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Article p.47 du Vol.30 n°324 (2011)

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BIOFUTUR 324 • SEPTEMBRE 2011 47 Le développement de dosages ciblés de ces différentes glycoformes d’hCG, sécrétées par des phénotypes trophoblastiques spécifiques, pourrait contribuer à établir un profil sérique maternel prédictif du bon déroulement de la grossesse. G

Jean Guibourdenche CHU Cochin AP-HP 27, rue du Faubourg Saint-Jacques 75679 Paris 14 Inserm U767 Faculté de pharmacie Université Paris Descartes Fondation Premup, 4 Avenue de l’observatoire, 75006 Paris [email protected]

L’hormone phare de la grossesse

© BSIP/A&F MICHLER

L’hCG est une glycoprotéine hormonale consti- tuée par l’association d’une sous-unité α(hCGα) et d’une sous-unité β(hCGβ) spécifique codées par des gènes α et βsitués respectivement sur les chromosome 6 et 19. Sa synthèse a lieu dans le tissu trophoblastique (cytotrophoblaste et syncytiotrophoblaste) et dépend quantitativement du niveau de transcription des gènes β. L’hCGβ est la plus longue et la plus glycosylée des deux sous-unités, avec deux chaines N-glycanniques et quatre chaines O-glycanniques expliquant la demi-vie longue (36 heures) de l’hCG.

Sa sécrétion dans la circulation maternelle est essentiellement couplée au processus de diffé- renciation du cytotrophoblaste en syncytio- trophoblaste, tissu qui borde la villosité placentaire au contact du sang maternel. L’hCG circulante est très hétérogène. Elle varie quantitativement et qualitativement au cours de la grossesse, avec un pic sérique vers dix semaines d’aménorrhée, qui coïncide avec une modification de sa struc- ture glycannique. Elle est catabolisée aux niveaux placentaire, hépatique et rénal, et est excrétée dans les urines essentiellement sous la forme d’un petit peptide, le fragment βcore (hCGβcf).

Elle agit principalement via un récepteur mem- branaire, le récepteur LH-CG, qui s’exprime dans le placenta et dans de nombreux autres tissus.

L’hCG est une hormone spécifique et indispen- sable à la gestation humaine. En début de gros- sesse, elle stimule la production de progestérone par le corps jaune ovarien. Elle exerce aussi une action autocrine et paracrine, de type facteur de croissance, au niveau du placenta, de la décidue et de l’endomètre maternel, contribuant ainsi à la qualité de la placentation et au développement de l’embryon.

In vitro, sa production est plus élevée dans le placenta de début de grossesse et suit la formation du syncytiotrophoblaste. Le cyto- trophoblaste extravilleux produit lui aussi de l’hCG

en grande quantité mais elle est majoritairement hyperglycosylée (H-hCG) et agit de façon paracrine et autocrine en stimulant l’invasion trophoblastique. In vivo, les concentrations sériques et les formes circulantes de l’hCG reflètent en partie l’expression du tissu tropho- blastique normal ou pathologique. On observe une augmentation de l’hCG circulante maternelle en cas de trisomie 21, de tumeurs placentaires, d’insuffisance placentaire, de pré-éclamspie et de grossesse multiple. L’H-hCG est sécrétée en grande quantité dans le sang maternel lors des phases d’implantation et d’invasion tropho- blastique et devient ensuite rapidement indétec- table, sauf en cas de tumeur placentaire.

μ

Trimestres

Concentrations sériques

Production des hormones placentaires au cours de la grossesse

hPL: hormone lactogène placentaire hCG: hormone chorionique gonadotrope hPGH: hormone de croissance placentaire

© DR

lep: leptine P4: progestérone E2 et E3: œstradiol et œstriol

Cet article des Editions Lavoisier est disponible en acces libre et gratuit sur biofutur.revuesonline.com

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