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Ondes et photons - III. Approximation de Dirac
Al. Proca
To cite this version:
ONDES
ETPHOTONS
III. APPROXIMATION DE DIRAC
Par AL. PROCA.
Institut Henti-Poincaré, Paris.
Sommaire. 2014 L’auteur développe sous sa forme exacte la théorie de la lumière, amorcée dans deux articles précédents (J. Phys., 1934, t. 5, p. 6 et 1934, t. 5, p. 122). Il montre qu’étant donnée une onde de lumière quelconque, on peut toujours lui associer un corpuscule ayant une loi de mouvement déterminée et dont l’état est fixé par la structure de l’onde. La masse au repos de ce corpuscule est nulle et ses fonc-tions d’onde satisfont aux équations relativistes de Dirac pour ce cas particulier. Ce corpuscule diffère donc du photon expérimental par la valeur de son spin, qui est h/403C0; c’est donc, d’après M. L. de Broglie,
un neutrino.
La correspondance entre le champ électromagnétique de l’onde et les fonctions d’onde du neutrino,
s’obtient en faisant usage de l’opérateur
demi-gradient,
dont il a été question dans les articles cités. L’au-teur en donne l’expression exacte. Il étudie ensuite la manière dont les caractéristiques de la lumière influent sur les états du corpuscule associé. On constate que si le corpuscule se trouve dans un état bien déterminé d’énergie W et de quantité de mouvement p, q, r, l’onde lumineuse correspondante est polariséecirculairement dans un sens bien déterminé. Si le corpuscule se trouve dans le même état p, q, r, mais
avec
l’énergie
négative 2014W, l’onde lumineuse sera polarisée circulairement, comme précédemment, mais dans le sens oppo,é. Le
signe
del’énergie
du corpuscule indique le sens de rotation de la lumièrecorrespon-dante, ce qui permet une interprétation intuitive des états d’énergie négative d’un corpuscule non chargé
du type précédent.
,
PREMIÈRE
PARTIE1. Introduction. - Nous avons examiné
jusqu’à
présent
deux formesapproximatives
d’unemécanique
quantique
desphotons.
Nous considérons le mouvement d’un
photon
commedécrit en
mécanique
ondulatoire parl’équation
fonda-mentale d’une
particule
de masse et decharge
nulles eten absence de tout
champ
extérieur. Leproblème
con-siste à calculer à
partir
de la fonctiond’onde ~
de cecorpuscule,
leschamps électromagnétiques
de lalu-mière
qu’il
est censéreprésenter.
Avec cettehypothèse
dedépart,
le calcul exact doit se faire enpartant
deséquations
de Dirac pour m, = 0.Ces
équations
que nous écrironsen
employant
la notation desspineurs (1),
nous fourni-ront deuxspineurs ~~
etDans
la théorie que nousdéveloppons
lechamp électromagnétique
est unchamp
(1) Pour tout ce qui concerne le calcul des spineurs on peut
consulter l’article de D. LAPORTE et G. E. UIILEXBECK publié dans
Physical Review ~1934, 37, p. 13~0; pour faciliter la tâche du lecteur nous avons gardé les notations employées par ces auteurs. Voir aussi B. L. VAN DER WAERDEY, Ges. Wiss. Gottingen, 1929, ainsi que l’ouvrage intitulé : Die gruppentheoretische Methode
in der Quantenmechanik, Springer
1932;
L. INFELp et B. L. VAN DERDie Wellengleichung des Electrons in der allgemeinen Relativitâtstheorie Berlin 1933; G. MIE, Ann. der PhYSlk,
1933, t7, p. ~60; en français on peut consulter un article de J. SOLOMOIR, J. de Phys., 193 t, t. 2, p. 3z1.
du
type
,b : il se déduit de")0-,
Â, par l’application
d’opé-rateurs convenables.
Or,
étant donné le caractère devariance de
~~~.,
1.).,
ilfaut,
pourparvenir
à des gran-deurs se transformant comme lesèomposantes
d’unchamp électromagnétique,
que cesopérateurs
soientégalement
desspineurs.
Leprincipe
fondamentalem-ployé
pour trouver éesspineurs
est la «décomposi-tion » convenable du vecteur
gradient
c’est-à-dire l’obtention de certains
opérateurs
se trans-formant comme desspineurs
et tels que les composan-tes de(1’)
soient des fonctionsquadratiques
convena-bles de ces
opérateurs.
Avant
tout,
nous devons donc réaliser d’unefaçon
tout à faitgénérale
unepareille décomposition.
2.
Décomposition générale
du vecteur gra-dient. - Dans unprécédent
article(J.
Phys.
t934, 5,
p.121)
que nousdésignerons
dorénavant par Ondes etphotons
II,
nous avons réalisé cettedécomposition
aumoyen d’un seul
spineur us;
nous avons vu que cettesolution ne
pouvait
êtregénérale,
résultatqu’on
pou-vait d’ailleursprévoir.
Il faut donc essayer d’obtenir cettedécomposition
au moyen de deuxspiîteurs a,, b.
de
composantes
et
La théorie de Dirac nous
permet
d’écrirement les
équations qui
définissent cettedécomposition.
Eneffet,
soit’L
une fonction d’onde deDirac,
représen-tant comme à l’ordinaire l’ensemble des deux
spineurs;
on
sait,
onpeut
former 16 covariantsquadra-tiques
de la forme1*g,§,
, où
est un des 16produits
indépendants
formés avec lesj,. (~~=1, ~,
3,4).
Parmi ces 16opérateurs
il y a deux groupes dequatre
se transfor-mant comme un vecteurd’univers,
à savoir : le courantet ce
qu’on
peut appeler
le «spin
»Il semble donc
qu’on puisse
relier de deux manières différentes lescomposantes
d’un vecteur d’univers et les deuxspineurs qui
le «décomposent
» : onpeut
sedonner soit
les jr
soit lesSr,
et calculer~.
Or,
il estfacile de voir
qu’il
n’en est rien etqu’une
seule deces’
manières de
procéder
estacceptable.
Pour cela il faut considérer le cas
général
d’unepar-ticule matérielle
(1)
de masse m.Dans ce cas on a :
ce
qui
signifie
enparticulier
et
où
Si donc nous cherchons à
décomposer
le vecteurdo,
d~, ~3,
il faudra tenircompte
que l’on auratoujours
(pour
les fonctions surlesquelles
onopère)
Le vecteur d-uiiivers
ô,
est donc un vecteuror, de
(2)
et(3),
seul(3)
est un vecteurd’espace
(2).
Il ne nous reste donc
plus qu’une
seulepossibilité
de
décomposition,
que nous allonspréciser
dans cequi
suit.Soient
ôo, 6t. 62, Ô3 quatre
réels formant lescomposantes
d’un vecteur d’univers covariant.Ecri-vons le
spineur
qu’on
peut
lui fairecorrespondre
d’après
v. der Ni’aerden(3)
sous la forme(1) Cas que nous examinerons en détail dans un autre article.
(2) Nous avons insisté sur cette caractéristique dans un
ar-ticle des Annales de Physique 1933, 20, p. 347.
(3) CL LAPORTE E’t L HLENBEGB,
Phys.
Rev., ’1931,37~
1552.Soient ai, a~ et
bi,
b2,
les deuxspineurs
enlesqnels
ondécomposera
(5);
prenons alors lespineur qui
correspond
au vecteur «spin
»S,
(au
lieu deprendre
celui
qui correspond
au « courant»),
et posonsLa condition
(4)
s’écrira alorssoit encore
Les
équations (6)
et(8)
représentent
ladécomposi-tion
générale
du vecteurèo,
d1,
à~, ô3,
adaptée
au casd’une
particule quelconque
de masse m.satisfaisant
àl’équation
de Dirac.Nous examinerons
prochainement
la solutiongéné-rale ;
bornons-nous pour l’instant au cas où l’onsup-pose
m = o,
donc k = 0. ’Laissons de côté les solutions
symétriques
(telles
que celles que nous avons données pour
l’approxima-tion de Pauli
(voir (1)
Ondes et Photons11)
etbornons-nous à une forme de solution
simple.
On déduit de(8),
pour k
= 0 la solutionpossible
Les ar
et bs
sontproportionnels.
On déduit deséqua-tions
(6)
et de(9)
donc
Si les
ar, bs
satisfont à(11)
il suffiraqu’une
seule deséquations
(6)
soit satisfaite pour que les autres le soientautomatiquement;
prenons parexemple
lapremière
- , . ,. ~,Posons
il faut que
159
ce
qui exige
que;,
a, ~i
étant trois arbitraires.En fonction de ces trois arbitraires nous pouvons
donner la solution de la
décomposition (6),
à savoirqu’on
peut
encore écrireAo, Bo
étant deuxarbitraires,
non nuls et satisfaisantà
l’unique
condition(1) :
Ce sont les formules
(16)
que nousprendrons
commepoint
dedépart
sans nouspréoccuper
de lafaçon
dontelles ont été obtenues.
Nous y
remplacerons
les nombresôr
par lesopéra-teurs
correspondants,
reliés linéairement auxcompo-santes du vecteur
gradient
d’univers et nous donnerons auxsymboles
V Oit
le sens surlequel
nous avons insisté dans Ondes et Photons 1 et II. Deplus,
commeprécé-demment,
nous admettons que les arbitrairesAo
etl~o
sont des îtombï-es
(complexes).
(1) Plus symétriquement on pourrait prendre une autre solu-tion
les A’o, B’", étant deux arbitraires non nuls, soumis à la même condition que les Ao, Bo
Par leur forme (18) se rapprochent des formules (13) de Ondes et Photons, 11; mais ni A’~~, ni B’o ne pouvant être nuls, on voit que cette solution II (13) ne peut en aucun cas être considérée
comme un cas particulier de (18). L’emploi de ces formules (1S)
exige cependant des précautions sur lesquelles nous reviendrons.
3. Calcul des
champs. -
Enpossession
desspi-neurs ar,
bs
cl’unepart, q;,¡,
X,. d’autrepart,
nous devonsles combiner de
façon
à obtenir descomposantes
setransformant comme celles d’un
champ
électromagné-tique.
Ici
aussi,
la structure des covariantsquadratiques
delà théorie de
Dirac,
formés àpartir
desspineurs qui
constituent les fonctionsd’onde,
nous sera d’ungrand
secours. Nous savons, en
effet,
queparmi
cescova-riants
quadratiques
il existe un seul tenseurantisymé-trique
du second rang, à savoirDésignons
par p l’ensemble des deuxspineurs
ar,bs,
comme nous
désignons
en théorie de Diracpar ,§
l’en-semble des deux
spineurs
~~,
1./..
Dans ces conditions lesgrandeurs
et aussi
se transforment comme un tenseur
antisymétrique
du second rang;(19)
sont descomposantes
réelles,
(20)
et(21)
ne le sont pas. Il faut doncprendre
soit leurpar-tie réelle
soit la
partie imaginaire
Traduisons ceci en
langage
desspineurs.
Lespineur
du second rang associé à un tenseur
antisymétrique
ordinaire est unspineur
symétrique,
ainsi que nousl’avons
déjà rappelé
(v. Ondes etphotons II).
Ontrou-ve comme
spineur
associé auxprécédents,
soitsoit
Mais, puisque
ar contient un facteur arbitraire de la formee- i Y.,
la forme(25)
contientimplicitement
la forme(24)
et il est inutile de faire la distinction.Nous allons donc
prendre
hypothèse
conU1/espineur
définissant
lechamp électromagnétique :
et les
composantes
duchamp proprement
dit sont lesgrandeurs
réelles déduites de(1)
Les
~~, "lÀ
satisfont auxéquations
de Dirac4.
Equations
de Maxwell. - Lescomposantes
(28)
ou(27)
duchamp
ainsi défini se transformentcorrectement;
deplus,
elles satisfont auxéquations
deMaxwell. En effet celles-ci
s’écrivent
(2) :
et l’on a, à cause de la commutabilité de
a,,, bs
Le second terme ainsi que le
quatrième
sont nuls envertu des
équations
de Dirac(1) (on
remplace
la secondeéquation
(1)
par sacomplexe
conjuguée).
Les termesqui
restent,
lepremier
et le troisièmes’écrivent,
en tenantcompte
de(6) :
et ils sont nuls à cause :
1° De l’identité fondamentale du calcul des
spineurs
et 2° du fait que :
en vertu de
(9) (solution possible).
5. Détermination du
champ. -
Lechamp
quenous avons défini par le
spineur
satisfait donc aux
équations
de Maxwell. Tout autrechamp
déduit duprécédent
parmultiplication
avec unfacteur scalaire satisfait aux mêmes
équations ;
cefac-teur ne
peut
être fixé que par une sorte denormali-sation des
composantes.
Mais il y a d’autres arbitrairesdans
l’expression
de cechamp.
Décrivons le
photon
par deuxspineurs ~~
et1."
quenous supposons normalisés. Il est clair d’abord que les
fonctions
et
(1) Cf. LAPORTB et UHLBNBECK,
Phys.
Rev. 193i ; 37, p. 1380.(2) LAPORTE et UHLENBECK, 10C. Cit.
décriront la même
particule.
Dans le casparticulier
d’un
photon (m
=0)
xpeut
être différentde fi,
àl’en-contre de ce
qui
se passe pour unélectron;
en effet leséquations
sont :et
l’expression
à normaliser ne contient pas lesphases.
Or,
lesopérateurs
ar,bs,
contiennentégalement
ercfacteur
deuxphases
arbitraires(cf. (15)) ;
cesdeux
phases
n’augmentent
donc pas l’arbitrairequ’in-troduit la définition du
photon
par les deux fonctionsXI fournies
par lamécanique
ondulatoire.En
plus,
lesopérateurs
ar, introduisent un autre arbitraire par lesquantités
qui
apparaissent
en facteurdans ar
et Cet arbitrairepourra être fixé par la condition de normalisation des
composantes
duchamp.
Remarquons
à ce propos quedans le cas
qui
nouspréoccupe
(particule
de massenulle)
leséquations
de Dirac(1)
elles-mêmescompor-tent un arbitraire de ce genre, c’est-à-dire
qui
n’est passimplement
un facteur dephase.
En
effet,
à cause de m =0,
si~~, X).
satisfont à(1),
y satisferont encore, C et
D pouvant
être des nombres(complexes)
différents.
La condition denor-malisation ne fixe pas les
phases qui
restentquelcon-ques, comme
toujours;
mais cette conditionunique
nepeut
fixer engénéral
qu’un
seul des modules de CetD,
l’autre restant arbitraire.
La
question
doit être traitée àpart;
voyons d’abord comment interviennent lesarbitraires ç, a, p
dans unexemple précis.
6.
Champ
électromagnétique
d’unphoton
donné.
Energies positives
etnégatives. -
Consi-dérons un
photon
d’énergie
et dequantité
demouve-ments bien déterminées et demandons-nous
quelles
sont lescaractéristiques
de la lumièrequ’il représente.
Soient
les
quatre spineurs qui
décrivent unphoton,
dequantité
de mouvement p, q, r etd’énergie
W. Ils satisfont auxéquations
deDirac,
161
Ces
équations
sontcompatibles
siPour une
quantité
de mouvement p, q, 7°,donnée,
l’énergie peut prendre
deux valeurs à savoirCalculons le
spineur
na,,s. On a, enposant :
et il faut tenir
compte
deséquations
de Dirac ainsi que de la condition(17)
remplie
par
les arbitrairesAo, Bo.
Pour le but que nous avons en vue nous nedimi-nuons en rien la
généralité
ensupposant
que lephoton
avance le
long
de l’axe Il faut alorsprendre
et
Les
équations
(32)
donnent tpour le
photon d’énergie positive
U7’ etpour le
photon
d’énergie négative
TV".Le
spineur symétrique
devient dans
lepremier
casw - ni
et dans le second cas,
en
posant
.Avec ces notations le
champ
électromagnétique
accompagnant
unphoton
(l’énergie positive
sera donné par les formules(28)
et(37)
et aura la forme :tandis que le
champ
d’unphoton
(/’Pllergie négative
sera
Donc un
photon
d’énergie
positive
lT7 == cl)>
0 et dequantité
de mouvementpositive p >
0,
dirigée
suivantéquivaut
à une lumière(39)
sepropageant
lement à
O.x,
vers les xpositifs
etpolarisée
circulaire-mer2t à droite(en
regardant
arriver la lumière leschamps
tournent defaçon
que h prenne laplace
dee).
La
figure
1 a montre ladisposition
deschainps ;
dans lafigure
~a b l’axe 0 a-positif
estsupposé dirigé
versl’observateur.
Fig. 4. - Particule d’énergie positive.
Par
contre,
unphoton
de mêmequantité
demouve-ment
positive
~~>0,
dirigée
suivantOx,
maisd’énergie
négative,
équivaut
à une lumière décrite par leschamps
(40).
Cette onde lumineuse se propage vers les .rnégatifs,
doîic en sens contraire de laquantité
delnou-veJnenl du
Sa polarisation
est circulaire,gauche
(en regardant
arriver la lumière leschamps
tournent defaçon
que e prenne laplace
deh) ;
dans lafigure
26l’axe Ox est
supposé
dirigé
vers l’observa-teur.Fig. 2. - Particule de même
quantité de mouvemeut que celle de la figure 1, mais d’énergie négative.
Ces résultats montrent
quelle peut
êtrel’interpréta-tion des
énergies négatives
pour desparticules
de massenulle dont le mouvement est défini par
l’équation
de Dirac. L’assimilation de cetteparticule
a unphoton
précise
cetteinterprétation;
mais,
même si en réalité cetteparticule
n’était pas unphoton (voir paragraphe
8)
les
champs
que nous avons introduitsplus
hautpré-senteraient un certain
intérêt,
dû au faitqu’ils
nousfournissent une
image
intuitivesimple
de la différencequ’il
y a entre uneparticule
àénergie
positive
et uneparticule
àénergie négative.
7. Polarisation
rectiligne.
- Dans toutce
qui
précède
nous avonssupposé
que laquantité
demouve-ment 1)
étaitdirigée
suivant les 0 xpositifs, » >
0.Cherchons maintenant le
champ
d’unphoton d’énergie
négative
W",
mais dont laquantité
de mouvement soitdirigée
vers les xnégatifs.
Posons
On a
La lumière
correspondante
sedirigera
en senscon-traire de la
quantité
demouvement,
donc vers les xpositifs.
Les
spineurs
de Dirac s’écrivent t maintenantet l’on a cette fois-ci
~1,
=B2.
D’après
les formulesgénérales
(34),
lespineur
symé-trique est
,163
avec
La
figure 1
devient pour ce cas lafigure
3.La lumière est donc
polarisée
circulairement à gau-che.Superposons
maintenantdeux photons :
l’und’éner-gie positive, ayant
unequantité
de mouvementdirigée
vers les x
positifs
et l’autred’énergie
négative
et dont laquantité
demouvement,
égale
en valeur absolue à laprécédente,
soitdirigée
en sens contraire.Fig.3.
Le
champ
de ce dernier serad’après
les formules(1i)
et(38’)
Il se
dirige toujours
vers les x~positifs.
Lechamp
total s’obtiendra ensuperposant (46)
et(39).
On auradonc une lumière
polarisée rectilignement
dans un azi-mut déterminé parl’angle
(p.Dans la théorie que nous avons
développée,
la lumièrepolarisée
linéairement ne constitue pas l’élémentfon-damental
simple ;
cet élémentsimple
est formé parla lumière
polarisée circulairement, qui correspond
àun seul
photon
dans un étatd’énergie
biendéterminé ;
pour décrire une lumière
ayant
unepolarisation
recti-ligne
nous avons besoind’imaginer
unphoton
distribuésur deux états
qui
soient tels que leursimpcclsions
d’univers soientégales
et designes
contraires.Cela montre
qu’en particulier
l’existence deséner-gies négatives,
loin d’être une difficulté pour lathéorie,
en constitue au contraire un élémentessentiel,
indis-pensable,
sanslequel
on nepourrait
pas rendrecompte
du fait fondamental
qu’expérimentalement,
la lumièrepolarisée rectilignement
existe.8. Considérations
critiques.
Difficultés de la théorie etsignification
de la méthodeemployée.
- Mathématiquement,
la théoriedéveloppée
dans les pages et articlesprécédents
revient à dire que, pourune
particule
de massenulle,
onpeut
trouver unchamp
du
type ~ (à
sixcomposantes
réelles) qui possède
lespropriétés
de covariance du tenseurchamp
électroma-gnétique
etqui
satisfait auxéquations
de Maxwell.Physiquement,
laquestion
se pose de savoirjusqu’il
quel point
nous SOJJunes en droit d’assinl1ler ceclranep
aucltaîîip
électromagnetique
d’uue onde de lumière.les considérer comme des
opérateurs
ou comme desmoyennes observables de ces
opérateurs.
Lesgran-deurs observables seront alors les carrés des modules
correspondants
Cetteparticularité
estsatisfaisante en ce sens
qu’on peut imaginer
la mesuredes carrés de
chaque composante
ainsi que lepermet
l’expérience,
au lieu de nepouvoir
mesurerque leur som me Y-
(1er
12 +
¡hl’ 12);
mais il n’est nulle-ment démontréqu’en
dernièreanalyse
on doive assi-miler nécessairement lescomposantes
dechamp
lumi-neux à des
grandeurs
de la nature d’une fonctiond’on-de
If..
Il faut aussi tenir
compte
d’une autre difficulté trèssérieuse,
qui n’apparaît
pas dans les deux approxima-tions que nous avons étudiéesprécédemment,
maisqui
se
présente
àl’approximation
de Dirac : ladifficulté
d u ,
En
effet,
diverses considérations nousobligent
à penser que, si lephoton a
unspin,
la valeur de celui-cine
peut
être quefi 12
7t.Or,
laparticule
que nous avonsconsidérée
jusqu’à présent,
à savoir celle dont lemou-vement obéit à
l’équation
de Diracpour une masse et une
charge
nulles,
a unspin égal
à 1 hC .
1 ’
d. 1
_29’
.M7t Cetteparticule
nereprésente
pas directement le «photon
».D’après
M. L. deBroglie
(1),
elle seraitplu-tôt un neutrino de
Pauli,
dont la masse au repossem-ble être
nulle (9)
C)
et dont lespin
p esteffectivement 1 h .
9- 2 7c. Doit-on
en conclure que les calculs des
paragraphes
précédents
nes’appliquent
qu’à
un neutrino et necon-cernent pas la théorie de la lumière? Il n’en est
rien,
parce que : -.1° Ces calculs
s’appliquent
auneutrino,
mais nousmontrerons
qu’à chaque
onde de lumière est attaché unneutrino,
et celui que nous avonsconsi-déré ;
et parce que2° La difficulté du
spin
s’évanouit si l’onadopte
unehypothèse
due à M. L. deBroglie
concernant lacons-titution du
photon.
SECONDE PARTIE
9. Problème inverse pour le
photon.
Corpus-cule attaché à une onde de lumière. -Jusqu’à
présent
nous sommespartis
del’équation
(48),
ou deséquations
(1) qui
lui sontéquivalentes,
pour en déduirel’expression
descomposantes
e,,,h,,
d’unchamp
dutype
~,
que nous avons assimilé auchamp
lumineux.Ce
procédé
estcritiquable
parce que :(1) C. R. 1934, 198, p. i35.
(2) F. PERRI-N, C. R. 1933,
197,
p. 1625..’l’ote ajoutée à lacorrec-Voir
également
E. Z.Physik.,
1934, 88, p, 171.Il
l’équation (Q8)
sembleplutôt l’équation
d’unneu-trino que celle d’un
photon,
et~° parce que le
champ
qui
en résulte est unchamp
dutype
~.
Le «
photon
» semble uneparticule ayant
unspin
h
égal
àh ,
ceci pour rendrecompte
de la diminutionZ Tt
du moment
cinétique
d’un atome lors d’une émissionlumineuse. Il faudrait donc
partir
del’équation
d’uneparticule
de masse nulle et despin
h/?~;
mais il n’est pas certainqu’on
puisse
établir uneéquation
relativiste,
analogue
à celle de Dirac(’),
pour uneparticule
dont lespin
a cette valeur.En tout cas,
l’expérience
nous montrequ’on
doitasso-cier les ondes de lumière à des
particules,
les «pho-tons »,
ayant
lescaractéristiques
mentionnées et, enparticulier,
unspin égal
àh/27c. Or,
nous allons établirle résultat suivant : on
peut
attacher à toutphéîioïiiène
lunlineux(et
enparticulier
à une ondeunique),
d’unefaçon
bien déterminée et d’ailleurs tout à faitnaturelle,
une
particule
de massenulle,
satisfaisant
àl’équation
de
Dirac,
doncayant
lespin
1/2
X Le «photon
»expérimental
(masse
nulle, spin
1)
est une autrepar-ticule attachée aux ondes de
lumière,
mais il existe certainement un cc neutrino » massenulle,
spin
qu’elles
définissent etqui
constitue luiaussi,
nécessai-renient,
un desaspects
discontinus dulumineux.
Prenons en effet le
problème
inverse de celui quenous avons traité
jusqu’à présent.
Partons d’une ondede lumière
quelconque,
décritepar le potentiel
d’univers~-1°,
>A1,
>A2,
> A3(49)
lequel
satisfait auxéquations
et à la condition de Lorentz
Le
champ qu’on
en déduit à la manière ordinairesatisfait aux
équations
de Max,vellLe
spineur
qui correspond
au vecteur(49)
sera donnépar les formules mentionnées
déjà plusieurs
fois :165
Or,
àpartir
de cespineur
du second rancl~9,s
et avecles deux
spineurs
dupremier
rang ar,bs,
que nousavons introduits nous pouvons
for111er
deux autresspi-neurs du
prenlier
rang~~,
Z, parl’opération
invariantede la « contraction o,
analogue
à la contraction ducal-cul tensoriel :
L’intérêt de ces
spineurs
tient aux faitsqu’ils
satis-loii taux
éqlfations
de Dirac(1).
En
effet,
prenons parexemple
=0 ;
on a :Par un raisonnement
analogue
à celuiqui
nous aconduit aux formules
(10),
on établit quece
qui
donnePuisque
le dernier membre de
(56)
est nul et les~r
satisfont auxéquations
deDirac;
la validité de la secondeéquation
s’établit de la même manière. ’
Exemple :
Prenons unpotentiel
d’univers de laforme
avec
On trouve
Ce genre de calculs est d’ailleurs
superflu
comme onle verra
plus
loin,
formule(63).
Note. - A
priori,
onpourrait
penser à un autrecouple
despineurs
dupremier
rangqu’on pourrait
for-mer avec les
an bs
et lechamp électromagnétique
correspondant
à la lumière donnée.Soitg;’sle
spineur symétrique
du second rang forméavec les valeurs
E,, fh
descomposantes
duchamp;
il satisfait auxéquations
de MaxwellCela étant les deux
spineurs
satisfont évidemment aux
équations
deDirac,
mais il est facile de voirqu’ils
nepeuvent
nous être d’aucuneutilité. En
effet,
appliquons
à071’ g..
= 0l’opérateur
ak
1 rs
(k quelconque,
sans aucunrapport
avec r,1, s j ;
on adonc
k,
1prennent
les valeurs 1 et 2quel
que soit s. Celasignifie simplement
8 =0, quel
que TSet aussi Xr, sont des
constantes;
on voit sur unexemple
simple qu’elles
sontidentiquement
nulles.A toute
propagation
décrite par unpotentiel
d’uni-vers A)’ on
peut
donc fairecorrespondre
uncouple
despineurs
’+;.,
Xsqui satis font
auxéquations
de Diracpour m = 0.
Ceux-ci décrivent donc le mouvement d’une
particule
de masse nulle(neutî-ino)
dont l’hamiltonien est1. 1 h et
qui possède
q p par pconséquent
lespin 1
2_.
2 1t
*
Toute
modification,
tout accident subi par l’onde de lumière se traduit par deschangements correspondants
dans le mouvement de ce neutrino. On trouve
ici,
cu-rieusement associé à cette onde de
lumière,
uneparti-cule
qui
au repos s’évanouit(m === 0)
etqui possède
un
spin 1 2 r,
Parailleurs,
safréquence,
dans un état2 2 x q
déterminé,
est exactementégale
à celle de la lumièrecorrespondante
(ce
qui
découle du raisonnementqu’on
trouveraplus
loin et des résultatsdéjà obtenus).
Est-ce là le «quantum
de lumière »expérimental ’?
Pourpou-voir l’affirmer il faudrait
expliquer pourquoi
aumoment de l’arrêt de la
particule
ou au moment de sacréation,
le bilan du moment dequantité
de mouvement t n’est passatisfait,
au moins en apparence ; celaexige
probablement
une meilleure connaissance du mécanis-me d’interaction avec la matière.Quoi qu’il
ensoit,
en définissant un état depropaga-tion lumineuse par un
potentiel
d’univers.1~,
onpeut
déduire :
appliquant
àA" l’opérateur
« rationnel d’univers » bien connu, mais aussi :2° un
charnp
d’ondes’f,
enappliquant
à 1" lesopéra-teurs que nous avons
introduits;
on constate quece
chainp
est celui d’uneparticule
de niassenulle,
obéis-sant à
l’équation
de Dirac.On
peut
se demanderquelle
est la relation entre cesdeux
champs,
cequi
permettrait
le calcul de e,.,I~,.
sans passer par l’intermédiaire des
potentiels
(calcul.
qui
présente
souvent de sérieusesdifficultés).
Pour cela soit le
potentiel
d’une onde lumineuse.Le
champ classique
se déduit t duspineur symétrique
du second rang g,,,,lequel
à son tour s’obtient de par la formule(voir
Laporte
et Uhlenbeck(loc.
cit.,
p.~139i).
D’au tre
part,
à ce mêmepotentiel correspondent
lesspineurs (55),
soitAppliquons
à ces formulesrespectivement
lesopéra-teurs b.,
et ar rqu’on peut
encore écrire :Ajoutons
convenablement(69)
et(62) ;
il vient tOr,
ceci n’est autre que la formule(26)
queavions
prise,
parhypothèse,
commepoint
dedépart.
Nosdéveloppements précédents
relatifs à la relation entre laparticule
que nous avonsappelée
jusqu’à présent
«photon
» et lechamp électromagnétique qui
luicor-respond,
restent donc valables. Mais maintenant nouspouvons affirmer que er,
h,,
sonteffectivernent
les compo-santes du
charnp
luminell rclassique ;
Xa, constituent
les fonctions d’ondes d’une
paiticule (neutrino) qu’on
peut
lui attacher etqui
représente,
dans une mesurequ’il s’agira
dedéterminer, l’aspect
discontinu duphé-nomène lumineux.
Le neutrino attaché à une onde de lumière a un
spin
1
:1 ,
mais la difficulté est levée si l’on admet avec22 n
11’I. L. de
Broglie,
que cetteparticule
ne cor2stitcre paselle-lnême le
photon.
Un
photon
serait formé par l’ensemble d’un neutrino et d’un antineutrino(un
trou au sensde Dirac),
d’éner-gie négative
et despin égal
et designe
contraire à celui duprécédent.
Au contact de la
matière,
ces deuxparticules
hileraient,
donnant naissance à une onde de lumière.Remarquons
que, dans la théorie que nous avonsdéveloppée jusqu’ici,
rien ne nousempêche
desuppo-ser que le neutrino soit
accompagné
par un antineutri-no,puisqu’aussi
bien nous ne pouvonspercevoir
lechamp électromagnétique
à l’état pur pour ainsidire,
maisuniquement
à la suite de son action sur la matière. Apartir
de la fonction d’onde du neutrino(ou
de celle del’antineutrino, qui
s’en déduitimmédiatement),
onpeut
calculer lechamp électromagnétique
par la for-mule(63).
Les calculs
précédents
montrent toutefois’que
lechamp
défini par m,.s existe aussi pour un neutrino isolé(et
unchamp analogue
existeégalement
pourl’é-lectron). L’hypothèse
de M. L. deBroglie
admet que cechamp
ne se manifeste sous la forme de lumière quelorsqu’il
y a annihilation. Leproblème
se trouve ainsidéplacé
vers leproblème
de l’interaction d’uneparti-cule,
ou d’uncouple
departicules
dutype neutrino,
avecla matière.