L.E.G.T.A. Le Chesnoy TB2−2011-2012
D. Blotti`ere Math´ematiques
Chapitre I
G´ eom´ etrie dans le plan
Table des mati` eres
1 Colin´earit´e 2
2 Base du plan et coordonn´ees d’un vecteur dans une base 2
3 Crit`ere de colin´earit´e 3
4 Changement de base 3
5 Rep`ere du plan et coordonn´ees d’un point dans un rep`ere 4
6 Changement de rep`ere 5
7 Orthogonalit´e 6
8 Produit scalaire, longueur, crit`ere d’orthogonalit´e et cosinus 6
9 Repr´esentations param´etriques d’une droite du plan 8
10 Positions relatives de deux droites du plan 9
11 ´Equations cart´esiennes d’une droite du plan 10
12 Projet´e orthogonal d’un point sur une droite du plan 11
13 Distance d’un point du plan `a une droite du plan 11
14 ´Equation cart´esienne d’un cercle 12
1 Colin´ earit´ e
D´efinition (vecteurs colin´eaires) :Soit−→u un vecteur du plan.
1. Si −→u 6=−→0 , alors on dit qu’un vecteur−→v du plan est colin´eaire `a −→u s’il existek∈Rtel que −→v =k−→u. 2. Si −→u =−→0 , alors tout vecteur−→v du plan est colin´eaire `a−→u.
Remarque : Soient−→u et −→v deux vecteurs du plan tels que−→v est colin´eaire `a −→u. Alors on peut v´erifier que
−
→u est colin´eaire `a −→v. Aussi dira-t-on simplement, dans ce cas, que les vecteurs−→u et −→v sont colin´eaires, sans n´ecessairement privil´egier un vecteur par rapport `a l’autre.
Notation :−→u //−→v signifie que−→u et −→v sont colin´eaires.
2 Base du plan et coordonn´ ees d’un vecteur dans une base
D´efinition (base du plan) :Une base du plan est un couple de vecteurs (−→i ,−→j) tel que les vecteurs−→i et−→j ne sont pascolin´eaires.
Propri´et´e/D´efinition (coordonn´ees d’un vecteur dans une base) :Soit (−→i ,−→j) une base du plan. Pour tout vecteur−→u du plan, il existe un unique couple (x, y) de nombres r´eels tel que :
−
→u =x−→i +y−→j . Le couple (x, y) forme les coordonn´ees de−→u dans la base (−→i ,−→j).
Notation :Quand la base consid´er´ee est claire compte tenu du contexte (ce qui ne sera pas toujours le cas), la notation :
−
→u(x, y)
pourra ˆetre utilis´ee pour dire que−→u est le vecteur de coordonn´ees (x, y) dans cette base.
Exemple 1
−
→j
−
→i
−
→u
−
→v
1. Les coordonn´ees de −→u dans la base (−→i ,−→j) sont : 2. Les coordonn´ees de −→v dans la base (−→i ,−→j) sont :
Propri´et´e (op´erations sur les vecteurs et coordonn´ees dans une base) :Soit (−→i ,−→j) une base du plan.
1. Soient −→u1(x1, y1) et −u→2(x2, y2) deux vecteurs du plan. Alors les coordonn´ees du vecteur −→u1+−u→2 sont (x1+x2, y1+y2).
2. Soient −→u(x, y) un vecteur du plan etk∈R. Alors les coordonn´ees du vecteurk−→u sont (kx, ky).
Exemple 2 : Soit (−→i ,→−j) une base du plan. Soient−→u1(2,−1) et−u→2(−3,4).
1. Les coordonn´ees de −→u1+−→j dans la base (−→i ,−→j) sont :
2. Les coordonn´ees de −3
4−u→2dans la base (−→i ,−→j) sont : 3. Les coordonn´ees de −2−→u1+ 3−→u2 dans la base (−→i ,−→j) sont : 4. Les coordonn´ees de −→u1+−→u2+−→i −3−→j dans la base (−→i ,−→j) sont :
3 Crit` ere de colin´ earit´ e
D´efinition (d´eterminant d’une matrice 2×2): SoitM =
a b c d
une matrice 2×2 `a coefficients r´eels.
Le d´eterminant de la matriceM, not´e det(M) ou bien
a b c d
, est le nombre r´eel d´efini par :
det(M) =
a b c d
=ad−bc.
Exemple 3 :
6 9 4 5
=
Th´eor`eme 1 (crit`ere de colin´earit´e) :Soit (−→i ,−→j) une base du plan. Soient−→u1(x1, y1) et−u→2(x2, y2). On a :
−→
u1//−→u2 ⇐⇒
x1 x2
y1 y2
= 0.
⋄ Exercice 1 : Soit (−→i ,−→j) une base du plan. Pour tout a ∈ R, on d´efinit −u→a(a,3) et −→va(3, a). D´eterminer l’ensemble des nombres r´eelsatels que −→ua et −→va soient colin´eaires.
4 Changement de base
D´efinition (matrice de passage d’une base dans une autre) : SoientE = (−→e1,−→e2) etF = (−→f1,−→f2) deux bases du plan. On consid`ere les coordonn´ees de −→f1 et−→f2 dans la base E. Si l’on note (p11, p21) les coordonn´ees de−→f1 dans la baseE et (p12, p22) les coordonn´ees de−→f2 dans la baseE, on a donc :
−
→f1=p11−→e1+p21−→e2 et −→f2 =p12−→e1+p22−→e2
o`upij ∈R,i, j∈J1,2K. La matrice de passage deE `aF est la matrice not´eePE,F d´efinie par : PE,F =
p11 p12
p21 p22
.
Remarque :On conserve les notations de la pr´ec´edente d´efinition. On peut retenir la construction de la matrice PE,F de passage deE `a F en se souvenant du sch´ema suivant :
−
→f1 −→f2
PE,F =
∗ ∗
∗ ∗ /−→e1
/−→e2
o`u l’on ´ecrit sous−→f1 ses coordonn´ees verticalement dans la baseEet sous−→f2 ses coordonn´ees verticalement dans la baseE.
⋄ Exercice 2 :Soit (−→i ,−→j) une base du plan. On introduit quatre vecteurs :
−
→e1(1,1) ; −→e2(−1,2) ; −→f1(1,4) ; −→f2(1,7).
1. Montrer queE = (−→e1,−→e2) etF = (−→f1,−→f2) sont deux bases du plan.
2. D´eterminer la matricePE,F de passage deE `aF et la matricePF,E de passage deF `a E.
3. Calculer le produit matricielPE,FPF,E. 4. Que peut-on d´eduire de la question 3 ?
Th´eor`eme 2 (inversibilit´e et inverse d’une matrice de passage d’une base `a une autre) : Soient E= (−→e1,−→e2) etF= (−→f1,−→f2) deux bases du plan. Alors la matricePE,Fde passage deE `aF est inversible et son inverse est la matricePF,E de passage deF `a E. On a donc :
(PE,F)−1=PF,E.
D´emonstration :Elle sera donn´ee plus tard (cf. chapitreApplications lin´eaires).
Th´eor`eme 3 (changement de base): Soient E = (−→e1,−→e2) et F = (−→f1,−→f2) deux bases du plan. Soit −→u un vecteur du plan et soient (x1, y1) ses coordonn´ees dans la baseE et (x2, y2) ses coordonn´ees dans la baseF. On
a :
x1
y1
=PE,F
x2
y2
et
x2
y2
=PF,E
x1
y1
.
⋄ D´emonstration
Remarque :La matrice de passage deE `aF permet de calculer≪simplement≫ les coordonn´ees d’un vecteur
−
→u dans la baseE si l’on connaˆıt ses coordonn´ees dans la baseF. Il faut faire attention `a l’ordre des bases.
⋄ Exercice 2 (suite)
5. Soit−→u le vecteur de coordonn´ees (2,−5) dans la baseE. D´eterminer les coordonn´ees de−→u dans la baseF. 6. Soit−→v le vecteur de coordonn´ees (−3,1) dans la baseF. D´eterminer les coordonn´ees de−→v dans la base
E.
5 Rep` ere du plan et coordonn´ ees d’un point dans un rep` ere
D´efinition (rep`ere du plan) :Un rep`ere du plan est un triplet (O;−→i ,−→j) o`uOest un point du plan (appel´e origine du rep`ere) et o`u (−→i ,−→j) est une base du plan.
Propri´et´e/D´efinition (coordonn´ees d’un point dans un rep`ere) : Soit (O;−→i ,−→j) un rep`ere du plan.
Pour tout pointM du plan, il existe un unique couple (x, y) de nombres r´eels tel que :
−−→OM =x−→i +y−→j . Le couple (x, y) forme les coordonn´ees deM dans le rep`ere (O;−→i ,−→j).
Notation :Quand le rep`ere consid´er´e est clair compte tenu du contexte (ce qui ne sera pas toujours le cas), la notation :
M(x, y)
pourra ˆetre utilis´ee pour dire queM est le point de coordonn´ees (x, y) dans ce rep`ere.
Propri´et´e (coordonn´ees du milieu d’un segment) :Soit (O;−→i ,−→j) un rep`ere du plan. SoientA(xA, yA) etB(xB, yB) deux points (distincts) du plan. Alors les coordonn´ees du milieuIdu segment [AB] dans le rep`ere (O;−→i ,−→j) sont donn´ees par :
I
xA+xB
2 ,yA+yB
2
.
Propri´et´e (coordonn´ees du vecteur−−→AB en fonction des coordonn´ees de A etB) :Soit (O;−→i ,−→j) un rep`ere du plan. SoientA(xA, yA) etB(xB, yB) deux points (distincts) du plan. Alors les coordonn´ees du vecteur
−−→AB dans la base (−→i ,−→j) sont donn´ees par :
−−→AB(xB−xA, yB−yA).
Exemple 4
bO
−
→j
−
→i
bA
bB
1. Les coordonn´ees de Adans le rep`ere (O;−→i ,−→j) sont : 2. Les coordonn´ees de B dans le rep`ere (O;−→i ,−→j) sont :
3. Les coordonn´ees du milieuI du segment [AB] dans le rep`ere (O;−→i ,−→j) sont : 4. Les coordonn´ees du vecteur −−→AB dans la base (−→i ,−→j) sont :
6 Changement de rep` ere
Th´eor`eme 4 (changement de rep`ere) : Soient (E;−→e1,−→e2) et (F;−→f1,−→f2) deux rep`eres du plan. SoitM un point du plan. On note :
• (xE, yE) les coordonn´ees deE dans le rep`ere (F;−→f1,−→f2) ;
• (xF, yF) les coordonn´ees deF dans le rep`ere (E;−→e1,−→e2) ;
• (x1, y1) les coordonn´ees deM dans le rep`ere (E;−→e1,→−e2) ;
• (x2, y2) les coordonn´ees deM dans le rep`ere (F;−→f1,−→f2).
Alors on a : x1
y1
= xF
yF
+PE,F
x2
y2
et
x2
y2
= xE
yE
+PF,E
x1
y1
.
o`uE d´esigne la base (−→e1,−→e2) etF la base (−→f1,−→f2).
⋄ D´emonstration
⋄ Exercice 3 :Soit (O;−→i ,−→j) un rep`ere du plan. On introduit :
Ω(2,−1) −→u(−1,1) −→v(6,−5).
1. Montrer que (Ω;−→u ,−→v) est un rep`ere du plan.
2. SoitM le point de coordonn´ees (1,−3) dans le rep`ere (Ω;−→u ,−→v). Calculer les coordonn´ees deM dans le rep`ere (O;−→i ,−→j).
3. Soit N le point de coordonn´ees (2,1) dans le rep`ere (O;−→i ,−→j). Donner les coordonn´ees de N dans le rep`ere (Ω;−→u ,−→v).
7 Orthogonalit´ e
D´efinition (vecteurs orthogonaux)
1. Soient −→u et −→v deux vecteurs non nuls du plan. On peut alors parler de la direction de chacun des deux vecteurs. On dit alors que −→u et −→v sont orthogonaux, si les directions de−→u et−→v sont perpendiculaires.
2. Si au moins l’un des deux vecteurs −→u et −→v du plan est nul, alors on dit que les deux vecteurs−→u et −→v sont orthogonaux.
Notation :−→u ⊥ −→v signifie que−→u et−→v sont orthogonaux.
Exemple 5
−
→u
−
→v
−
→w
−
→j
−
→i
1. Les vecteurs −→i et −→j sont-ils orthogonaux ? 2. Les vecteurs −→u et −→v sont-ils orthogonaux ? 3. Les vecteurs −→u et −→w sont-ils orthogonaux ? 4. Les vecteurs −→v et −→w sont-ils orthogonaux ?
8 Produit scalaire, longueur, crit` ere d’orthogonalit´ e et cosinus
D´efinition (produit scalaire dansR2) :Soient x1
y1
,
x2
y2
∈R2. Le produit scalaire de x1
y1
et
x2
y2
, not´e
x1
y1
.
x2
y2
, est le nombre r´eel d´efini par : x1
y1
.
x2
y2
=x1x2+y1y2.
Contexte : Dans toute cette section, on fixe une base (−→i ,−→j) qui est orthonorm´ee, i.e. telle que les vecteurs
−
→i et−→j sont orthogonaux et de mˆeme norme. Ce choix induit une unit´e de longueur, i.e. une longueur ´etalon : la norme du vecteur−→i. Les vecteurs−→i et −→j ont ainsi une norme ´egale `a 1.
D´efinition (produit scalaire) :Soient −→u1(x1, y1) et−→u2(x2, y2) deux vecteurs du plan. Le produit scalaire de
−
→u1et −→u2 est le nombre r´eel not´e−→u1.−u→2 d´efini par :
−
→u1.−u→2= x1
y1
.
x2
y2
=x1x2+y1y2.
Exemple 5 (suite) : Soit (O;−→i ,−→j) un rep`ere du plan. On consid`ere les vecteurs introduits sur la figure de l’exemple 5. La base orthonorm´ee de r´ef´erence est (−→i ,−→j).
5. Les coordonn´ees de −→u sont , et celles de−→v sont . On a donc :
−
→u .−→v =
6. Les coordonn´ees de −→w sont . On a donc :
−
→u .−→w =
Propri´et´es (alg´ebriques du produit scalaire) 1. Soient −→u1 et−u→2 deux vecteurs du plan. Alors :
−→
u1.−→u2=−→u2.−u→1
2. Soient −→u1,−→u2et −→u3 trois vecteurs du plan. Alors :
−
→u1.(−→u2+−u→3) =−u→1.−→u2+−u→1.−→u3
3. Soient −→u1 et−u→2 deux vecteurs du plan et soitk∈R. Alors : (k−→u1).−→u2=k(−→u1.−u→2)
Th´eor`eme 5 (norme d’un vecteur et longueur d’un segment) 1. Soit−→u(x, y) un vecteur du plan. Sa norme||−→u|| est donn´ee par :
||−→u||=p
x2+y2.
2. On fixe ici un point O du plan, d’o`u un rep`ere orthonorm´e du plan : (O;−→i ,−→j). Soient A(xA, yA) et B(xB, yB) deux points du plan. La longueur du segment [AB], not´eeAB, qui co¨ıncide avec la norme du vecteur −−→AB, est donn´ee par :
AB =||−−→AB||=p
(xB−xA)2+ (yB−yA)2.
⋄ Exercice 4 :Soit (O;−→i ,−→j) un rep`ere orthonorm´e du plan. On introduit : A(2,−2) B(3,−5) C(5,−1).
Le triangleABC est-il isoc`ele ?
Th´eor`eme 6 (crit`ere d’orthogonalit´e) :Soient−→u1 et−u→2deux vecteurs du plan. On a l’´equivalence suivante.
−
→u1⊥ −→u2 ⇐⇒ −u→1.−→u2= 0
⋄ Exercice 4 (suite) :Le triangleABC introduit dans l’exercice 4 est-il rectangle ?
Th´eor`eme 7 (produit scalaire et cosinus) :Soient−u→1et−→u2deux vecteurs non nuls. On a l’´egalit´e suivante.
−
→u1.−→u2=||−→u1|| × ||−→u2|| ×cos(−→u1;−→u2)
⋄ Exercice 5 :Soit (O;−→i ,−→j) un rep`ere orthonorm´e du plan. On introduit : A(1,√
2) B(2,0) C 2 +
√6 3 ,
√3 3
! .
Calculer une mesure de l’angle (−−→AB,−→AC).
9 Repr´ esentations param´ etriques d’une droite du plan
D´efinition (vecteur directeur d’une droite) :SoitDune droite et soientAet B deux points distincts de Dalors−−→AB est appel´e vecteur directeur deD.
Remarque :Un vecteur directeur d’une droite est non nul.
Exemple 6 :Repr´esentation graphique de trois vecteurs−u→1,−→u2,−→u3directeurs de la droiteDdonn´ee ci-dessous.
D
Propri´et´e : Deux vecteurs directeurs d’une mˆeme droiteDsont colin´eaires.
⋄ D´emonstration
Propri´et´e (caract´erisation d’une droite par un point et un vecteur directeur) : SoitD une droite, soitA un point deDet soit−→u un vecteur directeur deD. Alors
D=n
M appartenant au plan tels que−−→AM //−→uo .
D´efinition (droite passant par un point, dirig´ee par un vecteur non nul) :SoitAun point du plan et soit−→u un vecteur non nul du plan. Alors
nM appartenant au plan tels que−−→AM //−→uo .
est une droite et −→u en est un vecteur directeur. On l’appelle≪la droite passant parA, de vecteur directeur
−
→u ≫.
Th´eor`eme 8 (repr´esentation param´etrique d’une droite du plan) : On fixe un rep`ere (O;−→i ,−→j) du plan.
1. SoitDune droite, soitA(a, b) un point deDet soit−→u(α, β) un vecteur directeur deD. Alors D=
M(x, y)
∃t∈R
x = a+tα y = b+tβ
.
On dit que le syst`eme
x = a+tα
y = b+tβ est une repr´esentation param´etrique deD, de param`etret.
2. R´eciproquement, si a, b, α, β sont des r´eels tels queαetβ ne sont pas tous les deux nuls, alors
M(x, y)
∃t∈R
x = a+tα y = b+tβ
est une droite du plan. C’est la droite qui passe parA(a, b) de vecteur directeur−→u(α, β).
⋄ Exercice 6 :Soit (O;−→i ,−→j) un rep`ere du plan.
1. Soient A(3,−5) et B(−1,3) deux points du plan. Donner une repr´esentation param´etrique de la droite (AB).
2. SoitDla droite passant par le pointC(1,−1) et dirig´ee par le vecteur−→u(1,−2).
(a) Donner trois points de la droiteD.
(b) Montrer que les pointsAetB appartiennent `a la droiteD. Que peut-on en d´eduire ? (c) Montrer que le pointD(2,2) n’appartient pas `a la droiteD.
10 Positions relatives de deux droites du plan
⋄ Lemme cl´e :Soit−→u un vecteur non nul du plan et soient−→v1 et −→v2 deux vecteurs du plan tels que −→u ⊥ −→v1 et
−
→u ⊥ −→v2. Alors−→v1//−→v2.
⋄ D´emonstration
D´efinition (vecteur normal) :SoitD une droite du plan. Un vecteur normal deDest un vecteurnon nul orthogonal `a un vecteur directeur de−→u.
Exemple 7 :Repr´esentation graphique de deux vecteurs−n→1,−n→2 normaux `a la droite Ddonn´ee ci-dessous.
D
Propri´et´e (des vecteurs normaux `a une mˆeme droite) 1. Toute droite admet un vecteur normal.
2. Deux vecteurs normaux `a une mˆeme droite sont colin´eaires.
D´emonstration
1. SoitDune droite et soitE une base orthonorm´ee du plan et soit−→u (a, b) un vecteur directeur deD. Alors
−
→n (−b, a) est orthogonal `a −→u, donc normal `aD. En effet, on a−→u .−→n = 0 (cf. crit`ere d’orthogonalit´e).
2. C’est une cons´equence du lemme cl´e.
Th´eor`eme 9 (positions relatives de deux droites du plan) :SoientD1 une droite du plan et soit−→u1un vecteur directeur et−n→1 un vecteur normal deD1. SoientD2 une droite du plan, et soit−u→2 un vecteur directeur et−n→2 un vecteur normal de D2.
D1//D2 ⇐⇒ −→u1//−→u2
⇐⇒ −→n1//−n→2
⇐⇒ −→u1 ⊥ −n→2
⇐⇒ −→u2 ⊥ −n→1
D1 ⊥ D2 ⇐⇒ −u→1 ⊥ −→u2
⇐⇒ −n→1 ⊥ −n→2
⇐⇒ −u→1//−n→2
⇐⇒ −u→2//−n→1
Th´eor`eme 10 (intersection de deux droites du plan) :SoientD1etD2deux droites du plan. Concernant l’intersectionD1∩ D2, on a les trois possibilit´es suivantes.
1. D1∩ D2=∅ (ce qui est ´equivalent `aD1//D2et D16=D2),
2. D1∩ D2ne contient qu’un ´el´ement (ce qui est ´equivalent `a D1et D2 ne sont pas parall`eles), 3. D1∩ D2contient une infinit´e de points (ce qui ´equivaut `a D1=D2et doncD1∩ D2=D1).
⋄ Exercice 7 :Soit (O;−→i ,−→j) un rep`ere du plan. On introduit trois points : A(2,−4) ; B(5,−2) ; C(11,3).
A tout` a∈R, on associe le vecteur−u→a(1, a) et la droiteDa qui passe parCet qui est dirig´ee par−u→a. 1. D´eterminer l’ensemble desadansRtels que les droites (AB) etDa soient perpendiculaires.
2. D´eterminer l’ensemble desadansRtels que les droites (AB) etDa soient parall`eles.
3. Existe-t-il un r´eelatel que les droites (AB) etDa soient confondues ?
11 Equations cart´ ´ esiennes d’une droite du plan
Contexte :Jusqu’`a la fin de ce chapitre, on fixe un rep`ere (O;−→i ,−→j) qui est orthonorm´e, i.e. tel que les vecteurs
−
→i et−→j sont orthogonaux et de mˆeme norme.
Th´eor`eme 11 (´equations cart´esiennes d’une droite du plan)
1. Soit D une droite du plan et soit−→n (a, b) un vecteur normal de D. Alors il existe un nombre r´eel c tel que :
D={M(x, y) |ax+by+c= 0}. On dit que l’´equationax+by+c= 0 est une ´equation cart´esienne deD.
2. R´eciproquement, si a, b, csont des r´eels tels queaetb ne sont pas tous les deux nuls, alors {M(x, y) |ax+by+c= 0}
est une droite du plan dont−→n (a, b) est un vecteur normal.
⋄ D´emonstration
⋄ Exercice 8 :Soit (O;−→i ,−→j) un rep`ere orthonorm´e du plan.
1. Soient A(1,−3) etB(2,1).
(a) Donner une ´equation cart´esienne de la droite (AB).
(b) Le pointC(2,3) appartient-il `a la droite (AB) ? 2. SoitD1la droite de repr´esentation param´etrique
x = 2 + 8t y = −3−2t .
(a) Donner une ´equation cart´esienne de la droiteD1. (b) ´Etudier la position relative des droites (AB) et D1. 3. SoitD2la droite d’´equation cart´esienne
x+ 4y−12 = 0.
(a) Donner une repr´esentation param´etrique de la droiteD2. (b) Donner deux points distincts de la droiteD2.
(c) ´Etudier la position relative des droitesD1etD2. Que peut-on en d´eduire quant `a la position relative des droites (AB) etD2?
12 Projet´ e orthogonal d’un point sur une droite du plan
Th´eor`eme 12 (existence et unicit´e du projet´e orthogonal d’un point sur une droite) :SoitD une droite de vecteur directeur −→u et soitA un point du plan. Alors il existe un unique point A′ du plan, appel´e projet´e orthogonal deAsurD, tel que
A′∈ D et −−→
AA′ ⊥ −→u .
D
−
→u
bA
b
A′
⋄ Exercice 9 :Soit (O;−→i ,−→j) un rep`ere orthonorm´e du plan. On introduit trois points : A(2,4) ; B(1,−4) ; C(7,−1).
1. D´eterminer les coordonn´ees du projet´e orthogonalA′ deAsur la droite (BC).
2. Donner une repr´esentation param´etrique de la droite (BC).
3. Montrer que siM est un point de la droite (BC), alors la distanceAM est minimale quandM =A′.
13 Distance d’un point du plan ` a une droite du plan
D´efinition (distance d’un point du plan `a une droite du plan) :SoitDune droite du plan de vecteur directeur−→u et soitAun point du plan. La distance deA`aD, not´eed(A,D), est par d´efinition la longueurAA′, o`uA′ est le projet´e orthogonal deAsurD. C’est la plus petite des longueursAM, o`uM est un point deD. Th´eor`eme 13 (formule de la distance d’un point du plan `a une droite du plan) :SoitDune droite d’´equation cart´esienneax+by+c= 0. SoitA(x0, y0) un point du plan. On a l’´egalit´e suivante.
d(A,D) =|ax0+by0+c|
√a2+b2 .
⋄ Exercice 9 (suite)
4. Calculer de deux fa¸cons la distance du pointA`a la droite (BC).
14 Equation cart´ ´ esienne d’un cercle
Th´eor`eme 14 (´equation cart´esienne de cercle)
1. SoitC un cercle (non r´eduit `a un point), soit Ω (a, b) son centre et soitr∈R+∗ son rayon. Alors C=
M(x, y)|(x−a)2+ (y−b)2=r2 . On dit que (x−a)2+ (y−b)2=r2 est l’´equation cart´esienne du cercleC. 2. R´eciproquement, soienta, b∈Retr∈R+∗. Alors
M(x, y)|(x−a)2+ (y−b)2=r2 est un cercle ; son centre a pour coordonn´ees (a, b) et son rayon estr.
⋄ D´emonstration
⋄ Exercice 10 :Soit (O;−→i ,−→j) un rep`ere orthonorm´e du plan.
1. (a) Donner l’´equation cart´esienne du cercleC de centre Ω(5,−2) et de rayon 3.
(b) SoientA(2,−3) etB(5,−7). D´eterminer l’intersection du cercleC et de la droite (AB). Que peut-on en d´eduire ?
2. SoitE l’ensemble des points M(x, y) du plan tels que :
x2−6x+y2+ 4y−12 = 0.
Montrer queE est un cercle dont on pr´ecisera le centre et le rayon.