillon, chargé de l’Éducation dans l’équipe de campagne, a en effet assuré qu’un millier de postes de professeurs des écoles pourraient être créés dès la rentrée 2012. [...]

Le dessin du mois

Charlie Hebdo, 16 mai 2012

À

la nuit tombée, le « city stade » niché sous le métro aérien à la station Jaurès (Paris, 19e arrondissement) devient un théâtre d’ombres. Projetées sur les façades par les lampadaires, ces ombres, fluettes et courtes, disent déjà qu’il s’agit de mineurs. Chacune s’avance munie d’un duvet et d’un matelas, la plupart du temps trempés par de courtes mais terribles averses. C’est ici, faute de mieux, qu’une poignée de très jeunes Afghans a décidé d’établir son camp de base.

Akhmat(1), Abdullah, Hazri et Muhammad ont entre 15 ans et 17 ans.

La Convention internationale des droits de l’enfant, ratifiée par le gouvernement, devrait pourtant leur assurer, du fait de leur isolement, protection et assistance sur le sol de la République. Mais depuis septembre et un bras de fer qui oppose l’État aux collectivités locales sur les modalités de prise en charge, de nombreux mineurs sont laissés dans Paris. À l’abandon. « On est très fatigués », se désespère Abdullah. Muhammad, 15 ans et demi, dit, lui, « que les Français doivent avoir un cœur de pierre pour passer devant nous sans nous aider ». Jusqu’à minuit et demi, avec les incessants passages des métros, il est impossible pour eux de fermer l’œil. Et puis, ça sent terri- blement la pisse, les toilettes publiques étant confisquées par les toxicomanes qui s’envoient des shoots, les passants urinent aux abords du petit terrain. Les plus insomniaques tuent le temps en marchant. Cette nuit-là, Hazri fera des dizaines de rondes sous sa capuche. D’autres, plus aventureux, ont dévissé les plaques de fer des rampes de skateboard. S’allonger à l’intérieur, c’est voisiner avec les rats. Mais aussi l’assurance de ne pas se faire piquer ses affaires pendant la nuit. [...]

(1) Le prénom a été modifié

REVUE DE PRESSE

ENFIN...

Les difficultés commencent

« Ils doivent avoir un cœur de pierre

pour passer sans nous aider »

(5)

NEIN !

Merkel exclut une renégociation du pacte budgétaire européen.

Ça c’est vrai

Mobilisation record dans les cortèges syndicaux du 1ermai.

Cri d’amour. Une version du tableau Le Cri du peintre norvégien Edvard Munch, a été acquise pour la somme record de 120 millions de dollars.

Persé... cuté. Nabil Karoui condamné pour la diffusion de Persepolis en Tunisie.

Shocking ! The Economist vote Sarkozy pour contrer le « dangereux » Hollande.

avril

23

Ici Londres. Malgré l’interdiction, les estimations des résultats du premier tour sont diffusées bien avant 20 heures.

avril

22

Des bas et débat.

Distancé au premier tour, Nicolas Sarkozy veut trois débats.

avril

22

Ami entends-tu...

Le Résistant Raymond Aubrac est mort.

Plus d’illusions

Le cessez-le-feu en Syrie de plus en plus fragile.

avril

15

n’A plus

S & P abaisse la note espagnole de « A » à « BBB+ ».

avril

24

Mais fermez-la !

Départ de feu à la centrale nucléaire de Fessenheim.

avril

25

BILLET D’HUMEUR

T’as vu la crise

Les plus riches de Grande-Bretagne ont vu leurs fortunes s’accroître l’an dernier et atteindre des niveaux record.

avril

28

avril

26

Ni nous ni non

« Nous, au Front national », un lapsus de Gérard Longuet (UMP).

mai

3

Bien mauvais conseil. La loi réprimant le harcèlement sexuel en France abrogée par le Conseil constitutionnel.

mai

4

Non de Zeus

Un parti néonazi fait son entrée au Parlement grec avec 21 députés.

mai

7

Passe par ici et repassera par là

Medvedev, Président, passe le pouvoir à Poutine, Premier ministre.

Puis Poutine, Président, passe le pouvoir à Medvedev, Premier ministre ! mai

8

Au Revoir.

Sans commentaire.

15

mai

5, 4, 3, 2, 1...

François Hollande est élu président de la République.

mai

6 1

ER

mai mai

2

mai

2

avril

11

Il laisse sa place. Surnommé le « Sakharov chinois », Fang Lizhi, figure de la révolte, en 1989, de la place Tien’anmen est décédé aux États-Unis.

avril

7

6 mai 2012

À

20 heures, le visage de François Hollande apparaît sur les écrans de télévision. Nicolas Sarkozy est battu, finalement de peu.

Depuis plusieurs heures, des estimations filtraient sur internet. Surtout, place de la Concorde, les préparatifs pour une éventuelle fête en cas de réélection de Nicolas Sarkozy étaient, dès le milieu de l’après-midi, remballés. 31 ans après le 10 mai 1981, la place de la Bastille, noire de monde, s’apprêtait à fêter la victoire du candidat du parti socialiste à l’élection présidentielle... et la défaite de Nicolas Sarkozy. La première polémique du quinquennat allait voir le jour, puisque plusieurs personnalités de l’UMP seraient bientôt amenées à critiquer vivement, dans la continuité de la tonalité de la campagne de second tour, et, finalement, du quinquennat du Président sortant, la présence de drapeaux étrangers sur la place de la Bastille.

© Clément Martin

Cadeaux de départ

30 JOURS

D

éfaite de Nicolas Sarkozy, dernier Conseil des ministres, et ultimes cadeaux de Luc Chatel et de Claude Guéant. Ce dernier a en effet publié les décrets d’ap- plication du fichier d’analyse sérielle, qui permet aux enquê- teurs de police, de gendarmerie et des douanes de comparer et exploiter tous les éléments liés à une infraction, et ce malgré les fortes critiques de la CNIL. Quant

à l’inénarrable Chatel, arguant d’une concertation approfondie avec les organisations syndicales, il a publié les textes sur l’évalua- tion des enseignants au JO. Voilà qui en dit long, après l’ignoble campagne du second tour, sur les pratiques et les conceptions répu- blicaines du gouvernement sortant : même battu, il prétend toujours gouverner.

Nicolas Morvan

(6)

de formation, dont l’engagement sportif est indéniable, mais qui bénéficient déjà d’aménagement de leurs conditions d’études ? Un élève musicien, comédien, chanteur... ne mérite-t-il pas les mêmes égards ?

Rémunération

L’école doit-elle prendre en compte des activités non scolaires ? Enfin, et sur le fond, il faut sans doute questionner cette volonté de tout valoriser, de « monnayer » l’engagement, qu’il soit sportif ou d’une autre nature. Ne faut-il pas au contraire réaffirmer fortement que le citoyen que l’on veut former, c’est celui qui s’engage d’abord par conviction, passion, solidarité, générosité, et pas dans la perspective d’être « rémunéré » pour cela.

(1) CVL : Conseil de la vie lycéenne

(2) CESC : Comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté (3) UNSS : Union nationale du sport scolaire

(4) AS : Association sportive

6- US MAGAZINE - Supplément au no720 du 26 avril 2012

ENGAGEMENT DES LYCÉENS : la nouvelle mouture du livret scolaire des lycéens, entrant en vigueur dès cette année en classe de Première, est parue au BO spécial du 22 mars. Ce livret comprend notamment une nouveauté : un « avis de l’équipe pédagogique » sur

S

’engager pour une (bonne) cause, prendre des responsabilités et donner de son temps sans y être contraint, c’est, pour tout individu, et par- ticulièrement pour un adolescent ou un jeune adulte, une façon de construire sa personnalité. N’y a-t-il pas alors contradiction à vouloir récompenser cet enga- gement, notamment dans le cadre scolaire, par une prise en compte dans le livret scolaire, voire par une note bonifiée ? Le SNEP aborde ici cette question dans le champ des pratiques sportives et associa- tives.

Dans la période récente, plusieurs décisions de l’ad- ministration ont activé ce débat :

l’apparition dans le livret scolaire pour le bac, d’un item « membre de l’Association Sportive », à côté d’autres comme « délégué de classe », membre du CA, du CVL(1), du CESC(2);

l’obtention automatique de 16 points (sur 20 possibles) dans l’épreuve facultative d’EPS du baccalauréat, pour les sportifs de haut niveau et les candidats des centres de formation des clubs professionnels ;

la même gratification de 16 points pour les lycéens ayant

« réalisé des podiums aux cham- pionnats de France scolaires sur l’ensemble du cursus lycée », ainsi que pour les Jeunes Officiels (UNSS(3)) certifiés au niveau natio- nal ou international.

Le SNEP se trouve ainsi amené à gérer la contradiction entre sa volonté de développement et de promotion des pratiques sportives des élèves, et sa réticence à entrer dans ce « marché des gratifications » qui est critiquable tant sur la forme que sur le fond.

Pertinence et équité

Sur la forme, se posent des questions de pertinence et d’équité. Être membre de l’AS(4)de son lycée ne signifie pas y être actif, et encore moins exemplaire. Cet item dans le livret scolaire a vocation – éven- tuellement – à faire pencher la balance pour l’obtention du bac ou d’une mention. Il serait plus juste de se fier à une appréciation du professeur d’EPS sur l’engagement effectif au sein de l’AS.

Concernant les « podiums UNSS », même question, avec le risque d’in- justices entre les élèves. Certains sports rassemblent peu de pratiquants, et une participation au championnat de France est à la portée d’une équipe moyenne, alors que dans d’autres, être champion d’académie est déjà un exploit. Par ailleurs, le rôle de chacun dans l’équipe est variable. Le meilleur joueur de l’équipe classée quatrième (donc exclue du podium) ne mérite-t-il pas davantage une bonification que le remplaçant de l’équipe classée troisième ?

On voit donc que cette volonté de distinction et de récompense est bien aléatoire. Par ailleurs, des questions de fond se posent : est-il juste de donner 16 points à des sportifs de haut niveau, à des stagiaires de centre

DÉBAT/OPINION

Michel Fouquet

Secrétaire national du SNEP-FSU

Réaffirmer fortement que le citoyen que

l’on veut former, c’est celui qui s’engage d’abord par conviction, passion, solidarité, générosité

© DR

Faut-il évaluer l’enga

Tout engagement

mérite-t-il récompense ?

LE POINT DE

Cet investissement, s’il est louable sur le plan individuel et collectif, peut varier durant le parcours de l’élève du collège au lycée, et il dépend aussi de son élection par ses pairs, du temps que le lycéen choisit ou non de consacrer à ces activités à cette période assez dense de son parcours. Il est en outre conditionné par des limitations concrètes : il n’y a que deux délégués par classe avec leurs suppléants, seulement vingt élus (titulaires et suppléants) au CVL… Tous les élèves ne pourront pas « s’engager ».

De plus, cet engagement est une démarche personnelle, qui n’appartient pas au devoir du lycéen. C’est un acte individuel et gratuit qui ne relève pas d’une évaluation scolaire. Si reconnaissance il doit y avoir et la question

(7)

« l’investissement de l’élève et sa participation à la vie du lycée », et un signalement (par des cases à cocher) des « engagements et responsabilités de l’élève » dans l’établissement. Cette nouveauté, qui ressemble à la note de vie scolaire en collège, pose de redoutables problèmes.

gement des lycéens ?

L’US Mag :Que pense l’UNL(1)de la prise en compte d’un engagement de type associatif dans l’évaluation scolaire d’un(e) lycéen(ne) ?

Cela nous pose un problème, car le dispositif nous semble porteur d’injustices. En effet, que ce soit dans le mouvement associatif, sportif ou syndical, il existe des lycéens qui ne s’engagent pas, ceux-ci risquent donc d’être pénalisés injustement. La force de l’engagement tient aussi pour nous à son caractère désintéressé, en terme de récompense de type scolaire. Par ailleurs, beaucoup de lycéens sont en situation de difficulté per- sonnelle, familiale ; soumis à la pression des résultats, ils s’investissent, pour améliorer leurs chances de réus- site, dans le parascolaire. D’autres ne peuvent tout sim- plement pas s’engager, faute de moyens, de temps : beaucoup travaillent comme salariés. Pour autant, atten-

tion, l’UNL est bien entendu favorable à ce qui peut susciter ou faciliter l’implication des lycéens dans la vie de la société, mais cela n’a rien à voir avec ce type de carotte scolaire.

L’US Mag :Comment favoriser l’engagement lycéen ?

Beaucoup se joue au local, dans l’établissement. Pourquoi ne pas d’abord favoriser la visibilité des différents types d’engagement, par une meilleure information dans les lycées, dans tous les lycées ? Or depuis dix ans, cela n’a été en rien une priorité pour les ministres successifs. Il s’agit donc de permettre l’engagement par le choix, et non par la récompense. S’engager est nécessaire, cela permet de dépasser les horizons scolaires, certes indispensables, cela permet fina- lement l’émancipation.

L’US Mag : L’UNL constate-t-elle, au sortir d’années à forte actualité politique et sociale, d’une plus grande intensité de l’en- gagement des lycéen(ne)s ?

Parlons clair : l’engagement demeure le fait d’une minorité. Quant à apprécier un éventuel regain, on manque de recul sur la période précédente. C’est vrai qu’il y a deux ans, au moment du conflit sur les retraites, l’implication de nombreux lycéen(ne)s a surpris plus d’un observateur... Ce qu’il faut bien comprendre c’est que par rap- port à voici 30 ou 40 ans, nos possibilités d’organisation sont de

plus en plus diverses : le syndicalisme lycéen, l’introduction du thème de la démocratie lycéenne dans les années 90, voire l’ob- tention pour la représentation lycéenne d’une présence au Conseil supérieur de l’Éducation, le développement de la médiation dans les établissements, tout ceci marque autant de progrès. D’accord, on reste loin de certains pays, comme en Scandinavie, où cer- taines organisations lycéennes dépassent le million d’adhérents !...

Mais il s’agit en l’espèce d’adhésions obligatoires, l’UNL n’y est pas favorable. Rappelons enfin que les organisations lycéennes fran- çaises sont reconnues par les gouvernements... mais toujours pas par la loi.

L’US Mag :Qu’attend l’UNL, dans ce domaine, comme mesures urgentes de la part du nouveau gouvernement ?

Pour l’UNL, deux priorités : la démocratie et la vie lycéenne. Par exemple redéfinir les attributions des CVL. Leur fonctionnement est tellement variable selon les établissements ! Certains proviseurs s’en moquent complètement, ils le réunissent pour la forme avant un CA, parce que c’est obligatoire... mais d’autres sont plus à l’écoute. Sur la vie lycéenne, c’est toute la question des foyers socio-éducatifs, des Maisons des lycéen(ne)s, il s’agit surtout de développer une vie lycéenne émancipatrice pour tous les lycéen(ne)s. L’UNL a par ailleurs porté auprès des candidats à la présidentielle une réforme phare : l’abaissement du droit de vote à 16 ans. Le Conseil de l’Europe a voté en ce sens une recommandation aux États de l’Union. Nous avons consulté les lycéen(ne)s par une votation voici quelques mois et le résultat a été très favorable. L’engagement lycéen sera de toute façon un des sujets sur lesquels nous souhai- tons engager rapidement des discussions avec le nouveau ministre.

Il est plus que temps, après toutes ces années de blocage, en parti- culier avec Chatel. ■

(1) L’UNL, l’un des deux principaux syndicats lycéens, majoritaire au Conseil supérieur de l’Éducation et dans de nombreux CVL, a été créée en 1994.

Victor Colombani

Président de l’UNL

Rubrique réalisée par Matthieu Leiritz

Un dispositif porteur d’injustices

VUE DU SNES

© Daniel Maunoury

reste entière, elle doit porter sur un autre plan que celui de l’évaluation (qui serait une forme de « rémunération » de l’investissement), notamment sur le plan de la qualité du fonctionnement de ces instances participatives et associatives, de la reconnaissance de leur action et des moyens qui leur sont accordés.

Enfin, évaluer cet investissement implique en creux une norme sociale très discriminante, tant l’engagement, l’aisance sociale ne sont pas maîtrisés spontanément.

Pour le SNES, les enjeux de la formation citoyenne méritent une autre réponse que cette vision très anglo-saxonne de l’évaluation et de l’engagement.

(8)

8-US MAGAZINE- Supplément au no720 du 26 avril 2012

Les énergies renouvelables

Sur le NET

http://www.franceinter.fr/emission-le-telephone- sonne-l-eolien-en-mer-apres-l-attribution-la- semaine-derniere-de-4-parcs-d-eol

http://www.terraeco.net C’est une des émissions phares de France Inter. « Le

téléphone sonne » du 10 avril dernier, réunissait autour du micro Nicolas Wolf, vice-président du syndicat des énergies renouvelables en charge de l’éolien, Béatrice Buffon, directeur du développement d’EDF Énergies Nouvelles, et Jean-Louis Butré, président de la fédération Environnement Durable. En débat, la pertinence du choix de l’éolien offshore comme solution pour une énergie propre et durable. Des échanges nourris, entrecoupés par les interventions d’auditeurs principalement préoccupés par l’impact sur le paysage des champs d’éoliennes en mer. En ligne jusqu’en janvier 2015.

Le 6 avril dernier, les résultats de l’appel d’offres pour la construction de 500 à 600 éoliennes (3 000 mégawatts soit l’équivalent de deux réacteurs nucléaires EPR) au large des côtes normandes et bretonnes ont été annoncés. L’État n’a pas choisi de suivre les recommandations de la commission de régulation de l’énergie (CRE) qui conseillait de ne retenir que les projets d’EDF. Seulement trois parcs ont été concédés au consortium EDF Énergies Nouvelles/Dong Energy Power.

D’ici 2015, cinq sites d’éolien en mer verront donc le jour entre Saint-Nazaire et Le Tréport. Ce projet s’accompagne d’un plan industriel ambitieux avec la création de deux

usines et près de 7 500 emplois à la clef.

La création de ces cinq parcs pour un montant de 10 milliards d’euros doit permettre de lancer en France une filière industrielle de l’éolien maritime. Cette annonce, présentée comme une avancée majeure, tant en termes économiques qu’écologiques, soulève toutefois des questions : quelles retombées économiques ? Quel intérêt par rapport à l’éolien terrestre ? Quelles conséquences sur le paysage littoral ? L’occasion de présenter trois liens sur la question des énergies renouvelables.

Terra Eco, c’est à la fois un magazine papier mensuel et un quotidien électronique. Fondé en 2004, ce bimédia se fixe pour objectif de mettre l’économie et les enjeux du déve- loppement durable à la portée de tous.

À l’aide du moteur de recherche, il est aisé de suivre la question de l’éolien en mer, du débat public lancé en 2010 aux résultats de l’appel d’offres au printemps 2012. Dans un article intitulé « Les éoliennes en mer, ça défigure l’horizon ? » les pro et les anti éoliens confrontent leurs arguments à l’aide de pho- tomontages. Pour y voir plus clair, le site a mis en ligne des vidéos du parc de Horns Rey au Danemark, situé à 14 km des côtes.

LIED : laboratoire interdisciplinaire des énergies de demain.

Université Paris VII Diderot http://www.lied-pieri.univ-paris-diderot.fr

Le Laboratoire Interdisciplinaire des Énergies de Demain (LIED) et son réseau interna- tional PIERI (Paris Interdisciplinary Energy Research Institute) ont été conçus dans le contexte de la croissance continue des besoins énergétiques mondiaux, couplée aux pro- blèmes environnementaux, englobant particulièrement la question climatique. C’est donc une approche globale que propose ce site de spécialistes qui fait le pari de l’interdiciplinarité en mutualisant les travaux de chercheurs en sciences dures et en sciences humaines.

À la rubrique « Liens fondateurs », on trouve des documents de diverses longueurs, depuis un résumé en une page jusqu’à un volumineux document fondateur, en passant par une vulgarisation en six pages. À la rubrique « Séminaires/Réunions » du site, on trouve en par- ticulier le programme du séminaire sur les politiques publiques.

À cette occasion, Hubert Flocard, directeur de recherches au CNRS, est intervenu sur l’éolien en mer et a transmis trois contributions qui doivent être mises en ligne dans la rubrique « plus d’articles ».

© cienpiesnf/Fotolia.com

Rubrique réalisée par Carole Condat et Gérard Hatab

(9)

1 ER MAI : SUCCÈS DE LA MOBILISATION

L

e refus des politiques d’austérité, de l’iné- galité du partage des richesses, du mépris manifesté envers toute une partie des salariés a conduit, après le verdict du pre- mier tour de l’élection présidentielle, à une nouvelle et éclatante sanction du gouverne- ment Sarkozy.

L’identité du 1erMai

Comme partout en Europe, les manifestants ont rappelé, par leur présence massive, qu’il était urgent de reconnaître la richesse créée par le travail, d’engager de véritables politiques de lutte contre le chômage et la précarité, d’aug- menter les salaires et les pensions.

Les bafouillements de l’ex-Président sur la fête

du vrai travail, devenue vraie fête du travail, le gonflement surréaliste du nombre de pré- sents au Trocadéro – dont on se demande s’ils étaient empilés – n’ont fait que renforcer le rappel de l’identité du 1erMai : une journée décidée en 1889, dédiée aux ouvriers améri- cains luttant pour la journée de 8 heures, une journée internationale de solidarité du monde du travail, un monde du travail qui a toujours dû lutter pour arracher des conquêtes sociales.

Le succès de la journée du 1erMai 2012 en France ne fait pas de doute sur le message qu’ont voulu donner les salariés, celui de la condamnation des politiques menées jusqu’ici mais aussi celui de la hauteur des attentes, pour la jeunesse, l’emploi, les salaires.

En attaquant les syndicalistes, en opposant les « vrais » travailleurs, à savoir ceux qui subiraient sans broncher précarité et absence de protection, aux autres, Nicolas Sarkozy a payé cher ses ultimes provocations. 750 000 manifestants ont en effet défilé à travers toute la France, 250 000 à Paris, près de 300 cortèges.

ACTUALITÉ

L’importance du cortège de la FSU à Paris, la présence de nombreux collègues un peu par- tout ont signifié la même attente d’un chan- gement rapide et de mesures immédiates pour l’Éducation.

Des mesures d’urgence

Le plan d’urgence pour la rentrée 2012 adopté par le SNES lors de son Congrès présente d’ores et déjà des mesures sur lesquelles nous interpellerons le nouveau ministre de l’Édu- cation dès sa nomination. Pour faire aboutir nos demandes, il est nécessaire de s’appuyer sur les remontées d’établissement et de réunir les collègues pour travailler les cahiers de revendication. Frédérique Rolet

« JE NE VOUS JETTE PAS LA PIERRE PIERRE MAIS J’ÉTAIS À DEUX DOIGTS DE M’AGACER... »

Les membres des cabinets ministériels quittent les ministères avec les ministres. Il n’en est pas de même des hauts fonctionnaires qui, justement parce qu’ils sont fonctionnaires, conservent leurs fonctions. Ils ont dû, c’est leur mission, mettre en œuvre les politiques décidées par le gouvernement, le ministre et son cabinet. Mais certains sont allés bien au-delà en étant aussi les concepteurs déterminés de la politique mise en œuvre ces cinq dernières années, en détruisant tout dialogue social, allant jusqu’au mépris à l’égard des représentants des personnels.

Certains directeurs de l’administration centrale (Jean-Michel Blanquer, directeur général de l’enseignement scolaire, Josette Théophile, directrice générale des ressources humaines) et certains recteurs sont de ceux-là.

On ne peut qu’espérer un autre mode de fonctionnement du ministère, plus respecteux des personnels et de leur métier. Daniel Robin

© Daniel Maunoury

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Une rupture nécessaire

En effet, après dix ans d’une politique mortifère et brutale, en particulier pour le système éducatif et en premier lieu pour le second degré, les personnels et les élèves des collèges et des lycées aspirent à de nouvelles perspectives : un redressement de l’école publique et laïque et la relance de la démocrati- sation du système éducatif, le combat contre les inégalités sociales et territoriales, l’élévation nécessaire du niveau de formation et de qualification de tous les jeunes.

La future loi d’orientation et de programmation pour l’École voulue par le nouveau gouvernement devra répondre à ces aspirations. C’est pourquoi dès les premiers jours de la rentrée 2012, le SNES lancera avec le SNEP et le SNUEP des États généraux du second degré pour porter la parole des personnels et définir avec les personnels, au plus près de la réalité des établissements, les revendications et les leviers pour refonder le système éducatif.

Un plan d’urgence maintenant !

Mais le changement, la rupture, doivent commencer dès maintenant. Il faut donc que des mesures immédiates soient prises par le nouveau gouvernement afin à la fois de rendre possible une rentrée scolaire apaisée et de donner les premiers signes d’une nouvelle politique pour l’Éducation.

C’est pourquoi un plan d’urgence pour la rentrée 2012 – dont le contenu serait défini dès le mois de juin – doit être le premier pas de ce renouveau pour l’Éducation et particulièrement pour le Second degré.

Le SNES porte donc l’exigence de ce plan d’urgence auprès du nouveau président de la République et de son gouvernement. Il le portera aussi auprès des candidats aux élections législatives, dans la pour- suite de la campagne d’interpellation des candidats à l’élection présidentielle qu’il a menée à partir du début du mois de février.

Un cadre général de ce plan d’urgence a été éla- boré par le congrès national du SNES en avril 2012. Les personnels doivent s’en saisir pour le

faire vivre, l’incarner, en exprimer les traductions locales.

Dans tous les établissements, prenons la parole !

Ainsi, le SNES, le SNEP et le SNUEP appellent donc dès aujourd’hui les personnels dans tous les collèges et les lycées à se réunir pour défi- nir les traductions locales de ce plan d’urgence et les faire connaître, c’est-à-dire recenser les besoins urgents et les revendications pour la rentrée 2012.

Les parents d’élèves et les lycéens doivent autant que possible être associés à la rédaction de ces revendications. Le dernier conseil d’ad- ministration de l’année peut être l’occasion de faire voter une motion exigeant un plan d’urgence et en définissant les mesures locales. De même, il est important pour les établissements de prendre contact avec les sections départementales et académiques, et de leur transmettre les revendications pour leur permettre de les

relayer auprès des rectorats et des inspections.

La campagne pour les élections législatives (10 et 17 juin 2012) doit être localement l’occasion de rendre publiques ces revendications et d’interpeller les candidat(e)s sur la réalité de nos difficultés quoti- diennes et la nécessité d’une autre politique éducative.

Un espace est ouvert sur le site du SNES pour recenser les demandes des établissements et les rendre publiques, et une adresse mail est à dis- position des personnels des collèges et des lycées pour faire remonter leurs revendications : [email protected]

Le SNES, le SNEP et le SNUEP s’appuieront sur ces revendica- tions des établissements pour porter auprès du nouveau ministre l’exigence d’un véritable plan d’urgence pour la rentrée 2012. ■

Roland Hubert, Guillaume Delmas

La défaite de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle a traduit l’exigence forte d’une véritable rupture avec la politique économique, sociale et éducative menée pendant au moins ces cinq dernières années. Cette exigence a été et est portée par le SNES et les personnels du second degré. L’alternance politique était la condition nécessaire de cette rupture. Elle est advenue. Elle doit maintenant déboucher sur la concrétisation des espoirs qu’elle suscite. L’engagement du nouveau Président à abroger le décret sur l’évaluation des personnels en est un premier signe fort.

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U

n des premiers dossiers à rouvrir par le nouveau gouvernement sera sans conteste celui de la formation des maîtres. Les attentes des personnels sont en effet très importantes pour revenir sur cinq années de casse du ser- vice public. Un geste significatif doit être entrepris concernant le service des ensei- gnants et CPE stagiaires dès la rentrée. Le SNES s’adressera donc au futur ministre pour formuler plusieurs demandes dans le cadre de la mise en place du plan d’urgence pour la rentrée 2012.

Le temps de service des stagiaires est un point majeur sur lequel il est nécessaire d’agir pour améliorer les conditions d’entrée dans le métier, et par conséquent l’attractivité. Le SNES demande d’abaisser d’au moins un tiers le temps de service en responsabilité et de prévoir la mise en place de réelles forma- tions. Cette demande, qui ne concerne que l’année 2012-2013, ne remet pas en cause

l’exigence du SNES qu’à terme le temps de service des stagiaires soit de l’ordre du tiers des ORS.

L’autre urgence consiste à ouvrir des dis- cussions avant la fin de l’année scolaire avec l’objectif de remettre à plat l’ensemble de la réforme Chatel. Une réforme de la formation des maîtres ne peut pas être mise en place dans la précipitation sous peine d’aboutir à un nouvel échec qui serait dramatique pour l’avenir du système éducatif. Elles devront porter sur l’ensemble du cursus de formation.

Enfin, l’urgence absolue est de redonner une attractivité suffisante aux métiers de l’ensei- gnement et de l’éducation. Cela passe par l’amélioration des conditions de service et d’entrée dans le métier, mais aussi par le financement des études. Il faut donc mettre en place dès la rentrée 2012 un dispositif de prérecrutements.

Une réforme de la formation des maîtres

est aujourd’hui indispensable pour assurer les défis du renouvellement de la profes- sion et de l’amélioration du service public d’éducation. Emmanuel Mercier

FORMATION DES MAÎTRES S

ur la base de son appel pour le second

degré, le SNES-FSU s’adressera au nou- veau ministre dès sa nomination, articulant les premières mesures d’urgence avec les reven- dications pour la rédaction d’une nouvelle loi d’orientation pour l’École.

Au-delà des revendications inscrites dans le plan d’urgence du SNES (voir ci-dessous) et de leur traduction locale débattue dans les établissements, il s’agit d’entrer sans attendre

dans une logique de reconstruction du système éducatif, de rompre avec les méthodes mana- gériales mises en place par le ministère Cha- tel, de redonner sens au dialogue social, de poser les jalons de la nouvelle loi d’orientation et, en particulier, d’assurer une véritable for- mation des personnels d’enseignement, d’édu- cation et d’orientation.

Intervenir dans la campagne législative, pour peser sur les orientations de la nouvelle majo- rité, c’est aussi préparer les bases des discus- sions à venir avant la rentrée 2012.

Retrouver les conditions d’un véritable dialogue social

établir un calendrier de discussions permet- tant la consultation des personnels sur les grands axes de la nouvelle loi d’orientation ;

retrouver un fonctionnement transparent et garantissant l’équité des procédures de nomi- nation et d’affectation des personnels ;

redéfinir les modalités de fonctionnement des nouvelles instances (CTM, CTD et CTA) garantissant la prise en compte de l’expression des élus des personnels. Roland Hubert

SECOND DEGRÉ

© Daniel Maunoury

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Après des années d’une casse systématique de l’Éducation nationale, le bilan est lourd et les urgences nombreuses.

Rétablir la formation initiale, améliorer les conditions de travail pour les enseignants et les élèves, reconstruire un collège de la réussite pour tous, un lycée démocratique, un enseignement prioritaire efficace dans la lutte contre les

L

ivré au socle et au LPC, le collège a vu ses finalités transformées depuis la loi Fillon de 2005 (structuration disciplinaire des ensei- gnements mise à mal et tentatives de décro- chage du second degré pour le rapprocher de l’école primaire dans des « écoles du socle »).

Les restrictions budgétaires et les suppres- sions de postes y ont entraîné une dégrada- tion des conditions d’étude des élèves – dans des classes aux effectifs de plus en plus lourds – et de vie au sein de l’établissement.

Soumis à des injonctions contradictoires, les personnels ont vu leurs métiers dénaturés, leurs conditions de travail détériorées et leur charge de travail considérablement alour- die. L’urgence de donner un autre avenir au collège est grande pour viser la réussite de tous les élèves et donner aux personnels les moyens d’y exercer pleinement leurs mis- sions... mais les besoins sont si importants

que cela suppose nécessairement une pro- grammation pluriannuelle.

De très nombreuses mesures peuvent être prises dès maintenant pour stopper les effets délétères de la politique éducative subie ces dernières années : abrogation du LPC et réhabilitation des disciplines scolaires, malmenées par le socle ; abandon de toutes les expérimentations dérogatoires (écoles du socle, sport l’après-midi, glo- balisation et annualisation des horaires en LV...) ; suppression de tous les dispositifs qui, comme l’EIST(1), imposent une poly- valence aux enseignants ; abrogation de la note de vie scolaire ; respect des grilles horaires définies par arrêtés ; rétablis- sement de l’ATP en Sixième ; arrêt de toutes les pressions pour imposer aux personnels des tâches bénévoles ou déna- turer leurs missions ; renoncement à des épreuves du DNB adossées au socle et suppression de l’épreuve orale d’histoire des arts ; rétablissement, dans les col-

lèges les plus en difficulté, d’une partie des postes supprimés...

Ces mesures constituent un préalable à la reconstruction du second degré qui devra être débattue dans le cadre d’une nouvelle loi d’orientation, en totale rupture avec les logiques de la loi Fillon de 2005 et de la

RGPP. ■ Monique Daune

(1) Enseignement intégré de science et technologie

H

oraires des enseignements, emplois du temps des élèves, services des ensei- gnants, organisation des classes, pro- grammes, dotation horaire, la réforme Cha- tel du lycée a profondément désorganisé les lycées. L’urgence est à rétablir quelques règles nationales claires permettant de reconstruire un lycée juste, traitant avec égalité sur le territoire élèves et personnels.

Pour cela, le SNES demande un cadrage national des horaires, dont les groupes allégés et les dédoublements, le fléchage des moyens accordés aux enseignements optionnels, le respect de la lecture usuelle des décrets de 50 (heures de première chaire respectées, travail en groupe non pénalisé), le redéploiement vers les disci- plines des moyens accordés à l’accom-

pagnement personnalisé, au tutorat et aux stages.

Il est aussi nécessaire d’accorder 2 heures aux enseignements d’exploration en Seconde, d’alléger le programme d’his- toire-géographie de Première et de SES de Terminale, de rétablir des mathéma- tiques obligatoires en Première L, d’offrir partout l’option histoire-géographie en Terminale S, de relâcher la pression aux groupes de compétences en langues vivantes, et enfin de reconsidérer cer- taines épreuves du bac (SES, oraux de langues vivantes...).

Ces mesures endigueront le désordre mis en place depuis deux ans, mais à terme, c’est une tout autre réforme que le SNES demande. Valérie Sipahimalani

12-US MAGAZINE- Supplément au no720 du 26 avril 2012

A

lors que la France est l’un des pays où le parcours scolaire est le plus marqué par l’origine sociale, la politique d’éducation prio- ritaire a été laminée par la réforme Robien puis par le programme ÉCLAIR qui ont tourné le dos à l’ambition de faire réussir tous les élèves de milieux populaires en les extrayant du droit commun (éta- blissements transformés en laboratoires de déréglementation avec le socle commun comme seul objectif cible...).

Si une véritable relance de l’éducation prioritaire constitue une urgence absolue dans le cadre de la loi de programmation pluriannuelle que le SNES revendique, la première préoccupation des personnels est d’obtenir l’abrogation immédiate du programme ÉCLAIR,imposé l’an dernier dans l’opacité la plus totale.

Il s’agit de rompre avec la logique de ce programme, conçu avec le double objectif de démanteler la politique d’éducation prioritaire et de remettre en cause les garanties statutaires des personnels à travers des procédures managériales inacceptables (recrutement local des per- sonnels par le chef d’établissement avec postes à profil et lettres indi- viduelles de mission, installation d’une hiérarchie intermédiaire avec les « préfets des études », rémunération différenciée par le biais d’indemnités modulables...).

Le mouvement spécifique ÉCLAIR, qui s’est avéré un fiasco, doit être mis en extinction dès maintenant :les postes non pour- vus doivent être reversés dans le pot commun des postes du mou- vement intra, et l’affectation des candidats déjà en poste dans l’académie examinée dans ce cadre. Seuls les collègues entrés dans l’académie par le biais de ce mouvement spécifique doivent rester affectés dans l’établissement sollicité, et ce à titre tout à fait

exceptionnel. Bruno Mer

COLLÈGE

LYCÉE

ÉDUCATION PRIORITAIRE

© Clément Martin

© Clément Martin

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inégalités, des voies technologiques amenant à de hauts niveaux de qualification, obtenir les moyens en postes pour mener à bien ces objectifs, en finir avec les menaces pesant sur l’orientation scolaire... Telles sont quelques-unes des urgences que le SNES appelle les personnels à exprimer à travers leur expression locale puis dans les États généraux.

L

es mesures prises par le gouvernement précédent en matière d’orientation demeurent nocives : au sein des CCREFP(1), le dialogue est toujours aussi contraint voire inexistant comme en Rhône-Alpes ; les demandes de labellisation déjà validées (La Rochelle, Manche, Calvados, Mulhouse, Seine-et-Marne, Aquitaine...) vont se tra- duire par des charges et des contraintes supplémentaires ; d’autres dossiers sont en attente (Île-de-France, Auvergne, Centre...).

Les collègues ne sont toujours pas informés de leur contenu et découvrent au dernier moment les nouvelles organisations de tra- vail dans lesquelles on les a engagés ; les fermetures de CIO décidées par les recteurs suivent la procédure comme à Grenoble, Lille et Versailles, avec leur cortège d’in- ventions administratives pour contourner

les droits des personnels. Les dispositions sur les nouvelles modalités de recrutement risquent de s’appliquer à la rentrée pro- chaine, fragilisant notre qualification de psychologue.

Le SNES demande un plan d’urgence : arrêt de toutes les fermetures de CIO

engagées pour la rentrée prochaine, arrêt de toutes les procédures de labellisation et remise à plat de la loi de 2009 pour toute la partie « formation initiale », doublement des postes offerts aux concours.De véritables négociations doi- vent s’ouvrir pour une reprise des recru- tements, une revalorisation des salaires, et un renforcement du réseau des CIO.

Ceci ne se fera pas sans l’engagement de la profession. Le SNES appelle tous les col- lègues à s’adresser très vite à leur recteur et au nouveau ministre pour exiger les mesures urgentes pour une meilleure ren- trée et la réaffirmation de leur place dans l’Éducation nationale. La labellisation est la porte ouverte à la privatisation et à la régionalisation de nos services. Nous n’en voulons pas. ■ Catherine Remermier

(1) Comité de coordination régional de l’emploi et de la formation professionnelle

I

l est urgent de redonner aux formations technologiques la capacité de former de nombreux jeunes et de les mener vers les plus hauts niveaux de qualifications. Dans l’immédiat, dès la prochaine rentrée, il faut tirer les conséquences des effets catastrophiques des réformes STI-STL.

Dans les séries STI-STL, il convient de réaffirmer les spécialités autour des grands champs de l’activité économique de produc- tion, en renommant les spécialités de STI2D (bâtiment et travaux publics, électronique et informatique, production et gestion des éner- gies, conception et production mécanique, par exemple) et de res- pecter les spécialités des enseignantsen organisant les enseignements à partir de leurs disciplines de recrutement, y compris pour les ensei- gnements transversaux.

Il fautréintroduire les travaux d’ateliers et de laboratoireper- mettant les mises en activité des élèves.

Il faut rendre les heures d’accompagnement personnalisé aux disciplines.

Il faut revenir sur les suppressions de postesliées à la réforme et per- mettre l’accompagnement des redoublants de Terminale et le déve- loppement d’une vraie formation pour les enseignants.

Il faut revenir sur la définition des épreuves et de l’évaluation au baccalauréat.

Compte tenu des difficultés difficilement surmontables entraînées par la réforme STI, un moratoire sur la mise en œuvre des réformes en STMG et ST2S pour la prochaine rentrée est incontournable.

Un travail sur l’évaluation des activités interdisciplinaires est, par exemple, nécessaire. À ces conditions, une réflexion sérieuse pourrait être menée sur la place et le développement des formations technolo-

giques du lycée. Thierry Reygades

P

rès de 34 000 emplois ont été supprimés dans le second degré public depuis la rentrée 2008. Le ministère a utilisé tous les moyens pour permettre les saignées successives.

Arguant de manière outrancière de la baisse démographique, réelle entre 2003 et 2008, il a sciemment ignoré la hausse des effectifs en collège à partir de la rentrée suivante et les prévisions de ses propres services statistiques qui indiquaient que dès 2010 le total des effec- tifs dans le second degré serait en hausse.

C’est donc en transformant massivement des emplois en heures supplémentaires, en sup- primant des moyens de remplacement, en fai- sant des réformes du lycée un outil au service des économies de moyens, en utilisant à plein

les stagiaires comme moyens d’enseigne- ment... qu’il a décliné dans notre secteur la politique de destruction de l’emploi public mise en œuvre à marche forcée depuis 2007.

Dans chaque établissement, la préparation de la rentrée 2012 met en évidence la traduction concrète de cette politique et chacun locale- ment pourra évaluer quelles sont les mesures d’urgence à prendre pour inverser la tendance :

• baisser le taux des heures supplémen- taires,qui ne doivent plus être imposées aux collègues ; qu’aucun enseignement régle- mentaire ne soit prévu pour être rému- néré en HSE;

appliquer les dispositions du décret de 50 sans en limiter la portée ;

créer les divisions ou groupes supplé- mentaires pour desserrer les effectifsdans les situations les plus tendues ;

limiter les postes à chevalsur plusieurs établissements ;

• renforcer l’encadrement de la vie scolaire et renforcer le rôle des CO-Psydans l’accom- pagnement des projets d’orientation des élèves ;

rétablir une année de formation avec un service en responsabilité devant élève

réduit. Fabienne Bellin

POSTES

ORIENTATION

VOIE TECHNOLOGIQUE

© Thierry Nectoux© Thierry Nectoux

Références

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