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Digeste de la construction au Canada, 1972-11
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Égards pour les personnes handicapées
Digeste de la Construction au Canada
Division des recherches en construction, Conseil national de
recherches Canada
CBD 135F
Égards pour les personnes
handicapées
Publié à l'origine en november 1972 D.N. Henning
Veuillez noter
Cette publication fait partie d'une série qui a cessé de paraître et qui est archivée en tant que référence historique. Pour savoir si l'information contenue est toujours applicable aux pratiques de construction actuelles, les lecteurs doivent prendre conseil auprès d'experts techniques et juridiques.
Les bâtiments sont généralement conçus en fonction de personnes physiquement bien constituées. Par conséquent, un grand nombre d'infirmes et de vieillards estiment que les commodités habituelles qui s'y trouvent présentent pour eux des risque, sont peu pratiques, frustrantes ou impossibles a utiliser. Pourtant quelques modifications, même mineures, apportées au stade de la conception, pourraient rendre ces commodités accessibles tant aux personnes valides qu'aux infirmes.
Les problèmes auxquels les infirmes ont à faire face en tentant de s'adapter à des conditions physiques impropres aggravent d'autres problèmes financiers et sociaux qu'ils peuvent avoir. Ils sont incapables de travailler, de faire leurs courses ou de s'amuser dans des bâtiments où ils ne peuvent entrer, ni de travailler dans des secteurs trop éloignés des quartiers résidentiels répondant à leurs besoins. Grâce à la réhabilitation et à la mise au point de divers appareils de secours, les infirmes sont aujourd'hui plus en mesure de se livrer à leurs activités professionnelles et récréatives, et à leur routine. Il faut donc apporter certaines modifications aux commodités typiques des bâtiments pour permettre aux infirmes de mettre en oeuvre leurs nouvelles aptitudes. Afin de mieux réaliser ces améliorations, il importe de faire une étude approfondie des exigences et des restrictions des utilisateurs.
Infirmités
Il y a plusieurs types et degrés d'infirmité. On observe généralement une diminution du sens de la perception, du contrôle musculaire, et de la force chez certains vieillards, et particulièrement chez les amputés ou les aveugles. Il existe aussi divers appareils de secours, tels que les cannes et les chaises roulantes utilisées pour surmonter leur handicap. Malgré ces grandes variations, certaines caractéristiques s'appliquent généralement à toutes les infirmités. Par exemple, la diminution de la rapidité de réaction crée une plus grande possibilité d'accidents, tout particulièrement les chutes, et une moins grande facilité d'adaptation rend plus difficile l'utilisation des installations.
Nous ignorons le nombre de personnes infirmes. Les estimations varient de moins de 1 pour cent à plus de 20 pour cent, selon la définition qu'on donne à "infirme". Malheureusement, le type de définition utilisée aux fins de recensement est souvent relié à des maladies particulières et non aux effets que ces maladies peuvent exercer sur l'habilité d'une personne à se servir d'un bâtiment. De plus, il y a un grand nombre de personnes qui éprouvent des difficultés parce qu'elles ne se situent pas dans la moyenne des gens, bien qu'elles ne soient pas généralement considérées comme infirmes. Ce groupe englobe les femmes enceintes, les personnes obèses, les enfants, les gens de très petite ou de très grande taille, les cardiaques et les personnes qui ont de la difficulté avec leur système respiratoire.
Afin de permettre aux infirmes d'utiliser les bâtiments, il importe d'en étudier leurs caractéristiques au moment de la conception. Ce serait une tâche impossible d'inclure tous les types et degrés d'infirmité, mais on peut quand même considérer quelques exemples spécifiques. Le présent Digest étudie trois types d'infirmité afin d'établir la nature du problème et de trouver une base de comparaison entre les personnes normalement constituées et les infirmes. Ces types choisis, brièvement décrits comme un vieillard, une personne partiellement infirme et une personne se déplaçant à l'aide d'une chaise roulante, représentent une grande variété de caractéristiques physiques qui leur rendent les bâtiments difficiles à utiliser.
Les vieillards
Un certain nombre de caractéristiques inhérentes au vieil âge crée des difficultés quant à l'utilisation des bâtiments. Plusieurs personnes âgées souffrent de rhumatisme et d'ankylose, qui restreignent leur habilité à saisir et à manipuler. Elles sont incapables de mouvoir leurs membres jus qu'aux positions extrêmes, ce qui les empêche d'atteindre certains objets placés trop haut ou trop bas, ou d'exécuter un mouvement de torsion. La diminution de l'énergie et de la force musculaire aggrave ce problème et peut rendre impossible certaines activités qui demandent une force même modérée ou qui se prolongent pendant une longue période de temps.
Plusieurs situations présentent des risques pour les personnes âgées, en raison de la diminution de leurs aptitudes physiques. Ces dernières ne peuvent détecter des fuites de gaz ou de fumée ni remarquer de petites différences de niveau du plancher; elles sont sujettes à échapper facilement casseroles et poêlons, et à ne pas entendre les signaux d'alerte. Certaines personnes âgées tombent ou trébuchent facilement en raison d'une mauvaise vision ou d'un certain déséquilibre, ou encore de la perte de leur rapidité de réaction. Les conséquences d'une chute sont assez sérieuses lorsqu'il s'agit de personnes âgées parce que leurs os ont tendance à être plus friables et, par conséquent, plus sujets à se briser.
Les vieillards éprouvent généralement de la difficulté à se déplacer d'un endroit à l'autre, ou à se tenir debout pendant de longues périodes de temps. Assez souvent, ils s'aident de leurs mains pour conserver leur équilibre en marchant et ils préfèrent la stabilité de la position assise. L'utilisation de certaines installations peut également se révéler difficile pour eux, en raison de la diminution de leur force, de leur vision, et du contrôle des mouvements de leurs mains, de même que le manque d'expérience possible avec certains appareils nouveaux.
Infirmités partielles
Toute personne, n'ayant l'usage que d'une main ou d'un bras éprouve de la difficulté à se servir des installations d'un bâtiment ordinaire. Certains éléments, comme des portes fermées à clé, exigent l'utilisation des deux mains; les baignoires et les mains courantes se trouvent soit à gauche, soit à droite, et peuvent être du mauvais côté de l'utilisateur. L'utilisation d'une seule main pose un problème non seulement aux g ris atteints d'une infirmité à la main, mais aussi a ceux qui ont peu d'équilibre ou de contrôle musculaire et qui doivent utiliser la main saine pour maintenir leur stabilité.
Plusieurs personnes partiellement infirmes ont perdu l'usage d'une main et d'une jambe du même côté. Cette condition les rend plus vulnérables aux chutes accidentelles en raison de la diminution de leur équilibre et de leur abilité à le rétablir. Il est donc nécessaire de prévoir des
appuis supplémentaires là où les personnes sont en déséquilibre ou changent de position, comme lors~qu'elles utilisent les escaliers ou se servent des toilettes. Il faut s'assurer, en tout temps, qu'elles ne glisseront pas.
Personnes se déplaçant à l'aide d'une chaise roulante
Les aptitudes physiques des personnes se déplaçant à l'aide d'une chaise roulante varient sur une grande échelle. Certaines d'entre elles souffrent d'une grande faiblesse dans les bras et ne peuvent se mouvoir sur des surfaces comme des tapis moelleux ou des plans légèrement inclinés. D'autres possèdent des bras très robustes et sont en mesure de se tenir debout pendant de courtes périodes de temps, à condition de pouvoir s'agripper fermement à un support. Assez souvent, une personne qui se sert d'une chaise roulante n'éprouve pas de sensations aux jambes et peut facilement se blesser si elle frôle un radiateur chaud ou se heurte contre un objet pointu.
La portée et le niveau de vision d'une personne assise dans une chaise roulante diffèrent grandement de ceux d'une personne normalement constituée qui se tient debout. Tout ce que ces handicapés doivent atteindre, tablettes, interrupteurs, tout ce qu'ils doivent regarder, fenêtres, miroirs et tiroirs, doit être situé plus bas que les installations destinées aux personnes debout.
Quiconque se déplace à l'aide d'une chaise roulante exige beaucoup plus d'espace pour manoeuvrer qu'un autre physiquement sain (Figures 1-3). Il peut avoir accès à un nombre relativement restreint de conditions de plancher. Une chaise roulante ordinaire mesure 24 pouces de largeur, 42 pouces de longueur et nécessite un cercle de 60 pouces de diamètre pour tourner complètement. Les situations les plus frustrantes et les plus handicapantes connues de la plupart des gens qui se déplacent en chaise roulante comprennent la mobilité, et les barrières créées par les marches, les escaliers, les planchers en mauvais état, les entrées trop étroites et les portes trop lourdes.
Figure 2. Comparaison des dimensions moyennes pour un homme debout et un autre en chaise roulante
Figure 3. Espace requis pour un virage complet
Exigences fonctionnelles
Les exigences fondamentales d'un élément de bâtiment, tant pour les personnes physiquement saines que pour les infirmes, sont l'accessibilité et la possibilité de l'utiliser; tout le monde devrait être capable d'atteindre l'endroit désiré à l'intérieur d'un bâtiment, et une fois là, devrait pouvoir se servir des commodités qui s'y trouvent. L'accessibilité comporte non seulement des déplacements à l'intérieur du bâtiment mais aussi des déplacements de la rue ou du parc de stationnement à l'entrée du bâtiment. Un bâtiment qui offre l'accès aux chaises roulantes est accessible à la plupart des gens qui sont infirmes mais mobiles.
Problèmes principaux
Les entrées de bâtiment et les toilettes sont les endroits fonctionnels qui semblent poser les plus grands problèmes aux infirmes. Les marches, les entrées étroites, et les portes en série qui se trouvent trop près les unes des autres interdisent le passage aux chaises roulantes. Les toilettes sont habituellement très difficiles d'accès pour quiconque utilise une chaise roulante parce qu'il y a trop peu d'espace (particulièrement les toilettes compartiments). Il en va de même pour les installations utilisées en position debout, et les entrées trop étroites. Les vieillards éprouvent souvent des difficultés à ouvrir les robinets et trouvent qu'il est trop risqué d'entrer et de sortir du bain. Les changements de position, de debout à assise à allongée, dans un bain demandent une agilité considérable, et la possibilité d'un accident est élevée pour quiconque est éprouvé d'une infirmité.
Généralement parlant, les appareils et les installations fixés ou encastrés, dans les endroits publics, présentent les plus grandes difficultés, parce que l'utilisateur infirme est incapable
d'ajuster l'installation de façon à satisfaire à ses propres besoins. Ces difficultés sont décuplées dans des locaux tels les cuisines et les salles de bain où se concentrent toute une série d'activités.
Solutions
Les installations de bâtiment conçues pour la population en générale, y compris les personnes infirmes, ne doivent pas nécessairement être radicalement différentes. Dans plusieurs cas, grâce à des modifications mineures apportées aux solutions habituelles, les installations satisferont d'assez près aux besoins des infirmes. Il n'est pas nécessaire de tout construire en fonction des infirmes. Lorsqu'il y a un certain nombre d'installations en série, comme les accessoires de toilettes ou les cabines téléphoniques, il suffit d'en prévoir un ou deux qui seront faciles d'accès aux infirmes.
Il est préférable de prévoir des installations qui peuvent être utilisées de diverses façons et qui demandent peu de force et de contrôle musculaire. Une infirmité diminue la capacité d'adaptation, de sorte que les installations de bâtiment plus que les individus doivent pouvoir s'adapter; ainsi, une pomme de douche munie d'un tuyau flexible qui peut être manié ou attaché au mur à divers endroits convient à toute une gamme d'activité et de facilités et permet à plus de personnes de s'en servir que l'installation de douche fixe conventionnelle. Souvent, une installation conçue en tenant compte à la fois des personnes atteintes d'une infirmité particulière et des personnes normales, satisfera aux exigences d'autres infirmités, en raison des caractéristiques générales d'une installation qui comportent plus de sécurité, plus de facilité d'adaptation et exige moins d'énergie pour son utilisation.
Informations supplémentaires
On trouve un certain nombre de publications qui étudient les solutions appropriées aux problèmes des infirmes. Le Comité associé sur le Code National du Bâtiment du Canada a publié le supplément No. 5, Normes du bâtiment pour les Infirmes, 1970, qui spécifie les exigences minimales nécessaires pour rendre les bâtiments accessibles aux personnes infirmes. Le Canadian Rehabilitation Council for the Disabled a récemment publié une bibliographie sur les obstacles dus à l'architecture. La Société Centrale d'Hypothèques et de Logement a aussi publié un livret sur le logement pour les infirmes. Mais le guide de "design" le plus complet sur le sujet est sans doute l'ouvrage de S. Goldsmith: Designing for the Disabled, McGraw Hill, 2e édition 1967, 207 pages.
Les Signes d'emplacement
A l'heure actuelle, la plupart des bâtiments ne sont pas accessibles, d'une façon ou d'une autre, aux infirmes,. Pour identifier ceux qui leur sont adaptés, on a créé un symbole illustré ci-dessous, qui a été adopté par la Société Internationale pour la Réhabilitation des Personnes Infirmes. Ce symbole a remplacé celui qui était antérieurement utilisé au Canada pour identifier les bâtiments accessibles aux infirmes. On peut se les procurer en s'adressant au Canadian Rehabilitation Council for the Disabled, Suite 303, 242 St. George Street, Toronto 5, Ontario.