Universit´e Paris-Dauphine Ann´ee 2006-2007 UFR GEA 1er cycle
Test du 24 novembre 2006
Dur´ee 1h30, les documents et calculatrices sont interdits.
La qualit´e de r´edaction et de la pr´esentation entrera pour une part importante dans l’appr´eciation des copies.
Les 3 exercices sont ind´ependants.
Exercice 1.
1) V´erifier que la fonction (x7→lnx) est concave sur son ensemble de d´efinition, et en d´eduire que
∀x >0, lnx6x−1.
La fonction ln est d´efinie sur ]0,+∞[ et C2 sur cet ensemble avec
∀x >0, ln0(x) = 1
x et ln(2)(x) =− 1 x2.
On a ln(2)(x)< 0 pour chaquex > 0, donc la fonction ln est concave sur ]0,+∞[. De plus la fonction ln est au dessous de sa tangente en (1,0), i.e.
∀x >0, ln(x)6lnb1(x) = ln(1) + ln0(1)(x−1) =x−1.
Dans toute la suite, on ´etudie la fonction f(x) = lnx x−lnx. 2) D´eterminer l’ensemble de d´efinition de f.
L’ensemble de d´efinition Df def est ]0,+∞[. En effet, on a vu que
∀x >0, ln(x)6x−1< x
donc x−ln(x)6= 0 pour chaque x >0.
3) Montrer que f estC2 sur son ensemble de d´efinition, et calculer sa d´eriv´ee.
La fonction f est le quotient de deux fonctions (ln et Id−ln) de classe C2 sur Df dont le d´enominateur de s’annule pas sur Df. Ainsif est de classe C2 surDf. Calculons la d´eriv´ee pour chaque x >0
f0(x) =
1
x(x−lnx)−(lnx)(1− 1x)
(x−lnx)2 = 1−lnx (x−lnx)2.
4) Ecrire la formule de Taylor-Young pour f `a l’ordre 2 au point x0 = 1. En d´eduire l’´equation de la tangente en ce point et la position de la courbe par rapport `a sa tangente au voisinage de ce point.
La fonction f est C2 sur Df, elle admet donc un d´eveloppement limit´e `a l’ordre 2 au voisinage de 1, i.e. il existe une fonctionε d´efinie sur un voisinage de 0, continue en 0avec ε(0) = 0 telle que pour h >0 assez petit
f(1 +h) =f(1) +f0(1)h+ f(2)(1)
2 h2 +h2ε(h).1
1Certains pourront pr´ef´erer la notationf00au lieu def(2).
1
On peut calculer f(1) = 0, f0(1) = 1. Pour obtenir f(2)(1), on calcule
f(2)(x) =− 1
x(x−lnx)2 −2(1−lnx)(1−1/x) (x−lnx)3 et on v´erifie que f(2)(1) =−1. Ainsi
f(1 +h) = h−1
2h2+h2ε(h) ou bien pour x >0assez proche de 1,
f(x) =x−1−1
2(x−1)2+ (x−1)2ε(x−1).
Si on note T1(f) la tangente `a la courbe repr´esentative de f en(1, f(1)), on obtient
T1(f) ={(x, y)∈R2 : y=x−1}.
En particulier l’approximation affine fˆ1 de f en 1 est d´efinie sur R par fˆ1(x) = x−1.2 Pour chaque x >0 assez proche de 1, on a
f(x)−fˆ1(x) = (x−1)2
−1
2 +ε(x−1)
.
Pour x suffisament proche de 1, le signe def(x)−fˆ1(x)est celui de−12. Ainsi, au voisinage de (1, f(1)), la courbe repr´esentative de f est en dessous de la tangente en (1, f(1)).
5) Quelle est l’approximation affine de f au voisinage de 1 ? En d´eduire une valeur approch´ee de f(1,01).
On a vu que l’approximation affine est la fonction fˆ1 : R → R d´efinie par fˆ1(x) = x−1. En particulier
f(1,01) ≈fˆ1(1,01) = 0,01.
6) Montrer que f peut se prolonger par continuit´e en 0 en posantf(0) = −1. On note encore f son prolongement.
Pour chaque x >0on note v(x) :=f(x)−(−1)et on a
v(x) = lnx
x−lnx + x−lnx
x−lnx = x x−lnx. Comme limx→0+(x−lnx) = +∞on obtient
x→0lim+v(x) = 0.
On peut donc prolonger f par continuit´e en 0en posant f(0) =−1.
7) Montrer que la fonction ainsi prolong´ee est d´erivable `a droite en 0. La d´eriv´ee est-elle continue
`
a droite en 0 ?
Pour chaque x >0on pose
θ(x) := f(x)−f(0)
x = 1
x−lnx.
2Remarquons que la tangenteT1(f) est le graphe de l’approximation affine ˆf1.
2
On a limx→0+θ(x) = 0 donc la fonction f est d´erivable `a droite en0 et fd0(0) = 0.
Pour v´erifier sif0 est continue `a droite en 0, on cherche `a calculer limx→0+f0(x):
f0(x) =
1 lnx −1 (lnxx −1)(x−lnx)
On obtient donc limx→0+f0(x) = 0 ce qui coincide avec fd0(0) donc la fonction f0 est continue
`
a droite en 0.
8) Etudier les variations de f et tracer sommairement sa courbe repr´esentative en indiquant les tangentes en x= 0 et x= 1.
Rappelons que pour x >0, f0(x) = (1−lnx)/(x−lnx)2 donc le signe def0(x)coincide avec le signe de la fonction x 7→1−lnx. Donc la fonction f est strictement croissante sur ]0, e[ et strictement d´ecroissante sur ]e,+∞[. Rappelons que pour x >0,
f(x) = 1
x lnx−1.
Ainsi par le th´eor`eme des croissances compar´ees, limx→+∞f(x) = 0. Nous avons d´ej`a calcul´e limx→0+f(x) = −1. Ainsi f r´ealise une bijection de ]0, e[ sur ]−1, f(e)[ et une bijection de ]e,+∞[ sur]0, f(e)[.
9) En fonction des valeurs de y, discuter le nombre de solutions de l’´equation f(x) = y.
Soit yun r´eel quelconque, on pose S(y) ={x∈ Df: f(x) = y}. On cherche le cardinal deS(y) en fonction de y :
(a) Si y > f(e) ouy <−1 alorsS(y) est vide.
(b) Si y=f(e) alorsS(y) = {e}.
(c) Si y∈]0, f(e)[: comme f r´ealise une bijection de]e,+∞[ sur]0, f(e)[, il existe un unique x1(y)∈]e,+∞[∩S(y); comme f r´ealise une bijection de ]0, e[ sur ]−1, f(e)[, il existe un unique x2(y)∈]0, e[∩S(y). Ainsi S(y) poss`ede deux ´el´ements.
(d) Si y∈]−1,0[: comme f r´ealise une bijection de ]0, e[ sur]−1, f(e)[, il existe un unique x(y)∈]0, e[∩S(y) et S(y)est r´eduit `a un singleton.
(e) Si y=−1ou y= 0 alors S(y)est r´eduit `a un singleton (S(−1) ={0} et S(0) ={e}).
Exercice 2.D´eterminer toutes les fonctionsf : ]0; +∞[−→]0; +∞[, de classeC1dont l’´elasticit´e enx vaut x pour toutx >0.
On note S l’ensemble de fonctions f : ]0; +∞[−→]0; +∞[, de classe C1 dont l’´elasticit´e´e en x vaut xpour tout x >0. On ne sait pas encore si cet ensemble est vide.
Analyse : Supposons que S est non-vide et prenons f ∈ S. Alors pour chaque x >0, x=ef(x) =xf0(x)
f(x)
et donc (ln ◦f)0 = 1 o`u 1 est la fonction constante x 7→ 1 d´efinie sur ]0,+∞[. Il existe donc un r´eel a∈Rtel que
∀x >0, ln[f(x)] =x+a ce qui implique3 quef =eaexp|]0,+∞[. On a donc montr´e que
S ⊂ {f :]0,+∞[−→R : ∃λ >0, f =λexp|]0,+∞[}.
3En toute rigueur, la fonction exp est la fonction d´efinie surR. Ici on se restreint `a l’ensemble ]0,+∞[.
3
Synth`ese : Montrons qu’en fait ces deux ensembles coincident. Soit λ > 0 et posons f = λexp|]0,+∞[. On calculef0 =λf et ainsi
ef(x) =xf0(x) f(x) =x.
On vient de montrer que f ∈ S. Conclusion :
S ={λexp|]0,+∞[ : λ >0}.
Exercice 3. On pose : A=
(x, y)∈R2 : x6y et y2−2y 6 3−x2
et
B =
(x, y)∈R2 : |x−1|<3 et |y|>2 .
1) Repr´esenter graphiquement A etB. On v´erifie que
y2−2y−3 +x2 = (y−1)2+ (x−0)2−22.
Ainsi A= Π∩Bf((0,1),2)o`u Π est l’intersection du demi-plan ferm´e d´efini par Π :={(x, y)∈R2 : x6y}
et de la boule ferm´ee de centre(0,1)et de rayon 2.
Rappelons que pour tout r´eel x∈R,
|x|=
x si x>0
−x si x60.
Ainsi
B =
(x, y)∈R2 : −3< x−1<3 et [y>2 ou y 6−2]
ou bien
B =]−2,4[×[2,+∞[ [
]−2,4[×]− ∞,−2].
2) Ces domaines sont-ils born´es ? Justifier.
L’ensembleAest inclus dans la boule ferm´ee de centre(0,1)et de rayon2, c’est donc un born´e.
L’ensembleB n’est pas born´e. En effet pour chaque entiern ∈N, le pointMn= (0, n)appartient
`
a B mais ||Mn|| =n. Quel que soit le rayonr > 0 fix´e, on peut trouver un point de B (choisir Mn avec n > r) qui n’est pas dans la boule ferm´ee centr´ee en (0,0)et de rayon r.
3) Sont-ils ouverts ? ferm´es ? (Dans cette question, et uniquement dans cette question, on de- mande de r´epondre sans donner de justification).
L’ensemble A est ferm´e. L’ensembleB est ni ouvert ni ferm´e.
4