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LETTRE DE
LA ROYNE MERE, ENVOYEE AV R O ¥
le z^. deFeurierI6i9.
AVEC LA T RO
I S IES M E ET
dernière lettrede MoniteurleDuc
d’EJpernon,
M. DC. XIX,
LETTRE DE LA ROT NE MERE
,enuoyeeauRoy le2,3. de Feurier 161
Auec
U
troifîefmelettrede MonjieurleDuc iïEjpernon.
M
longO n
s 1etemps v R mon opprimer
Fils,i’aymon
laifféhonneur & ma
liberté , &c ay fouf- fert les plus fortes aprehenfionsde
ma
vie ;&
ce qui m’eftoit plus fen- fible , c’eftoit la priuation de voftre veüe , eftant tout ce qui s’eft faiéten quelque façon authorilé de voftre
nom. Auec
lamefme
patience i’euf-fe
veu
l’aduenir , ians chercherpour
mon
particulier,!!vosvolontezeftoiécbien
ou mal
eonfeillees, mais eftantàmon
grandregretinforméedu mani-
feftepéril
où
fontvos
affaires,s’iln’eftbientoftfeeu
& cogneu
devous,ieme
fuis refoluë de
me
mettreen
lieu feur,A
ij/
h
afin qu’eftantlibre,icvouspuiffefaire
entendre ce qui m’eftoit impoffible dans la puiflance de ceux quilevous cachent,feloquelesplusgrands
&plus
fagesdevoftre
Royaume, & du
dehors encoresm’ont
auec mille proteftatiôs confeillee-A
ceteffetieme
luis portéeà
vne
(ortie perilleule, de aypriémon
Coufin
leDuc
d’Elpernonme
per-mettre de
me
retirer dansAngoulef-
mc où
iem’en
vays,parlavéritableco- gnoiffanceque
i’aydela fidelité Se af- fectionqu’ila à voftre feruice,&
par3aplusancienne
que
lefeuRoy
voftre Pere de tres-heureufemémoire
,&
Monfeigneur m’en
adonnée,iufquesàmecomander
fur ces derniers tours,de me
confier&
feruirentièrementdelaprobité
&
prudence en vosplusim-
portantesaffaires,de
pour
lesmiennes
particulières fi ren pouuois auoir
de
fcparees des voftres.Ce
qu’ayantfaiCt
pour
voftre bien,& pour
vousefmouuoir
à remedier aux inconue' nientsquilespourroient troubler. leme
prometsquevous
approuuerezma
refolution ,
&
trouuerezbon que
ievous conuieà celaparles affedtionsles
plus tendresd’vne
bonne Mere,&
par Ie|dëuoir plus véritable qu’vne fidelefubiedtevous puiflerendre,vousalfeu-
rantque
vousferezgrandement pour
vous ,
& vous
m’obligerezextreme-met,fivous
me donnez
lesmoyens
&c laforme
qu’ilvous
plaidque
ictiennepour
vousle faire f^auoir , fanshaine&
lans ambition,ceque
ie doisà finde rendrevoftrerégné heureux,&
voftreRoyaume
en repos ;&
d’eftre reco-gneuedëh’auoireu
au paflé, au pre- fent,&àl’aduenir,autreSutque
voftre feruice;pour lequelnon
(euleméci’ou.blieraytous
mes
defplaifirs,maisie fa-criheray très volontiers
ma
liberté&
ma
vie,quandlebon
confeilque vous
deuezauoir,oùvousmefmes
leiugerèsVtile.
Le
delayne
peutapporterque de
l’impoffibilitéauxremedes,lefquels fontmaintenantfaci!es,feurs &verita- bles,comme
ievousferaycognoiftre auectoutefortedefincerité&
de ref-pedt :
&
auec proteftationdenepoint defirer apresaucune
authorité dans la conduite devosaffaires:carcomme
iem’en
fuismefîeeauecbeaucoup
depé-ril
&
de peine durant voftre bas aage, félonque
i’y eftoisobligee:aufïiàceffceheureieneprétends
y auoir autre part
que
lagloiredele voir régir parvous mefmes,auec
ladignité&authorité quivous
eftdeuë,& me
refioiiircomme
ievoudraisdéfia pouuoirfaire, oyant
chacun
contentde voftreRégné,
cha- tervosvertus&
vos louanges ,en
tel lieuque
vousvoudrez que
i’acheue lereftede
mes
iours,priant Dieu,comme
iefais continuellement, auec les plus pafiïonnees adtions de
mon
coeurpour
voftreprofperitéj&detoutvo-
7
ftre
Royaume
: eftant véritablement au dernier degré de fidelité &d’afFe-<ftion.
\
'
t
!
DeLoches,ce*3.Feürier 1619.
TROISIESME LETTRE DE
MonfieurleDucd’Ejpernon,
S IRE,
Incontinent apresmon
arriueeen
cefteville,i’ayeule
commandemet de
laRoyne Mere
de voftre Majefté,
de
là receuoiricÿ,pour
apreslacon-
duireàA ngoulefme
,ainfique
iecrois qu’ellelefaidt entendreà voftreMaje-
fté,parfadepefche,&lefubietqui luya faitprendrefarefolution; ce
que
i’aycreu
ne
luypouuoirrefufer, fans fairevn grand manquement
àceque
ie de- uoisàvoftreMajefté,&àelle,vous
fup- pliant très-humblement
de croire.8
Sire, que comme
iene m’en
fuis ia-maisdepartjyquelquemauuaistraitte-
inent
que
i’aye receu,du
feruice desRoys
vospredeccfïeurs,&
deceluyde V. M.
ie necommenceray
pointen
l’aage oùie fuis, de
manquer ace
de- uoirque
i’aymeroismieux mourir
millefois,
que
decommettre
chofeco-traireàlafîdeLtéde
mes
longsferuices,6c qui peut
donner
iufte fujeèfàvoftre Majelfé d’en douter,comme
; père îuytefmoignerparbôs effeèts entou-teslesoccafîons quis’offriront,
&
lorsqu’illuy plaira
m’honorer
defescorn-mandemens, en
qualitéque
iefuisre-lolutoute
ma
vie,SIRE,
D’eftre voftre tres-humble,
&
tres-obeiiïantj fubjet, tres-Sdelle
&
afïe&ionné feruiteur,
I. Loyys de la Vaj-ETT2:
Deloche,cei$.Feurier
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