16 avril 1850 : le pont
de la Basse Chaîne s’effondre
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De plus, un crédit exceptionnel est voté par l’Assemblée nationale sur le budget et la guerre, et Angers se voit honoré de la visite du prince-président, Louis-Napoléon Bonaparte.
Une chanson est même composée, dont les bénéfices sont reversés au fonds de charité destiné aux familles.
Depuis, les causes de ce drame n’ont cessé d’être analysées. Le rapport d’enquête de l’époque met en avant l’oxydation des câbles d’amarrage dans leurs ouvrages de confine- ment et ce, malgré la présence de la chaux censée préserver le métal du contact de l’eau.
Il invoque également le célèbre effet de “réso- nance”, provoqué par l’impulsion régulière de la marche au pas de la troupe, qui se conjugue avec la vibration de la travée du pont pour constituer une force entraînant la rupture.
Le comportement instinctif des soldats, dans leur commune recherche d’équilibre dans la tempête, n’aurait alors fait qu’aggraver le phé- nomène. Les études les plus récentes confirment la combinaison des facteurs, et montrent que la
catastrophe, par son ampleur et sa brutalité, donna pour plusieurs décennies un coup d’ar- rêt aux progrès des techniques : non seulement on n’osa plus construire en Europe de ponts suspendus, mais l’utilisation novatrice du fer dans le mortier fut, elle aussi, pour longtemps différée. Dans l’armée, rompre le pas dans la traversée d’un pont est désormais une règle, en souvenir de la catastrophe d’Angers.
Cet épisode historique vous est raconté par Élisabeth Verry, directrice des Archives départementales. n
Pour en savoir plus
• Les Ponts d’Angers, sous la direction de Dominique Letellier et Olivier Biguet, dans “Cahiers du Patrimoine“, n° 49, Éditions du Patrimoine, 1998.
• La Catastrophe d’Angers, par Michel Cotte et Paul Fournier, dans “La Revue“
du musée des Arts et Métiers, n° 5, 1994
• Iconographie du pont de la Basse Chaîne, photographies de Paul Verchaly publiées par Gontard de Launay, Angers, 1900
• Le 16 avril 1850 ou relation de la catastrophe du pont de la Basse Chaîne, par Théodore Tardif, Angers, 1851.
© Clémentine Foissy
Reconstruit depuis la catastrophe, le pont de la Basse Chaîne permet aujourd’hui de franchir les deux rives qui composent Angers
Numéro 45 • avril/mai 2008